NDA : Ce chapitre se déroule sur les vacances d'hiver. Désolée si vous le trouvez ennuyeux, mais c'est une transition très importante pour l'autre moitié de l'année un (en mon humble opinion). J'espère que vous l'apprécierez ! Yeah. De plus : Juste pour que tout le monde soit clair (parce que je ne m'attarde pas sur des choses qui font sens pour moi des fois), Archie ne cache pas son sexe, juste son nom, parce qu'en théorie, personne aux États-Unis ne sait ou prête attention au fait que l'héritier Potter est censé être une fille donc ça n'a pas d'importance. Et à cause de la legislation anti-né-moldu en place en Angleterre, quiconque éduqué aux États-Unis à cause de leur sang aurait de vraies difficultés à revenir en Angleterre pour trouver un boulot ou se mélanger à la société, donc les chances que quelqu'un à AIM babille sont minces, ça fait sens ?

D'ailleurs : presque 14 000 mots ; réjouissez-vous.

NDT : En français, ça nous fera environ 15 000 mots ! Comme l'a dit Violet, ce chapitre est un chapitre de transition. J'espère que vous l'apprécierez, on va pouvoir revoir la dynamique de la relation entre Archie et Harry et je l'aime beaucoup.


Chapitre 16

Rigel contemplait par-dehors la fenêtre la campagne floue pendant que le Poudlard Express filait en direction de Londres. Elle avait passé ses examens (malgré la rébellion mineure de sa baguette durant DCFM pendant lequel le mannequin de Quirrell avait été à nouveau explosé en mille morceaux), fait la valise d'Archie, et laissé Pansy l'habiller pour rencontrer ses parents à la gare. Neville et Ron avaient fait leurs au revoir sur le quai de Pré-au-lard avant que Draco et Pansy ne la mènent dans le compartiment où Nott, Zabini et Greengrass attendaient déjà. Ses amis étaient encore un peu remontés contre les Gryffondors en général pour ce que Lee avait fait et essayé de faire, mais Rigel se dit que Neville et Ron notamment comprendraient. La plupart de la Maison Gryffondor était au minimum mal à l'aise par tout cet incident, qui, bien sûr, de cette façon particulière des ragots d'école, s'était répandu comme une traînée de poudre dans le corps étudiant tout en laissant la plupart des adultes à l'intérieur et à l'extérieur de l'école complètement ignorants. En fait, presque tout le monde dans la Maison des lions soit évitait Rigel, soit la traitait comme du verre, si assidu à montrer aux Serpentard qu'ils ne voulaient pas de mal à leur première année. La Guerre des Farces avait laissé des traces sur tout le monde, et personne n'était prêt à la relancer.

La porte du compartiment s'ouvrit brusquement, les faisant sursauter tous les six.

« Chiot ! »

Fred fonça dans le compartiment, chopa Rigel par les bras et la souleva à bras-le-corps de son siège. Il pivota et la balança à travers la pièce d'un mouvement fluide, ignorant les exclamations et regards noirs indignés des autres Serpentard de première année et le soupir résigné de Rigel à sa vue.

George, qui attendait à la porte, l'attrapa aisément par la taille et la déposa devant lui avec un sourire magnanime. Rigel n'était pas particulièrement impressionnée. Fred et George, en direct contraste du reste de leur Maison, s'étaient mis à la traiter comme un jouet à mâcher, en partie parce qu'ils le pouvaient, ayant eu une poussée de croissance à un moment où elle ne regardait pas, et en partie pour qu'elle ne commence pas à croire qu'elle était aussi délicate que la façon dont tout le monde la traitait.

Selon leurs dires.

Rigel se dit qu'il y avait une chance qu'ils fussent aussi choqués et inquiets que les autres, et elle ne pouvait pas imaginer que le stress supplémentaire à penser qu'un de leurs amis avait essayé d'en blesser un autre devait aider en quoi que ce soit. Elle pensait plutôt que les tractions, les secousses, et même les lancers étaient leur moyen de s'assurer qu'elle était réelle et en bonne santé, et donc elle chassa le regard soucieux de Pansy et le froncement de sourcils désapprobateur de Draco et sortit dans le couloir, sachant que les jumeaux suivraient.

« Je vous ai dit au revoir hier, leur rappela-t-elle.

– Tu nous manques déjà, dit Fred, si sérieux qu'elle sut qu'il blaguait. Donc on a décidé de te kidnapper et de te ramener à la maison au Terrier avec nous.

– Je suppose que cela serait difficile pour vous de survivre aux vacances sans moi si ceci est le résultat de seulement un jour de manque, Rigel prétendit-elle y penser.

– Si tu viens avec nous, Maman te nourrirait jusqu'à ce que tu sois trop gros pour qu'on puisse jouer à la balle avec toi, dit George de façon persuasive.

– Ce serait bien, admit-elle. Et même pensez à toutes les révisions que Percy et moi pourrions faire si on avait toutes les vacances ensemble. »

Fred soupira misérablement.

« On devra essayer plus fort le semestre prochain, Fred. Il semblerait qu'on ne soit parvenu à rien avec ce chiot.

– Je crois bien que tu as raison, George, dit George. Il n'est définitivement pas encore prêt pour le Terrier. »

Ils l'observèrent d'un air désolé.

« Désolé, chiot, mais on ne peut pas te kidnapper en fait.

– Excuse-nous pour t'avoir déçu. »

Rigel les acquitta solennellement, et après un adieu convenablement fleuri et à en pleurer des fausses larmes, elle rejoignit son compartiment.

« Tu as fini de jouer au petit toutou Gryffondor ? demanda Greengrass quand Rigel revint.

– Un vrai travail de petit toutou n'est jamais fini. »

Rigel réclama son siège de manière imperturbable.

« Hm, je suppose que tu sais de quoi tu parles, renifla Greengrass, une expression prétentieuse pinçant ses traits autrement passables.

– Oui, et je suppose que toi non, donc… », dériva Rigel, mais Draco n'eut aucun souci à finir le sentiment :

« Donc pourquoi même est-ce que tu nous embêtes avec ton opinion ? »

Il posa un regard appuyé sur la porte et la fille offensée sortit de façon indignée pour trouver ses amis plus compréhensifs.

« Petite morveuse insipide, marmonna Zabini une fois que Greengrass fut partie. Les filles de notre année sont particulièrement fades. »

Pansy pencha son menton en défi calme et Zabini fit un geste de rejet d'excuse.

« Pas toi, Parkinson, évidemment. Je doute que Black et Malfoy traîneraient avec toi toute la journée si tu étais une crétine. »

Pansy inclina sa tête, magnanime, et Nott rit :

« Elles vont grandir… à un moment.

– Si Merlin le veut, ce sera avant qu'on ne soit marié à l'une d'entre elles », frissonna Draco dramatiquement.

Rigel essaya de cacher son dégoût à l'idée d'un mariage arrangé, mais elle n'y parvint pas vraiment.

« Ah, mais ton père dédaigne ce genre de pratique, n'est-ce pas, Black ? »

La bouche de Zabini se retroussa en un étrange sourire.

« Pas de fiançailles pendant ta minorité dont tu doives t'inquiéter. »

Rigel haussa les épaules.

« Papa n'en a jamais parlé. Je doute que les familles suffisamment vieilles pour encore croire en cette pratique accepteraient le fils d'un traître à son sang pour leurs filles, en tout cas.

– Tu serais surpris, dit Pansy sombrement. Tout ce dont parlent les autres filles dans les dortoirs, ce sont les partis potentiels – le nom de tout le monde finit par être mentionné à un moment.

– On a onze ans, dit Nott en roulant des yeux. Tout sauf nos noms de familles va complètement changer ces prochaines années, et même les fortunes familiales peuvent fluctuer sans prévenir. Ce serait fou de prendre une décision maintenant.

– Elles n'auront pas leur mot à dire de toute façon, ajouta Draco. Leurs pères choisiront celui qui offrira le plus d'argent pour elles, comme toujours. »

Pansy le fusilla du regard et Rigel tapota son bras de façon réconfortante.

« On ne les laissera pas te marier à un de ces nuls, pas vrai Draco ? »

Les autres rigolèrent quand Pansy appliqua son regard pleurnichard à ses yeux et affecta un ton voilé et manquant d'oxygène :

« Mon héros. Comment me sauveras-tu ? Te battras-tu en duel sorcier pour mon honneur ? Te battras-tu contre les légions à dragon de mon père ?

– La marieras-tu toi-même ? »

Le sourire de Zabini était encore plus tordu que d'habitude.

« Hélas, je suis déjà marié à mes Potions. »

Rigel regarda misérablement le visage abattu de Pansy.

« Mais n'ayez crainte, douce jouvencelle, car au plus léger mouvement de votre cil, je briserai mes vœux sacrés et vous emporterai à Bora Bora et vous garderai enfermée dans un bungalow où une armée d'elfes de maison vous nourrira de mangues et où le soleil ne peut goûter à votre peau innocente, si bien que toutes les nuances du rose les plus pâles que je trouverai sur vos joues d'ivoire, je pourrais proclamer comme miennes. Quand la lune soulèvera son voile, nous gambaderons comme des agneaux de printemps dans les vagues, sirotant le nectar des noix de coco et criant notre liberté à tout vent, qu'ils fassent vent de notre bonheur incandescent à nos amis malheureux, qui seront toujours coincés comme des rats solitaires derrière leurs clôtures de piquets blancs et qui, peut-être, se laisseront dépérir d'envie maladive quand ils entendront les échos de notre joie sur les brises de la mer.

– Cela nous plaira bien sûr énormément, approuva Pansy, ses yeux bleus enjoués scintillant d'une hilarité réprimée. Car dans nos cœurs généreux, nous ne souhaitons rien de plus pour nos amis que d'échapper également à l'existence morne de la vie d'un mariage arrangé, même si la mort est l'unique porte ouverte pour eux. »

Les mots de Pansy se révélèrent être trop et la bonne éducation rigide des serpents généralement fermement enroulés s'effondra devant une telle comédie et ils explosèrent de rire. Rigel écouta très attentivement, car ce n'était pas les gloussements contrôlés ou les rires mesurés et légers de l'opprimé social. C'était le son du plaisir surpris, de l'enfance, et Rigel le savoura avant qu'il ne s'éteigne.

« Parfois, je me demande si tu as vraiment été élevé par les Maraudeurs, mais après, tu fais quelque chose comme ça. »

Nott tamponna ses yeux ruisselant avec un mouchoir.

« Imaginez, garder des elfes de maison à Bora Bora pour te nourrir comme un empereur spolié. Tu es fou, Black.

– Tous les Black sont fous, dit Rigel avec regret. Mais on agit toujours bien envers nos amis.

– Et c'est pour ça que les Malfoy sont là pour intervenir et sauver leurs amis de l'idée des Black d'un sauvetage, dit Draco, souriant toujours un peu au ridicule de tout ça. Pans, la minute où cet idiot commence à parler des îles polynésiennes françaises, je l'enfermerai et t'enverrai l'avocat de mon père. Aucun contrat de mariage ne fera le poids. »

Pansy rit avec les autres, mais au regard ferme dans les yeux de Draco quand il sourit et aux braises brûlantes dans ceux de Pansy quand Rigel leur jeta un coup d'œil, elle réalisa que Draco était entièrement sérieux en offrant la protection non négligeable des Malfoy à son amie de seulement quelques mois, et Pansy, douce, innocente Pansy, connaissait la très réelle possibilité de devoir faire appel à cette offre un jour, et était silencieusement reconnaissante.

Peu de temps après, le train arriva dans la gare. Pansy retoucha les cheveux et les robes de Rigel et Draco pendant qu'ils attendaient que les autres passagers sortent et vident suffisamment le quai pour se déplacer facilement. Ils demandèrent à Pucey de réduire leurs valises et quand Pansy déclara qu'il était temps, ils firent leurs au revoir à Zabini et Nott et débarquèrent du train.

« Ton père n'arrive pas avant plus tard, pas vrai ? » demanda Pansy à Rigel avec nervosité.

Rigel leva un sourcil amusé.

