NDA : […] J'ai fait l'outline de la première année de Harriet et je pense qu'il faudra 25 chapitres au total, même si avec ma tendance à faire durer les choses, cela pourrait être plus ^^' Cependant, il n'y aura plus qu'un ou deux chapitres à placer les dominos, donc j'espère que vous apprécierez tous la façon dont ils tombent.
NDA 2 : Donc dans ce chapitre nous avons un majeur changement de POV dans la première partie, loin de Harriet, juste pour prévenir. J'essaierai d'être claire quand on rechangera. Ce chapitre est un peu décousu au début, par contre, à cause de tous les petits sauts dans le temps. For tous les fans de Chaucer, celui-là est pour vous (même si vous ne saurez pourquoi que plus tard).
NDA 3 : […] 11 000 mots (fait une petite danse satisfaite) [~12 000 en français]
NDT : J'ai traduit ce chapitre en un temps reccord ! En trois jours, il était fini. Si mes souvenirs sont bons, si l'histoire m'avait déjà happée quand je l'ai découverte la première fois, c'est ce chapitre qui m'a vraiment fait apprécier la série. Eh bah ça s'est traduit dans mes capacités à traduire aussi, lol. J'avais juste envie de continuer à lire (et pour ça il fallait traduire !)
Bref, le premier chapitre du tome 5 va bientôt sortir et ça fait des mois que je suis en manque donc j'ai HÂTE. En attendant que vous compreniez un jour pourquoi, je vous souhaite une bonne lecture !
Chapitre 13
Chaque septembre, le troisième vendredi du nouveau semestre, Albus Dumbledore se réunissait avec ses directeurs de Maison pour évaluer les progrès du trimestre. Ils se rassemblaient dans la salle de repos au lieu de la salle de réunion officielle et, à tour de rôle, chacun soulevait quelque chose qui pourrait être pertinent pour les autres, tout cela de façon très informelle et officieuse.
Ce n'était pas, comme Professeure Sinistra le clamait souvent, une excuse pour les membres très unis du personnel (qui se trouvaient être Filius, Pomona, Minerva, Severus et Albus) pour commérer sans honte de l'école et de tout ce qui s'y trouvait, mais c'était plutôt un moyen d'adresser les questions les plus délicates qui devaient vraiment être gardées entre les directeurs de Maison. Vraiment.
« Bon », pétilla Albus avec affection vers eux tous, sa collection – non, famille – très personnelle de certains des plus brillants esprits de la communauté magique moderne.
Le Directeur était assis dans un rocking-chair près du feu, se tournant paresseusement les pouces quand il parla :
« Nous voilà ici de nouveau.
– Certains de nous plus de bon gré que d'autres », gloussa Filius, regardant depuis son siège avec un repose-pied de velours doux Severus, qui leur préférait une vrille sardonique de ses lèvres fines alors qu'il sirotait une tasse de thé très noir et s'asseyait dans un fauteuil en cuir très noir en face d'Albus.
Pomona, qui était assise à côté de Minerva sur le canapé, tapota le bras de sa collègue avec un air conspirateur :
« Il fait ça si bien, non ? »
Minerva pinça les lèvres pour cacher son sourire d'agrément. Severus et elle avaient une amitié qui ne marchait que parce qu'aucun d'eux ne l'admettait.
« Un peu trop bien. Combien de mes petits tu as traumatisé ce mois-ci, Severus ?
– Pas plus qu'ils ne le méritaient, Minerva, sourit Severus d'un air suffisant, comme toujours.
– Allons, Severus. »
Albus arrêta son rocking-chair un moment pour faire venir une des chaudes couvertures tricotées que Hagrid faisait toujours puis qu'il laissait dans le placard.
« Nous savons à quel point tu accordes de l'importance à un environnement de travail contrôlé…
– Les Potions sont un art extrêmement dangereux et, en la présence d'adolescents, imprédictible.
– … et il ne viendrait à l'idée d'aucun de nous de te dire comment gérer ta classe…
– Je doute grandement qu'aucun de vous, surprotecteurs sensibles, n'aurait l'estomac pour empêcher le nombre de quasi-mutilation que je gère tous les jours.
– … mais était-il vraiment nécessaire de dire à ta classe de Serdaigle de troisième année que tu t'assurerais personnellement de faire échouer leurs BUSEs dans deux ans s'ils ne produisaient pas de solution de Faiblesse satisfaisante à la fin du cours ? »
Albus contempla le plafond tranquillement.
« On m'a dit que Madame Pomfresh a complètement vidé son stock de philtre Calmant cet après-midi, car tu aurais apparemment poussé plusieurs Poufsouffle à bout de nerf plus tôt ce matin en insinuant que tu allais tester leurs antidotes en les empoisonnant tous.
– Comme c'est moi qui fournis Pompom en philtre Calmant, et donc celui qui devra tous les remplacer, je ne vois pas de raisons pour quiconque de se plaindre. »
Severus re-remplit sa tasse imperturbablement.
« Par ailleurs, chacun de ces morveux a produit des résultats satisfaisants, donc au moins, mes méthodes sont efficaces.
– Laissant de côté le sujet des habitudes d'enseignement notoires de Severus pour le moment, intervint Pomona, il y a deux étudiants dont, je pense, nous devrions discuter.
– Oui, je dirais la même chose, dit Minerva laconiquement. Qui te préoccupe ?
– Eh bien, tout d'abord, je me demandais ce que vous pensiez tous de Neville Londubat, dit-elle. Il semble être plutôt doué (Severus pouffa d'incrédulité), mais extrêmement timide, du moins, avant qu'il ne soit devenu amis avec Ronald Weasley.
– Son comportement est un peu inhabituel, dit Filius, si on considère la gaité de ses parents à l'école. Est-ce qu'on a des raisons de croire que sa vie à la maison est déplaisante ?
– Frank et Alice, abuser un enfant ? souffla Minerva. Jamais.
– La grand-mère par contre… grimaça Filius d'un air désolé en direction d'Albus.
– Ah, approuva sagement Albus. Même si j'admire Augusta, elle a toujours été un peu autoritaire, particulièrement quand il est question d'enfants. Je crois qu'elle vit avec son fils maintenant pour l'aider à élever son petit-fils, donc cela pourrait très bien être le cas qu'elle ait causé une faible confiance en lui chez l'enfant. Garde un œil sur le garçon, Minerva, et vois à ce qu'il se fasse quelques amis.
– Quant au sujet d'élèves avec des vies à la maison difficiles, dit Pomona avec hésitation. J'ai aussi remarqué quelque chose d'étrange à propos de Marcus Flint. Après avoir été forcé à redoubler sa cinquième année et avoir refusé ses BUSEs, je m'attendais à plus de résistance, mais au contraire, est-ce que quelqu'un d'autre a remarqué que son travail de cette année jusqu'à présent est… eh bien… bon ? Il est toujours à l'heure et toujours fait avec précision. J'ai donné un schéma la première semaine et il était si parfait que je l'aurais considéré comme une copie mais je n'ai aucune idée de comment il l'aurait décalqué à travers un parchemin aussi épais. »
Elle secoua la tête, déconcertée.
« Oui, j'allais mentionner Mr. Flint également, dit Minerva. Il a réalisé chaque rédaction que j'ai donnée et pourtant… elles ne sonnent pas comme lui. Ses tests et interrogations ont toujours été légèrement sarcastiques, comme s'il était ennuyé et contrarié par l'idée même qu'on lui demande de prouver qu'il sait. »
Elle serra finement la bouche.
« Pourtant, maintenant, ses contrôles sont neutres et ses rédactions sont basées sur des faits mais pimentées de conjectures et de suggestions sur la théorie, ce qui trahit généralement un sens de curiosité et de fascination du sujet. Je ne peux pas dire s'il a trouvé une nouvelle façon, plus subtile, de se moquer des devoirs ou s'il trouve cela amusant de complètement renverser nos attentes de lui. »
Severus posa sa tasse sur sa soucoupe avec un "clic" éloquent et dit :
« Flint ne fait pas plus ses devoirs cette année qu'il ne les a faits l'année dernière. Les sorts de changement d'écriture sont convaincants mais il s'est débrouillé d'une façon ou d'une autre pour que quelqu'un d'autre les fasse. Je suis sûr qu'il a changé le ton de ses devoirs en classe pour correspondre à celui des rédactions et créer moins de suspicion. J'ai surveillé la situation depuis la seconde semaine d'école, quand il a commencé à me rendre des devoirs. Je suspecte qu'il sait que je suis au courant de sa tricherie, mais il sait aussi que sans preuve – c'est-à-dire, sans connaître la personne faisant les devoirs – on ne peut rien y faire. Le fait est que, aussi longtemps qu'il ne triche pas aux contrôle, qu'il n'a nullement besoin de faire, cela sera impossible de prouver qu'il ne fait pas les devoirs.
– Qu'as-tu découvert jusqu'à présent, Severus ? »
Albus s'inclina comme s'il allait écouter avec beaucoup d'attention, sauf qu'il se rencogna de nouveau et son balancement incessant continua.
« Sa vie de famille est loin d'être idéale, comme vous le savez tous, et donc il était inhabituel que Flint reçoive du courrier. Ces derniers temps toutefois, il reçoit des lettres suspicieusement épaisses par des chouettes qui, j'imagine, sont celles habituelles de l'école, comme ce ne sont jamais les mêmes. Je crois qu'il reçoit le travail d'un autre étudiant, et non pas l'aide d'une personne extérieure au château, bien que je ne sache pas qui. Je n'ai pas encore reconnu une similarité nette avec le travail d'un autre cinquième année, donc je suis assez confiant que le complice n'est pas de l'année de Flint, expliqua Severus.
– Nous allons devoir surveiller les années supérieures pour des signes de stress ou de fatigue inexplicables, se renfrogna Minerva. Si cela est vrai, quelqu'un dans cette école fait face à une charge de travail doublée, ce qui pourrait être presque impossible pour un élève en ASPIC à maintenir bien longtemps.
