NDA : Celui-là est un peu épisodique, mais j'espère que vous l'apprécierez. Tous les fans d'Alanna verront sans aucun doute des élements déteindre sur ce chapitre. ^^ Je ne possède rien ni ne fais payer pour cette fic, donc considérez les bouts de JKR et Pierce disclaimés.

NDT : Ce chapitre marque le début du nouvel arc qui durera jusqu'à la fin ! Beaucoup de choses se passent, ça a été un plaisir de le traduire ! Bonne lecture.


Chapitre 17

Les vacances avaient été épuisantes. Rigel – car en effet, elle était de nouveau Rigel avec ses lentilles gris terne et le nom de famille de son cousin – regarda les autres Serpentard dans le compartiment sourire bêtement et blaguer, clairement rajeunis par leurs deux semaines de vacances et elle sentit quelque chose d'inconfortablement amer dans son cœur. C'était de la jalousie, reconnut-elle avec un sens détaché d'auto-déception. Elle était en quelque sorte jalouse de leurs vies détendues et ennuyeuses, et elle détourna le regard vers la fenêtre pour essayer de réprimer l'indigne sentiment. Elle ralentit sa respiration et tourna son esprit sur lui-même, comme le livre sur l'Occlumancie avait dit. Vider mon esprit. Mon esprit est une forteresse. Mon esprit est une forteresse vide… mais alors, qui va la garder ? Une forteresse vide ne fortifierait rien. Peut-être que si j'ai des gardes de l'esprit… oui… non attends, vide, vide… crotte.

Rigel soupira devant le paysage flou au-delà du carreau. Elle avait lu les premiers chapitres du livre qu'Archie lui avait offert à Noël, mais elle ne pensait pas qu'elle arrivait à quelque chose. Il disait qu'avant d'apprendre quoi que ce soit, elle devait apprendre à vider son esprit. Cela semblait, pour Rigel, qui avait toujours fait en sorte de remplir son esprit avec tout ce qui concernait les potions, être une façon plutôt ridicule de transformer l'esprit en une forteresse. À moins que ce ne fût une forteresse de stupidité, mais elle ne voyait pas comment cela l'aiderait à contrôler ses émotions. Peut-être qu'elle pourrait trouver un autre livre à Poudlard pour compléter sa lecture. Non pas que sa pile de lecture avait besoin de plus d'ajouts. Elle avait déjà plusieurs épais pavés de Soin de la Bibliothèque des Potter dans sa valise à lire attentivement dès qu'elle ne faisait pas son travail habituel ou le travail de Flint. Le temps-libre se révélait être une sacrée illusion. D'un autre côté, elle avait choisi ce chemin – s'en plaindre serait tout aussi indigne que d'être jalouse de ses camarades pour quelque chose pour laquelle ils n'y pouvaient rien.

« Hey, Black, attira Nott son attention loin de la campagne. Tu as fini la rédaction de Potions sur la liste des propriétés des ingrédients rares ? J'ai assez de centimètres et j'ai cherché la plupart d'entre eux, mais je n'ai rien pu trouver sur l'herbe de Limbus dans la bibliothèque de mes parents.

– Rigel a fait cette rédaction il y a des mois, dit Draco.

– Est-ce que tu as regardé du côté des sérums de vérité ? demanda Rigel, ignorant la vantardise pas très subtile de Draco en son nom. Elle est trop rudimentaire pour être dans n'importe quel manuel de Potions sérieux, mais tu ne l'aurais pas trouvé avec les remèdes à base de plantes non plus puisqu'elle est considérée plutôt sombre.

– Oh, je vois. »

Nott était évidemment confus sur pourquoi elle avait fait le travail plus tôt, mais il se tourna poliment vers Zabini et dit :

« Tu as un livre sur les précurseurs du Veritaserum, non, Blaise ?

– En effet, dit doucement le garçon réservé. Je l'ai laissé dans le dortoir pendant les vacances. Tu pourras l'emprunter après le festin. »

Greengrass, qui par pure effronterie avait soutiré un siège dans leur compartiment à nouveau, n'était pas aussi incline à fermer les yeux sur les bizarreries du planning du travail scolaire de Rigel.

« Quoi, le chouchou du prof a obtenu une liste des devoirs en avance pour qu'il puisse paraître intelligent en mémorisant les réponses à l'avance ? »

La fille souleva un sourcil en une imitation grossière de la sorte de haussement de sourcils que Rigel avait vu Narcissa Malfoy et Rose Parkinson employer quand l'occasion le méritait.

« Oh, mais, tu ne savais pas ? »

Pansy envoya à Greengrass un regard compatissant qui suintait le poison social.

« Professeur Snape a pris Rigel sous son aile. Il est dans un programme d'apprentissage accéléré qui le mettra au même niveau qu'un élève post-ASPIC d'ici à la fin de sa troisième année. »

Rigel soutint stoïquement les regards impressionnés des autres élèves, bien qu'intérieurement, elle s'émerveillait à l'habileté de Pansy à inventer aussi facilement. C'était vrai qu'elle était dans un régime d'apprentissage accéléré, mais Pansy ne connaissait pas les spécificités, et le but n'était pas de l'amener aux standards de la septième année à la troisième. En fait, elle passerait les trois premières semaines de chaque semestre à apprendre la théorie derrière ce que le reste de sa classe apprendrait pendant le semestre entier, puis pour les trois mois restants ou presque, Rigel étudierait des choses complètement en-dehors du curriculum de Poudlard, pour qu'elle ne s'ennuie pas trop à concocter en cours, mais elle apprendrait aussi toutes les choses qu'un Apprenti apprenait traditionnellement après ses ASPICs. Professeur Snape avait accepté de la mettre à l'essai sur deux ans, et si, à la fin de ces deux années, elle avait prouvé être compétente, on lui donnerait un statut officiel d'Apprenti. Si elle y arrivait, elle serait la plus jeune Apprentie depuis que le système moderne d'éducation avait été implémenté.

« C'est impossible, dit Greengrass, bien qu'elle ne semblât pas complètement sûre d'elle-même. Tu ne seras jamais capable de suivre le reste de tes cours si tu faisais ça.

– Et alors ? dédaigna Rigel. Tout ce qui m'importe, c'est les Potions. »

Draco et Pansy échangèrent des regards chagrins à cette déclaration.

« C'est pour ça que tu fais toujours exploser des trucs en Défense au lieu d'apprendre les vrais sorts ? » demanda curieusement Nott.

Rigel essaya de ne pas le fusiller du regard.

« Les explosions infortunées auxquelles je suis enclin dans les cours du Professeur Quirrell n'ont rien à voir avec mon intérêt en Potions. Ma baguette et moi-même avons des visions différentes sur en quoi consiste une pichenette et en quoi consiste une petite tape, et bien que je me sois montré magnanime et me suis mis d'accord pour ne pas être d'accord, ma baguette prend fréquemment les choses en main. »

Nott rit et même Zabini eut un petit rictus d'amusement, aucun ne sachant à quel point ses mots avaient été vrais, mais Greengrass gâcha la blague en les coupant :

« Donc en d'autres termes… tu n'es bon à rien d'autre ? sourit narquoisement Greengrass à Rigel, qui haussa un sourcil en réponse.

– Qui t'a sonné ? » claqua Draco.

Rigel lui envoya un sourire reconnaissant pour avoir pris sa défense, mais secoua la tête lorsque Pansy parut prête à tailler en pièces l'autre fille.

Contre toute attente, ce fut Zabini qui parla :

« Tu devrais être prudente sur ce que tu supposes, Miss Greengrass, dit-il, ses yeux sombres donnant une impression de profonde compréhension qui étaient seulement rehaussés par ses lèvres ourlées. La vérité sur Rigel Black va au-delà des Potions, tu n'as juste pas encore eu l'honneur d'assister à son véritable pouvoir.

– Et je suppose que toi si ? »

Greengrass roula des yeux.

« Tout ce que tu fais, c'est de lancer des remarques obscures comme si tu savais quelque chose et que nous autres non. Eh bien, je pense que ce n'est que de la bouse de dragon.

– Et je pense que tu devrais partir, dit Draco en la toisant. On n'a pas besoin de personnes qui lancent des analogies grossières à tout-va et qui insinuent des choses par méchanceté dans ce compartiment.

– Tu ne peux pas juste me jarter dès que vous n'aimez pas ce que j'ai à dire, fulmina-t-elle.

– Non, mais Crabbe et Goyle le peuvent. Ils sont juste au compartiment d'à côté, tu sais, et ils ne s'inquièteront pas de combien d'argent a ton papounet quand ils te vireront par l'oreille.

– Urgh, d'accord », cracha-t-elle, ouvrant la porte à la volée et la claquant suffisamment fort pour ébranler la fenêtre derrière elle.

Les première année se regardèrent avec considération dans le silence qui suivit.

« Tous pour ne plus jamais laisser cette harpie dans notre compartiment ? dit Nott avec humour.

– Secondé.

– D'accord.

– Oui.

– Rigel ? » incita Nott.

Elle prétendit y réfléchir très précautionneusement.

« Eh bien, on a toujours un siège vide, nota-t-elle. Donc ça dépend de qui on devra laisser s'asseoir avec nous à la place. »

Ils méditèrent là-dessus pendant un moment.

« Crabbe ou Goyle ? suggéra Nott.

– Ils viennent vraiment en paire, dit Draco.

– Davis n'est pas si nulle… en fait, si, elle l'est, soupira Pansy.

– Pourquoi est-ce qu'on ne peut pas juste poser une valise sur un des sièges ? demanda Nott.

– Et l'avoir qui tombe sur mes orteils chaque fois que le train freine ? renifla Zabini. Je ne pense pas.

– On trouvera d'ici juin, dit Draco. Et d'abord, vous partez du principe qu'il pourrait y avoir quelqu'un de pire que Greengrass.

– Bon point, sourit Rigel. Motion adoptée. »

Après le Festin de Bienvenue, Rigel avait salué ses amis sur le chemin de la salle commune alors qu'elle se rendait au bureau du Professeur Snape à la place. Elle n'était pas sûre qu'il serait là la première nuit du nouveau trimestre, mais elle avait appris que Snape était une sorte de bourreau du travail, donc ses chances étaient bonnes.

Elle tripota son bracelet en crin de licorne alors qu'elle se tenait devant la porte familière en chêne. Pansy et Draco portaient tous les deux leurs cadeaux dans le train, de quoi elle déduisit leur appréciation. Pour leurs parts, Pansy et Draco avaient fait les courses ensemble pour les cadeaux de Rigel. Draco lui avait envoyé une généalogie sorcière sang-pure. Bien que la Bibliothèque Familiale des Black en avait plusieurs remontant jusqu'au Moyen-Âge, celle que Malfoy lui avait envoyée était complètement à jour. Elle avait tout le bottin mondain de la société sorcière moderne, et nombreuses des entrées les plus récentes étaient écrites à la main de l'écriture soigneusement élégante de son ami.