« Oui, Pan, je te promets que ma famille ne sera pas dans le coin pour troubler les eaux. J'ai dit à mon père de venir une demi-heure plus tard pour que je puisse dire au revoir à tous mes amis sur le quai sans mon père aux alentours pour m'embarrasser.

– Une fiction plausible », commenta Draco, ne paraissant pas sûr de savoir s'il devait être heureux que son ami mente aussi bien ou pas.

À la vérité, Rigel avait dit à Sirius de lui donner quarante-cinq minutes en plus, disant qu'elle avait beaucoup de gens à qui elle devait dire au revoir, afin de se donner assez de temps pour utiliser le Polynectar après que ses amis soient partis. Archie avait fait quelque chose de similaire, s'arrangeant pour que ses parents le rencontrent au retrait des bagages au lieu de directement là où les passagers sortaient pour qu'il ait le temps de s'esquiver dans les toilettes et se changer. Archie avait déduit qu'Hermione serait la seule à le chercher et puisqu'elle ne savait pas à quoi ressemblait ses affaires (les filles n'étaient pas autorisées dans les chambres des garçons), et ne savait pas à quoi les Potter ressemblaient, elle ne penserait pas ça étrange qu'une inconnue récupère sa valise à sa place. Puis, tout ce qu'ils avaient à faire était de continuer à siroter du Polynectar jusqu'à ce qu'ils puissent se retrouver et échanger de places.

« Les voilà. »

Pansy désigna discrètement du menton les quatre figures imposantes se tenant sur un côté, bien loin de la fumée du train.

Les Malfoy étaient facilement reconnaissables, resplendissants en soie d'un doux lavande, leurs cheveux si assortis en couleur que Rigel se demanda si ç'avait été la caractéristique décisive quand Mr. Malfoy avait choisi sa femme. Les Parkinson étaient également saisissants, mais pas pour leurs similarités. Mr. Parkinson était grand et fin, avec des cheveux d'un noir de jais peignés en retrait de ses traits angulaires et une paire de lunettes soignée qui brillait de temps à autre dans la lumière. Mrs. Parkinson était petite et énergétique, avec des boucles caramel qui rebondissaient sur ses épaules et les yeux noisette les plus ravissants que Rigel avait jamais vus.

Les deux étaient de complets opposés, et Rigel n'était pas sûre au début comment Pansy pouvait être apparentée à aucun des deux. Elle supposa plus tard que Pansy devait avoir hérité ses cheveux d'or d'un parent, ou alors un de ses parents se les teignait. Sa personnalité, Rigel réaliserait plus tard, était une étrange fusion de la douceur innocente de sa mère et de la perspicacité futée de son père, tempérée par un bout de quelque chose entièrement Pansy.

« Bien le bonjour, Mr. Malfoy, Narcissa, dit poliment Pansy quand ils furent à hauteur de voix. Bonjour Père, Mère. »

La mère de Pansy tendit une main que Pansy prit et pressa gentiment, la mère et la fille souriant avec une émotion réprimée tandis que Mr. Parkinson les observait avec une tendresse silencieuse.

« Comment allez-vous, Miss Parkinson ? demanda Mr. Malfoy.

– Très bien, merci, dit-elle, s'écartant de ses parents de nouveau. Mère, Père, vous vous souvenez de Draco Malfoy ? »

Draco s'avança pour serrer la main de Mr. Parkinson et recevoir également des mouvements de tête affectifs de ses parents.

« Votre fils vous fait honneur, Lucius », dit Mr. Parkinson, la voix principalement vide d'émotion.

Il rappelait à Rigel un calculateur humain.

« C'est si merveilleux de te revoir, Draco. »

Les yeux de Mrs. Parkinson brillèrent un peu de gaieté, bien que son visage présentait l'habituel masque neutre sang-pur.

« Le bonheur est mien. »

Draco s'inclina gracieusement devant le couple.

« Père, Mère, puis-je vous présenter Rigel Black ? dit Pansy en plaçant gentiment une main sur le coude de Rigel. Rigel est notre camarade de classe Serpentard, fils de Sirius et de feue Diana Black. »

Rigel s'inclina formellement devant Mr. Parkinson et sa femme, restant juste au-dessus de la main de Mrs. Parkinson en faisant cela.

« Ravie de vous rencontrer, Mr. Black, dit Mrs. Parkinson avec chaleur. Comment va votre père ?

– Il va bien, Mrs. Parkinson, et j'ose dire qu'il ira encore mieux quand il aura vent de votre aimable question, dit Rigel. Je suis très heureux de cette chance de vous rencontrer tous les deux, et je voudrais vous demander officiellement votre permission pour me lier d'amitié avec votre charmante fille. »

Elle dirigea la dernière partie à Mr. Parkinson, dont l'unique signe de surprise que Rigel connaisse les anciennes coutumes requises pour qu'un homme célibataire s'approche d'une femme célibataire fut un éclat de lumière obscurcissant ses lunettes alors qu'il penchait la tête avec considération.

« Qu'en dites-vous, Mr. Malfoy ? dit Mr. Parkinson en se tournant vers son ami. Comme vous avez l'avantage de connaître Mr. Black, je me soumettrai à votre jugement. »

Mr. Malfoy fixa sérieusement le visage neutre de Rigel pendant un moment, puis dit :

« Même si je n'ai eu que le plaisir d'une brève rencontre avec le jeune Mr. Black, il a l'estime de Severus Snape, un homme dont l'opinion en laquelle j'ai entièrement confiance, donc je me porterai en effet garant de sa valeur concernant l'amitié de votre fille. »

Rigel s'inclina avec reconnaissance vers Mr. Malfoy avant de relever son menton en acceptation ouverte du jugement de Mr. Parkinson.

« Avec une telle recommandation, je serais idiot de refuser votre candidature, Mr. Black, décida-t-il finalement. Que votre amitié soit longue et mutuellement bénéfique. »

Rigel acquiesça et Pansy lui fit un grand sourire indéniable. Même Draco paraissait impressionné qu'elle connaisse les correctes politesses. Ils ne pouvaient pas savoir que j'ai cherché toutes les coutumes sang-pures dans la bibliothèque familiale des Black après avoir décidé d'essayer de me faire passer pour un.

Le masque neutre de Mrs. Parkinson fondit en un sourire aussi lumineux que celui de sa fille, et elle s'avança pour embrasser chaleureusement Rigel, allant même aussi loin que de lisser une boucle ou deux derrière les oreilles de Rigel en se penchant en arrière.

« Merveilleux, tout simplement superbe, dit-elle avec excitation. Maintenant que nous sommes tous des amis ici, racontez-nous votre premier semestre. Je sais que Narcissa et moi-même sommes impatientes d'entendre toutes vos aventures.

– Qu'est-ce qui te fait croire qu'on a eu des aventures dignes de ce nom ? demanda Pansy innocemment.

– Oh, oui, comment ne pourrions-nous pas imaginer que nos enfants, accompagnés par le fils de Sirius Black, seraient impliqués dans quelque chose qui pourrait être considéré excitant ou dangereux ? »

Mrs. Parkinson échangea un regard complice avec Narcissa.

« Allons, Draco, tes lettres ont été inhabituellement vagues ces derniers temps, plaisanta la blonde en souriant. Tu ne voudrais pas que tes parents pensent que tu caches quoi que ce soit, non ? »

Draco et Pansy lancèrent à Rigel des regards inconfortables, et Rigel réalisa soudainement que malgré les dires de Draco qu'il utiliserait leur amitié pour l'espionner, ni lui ni Pansy n'avaient dit à leurs parents toutes les choses intéressantes qui s'étaient passées durant le semestre afin de protéger son intimité. Elle était honorée qu'ils considèrent leur amitié si fortement et donc pour les remercier, elle les retirerait de la position d'avoir à mentir à leurs parents. Aucun enfant ne devrait avoir à garder de secrets à un parent ; elle le savait d'expérience.

« J'ai bien peur que ce ne soit entièrement de ma faute, mes dames. »

Rigel tourna pour sourire de façon contrite aux adultes, mais au vu de la lueur dans l'œil de Malfoy Père et le léger haussement du front de Parkinson, elle sut qu'ils avaient remarqué l'échange silencieux parmi les trois première année.

« Oh ? rit Mrs. Parkinson, un léger son qui tintait et que Rigel ne doutait pas être entièrement naturel pour elle. Quand le fils de Sirius Black revendique la responsabilité pour quelque chose, je suis sûre que ce doit être une sacrée histoire.

– Ce n'est rien d'aussi divertissant, Mrs. Parkinson, objecta Rigel.

– Je t'en prie, appelle-moi Rose, dit-elle avec des yeux brumeux espiègles. Et je pense que peut-être tu surestimes la barre à laquelle quelque chose devient amusant pour nous autres, vielles personnes. Nous avons besoin de tout le divertissement que nous pouvons obtenir, vois-tu, et je pense que nous sommes bien préparés pour le gérer.

– Quelle honte, dit Rigel avec consternation. Quel goujat a donc mis de telles idées de gâtisme dans la tête royale d'une reine aussi raffinée ? J'admets que j'étais hésitant à accabler un cœur aussi charmant par de sombres nouvelles, mais bien sûr, je m'en remets aux commandes de la Déesse.

– Sombres nouvelles ? Que de sérieux de ta part, Rigel, dit Narcissa en soulevant un coin de sa bouche majestueuse pour l'inviter à continuer. Mais sûrement, ce ne peut pas être si terrible si nous, parents, n'avons pas reçu de mots à ce sujet.

– En effet, pas même votre vénérable Directeur ne garderait de nouvelles du bien-être d'un enfant à sa famille. »

Les yeux de Mr. Malfoy se durcirent légèrement et Rigel dut penser rapidement pour éviter ce piège particulier.

« Notre bon Directeur répugnerait sûrement à vous troubler avec des nouvelles sans rapport avec votre propre fils, suggéra Rigel. Les éléments les plus palpitants de ce dernier semestre ont laissé Draco et Pansy complètement intouchés, de cela je peux vous en assurer.

– Et est-ce que ta famille a été également rassurée de ta propre bonne santé ? pressa Rose, ses yeux larmoyants inexplicablement perçants.

– Mon père a bien sûr été tenu au courant de tous les événements, dit Rigel de façon neutre. Il sera honoré de connaître votre considération. »

Draco regardait Rigel avec désapprobation, mais n'allait pas dire directement qu'elle était intentionnellement obtuse. Le père de Pansy n'avait pas de tels scrupules.

« Sa considération était pour vous, Mr. Black, pas votre père, dit Mr. Parkinson vivement. En tant qu'ami de Pansy, vous devez savoir que ce qui est dans votre meilleur intérêt est dans les meilleurs intérêts de notre fille. Si vous avez été impliqué dans quelque chose qui pourrait potentiellement avoir des conséquences sur la vie de notre fille, il est de votre responsabilité d'en prévenir sa famille, de sorte à ce qu'elle puisse mieux la protéger. La même chose s'applique à votre ami Draco également.

– Père, ce n'est pas de la faute de Rigel, protesta Pansy.

– Cassius, ajouta Rose à voix basse, gourmandant gentiment son mari.

– Non, madame, il a raison. »

Rigel hocha la tête respectueusement vers le père de Pansy.

« C'était sans conteste égoïste de ma part d'entretenir la prétention que mes problèmes ne touchent pas ceux autour de moi.

– Je suis sûre que c'est juste un cas de beaucoup de bruit pour rien, dit légèrement Narcissa. Quelle sorte d'intrigues chargées politiquement es-tu en train d'imaginer qui soient arrivées dans une cour d'école, Cassius ?

– On ne peut jamais être trop prudent avec ses enfants, dit Mr. Parkinson. Et si Mr. Black n'a pas de scrupules, je serai plus tranquille en connaissant toute l'histoire derrière les lettres énigmatiques de ma fille.

– J'admets avoir de l'intérêt là-dessus également, dit Mr. Malfoy, son visage ne dévoilant rien. Severus a fait quelques références d'un désinvolte exaspérant sur des événements autour d'Halloween que je ne peux même pas commencer à imaginer, et votre nom a été mentionné parmi eux, Mr. Black. »

Rigel regarda vers ses amis, qui acquiescèrent sérieusement pour montrer qu'ils la soutiendraient si elle expliquait à leurs parents.