– Est-ce que cela pourrait être un élève plus jeune ? demanda Filius pensivement. Maintenant que j'y pense, il y a un ton semblable à une fascination naïve dans les rédactions de Flint ce trimestre, ce qui correspondrait avec un enfant qui n'a pas déjà traité le sujet dans une année précédente.
– Je doute que ce soit quelqu'un de plus jeune qu'un quatrième année, dit Minerva. Beaucoup peut être tiré des livres mais Flint a récemment rendu une rédaction très compliquée sur la théorie de la Disparition, qui a montré une compréhension solide à la fois sur le non-être et les conséquences logiques d'un objet conservant des propriétés avec une volatilisation. Aucun troisième année dans cette école pourrait en comprendre autant par eux-mêmes.
– Puisque rien n'est encore prouvé, continuez à traiter le travail de Mr. Flint comme vous le feriez d'un autre, dit Albus. En attendant, Severus, je te fais confiance pour garder un œil sur la situation.
– Je garde mes deux yeux sur mes Serpentard sans votre encouragement, je vous assure, dit Severus sèchement.
– Alors j'espère que tu auras également un mot avec le jeune Mr. Black, dit Minerva avec dédain, tournant la tête pour épingler Severus avec un regard strict. Je ne sais pas quoi faire avec le garçon. Cela devient extrêmement difficile de lui apprendre. »
Les sourcils de Severus se froncèrent.
« Je suis sûr de ne pas savoir ce que tu sous-entends, Minerva. Le garçon est poli et travaille dur. Ses devoirs écrits sont très bien pensés et son travail pratique est presque parfait. Et arrêtez de pétiller vers moi, Albus, le passé ne couvre pas tant mes yeux que je ne puisse pas voir du potentiel quand il se tient non dissimulé devant moi.
– Eh bien, il semblerait que nous connaissons deux Mr. Black très différents, dit Minerva. J'admets que son travail écrit est généralement bon, et en fait, sa compréhension impeccable de la théorie derrière le sujet est la seule chose le gardant à une moyenne suffisante. Son travail pratique est non-existant. Je ne l'ai pas encore vu réaliser un seul bout de Métamorphose, bien que j'aie l'évidence qu'il ait réussi plutôt rapidement lors de la toute première leçon. »
Severus fronça les sourcils, comme Pomona.
« Je n'ai eu aucun problème, dit-elle. Mr. Black est une véritable fontaine de savoir quand il est question de plantes, particulièrement celles utiles en Potion. »
Elle hocha la tête en reconnaissance à Severus.
« Et il n'est certainement pas effrayé de se salir les mains, même s'il est si non-ambidextre que c'est comme s'il oublie qu'il a une autre main des fois, rit-elle malgré les autres directeurs de Maison qui se regardaient sérieusement les uns les autres.
– C'est une sacrée divergence, intervint Filius. Je dois rejoindre Minerva toutefois. J'essaie de lui donner le plus de points pour son travail écrit, qui est suprême, mais bien qu'il connaisse l'incantation et le mouvement de baguette, il ne fait en fait jamais le sort devant moi.
– Il refuse ? demanda Albus avec douceur.
– Non, tapa Minerva du pied avec agitation. Il a l'air d'essayer très dur, plusieurs fois, mais c'est comme si… eh bien…
– Mr. Black ne peut pas être un Cracmol, claqua Severus. Je l'ai regardé concocter et il n'a aucun problème pour imprégner inconsciemment ses potions avec de la magie – d'ailleurs, il en met un peu trop parfois, ce qui est je crois dû à son enthousiasme pour le sujet.
– Rolanda m'a dit que le jour où Mr. Londubat est tombé de son balai, sa chute a été arrêtée inexplicablement avant qu'il ne touche le sol. Rolanda pense que c'est un cas de magie accidentelle mais elle dit que Mr. Malfoy a déclaré que c'était Mr. Black qui avait cessé la chute de Mr. Londubat », leur annonça Pomona.
Filius leva les sourcils.
« Je me demandais pourquoi, sur son premier devoir, Mr. Black avait écrit qu'il ne pouvait pas utiliser le sortilège Wingardium Leviosa pour léviter tous les objets listés sauf un être humain, soupira-t-il. Mais d'aussi loin que je sache, il n'a même jamais fait bouger sa plume.
– Il semblerait que nous ayons une énigme dans les mains », dit Albus alors que ses employés se regardaient entre eux.
Il se balançait plus lentement maintenant, tressant avec attention des sections de sa barbe.
« Un jeune sorcier a toutes les compréhensions nécessaires, la diligence et le potentiel pour réaliser de la magie… et pourtant, il ne le fait pas. Ses capacités se révèlent d'elles-mêmes de façons spontanée ou inconsciente, mais il ne semble pas pouvoir la canaliser à la demande. Il n'est ni si traumatisé ni si replié sur lui-même qu'il aurait formé un blocage naturel sur sa magie – en effet, il est soi-disant très sociable, avec des amis pas seulement dans sa propre Maison mais à Gryffondor aussi. Donc, des idées ? Severus ? Il est dans ta Maison, après tout. »
Severus eut un regard noir.
« Je n'avais pas réalisé qu'il y avait un problème jusqu'à maintenant, même si certaines choses – comme le fait qu'il demande toujours à Mr. Malfoy d'allumer son chaudron ou à Miss Parkinson de réaliser le charme de protection sur ses yeux même après s'être enquis auprès de moi pour le sort approprié – fait sens après coup. Je sais que son intérêt est essentiellement en potions en ce moment, mais je ne pensais pas qu'il irait si loin qu'il ignorerait complètement les autres sujets.
– Ce n'est pas vraiment ça, dit Filius pour être juste. Mr. Black essaie, et ses amis l'encourage également. Je l'ai même entendu dire qu'il va à la bibliothèque le week-end pour étudier en plus. Il n'utilise pas une baguette de seconde main ou quelque chose comme ça ?
– Pas à ma connaissance, dit Severus, toujours visiblement irrité qu'une telle chose ait échappé à son attention. Mais je planifierai un entretien avec lui cette semaine, après avoir récolté des rapports de progrès de tous ses professeurs. Je n'autoriserai pas que cela continue.
– Tiens-nous au courant de tes décisions, veux-tu, Severus ? »
Albus sourit quand le Maître des potions acquiesça sèchement.
« Très bien, quoi d'autre ?
– Les préfets m'ont présenté une pétition pour augmenter le nombre de week-end à Pré-au-lard aux alentours des vacances… »
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La dernière semaine de Septembre arriva trop lentement pour la tranquillité d'esprit de Rigel. Son poignet paraissait légèrement mieux et commençait enfin le lent et pénible processus de guérison, qui serait terminé d'ici Halloween, estimaient les jumeaux. Elle était plutôt occupée, à gérer ses propres devoirs et ceux de Flint, sans mentionner les punitions dont ses professeurs l'accablaient à cause de sa pauvre capacité en sorts, et elle ne voyait pas ses amis autant qu'elle l'aurait voulu, mais cela était en partie dû au propre emploi du temps de Draco, qui était aussi ardu au moins que celui de Rigel.
« On a des entraînements tous les deux soirs, se lamenta Draco jeudi matin après s'être assoupi sur la table de petit-déjeuner et que Pansy l'avait vivement réveillé d'un coup de coude. C'est comme si Flint n'avait rien de mieux à faire que de jouer au Quidditch, sans s'inquiéter que nous, simples humains, pouvons à peine rester à flot avec nos cours en plus de son planning.
– Est-ce que le capitaine ne s'inquiète pas de ses propres notes ? demanda Pansy, perplexe, avant de mordre dans un muffin délicatement.
– C'est la partie la plus étrange : ses notes sont bonnes. Plus que bonnes, selon certains des années supérieures de l'équipe, dit Draco. Je les ai entendus dire qu'il doit avoir un Retourneur de Temps ou autre, parce que les autres cinquième année ont commencé à zapper certains de leurs devoirs pour participer à tous les entraînements. »
Rigel essaya de ne pas paraître coupable, bien qu'elle supposât que ce n'était pas vraiment de sa faute si Flint avait autant de temps libre. Après tout, il n'avait pas fait les devoirs l'année dernière non plus, mais à l'époque, il devait faire tant de retenues pour ne pas avoir fait son travail qu'il ne pouvait pas planifier autant d'entraînements. Cette année par contre…
« Eh bien, au moins vous gagnerez à coup sûr la Coupe, dit Rigel. Aucune des autres équipes ne s'entraîne aussi fort, non ?
– Je pense que Dubois a tenté de mettre en place un planning similaire mais apparemment ses batteurs et poursuiveurs se sont révoltés, soupira Draco, comme s'il pensait avec mélancolie à inciter sa propre révolte.
– Peut-être que quand vous gagnerez le premier match, il lâchera du lest, dit Pansy. En attendant, dépêche-toi et mange pour qu'on puisse jeter un rapide coup d'œil à nos devoirs de Métamorphose avant Potions. »
Eux trois étaient en train de se préparer à partir après une leçon de Potions particulièrement intéressante sur la classification des ingrédients sombres et lumineux quand Professeur Snape dit :
« Mr. Black, venez me voir dans mon bureau après les cours de l'après-midi.
– Oui, monsieur », dit Rigel automatiquement, ne trouvant aucun indice quant aux intentions du Maître des Potions dans son froncement de sourcils coutumier.
Elle hissa son sac sur son épaule droite et se dépêcha de rattraper Draco et Pansy, qui attendaient patiemment à la porte.
« Qu'est-ce que tu penses qu'il te veut ? demanda Pansy. Tu ne t'es pas fait attraper à faire quelque chose, n'est-ce pas ?
– Pas que je sache, Rigel haussa-t-elle les épaules. Peut-être qu'il a un autre devoir pour moi.