Pansy lui avait donné une sorte de carnet d'adresse vierge, mais au lieu de courtes entrées pour le nom, le numéro et l'adresse comme on pourrait le voir dans le monde moldu, ce livre était complètement Serpentard par conception. Elle avait déjà rempli les premières pages avec les élèves notables que Rigel connaissait, comme Rosier et Rookwood. Chaque entrée avait une photographie mouvante en couleur de la personne (toutes évidemment prises sans la connaissance du sujet) ainsi qu'un arbre généalogique abrégé, des notes sur les forces et faiblesses, talents et influence politique, ambitions et secrets gênants du sujet. C'était pratiquement un livre de dossiers. Pansy avait seulement rempli les bases pour l'instant – c'était à Rigel d'être suffisamment Serpentard pour remplir les pages avec des informations véritablement inestimables.

La poignée de porte argentée brillait avec moquerie alors qu'elle se tenait devant. Elle devrait être suffisamment à l'aise pour aller voir son Professeur maintenant, mais l'homme l'intimidait de ouf, alors même qu'il avait été plutôt gentil. Il était tout ce qu'elle voulait être un jour, et pour tous ses efforts, elle se sentait si inadéquate et faible en se tenant devant lui. Indigne, pensa-t-elle, essayant de réprimer l'amertume qui lui remontait la gorge, je me sens indigne autour de lui plus que quiconque, parce que lui et moi avons la même ambition, mais il n'a pas eu à mentir jusqu'au sommet. Qui était-elle, une petite parvenue malhonnête, pour aller voir un Maître des Potions comme Snape ?

Se débarrassant de ces pensées qui n'étaient pas seulement improductives, mais qui seraient franchement dangereuses si elle tenait sa baguette de phénix présomptueuse, Rigel tapa d'une façon qu'elle imagina modeste sur la lourde porte.

« Entrez si vous le devez. »

Rigel redressa les épaules et rentra dans le bureau. Snape avait depuis longtemps remplacé les bocaux d'ingrédients marinés sur les étagères autour de la pièce, bien qu'elle n'ait jamais resuggéré d'en indemniser le professeur ou quoi que ce soit d'autre. Vraiment, c'était stupide de la part de Rigel d'avoir offert cela en premier lieu. N'importe qui avec des yeux pouvait voir à quel point l'homme était fier. C'était dans l'inclination de sa mâchoire et dans l'attitude défensive tranchante de ses yeux. Il y avait de la fierté dans chaque vertèbre, dans chaque geste réservé et dans chaque syllabe exacte qu'il proférait. Rigel ne comprenait pas exactement la fierté – peut-être parce qu'elle n'avait jamais fait quelque chose dont elle était fière – mais elle pouvait la reconnaître, dans le sourire d'un parent poule ou dans le cou rigide d'un hippogriffe.

« Bonsoir, Professeur.

– Mr. Black. »

Snape leva les yeux des notes qu'il griffonnait dans les marges d'un épais ouvrage cultivé.

« Je suppose que vous avez vos rédactions.

– Oui, monsieur. »

Elle plaça les trois rouleaux qu'elle avait pris avec elle sur le bureau de Snape et hésita juste assez longtemps pour qu'il le remarque.

« Y avait-il autre chose ?

– Oui, en fait… »

Rigel serra ses mains dans son dos dans un effort d'arrêter leurs tremblements ridicules. Snape n'allait pas couper tout lien avec elle juste pour avoir demandé. Le pire qu'il pouvait faire était de refuser.

« Je me demandais si je pouvais m'approprier une des salles vides dans les cachots pour un labo ? »

Snape prit un air renfrogné et ouvrit la bouche pour répondre, sauf qu'il s'arrêta. Il étrécit les yeux en un regard fixe perçant et Rigel essaya de paraître digne de confiance. Elle pensa vaguement qu'essayer de paraître digne de confiance indiquait probablement d'une certaine façon qu'elle ne l'était pas avant. Snape se renfonça dans son fauteuil et dit :

« Donner à un élève l'autorisation de concocter des potions inconnues sans être supervisé dans un cachot semble dangereux, imprudent et superflu. »

Rigel grimaça mais acquiesça en acceptation. Cela sonnait plutôt irréfléchi dit comme ça.

« Convainquez-moi. »

Ses yeux s'élargirent, mais elle ne perdit pas de temps à se questionner sur l'humeur rare dans laquelle elle semblait avoir trouvé le professeur.

« J'apprécie le travail théorique que vous m'avez donné, monsieur, expliqua-t-elle, mais je pense que je bénéficierais également d'une pratique, eh bien, pratique. Je choisirais la salle très soigneusement ; quelque part un peu en-dehors des tunnels principaux pour ne pas être distrait par les élèves passant à côté, mais suffisamment proche de votre bureau pour que vous puissiez me rejoindre si jamais un tel événement devenait nécessaire. Je vous fournirais à l'avance une liste des potions que je compte pratiquer, et toutes les potions vous seraient remises une fois finies, pour que vous sachiez que je ne garde pas les potions quand j'aurais fini. Je garderais également des registres minutieux de tous les ingrédients que j'aurais utilisés dans les réserves de l'école, que je verrais également avec vous à l'avance. »

C'était tout aussi impossible que d'habitude de sonder l'expression de Snape, mais quand elle s'arrêta pour respirer, il inclina la tête, comme pour dire, je vous écoute.

« Cela ne vous poserait que très peu d'inconvénients, monsieur, bien que je vous demanderais de donner votre accord pour la salle et de placer des sorts de surveillance pour vous alerter si une explosion de quelque sorte devait arriver, continua-t-elle, pratiquement en bafouillant mais avide de ne lui laisser aucun moyen d'objecter. Je porterais un équipement de protection tout le temps, une combinaison complète si vous voulez, même si je concocte seulement un détachant absorbeur d'odeur, juste pour qu'il n'y ait pas de possibilités de blessures. Cela ne changera pas le niveau d'attention que je donne au travail écrit, et je n'inviterais pas d'autres élèves à regarder ou, Merlin m'en garde, aider. Jamais. »

Elle se creusa la cervelle, mais ne pouvait trouver aucune autre garantie.

« J'avais prévu de vous arranger une heure ou deux par semaine dans les Labos Avancés, dit Snape à un moment. Je ne suis pas ignorant du fait que vous avez besoin de plus d'opportunités de concocter en-dehors du programme, même si j'admets que j'étais… incertain de comment mes élèves en ASPIC réagiraient à votre présence. »

Rigel grimaça. La dernière chose dont elle avait besoin, c'était d'offenser un des élèves de potions de sixième ou septième année en semblant se comporter comme leur égale dans les labos.

« Ce n'est pas une solution idéale, fit Snape en la fixant plutôt hostilement. Cela demande beaucoup de confiance de ma part, et franchement, j'ai bien peu de confiance en l'humanité sans qu'on me demande en plus de faire confiance au rejeton d'un Maraudeur autour d'une flamme non supervisée. Toutefois… »

Rigel serra les mains si fort que même ses ongles courts firent des marques sur ses paumes.

« … Je suis enclin à penser que vous n'êtes pas accoutumé à rester aussi longtemps sans concocter, et je ne doute pas que, si je devais refuser, vous trouveriez simplement quelque part où je ne pourrais pas vous rejoindre dans une urgence pour installer votre chaudron, donc voici ce qui va se passer. »

Rigel réprima son sourire triomphant et écouta attentivement.

« Toutes les conditions que vous avez présentées seront mises en place, et en addition à cela, je placerai une barrière autour de la porte qui pointera vos entrées et sorties – vous ne serez pas debout à toute heure de la nuit à concocter, vous me comprenez ? »

Rigel acquiesça et Snape continua :

« Vous ne laisserez pas d'ingrédients dans ce laboratoire improvisé. Vous ne mangerez ou boirez pas dans le labo. Vous ne laisserez pas de potions sans surveillance à moins que la recette ne demande pour plus de trois heures entre chaque étape, cas dans lequel je placerai une barrière autour de la porte pour garder tout dehors pendant qu'elle mijote. »

Snape s'arrêta, mais ne pouvait apparemment penser à aucune limite de plus qu'il pouvait mettre en place.

« J'attendrai une liste des potions avec lesquelles vous souhaitez commencer et une sélection de pas moins de trois salles possibles pour mon accord d'ici la fin de la semaine. Bien sûr, j'ajouterai des potions à votre liste, mais je vous permettrai une certaine discrétion sur celles que vous souhaitez poursuivre également. Sommes-nous clairs ?

– Oui, monsieur. Merci, Professeur Snape.

– Retournez dans la salle commune, Mr. Black, il est assez tard. »

Rigel acquiesça, donna un minuscule sourire de remerciement encore une fois, et quitta le bureau tremblante d'excitation à la perspective d'enfin concocter à nouveau.

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Les cours reprirent, et avec les cours vinrent les regards désapprobateurs de McGonagall et les points retirés par Quirrell, mais elle ne pouvait pas se pousser à s'en inquiéter beaucoup. La baguette de phénix prenait une vengeance sans merci pour son abandon pendant les vacances d'hiver, mais Rigel concocterait bientôt à nouveau, donc peu importe à quel point sa baguette devenait autoritaire avec ses sorts – faisant un mouvement brusque mi-chiquenaude et faisant se plier en avion en papier le parchemin qu'elle devait changer en rose et le faisant voler à toute vitesse dans la pièce, par exemple – Rigel l'ignora avec contentement, ce qui, en rétrospective, aurait servi à la rendre encore plus difficile, comme un enfant voulant de l'attention.

McGonagall ne lui donna pas plus de retenues, bien qu'elle soupirât de façon très déçue quand la tasse à thé de Rigel devint une montre de poche au lieu d'un livre de poche. Quirrell se délectait positivement à écrémer des émeraudes du sablier de Serpentard chaque lundi et mercredi, mais le tout petit Professeur Flitwick sembla trouver ses enchantements mal conçus plutôt amusants, et la laissait partir presque toujours avec des encouragements à essayer plus dur la prochaine fois. Flitwick avait une vision de la vie fondamentalement indifférente, comparé à plein de personnes qu'elle connaissait.

Comme Marcus Flint, par exemple.

Il la coinça sur la route de la Bibliothèque (heureusement pas encore en costume) au troisième jeudi du retour. Elle marchait le long du couloir du troisième étage vers les toilettes quand elle fut tirée d'un coup sec sans autre forme de cérémonie dans une salle de classe vide.

Pas exactement remise de tout l'histoire Lee Jordan, Rigel écarta instinctivement ses bras avec violence et balança son sac vers son abordeur aussi fort qu'elle le pouvait. Malheureusement, les réflexes du Serpentard plus âgé étaient plus rapides que son sac lourd et brutal et il se baissa simplement sous le coup et lui sourit de façon irrépressible. Elle lui jeta un regard noir, mais baissa son sac au sol et ferma rapidement la porte de la salle de classe pour qu'on ne les entende pas.

« Qu'est-ce qu'il y a ? dit-elle immédiatement. Si c'est à propos de ta rédaction d'Histoire, je ne l'ai pas encore finie.

– Non, pas ça, rejeta-t-il d'une main négligente.

– Je t'ai déjà donné tous les devoirs que j'avais des vacances, ajouta Rigel.