« Cela commence et finit avec Lee Jordan, Mr. Malfoy, dit Rigel. En tant que membre du conseil d'administration, vous avez sans doute été tenu au courant de son retrait ?

– Sa famille l'a transféré à Beauxbâtons, oui, fronça Malfoy. Aucune raison n'était citée, bien que le Directeur ne semblait pas particulièrement motivé à poser des questions.

– En vérité, c'était plus proche d'une expulsion officieuse », clarifia Draco, grimaçant légèrement au regard que son père lui donna.

Il y aurait des mots quand ils seraient à la maison concernant la position de supériorité de la famille là où les loyautés entraient en conflit.

« Il n'y a pas eu d'élève expulsé de Poudlard en cinquante ans, et la dernière fois que c'est arrivé, une élève a été tuée, dit Mr. Parkinson, sa bouche formant une ligne sévère.

– Personne n'est mort, Pansy rassura-t-elle rapidement son père. C'était une histoire d'honneur. Rester voulait dire la honte sur la famille Jordan et la possibilité de charges criminelles.

– Qu'a-t-il fait ? demanda Rose doucement. Et en quoi Rigel est-il impliqué ? »

Rigel ne manqua pas la transition sur son prénom, mais elle ne commenta pas. À la place, elle expliqua de façon aussi courte qu'elle le pouvait :

« Lee Jordan n'appréciait guère mon père, et j'ai peur que cette inimité a été transférée sur moi. Malheureusement, il a poussé son aversion trop loin et ses actions ont causé assez de mal pour que sa présence continue dans l'école soit considérée comme dangereuse. Il ne s'est pas approché de Pansy ou Draco, ajouta-t-elle. Et maintenant qu'il a été transféré, le sujet est résolu de manière satisfaisante. »

Draco et Pansy émirent des exclamations identiques d'indignation justifiée, et Rigel leur sourit ironiquement. Ils étaient tout simplement si similaires, même si dans les cas où ils se liguaient contre elle, c'était un peu moins touchant.

« Il t'a presque tué, Rigel, dit Draco doucement.

– Il n'a rien fait de la sorte, dit Rigel fermement.

– Oh, oui, parce qu'un défigurement permanent n'est pas du tout une raison de s'alarmer, renifla Pansy.

– Je parlais de quand tu es tombé sur trois volées d'escalier. »

Draco la fixait férocement maintenant pour traiter tout de façon si détachée.

« Et peut-être que tu as oublié le soir où tu as failli boire de l'acide à cause de ces…

– De l'acide ? »

La main de Narcissa vola au coude de son mari, où il l'agrippa avec rassurance.

« Ce doit être ce dont Severus parlait, dit Malfoy, pensif, les yeux brillant avec quelque chose que Rigel ne pouvait définir. Il m'a demandé d'être aux aguets pour tout envoi non-réclamé de ces cachets de farce pour lesquels Jordan a reçu un blâme.

– Ceux qui n'avaient pas les enchantements corrects contre les modifications ? demanda Mr. Parkinson. De dangereuses choses. Je suppose que le fils de Jordan a réussi à en passer en douce à Poudlard.

– Pas seulement ça, intervint Pansy, énervée. Il en a mis un qui était modifié pour transformer des solutions en acide extrêmement corrosif dans le jus de citrouille de Rigel. »

Les quatre parents parurent mortels à ce moment-là.

« Donc cela aurait pu être n'importe lequel d'entre vous, dit Parkinson sombrement, épinglant Rigel d'un regard à moitié accusateur. Et si Pansy ou Draco avaient bu dans le mauvais gobelet ? Je pense que vous devriez tout expliquer. »

Rigel soupira intérieurement.

« Peut-être que Draco et Pansy peuvent tout expliquer une fois que vous serez confortablement à la maison, dit-elle. C'est une histoire plutôt longue, et j'avais espéré que notre première rencontre serait entièrement plaisante.

– Oui, parlons de quelque chose d'autre, chéri, dit Rose gaiement. Nous parlerons des choses tristes quand nous le devrons, mais j'ai entendu dire que le jeune Mr. Malfoy a rejoint l'équipe de Quidditch cette année, et je préfèrerais plutôt entendre parler de ça.

– Seulement dans l'équipe de réserve, dit Draco, souriant fièrement tout de même. Dans quelques années toutefois, je serai le premier attrapeur de Serpentard. »

Mr. Parkinson paraissait vouloir protester au changement de conversation mais un regard à sa femme le fit serrer les lèvres et jouer le jeu :

« Votre père jouait lui-même quand il était à l'école, n'est-ce pas, Lucius ?

– Poursuiveur, acquiesça Lucius. C'était la seule façon de pouvoir capter l'attention de cette délicieuse créature. »

Il sourit avec charme à sa femme, qui cligna des yeux vers lui comme pour dire : Ce n'était pas moins que ce que je mérite. Le groupe rit facilement au duo, et la conversation devint plus aisée à partir de là.

« Et toi, Rigel ? demanda Rose. As-tu passé les sélections de l'équipe ?

– Non, ma dame, dit Rigel. Je préfère concentrer mon énergie ailleurs.

– Mais tu avais un poignet cassé cette année, dit Draco raisonnablement. Si tu peux tenir sur un balai avec une main, tu n'es pas un mauvais voleur.

– En effet, j'étais sous l'impression que vous étiez un avide fan de Quidditch, Mr. Black. »

Parkinson ajusta ses lunettes et Rigel essaya de ne pas penser à comment il avait eu cette impression. C'était vrai qu'Archie adorait le Quidditch, même s'il préférait regarder plutôt que de jouer vraiment, contrairement à Rigel, qui préférait jouer, mais aucun en-dehors de la famille ne savait vraiment grand-chose à propos d'Archie, sauf…

« Connaissez-vous par hasard la famille Flint ? supposa-t-elle.

– Flint était à l'école avec nous, confirma Parkinson, son visage de révélant ni tendresse ni hostilité envers l'homme. Rose et moi-même sommes tombés sur lui et son fils à la Coupe du Monde de Quidditch d'il y a cinq ans, et ils vous ont mentionné.

– Je crois que le jeune Marcus Flint nous a dit sans détour qu'il gardait le siège à côté de lui pour son ami Archie, même s'il ne venait en fait pas, sourit Rose avec tendresse. Quel garçon adorable. »

Draco souleva les sourcils en incrédulité flagrante, pensant que rien n'était adorable concernant le Capitaine Marcus Flint.

Rigel se souvenait de cette année que trop bien. Archie et elle avaient six ans, et il avait obtenu un siège dans une des tribunes les plus hautes du stade. Rigel ne s'était jamais demandé comment il l'avait eu, mais maintenant elle savait que les Flint avaient dû avoir un extra et invité Archie, qu'ils connaissaient déjà des matchs des Frelons, à les rejoindre. Malheureusement (à la fois pour Archie et pour Rigel, qui avait dû l'écouter soupirer tristement là-dessus le reste de l'été), Archie n'avait jamais pu y aller.

« Oui, les Flint m'ont gentiment offert une place dans leur tribune, mais suite à une tournure des événements imprévue, j'ai été incapable de venir cette année. Marcus m'a déclaré comme un honorable participant sur-le-champ et a ramené une image d'un siège vide à me donner en souvenir au match suivant des Frelons », dit Rigel de façon aussi neutre qu'elle le pouvait.

En vérité, la semaine avant la Coupe était la première fois que Diana, la mère d'Archie, était tombée malade. Au début, personne ne savait ce que c'était. Elle s'en était remise après une semaine environ et personne n'en avait plus rien pensé. Jusqu'à ce qu'elle retombe malade encore. Et encore. Ce n'est qu'après presque huit mois plus tard qu'ils avaient eu des résultats de test avérés, simplement parce qu'ils n'avaient pas su quoi tester. Quand la nouvelle qu'il s'agissait d'une maladie incurable était arrivée, la famille avait été dévastée. Tante Diana tint pendant plus d'un an, mais à huit ans, Archie s'était accroché à la main de Rigel et avait regardé, les yeux secs et vides de résignation, pendant que sa mère était gentiment descendue dans la terre en attente.

Aux regards sur les visages de tout le monde, ils avaient rapproché les chronologies ensemble dans leurs têtes et en savaient autant que si elle avait dit directement pourquoi le jeune Black n'avait pas réussi à aller au match de Quidditch.

Déterminée à briser le silence gênant, et sachant que personne n'aurait le cœur à le faire, Rigel fit un aussi grand sourire qu'elle le pouvait.

« Mais les sélections de Draco étaient presque aussi bonnes qu'un match pour la Coupe. Flint était déterminé à donner une trouille bleue à l'équipe de Gryffondor, donc il a tourné les essais, qui, comme vous savez, sont toujours espionnés, en une sorte de mêlée de haut vol. Tu te souviens, Pansy ?

– Comment pourrais-je oublier ? » dit-elle, un léger regard feint scandalisé sur le visage. Rigel lui sourit pour la remercier de jouer le jeu et obtint un lent clin d'œil en retour. « Il a lâché quatre cognards et trois vifs d'or. Je pensais que quelqu'un allait être jeté au sol pour sûr.

– Bonté divine. »

La bouche de Narcissa était calmement amusée, mais ses yeux étaient tristes. Rigel se sentit extrêmement inconfortable à être la destinatrice de la compassion pour la mère d'Archie, mais elle était reconnaissante que Narcissa les aide à passer au-delà de la blessure ouverte qu'était la disparition de Tante Diana malgré le fait que Draco lui avait probablement tout raconté sur les sélections dans une de ses nombreuses lettres.

« Le Quidditch à Poudlard paraît beaucoup plus dangereux qu'à notre époque.

– C'était rien, maman, dit Draco. C'était juste pour effrayer les Gryffondor, comme Rigel l'a dit. Il n'y avait rien de vraiment dangereux là-dessus.

– Bon, si tu le dis, mon chéri. »

Narcissa ressemblait à l'image même d'une mère concernée par la sécurité de son enfant, et Rigel pensa que c'était presque drôle à quel point tous ces sang-purs se trouvaient être humains.

La conversation passa à autre chose et avant qu'ils ne le sachent, Rigel devait s'excuser pour rencontrer son père. Elle fit des au revoir sincères à Draco et Pansy et souhaita des vacances relaxantes à leurs parents. Jetant un œil à une des horloges de la gare en quittant le quai, elle réalisa qu'elle avait dix minutes pour rencontrer Sirius dans un café retiré juste quelques rues plus loin de la gare de King's Cross.

Rigel se glissa dans des toilettes publiques et entra dans un cabinet. Elle sortit une des précieuses fioles de Polynectar de sa poche et y mélangea un cheveu d'Archie. Prenant une grande inspiration et grimaçant à l'odeur que la substance visqueuse bleu électrique (évidemment, Archie serait d'une telle couleur criarde) dégageait, Rigel avala la dose d'un mouvement rapide. Quelques années de ça et je serai capable de prendre des shots de whisky Pur Feu comme si c'était de l'eau, songea-t-elle durant les secondes avant que ses entrailles ne s'enflamment. Ses boyaux paraissaient se tordre à l'intérieur d'elle, et Rigel supposa que cela faisait sens si la théorie derrière le Polynectar était que cela te changeait de l'intérieur jusqu'à l'extérieur. Elle se demanda si la douleur serait moindre si elle ne changeait pas de sexe, et puis elle n'eut plus de place dans son crâne pour les questionnements alors que la sensation de brûlure se déplaça à l'extérieur de sa peau et qu'elle sentit ses membres s'allonger d'un centimètre ou deux, ses épaules s'élargir un peu et ses traits du visage changer légèrement. Vraiment, elle ne pouvait pas se plaindre. S'ils faisaient toujours ça dans quelques années, les différences commenceraient à devenir vraiment prononcées, et c'était déjà chanceux qu'ils paraissaient quelque peu similaires l'un l'autre.