– Il vient juste de te donner cette rédaction sur les ingrédients récoltés sur des êtres magiques, pointa Draco alors qu'ils grimpaient les escaliers vers la Grande Salle. Et il n'a pas besoin que tu viennes dans son bureau pour te donner un devoir. Si vous vous rencontrez après les cours, ça veut dire que cela va prendre du temps.
– Je découvrirai cet après-midi, j'imagine », dit Rigel.
Pansy semblait sur le point de se mordiller les lèvres jusqu'à ce qu'elle réalise qu'ils étaient entrés dans la Grande Salle et lissa son visage avec un masque posé.
« Tu nous tiendras au courant, pas vrai ?
– Bien sûr. »
Si Rigel pensait qu'une convocation au bureau de Snape serait moins éprouvante pour les nerfs la deuxième fois, elle réévalua rapidement cette fausse idée quand elle se tint devant la porte parfaitement imposante, se préparant à saisir la poignée en argent et la tourner.
Une voix l'appela impatiemment de l'intérieur avant qu'elle n'en ait la chance, et elle entra, penaude, dans le lieu sombre et vit, à sa surprise, que Professeur Snape lui avait fourni une chaise cette fois. Elle s'assit, silencieusement surprise du confort qu'avait en fait la chaise, et regarda, incertaine, l'homme sombre assis devant elle de l'autre du côté du bureau.
« Je suis certain que vous vous demandez pourquoi je vous ai appelé ici, donc je ne vais pas perdre votre temps en plaisanteries », commença Snape, croisant ses mains devant lui précisément.
Rigel hocha la tête en accord, bien que cela ne lui avait pas été demandé.
Snape la considéra pendant un long moment, inhalant lentement et fixant un regard lourd dans sa direction. Elle essaya de ne pas remuer mais fut contente quand il sembla parvenir à une décision et recommença à parler :
« Mr. Black, il est de mon devoir en tant que Professeur dans cette école, et particulièrement en tant que directeur de Maison, d'être très attentif aux élèves à ma charge, et quand il apparaît qu'il y a des… divergences dans le travail de certains élèves, cela ne manque pas d'attirer mon attention », dit-il.
Sa voix était juste assez forte pour emplir la petite pièce sans faire d'échos, mais elle ne pouvait pas être appelée douce. Elle était mortelle.
Rigel sentit son visage blêmir et arracha ses yeux de ceux de Snape pour diriger une étude détaillée de ses genoux. Son esprit vola au dernier lot de rédactions corrigées qu'elle avait reçues de Flint. Dedans, il y avait eu la rédaction sur les potions vaporeuses qu'elle avait faite pour Flint, la même semaine qu'elle avait aidé Percy avec la sienne, et, écrit en haut de cette rédaction en encre rouge où la note lettrée aurait dû être, il y avait les mots : Bien joué, Mr. Flint, mais pas suffisamment bien. Ne vous y trompez pas ; la source de votre nouvel intérêt au travail scolaire sera bientôt exposée.
Sur le moment, elle l'avait considéré comme une suspicion intenable de la part de Snape. Après tout, comment pourrait-il un jour la suspecter ? Elle avait pris soin autant que possible à ce que les rédactions de Potions sonnent le moins similairement avec les siennes. Dans les rédactions de Flint, elle utilisait certains mots et phrases à maintes reprises puis prenait grand soin à s'assurer qu'elle n'utilisât jamais ces identificateurs dans ses propres devoirs. Mais et si elle n'avait pas été assez attentive ? Et s'il savait…?
« Je vois que vous avez une certaine idée de ce que je veux dire », dit-il d'une voix traînante et Rigel réalisa avec un sursaut que baisser les yeux avec honte revenait à admettre sa culpabilité. Elle leva les yeux lentement, se faisant, les élargissant à un niveau d'innocence crédible, jusqu'à ce qu'ils s'arrêtent avec une assurance plate au niveau du front de Snape. Il était encore en train de parler mais maintenant une légère ride le pliait également.
« Je vous assure, je ne suis pas le seul professeur à être mécontent avec ces incohérences, Mr. Black. Vos professeurs de Métamorphose, Sortilèges, Vol et Défense m'ont tous rapporté leurs inquiétudes également, puisque je suis votre directeur de Maison, et de ce fait, il revient à moi de gérer cette situation. »
Rigel se força férocement à ne pas autoriser son visage à se décomposer même légèrement, mais ses yeux s'illuminèrent d'un désespoir contenu. Comment pouvait-elle avoir autant foiré pour qu'autant de professeurs l'aient connectée aux rédactions de Flint ? Elle avait été si prudente, cela ne faisait aucun sens… une seconde. Cela ne faisait aucun sens. Flint ne prenait pas Vol ; c'était un cours de première année. Pourquoi Madame Bibine serait concernée dans ces inquiétudes ? À moins qu'elle n'ait mentionné que Flint avait une quantité inhabituelle de temps libre pour planifier des entraînements, ce qui semblait improbable, cela serait certainement insolite pour Snape d'inclure Bibine dans la liste des professeurs qui avaient remarqué quelque chose d'étrange sur les rédactions…
À moins que ça ne concerne pas les rédactions.
Rigel se débarrassa de la panique dans son esprit et essaya de se concentrer plutôt sur ce que le Professeur disait :
« Je suppose que je n'ai jamais eu d'élèves avec des soucis de cette nature exacte auparavant », dit-il, faisant cligner des yeux Rigel avec confusion.
Maintenant, elle savait qu'il ne pouvait pas parler de Flint, après tout, des élèves copiaient probablement des rédactions tout le temps, mais elle n'avait pas la moindre idée de quoi est-ce qu'il parlait.
« Généralement, quand un élève est médiocre dans un domaine, ses performances sont médiocres dans d'autres spécialités également, ou alors son inaptitude est limitée à une classe en particulier. Vous, Mr. Black, vous semblez à la fois être remarquablement doué et incroyablement épouvantable dans plusieurs de vos classes, tout en démontrant en même temps un talent à tous les niveaux dans d'autres classes. Peut-être pouvez-vous m'expliquer ce phénomène. »
Oh, pensa Rigel, c'est vrai.
« Mon intérêt est essentiellement en Potions », atermoya-t-elle faiblement.
Elle aurait vraiment dû savoir que cela se présenterait à un moment, mais elle avait été si concentrée sur plein d'autres choses qu'elle était laissée sans plan pour gérer ce genre d'attention.
« Cela ne vous donne pas un laisser-passer pour ignorer tout le reste, stupide gamin », claqua Snape.
Rigel recula, ne comprenant pas pourquoi cela importait autant au point qu'il en deviendrait si véhément.
« Je n'ai vraiment pas fait ça, dit Rigel, ajoutant "monsieur" rapidement quand les narines de Snape se dilatèrent. Je fais tous mes devoirs et j'étudie même pour les contrôles avec Pansy et Draco.
– Et votre performance pratique sur ces interrogations ? pressa-t-il. Que pouvez-vous dire à propos de cela ? »
Rigel baissa les yeux une fois de plus.
« J'essaie. »
Snape soupira lourdement.
« Vous devez comprendre que ceci ne peut pas continuer comme ça. »
Elle lui jeta un coup d'œil à travers ses cils, comme pour dire et pourquoi pas ?
« Il y a beaucoup de genres de magie qui ne demandent pas l'utilisation d'une baguette pour les maîtriser, dit-il précautionneusement, bien que les jointures blanches là où ses doigts étaient serrés démentaient le ton calme de sa voix. Mais aucun sorcier ne peut se permettre d'ignorer une partie entière de son pouvoir. C'est une sottise, non pas parce que c'est vital pour le développement de votre cœur magique que vous exerciez votre magie consciemment à cet âge. En outre, un sorcier qui ne peut pas réaliser de sorcellerie basique est une honte. Je n'accepterais pas que l'on fasse honte à la Maison de Serpentard, comprenez-vous ?
– Oui, monsieur. »
Rigel avala sa salive fortement. Qu'est-ce qu'il attendait d'elle ? Ne pensait-il pas que si elle pouvait faire les sorts alors elle les aurait faits ? Elle n'aurait certainement pas reçu des retenues sans arrêt de McGonagall et Quirrell – le dernier semblant se délecter de lui assigner du travail particulièrement dégoûtant avec Rusard – et réussi à peine la moitié de ses classes pour le plaisir. Elle regarda de l'autre côté du bureau le Maître des Potions avec de la défaite dans ses yeux.
Quelque chose dans son expression dut stimuler une réaction car il se pinça l'arête du nez avec attention et dit :
« Vous êtes réellement incapable de réaliser ces sorts pour quelque raison ? Et vous n'avez pas souffert d'accident magique quand vous étiez plus jeune ? Vous ne prenez pas de médicaments significatifs ? Très bien. »
Il étendit une main vers elle sèchement. Elle la fixa pendant un moment, toujours coincée dans le rythme d'acquiescer ou de nier de la tête.
« Laissez-moi voir votre baguette, Black », dit-il et elle se baissa immédiatement pour fouiller dans son sac, la lui passant quand elle la trouva coincée entre deux livres près du fond.
Il semblait prêt à faire un commentaire sur sa façon de la traiter mais tint sa langue. Il l'inspecta délicatement, ses longs doigts la sondant pour des anomalies ou des fissures.
« Frêne ?
– Oui, 30,5 centimètres, crin de licorne, dit Rigel.
– Et vous l'avez reçue chez Ollivander ? » vérifia Snape.
Elle acquiesça.
« Quelle magie a-t-elle manifesté ? »
Elle le fixa le regard vide.
« Je veux dire, que s'est-il passé quand vous l'avez tenue pour la première fois ?
– Oh. »
Rigel y réfléchit.
« Elle est devenue un peu chaude, je crois. »
Snape la fixa.
« C'est tout ? souleva-t-il un sourcil. Pas d'étincelles ? Et Ollivander vous a laissé l'acheter ?