– Ouais, je les ai déjà rendus, écoute, veux-tu ? »

Flint passa une main dans ses cheveux sombres.

« Honnêtement, tu as fait mieux que ce à quoi je m'attendais. Bien, en fait. Trop bien. »

Rigel déglutit délibérément.

« Suspicieusement bien ?

– Tout juste. Snape sait.

– Est-ce qu'il sait que je suis…

– Non, il ne sait sait pas, mais il a officieusement su depuis un moment et il m'a amené dans son bureau hier pour une petite discussion amicale, rit Flint, sans humour. Ne parais pas aussi inquiet, j'ai appris l'Occlumancie l'été dernier, et je ne suis pas doué, mais je peux le tenir éloigné s'il ne pousse pas trop fort.

– Quoi ? »

Rigel le fixa le regard vide. L'Occlumancie, c'était pour contrôler les émotions, non ? C'est ce que le livre disait… probablement. Il fallait reconnaître qu'il était un peu ésotérique et abstrait, donc peut-être qu'elle ne comprenait pas aussi bien qu'elle le pensait.

« Oh, tu ne peux pas le savoir. Snape peut lire dans les pensées », dit brutalement Flint.

Rigel blanchit, mais Flint gloussa juste sombrement.

« Arrête de paniquer – bien que ce soit plutôt amusant de te regarder changer de couleur comme ça, dit Flint. Il en est capable, mais il ne se balade pas en jetant de coups d'œil dans les têtes des gamins pour le kiff. Sauf qu'il est vraiment énervé pour ça, bizarrement.

– Bah, tu es un peu en train de tricher », dit Rigel distraitement, pensant que peut-être Snape avait mentionné l'Occlumancie la première fois qu'elle était allée le voir, après que leurs esprits avaient été tout bizarre, mais quoi que sa magie ait fait ce soir-là, ç'avait été beaucoup plus concentré sur les émotions que sur de réelles pensées. « Et c'est un professeur. Peut-être qu'il le prend comme une insulte personnelle que tu ne fasses pas son travail.

– Y a plus de chances qu'il soit en colère de ne pas avoir encore compris comment je le fais, dit Flint en haussant les épaules. Le truc, c'est que tu dois être encore plus prudent maintenant, d'accord ? Ne t'embête pas à changer les rédactions – à ce stade, la plupart des professeurs auront été mis au courant de ce que Snape pense que je fais…

– De ce que tu fais.

– … Mais ils ne peuvent rien prouver, et changer le style ou les sorts de changement d'écriture va seulement leur faire savoir qu'on sait qu'ils nous surveillent, dit Flint.

– Donc… ne rien faire de différent, mais être plus prudent ? demanda Rigel ironiquement.

– Sale gosse. »

Flint roula des yeux.

« Garde l'écriture la même, mais sois super prudent de ne pas te faire attraper avec une rédaction que tu ne devrais pas faire. Ils vont surveiller les élèves les plus vieux s'ils ont compris que c'est quelqu'un ici à Poudlard qui fait mon travail, donc ne leur demande pas d'aide si tu peux l'éviter. »

Rigel acquiesça.

« Je serai plus circonspect, dans tous les cas. Est-ce qu'on a une histoire de secours, au cas où je me fais d'une façon ou d'une autre prendre avec une rédaction ?

– Ne le sois pas, grogna Flint. Mais si tu te fais attraper la main dans le sac, dis que tu as été payé pour me les poster par un élève plus âgé dont tu ne connais pas le nom. »

Rigel haussa un sourcil.

« Tu ne me feras pas tomber avec toi juste parce que tu le peux ?

– Hé, ne crois pas que je m'inquiète pour deux noises pour ta peau, sale gosse, se moqua-t-il. C'est juste que je détesterais devoir expliquer à Archie pourquoi j'ai brisé son rêve en ayant poussé son sosie à être expulsé.

– Bien sûr, Flint, sourit en coin Rigel audacieusement. Je ne dirais à personne que tu n'es pas aussi dur que ce que ton nom sous-entend(1).

– Oh, tu crois ? dit Flint sur le ton de la conversation. Je me demande ce que ton ami Draco penserait de ça ? Tu sais, peut-être qu'il pourrait bénéficier de quelques entraînements supplémentaires de Quidditch pendant les week-ends. »

Rigel soupira.

« Excusez-moi, oh monsieur de pierre, je n'aurais point dû oser questionner votre force évidente et impressionnante de caractère.

– Les excuses, c'est surfait. Tu peux faire un projet pour des points bonus pour McGonagall à la place, sourit narquoisement Flint, son visage angulaire féroce même dans l'amusement. J'adore cet air sur son visage quand je rends des conneries que je ne peux possiblement pas avoir eu le temps de faire, et qu'elle sait qu'elle doit les noter quand même. Encore mieux, elle sait que notre équipe de Quidditch s'entraîne à peu près deux fois plus souvent que ce que ses petits lions peuvent gérer, mais sans preuve, elle ne peut pas nous retirer notre avantage.

– Et les gens disent que j'ai un sens de l'humour malsain.

– Les gens ont beaucoup à dire à propos de toi, Rigel Black. »

Elle était sûre que le rire de Flint la suivrait jusque dans la tombe.

« Dommage qu'ils n'en savent pas la moitié. »

Elle quitta la salle de classe sans répondre. Comme Pansy le dirait, cela n'est jamais bon d'honorer une mauvaise blague par une réponse – cela encourage seulement là où l'honnêteté aurait été plus bienveillante.

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« Ça alors, Rigel Black, mais je rêve. »

Rigel leva les yeux de la recette de potion qu'elle copiait d'un manuel que Snape lui avait prêté. Elle avait obtenu l'accord pour son petit labo privé quelques jours plus tôt et elle attendait avec impatience de pouvoir concocter quelque chose de complètement nouveau plus tard dans la soirée. Tout d'abord par contre, elle devait transférer les instructions sur un parchemin ignifuge pour qu'elle ne risque pas le livre de Snape près d'une flamme. Elle était assise dans un fauteuil solitaire dans la salle commune de Serpentard quand la voix moqueuse avait perturbé sa concentration.

« Rosier, quelle… plaisante surprise, dit Rigel pas très sincèrement. Et Rookwood également, que c'est étrange de vous voir tous les deux ensembles.

– N'est-il pas amusant, Edmund ? »

Rosier percha gracieusement sa forme agile sur l'accoudoir de son fauteuil tandis que Rookwood lui lançait un sourire amical, bien que caractéristiquement réservé.

« Allons, jeune Mr. Black, cela fait vraiment trop longtemps. Nous voulons tout savoir de tes vacances, n'est-ce pas ?

– En effet, dit Rookwood de sa voix de montagne. Peut-être que tu devrais t'asseoir, Aldon. Je crois que Mr. Black est inconfortable avec toi qui lui tournes autour.

– Eh bien je suppose que je le peux, soupira Rosier un peu abattu. Je suis tellement doué à tourner autour, tu sais.

– J'ajouterai ça à ton dossier », l'assura Rigel.

Rosier rit de cette façon fantaisiste obscure qu'il avait et lévita obligeamment une paire de sièges vers le fauteuil de Rigel pour qu'ils puissent discuter confortablement.

« Bon, Black, ne nous fais pas attendre, pressa Rosier une fois qu'ils se furent installés. Comment était ton Yule ? À en juger par les taches sur tes doigts, je suppose que tu as passé les deux semaines entières dans ton labo. »

Rigel baissa les yeux sur ses mains, qui étaient visiblement mouchetées en différents endroits de toutes les concoctions qu'elle avait faites en ayant accès à un labo de nouveau. Bien qu'elle ait promis de porter un équipement de protection, il était entendu entre préparateurs de potions que certains ingrédients devaient être manipulés à mains nues pour l'efficacité.

« Pas les deux semaines entières », dit Rigel, bien qu'honnêtement, elle n'avait rien pu concocter du tout, entre essayer d'apprendre les manuels d'Archie par cœur, rattraper le temps perdu avec sa famille, et vivre dans un état constant de supercherie qui était tellement pire que ce qu'il était quand elle était Rigel tout le temps. « Je n'allais pas manquer la chance de renouer avec ma famille après être éloigné pour la première fois pendant une longue période, après tout. C'est plus dur d'être loin de la maison que ce que j'avais anticipé.

– Naturellement, autorisa Rosier avec un certain sourire en coin qui ne partait jamais vraiment. Bien que ce soit certainement franc de ta part d'avouer une telle chose. Tellement de première année prétendent une autosuffisance irréaliste le moment qu'ils montent dans le train. Que c'est rafraîchissant d'assister à un tel respect familial transparent en ces temps libéraux.

– Aucune raison de prétendre, Rigel haussa-t-elle les épaules candidement. J'ai toujours été un mauvais menteur.

– Oh, ça par contre, je ne le crois pas, fit Rosier en jetant un regard amusé à Rookwood. En vérité, je me demande ce que tu cherches à cacher sur tes vacances, pour admettre aussi aisément quelque chose que la plupart de tes camarades dénieraient fébrilement. Je peux seulement conclure que tu as une vérité bien plus intéressante à garder cachée. »

Rigel ouvrit la bouche pour répondre, mais Rosier leva une main svelte pour l'en prévenir.

« Ah-ah, motus. Je le découvrirai un jour. »

Le sourire de Rosier avait un côté tranchant maintenant.

« Pansy nous a dit que tu as rencontré ses parents pendant les vacances pour obtenir une permission formelle de devenir son amie, dit Rookwood. Elle pense que ça s'est plutôt bien passé.

– Je ne saurais dire. »

Rigel offrit un sourire impuissant.

« Oui, son père tend à avoir cet effet sur les gens, dit Rosier, connaisseur. Mais si Rose Parkinson t'apprécie, tout le monde t'apprécie, donc j'ose dire que tu n'as pas à en perdre le sommeil. »

Rigel ne trouva rien à redire, mais Rosier changeait déjà de sujet encore.

« Est-ce que tu as célébré Yule avec d'autres familles ? demanda-t-il, bien que la lueur dans ses yeux dorés suggérât qu'il connaissait déjà la réponse à ça.

– Oui, notre famille est très proche des Potter », dit Rigel, envoyant une excuse silencieuse à Remus, mais toujours réticente à évoquer son oncle controversé devant Rosier et Rookwood. Les gens devenaient un peu chatouilleux quand les loup-garous étaient mentionnés.

« Et comment va la jeune héritière Potter ? demanda poliment Rookwood.

– Harry va bien, dit Rigel, ressentant cette impression de vertige familier qu'elle avait quand elle parlait d'elle-même à la troisième personne. C'était sympa de rattraper le temps perdu pendant deux semaines.

– Tu parles si affectueusement de Miss Potter, dit Rosier malicieusement. Amis d'enfance, n'est-ce pas ?

– Oui, je suppose que oui.

– Hmm, fiancés, c'est ça ? » demanda Rosier trop innocemment.

Rigel s'étouffa sur de l'air.

« Quoi ? Harry et… Non. Non, pas du tout.

– Vraiment ? »

Rosier ne semblait pas terriblement convaincu.