Une inconfortable brûlure dans ses yeux bien après que la brûlure partout ailleurs ait arrêté fit jurer Rigel de sa propre stupidité et trébucha vers le lavabo pour retirer les lentilles, qui ne lui allaient plus, de ses yeux. La regardant dans le miroir était son cousin, Archie, avec quelques petites différences par rapport à la dernière fois où elle l'avait vu, comme des cheveux plus longs et moins de musculatures dans les bras. Elle devrait s'assurer qu'il commence à faire de l'exercice puisqu'il ne jouait plus au Quidditch.

Sirius attendait dans le café comme il l'avait promis – si par attendre on voulait dire flirter avec désinvolture avec une des serveuses. Cela réchauffa en fait son cœur de voir son sourire éclatant de je-m'en-foutiste illuminer les ombres qui semblaient ne jamais quitter son visage, mais elle se sentit un peu désolée pour la jolie serveuse quand l'attention de Sirius fana dès l'instant où il remarqua son "fils".

« Archie ! »

Sirius bondit du tabouret sur lequel il était assis et sautilla vers elle comme le chiot loin d'être adulte qu'il était souvent. Il la souleva et la fit tourner autour de lui en cercle, ne remarquant pour rien au monde que son enfant n'avait plus six ans. Plusieurs clients évitèrent de justesse de se faire toucher par les baskets de Rigel, et si elle ne s'était pas déjà changée de ses robes de Poudlard, elles se seraient prises dans nombre de choses sur les tables du café.

« Tu es rentré ! Et en une seule pièce, malgré les tentatives que tu as faites pour le contraire. Maintenant je sais ce que Lily ressent tout le temps… et c'est affreux ! Toute cette inquiétude va me faire des cheveux gris. Ils ne sont pas gris, j'espère ? Là, regarde mes racines pour moi, je suis un peu inquiet pour cette section au dos parce que je ne peux pas vraiment la voir correctement…

– Papa ! »

Rigel poussa la tête de cheveux parfaitement noirs de Sirius de sous son nez.

« Tes cheveux vont bien, plus beaux que tous ceux des autres mis ensemble, je te jure. Honnêtement, et tu te demandes pourquoi je t'ai demandé de me rencontrer loin du quai. »

Si son visage n'avait pas déjà été aussi proche d'elle, elle ne l'aurait pas vu. Une étincelle de quelque chose de surpris et presque honteux voleta dans les iris grises de son Oncle et Rigel se sentit aussitôt comme une trou du cul.

« Non, je veux dire, je ne voulais pas dire ça comme ça, Papa », rétropédala-t-elle rapidement.

Elle avait parlé sans penser, le taquinant comme elle l'aurait fait si elle avait été Harriet, et non Archie, qui avait toujours eu une relation particulièrement franche avec son père. Évidemment que ça ressemblerait à ça, de demander à Sirius de ne pas venir la chercher à la gare.

« Pas de soucis, Arch, rit Sirius, passant un bras sur ses épaules négligemment et les dirigeant hors du café sur les trottoirs bondés. Je comprends. Entre les rivalités de Maison et la politique et tout… eh bien, quand j'avais ton âge, je ne voulais pas que mes parents soient à quinze kilomètres de mes amis.

– Non ! »

Rigel tira Sirius sur le côté hors du chemin des gens, déterminée à l'arrêter net avant qu'elle n'endommage la relation d'Archie et Sirius au-delà du réparable.

« Hé, fiston, c'est pas grave, dit Sirius, sa voix ne trahissant pas un soupçon de la douleur qu'elle suspectait cachée sous la surface.

– Ça l'est si c'est ce que tu penses », dit Rigel.

Elle se tourna pour faire face à Sirius et le regarda très… sérieusement.

« Papa, je t'aime. Ce n'est en rien comme c'était avec tes parents. Je n'ai pas honte de toi, ni ne suis embarrassé en quoi que ce soit – je pense que t'es le père le plus génial, le meilleur, le plus charmant, amusant, magnifique, attachant, cool…

– Tu as oublié diaboliquement attirant.

– … merveilleusement hilarant du monde entier, continua Rigel, prétendant ne pas se rendre compte comment Sirius se faisait le beau sous ses compliments. Je ne faisais que blaguer au café – j'ai passé trop de temps avec Harry, je pense – et je ne t'ai pas éloigné de la gare parce que je ne voulais pas que tout le monde te voie me récupérer. Je parle de toi à tous mes amis tout le temps. Les jumeaux Weasley vénèrent le sol sur lequel tu marches, tu sais, et Draco et Pansy auraient adoré te rencontrer.

– Alors… pourquoi ? »

Sirius ne paraissait plus blessé ou inconfortablement joyeux, juste légèrement confus.

« Parce que, j'étais égoïste », dit Rigel en grimaçant.

Elle détestait mentir à Sirius, il était seulement deuxième après Remus et sa mère sur la liste des gens à qui elle détestait mentir.

« Tout le monde à l'école te connaît – ou pense te connaître. T'es célèbre pour ta gamme de farces et attrapes, ta carrière d'Auror, et oui, aussi ta famille. La vérité, c'est que j'allais rencontrer les parents de Pansy et Draco à la gare. Je voulais faire une bonne impression – et je ne suis pas en train de dire que tu ne ferais pas une bonne impression, parce que si, Papa, mais je voulais faire une bonne impression par moi-même, tu vois ? Je voulais qu'ils m'aiment ou pas pour moi, pas parce que mon père, le Chef de la Maison des Black était là. Mes amis signifient beaucoup pour moi, et je ne voulais pas gâcher ma première rencontre avec leurs parents en te mettant dans une position qui irait contre la Grande Séparation et en les mettant dans une position où ils devraient me traiter comme ils te traiteraient et vice-versa.

– Oh. »

Sirius mit les mains sur ses hanches et tapota nerveusement des doigts contre le vêtement en jean à sa taille, comme il le faisait toujours quand il pensait fort à quelque chose.

« Okay, je peux comprendre ça. Même si, tu sais, je n'ai jamais pris la Séparation très au sérieux, non pas que je le dirai à Lily et James. Certains d'entre eux sont bien, tu sais.

– Ouais, je sais, sourit Rigel avec le sourire décontracté d'Archie à Sirius. Et je sais que tu n'aurais rien fait pour me rendre inconfortable, papa, mais tu sais comment certaines personnes peuvent être. Je voulais juste que tout aille fluidement, mais j'aurais dû te le dire. Est-ce que je t'ai blessé dans tes sentiments ? demanda-t-elle ce dernier bout malicieusement et Sirius prit une respiration offensée.

– Quoi, espèce de petit… blesser mes sentiments ? Je pouvais jurer que la lettre disait que tu étais un Serpentard, pas un Poufsouffle », renifla-t-il et il commença à s'éloigner.

Rigel rit comme Archie l'aurait fait et courut après lui.

« Narcissa Malfoy a demandé des nouvelles de toi, commenta-t-elle alors qu'ils flânaient à travers Londres, cherchant un bon point d'apparition.

– Vraiment ? sourit Sirius sincèrement à ça. Comment va cette chère Cissa ?

– Elle va bien, d'aussi loin que je sache. Est-ce qu'elle a toujours été aussi blonde ? Parce que tous les autres Black sont, eh bien, de cheveux noirs, non ? » demanda Rigel avec curiosité.

Sirius rit.

« Oh oui, elle a causé un sacré choc à mon oncle Cygnus quand elle est sortie blonde-Malfoy. Il a presque demandé un duel formel avec ce vieux Abraxas, jusqu'à ce qu'ils réalisent que Cissa avait exactement le nez de Cygnus. Et bien sûr, la Potion de Paternité a beaucoup aidé aussi. Je crois que quand Lucius a demandé sa main, Tatie Druella lui a dit de la prendre, pour la raison que Cissa avait clairement été faite pour un Malfoy depuis le début. »

Rigel sourit au son du rire insouciant de Sirius. Son oncle allait vraiment mieux.

« Donc comment va Marcus ? demanda Sirius une fois qu'il avait fait un transplanage d'escorte au Square Grimmauld. Tu le vois souvent ?

– Des fois, dit-elle avec nonchalance, comme si elle n'avait pas une montagne de devoir du garçon plus âgé dans sa valise en ce moment même. C'est le capitaine de l'équipe de Quidditch, bien sûr, donc je le vois aux entraînements de Draco, mais les années supérieures ne se mélangent pas trop avec les années inférieures.

– Ouais, surtout à Serpentard, dit Sirius, un regard lointain dans les yeux. Je me souviens de Regulus qui parlait sans arrêt de l'honneur que c'était d'être invité à s'asseoir avec les frères Lestrange de leur côté de la table de Maison quand il était seulement un troisième année. »

Rigel ne dit rien, sachant que Regulus était un sujet inconfortable pour Sirius. Elle avait vu le frère de Sirius seulement une fois, aux funérailles de Tante Diana, mais elle savait qu'il avait rejoint le parti COW pendant qu'il était encore à l'école et avait coupé presque tous les liens avec Sirius en résultat.

« Mais c'est bien qu'il aille bien », continua Sirius.

Ils se débarrassaient de leurs manteaux et écharpes dans l'entrée à présent, et Rigel se glissa une autre dose de Polynectar pendant que Sirius bataillait avec ses bottes.

« C'est mieux qu'il s'éloigne de cette maison à lui pendant l'année scolaire. Il ne rentre pas à la maison pendant les vacances, n'est-ce pas ?

– Non, dit Rigel, se rappelant que Flint avait signé la liste pour rester.

– Bien. »

Sirius jeta ses bottes sur le côté et puis se releva et désigna le couloir :

« Alors ? Qu'en penses-tu ? »

Rigel releva la tête après avoir pêché sa valise miniature hors de sa poche et sa mâchoire se décrocha.

« Je croyais que Remus rigolait. Je croyais que tu rigolais.

– Bien sûr que non. »

Sirius lui lança un regard qui disait qu'elle aurait clairement dû mieux le connaître et elle remarqua qu'il gigotait littéralement de plaisir.

« Ton Placement a ouvert tout un monde de possibilités de décoration jusqu'ici inexploré, donc on est juste allé en ville ! Tu aimes ? Tu te sens bien à la maison ? »

Le couloir où les têtes des elfes de maison avaient autrefois été accrochées paraissait avoir été une victime d'une soudaine tempête de guirlandes. Elles pendaient comme de la mousse argent et verte des supports des torches, des chandeliers, des rampes, des encadrements de porte, et elles étaient éparpillées sur la moquette comme un champ d'herbes scintillantes les accueillant dans une sorte de baraque de foire style Serpentard qui atterrerait n'importe quel vrai Serpentard.

« Ouah, Papa, je ne sais pas quoi dire. »

Rigel ne fit que fixer et fixer tout ça.

« Oui, je peux voir que tu es dépassé, dit Sirius. Laisse-moi te donner le tour complet ! »

Il lui montra le parloir, avec ses canapés en brocart vert et des tapisseries si argentées qu'elles étaient pratiquement des miroirs. Ils virent la cuisine avec sa nouvelle vaisselle argentée (pour remplacer celle dorée dans laquelle ils mangeaient auparavant) et les petites salière et poivrière serpents qui sifflaient quand on les secouait. La bibliothèque avait été repeinte en rayures vert électrique et argent métallique, et Rigel se fit une note mentale de ne pas passer trop de temps dans cette pièce en particulier si elle ne voulait pas que sa vision ne s'empire.

La chambre d'Archie était de meilleur goût, refaite en un vert profond et apaisant avec de subtils accents argentés sur les poignées et les rideaux, et Rigel eut de l'espoir pour la pièce jusqu'à ce qu'elle voie le papier toilette vert, brillant dans le noir, dans la salle de bain et le coussin serpent en peluche sur le lit. Néanmoins, ce fut le jardin qui réprima enfin son désir d'admettre Sirius dans un établissement où il recevrait un soin spécialisé.

