NDA : Et nous y revoilà mes chéris ! J'ai eu quelques demandes dans les reviews, et j'ai essayé d'accomoder ce que je pouvais, donc j'espère que ceux qui m'ont demandé plus d'explications pour quelque chose ou un autre genre de personnage, par exemple, l'apprécieront ^^. Pour tous ceux qui sont intéressés du côté de la romance… Je sympathise, et ça sera certainement une large partie de l'histoire, mais vous n'en verrez pas grand-chose durant la première année. La romance sérieuse mettra longtemps à venir, disons vers la troisième année peut-être, donc je suis réellement désolée si vous espérez une quelconque action réelle alors que Harry est si jeune. Pour l'instant, elle gère ses études et ses complications extra-scolaires variées, et n'est just pas intéressée par l'amour. Cela changera, mais ce ne sera pas dans les quelques prochains chapitres. En attendant, profitez !
NDA2 : Ceci dit, merci à toutes les personnes qui lisent cette histoire (qui n'est basée pas basée sur des personnages que je possède, disclaimer, disclaimer). […] C'est le chapitre le plus long jusqu'à présent ! (ajouter acclamations tapageuse) […]
NDT : Yep yep yep, ce chapitre-là, je l'ai senti passé, rien à voir avec les tous premiers chapitres où je pouvais en traduire un en une journée. Nope nope. (Il fait presque 40 pages word.) Pour l'instant, je me sens encore capable de traduire au rythme que je vous propose, mais ça changera peut-être à l'avenir ! Bonne lecture~
Chapitre 18
« O.K., j'abandonne, dit Nott, une semaine plus tard alors que lui, Draco, Rigel, Pansy, Zabini et Bulstrode, qui était une addition semi-permanente de leur groupe après l'incident avec Greengrass et Davis, se prélassaient dans leur dortoir sans rien à faire. Qu'est-ce que tu fais avec ces trucs, Rigel ? Tu les as toisés toute la semaine. »
Rigel leva les yeux en surprise de la petite balle rouge qu'elle tenait – elle n'était pas sûre mais elle pensait que c'était la première fois que Nott l'appelait par son prénom.
« C'est quelque chose que Snape me fait faire, dit-elle.
– Quoi, froncer les yeux sur tout ce qui est rouge Gryffondor ? C'est du Snape tout craché, mais en quoi ça t'aide avec les Potions ? demanda le brun.
– Ce sont des Médi-minis, dit Bulstrode, en y jetant un œil.
– Qu'est-ce que c'est ? demanda Pansy, regardant curieusement la petite sphère rouge dans la main de Rigel.
– C'est pour les jeunes qui veulent être Médicomages, élabora la fille plus robuste. Tu t'entraînes en mettant de la magie à l'intérieur, comme un Guérisseur quand il soigne quelqu'un. »
Draco fit un son de compréhension.
« Elles t'aident à contrôler ta magie, pas vrai, Rigel ?
– Oui, dit-elle en haussant les épaules. C'est plus difficile que ce à quoi je m'attendais. Des fois elles explosent, mais je n'arrive jamais à les rendre vertes comme je suis censé le faire.
– Qu'est-ce que tu visualises en exerçant ta magie brute ? » demanda Zabini en s'allongeant contre la colonne de lit de Nott.
Rigel fronça les sourcils pensivement.
« Je suppose que j'imagine juste que je force ma magie dans la balle, en somme. »
Zabini se redressa de sa position relâchée avec une expression d'incrédulité.
« Forcer ? »
Il leva les yeux au ciel.
« Pas étonnant que tu détruis les pauvres petites. Tu ne crois pas que tu devrais te représenter quelque chose de moins violent ? »
Ma magie est violente, pensa Rigel intérieurement, mais elle demanda :
« Est-ce que la visualisation fait vraiment une différence ? C'est juste une astuce mentale pour aider à se concentrer. »
Cette fois, ce fut Draco qui lui lança un regard incrédule.
« Tes parents t'ont enfermé dans le sous-sol avec une Encyclopédie de Potions et ne t'ont rien appris d'autre, ou quoi ? »
Il soupira grommelant : « Pratiquement un moldu », dans sa barbe.
« Si tu m'expliquais, je pourrais être capable de comprendre, dit Rigel d'un ton qu'elle se dit patient et pas du tout sarcastique.
– Regarde, juste parce que c'est dans ton esprit ne veut pas dire que ce n'est pas réel, dit Draco très lentement. La magie rend ça réel. C'est pourquoi la magie de l'esprit marche aussi bien, c'est pourquoi c'est important si tu lances un sort sans vraiment le vouloir, et tu devrais savoir ça parce que c'est pour ça que ta magie fait des choses sans que tu ne prononces un sort des fois. »
Draco passa une main dans ses cheveux.