« Des années d'amitié et pas de fiançailles digne de ce nom ? Allons, Black, tu peux nous parler de ta romance naissante.

– Il n'y a aucun attachement romantique entre Harry et moi, dit fermement Rigel. Nous sommes pratiquement frère et sœur, et ne serons jamais rien de plus que des amis proches.

– Il proteste beaucoup, tu ne trouves pas ? dit Rosier en riant à Rookwood. Bon, si tu es sûr…

– Sûr et certain.

– Alors, dois-je comprendre que Harriett Potter n'est encore fiancée à personne ?

– Eh bien, non, dit Rigel lentement, essayant de tenir le rythme des boucles conversationnelles de Rosier.

– Intéressant, songea Rosier. Mais elle a forcément dû avoir au moins quelques offres jusqu'à présent.

– Pas que je sache. »

Rigel se sentait étrange : à la fois défensive et incrédule à la façon dont cette discussion se déroulait.

« Aucune ? Eh bien, nous allons devoir remédier à ça, n'est-ce pas Rookwood ? »

Rosier sourit jovialement, se délectant clairement du regard sur le visage de Rigel à sa déclaration.

« En effet, il va falloir, parla platement Rookwood, mais ses yeux brillaient avec une hilarité cachée. Pour ma part, je n'ai entendu que des bonnes choses concernant la jeune Miss Potter… apparemment ses yeux sont aussi verts que des écailles de serpent finement polies. »

Rosier rit gaiment.

« Oh, je vais dire à Rose que tu t'es moqué d'elle, Edmund.

– Alors je devrai lui dire que tu as taquiné le nouvel ami de sa chère Pansy en demandant la main de sa cousine en mariage, répondit Rookwood, imperturbable.

– Qui a dit que je taquinais ? »

Rosier fixa Rigel de façon perçante, qui était bien plus qu'un petit peu prise de court à ce stade.

« Après tout, quelqu'un devra l'épouser si les murmures que j'entends concernant le nouveau projet de loi qui va être passé cet été sont même à moitié crédibles.

– Tu comptes expliquer ? demanda Rigel, la voix calme mais les yeux résolus.

– Ça ne me viendrait pas à l'idée de vendre mes réformes Ministérielles avant qu'elles ne soient ratifiées, dit Rosier, son ton casuel démentant le sérieux du sujet. Mais si l'on écoute les rumeurs, ce que l'on devrait bien sûr toujours faire, on serait un poil soucieux pour ses amis et sa famille de sang moindre une fois juin.

– Pas "soucieux", dit Rookwood rapidement, lançant un regard d'avertissement à Rosier.

– Oh, non, je suis sûr que je voulais dire que l'on devrait être enthousiaste pour ses amis chanceux, approuva Rosier avec arrogance. Après tout, ce n'est pas tous les jours qu'une réforme sociale encourageant l'union légale des sorcières et sorciers de sang mixtes avec leurs homologues plus purs fasse son chemin devant le Magenmagot.

– Et quel encouragement, dit Rookwood platement. Çà, le projet de loi proposé exige pratiquement que les liens sacrés du mariage soient établis.

– Et bien que certains partis se tiennent toujours fermement sur la route de cette nouvelle démarche téméraire, on ne sait jamais quand quelque chose va se passer pour discréditer ces groupes problématiques résistants. Je suis sûr que ta cousine sera ravie d'apprendre cette nouvelle opportunité qui lui sera bientôt offerte, dit Rosier en se levant. Hélas, nous ne pouvons tuer le reste de la journée avec toi, cher petit serpent. Adieu.

– C'était instructif, comme toujours, Rosier. »

Rigel se leva poliment alors qu'ils partaient.

« Passe une plaisante soirée, Rookwood.

– Je suis sûr qu'on te reverra, Black. »

Une fois qu'ils furent partis, Rigel s'enfonça dans son fauteuil abruptement alors que ses genoux la lâchaient. Elle devait écrire à la maison immédiatement. C'était clair que Rosier et Rookwood avaient, pour quelque raison mystérieuse, jugé bon de lui donner cet avertissement – elle devait en faire ce qu'elle pouvait. Elle écrirait Sirius, et lui et James et Lily et Remus rassembleraient leurs têtes et trouveraient quoi faire. Oui, tout irait bien, essaya-t-elle de se rassurer. Même si c'était vrai, après tout, le Magenmagot n'accepterait jamais une telle loi, qui serait sûrement repoussante pour les deux factions (car quel sang-pur se forcerait volontairement dans un mariage avec un non-sang-pur, sans mentionner comment les sang-mêlés se sentiraient), sois mise en place.

N'est-ce pas ?

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Un vendredi mi-janvier trouva Rigel dans les cuisines, à essayer d'apprendre un charme nettoyeur de peau de Binny pour se débarrasser des mouchetures sur ses doigts suite à toutes les concoctions qu'elle avait faites depuis qu'elle avait eu son propre labo. Pansy avait entrepris de fixer de manière appuyée le bout de ses doigts jaunes et noirs et de soupirer tristement, donc Rigel l'avait mentionné à Binny, qui lui avait immédiatement offert de lui enseigner un enchantement pour dissiper la teinture de la peau. Le problème était que la magie d'elfe de maison n'avait pas de mots pour concentrer ses sorts. Binny disait que c'était une astuce de l'esprit, et que l'on devait accumuler le sort dans sa tête, rassemblant l'énergie et l'intention, et puis laisser tout sortir d'un coup, utilisant un claquement de doigt pour concentrer l'énergie, mais Rigel ne pouvait pas le reproduire avec sa baguette.

« Vous attirer l'énergie en vous, Jeune Sir, mais vous pas laisser sortir, tenta d'expliquer Binny, se tordant les mains avec inquiétude quand Rigel rata une fois de plus de faire disparaître les taches sur ses mains.

– J'ai peur de laisser sortir trop de magie d'un coup, dit Rigel. Je ne veux pas effacer accidentellement mes doigts en même temps que les taches.

– Ça ne pas marcher comme ça. »

Binny secoua la tête si fort que ses oreilles battirent comme des petites ailes.

« Si vous ne pas avoir l'intention de faire volatiliser les doigts, alors les doigts rester là où ils sont.

– Des fois ma baguette fait des choses que je ne prévois pas, dit Rigel. Je pense qu'elle s'embrouille.

– La baguette du Jeune Sir ne pas être embrouillée, dit Binny précautionneusement. La magie du Jeune Sir être embrouillée. »

Rigel regarda l'elfe de maison à la volée.

« Pourquoi crois-tu que ma magie est embrouillée ?

– Peut-être parce que Jeune Sir est embrouillé sur sa magie, et sa magie ne pas savoir comment le satisfaire, parce que Jeune Sir ne pas savoir ce qu'il vouloir ? » suggéra Binny avec hésitation.

Rigel trouva que cela résumait tout ça plutôt bien. Elle était partagée sur sa magie : d'un côté, elle voulait l'apprendre pour qu'au moins elle ne se démarque pas comme un phénomène, mais d'un autre côté, sa magie était manifestement dangereuse. Elle ne pouvait pas se balader en lançant des sorts n'importe comment, donc chaque fois qu'elle lançait effectivement un sort, elle était extrêmement prudente de ne pas vouloir qu'il marche trop, au cas où sa magie lui échappait. Plutôt que d'aider, toutefois, sa précaution semblait rendre sa magie encore plus agitée et, selon Binny, embrouillée.

Tous les autres pensaient qu'elle était absurde. Elle pouvait le voir dans les regards exaspérés de ses professeurs et les haussements d'épaules dédaigneux de ses amis. Mais elle n'avait pas demandé à avoir ce pouvoir. Elle voulait juste concocter des Potions. Pourquoi n'était-ce pas assez pour tous les autres ?

« On n'est pas en train de broyer du noir, j'espère, Chiot ? »

Elle leva les yeux pour voir George Weasley grimper dans la cuisine avec un sac à dos vide et un sourire facile. Rigel haussa un sourcil quand Fred ne grimpa pas à travers la peinture derrière lui.

« C'est juste moi ce soir, confirma George, lisant correctement son regard de surprise. Contrairement à la croyance populaire, nous ne sommes pas littéralement collés par la hanche. »

Rigel sourit légèrement.

« Je connais plus de quelques filles qui seront très déçues d'entendre que vous deux ne faites pas réellement tout ensemble.

– Quelle honte ! »

George cramponna sa poitrine dramatiquement.

« Iquelle canaille a dérobé l'innocence tienne ce soir ? Même si, à propos, nous faisons ça ensemble. Tu sais, au cas où une de ces filles devait le demander. »

Il agita ses sourcils d'une façon qui paraissait absolument ridicule.

« Nous ne pas vous croire une seconde, renifla Binny d'une voix haut perchée et George lui sourit de façon impénitente.

– Ne jamais essayer de mentir à un elfe de maison, chuchota George d'un air conspirateur. Ces oreilles ne sont pas juste là pour leur beauté démoniaque. »

Binny rougit et frappa le genou de George avec réprobation.

« Vous vouloir faire des blagues ou vous vouloir des bonbons, Jeune Sir ?

– Ah, tu me connais trop bien, ma chère Binny, remplis-le don' alors. »

Il abandonna le sac et les autres elfes bondirent dessus.

Rigel partagea un regard amusé avec le Gryffondor, sauf que son visage redevint sérieux.

« Sur quoi tu broyais du noir ? »

Il survola sa personne avec un œil critique.

« Tu ne t'es pas encore blessé, j'espère ? »

Rigel leva les yeux au ciel. Comme si elle n'avait jamais passé un jour entier sans qu'un désastre lui tombe dessus.

« Je vais bien, l'ignora-t-elle. Je réfléchissais juste.

– À quoi ? »

George la tapa légèrement avec son pied.

« Allez, ne me pousse pas à te l'extirper.

– J'ai des problèmes avec la magie. »

Il parut incrédule pendant un moment.

« Quoi, dans sa globalité ?

– La plupart, marmonna-t-elle sombrement. Il semblerait que je n'arrive pas vraiment à contrôler ma magie. Des fois, elle marche comme je le veux, d'autre fois, elle ne fait rien, et des fois, elle fait quelque chose de complètement différent que ce que je lui dis de faire. Et ma baguette… »

Rigel désigna avec dégoût la baguette de houx sur la table devant elle.

« Elle est possédée. Et elle se moque de moi. »

George paraissait ne pas être sûr de s'il devait rire ou pas.

« Eh bien, ça ne peut pas être irréparable. Montre-moi. Fais un sort ou autre. »

Rigel regarda dubitative la baguette de houx.

« Elle ne va pas te mordre, dit George. Vas-y, essaie une simple métamorphose d'objet à objet.

– D'accord. »

Rigel prit sa baguette et la pointa sur une des salières sur la table. Un moment plus tard, elle s'était transformée sans heurt en une carte postale moldue, complémentée par un fond de plage tropicale et "Salutations depuis Bora Bora !" écrit dans le dos.

« Ouah, c'est plutôt cool. »

George la prit pour l'examiner.