– Il n'en avait plus beaucoup à m'en offrir à ce stade-là, dit Rigel en en faisant peu de cas. Je suis passé sur la plupart de son stock, à essayer d'en trouver une qui ne faisait pas exploser les choses violemment quand je la touchais, et celle-là n'a rien fait exploser donc je l'ai gardée. Je pense qu'il n'était pas très heureux, à y repenser, mais il a dit qu'elle était très équilibrée. »
En vérité, il avait dit un peu plus que ça – quelque chose à propos de clients apathiques sabotant le système d'assortiment de baguette – mais elle n'y avait pas vraiment prêté attention, ayant été prête à ce moment-là à quitter la boutique effrayante et à passer prendre un nouvel ingrédient chez l'apothicaire.
« Équilibrée, cela se peut, mais de ce que j'en vois cette baguette ne vous correspond pas très bien, dit Snape, paraissant exaspéré par le monde en général (et peut-être par Rigel en particulier).
– C'était la seule que j'ai trouvée qui me convenait, dit Rigel, un poil sur la défensive. Mieux vaut ça qu'une baguette qui fait juste exploser des choses aléatoirement.
– Il n'empêche que se décider sur une baguette de correspondance inférieure peut être très dangereux. Je suppose qu'Ollivander n'a permis cela cette fois que parce que cette baguette particulière et si non-réactive qu'elle ne pourrait probablement pas causer de problèmes destructeurs. Malheureusement, ne pas être un danger pour votre santé n'est pas le standard habituel en baguettes, la regarda-t-il de travers férocement. Et si vous ne pouvez pas faire de magie avec, elle peut tout aussi bien être un bâton que vous avez trouvé sur le sol dehors.
– Ce n'est peut-être pas la baguette, dit-elle, donnant voix à une peur secrète avec hésitation. Peut-être que je ne peux juste pas faire de magie avec baguette. Peut-être que j'étais destiné à ne faire que des potions et rien d'autre. »
Snape grogna un rire, reposant sa baguette sur son bureau avec mauvaise foi.
« Mr. Black, il n'y a aucune différence entre la magie qui imprègne les potions et la magie qui tourne une tasse de thé en un lapin hormis la manière par laquelle elle est canalisée. Toute magie est, à son cœur, la même, et si vous pouvez produire un certain niveau dans un domaine alors vous avez au minimum le potentiel de faire de même dans les autres. C'est pour cela que les sorciers faibles et les cracmols ne peuvent même pas faire pousser des plantes magiques proprement et pourquoi des sorciers qui sont des Maîtres dans la spécialité de leur choix sont presque toujours extrêmement doués dans d'autres spécialités également et ne se sont simplement pas spécialisés dedans par intérêt personnel. Si vous pensez que n'importe qui emploierait un fabricant de potions qui ne peut pas produire un sortilège de lévitation…
– Mais qu'est-ce que je peux y faire ? » l'interrompit Rigel d'une voix forte.
Elle était debout maintenant, lançant des regards furieux à Snape et se fichant d'être grossière et irrespectueuse.
« J'ai essayé, je vous dis, j'ai fait ces sorts encore et encore et rien ne se passe. »
Rigel tremblait légèrement, enfin frustrée au-delà de ses capacités pour se retenir. Tout le mois, ses professeurs, ses amis et même ses camarades de maisonnée l'avait poussée et poussée, comme si s'entendre dire encore et encore qu'elle était dans le tort ou faible ou stupide allait l'aider.
« Je sais que je suis un sorcier raté, dit-elle doucement, sa colère tout aussi inconnue que le fait de crier. Mais je ne peux pas partir. Tout mon futur est là, à Poudlard, et si vous ne pouvez pas m'enseigner juste à cause de quelque chose qui n'a rien à voir avec les Potions, alors tout mon dur labeur n'aura servi à rien. »
Et cela leur donnera raison, ajouta-t-elle silencieusement. Si j'échoue, alors cela donnera raison à tout le monde qui pense que les sang-mêlés ne méritent pas d'aller à l'école ici ou ne peuvent pas tenir le rythme avec la "vraie" magie.
C'était pour ça qu'elle travaillait si dur pour faire ses preuves tôt pour Professeur Snape et se pliait en quatre comme un ver de terre pour Flint et qu'elle se poussait jusqu'à ses limites en cachant sa blessure et en faisant des choses normales avec ses amis pour que personne ne la trouve suspicieuse ou ne trouve une raison de l'exclure. Elle devait rester à Poudlard, pour tous les gamins qui n'avaient pas cette chance, qui n'avaient pas un cousin sang-pur aussi gentil et généreux qu'Archie, qui étaient méprisés et pratiquement exilés de leur propre pays pour quelque chose qu'ils ne pouvaient pas changer. Et en plus de ne pas se laisser faire pour tous ceux qui ne pouvaient pas se défendre eux-mêmes, elle supportait toutes ces conneries pour son rêve, le sien et celui d'Archie.
Et elle serait maudite si elle laissait quelque chose d'aussi stupide qu'un bout de bois se mettre en travers de son chemin.
L'humeur de Rigel flamba une nouvelle fois et elle saisit sa baguette sur le bureau et fouetta l'air vers la rangée de bocaux en verre posés sur une étagère à côté du bureau. Les bocaux volèrent en haut comme s'ils avaient été catapultés, s'écrasant contre le plafond en pierre et se brisant en une douche de verre et de fluide d'embaumement et de morceaux morts et visqueux préservés, mais Rigel était loin de se sentir concernée.
« Vous voyez ? cria-t-elle, fixant sauvagement le visage choqué de Snape sans vraiment le voir. Vous voyez ? Je peux faire des sorts. Je peux tous les faire ! »
Elle donna des coups de baguettes avec des mouvements qu'elle avait trimés à mémoriser à la chaise sur laquelle elle était assise juste quelques minutes plus tôt et le meuble entier explosa en des centaines d'aiguilles, chacune métamorphosée depuis une minuscule écharde du bois originel, ce qui inonda le sol en une flaque brillante, sonnant comme la pluie frappant un toit en métal – sauf que la pluie était le métal.
Elle lança instinctivement deux Charmes du Bouclier en même temps sur Snape et elle-même pour les empêcher de se faire recouvrir d'aiguilles volantes, et lorsque la brume terne du Charme du Bouclier vacilla, elle fut laissée contemplative, épuisée et engourdie, face au saccage total qu'elle avait fait dans le bureau de Snape. Rigel aurait sombré au sol s'il y avait eu un endroit qui n'était pas recouvert d'aiguilles ou de verre ou de morceaux d'animal, mais tel qu'il en était, elle chancela juste légèrement, ses sens la rattrapant à présent que ses émotions avaient été efficacement épuisées. Elle était presque trop peureuse pour regarder Snape en face – presque. Elle leva les yeux en une sorte d'horreur distante, se mettant physiquement en condition contre sa colère inévitable. Son bureau paraissait avoir subi un tremblement de terre dans un musée d'objets pointus et la pièce entière sentait le liquide de préservation.
« Bon. »
Snape avait enfin retrouvé sa langue, semblait-il, et Rigel se prépara pour une flagellation verbale.
« Je demanderais à voir le sortilège Lumos mais je n'ai pas le désir d'être aveuglé en plus d'être presque déchiqueté. »
Le cerveau de Rigel ne comprit pas les mots au début puis…
« Monsieur ? »
Elle resta bouche bée, intégrant sa posture relâchée et ses yeux à moitié fermés. Son visage était neutre, mais ses sourcils étaient levés, sardoniques, et il y avait quelque chose de sombrement amusé dans la façon qu'il maintenait sa bouche.
« Je pense qu'on peut dire sans risque que Ollivander se trompait grandement à penser que cette baguette n'était pas aussi destructrice que les autres mal adaptées », dit-il calmement, sortant sa propre baguette et remettant méthodiquement la pièce en état.
Aiguilles et verre et ingrédients furent volatilisés, les fluides séchés et une nouvelle chaise invoquée méthodiquement.
« La seule différence est que cette baguette était si "équilibrée" qu'il fallait un effort monumental de volonté pour pousser la magie à se manifester à travers elle.
– Mais… je… »
Rigel s'assit avec hébétement dans la nouvelle chaise, plaçant la baguette en frêne avec précaution sur le bureau et la faisant rouler hors de sa portée. Elle s'était choquée, encore une fois. Sa magie, semblait-il, avait un mauvais sens de l'humour, en plus d'être violente et sporadique.
« Cette petite démonstration, bien qu'indicative d'une émotion contenue déplacée pour un enfant de Salazar Serpentard, était néanmoins très instructive, dit Snape, roulant sa baguette de manière appuyée vers elle et s'exprimant très lentement et clairement pour s'assurer qu'elle le comprenait. « J'hasarderais que, enfant, vos incidents de magie accidentelle étaient aussi rares qu'ils étaient puissants, ai-je raison, Mr. Black ? »
Rigel frissonna.
« C'était horrible. Ça n'arrivait que quand j'étais si en colère que je ne pouvais plus supporter le monde, et ma magie… ravageait les environs immédiats. Heureusement, ça n'arrivait jamais quand quelqu'un d'autre était trop proche. Généralement elle explosait des choses, les déchiraient, les retournaient, et des fois, elle a fait complètement disparaître des choses et on ne les a jamais retrouvées. »
Son visage s'assombrit considérablement alors qu'elle se rappelait. Une telle chose n'était arrivée que trois fois dans son enfance, mais à chaque fois ç'avait été terrifiant, et de façon encore plus perturbante… grisante. Elle avait appris à ne jamais être trop énervée par quoi que ce soit, afin d'empêcher sa magie d'intervenir et de prendre le dessus.
« Mr. Black, avez-vous peur de la magie ? demanda Snape dans ce qui était pour lui un ton gentil.
– Quoi ? cligna-t-elle des yeux en surprise. Non, bien sûr que non. Comment aurais-je survécu dans une maison ou une école magique si c'était le cas ?