« Comment penses-tu que la magie accidentelle marche autrement ? Cela vient de l'esprit, la volonté, qui forme la magie avant même que les enfants n'aient les mots pour la commander. Si ce n'était pas le cas, elle apparaîtrait sans raison, mais il y a toujours un déclencheur à la magie accidentelle, parce que la magie n'a pas d'esprit propre à elle. Donc oui, ce que tu fais avec ton esprit en exerçant ta magie affecte la façon dont la magie s'exprime. »
Rigel pensa à ça, retournant les mots et idées dans sa tête et les mélangeant avec ce qu'elle savait déjà. Cela expliquerait beaucoup, songea-t-elle, et Draco n'a pas de raison de mentir. Si c'était vrai, elle devait travailler sur l'Occlumancie plus que jamais. Si l'esprit était connecté à la magie, alors un esprit bien ordonné devrait produire de la magie bien ordonnée. Cela mettait aussi en lumière l'idée de faire de l'esprit une forteresse en quelque sorte. Apparemment, si elle pouvait tromper son esprit à penser à lui-même comme une forteresse, alors sa magie ferait littéralement ça. Flint avait peut-être été sur quelque chose concernant les protections contre des lectures de l'esprit après tout. Peut-être qu'elle devrait écouter les élèves plus âgés plus souvent. Probablement qu'elle devrait écouter ses amis plus souvent, aussi. Peut-être…
« Rigel, tu m'écoutes ? réclama Draco.
– Oui, dit Rigel. Donc plus de forçage ?
– … Oui, Rigel, s'il te plaît, ne force plus jamais ta magie, soupira Draco.
– Compris. »
Rigel retourna à la contemplation de la petite balle rouge. Pas forcer. Pousser ? Non, probablement pas bon non plus, mais comment pouvait-elle mettre la magie dans la balle autrement ? … Tirer d'un coup ? Je pourrais séparer un bout de magie ou peut-être en couper un bout… Son corps eut un frissonnement abrupt de dégoût et de rejet et elle était bien d'accord. Ouais, définitivement pas couper un seul morceau de ma magie. Je pourrais la laisser s'écouler, mais ça semble vraiment passif, comme si je n'étais pas capable de contrôler où elle coule. Je pourrais essayer de faire feu comme avec un laser, mais c'est toujours très violent. Verser, peut-être ?
Elle essaya de mentalement verser un peu de magie dans la petite sphère rouge. Elle tourna lentement, graduellement, brune et elle pouvait presque sentir la magie dégouliner d'elle avec un sixième sens qu'elle avait toujours su avoir mais n'y avais jamais prêté attention. C'était dur, mais un travail satisfaisant. Mais quand même, même si la balle se changea en vert et que ses amis la félicitèrent pour son premier succès, cela ne semblait pas encore juste. Elle faisait toujours quelque chose mal, et c'était inconfortable. Malgré que la plupart des sorciers voyaient leur magie comme un outil à manier, elle lui avait mentalement assigné une personnalité pendant si longtemps que même si celle avait reçu une personnalité négative dans sa tête, cela paraissait toujours trop… arrogant, peut-être, ou présomptueux, de lui donner des ordres si elle n'en avait pas le besoin. En fait, elle avait l'impression d'être vaguement impolie.
Elle prit une autre balle du sac et, avec hésitation, se sentant stupide mais déterminée, demanda à la magie de remplir la balle. La sphère devint verte si rapidement qu'elle aurait tout aussi bien pu être un feu de signalisation moldu, et si elle ne s'y était pas attendue, elle n'aurait même pas ressenti le vrombissement révélateur qui la parcourut comme un faible courant. Elle cligna des yeux de surprise. C'était facile. C'était comme si jusqu'à présent, elle faisait de la magie avec des poids autour du cou et que soudainement, ils n'étaient plus là et la magie sortait simplement d'elle. Elle s'émerveilla de toute l'énergie qu'elle avait dû perdre à se battre contre sa magie quand elle aurait pu juste lui demander de coopérer avec elle tout du long.
« Eh bien, il semblerait que t'aies saisi le truc », dit Bulstrode, les sourcils haussés.
Rigel prit joyeusement les dix autres balles du sac (trois avaient explosé) et une par une demanda à sa magie de bien vouloir les remplir. Les autres première année regardèrent avec intérêt et, après la cinquième, avec un malaise incrédule. Quand les douze sphères non explosées furent vertes dans leur totalité, Rigel les remit dans son sac avec un rictus satisfait. Prends ça, pensa-t-elle à Snape et Draco et tous les autres qui pensaient que la magie devait être un outil stupide.
« Tu n'es pas… fatigué ? » demanda Pansy, ce que les autres étaient apparemment en train de penser.