« Regarde ? Tu dois juste avoir un peu de confiance en…

– C'était censé être une brique, dit Rigel mollement.

– Oh. »

George pinça les lèvres.

« Bon, si c'est d'une quelconque consolation, la carte postale est beaucoup plus intéressante qu'une brique. »

Immédiatement, la baguette de houx pulsa chaudement et toutes les salières sur la table devinrent des cartes postales.

« Antigua, Hawaï, Maroc… le Pôle Nord ! rit George de bon cœur. Eh bien au moins ta baguette a un sens de l'humour.

– Elle se moque de moi ! ronchonna Rigel avec morosité.

– Oui, je crois bien que oui, mais est-ce que c'est vraiment un tel problème ? demanda George. Je veux dire, est-ce qu'elle t'a déjà laissé tomber quand tu en avais véritablement besoin ? »

Rigel se remémora.

« Non, j'imagine que non. Elle semble toujours bien marcher pendant les vrais tests, en fait. »

Rigel fronça les sourcils pensivement. En vérité, les seuls tests qu'elle avait ratés remontaient à quand elle utilisait la baguette de frêne. Et la baguette de houx l'avait épaulée quand Lee avait attaqué, même si elle ne la tenait pas et n'avait aucune raison de s'attendre à ce que sa magie marche.

« Et est-ce qu'elle a déjà blessé quelqu'un ? Fait faire quelque chose de cruel ou d'humiliant à quelqu'un ? »

George sourit alors que Rigel secouait lentement la tête.

« Alors ne te tracasse pas autant là-dessus. Ta baguette est peut-être un peu excitable, mais elle ne semble pas hors de contrôle d'une façon dangereuse.

– C'est un peu ce que ma cousine a dit aussi, admit Rigel.

– Tu devrais écouter ta cousine plus souvent, alors. »

George se leva et récupéra son sac maintenant rempli de cochonneries par les elfes.

« Et essaie d'être un peu plus gentil avec ta baguette. Hé, je peux garder ces cartes postales ? Je veux les montrer à George. »

Rigel sourit.

« Vas-y, vas-y. Dis "coucou" à Fred pour moi.

– Ouaip, petit chiot, la salua George sur sa route hors des cuisines. Reste malin. »

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Malgré tous les avertissements désespérés de Flint, Rigel n'était pas inquiète à l'idée de se faire prendre, jusqu'au dernier samedi de janvier quand elle alla voir Percy avec une question routinière de Métamorphose et qu'au lieu de répondre, il la regarda légèrement confus et remarqua :

« Étrange.

– Qu'est-ce qui est étrange ? dit Rigel en fronçant les sourcils. Tu ne sais pas ?

– Je peux répondre à ta question, énonça Percy. En fait, je peux y répondre parfaitement, parce que c'est la même chose que ce que l'on fait en Métamorphose en ce moment. Ce qui est étrange, c'est qu'en y repensant, tu es toujours confus sur quelque chose que ma classe est en train d'apprendre. C'est juste très bizarre.

– Oh, déglutit Rigel nerveusement. Euh.

– Ce n'est pas un problème, dit Percy sérieusement. Ça m'aide en fait vraiment beaucoup d'expliquer ce que j'apprends. J'obtiens même de meilleures notes en Métamorphose que d'habitude, et McGonagall est ravie de toutes les questions que j'apporte en cours grâce à toi. Mais c'est une coïncidence plutôt grosse à avaler. Est-ce que tu le fais exprès ?

– Oui, dit Rigel, saisissant l'explication et la déformant rapidement. Enfin, en quelque sorte. Le truc, c'est que je voulais apprendre de la magie avancée, mais je savais que je n'aurais pas été capable d'apprendre la Métamorphose tout seul, donc puisque tu as proposé ton aide, j'ai recopié le programme d'un des Serpentard de cinquième année. Comme ça, je pensais que je ne t'embêterais pas trop si je te demandais des choses que tu devais déjà étudier.

– Oh, c'était une idée très intelligente, dit Percy. Non pas que cela m'aurait embêté de t'aider de toute façon, bien sûr, mais cela rend les choses plus simples pour moi. »

Rigel soupira intérieurement de soulagement. Avec un peu de chance, personne ne penserait à demander aux préfets quels élèves ils connaissaient de qui faisait du travail qu'ils ne devraient pas faire. Ou au moins, elle espéra que Percy ne penserait pas à la mentionner, puisque ses intérêts n'étaient qu'en Métamorphose d'aussi loin qu'il le savait, et c'était expliqué.

« Est-ce que tu penses devenir prof, Percy ? demanda-t-elle avec curiosité.

– Hmm ? »

Il leva les yeux de son manuel et les fronça légèrement.

« Non, je prévois de travailler pour le Ministère après mon diplôme. Plein d'opportunités pour évoluer, tu sais.

– Eh bien, c'est sûr, mais tout est entre les mains de quelqu'un d'autre, dit Rigel, dubitative. Je veux dire, le Ministère est bien. »

Quand ils n'agissaient pas comme de géants connards intolérants avec une forte allergie à de réels progrès sociaux.

« Mais tu ne sembles pas du genre à vouloir dépendre de quelqu'un d'autre pour réussir. Le Ministère déborde de compétitions politique et sociale, et souvent les meilleures personnes, les plus honnêtes et travailleuses, sont celles qui n'obtiennent jamais de réel pouvoir.

– Je… eh bien… tu crois ? »

Percy ajusta ses lunettes, incertain.

« Mon père travaille pour le Ministère, tu vois, mais il n'a jamais vraiment eu de promotion. Notre famille n'est pas très bien respectée à cause de ça, donc je pensais que je devrais essayer d'arranger ça. »

Rigel acquiesça en compréhension.

« C'est très honorable de ta part de vouloir faire avancer le nom de ta famille, mais tu es sûr que ta famille n'est pas très bien respectée parce que ton père n'a pas de promotion ou qu'il n'a pas de promotion parce que ta famille n'est pas très puissante ? »

Percy blanchit et Rigel plaça gentiment une main sur son bras.

« Je ne dis pas ça pour être brutal, mais si c'est le second cas, alors aller au Ministère toi-même ne t'aidera pas à faire une différence. Tu devrais travailler quelque part où ta voix peut véritablement être entendue, parce qu'il semblerait que tu as beaucoup à dire. Tu m'as certainement appris beaucoup.

– Eh bien… »

La voix de Percy était sèche, donc il fit apparaître un verre d'eau et l'avala d'un trait.

« Eh bien, je dirais que cela fait un peu de sens. Je vais devoir y réfléchir. Je ne suis pas sûr que je serais un très bon prof par contre, Rigel. »

Rigel commença à protester, mais il leva une main et parla avec une ironie amère qui ne pouvait pas être réfutée.

« Je sais comment ma personnalité est perçue, particulièrement pour les enfants. J'ai plusieurs petits frères, et aucun d'eux n'a jamais écouté un seul de mes conseils ou enseignements. Je pourrais enseigner à tous les Serdaigle du monde, mais ceux comme mes frères m'en voudraient toujours et saperaient l'efficacité de mes enseignements à cause de ça.

– J'imagine que c'est dur pour des petits frères d'admettre que les plus grands en savent plus, dit-elle avec hésitation. Particulièrement quand le grand frère semble toujours être parfait. Tes petits frères sont probablement un peu intimidés, et cette fierté Weasley ne les laisse pas se soumettre à ton autorité.

– J'aimerais pouvoir croire ça, mais ce n'est pas qu'eux, soupira Percy. Quand j'ai eu mon badge de préfet, je pensais que les gens commenceraient à m'écouter, ou que je pourrais aider les autres élèves avec leurs problèmes, mais personne n'écoute et personne ne demande de l'aide. Je suis trop inaccessible pour être un prof.

– Tu ne peux pas être pire que Professeur Snape, sourit Rigel. Et c'est un prof génial. »

Percy rit.

« Je pense que tu es la seule personne dans l'école entière qui pense ça.

– Eh bien, laisse tomber prof alors, dit Rigel. Sois quelque chose d'autre, comme… un avocat.

– Un avocat ? »

Percy cligna des yeux derrière ses lunettes à écailles.

« Ouais, pourquoi pas ? dit Rigel, se réchauffant à l'idée de Percy Weasley en robes de procès. Tout le monde respecte les avocats, parce qu'ils en sont terrifiés, et les gens doivent écouter ce qu'ils disent. Ton succès dépend de toi et peu importe comment est ta personnalité, parce que si tu es bon, les gens vont te solliciter pour des conseils de toute façon.

– Cela pourrait… oui. »

Percy sourit de toutes ses dents un peu comme un hystérique, mais Rigel pensa qu'il n'était juste pas habitué à sourire autant.

« Les attorneys se font un bon gros tas de gallions aussi, et en tant qu'avocat, je pourrais vraiment aider les gens. Le Ministère est lié par les lois du monde sorcier – et ils devraient l'être – mais les avocats font ces lois. Je pourrais rédiger des lois que tout le monde devra suivre ! »

Bon, c'était une façon de voir les choses.

« Tu connaîtrais toutes les failles aussi, pointa Rigel. Donc si quelqu'un utilise ta loi de la mauvaise façon, tu pourrais l'en arrêter.

– Je pourrais, pas vrai ? »

Percy se rua sur du parchemin et de l'encre et commença à griffonner des notes.

« Cela serait un grand changement, par contre, je vais devoir repenser tous mes cours d'ASPIC, bien sûr, et ma directrice de maison devrait en être informée immédiatement. »

Il se leva distraitement, se marmonnant toujours à lui-même, puis la regarda et dit :

« Dis, Rigel, ça ne t'embête pas si… ?

– Vas-y, va voir McGonagall, dit Rigel. Je pense que je comprends ma lecture maintenant de toute façon.

– Merci, sourit Percy de ce sourire légèrement fou une fois de plus. Vraiment, merci, Rigel. »

Il se dépêcha avec son parchemin et sortit en escaladant le trou du portrait comme si le destin lui-même était après lui.

Pendant que Rigel rangeait ses affaires, Ron et Neville vinrent lui dire bonjour.

« Qu'est-ce que tu as fait à mon frère ? demanda curieusement Ron. Je ne l'ai pas vu aussi heureux depuis qu'il a eu son badge de préfet par la poste cet été.

– Et c'est une bonne chose, dit Neville avec gêne. Ton frère est plutôt effrayant quand il est heureux.

– Il va avoir besoin d'être effrayant s'il va changer de plan comme prévu pour après son diplôme, commenta Rigel.

– Il va peut-être plus aller au Ministère ? demanda Ron, semblant ravi. Je ne voulais rien dire, mais il se trompe s'il pense qu'il ira quelque part avec ces tas de bureaucrates inutiles.

– C'est vrai, soupira Neville. Ma mamie a fait allusion à ce que je devienne un politicien une fois, mais je lui ai dit qu'à moins d'être dans le parti Cow, tu n'as aucune chance de nos jours. La seule raison pour laquelle mamie est toujours au Magenmagot, c'est parce qu'ils n'ont pas encore révoqué la Clause d'Ancienneté, même si j'ai entendu des rumeurs qu'ils essaient.