Remus avait été à moitié honnête. Square Grimmauld n'avait pas un jardin de devant, et de plus c'était un quartier moldu, donc bien sûr, elle avait ignoré la notion de véritables serpents, dansant ou autre, après l'avoir lu. Qu'elle était insensée. La petite cour close, qui auparavant avait le jardin de légumes de Diana à l'intérieur, était maintenant la maison d'environ douze couleuvres helvétiques anglaises, qui avait été ensorcelées pour être d'un vert vif. L'enclos avait été magicalement élargi et la température contrôlée pour que les petits tortillis (comme Sirius les avait surnommés) aient tout le soleil dont elles avaient besoin, et à travers son incrédulité, Rigel remarqua que Sirius paraissait en fait plutôt attaché à eux. Quand ils ouvrirent la porte, cinq ou six vinrent onduler vers eux et Sirius se pencha automatiquement pour caresser leurs têtes et leur fredonner des mots de louanges.

Rigel leva des sourcils incrédules et Sirius fit une moue.

« Quoi ? Ils sont hautement domestiqués. »

Elle intégra leurs mouvements étirés et paresseux et leurs langues vibrant, joueuses.

« Ils paraissent un peu léthargiques. Je pense que tu les nourris trop.

– Ils sont affamés !

– Bien sûr, Papa, ce que tu veux. »

Rigel secoua la tête.

Un petit serpent commença à s'entortiller sur le pied nu de Sirius et à la surprise de Rigel, il dit :

« Prends-moi à l'intérieur avec toi cccette fois, oh, Cccelui Qui Sssent Comme Les Chients. Je veux voir où tu gardes les sssnacks.

– Oh, oh, ça chatouille ! rit Sirius et il éloigna gentiment le petit serpent de lui. Celui-là me grimpe toujours dessus, à essayer de rentrer dans la maison », expliqua-t-il à Rigel, qui commençait à se demander combien de temps libre Sirius avait vraiment s'il ensorcelait les serpents pour lui parler.

Elle parlerait avec Remus pour qu'il passe du temps avec l'ex-Auror plus souvent. Sirius avait quitté son travail dans le maintien de l'ordre quand Diana était tombée malade, et depuis lors, il ne travaillait plus du tout, hormis du volontariat dans le service de pédiatrie à Ste Mangouste quelques fois par semaine et vivait des intérêts de sa fortune familiale.

« Quand est-ce que Harry sera à la maison ? demanda-t-elle alors qu'ils revinrent en déambulant dans la cuisine et fouillèrent dans le garde-manger pour un repas.

– Lily et James la récupèrent en ce moment même, je pense. »

Sirius se gratta le menton.

« Remus et eux viendront dîner ici ce soir, mais Harry passera probablement plus tôt. Tu sais comment elle est, à toujours vérifier que tu vas bien.

– Ouais, dit Rigel, l'ironie dramatique l'étouffant presque. Bon, j'imagine que je vais me réinstaller, alors. »

Elle lava son assiette, se sentant étrange à nettoyer après un repas après des mois à Poudlard.

« Est-ce que tu peux venir déminiaturiser ma valise ?

– Bien sûr, Arch. »

Sirius la suivit à l'étage.

« Tu sais, je me fais appeler par mon deuxième prénom à l'école maintenant, dit-elle avec hésitation.

– Rigel ? Je ne savais même pas que tu aimais ton deuxième prénom, dit Sirius avec un froncement perplexe.

– Bah, je grandis maintenant, Papa. Archie sonne un peu jeune, mais Arcturus est assez lourd à mon âge, tu vois ? expliqua-t-elle. Je réutiliserai Archie ou Arcturus quand je serai plus vieux, je pense, et que je peux me permettre d'avoir un nom qui sonne détendu, et bien sûr, tu peux toujours m'appeler Archie à la maison. Je voulais juste que tu saches au cas où quelqu'un de l'école me mentionne en tant que Rigel.

– Ah, je vois, dit Sirius en haussant les épaules. Non pas que je puisse parler avec les surnoms – surtout pas depuis que je suis le génie qui a trouvé Lunard –, mais l'école est une période pour évoluer, donc si tu veux évoluer en tant que Rigel, moi je dis, fonce.

– Merci, sourit Rigel joyeusement. Donc combien de farces tu penses qu'on peut mettre en place avant qu'Oncle James n'arrive ici ? »

Le visage de Sirius se découpa en un sourire diabolique dont Rigel espérait que les jumeaux Weasley n'en voient jamais le jour.

« Il en attendra au moins quatre, donc je pense qu'on devrait en viser douze environ.

– Tu aimes juste le nombre douze, pointa Rigel.

– C'est un nombre très austère.

– C'est pourquoi ça ne te va pas du tout.

– Tu as plutôt intérêt à ne pas espérer que je me fixe sur treize, parce que la dernière sera pour toi, petit serpent.

– Si je croyais qu'un vieux chien comme toi avait de nouveaux tours, je serais vraiment effrayé. Tu oublies que j'ai été avec la nouvelle génération de farceurs, maintenant… les jumeaux Weasley m'ont appris des choses dont toi et Oncle James n'avaient jamais rêvé.

– Prouve-le !

– Tu l'as demandé.

– Eh bien, tu l'auras voulu.

– Quoi donc ?

– Grâce !

– Ah ! Non ! Papa, où est-ce que tu me chatouilles ? »

-0

[HpHpHp]

-0

Archie et la mère et le père de Rigel arrivèrent quelques heures plus tard, et qu'ils soient damnés si Sirius n'avait pas exactement douze farces installées juste à temps. Certaines d'entre elles furent découvertes tout de suite (comme le seau de peau de serpent placé au-dessus du devant de la porte – pour garder le thème du décor) et d'autres ne seraient probablement jamais enclenchées (comme les yeux du tableau immobile de Salazar Serpentard maintenant accroché dans la salle à manger, qui tournerait les cheveux roses si on les fixait pendant plus de soixante secondes), mais dans l'ensemble, James eut beaucoup de plaisir à les dénicher, Lily eut beaucoup de plaisir à houspiller Sirius, et Remus eut beaucoup de plaisir à regarder ses amis se faire avoir et gronder. Plus important, toutefois, cela donna à Rigel et Archie la couverture dont ils avaient besoin pour s'éclipser dans la chambre d'Archie sans question.

« Fiou, c'était juste », dit Archie quand il eut bondi dans sa chambre et eut fermé la porte derrière eux.

Il tira l'habituelle commode devant la porte et s'écroula sur le lit.

« Mon 'nectar va bientôt se dissiper, et je n'ai guère envie de passer une autre heure en tant que toi, sans vouloir te vexer.

– T'inquiète, dit Rigel, s'asseyant sur le lit également. J'ai encore dix minutes, je pense. Ça fait du bien de te voir.

– Moi ? J'ai été inquiet pour toi à m'en rendre malade ! grimaça Archie. Et la seule façon que je sais que tu n'as pas été estropiée d'une manière ou d'une autre, c'est en ajoutant le cheveu que tu m'as envoyé dans ce Polynectar et puis en comptant tes membres après m'être changé.

– Qu'est-ce qui peut bien donc t'inquiéter ? demanda Rigel innocemment. Je ne suis pas celle qui court dans l'école en criant des trucs sur des trolls et volant des potions illégales.

– Hermione a volé les potions illégales, dit rapidement Archie. Et je ne sais pas ce que tu as fait, c'est le point. James dit que Papa a dit que tu as été attaquée par un autre élève, mais il ne savait pas pourquoi ni comment, juste que tu as dit que tu allais bien. Si ç'avait été vraiment moi à Poudlard, alors ça n'aurait pas posé problème, parce que tout le monde sait que je ne me retiens pas si quelque chose va vraiment mal, mais s'ils avaient su, comme moi, que c'était toi qui envoyais ces lettres, ils seraient remontés aussi. Est-ce que tu sais pourquoi ?

– Archie…

– Je vais te dire pourquoi, dit Archie, levant la voix pour couvrir la sienne. Parce que même si tu étais en train de mourir, tu ne le dirais à personne ! Donc tu vas me dire tout tout de suite ou je te jure sur Merlin que je vais, je vais… Aïe ! »

Son sosie convulsa soudain et grogna. Archie se plia en deux, tenant son estomac alors que sa peau commençait à onduler, ses muscles et Merlin savait quoi d'autre, glissant à l'intérieur de lui. Les transformations au Polynectar étaient vraiment plutôt repoussantes à regarder de l'extérieur, décida Rigel.

Une minute ou deux plus tard, un Archie haletant était allongé dans son propre corps sur l'édredon vert sombre.

« Bon, ça craint, dit-il. Mais peu importe, où est-ce que j'en étais ?

– À des demandes irrationnelles ?

– Oh, oui, s'éclaircit-il la gorge. Tu vas me dire chaque petite chose qui s'est passée pendant que tu prétendais être moi et puis tu vas écouter toutes les choses que tu as mal fait – et je sais qu'il y en aura plein, parce que les seules choses que tu fais bien sont le Quidditch et les Potions – et puis tu ne les referas plus jamais, compris ?

– Oui, maman.

– Je… hmm, il semblerait qu'on expérience un changement de rôle, se renfrogna Archie. N'es-tu pas censée me faire la leçon sur toutes les choses stupides que je fais ? Ça doit être ce Polynectar. Ça me rend confus. Dépêche-toi de changer pour qu'on puisse parler correctement. »

Rigel roula des yeux, mais quelques minutes plus tard, elle sentit ses entrailles se tortiller et sa peau commença à brûler. Quand elle fut elle-même de nouveau, Archie et elle se tournèrent le dos et échangèrent leurs vêtements. Elle se regarda dans le miroir et soupira de contentement. Elle avait son pull bleu favori et un jean qui était légèrement féminin dans sa coupe et elle ressentit une vraie liberté pour la première fois depuis des mois.

« Je ne m'étais jamais rendue compte à quel point j'aimais être moi, dit-elle respectueusement, acceptant ses lunettes presque joyeusement et les perchant intelligemment sur son nez là où elles avaient leur place.

– Bien d'accord. »

Archie étirait ses membres nouvellement obtenus.

« Même si tout ce que j'ai changé était mon nom, je me sens beaucoup plus léger maintenant que je suis à nouveau "Archie".

– J'imagine que ça me rend "Harry" à nouveau. »

Elle sourit. Oui. Harry. Parfait.

« D'accord, Harry, alors commence à passer en revue de dernier semestre avec moi, dit Archie. Et je ne veux pas dire les mensonges que tu vas m'aider à pratiquer à dire à nos parents, je veux dire tout ce qui s'est vraiment passé. »

Harriet soupira, mais elle commença au début, sachant qu'à moins qu'Archie sache tout ce qui s'était produit quand elle était lui et vice-versa, ils pourraient confondre leurs histoires un jour, ce qui serait catastrophique.

Quand elle eut fini, Archie cligna des yeux plusieurs fois, puis dit :

« C'est trop ouf.

– Quoi ? »

Harry le fixa en ahurissement complet.

« Oh, pas la partie où tu as failli avoir tes mains paralysées, cette partie pue, mais ta magie est si cool ! C'est comme si tu as ce pouvoir en toi. Il a juste anéanti et désintégré ce truc insecte, dit Archie avec excitation. Et la partie où ton orteil cogné s'est guéri automatiquement – si ma magie faisait ça, je pourrais sauver n'importe qui je veux juste en le souhaitant !

– Archie, ce n'est pas une BD, se renfrogna Harriet. C'est ma vie, et un pouvoir comme ça est dangereux.

– Seulement pour les gens qui essaient de te faire du mal, rétorqua Archie. Tu ne peux pas honnêtement penser qu'il se retournerait contre toi.

– Qu'est-ce qui l'arrêterait ? demanda-t-elle. Et si je deviens trop embarrassée un jour et que je souhaite pouvoir disparaître et que ça arrive. Et si j'étais en colère contre toi, et que ma magie se déchaînait ? Tu vois ? Les gens ne devraient pas toujours obtenir ce qu'ils veulent ou même ce dont ils ont besoin, parce que ces envies et besoins entrent en conflit avec les envies et besoins des autres, et à la fin, ce n'est pas l'impartialité ou la justice qui décide, mais la force.

– Et alors ? Archie haussa-t-il les épaules. Tu agis comme si ce pouvoir avait été donné à Grindelwald, mais il appartient à toi.

– Exactement.

Exactement, exactement, dit Archie. Harry, tu es la personne la plus cool, calme, sensée, juste…

– N'oublie pas honnête, ajouta-t-elle ironiquement.