– Ah, permettez-moi de reformuler ça, dit-il. Êtes-vous effrayé par votre propre magie ? »
Rigel ouvrit la bouche pour le nier mais s'arrêta, réfléchissant. L'était-elle ? Est-ce que Pansy avait raison quand elle accusait Rigel de ne pas essayer assez fort, de ne pas vouloir vraiment que la magie marche ?
« Vous pensez que je suis… inconsciemment en train de m'empêcher d'utiliser la magie ? demanda Rigel, un sentiment lourd dans la poitrine lui disant qu'elle savait quelle serait la réponse.
– C'est une explication probable, dit Snape d'un ton neutre, dénué de traces de pitié ou de dégoût, ce dont elle était pathétiquement reconnaissante.
– Mais alors… n'aurais-je pas des raisons de l'être ? se mordit-elle la lèvre. Ma magie semble être étrangement destructive.
– Pas nécessairement destructive, la regarda sérieusement le professeur. Juste improprement canalisée. La magie n'est pas intrinsèquement violente ou douce. Ce sont nous et nos émotions qui lui donnons forme et force.
– Donc c'est moi qui la rends si dangereuse, expira Rigel. C'est ma faute, pas celle de la baguette ou de la magie. Il y a quelque chose qui ne va pas avec moi.
– Il n'y a rien qui n'aille pas avec vous, claqua le Maître des Potions, se retenant visiblement une nouvelle fois et continuant dans un ton plus neutre. Il semble plus plausible que votre premier accès de de magie accidentelle, qui a probablement eu lieu quand vous étiez trop jeune pour vous en rappeler, vous a marqué d'une façon ou d'une autre qui vous a rendu réticent à répéter l'exploit. Vous avez probablement commencé à réprimer inconsciemment vos émotions les plus fortes afin d'éviter de déclencher votre magie, ce qui a ensuite causé la magie à s'accumuler au fil du temps, jusqu'à la fois suivante où vous ne pouviez pas contenir une émotion, quand elle explosait en liberté tout d'un coup. Bien sûr, elle prenait une forme négative ; les émotions les plus dures à contrôler sont la peur, la colère, la frustration, etc.
– Et donc je suis devenu encore plus troublé et j'ai réprimé encore plus mes émotions et donc plus de ma magie, jusqu'à ce que cela devienne un cercle. »
Les yeux de Rigel s'élargirent avec désarroi.
« Donc tout ce temps où j'ai essayé de me contrôler avec soin a en fait empiré les choses. »
Elle laissa échapper une respiration vive et s'avachit dans sa chaise, abattue.
« Et pour ma baguette ?
– Vous aviez indubitablement un si fort contrôle sur votre magie lorsque vous êtes entré dans la boutique d'Ollivander qu'elle n'a appelé aucune des baguettes présentes, ce qui est généralement la façon qu'Ollivander sait quelle baguette essayer. Je suppose qu'il a essayé de deviner à l'aveugle et vous a fait essayer toutes les baguettes sur place, mais bien sûr, votre magie était si refoulée qu'à moins que la baguette soit parfaite, elle réagissait violemment, expliqua-t-il. La baguette avec laquelle vous avez fini était, j'hésite à le dire, probablement la plus dense et la moins conductrice des baguettes qu'Ollivander avait. Elle n'a pas poussé quoi que ce soit à exploser mais elle vous a empêché d'utiliser la magie même quand vous essayiez consciemment, à moins que la force de votre volonté inonde la baguette et surpasse les amortisseurs.
– Oh », dit Rigel faiblement.
Elle essaya de penser. Qu'est-ce que tout cela voulait dire ? Elle n'était pas une cracmolle, évidemment, mais sa magie serait-elle capable de se stabiliser d'elle-même si elle essayait consciemment de l'utiliser plus, ou aurait-elle besoin d'une sorte de thérapie pour surmonter les rênes inconscientes qu'elle s'était mis ?
« Donc… qu'est-ce qu'on fait, monsieur ? demanda-t-elle, essayant de rassembler sa psyché en quelque chose ressemblant à un jeune adulte rationnel. Est-ce que je dois avoir une nouvelle baguette ?
– Je suppose que l'on va devoir aller voir le Directeur (Rigel se demanda pourquoi il paraissait si aigre à l'idée) pour obtenir une dispense pour que quelqu'un vienne vous chercher ce samedi, dit-il fermement.
– Vous ne pouvez pas le faire, monsieur ? lâcha-t-elle, une nouvelle panique la traversant à l'idée que Sirius vienne la chercher – elle, pas Archie – à Poudlard. Je veux dire, pas que je veuille prendre avantage de votre gentillesse (elle ignora le son que Snape fit), mais ne serait-il pas mieux si quelqu'un de l'école m'accompagnait, pour que je n'ai pas l'air d'obtenir un traitement spécial ? Vous comprenez déjà la situation, se précipita-t-elle avant qu'il ne puisse répondre, et cela ne prendrait vraiment pas longtemps puisque j'ai déjà essayé la plupart des baguettes que Mr. Ollivander a, et aussi, aussi… je ne pense pas que je suis encore prêt pour parler à mon père de tout ça. Il pourrait ne pas comprendre. »
Elle se félicita mentalement pour avoir dit "père" au lieu de "parents" et espéra que son expression à moitié pleine d'espoir et à moitié pleine de tristesse honteuse était convaincante.
Snape fut silencieux pendant une longue minute sombre avant de dire, de façon plutôt fatiguée :
« Je parlerais au Directeur de tout ça, mais dans tous les cas, vous acquerrez une nouvelle baguette avant que vous ne couvriez encore plus de honte la Maison de Serpentard. »
Rigel sourit avec reconnaissance à son directeur de Maison ; elle pensait qu'il était plutôt bourru et dédaigneux simplement parce qu'il ne savait pas quoi faire d'autre parfois.
« Tout le reste peut attendre, continua-t-il. Il est tard et cette entrevue a été plus éprouvante qu'aucun de nous n'aurait pu anticiper. J'informerai les autres professeurs avec juste assez d'informations pour les empêcher de vous marquer défaillant en attendant. Vous pouvez partir maintenant s'il n'y a rien d'autre. »
Rigel se leva et était presque à la porte avant de grimacer et de se retourner pour dire :
« Je suis désolé pour le désordre que j'ai fait dans votre bureau, Professeur Snape, surtout pour les ingrédients préservés. Est-ce qu'ils étaient de grande valeur ? Je peux vous rembourser…
– Je n'ai pas besoin de l'argent de votre immonde père », siffla soudainement Snape, son visage se tordant avec un spasme de répugnance qui la gela de l'intérieur et vola son souffle de sa puissance.
Pendant un moment, aucun d'eux ne bougea, immobiles comme des statues et arrêtés par le regard de l'autre. Rigel ne savait pas ce que Snape pouvait voir dans le sien – de la confusion, peut-être, et une certaine quantité de peur surprise – mais chez lui elle trouva de la haine, une haine si vieille qu'elle avait, d'une certaine façon, pourri, et elle se demanda à quel point un souvenir devait être lourd pour qu'il s'enfonce dans des émotions aussi profondes et combien de temps un secret devait-il être laissé dans le noir pour qu'il se voie pousser de tels crocs. Puis, il cligna des yeux – ou elle – et l'air devint respirable à nouveau alors qu'une certaine noirceur intangible retourna dans les coins de la pièce, les coins de la conscience, où elle appartenait.
Le corps entier de Snape frémit légèrement et ses yeux redevinrent aussi vides qu'un nouveau tableau noir.
« Excusez-moi, Mr… »
Il fronçait férocement les sourcils en direction du vide, peut-être de lui-même.
« Excusez-moi. Je…
– Ce n'est pas grave, dit Rigel, sa voix conciliant sa neutralité. On a eu une soirée fatigante tous les deux. J'allais seulement dire par contre que je pouvais vous rembourser avec du travail si vous voulez. Vous savez, récurer les chaudrons et autre mais ça peut attendre également. Bonne nuit, monsieur.
– Bonsoir. »
Vendredi matin trouva Rigel assise calmement à la table des Serpentard, entourée sur les côtés par ses amis et prétendant ne pas éviter de regarder la table des professeurs. Ses amis ne semblèrent pas remarquer sa préoccupation, mais les connaissant, ils avaient remarqué et avaient décliné poliment de le commenter, ce pour quoi elle était reconnaissante. Pour une certaine raison, la haine entre son directeur de Maison et son père et ses oncles n'avait pas semblé réelle avant. Elle en avait été consciente, via les commentaires narquois que James ou Sirius balançaient quand ils remarquaient qu'elle lisait un des articles de Snape, et via la façon dont Remus éditait précautionneusement les histoires de leur jeunesse par égards pour son respect du Maître des Potions, mais cela n'avait rien été de plus qu'une sorte d'obstacle abstrait pour elle. Une barrière à dépasser comme tant d'autres dans sa détermination d'être instruite par le plus grand (à son avis) Maître des Potions vivant. Elle n'avait pas imaginé ce que cette inimité représentait pour le Professeur Snape, qui faisait face au fils de son ennemi, et se voyait demander de pelleter la boue infâme du passé sous un vernis académique tous les jours, et pour ça, elle avait honte.
Qui était-elle pour penser que presque deux décennies de grief – et du genre d'émotions qui pouvaient alimenter un feu pour un tel nombre d'années – pourraient être mises de côté avec le travail de quelques semaines ? Elle essaierait plus fort et serait plus patiente, se promit-elle. Elle ne pouvait pas abandonner mais elle ne s'attendait pas à être vue sous sa propre lumière pour au moins deux ans. Elle pouvait vivre avec. Aussi longtemps qu'il lui donnait des instructions, peu importe le niveau d'amertume, elle pouvait vivre avec le spectre du souvenir adolescent de son oncle dans l'air.
Ses pensées furent interrompues quand un grand-duc tacheté fondit et laissa tomber une lettre devant elle avant de remettre les voiles, sans même s'arrêter pour mordiller un peu de bacon. La lettre fut seulement sauvée de la trempette dans son porridge par les mains rapides d'attrapeur de Draco.