– Wow, Nev, t'en sais beaucoup là-dessus. »

Ron fixait son ami avec surprise.

« Mon père est un Auror, donc il travaille pour le Ministère, et il dit toujours que la clef pour garder sa famille en sureté est de comprendre le courant du gouvernement, expliqua Neville. Il doit être très prudent et garder profil bas au travail puisqu'il n'est pas dans le parti Cow, et maman travaille aux Archives. Toutes les lois passent par les Archives, donc elle nous raconte toujours les nouvelles propositions avec lesquelles les gens viennent aux Archives pour avoir de l'aide pour les écrire. Apparemment, c'est vraiment difficile d'introduire de nouvelles lois. Tu dois rechercher les précédents, formuler tout comme il faut, et ils passent par plein de brouillons qui ne quittent jamais les Archives, donc maman peut généralement prévenir papa et mamie quand quelque chose qui nous concerne est proposé. Comme ça, on peut changer notre position avant que cela ne soit appliqué dans la loi si c'est nécessaire.

– Merlin, Nev, je me demandais pourquoi tu te tenais toujours à jour sur les événements actuels de façon aussi obsessive, mais j'imagine que ça fait sens. Heureusement que les Weasley sont aussi peu importants, si bien que tout le monde se fiche de nous. On a personne dans le Magenmagot ou quoi, fit Ron en haussant les épaules.

– Pas encore, peut-être, dit Rigel.

– Qu'est-ce que ça veut dire ? demanda Ron, ses yeux s'écarquillant. Oh non, qu'est-ce que tu as fait ? Ne me dis pas que Percy va essayer de présenter sa candidature pour le Magenmagot ou un truc du genre.

– Je n'ai rien fait, dit innocemment Rigel. J'ai juste suggéré que Percy devrait penser à être quelque chose d'autre qu'un politicien.

– Comme quoi ? demanda Neville avec curiosité.

– Un avocat.

– Oh, Merlin, il a tout de suite accroché, pas vrai ? grogna Ron. Je savais que l'on n'aurait pas dû te faire confiance avec Percy. Fred et George ont essayé de me prévenir que Percy et toi, vous vous encourageriez l'un l'autre, et maintenant regarde ce que tu as fait !

– Qu'est-ce qu'il a fait ? »

Neville les regardait l'un après l'autre, confus.

« Il a créé un monstre.

– Eh bien, tu devrais probablement être plus gentil avec ce "monstre" à partir de maintenant, sourit Rigel d'une façon qui n'était pas faite pour rassurer. Percy pourrait utiliser ses pouvoirs d'avocat pour le bien ou le mal, et celui qu'il choisira dépendra probablement de la force de ses liens avec sa famille. Est-ce que tu penses Percy lié de façon particulièrement forte avec sa famille en ce moment ?

– Eh bien, je… ne sais pas, se dégonfla Ron. Merlin, je dois prévenir les jumeaux. S'ils ne sont pas plus gentils avec Percy, il va probablement écrire une loi qui rend les farces illégales juste pour les vexer.

– Accorde un peu plus de crédit à ton frère, dit Rigel. Percy est une bonne personne. Il veut aider les autres personnes autant qu'il veut s'aider lui-même. Il a juste besoin de savoir comment faire pour le faire.

– Ouais, ouais, t'as raison, soupira Ron. Tu sais, je pense que Percy fera un super avocat. Je ne sais juste pas si Percy étant un super avocat sera une bonne chose pour le reste du monde.

– Mais encore, dit Neville d'un air songeur, s'il est de notre côté, le reste du monde ne verra rien venir. »

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La première fois que la potion qu'elle concoctait ne tourna pas parfaite, Rigel fut sous le choc. La seconde fois qu'elle essaya la potion avec des résultats similaires, elle faillit pleurer. Après la cinquième tentative, elle pleura en effet. De grosses larmes silencieuses ignorées tombèrent sur la pierre alors qu'elle fixait le chaudron d'une potion de soulagement d'allergie bleu ciel qui était censée être lavande trouble. La consistance était juste, l'odeur était correcte, mais la couleur était complètement mauvaise. Rigel mit en bouteille un échantillon avec hébétement et le posa à côté de toutes les autres tentatives d'un bleu insistant. D'échec, c'étaient des larmes d'échec qui rendaient ses yeux tous bouffis et irrités. Elle ne pouvait pas les essuyer jusqu'à ce qu'elle ait nettoyé sa paillasse et se soit lavé les mains de résidus d'ingrédients, et d'ici là, elles auraient quasiment séché de toute façon. Elle s'assit dans la pièce froide des cachots transformée en labo pendant au moins vingt bonnes minutes, repassant encore et encore les étapes dans sa tête et se demandant ce qui n'allait pas chez elle pour qu'elles ne marchent pas.

Elle se réprimanda pour être aussi dramatique, mais ça n'aida pas. Elle n'avait pas foiré de potions depuis qu'elle avait six ans, et elle n'avait jamais raté la même potion plus de deux fois d'affilées. Elle avait suivi les instructions parfaitement, et pourtant ça ne marchait pas. Ce n'était pas censé arriver, se dit-elle, tout l'intérêt des Potions, c'était qu'une fois que tu avais compris le bon procédé, cela marchait à chaque fois, autrement il n'y avait aucune raison d'avoir une recette. Rigel redressa les épaules avec obstination. Il devait y avoir une erreur. Elle irait au fond des choses. Elle mit les cinq échantillons dans son sac et verrouilla la porte précautionneusement derrière elle. Snape aurait sa tête si l'équipement se faisait voler parce qu'elle était trop affectée pour fermer derrière elle.

C'était dimanche en fin d'après-midi, et tandis que n'importe quel autre professeur serait dans ses quartiers à se reposer, Rigel savait que Snape serait dans son bureau à travailler, comme il le faisait toujours. Il donnait plus de rédactions et d'interrogations que la plupart des autres professeurs généraux combinés, et à cause de ça, il était constamment en train de les corriger dans son bureau. Des fois Rigel se demandait s'il assignait autant de travail non pas pour punir ses élèves, même si ça en faisait partie, mais pour se donner quelque chose à faire quand il ne faisait pas de recherches. Il ne semblait pas être homme à rester oisif.

Comme prévu, sa voix bourrue irritée résonna après qu'elle ait toqué et elle entra rapidement dans son bureau, une détermination s'émettant d'elle par vagues. Snape leva des yeux perçants et les braqua sur son visage. Rigel ignora le resserrement de ses lèvres alors qu'il intégrait ses yeux rouges et son visage fraîchement frotté et à la place, pêcha les fioles dans son sac. Elle les plaça avec des doigts qui tremblaient légèrement par la force de son émotion sur son bureau.

« Qu'est-ce que c'est censé être ? » demanda-t-il, en en examinant une.

Rigel tressaillit mais dit :

« Potion de soulagement d'allergie. Comme vous pouvez le voir, elle a été loupée à chaque fois et je ne peux pas… je veux dire, je ne sais pas… s'il vous plaît, Monsieur, est-ce que vous pouvez me dire… »

Rigel s'arrêta en rejetant la tête avec exaspération et prit une profonde inspiration calmante.

« Pourquoi est-ce que ça ne marche pas ? »

Snape la contempla pendant un long moment, ses yeux évaluateurs distants. Il dit :

« Vous avez suivi les instructions à la lettre ?

– Oui, monsieur. »

Rigel pinça les lèvres de mécontentement.

« Mais cela n'a pas marché. Qu'avez-vous appris ? »

Le Maître des Potions la fixa avec attente.

« Rien, dit Rigel en fronçant les sourcils. Je ne sais pas pourquoi ça ne marche pas.

– Vous ne savez pas pourquoi la potion n'est pas bonne, mais vous savez ce qui ne va pas », corrigea Snape.

Comment pouvait-elle savoir ce qui n'allait pas sans savoir comment la rendre bonne ? Rigel fronça les sourcils. Savoir l'un, c'était savoir l'autre, non ? Elle essaya d'approcher le problème sous un autre angle. D'accord, qu'est-ce qui n'allait pas dans ce scénario ? La réponse fut instantanée.

« Les instructions sont fausses », expira-t-elle, le visage envahi par la trahison.

Snape eut un sourire narquois.

« Oui et non. Je ne vous ai pas donné des instructions erronées avec le dessein de vous faire échouer, donc arrêtez de me regarder comme ça. »

Rigel rendit son visage neutre à nouveau, légèrement apaisée.

« Les instructions avec lesquelles vous avez travaillé sont les mêmes que celles imprimées dans chaque livre et manuel qui contient la potion de soulagement d'allergie, et pourtant, comme vous l'avez correctement réalisé, elles ne permettent pas, seules, de produire un modèle parfait pour une concoction réussie de cette potion. Cela sera le cas avec la plupart des potions de niveau ASPIC, et cela sera le cas avec la plupart des potions hors programme que je vous donnerai à travailler dorénavant.

– Pourquoi est-ce que des instructions incomplètes seraient imprimées dans un livre ou manuel ? demanda Rigel, ouvertement désapprobatrice. Est-ce juste un moyen de garder les non-initiés d'atteindre la réussite ?

– L'on se demanderait pourquoi vous recherchez à devenir un Maître des Potions, Mr. Black, si vous les voyez comme un groupe aussi mesquin et excluant, qui orchestrerait une conspiration de désinformation de masse dans le but de garder la véritable connaissance pour eux-mêmes », grogna Snape.

Après coup, Rigel réalisa qu'elle avait insulté l'homme avec ses accusations irréfléchies.

« Excusez-moi, Professeur Snape, j'aurais dû réaliser qu'il y avait une raison dont je n'ai pas encore connaissance. Pourriez-vous me l'expliquer, je vous prie ?

– Mieux, mais toujours présomptueux, ricana Snape. Utilisez votre tête, Mr. Black, quel bon pourrait sortir de recettes laissées, faute de meilleur mot, incomplètes ? »

Le cerveau de Rigel décrocha pendant un moment. Certainement que rien de bon ne pourrait en sortir. Les recettes de potions incomplètes faisaient exploser les chaudrons. Mais pourtant, son chaudron n'avait pas explosé, donc ils ne laissaient de toute évidence pas traîner de recettes dangereusement incomplètes. Qu'est-ce que le Professeur Snape avait dit ? Utilisez votre tête. Oh.

« Pour faire réfléchir les gens, dit Rigel lentement. Comme un test ? »

Mais ça ne sonnait pas juste non plus.

« Vous chauffez, mais quel intérêt y aurait-il à un test que personne ne sait être un test ? » demanda Snape.

Eh bien, si on ne savait pas que l'on était testé, on ne pouvait pas tricher, supposa Rigel, mais ça ne semblait pas être ce que Snape attendait.

« N'hésitez pas à penser à voix haute pour que je puisse vous arrêter sardoniquement quand vous déviez de raisonnables chemins de pensée », dit Snape, souriant toujours en coin.

Rigel supposa que c'était son idée d'une blague.