– … droite, au grand cœur – non, ne pouffe pas – travailleuse, méritante que je connaisse et si tu arrives au point où ta magie se déchaîne sur quelqu'un, tu peux être sûre qu'il le mérite. Regarde Lee. Avant ça, elle n'a jamais blessé quiconque. »

Archie plaça une main sur sa bouche pour la faire taire, ses yeux gris parfaitement sérieux.

« Même quand on était petit et que tu flippais lors des rares occasions où tu faisais de la magie accidentelle, je n'ai jamais vu où était le problème. Tu avais peur qu'elle soit violente et blesse quelqu'un mais elle ne l'a jamais fait. C'est parce qu'au fond, ta magie ne ferait pas quelque chose d'odieux pour toi, parce qu'elle fait partie de toi.

– Tu peux pas savoir ça, dit-elle doucement derrière sa main.

– Je peux l'imaginer, rit-il alors qu'il essuya sa main sur les couvertures de lit. Et je le crois certainement. Tu es une bonne personne, Harry, donc bien sûr que ta magie va faire des bonnes choses. »

Harry pensa au fauteuil en bois de Snape explosant en une douche d'aiguilles, puis elle pensa à Mr. et Mrs. Malfoy, et où la ligne entre le bien et le pas bien pouvait être tracée, et elle ne pensait pas que cela pouvait vraiment être aussi simple. Mais pour Archie, la vie était vraiment aussi simple, donc parce qu'elle ne pouvait supporter de la gâcher pour lui, elle changea de sujet.

Elle avait beaucoup de choses à penser, mais penser à des choses n'était pas quelque chose qu'elle faisait très bien. Peut-être que sa magie était principalement bégnine, mais le point était qu'elle était bien trop indépendante. Elle était au-delà de son contrôle conscient, et cela voulait dire qu'elle était au-delà des limites de moralité traditionnelles auxquelles la plupart des sorcières et sorciers adhéraient, pour la convenance. La seule chose gardant les gens proches d'elle à l'abri de sa magie, semblait-il à Harry, était son propre sens moral intérieur, qui, comme celui de tous les êtres humains, pouvait pencher violemment hors de la synchronisation le moment où ses émotions ou désirs divergeaient de ses contraintes rationnelles. C'était dangereux, et comme toutes les choses dangereuses, devait être surveillé. Mais comment pouvait-elle surveiller son propre inconscient ? On ne pouvait pas empêcher les choses que l'on désirait, non ?

Archie lui raconta tout sur son année, l'entraînement qu'il avait reçu dans ses cours de Soins basiques, et son amie Hermione, de qui il attendait qu'elle en parle affectueusement. Elle apprit les noms de ses professeurs, de certains camarades clefs dans le parcours de Soin, et en retour, elle lui raconta les caractéristiques majeures de Pansy et Draco, Fred et George, Ron et Neville, et bien sûr, son travail avec Professeur Snape, bien qu'elle n'était pas sûre s'ils parleraient de ça avec Sirius et James tout de suite. Quand ils pensèrent être prêts pour faire face à leurs parents à nouveau, ils se rendirent en bas.

« Vous voilà tous les deux, dit Lily quand ils trouvèrent les adultes se relaxant dans la cuisine, probablement parce que c'était la pièce avec le moins de palette de couleurs criardes.

– Salut maman. »

Harry sourit joyeusement à la femme rousse et s'avança pour lui donner un rare câlin.

Lily lui lança un regard étrange mais accepta l'embrassade brièvement.

« Euh, salut chérie. Eh beh, eh beh, deux câlins en un jour, j'ai dû te manquer beaucoup plus que tu ne l'as laissé paraître », la taquina-t-elle.

Harry sourit, penaude, à sa mère, mais à l'intérieur, elle grimaçait. Bien sûr que "Harry" avait déjà enlacé sa mère à l'aéroport. Elle se réprimanda pour avoir pensé qu'elle pouvait se relaxer maintenant qu'elle était de nouveau elle-même. C'était l'étape la plus cruciale. C'était là où les deux mensonges se superposaient, avec les personnes qui les connaissaient le mieux, et où ils devaient expliquer chaque décalage. Elle devait garder sa présence d'esprit.

« Archie, viens là, je t'ai à peine vu avant que tu t'enfuies en haut, dit Lily, enlaçant Archie avec chaleur. Harry, tu ne vas pas dire un vrai bonjour à ton Oncle ? »

Harry se sentit extrêmement ridicule à aller voir Sirius et à l'enlacer comme si c'était la première fois qu'elle le voyait ce jour-là, mais elle le salua à sa manière habituelle, et elle s'arrêta tout juste d'enlacer son père et Remus de la même façon. Elle se promit d'en avoir subtilement un plus tard pour se sentir mieux. Elle pouvait voir que sauter sur son père démangeait Archie aussi, mais il grimaça juste légèrement vers elle, donc elle lui envoya un sourire de commisération.

Comme toujours, Lily et Sirius firent le dîner. Ces deux-là, qui se mettaient rarement d'accord sur quoi que ce soit, étaient comme une horloge bien huilée dans la cuisine. Quand Lily découpait, Sirius touillait, quand Sirius mettait quelque chose dans le four, Lily enclenchait le minuteur. Encore plus impressionnant que la façon dont ils travaillaient ensemble, c'était le goût de la nourriture quand ils travaillaient ensemble. C'était comme ajouter la cuisine de Lily à la cuisine de Sirius et la multiplier par un facteur de dix. Peu étonnant que les familles mangeaient ensemble autant qu'elles mangeaient séparément.

La conversation du dîner aurait dû être simple. Ils auraient dû être capable de retomber dans les vieux modèles et blagues comme s'ils n'étaient jamais partis. Et c'était le cas, et ils le pouvaient, et pourtant…

« Donc, tu aimes bien Poudlard ? »

Un rapide coup de pied d'Archie sous la table empêcha Harry de répondre automatiquement.

« C'est génial, dit Archie avec enthousiasme. Le château est grandiose, et je me suis fait plein d'amis, et les cours sont vraiment plutôt amusants.

– Donc à qui as-tu fait des farces jusqu'à présent ? demanda James impatiemment, semblant ignorant du roulement d'yeux de sa femme.

– Eh bien… euh. »

Archie lui jeta un regard de et maintenant, quoi ?

« Tu n'as encore fait de farces à personne ? »

Sirius paraissait scandalisé et envoyait des regards embarrassés à ses amis, tirant un autre roulement d'yeux de Lily.

« Laissez-le tranquille, dit Harry. Vous étiez des novateurs, vous, mais c'est dur de s'intégrer en partant du bas quand il y a une tradition en place.

– Ouais, sourit Archie secrètement à Harry. J'ai été impliqué dans plein de farces, comme des feux d'artifice lancés dans les citrouilles de Poufsouffle, mais je me suis retenu de faire quoi que ce soit tout seul. J'ai quand même commencé une guerre de farces entre Serpentard et Gryffondor, donc j'ai une meilleure idée de quoi les meilleurs joueurs sont capables. Bientôt je pourrai commencer mes propres trucs.

– Bonne idée, de connaître la compétition d'abord, dit James lentement.

– Et sans te faire paraître comme une menace, ajouta Remus, pensif. Si tu parais comme un suiveur plutôt qu'un leader, ils te sous-estimeront.

– Oh, oh, comment avons-nous fini avec des enfants aussi intelligents, Cornedrue ? »

Sirius se pencha pour taper Archie dans le dos.

« Vous aviez un bon goût en femme, dit Remus d'un air pince-sans-rire.

– C'est vrai, soupira James. Merlin sait que tout le ciboulot de Harry vient de sa mère.

– C'est une bonne chose aussi, sourit Lily d'un air suffisant. Comment vont les cours de Soin, Harry ? J'étais un peu surprise quand tu t'es dirigée sur cette route.

– Oh, eh bien, Archie et moi avons tout prévu, dit Harry nonchalamment. On va essayer de réaliser les rêves l'un de l'autre. »

Elle ignora le regard légèrement soucieux que Remus lui envoyait.

« Dans cette veine, les cours de Soin sont super ! Bientôt je serai capable de guérir des os cassés je crois.

– Génial ! exulta Sirius. Ouh, Harry, j'ai ce bleu pour avoir préparé le lanceur de tarte plus tôt… guéris-le ! Guéris-le !

– Quel lanceur de tarte ? lui lança Lily un regard noir.

– Pas celui dans ta maison, Lil, l'autre… euh… je veux dire… vite, Harry, guéris-moi avant que ta mère ne me tue.

– SIRIUS ORIN BLACK !

– Désolée, Oncle Patmol, je ne suis pas, euh, autorisée à faire de la magie en-dehors de l'école », dit Harry.

Sans mentionner le fait que je n'ai aucune idée de comment guérir un bleu. Je veux dire, j'ai lu la théorie, mais je n'ai jamais vraiment essayé…

« Oh, allons, la maison est protégée, l'amadoua Sirius.

– Je sais juste que tu n'encourages pas mon enfant à violer le Décret pour la Restriction de la Sorcellerie des Mineurs, dit Lily, sa voix enrobée de doux poison.

– En fait, il est appelé le Décret pour la Restriction Raisonnable de la Sorcellerie des Mineurs, commença Sirius, et je pointais seulement que…

– Je m'en fiche de comment il est appelé ! claqua Lily. Nos enfants ne se feront pas expulser parce que tu t'es fait une bosse sur le genou en préparant des farces dans ta propre maison.

– C'était mon coude, Lily.

– Oh, tu es impossible, Sirius Black.

– Même si j'étais possible, cela n'aurait jamais marché entre toi et moi », soupira-t-il avec regret.

Il fila ensuite hors de la cuisine avant que Lily n'ait le temps de le clouer sur la table avec un des couteaux à beurre.

« Juste un autre dîner tranquille au Square Grimmauld, fredonna Remus gaiement en sirotant son jus de citrouille.

– Et puisque j'ai l'impression de savoir où les tartes qui étaient censées être le dessert sont parties… est-ce que Archie et moi pouvons sortir de table ? » demanda Harry.

James sembla déchiré entre vouloir de la tarte et vouloir voir de la tarte être lancée, mais Remus les autorisa avec un clin d'œil enjoué quand ils se replièrent dans la chambre d'Archie.

« Donc…

– Ouais.

– On ne l'a pas assez bien, dit Archie.

– C'est parce qu'on est tous les deux en train d'essayer d'être deux personnes simultanément, se renfrogna Harry. Et aucune des deux n'est complètement honnête, donc il y a vraiment trois versions de chaque histoire, et on ne peut pas passer de l'une à l'autre suffisamment facilement. Ce serait mieux si on prétendait n'être qu'une autre personne, de façon à pouvoir garder les mensonges et la vérité strictement divisés.

– Quoi, genre, changer de place pour de bon ? Parce que c'est une bonne idée, mais je ne pense pas que ça marcherait, dit gentiment Archie.

– Oh, ferme-la. »

Harry lança un coussin à son cousin.

« Regarde, et si au lieu de moi essayant d'être toi et toi essayant d'être moi et puis qu'on devient confus sur qui est qui, on essaye tous les deux d'être la même personne plus ou moins ?

– Okay… tu m'as perdu.

– On homogénéise nos autres nous, dit Harry, presque excitée à l'idée, c'était si parfait. Donc Rigel, alias mon autre moi, apprend le Soin et commence à faire des farces, pendant que Harry-le-garçon, alias ton autre toi, apprend les Potions et commence à jouer batteur au Quidditch… mais pas juste nos autres nous. Nous aussi ! Donc à la fin, on est les mêmes.

– Les mêmes… ouais, donc, on finira tous les deux par être capable de faire et savoir tout ce que nos quatre personas sont censés être capable de savoir et faire, donc on ne peut jamais se faire avoir quand quelqu'un me demande de faire une potion ou toi de guérir un rhume ! sourit Archie de toutes ses dents. C'est une vraiment bonne idée, si on arrive à la mettre en place.

– Cela veut dire beaucoup de travail en plus, pour nous deux, approuva Harry. Mais c'est ce qui devait se passer de toute façon, pour qu'on soit capable de rechanger à un moment, pas vrai ?