« Merci », dit-elle, prenant avec précaution la lettre à Draco et vérifiant l'enveloppe.
C'était définitivement pour elle mais à part les mots "Rigel Black" sur le devant, l'enveloppe était complètement quelconque. Elle la glissa lentement dans la poche de sa robe, contente pour une fois que sa blessure voulait dire qu'elle n'avait à empêcher qu'une seule main visible de trembler. Elle ne reconnaissait pas l'écriture mais si c'était de la part d'Archie, un grand-duc voulait dire une lettre d'urgence qui ne pouvait pas être lue en face des autres, donc au cas où il avait utilisé un sort de changement d'écriture pour quelque raison, Rigel n'osait pas l'ouvrir avec autant d'yeux curieux autour. Ses camarades Serpentard ne viendraient pas lui poser des questions dessus, mais toutes ses réactions seraient notées et pesées si elle n'était pas prudente. Peut-être qu'elle était parano, et elle avait certainement été accusée d'être beaucoup trop méfiante dans le passé (même si les mots exacts d'Archie avaient impliqué un bâton enfoncé dans un endroit indésirable) mais elle préférait être vigilante que d'être jetée en prison pour usurpation de sang.
Elle n'eut l'occasion de lire la lettre qu'au milieu de Botanique, quand Draco et Pansy (et tous les autres) furent distraits par deux des Tentaculas vénéneuses qui essayaient de s'étrangler mutuellement. Il fallut dix minutes au Professeur Chourave pour calmer les plantes, mais Rigel n'eut même pas besoin d'une fraction du temps pour lire l'étrange lettre – c'était plus une note, en réalité.
Mr. Black,
Soyez à la Serre Quatre au coucher du soleil ou tout le monde connaîtra votre secret.
Venez seul.
C'était tout. Rigel chiffonna le parchemin dans son poing valide et le fourra dans ses poches avant que quiconque ne remarque mais les mots rejouèrent dans son esprit pendant tout le reste de la leçon, et même Nott "brossant" malicieusement de la terre du front de Draco (tout en, en fait, y appliquant vraiment de la terre) ne put alléger son humeur pendant longtemps. Le message était suffisamment vague pour qu'elle doive presque y aller. Elle n'était pas idiote, elle savait que cela pouvait être un piège élaboré – un bluff pour qu'elle soit seule – et la personne qui l'avait écrit n'avait peut-être aucun secret dont elle craignait qu'ils soient dévoilés, mais s'ils en avaient… eh bien un bluff marchait toujours si celui à qui il était destiné avait trop à perdre pour le mettre au défi.
La seule chose à décider était de comment s'éclipser.
À la fin, elle revint à des méthodes intemporelles, souvent préférées par les bambins face à une pile de légume : elle simula un mal de ventre. Elle ne le simula pas bien, bien sûr, et donc ses amis supposèrent naturellement une cause sous-jacente.
« C'est à cause de la raison pour laquelle Professeur Snape t'a appelé hier soir ? demanda Draco.
– Tu peux nous en parler, tu sais », dit Pansy.
Rigel insista (d'une façon plutôt "peu convaincante") que ce n'était pas à propos de ça, et leur dit qu'elle allait voir l'infirmière et peut-être s'allonger pendant un moment. Ils étaient, de façon appropriée, sceptiques et par là même encore plus profondément enfoncés dans l'idée que sa réticence était juste à propos de son entretien avec Snape le soir précédent, et donc aucun de ses amis ne chercha un mobile plus caché. Ils acceptèrent d'aller dîner sans elle, mais elle avait fait attention à les laisser assez suspicieux pour que, si Rigel n'était pas de retour au couvre-feu, quelqu'un viendrait la chercher.
Pendant que tout le monde était au dîner ce soir-là, Rigel glissa devant la chaleur joyeuse de la Grande Salle et dans la lumière déclinante du soleil couchant. Lorsqu'elle atteignit les serres, c'était presque le crépuscule et elle attendit avec une patience de fer pour que l'auteur de la lettre apparaisse.
Elle avait l'étrange impression qu'elle était observée, ce qui fut confirmé quand deux figures apparurent soudainement dans la faible lumière, se fondant des ombres comme s'ils avaient retiré des enchantements d'invisibilité après avoir vérifié qu'elle était, en effet, venue seule.
« Eh bien, eh bien, qu'avons-nous là ? Il est vraiment venu.
– Il semblerait que tu avais raison ; il a quelque chose à cacher. »
Rigel serra les dents – elle s'était attendue à un piège mais elle n'avait pas pensé que se montrer était le piège, et qu'en faisant cela, elle dévoilait l'existence même de ses secrets. Elle devrait réévaluer l'estimation de sa propre intelligence.
Les silhouettes émergèrent des ombres de la Serre Quatre et elle les reconnut avec peu de vraie surprise – leurs voix seules étaient pas mal caractéristiques.
« Bienvenue, petit gardien de secret, sourit Aldon Rosier comme un tigre à dent de sabre et ses yeux couleur miel brillèrent sinistrement dans la lumière du soleil couchant. Il semblerait que j'avais raison de te suspecter après tout. Allons, ne vas-tu pas nous dire quels secrets tu gardes si précieusement pour que tu te mettes volontairement en danger pour eux ? »
Rigel recula légèrement mais trop tard quand elle réalisa que Rookwood était apparu de l'autre côté et l'enfermait contre la serre. Elle arrêta de reculer et leva le menton avec le genre de fierté entêtée que Draco aurait montré dans cette situation, et le rire sombrement fantasque de Rosier tordit l'air devant son visage alors qu'il s'approchait pour inspecter son expression. Peut-être encore plus déroutant que Rosier était la présence silencieuse et vigilante de Rookwood à sa droite.
« Non ? Dommage. »
Rosier se pencha en arrière sur un soupir.
« Mais de toute façon, nous ne sommes pas venus ici pour apprendre tes secrets, aussi insignifiants qu'ils doivent être.
– Qu'est-ce que vous voulez alors ? demanda Rigel, à peine capable de garder sa voix au-dessus d'un chuchotement rauque.
– Nous ne te faisons pas confiance, déclara soudain Rookwood, sa voix profonde comme l'océan palpitant à travers les ombres.
– C'est vrai, sourit tristement Rosier, presque désolé. Pansy se porte garante pour toi, mais même si nous adorons cette fille, elle est jeune, et suffisamment innocente pour être facilement induite en erreur. En venant ici, tu nous as montré que tu gardais des secrets, même à Pansy et Malfoy, ou ils seraient ici avec toi, et pour cela, tu ne peux pas être digne de confiance. »
Le visage de Rigel était neutre mais son esprit était incrédule. Elle ne pouvait pas être digne de confiance ? Qui étaient ceux qui envoyaient des notes énigmatiques menaçantes à des enfants de onze ans ?
« Et ceux à qui on ne peut pas faire confiance, dit Rookwood de façon inquiétante, doivent être testés.
– Testés ? répéta-t-elle avec ahurissement.
– Oui, testés ! »
Rosier semblait jubilant maintenant, comme un enfant à son anniversaire, ou comme une personne folle avec un bouquet de souris morte.
« Si nous devons approuver ton amitié avec Pansy, tu dois être digne de quelque façon, et puisque qu'il est évident que tu n'es pas digne de confiance, nous allons devoir voir si tu es digne d'autre chose. »
Rigel n'aimait pas là où ça allait.
« C'était très brave de ta part de venir ici seul pour affronter un ennemi inconnu, dit Rookwood.
– Soit ça, ou très lâche – étais-tu terriblement effrayé que nous répandions tes précieux secrets ? demanda Rosier d'un ton moqueur. Devons-nous découvrir lequel est-ce ? »
Le visage de Rigel dut trahir quelque chose car il dit :
« Oh, n'aie pas l'air aussi apeuré, petit serpent. On veut juste voir si tu digne de ta Maison, c'est tout. Juste une petite course pour nous et on te laissera.
– Quelle sorte de course ? demanda Rigel, en partie soulagée qu'ils en venaient enfin au but de tout ça.
– Le genre qui teste ton ingéniosité, bien sûr, dit Rosier, souriant toujours de son sourire victorieux. Tu ne peux pas vraiment être un Serpentard sans les qualités de Serpentard. Bien sûr, si tu ne veux pas le faire, tout ce que tu dois faire est d'accepter de briser ton amitié avec Pansy. Si tu ne traînes plus autour d'elle, on s'en fiche de ta dignité.
– Non », dit Rigel, plus fort qu'elle ne l'avait prévu.
Elle lança des regards noirs aux deux quatrième année.
« Pansy est mon amie et si vous la connaissez à moitié aussi bien que vous le pensez, vous saurez que Pansy ne laisse personne décider de sa vie, et elle n'appréciera définitivement pas ce genre de stratégie dans son dos.
– Oui, c'est vrai, dit Rookwood. Mais ce que Pansy ne sait pas ne nous causera pas de problème avec elle. Tu ne lui diras pas. »
Ce n'était pas une question.
« Eh bien, si tu es sûr que Pansy vaut tous ces ennuis… Rosier baissa-t-il la voix avec légèreté.
– Elle les vaut », se ferma Rigel.
Pansy ne serait pas contente d'elle si la blonde découvrait ceci un jour mais Rigel n'échangerait pas son amitié pour quoi que ce soit, maintenant qu'elle l'avait. Et si elle devait faire quelque chose pour la mériter aux yeux de Rosier et Rookwood, qu'il en soit ainsi.
Les deux Serpentard plus vieux se sourirent et Rigel se demanda si refuser de renoncer à Pansy faisait partie du défi lui-même.