« Si les gens ne savent pas qu'ils passent un test, dit Rigel lentement, essayant de ne pas sonner comme une idiote, alors ils ne vont pas essayer de le réussir. Donc ce doit être un test que l'on peut réussir sans essayer, c'est ça ? »

Snape approuva, paraissant imbu de lui-même.

« Et cela ne serait pas très juste ou fiable s'il ne détectait que les gens qui étaient chanceux sans essayer, donc cela doit tester quelque chose qui ne peut être fait qu'uniquement sans essayer. »

Rigel fronça les sourcils.

« Mais qu'est-ce que ça aurait à avoir avec les Potions ? »

Snape parut assez triomphant alors qu'il exhala :

« Tout, Mr. Black, tout. Savez-vous pourquoi les enfants ne peuvent pas concocter de potions compliquées ? »

Rigel fut prise par surprise par le coq-à-l'âne, mais elle répondit :

« Parce qu'elles sont très difficiles. Les enfants auraient du mal à comprendre toutes les étapes, et ils manquent de patience, et les vapeurs pourraient être dangereuses pour eux à inhaler, et… »

Snape fit un geste de la main impatiemment.

« À part tout ça. Disons que vous guidez un enfant pas à pas, étape par étape, que vous vous assurez qu'il fasse tout correctement, que vous lui faites porter un masque, que vous vous débarrassez de toutes les objections habituelles, que se passe-t-il alors ?

– J'imagine qu'il pourrait la concocter alors, monsieur, fit Rigel en haussant les épaules.

– Incorrect, Mr. Black, dit Snape. Un enfant ne peut pas concocter Felix Felicis pour la même raison qu'un cracmol ne le peut pas et que quelqu'un souffrant d'une blessure qui draine la magie ne le peut pas. Que manquent-ils tous, Mr. Black ?

– Un noyau magique adulte, dit-elle lentement.

– Un noyau magique stable », corrigea Snape.

Rigel blanchit.

« Mais alors, c'est pour ça que la potion ne marche pas pour moi ? Il y a quelque chose qui ne va pas avec ma magie. Je le savais. Est-ce que ça veut dire que je ne concocterai jamais rien de plus compliqué que ce que j'ai déjà fait ? Ce n'est pas juste. »

Rigel serra les poings et lança des regards noirs aux maudites fioles bleues sur le bureau de Snape.

« Je vais être coincé à faire du travail théorique pour le reste de ma vie, à écrire des articles sur des potions que je ne pourrai jamais faire, pour quelque chose que je ne peux pas contrôler ? Pourquoi est-ce que vous ne m'avez pas dit que je ne pouvais pas… ? Pourquoi m'avez-vous laissé croire…

– Calmez-vous, Mr. Black, claqua Snape, et Rigel fixa furieusement le bureau pendant qu'elle mordait ses lèvres pour rester silencieuse. J'ai de meilleures choses à faire que de briser les rêves de mes élèves par pur divertissement, je vous assure, bien que j'admette que cela prouve quelque chose de la force extrême de votre rêve spécifique qu'après avoir cru que vous ne pourriez plus concocter, vous n'avez pas abandonné le domaine, seulement votre occupation à l'intérieur, songea-t-il, pensif puis continua. Êtes-vous un cracmol, Mr. Black ?

– Non, monsieur, marmonna-t-elle de façon peu gracieuse.

– Et avez-vous récemment été la victime d'une maladie magique incurable qui attaque votre noyau magique ?

– Non.

– Alors arrêtez de sauter aux conclusions. »

Snape se massa les temples.

« Je vous jure, il n'y a rien de plus dramatique qu'un Black. Cissa, Bellatrix, même cette vieille Walburga, et apparemment ce n'est pas limité aux femmes de la famille. »

Rigel lança un regard noir au Maître des Potions, mais se tut.

« Comme vous le verrez quand vous progresserez en Potions, certains élèves sont apparemment "talentueux" sur ce sujet tandis que d'autres ne peuvent pas réussir un détachant absorbeur d'odeur pour sauver leurs vies. »

Snape continua en mode professoral comme s'il était né en récitant une dissertation.

« Ce n'est pas parce que l'un est plus intelligent et l'autre mentalement déficient, mais parce que l'un a sûrement un noyau magique extrêmement stable et l'autre un noyau qui émet de la magie de façon erratique, ce qui cause une perturbation au processus de concoction. Votre noyau, contrairement à ces deux exemples, n'émet pas de magie, de façon ni stable, ni erratique à l'heure actuelle. Quand vous êtes arrivé ici la première fois, vous émettiez de la magie inconsciemment sans aucun souci, toutefois, à un moment depuis la nuit où vous avez détruit mon bureau en essayant de forcer votre magie de façon consciente hors de votre mauvaise baguette, vous paraissez avoir mis un frein à votre magie entièrement, même ce que vous faisiez de façon inconsciente. À ce stade, votre noyau n'émet pas de magie du tout.

– Pourquoi c'est nécessaire pour la confection de potions ? » demanda Rigel, se sentant pire qu'idiote en posant une telle question basique, mais vraiment, elle n'avait aucune idée de quoi il parlait.

Elle pouvait deviner quand elle avait mis un frein à sa magie – probablement juste après qu'elle lui ait échappée et ait attaqué Lee – mais elle ne voyait pas pourquoi c'était un problème.

« Les potions sont une forme de magie, non pas parce qu'elles utilisent des ingrédients magiques, mais à cause de la magie impliquée dans la concoction. Oui, les ingrédients sont suffisants pour imprégner la potion avec de la magie pour les potions de bas niveau que vous avez faites jusqu'à présent, mais plus la potion est compliquée, plus il faudra de magie à une potion pour être performante, et plus il devient important que la personne préparant la potion soit magique, expliqua Snape. Les sorciers émettent de la magie constamment de leur noyau, et c'est cette magie qui est imprégnée dans une potion et est transformée par les propriétés des ingrédients pour provoquer un certain effet. C'est une des raisons pour laquelle seuls les sorciers à la force considérable seront capables de concocter la Tue-loup, peu importe à quel point ils essaient ; le changement que la potion est censée mettre en effet requiert tout simplement trop de magie pour une personne lambda à donner.

– C'est pour ça que cette potion coûte autant ? demanda Rigel alors que la compréhension lui parvenait. Je croyais que c'était le temps et la difficulté qui la rendait si rare, mais c'est aussi parce qu'un Potionniste ne peut pas en concocter énormément de fois sans s'épuiser, c'est cela ?

– Oui, très bien, reconnut Professeur Snape. Le drainage du noyau magique est considérable pour les potions de haut niveau, ce qui est pourquoi je ne veux pas entendre que vous les essayiez avant que je ne vous en juge prêt.

– Je comprends, monsieur, dit Rigel.

– Bien. J'ai choisi cette potion pour vous à essayer pour une raison, Mr. Black. Comme vous le savez maintenant, elle n'atteint pas sa couleur finale à moins d'être imprégnée avec la magie nécessaire. Ce que ces échantillons me montrent, c'est que votre noyau n'émet pas l'énergie nécessaire pour les potions qui requièrent plus de magie que la somme de ses ingrédients le permet, dit Snape. Bien que ce ne soit pas bon, cela ne nous laisse pas sans recours. Vous devrez simplement apprendre à émettre de la magie consciemment, puisque votre noyau n'en émet pas inconsciemment. Cela ne vous gênera pas sur le long terme, lui assura Snape sérieusement. Tous les Maîtres des Potions doivent éventuellement apprendre à le faire, car des potions comme l'Amortentia requièrent plus de magie que même les sorciers les plus puissants peuvent émettre inconsciemment, et doit donc être intentionnellement imprégnée d'énergie magique brute. La seule différence est que vous allez apprendre à faire ça avec toutes les potions que vous faites, et bien que ce sera difficile du fait de la nature de votre attitude envers la magie, vous avez déjà le contrôle nécessaire… vous devez simplement apprendre à l'inverser de sorte à ce que vous libériez votre magie vers l'extérieur au lieu de la garder enfermée.

– Donc je ne peux pas apprendre de potions plus compliquées jusqu'à ce que j'apprenne ça ? » demanda Rigel, réfléchissant dur.

Cela résonnait beaucoup avec ce que Binny avait essayé de lui faire faire plus tôt.

« C'est exact.

– Alors, commençons tout de suite. »

Snape eut un sourire narquois.

« Je savais que vous diriez ça. »

Il sortit un sac d'un tiroir de son bureau et le lui passa. À l'intérieur, il y avait à peu près vingt balles de caoutchouc de différentes tailles, certaines aussi petites que des billes, d'autres de la taille de son poing, toutes d'un rouge pétant.

« Ceci est utilisé pour entraîner les Médicomages à émettre consciemment des quantités spécifiques de magie, dit Snape. Vous pratiquerez en introduisant consciemment votre magie dans chacune. Si vous imprégnez une balle avec la bonne quantité, elle deviendra verte. Trop peu et elle deviendra marron, trop et elle explosera. Revenez me voir quand elles seront toutes soit vertes soit explosées et on passera à l'étape suivante.

– D'accord. »

Elle planqua les balles dans son sac de cours.

« Est-ce que cela prendra longtemps, vous pensez ?

– Cela sera particulièrement difficile pour vous, Mr. Black, admit Snape. Mais si vous êtes proprement motivé, le contrôle viendra, et cela vous aidera probablement avec vos cours de lancer de sorts également.

– Très bien, merci, monsieur… »

Juste alors, un bruit qui faisait un ding alarmant sonna dans la pièce et Professeur Snape sauta de son siège pour pointer sa baguette sur un pan de mur vierge. Sous son sort révélateur, une cheminée apparut là où il n'y avait rien eu juste le moment d'avant et les flammes prirent vie en ronflant, vert acide par les effets de la poudre de cheminette.

« SEVERUS ? ES-TU LÀ ? » parvint la voix forte et dans tous ses états à travers la cheminette.

La tête d'une femme apparut dans les flammes et Rigel la reconnut après quelques secondes comme étant la Médicomage, Madame Pomfresh.

« Je suis là, Pompom, qu'est-ce qu'il y a ? »

Snape s'accroupit pour que la tête dans la cheminée puisse le voir clairement.

« Dieu merci, dit Pomfresh d'une voix tremblante. Tu dois venir immédiatement, Severus. Le cas de Miss Jones s'est considérablement aggravé. J'ai besoin de tes talents.

– Très bien, recule. J'arrive, dit Snape et le visage de Pomfresh disparut dans les flammes. Mr. Black, retournez dans votre dortoir immédiatement. La porte se verrouillera derrière vous », dit le Professeur, et puis il partait, vraisemblablement à l'Infirmerie, à travers le feu.

Rigel récupéra son sac et quitta le bureau, fermant fortement la porte derrière elle. Elle se demande quel genre d'urgence médicale pouvait avoir besoin de l'expertise d'un Maître des Potions aussi désespérément. Ce n'était pas comme si l'on pouvait faire des potions au pied levé, et une Médicomage n'aurait pas besoin de conseils sur quelles potions administrer à un patient. Toute cette histoire était plutôt curieuse.