– Si. Donc tu deviens un Maître des Potions, mais j'étudie les Potions aussi et je deviens un Guérisseur, mais tu étudies le Soin aussi, donc alors, quand on a dix-sept ans, je passe l'Examen de Soin en tant que moi-même et tu peux passer la Maîtrise de Potion en tant que toi-même et… est-ce que tout le monde ne sera pas vraiment surpris ? Ou est-ce qu'on leur dira qu'on apprend les deux ?

– On s'en fiche s'ils sont surpris, déclara-t-elle. Le but sera que si quelqu'un réclame que je fasse quelque chose que je devrais savoir faire après sept ans aux États-Unis, j'ai plutôt intérêt à être capable de le faire, ou ce qu'on a fait sera évident. De cette façon, personne ne peut rien prouver.

– À moins qu'ils ne demandent à AIM pourquoi Harry était un garçon quand elle y était élève, dit Archie malicieusement.

– J'y ai pensé, dit Harry. Ce n'est pas illégal de cacher son sexe… juste très étrange. Et je n'ai aucun problème à être étrange. Si quiconque demande, je prétendais être un garçon pendant toutes ces années pour, je ne sais pas, le kiff. Mais ça veut dire que personne ne peut jamais savoir pour sûr que tu es un garçon, Archie.

– Ouais, ouais, pas de montrer mon paquet partout, acquiesça Archie. Je serai le garçon le plus timide de AIM. Attends, est-ce que ça veut dire pas de sexe jusqu'à ce que j'aie dix-sept ans ?

– Non, Archie, tu ne peux tout simplement pas avoir de sexe tout en prétendant être moi. Tu peux avoir tout le sexe que tu veux pendant l'été, dit Harry, amusée.

– D'accord, et pour quand on sera plus vieux ? Bientôt, on ne paraîtra plus aussi similaire, tu sais. Je vais devenir vachement plus grand, déjà, et puis quand on rechangera à dix-sept ans, il y aura plein de doigts pointés sur nous disant "ce n'est pas Arcturus" et "pourquoi Harriet Potter ressemble autant à Rigel Black ?", pointa Archie.

– Je travaille là-dessus aussi, dit Harry. Je vais essayer de trouver une variation du Polynectar qui nous fera passer les dernières années d'école, mais c'est encore à l'étape de la conception. Ne t'inquiète pas pour ça maintenant, d'accord ?

– D'accord, je te fais confiance, dit Archie en haussant les épaules. Et au pire, on peut tous les deux prétendre de décider d'avoir un changement de sexe quand on aura dix-sept ans. C'est sûr de plaire au public. »

Harry rit.

« Vous d'abord, Miss Black.

– Non, j'insiste, Mr. Potter.

– Donc, pour en revenir au sujet, on va devoir passer autant de temps que possible à étudier ensemble, dit Harry. On élaborera un programme pour tous les cours de Poudlard et AIM qu'on prend et puis on échangera. La plupart se chevauchera, on doit juste s'assurer de remplir les trous de connaissance de l'autre.

– Purée, c'est comme si on allait à deux écoles en même temps, grogna Archie. Qui aurait cru que poursuivre ses rêves était aussi dur ?

– Tu peux arrêter maintenant, si tu veux, dit Harry doucement. Je préparerai de l'Éclabouille qu'on attraperait. On ne sera pas à l'école pendant quelques mois, et quand on reviendra, ce ne sera pas surprenant si on paraît légèrement différent. Tu n'as qu'à dire le mot. »

Archie prit une profonde inspiration.

« Jamais. On est lancé là-dedans ensemble, Harry, et je vais être le deuxième meilleur concocteur de Potions de notre génération lorsqu'on en aura fini.

– Et je serai la deuxième meilleure Guérisseuse.

– Tu as intérêt, renifla Archie. Si tu apprends le Soin plus vite que moi, je serai très énervé.

– Tu ne seras pas inquiet quand tu verras ma baguette marcher.

– Oh, c'est vrai que je n'ai même pas encore vu ta nouvelle baguette. Où est-ce qu'elle est ? demanda Archie avec impatience.

– Hm, je crois qu'elle est dans ma… je veux dire dans ta valise. »

Elle s'arrêta pour y penser.

« Peut-être.

– Roh, pas étonnant qu'elle est en colère contre toi. »

Archie secoua la tête.

« Tu as pratiquement abandonné la pauvre petite.

– C'est pas vrai », se renfrogna Harry, énervée d'elle-même pour se sentir coupable.

Malgré tout, elle marcha jusqu'à la valise et chercha dedans jusqu'à ce qu'elle trouve la baguette enroulée dans une paire de vieilles chaussettes. Elle grimaça à la réaction magique violente qu'elle allait sûrement recevoir de la baguette de phénix pour cette indignité, mais elle vrombit joyeusement, presque ronronnante comme un chat, sous sa main, donc elle supposa qu'elle était plus pardonnante qu'elle ne l'avait cru. Ou alors, elle sauvegardait son énergie pour la prendre par surprise.

« Papa est probablement sorti de sa cachette depuis le temps, dit Archie.

– Ça ou Maman lui a lancé une tarte, marmonna Harry. J'imagine que tes devoirs et tes affaires sont dans ma valise à la maison, donc demain, prévoyons de nous voir dans la Bibliothèque des Potter pour notre première session d'étude. On verra quels sujets on connaît tous les deux, et ce que l'un doit apprendre de l'autre et puis on partira là-dessus. Amène le cartable dans ta valise avec toi, il a tous les devoirs dont j'ai besoin, d'accord ?

– Ça marche. »

Archie lui offrit un pouce en l'air rassurant.

« On se voit demain, Harry. Et ne t'inquiète pas, on traversera cette tempête de feu.

– Et on trouvera des étoiles de l'autre côté, pas vrai, Archie ? »

C'était quelque chose que Tante Diana avait l'habitude de dire.

« Et on trouvera des mondes de l'autre côté, Harry. »

-0

[HpHpHp]

-0

« Tu es un peu en retard, commenta Harry alors qu'Archie se laissait tomber dans le siège à côté d'elle à la table de la Bibliothèque de la Famille Potter. Dur matin ?

– J'ai dû nourrir les serpents, dit-il avec hébétement. À quel moment est-ce que Sirius a commencé à aimer les serpents ? Je n'en ai jamais vu un avant et maintenant on en a douze. Voilà ton sac, d'ailleurs. »

Il le fit tomber sur un siège vide.

« Merci, dit Harry distraitement. Et qu'est-ce qui ne va pas avec les serpents ?

– Rien, s'ils sont sculptés sur un bouclier ou peints sur une tapisserie. »

Archie fit une grimace.

« Mais douze serpents vivants dans notre cour intérieure ? Mon père est fou. Et le plus petit n'arrêtait pas de me grimper dessus et de me suivre. Je n'arrivais pas à savoir ce que le satané truc voulait mais il chatouillait et il était visqueux et…

– Les serpents ne sont pas visqueux, dit Harry.

– Eh bien, l'idée d'avoir un serpent grimpant partout sur moi est visqueuse.

– Et qu'est-ce qui est si difficile de savoir ce qu'ils veulent ? Ils sont plutôt bavards de ce que j'ai vu, même si je dois admettre que ton père a besoin de plus d'amis s'il a recours à des serpents pour lui tenir compagnie. »

Harry tourna une page du manuel de Soin d'Archie et rata le regard étrange que son cousin lui donnait.

« Ils ne parlent pas pour de vrai, Harry, ils dansent juste si tu leur donnes un petit coup de bâton.

– Leur donner un petit coup de… laisse tomber, vous les Black êtes fous, roula des yeux Harry. Et bien sûr qu'ils parlent. À moins que tu ne suggères qu'ils communiquent d'esprit à esprit.

– Bah, j'imagine qu'ils se parlent entre eux, mais je ne vois pas comment c'est supposé m'aider à les comprendre, dit Archie, confus.

– Quoi ? Archie, tu ne fais aucun sens. Ils parlent l'anglais de la Reine, comme nous. »

Harry regardait Archie aussi étrangement qu'il la regardait.

« Eh bien… l'un de nous est fou », décida Archie, son expression indiquant clairement lequel d'eux deux il pensait l'être, malgré le fait que la folie des Black était un point bien établi.

Harry plissa les yeux vers lui et il leva les mains rapidement.

« Je dis ça comme ça, dit-il. On n'a qu'à cheminetter chez moi et voir qui a raison, d'accord ? »

Harry suspectait à moitié que c'était un plan élaboré pour éviter d'étudier, mais elle joua le jeu, sachant qu'ils ne réussiraient à rien jusqu'à ce que le grand mystère ne soit résolu.

Ils cheminettèrent à Grimmauld et allèrent directement dans la cour intérieure. Elle grouillait de serpents prenant le soleil dans la lumière artificielle. Quand Archie marcha dans l'herbe, le petit serpent, qui semblait être le plus jeune et le plus curieux de la bande, fonça droit sur ses chaussures.

« Non, non, va-t'en, petit serpent, rit Archie inconfortablement alors que le serpent approchait.

Pourquoi essst-ccce que Cccelui Qui a le Goût d'un Bébé Chien sss'éloigne de nous ? siffla le serpent en étonnement serpentin. Essst-ccce qu'il veut jouer à courir et attraper la proie ? »

Le serpent s'enroula en mouvements joueurs hypnotiques et Archie déglutit bruyamment.

« Harry, aide-moi, Harry, le serpent veut me manger.

– Te manger ? »

Harry fixa le visage alarmé de son cousin.

« Elle veut juste jouer.

– Jouer ? »

La voix d'Archie craqua légèrement.

« Il se prépare à attaquer ! Il va me tuer !

– Oh, elle n'a même pas de crochets, dit Harry en se tournant vers le serpent, pas vrai ? »

La tête du serpent tourna vivement comme l'aiguille d'une boussole pointant le nord. Tous les autres serpents dans la cour se figèrent pendant un instant, puis se tournèrent vers Harry comme si elle venait juste de devenir le soleil.

« Harry, qu'est-ce que tu viens de faire ? chuchota Archie, regardant les serpents regarder Harry. Est-ce que c'était un sort ou autre ? Est-ce que c'est une farce que toi et mon père avaient mijoté ? Parce que j'aime l'initiative mais ça commence vraiment à me faire flipper. »

Harry fronça les sourcils vers Archie et secoua la tête.

« Je ne vois pas de quoi tu parles. Je ne sais pas pourquoi ils font ça non plus. »

Elle regarda les serpents à nouveau :

« Qu'essst-ccce que vous voulez ?

Elle parle, dit un des plus vieux serpents doucement.

De quelle couvée as-tu éclos, parleuse ? demanda un autre plus impérieusement.

– Qu'essst-ccce que vous voulez dire ? leur demanda-t-elle. Ccc'est quoi une parleuse et pourquoi cccela importe qui sssont mes parents ?

– Harry, arrête ça maintenant, d'accord ? »

Harry tourna vivement la tête pour aboyer sur Archie :

« Arrêter quoi ?

– Arrête de siffler !

– Je ne…

Une parleuse parle aux ssserpents, bien sssûr.

– … siffle pas. Attendez, quoi ?

– Quoi ?

– Tu ne peux pas me comprendre ?

– Je peux quand tu me regardes.

Essst-ccce que vous me comprenez ?

Bien sssûr qu'on peut.

– Par Merlin, qu'est-ce qui se passe ? »

Harry regarda Archie très délibérément.

« Je peux parler aux serpents.

– Ouais, j'ai un peu compris cette partie. »

Archie paraissait presque hystérique à ce niveau-là, donc Harry dit un rapide au revoir aux serpents et le traîna à l'intérieur pour qu'ils puissent comprendre ce qu'il se passait.

« On va dans la Bibliothèque des Black, dit-elle, le tirant derrière elle. Je sais que les Potter n'ont rien sur les charmeurs de serpents, ou peu importe ce que c'était.

– C'est parce que ça fait pratiquement partie des Forces du Mal ! » siffla Archie, sonnant presque comme un parleur de serpent lui-même.

Ils dévalisèrent la Bibliothèque des Black de tous les livres sur le parlé des serpents qu'ils pouvaient trouver ; honnêtement, il n'y en avait pas beaucoup.