« Magnifique, dit Rosier en pressant ses mains avec ravissement. Bien, voilà ta tâche. »
Rookwood se mit alors à parler, lentement et clairement, mais pas exactement de façon rassurante :
« Tu devras obtenir deux brins de cantorbéry frais et les ramener ici. Tu as deux heures. »
Elle les regarda, bouche bée. La cantorbéry poussait dans les arbres. Dans des arbres qui se trouvaient probablement en profondeur dans la Forêt interdite, considérant le peu de soleil dont la plante avait besoin.
« Vas-y, dit Rosier et rit à nouveau au regard incrédule que le jeune premier année braquait sur lui. Sois heureux que ce ne soit pas la pleine lune cette nuit. »
Rigel leva les yeux au ciel avec dégoût, mais elle avait déjà accepté leur tâche ridicule, et plus tôt elle trouvait comment la réaliser, mieux ce serait.
Elle jogga vers le bord de la Forêt interdite, prenant soin de se tenir à distance de la cabane de Hagrid, au cas où son chien avait les oreilles sensibles. La seule chose pire que de se balader dans la Forêt interdite de nuit serait de se faire attraper en train de se balader à travers la Forêt interdite de nuit.
La forêt, qui semblait d'un silence si envoûtant pendant la journée, grouillait de vie et de bruit une fois que le soleil était couché. La plus petite brise faisait siffler les feuilles et chaque branche se brisant sous ses pieds faisait autant de bruits qu'un coup de feu tiré en plein milieu d'un concerto à cordes – pas sinistrement fort comparé aux sons autour de lui mais étrangement pas à sa place.
Rigel étudia avec attention les arbres qu'elle passait. La cantorbéry poussait en grappe sur vigne, de façon très similaire à la vigne cultivée, et la vigne aimait s'entrelacer autour des arbres les plus larges qu'elle pouvait trouver. Les arbres au bord de la forêt étaient loin d'être larges donc elle devait continuer à s'enfoncer. Elle savait que les arbres grossissaient en vieillissant ou quand ils s'approchaient de sources d'eau. Les plus vieux arbres seraient au centre même de la forêt, où elle avait débuté, mais c'était aussi la section la plus dangereuse de la forêt. Puisque les arbres semblaient grossir dans deux directions différentes, elle partit du principe qu'il y avait une source d'eau non loin et suivit les arbres qui devenaient plus gros, parallèles au bord de la forêt, juste pour être sûr.
À peu près quinze minutes de marche plus tard, elle arriva sur un ruisseau d'une bonne taille, qui, à en juger par le courant, finissait par s'écouler probablement au Lac Noir. Aux bords du ruisseau, les arbres étaient larges et imposants, et sans surprise, les treillis entrelacés distinctifs de la cantorbéry traînaient ostensiblement des branches solides pour raser la surface de l'eau. Rigel observa les grappes de baies, pendant hors de sa portée pour la moquer, même si elle sautait. Elle aurait pu avoir le temps de courir chercher un balai aux cabanons de Quidditch, mais ils étaient fermés après le coucher de soleil et sa baguette inutile piquerait probablement encore une crise si elle essayait un Alohomora avec. À la place, elle sonda d'un air grave les alentours pour quelque chose qui pourrait l'aider à grimper à un arbre à une main. Elle pensait qu'elle pouvait se débrouiller pour obtenir les brins une fois qu'elle était là-haut, mais atteindre les branches les plus basses avec un seul bras valide allait être une épreuve.
Rigel tira tout d'abord sur quelques vignes lâches sur un arbre à proximité et commença à les tresser ensemble, utilisant ses dents quand c'était nécessaire pour obtenir une bonne tresse serrée. Ensuite, elle retira ses robes, contente que le pantalon et le haut qu'elle avait dessous la collaient suffisamment bien pour ne s'accrocher à rien. Elle lança sa nouvelle corde-tresse et après quelques essais, elle réussit à le faire passer au-dessus de la branche la plus basse (qui était quand même un bon deux mètres cinq au-dessus de sa tête) d'un des arbres. Elle noua un bout en un nœud coulant et le serra jusqu'à ce qu'elle ait un seul long brin de corde attaché fermement à la branche au-dessus d'elle.
Maintenant avait lieu la partie embêtante. Ses robes furent enveloppées rapidement autour de son bras droit de la paume jusqu'au coude et elle enroula la corde en excès autour de son avant-bras, en-dehors de ses robes. Cela coupait légèrement la circulation quand elle y mit tout son poids mais ce n'était pas aussi mal que ce que cela aurait pu l'être sans le rembourrage. Agrippant fermement la corde de fortune de sa main droite, elle berça son poignet gauche contre sa poitrine de façon à le protéger et fit un saut avec élan vers l'arbre, se poussant contre le tronc avec ses pieds aussi fort qu'elle le pouvait et enveloppant furieusement le mou autour de son bras valide en plein vol. Elle se pendit avec un grognement à la corde, mais elle était maintenant à peu près à un mètre du sol.
Rigel se balança d'avant en arrière sur la corde jusqu'à ce qu'elle puisse toucher l'écorce avec ses pieds. Elle s'y accrocha avec ses chaussures et se propulsa encore une fois vers le haut aussi fort qu'elle le pouvait, gagnant une nouvelle boucle de mou autour de son poignet avant que la gravité ne reprenne le dessus. Elle fit ceci plusieurs fois, haletant et jurant à chaque fois que le poids de son corps tirait sur la corde autour de son bras, mais bientôt elle fut assez haute qu'une dernière poussée contre le tronc lui donna le levier nécessaire pour se tordre et balancer une jambe au-dessus de la branche à laquelle elle était accrochée, et elle s'allongea, pantelante mais victorieuse, sur la branche épaisse alors qu'elle déroulait lentement la corde de son bras gémissant. Son poignet gauche était juste un peu bousculé pour s'être balancée sur la branche et lorsqu'elle retrouva son équilibre et s'assit directement avec son membre robuste, elle était plutôt contente d'elle.
Les cantorbéries poussaient sur les vignes juste plusieurs centimètres plus haut et elle brisa facilement quelques brins en se levant et s'appuyant sur le tronc pour s'équilibrer. Descendre fut beaucoup plus rapide. Elle renveloppa sa main droite dans ses robes et utilisa la corde pour glisser aussi lentement que possible, reconnaissante que toutes ces années à jouer en batteur et que les semaines à ne se servir que de son bras droit voulaient dire qu'elle avait une bonne force et prise dans cette main. Même si c'était plus une chute libre qu'une descente, elle réussit à atteindre le sol de la forêt sans se fouler quoi que ce soit. Rigel était débraillée, son haut blanc couvert de feuilles et de terre et ses robes déchirées à des endroits où la corde avait frotté trop fort, mais elle était rouge et souriait joyeusement quand elle enveloppa les brins de cantorbéry dans ses robes fichues, comme un sac de fortune.
Son air satisfait s'évapora quand une voix amusée perça la clairière derrière elle :
« Plutôt content de lui-même, n'est-ce pas ? Le petit freluquet. »
Elle se retourna brusquement, gardant une prise ferme sur le "sac" de baies, et grogna presque à voix haute quand Rosier et Rookwood laissèrent tomber en même temps leurs sortilèges de Désillusion.
« Je dirais qu'il a mérité un peu d'autosatisfaction, dit Rookwood en haussant les épaules. Il a assurément réalisé notre tâche avec rapidité.
– Oui, fit Rosier, un peu déçu. Il semblerait que notre limite de deux heures n'a pas accordé assez de crédits à Mr. Black. Et il les a même récupérés à la main dès le début – j'aurais tellement voulu le voir essayer de sectionner une branche ou d'attirer l'une d'elle avec tous ces sorts résistants à la magie que j'ai jetés sur la plupart des arbres d'ici.
– Vous m'avez observé tout ce temps ? »
Rigel s'admonesta pour ne pas s'être rendue compte qu'elle était suivie.
Comme s'il avait lu ses pensées, Rookwood dit :
« Ne t'en veux pas pour ça. On a utilisé des sorts d'insonorisation et nous étions toujours hors de ton champ de vision donc même si nous n'avions pas été invisibles, je doute que tu nous aurais repérés. »
Rigel soupira.
« Bon, j'ai ces ridicules baies. Je doute qu'aucun de vous ne veut vraiment faire de crème pour oignon, ce qui est à peu près tout ce pour quoi c'est bon, donc est-ce que je dois vraiment les transporter jusqu'aux serres ?
– Non, non. »
Rosier secoua la main avec dédain.
« Les baies ne sont pas importantes. Ce qui l'est, c'est que tu as réussi ta mission et que tu as montré de la ressource. Tu passes, sens-toi libre de te lier d'amitié avec Pansy, etc. Maintenant, ce que je veux vraiment savoir… »
Le jeune homme mince marcha vers Rigel jusqu'à ce qu'il soit pile devant son visage, ce qu'il semblait penser être la distance appropriée pour examiner quelqu'un en détail.
« …c'est pourquoi tu as essayé de grimper cet arbre à une main ? »
Rigel grogna intérieurement, bien sûr, ils avaient vu ça s'ils avaient tout regardé. Évidemment, elle était venue ici dans le but précis de garder ses secrets seulement pour en dévoiler un (quoiqu'un mineur, que plusieurs personnes connaissaient déjà) au passage.
« Sa main gauche est blessée, commenta Rookwood, sûrement cassée. »
Rigel tira une face ingrate à l'élève stoïque pour avoir souligné ça mais elle tourna violemment la tête en arrière avec un glapissement quand Rosier prit l'initiative de palper fermement la zone enrubannée avec le bout de son doigt.
« Hm, le poignet semble en effet être fracturé, au minimum, sourit Rosier comme s'il avait découvert un nouveau jeu. Mais pourquoi est-ce que tu te balades avec un poignet blessé dans une école avec une Médicomage certifiée dans l'équipe ?
– Mes raisons sont les miennes, dit Rigel sèchement, mettant son bras blessé derrière son dos et s'éloignant de la portée de Rosier.
– Ooh, il semblerait que nous avons trouvé un secret après tout, Edmund. »
Rosier sourit avec un air conspirateur à Rookwood, qui leva un sourcil en retour.