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Cela devint encore plus curieux alors que janvier laissa place à février. Le Directeur fit une annonce, peu longtemps après le dimanche où Professeur Snape avait été appelé hors de son bureau, qui informait les élèves que l'Infirmerie était sous stricte quarantaine, et qu'en cas d'urgence médicale, il fallait d'abord voir son directeur de Maison ou n'importe quel autre enseignant si les directeurs de Maison étaient indisponibles pour certaines raisons. Deux jours de cours furent reportés pendant que les professeurs participaient à des séminaires obligatoires sur les premiers secours d'urgence, mais après ça, les choses retournèrent à la normale.

Jusqu'à ce que l'élève suivant tombe malade.

Susan Bones et Hannah Abbott suivirent leur camarade à l'Infirmerie, et peu longtemps après cela, deux Poufsouffle de deuxième année disparurent également derrière la barrière magique que Dumbledore avait mis en place autour de l'aile médicale. Justin Finch-Fletchley suivit pas plus d'un jour plus tard.

« J'ai entendu dire qu'il y a une mauvaise souche d'Éclabouille qui se répand, leur apprit Nott dans la salle commune de Serpentard un après-midi.

– Ce n'est pas possible, dit Draco, fronçant les sourcils. L'Éclabouille cause une extrême fatigue avant même que les pustules commencent à apparaître, et on rapporte que tous les élèves manquants allaient très bien jusqu'à ce qu'ils s'effondrent.

– Ouais, bah j'ai entendu dire que cette fille Jones a mis en colère un esprit vengeur en couchant avec un sang-de-bourbe et l'esprit a maudit toute la Maison Poufsouffle ! dit Davis, un sourire en coin sanguinaire qui paraissait complètement inadapté sur son visage autrement sans prétention. Ils disent que la malédiction ne sera pas apaisée tant que le tout dernier membre de la Maison ne sera pas emporté outre-tombe.

– Oh, tais-toi, Tracey, fit Pansy en fronçant joliment les sourcils. Tu ne sais pas de quoi tu parles.

– C'est vrai, Parkinson, dit méchamment Greengrass, ta mère était une Poufsouffle, n'est-ce pas ? Je suppose que la malédiction va la toucher aussi d'ici peu.

– Comment oses-tu ! »

Le sang-froid de Pansy lui échappa visiblement et elle jeta un regard noir à Greengrass avec véhémence.

« Il n'y a pas de malédiction et la santé de ma mère ne sont pas tes affaires.

– Allons-y », dit Rigel, tirant gentiment le coude de Pansy pour la lever du canapé.

Elle raccompagna la blonde dans les dortoirs avec Draco juste derrière eux. Ils s'assirent sur le lit de Draco comme d'habitude et Draco tapota la main de Pansy de manière rassurante.

« Ce n'est pas une malédiction, Pans, elles ne disent que bêtises, comme toujours, dit Draco doucement.

– Je sais, renifla Pansy dédaigneusement, bien que ses yeux étaient écarquillés et inquiets. Elles n'ont juste pas le droit de parler de ma mère comme ça. Stupides harpies.

– Parlons d'autre chose que de cette étrange quarantaine », dit Rigel, sautant du lit pour trouver un jeu de carte dans la table de chevet de Draco. C'était la marque de l'avancée de leur amitié qu'aucun d'eux ne pensa rien de cette violation d'intimité.

Ils jouèrent à la bataille explosive pendant deux heures, puis Pansy partit s'habiller pour dîner. Quelques minutes plus tard, deux cris assourdissants furent entendus, provenant des dortoirs des filles, et Draco et Rigel échangèrent un regard sombre avant de se lever d'un bon et d'ouvrir la porte du couloir d'un grand coup.

Ils n'avaient pas eu besoin de se dépêcher, s'avéra-t-il, car Pansy n'avait pas été une de celles hurlant.

Les dortoirs des filles étaient faits de sorte que Pansy partageait une chambre avec Bulstrode, et Greengrass en partageait une avec Davis. La porte au dortoir de Pansy était entr'ouverte et elle et Bulstrode jetaient un coup d'œil au couloir où Davis et Greengrass se tenaient comme des statues gelées – pas magiquement gelées, juste trop choquées après leur initial accès de cris pour faire plus que de se fixer l'une l'autre en horreur.

Les deux filles étaient recouvertes par ce qui semblait être de la peinture jaune, mais plus pressant : elles étaient toutes deux complètement chauves. Un seau suspendu au-dessus de l'encadrement de la porte révélait comment elles s'étaient retrouvées recouvertes du liquide jaune à l'odeur âcre, mais la haine furieuse dans leurs yeux alors qu'elles sortirent finalement de leur transe et qu'elles pivotèrent la tête vers là où Pansy observait depuis la porte avec un choc impressionné révéla exactement qui elles pensaient être responsable de la farce malveillante. Pansy commença à secouer la tête lentement tandis que juste à côté d'elle Bulstrode luttait clairement contre un sourire amusé.

« PARKINSON ! »

Les doigts de Greengrass se contractèrent et elle bondit vers Pansy avec un rugissement inhumain, Davis la talonnant.

Rigel s'élança pour attraper la Greengrass furieuse par une section de ses robes sur laquelle le liquide jaune n'avait pas encore coulé et Draco sortit sa baguette pour lancer un Charme du Bouclier devant la porte de Pansy avant que Davis ne puisse l'atteindre.

« Lâche-moi ! »

Greengrass tournoya vers Rigel.

« Regarde ce que cette SALOPE m'a fait ! »

Rigel trempa son doigt avec précaution dans le truc jaune et le porta à son nez.

« Eurgh. »

Elle l'essuya rapidement sur ses robes.

« Ouaip, définitivement une potion de Retrait des cheveux.

On sait ce que c'est ! cracha Davis – littéralement, il y avait des postillons volant de ses lèvres. Abaisse ce bouclier tout de suite ! Cette petite nana va regretter d'avoir fait ça !

– C'est pas moi ! cria Pansy de derrière le Charme du Bouclier. J'étais avec Draco et Rigel ces deux dernières heures, donc je n'aurais pas eu le temps de l'installer.

– N'importe qui aurait pu le faire, pointa Draco. Le seau est à l'extérieur de votre dortoir, pas à l'intérieur. Et Pansy a été avec nous pendant tout ce temps.

– Tu dis ça juste parce que c'est ton amie ! » grogna Greengrass.

Elle essayait d'enlever le truc de ses robes mais réussissait seulement à en mettre partout dans le couloir.

« On dit ça parce que c'est vrai, dit Rigel calmement. Pansy ne ferait jamais quelque chose comme ça. Cette fille peut à peine manger une chocogrenouille – sans offense, Pan – encore moins planifier pour de vrai une attaque sur quelqu'un. »

C'était vrai. Pansy se battait avec des mots, pas des armes, et même alors, ceux qui la connaissait bien pouvaient dire qu'elle inventait principalement des insultes pour le plaisir d'être intelligente. Pansy Parkinson n'avait pas un seul os cruel dans son corps.

« Alors qui a fait ça ? réclama Davis, les toisant tous.

– On peut chercher ça plus tard, dit sans ménagement Rigel. Parce que si vous ne lavez pas cette potion de votre peau dans les cinq prochaines minutes, ça va commencer à brûler comme pas possible. Professeur Snape peut refaire pousser vos cheveux, mais l'urticaire que la Potion de Retrait va vous donner ne partira pas avant une semaine.

– Urgh ! Hors de mon chemin ! »

Greengrass marcha d'un pas lourd vers son dortoir, Davis la suivant, et claqua la porte derrière elles.

Draco abaissa le Charme du Bouclier et Pansy et Bulstrode sortirent prudemment dans le couloir.

« Est-ce que ça va vraiment leur donner de l'urticaire, Black ? » demanda doucement Bulstrode.

Rigel l'épingla avec un regard fixe franchement jaugeur.

« Pourquoi ? Tu te sens coupable ? »

La fille costaude rougit légèrement.

« Elles le méritaient. Megan Jones est une amie à moi, et ces deux-là ont répandu des rumeurs sur elle toute la semaine.

– Peut-être qu'elles le méritaient, dit Draco. Mais Pansy en a été accusée.

– Elle a un alibi, fit Bulstrode en relevant le menton. Et ce n'est pas comme si je les avais blessées. Je ne savais pas pour l'urticaire. »

Rigel sourit légèrement.

« La seule façon qu'elles aient de l'urticaire, c'est si elles sont allergiques, donc i peu près 2% de probabilités.

– Oh, sourit largement Bulstrode à Rigel. Merci. Et désolée que tu aies porté le chapeau, Pansy. Si Snape les croit d'une façon ou d'une autre, je te promets que j'assumerai mes actes, d'accord ?

– Dans ce cas, bien joué, sourit Pansy d'un air suffisant. Je n'y aurais pas pensé, mais je ne peux pas dire qu'elles ne l'avaient pas vu venir. »

Il s'avéra qu'ils n'auraient pas dû s'inquiéter d'avoir des problèmes. Snape rejeta l'incident à la lumière de préoccupations plus pressantes. Cette nuit-là, le premier Serdaigle s'effondra de la mystérieuse maladie, et envoya de nouvelles vagues de panique dans l'école.

Rigel ne savait pas ce qui se passait, mais elle n'allait pas vendre ses étoiles tout de suite.

La tempête de feu venait juste de commencer.


(1) Flint = silex


NDA : Merci de votre lecture ! Voilà ma justification pour faire de Percy un avocat : il serait plus heureux, et tous mes personnages devraient être heureux :) de plus, il n'y a pas mention d'avocats dans les livres, mais au procès de Harry en cinquième année, Dumbledore agit comme une tierce personne avec la connaissance juridique requise pour parler au nom de Harry – ça me paraît être un avocat, pour moi. Et quelqu'un doit écrire toutes ces lois que le Magenmagot applique, donc pourquoi pas un avocat ?

NDT : À noter qu'en anglais, un avocat se dit "lawyer" (law=loi), ce qui peut de façon très large être littéralement entendu comme "personne de loi", ce qui est peut-être la raison pour laquelle Violet a pris cette décision.

Au tout début de ce chapitre, Theo parle d'une "herbe de Limbus" (limbus grass) et j'ai dû aller chercher la référence (et donc la traduction si jamais elle était importante) jusque dans le livre de Neil Gaiman, Stardust. Impossible de trouver la version française du livre sur internet, j'ai donc dû demander à ma grand-mère d'aller l'emprunter à la bibliothèque pour moi. Tout ça pour que finalement, ça se traduise… pas. (Enfin, pas vraiment.) Puisque je l'avais sous la main, j'ai lu le bouquin. Et franchement, je l'ai bien aimé ! Je le recommande. Ça m'a changée de mes types de lectures habituelles.

Dernier élément de traduction : jusqu'à présent, j'avais traduit "magical core" par "cœur magique", mais j'ai décidé de changer ça en "noyau magique" qui correspond ni moins ni mieux mais qui évite qu'on s'emmêle quand on parle juste du "core" (et de ne pas le confondre avec le cœur, the heart). Je corrigerai ça dans les autres chapitres quand j'aurais fini la traduction du tome 1 (plus que 5 chapitres !)