« Il est dit ici que c'est un trait héréditaire, commenta Harry, scannant un passage d'un journal d'une épouse Black qui avait eu une affaire avec un parleur de serpent : un fourchelangue, comme il était apparemment nommé. Je me demande de quel côté de la famille je l'ai eu.

– Eh bien il est listé dans Héritages Magiques comme un trait Sombre, dit Archie.

– Comment est-ce que ça peut être des Forces du Mal si ça arrive par accident ? se renfrogna Harry. C'est probablement plus comme un truc du genre d'un Métamorphomage.

– Mais seuls les sorcières et sorciers Sombres parlent aux serpents, se plaignit Archie. Merlin, si les gens t'entendent faire ça à l'école, je ne serai jamais embauché comme Guérisseur.

– Eh bien, je ne le ferai pas autour d'autres gens, d'accord ? »

Harry roula des yeux. Honnêtement, ce n'était pas très important. Par contre, elle pourrait probablement obtenir quelques ingrédients plutôt rares sans prise de tête si elle pouvait convaincre les serpents de lui faire un don plutôt que d'essayer de voler des œufs ou des peaux, comme la plupart des récolteurs de Potions le faisait.

« Mais tu as dit toi-même que tu ne peux pas le contrôler, pointa Archie. Et j'ai l'impression que ça ne peut pas s'apprendre comme les Potions ou le Soin. Si ça se sait que l'un de nous peut parler aux serpents et que l'autre non, ce sera plutôt évident qui est qui.

– Aussi longtemps que je ne parle pas en regardant des serpents vivants, qui le saura ? dit Harry en haussant les épaules. Ce n'est pas comme si c'était tatoué sur mon front. Et on ne dort pas vraiment avec des serpents à Serpentard, tu sais. »

Archie prit plusieurs respirations purifiantes puis dit :

« D'accord. D'accord, je suis désolé, j'ai fini de flipper maintenant. Tu peux parler aux serpents. Et alors ? Pas de problème. Remus peut parler aux loups durant la pleine lune. Et mon père parle aux autres chiens tout le temps – bon, si renifler les fesses compte comme parler – mais le truc, c'est que c'est pratiquement normal. Ouais, c'est même plutôt cool.

– Je suis contente que tu penses ça. Est-ce qu'on peut retourner étudier maintenant ? »

Harry vérifia l'horloge.

« On a perdu beaucoup de temps déjà, et j'ai les devoirs de Flint à faire également en plus des miens, plus apprendre le Soin dans ces deux prochaines semaines. D'ailleurs, on devrait essayer ce sort de redirection de courrier que ton amie de l'école t'a aidé à trouver. On en aura besoin avant Noël.

– Merlin, rien ne te décontenance, Harry, je te jure. Peu importe, je n'arrive toujours pas à croire que Marcus te fait faire tous ses devoirs. Il est toujours si cool aux matchs de Quidditch. Je croyais qu'il était mon ami.

– C'est ton ami, dit Harry. Juste pas le mien. Il ne me connaît même pas, donc bien sûr qu'il va prendre l'avantage d'un as qui valse droit dans sa main.

– Même, dit Archie. Il a intérêt à me donner un cadeau de Noël qui déchire. »

-0

[HpHpHp]

-0

Les vacances d'hiver passèrent rapidement après ça, un long et fatiguant flou d'études et d'éviter les questions gênantes auxquels ils n'étaient pas encore préparés à répondre de leurs familles.

Le matin de Noël se leva froid et gris (hormis dans la cour intérieure toujours ensoleillée, que Harry et Archie avaient tous les deux évité comme la peste). Les Potter et Remus étaient tous restés la nuit à Grimmauld pour que les petits (qui avaient véhément protesté d'être référés ainsi) puissent ouvrir leurs cadeaux ensemble.

Après le brunch de Christmas et l'ouverture des cadeaux avec leurs familles, Archie et Harry s'éclipsèrent en douce dans leur chambre pour que les adultes puissent parler de choses adultes et que les cousins puissent parler… d'autres choses adultes. Surtout, ils devaient faire le tri de leurs cadeaux correctement. Harry avait reçu un kit de Guérisseur basique, qu'elle rangerait dans "sa" valise pour qu'Archie puisse l'avoir, mais elle avait aussi reçu un magnifique set d'agitateurs en platine assortis avec ses couteaux de Potions de la part de Remus et sa mère (pour qu'elle puisse continuer sa passion même à AIM), qu'elle donna à Archie pour qu'il puisse les ranger pour s'assurer qu'elle les ait en tant que Rigel quand ils échangeraient de nouveau. Et ça continua ainsi dans cette veine.

Harry passa également un lourd paquet qu'elle avait reçu par hibou ce matin-là.

« Celui-là est d'Hermione », expliqua-t-elle, et elle se dit qu'elle n'était pas du tout jalouse de la façon dont le visage d'Archie s'illumina.

C'était grâce à Hermione Granger que les hiboux ne les avaient pas dévoilés, après tout. Ils avaient trouvé un enchantement pour, sous certaines conditions, dérouter le courrier hibou vers un nom différent et autorisant le sort avec leurs signatures magiques. Archie avait réalisé l'enchantement, puisque Harry ne voulait toujours pas faire n'importe quoi avec sa baguette à moins qu'elle n'ait à le faire, et il semblait que cela avait marché. Ils n'avaient pas encore changé où les lettres adressées à Harry Potter allaient, donc Harry obtenait toujours celles d'Hermione, mais ils avaient transféré les lettres pour Rigel Black à Archie pour les vacances, et il avait eu tout le courrier des amis de Harry sans soucis. Juste avant qu'ils ne rechangent, Archie corrigerait l'enchantement pour que les lettres pour Harry Potter arrivent à Archie et que celles pour Rigel Black ainsi que Archie Black lui soient délivrées à elle.

« Un livre ! J'aurais dû m'en douter, gloussa Archie alors qu'il déballait Un Guide pour Guérisseur sur les plantes et champignons magiques.

– Ça devrait t'aider avec les Potions aussi, nota Harry. Et ce n'est pas comme si tu peux parler pour donner des livres aux gens. »

Archie lui avait offert un livre intitulé Occlumancie : Forteresses de l'esprit qu'il avait trouvé dans la Bibliothèque des Black. Il avait dit :

« Je ne comprends pas tout, mais tu disais que tu voulais un moyen d'empêcher ta magie de réagir à tes émotions, et c'est censé aider à contrôler les émotions, donc peut-être que ça aidera. »

Elle avait été plus que reconnaissante et avait juré d'ajouter l'Occlumancie à la liste des choses qu'elle étudierait pendant son temps libre diminuant de plus en plus.

« Ouais, dit-il vaguement, feuilletant le livre qui paraissait être très bien illustré. Oh, j'ai tes autres cadeaux aussi. »

Archie fouilla dans son placard et en sortit avec deux paquets similairement emballés d'argent et vert.

« Ceux-là sont arrivés quelques jours plus tôt avec une note disant de ne pas les ouvrir avant aujourd'hui.

– De Draco et Pansy ? »

Harry sourit. Ils avaient dû faire du shopping ensemble. Elle espérait qu'ils avaient aimé les choses qu'elle leur avait offerts, même si ce n'était pas grand-chose.

Harry avait envoyé à Pansy un livre de recettes de dessert et à Draco une écharpe qui ressemblait à un mouchoir jusqu'à ce qu'elle sente que la personne le portant avait froid, à partir de quoi, elle s'allongeait à sa taille correcte et devenait chaude. C'était une sorte de blague pour la fois où il avait oublié la sienne dans la Volière. Elle leur avait aussi donné à chacun un bracelet de crin de licorne tressé, trempé dans une simple potion pour l'empêcher de s'effiler. Harry avait un bracelet assorti et espérait qu'ils comprendraient la signification. C'étaient des bracelets d'amitié, d'une certaine façon. Des crins de licorne parce que Pansy les aimait tellement et parce qu'avant qu'elle n'échange sa baguette de frêne pour celle de phénix, ils avaient tous les trois des crins de licorne en tant que cœur de baguette en commun. Ils n'étaient ni trop masculins ni trop féminins, espérait-elle, et elle avait déjà les crins dans son kit de Potions donc ça ne lui avait pas coûté grand-chose.

Harry tendit les mains pour prendre les cadeaux de celles d'Archie, mais son cousin les écarta, hésitant avec un regard particulier dans les yeux.

« Quoi ? »

Archie fixait les cadeaux élégamment emballés dans ses mains.

« C'est juste que… Parkinson et Malfoy… c'est bizarre, tu vois ?

– On est ami, dit Harry de façon neutre. Rien de bizarre à ce que des amis s'offrent mutuellement des cadeaux de Noël.

– Je sais, mais, bon, ne le prends pas du mauvais côté, dit Archie, mais tu sais qu'ils sont la raison pour laquelle tu dois porter un déguisement tous les jours en premier lieu.

– Ce sont juste des gosses comme nous, les défendit Harry. Ils ne sont responsables de rien.

– Non, mais leurs parents si, dit Archie tristement, sans la regarder. Et tu parles comme si tu aimes leurs parents. J'arrive à voir que tu les trouves charmants et élégants, et je suis sûr qu'ils le sont, mais, haussa-t-il les épaules, je m'inquiète juste que tu sois mêlée aux politiques du sang.

– C'est faux.

– Tu penses ça, mais c'est comme ça que ça commence. Ils te récupèrent jeune. Je suis bien loin de ça aux États-Unis, mais toi… »

Il la regarda avec tristesse.

« Tu sais, je pense souvent que tu as la partie la plus désavantageuse de notre marché. Je n'ai besoin de mentir pour rien hormis mon nom. Toi, tu dois cacher tes sentiments, pensées, capacités – oui, je compte le fourchelangue comme une capacité – et même ton genre. Et si on se fait attraper, eh bien…

– C'est mon âme qui devient le goûter des détraqueurs, dit Harry froidement. Je sais. Et j'ai pris ce risque quand j'ai eu cette idée. Je savais tout ça quand j'ai commencé, et pour moi, ça le vaut, d'accord ? Je te promets, je suis plus heureuse de faire ça que je ne l'aurais été à AIM, peu importe à quel point leur parcours de Potions est bon. Cela ne peut pas être comparé avec le fait de travailler directement sous Professeur Snape.

– D'accord, mais sois prudente, hein ? »

Archie la cogna gentiment sur le bras.

« Et si tu te retrouves "purifiée" par le parti Cow, je ne serai jamais capable de trouver un autre sosie Archie Black en un temps aussi court.

– Ne t'inquiète pas, Arch. »

Harry le cogna en retour doucement.

« Je n'oublierai pas qui est l'ennemi. »


NDA : Donc juste pour que personne ne crie à l'acte criminel (et pour que les gens qui lisent vraiment ces notes aient une longueur d'avance sur l'histoire), traditionnellement les Gaunt (et donc Jedusor) auraient été les descendants d'à la fois Serpentard et Cadmus Peverell séparément, mais dans cette fic Serpentard est un descendant de Cadmus (à travers la lignée matriarcale, et j'ai définitivement rendu les frères vivants beaucoup plus tôt que dans le Canon) donc ainsi : oui le fourchelangue est héréditaire, non Harry n'est pas un Horcrux, oui Jedusor est un descendant de Serpentard et a obtenu le fourchelangue de cette façon, non Serpentard n'était pas le premier sorcier à parler aux serpents – Serpentard lui-même l'a hérité de la lignée de Cadmus Peverell, oui les trois frères Peverell avaient cette capacité, ce qui veut dire que les deux d'entre eux qui ont eu des enfants (Ignotus et Cadmus) ont fait passer le trait, aussi récessif qu'il a pu l'être. Ça fait sens ? Donc Harry a eu la capacité "à la loyale" pour ainsi dire des Potter, qui sont descendants d'Ignotus, mais cela peut aider de penser que le Destin est intervenu pour rapprocher encore plus Harry et Jedusor dans leur clash inévitable. Harry doit capter son attention d'une façon ou d'une autre, non ? Mais ne vous inquiétez pas de ça pour l'instant. Merci pour votre lecture ^^