« J'imagine que lui faire accomplir la tâche était inutile alors, dit le plus grand, imperturbable.
– En effet, il s'avère qu'il est digne de confiance après tout. »
Rosier rit à l'expression sidérée de Rigel.
« Maintenant avoir des secrets me rend digne de confiance ?
– Mr. Black, essaie de penser comme un Serpentard pour une fois, veux-tu ? » Le garçon aux yeux d'or fit tut-tut, d'un ton sermonneur. « Que nous, nous sachions un des tes secrets te rend digne de confiance parce qu'on peut toujours compter sur une personne pour protéger ses secrets. Tout le monde a des secrets, Rigel, et une personne que nous savons avoir des secrets est toujours moins dangereuse qu'une personne qui semble n'en avoir aucun.
– Si tu le dis, Rosier. »
Rigel balaya les baies de ses robes et les empaqueta sous son bras.
« Si notre affaire est conclue, j'aimerais rentrer avant que mes amis s'inquiètent.
– Oh, notre affaire est loin d'être terminée. »
Le sourire de Rosier était une lame dangereuse.
« Mais ce sera notre plaisir de te ramener au château maintenant – il ne faudrait pas que le nouvel ami de Pansy se perde dans les bois. Mais tout d'abord… Edmund, si ça ne t'embête pas ? »
Rookwood s'avança et sortit sa baguette avec une grâce travaillée. Rigel trébucha en s'éloignant mais le Serpentard tranquille attrapa son épaule avant qu'elle n'ait pu reculer plus. Rookwood glissa une large main le long de son biceps pour ramener son bras gauche devant elle avec précaution. Elle tressaillit quand il atteignit son poignet mais c'était seulement pour enlever la manche de son haut autrefois blanc hors du chemin. Rosier arriva pour l'aider à désenrouler ses bandages, amenant sa main gauche pour saisir son poignet droit fermement quand elle voulut soulever une main pour les arrêter.
Une fois que le poignet fut à découvert, ils penchèrent tous les deux leurs têtes pour l'étudier d'un œil critique.
« Hm, je m'attendais à pire, dit Rosier, pensif.
– L'os a déjà été remis, dit Rookwood. Ça n'a juste pas été soigné. »
Les doigts du garçon stoïque étaient gentils alors qu'il palpait la zone autour de la fracture.
« Depuis combien de temps est-il cassé ? »
Rigel regarda entre eux deux avec confusion. Le sourire magnanime de Rosier ne la rassurait pas mais le calme imperturbable de Rookwood si, donc elle dit :
« Je l'ai cassé le premier samedi du trimestre.
– Comment ? demanda Rosier avec curiosité.
– Tombé dans les escaliers. »
Elle haussa les épaules. La bouche de Rookwood s'inclina en un froncement perplexe, comparant évidemment le motif de la fracture à son histoire donc elle développa :
« La lanière de mon sac s'est enroulée autour de mon poignet et s'est probablement coincé dans quelque chose quand je suis tombé, donc ça a tiré fort jusqu'à ce que ça craque. »
Rookwood acquiesça facilement mais Rosier grinça de sympathie :
« Ça a dû faire mal. J'imagine que tu t'es évanoui ? »
Rigel grimaça mais hocha la tête.
« C'est ce que je me disais, dit Rosier. Si tu étais conscient quand c'est arrivé, les cris auraient attiré quelqu'un en courant, et tu aurais été envoyé à l'infirmerie. Mais je ne vois toujours pas pourquoi tu n'y es pas allé dans tous les cas, mais je suis sûr que je finirai par le découvrir. »
Rigel fut distraite du bavardage de Rosier par Rookwood pointant sa baguette sur son poignet cassé avec un regard de concentration intense sur le visage qui prédisait un sort compliqué d'une certaine sorte.
« Ne t'inquiète pas, dit Rosier joyeusement. L'oncle d'Edmund, celui qui ne travaille pas à la réserve de créature, est un résident à Sainte Mangouste. Si par accident, il, oh, volatilise tous tes os ou je ne sais quoi, son oncle te remettra à neuf gratuitement.
– N'écoute pas les idioties d'Aldon, Black, dit Rookwood, sa voix rauque mais apaisante, comme du sable étant balayé à travers un jardin Zen. Je guéris les animaux du refuge que ma famille entretient tout le temps. Inspire profondément et ne bouge pas. »
Rigel se trouva automatiquement en train d'écouter la voix apaisante du quatrième année. Elle pouvait voir qu'il ferait un bon dresseur pour les créatures magiques caractérielles avec son attitude capable et calme.
Rookwood lança un sort engourdissant qui fit rugir ses oreilles étrangement pendant un moment. Elle rata l'incantation qu'il prononça ensuite mais une sensation chaude puis froide accourut de son coude jusqu'à la fracture et l'instant suivant, elle fixait avec émerveillement son poignet parfaitement guéri.
« Tu vas devoir faire attention en reconstruisant ta force mais les muscles ne se seront pas trop atrophiés, dit Rookwood. Je ne te recommande pas de grimper aux arbres pendant quelques jours. »
Rigel était complètement désorientée mais aussi extrêmement soulagée. Elle n'aurait plus à tout faire à une main, ce qui voulait dire qu'elle allait arrêter d'échouer en cours de Vol et qu'elle avait une chose de moins sur laquelle mentir à ses amis maintenant.
« Merci beaucoup.
– Pas de problème, lui assura Rookwood.
– Les secrets ne sont plus aussi intéressants une fois qu'on les connaît de toute façon, bâilla Rosier. Maintenant que celui-ci a disparu, je vais simplement devoir trouver un autre de tes secrets avant de pouvoir te faire confiance. »
Il lui fit un clin d'œil taquin mais Rigel était trop reconnaissante pour rouler des yeux, et alors qu'ils faisaient la longue marche du retour jusqu'au château elle se dit que peut-être Rosier ne voulait pas forcément dire quelque chose par là.
Même s'ils l'avaient traînée dans la Forêt interdite pour lui faire grimper un arbre pour un tas de baies inutiles, ils ne l'avaient pas vraiment blessée. Ils ne pouvaient pas savoir en fixant la tâche qu'elle avait une blessure, et ils ne l'avaient pas vraiment laissé vagabonder dans la forêt toute seule, même si elle ne le savait pas sur le moment. Rosier avait même fait guérir son poignet par Rookwood, lui évitant un autre mois d'ennuis au passage. Peut-être qu'elle pardonnait trop vite mais Rigel était une grande adepte de tourner l'autre joue et de passer l'éponge sauf peut-être dans les cas les plus extrêmes. Elle ne l'avait juste pas en elle de s'accrocher à son agacement pour une rancune ou vendetta. C'était probablement pourquoi elle avait beaucoup de mal à comprendre le niveau d'hostilité qui se prêtait à l'inimitié de vingt ans auquel Snape et les Maraudeurs s'étaient accrochés.
En voyant la façon dont le visage de Pansy s'illumina joyeusement quand Rigel entra dans la salle commune flanquée par Rosier et Rookwood, tout ça sembla en avoir valu la peine aussi. Elle était clairement extatique de voir que ses plus vieux amis approuvaient Rigel, et Rigel se douta même que l'autre fille remarquât que tous les trois (enfin surtout Rigel) étaient jonchés de feuilles et de branches et sentaient comme de la mousse. Plus tard, alors qu'elle essayait de s'endormir, après s'être tournée et se retournée juste parce que son poignet n'étant plus cassé, elle le pouvait, Rigel se dit que peut-être une vie "posée" facile était surfaite de toute façon.
NDA : Donc mes excuses, encore une fois, pour avoir pris deux jours de plus que ce que j'avais prévu pour finir ceci – l'histoire m'échappe de plus en plus maintenant, peut-être parce que des choses plus excitantes sont à venir. Je me demande ce que vous pensez de Rosier et Rookwood. Je les imagine en quelque sorte comme les jumeaux maléfiques des… eh bien… jumeaux Weasley ^^'. Quant à la baguette de Harriet – n'oubliez pas qu'elle est Harry Potter, autant qu'une configuration un peu OC. Bien sûr que je n'allais pas la laisser sans la baguette de houx. Prophécie ou non, Horcrux ou non, il y aura toujours une connexion entre Harry Potter et Tom Riddle. Sans ça, c'est trop UA même pour moi pour appeller ça une fanfic :) Donc ouais, dites-moi ce que vous en pensez et merci pour avoir lu !
NDT : RIP à ma tentative de trouver un moyen de traduire cantorbéry (Canterberry en anglais)… Laissez-moi vous expliquer. J'ai galéré à trouver une traduction pour Canterberry au début parce que je pensais que c'était une vraie plante. Après avoir présenté mon dilemne sur le Discord Harry get some sleep, on m'a dit que c'était une plante inventée, même si par le plus grand des hasards, une plante (le thé des bois) avait en nom vernaculaire canterberry (cette ortographe-là n'est trouvable nulle part ailleurs). Mercury m'a donné de super propositions comme nom (merci à toi !) et j'avais choisi "cantille". J'aimais bien ce nom. Puis voilà que je poste ce chapitre sur FFnet et en traduisant les notes d'auteur de Violet, je vois qu'elle a fait une référence à Chaucer dans l'histoire. Je check donc de qui il s'agit et… ce mec… a écrit… une œuvre… qui s'appelle "les Contes de Canterbury" (la vraie ortographe de Canterberry ; c'est le nom d'une ville). Donc il FALLAIT que je change le nom. Voici donc la version finale, avec la version française de Canterbury, "Cantorbéry", pour garder le fait que ce n'est pas la "bonne" ortographe qui est utilisée en anglais. En résumé : toujours lire les notes d'auteur !
J'ai déjà traduit un tiers du chapitre 14 donc vous devriez pouvoir le lire sans problème le mois prochain ! J'espère que vous avez apprécié ce chapitre autant que moi en tout cas :)