Rigel se demanda si elle s'habituerait jamais à la pure incrédulité à laquelle elle était confrontée avec les gens autour d'elle. Honnêtement, on devrait penser que des sorciers, qui pouvaient utiliser de la magie, seraient moins étroits d'esprit sur les choses qu'ils s'attendaient à voir du monde. Non pas qu'elle pouvait parler, se rappela-t-elle, penaude, ayant seulement maintenant pensé à travailler avec sa magie au lieu de contre elle ou indépendamment d'elle.
« Il est seulement six heures, dit Rigel, décidant qu'être délibérément obtuse était le moyen d'éviter de telles questions.
– Les apparences sont tellement trompeuses, marmonna Zabini d'une façon qui ne sonnait pas entièrement flatteuse.
– J'en ai fini d'essayer de comprendre Rigel pour aujourd'hui, dit Nott avec fatigue. Allons juste dîner. »
Les autres haussèrent les épaules ou acquiescèrent leur accord, Rigel parmi eux. Après dîner, Rigel se rendit dans le bureau de Snape, toujours rouge (métaphoriquement parlant ; elle rougissait rarement de quelque chose en vivant avec deux garçons ces jours-ci) de succès.
La voix qui répondit à son toc-toc ne fut, sans méchanceté, pas Snape. À moins que Snape ne se soit pour quelque raison polynectarisé en une adolescente.
Une très jolie adolescente, se trouva-t-il quand Rigel s'invita dans le bureau. La pièce paraissait encore plus fade que d'habitude sans la présence écrasante de Snape remplissant le méta-espace. La fille, prélassée dans le fauteuil de Snape avec, de façon plutôt brave, les pieds sur le bureau immaculé du Professeur, avait de longs cheveux noirs et un maquillage pour les yeux abondant qui donnait à son visage bien trop joli un aspect plus terre-à-terre. Après un moment de confusion initiale de la part de Rigel (probablement dû au fait qu'il y avait une fille dans le fauteuil de Snape), Rigel intégra la cravate de l'autre fille de Serpentard et la replaça comme étant la préfète qui leur avait donné le mot de passe la nuit du Festin du Placement.
« Besoin de quelque chose ? demanda la préfète d'une voix traînante ennuyée sans lever les yeux du magazine qu'elle feuilletait.
– Professeur Snape, dit Rigel.
– Non, moi c'est Alesana Selwyn. »
La fille aux yeux bleus repoussa une section de ses longs cheveux par-dessus son épaule en un mouvement distrait.
« Je veux dire que je suis là pour voir Professeur Snape, dit Rigel, se sentant un peu bizarre d'expliquer quelque chose de plutôt évident, juste debout devant le bureau pendant que la fille l'ignorait, préférant parcourir les pages de son magazine.
– Hmm. »
La préfète leva finalement les yeux de ce qu'elle faisait et croisa le regard de Rigel avec défi.
« Pourquoi ?
– J'ai fini un devoir pour lui et il m'avait dit de l'amener ici quand j'aurais fini.
– Laisse-le ici, dit Selwyn, tournant déjà une autre page avec un regard neutre sur le visage.
– Je préfèrerais lui donner moi-même », dit Rigel aussi poliment qu'elle le pouvait tout en refusant l'élève plus âgée.
Elle aurait probablement pu laisser le sac de balles sur son bureau, mais alors elle n'aurait pas su quoi faire ensuite.
Selwyn leva les yeux au ciel et souffla un rire exaspéré.
« Je ne vais pas lire ta rédaction de porno de grenouille, gamin. Je te promets que j'ai de meilleures choses à faire. Juste, laisse-la.
– Ce n'est pas une rédaction, dit Rigel, neutre. Tu peux me dire quand est-ce que le Professeur reviendra ? »
Se rappelant quelque chose que la préfète avait dit le soir où elle leur avait présenté Serpentard, elle ajouta :
« Je le considérerai comme une faveur.
– Oh vraiment ? »
Elle ratissa Rigel avec ses yeux bordés de khôl.
« Et qu'est-ce que tu pourrais possiblement avoir pour me rembourser d'une telle faveur ? »
Rigel considéra lui offrir de l'aide avec les Potions, comme elle le faisait habituellement, mais d'une certaine façon, en face du regard peu impressionné de la fille plus âgée, cela aurait paru être de la vantardise, donc elle haussa les épaules :
« On ne sait jamais.
– En effet. »
Selwyn lança le magazine sur la table et Rigel remarqua pour la première fois qu'il était entièrement écrit en Runes.
« Curieusement, j'en doute, mais ça n'a pas d'importance. Ton nom est Black, non ?
– Oui, dit Rigel.
– Dans ce cas, Professeur Snape est dans le Laboratoire Un, lui apprit Selwyn, un léger sourire aux lèvres. Il a mentionné que tu passerais peut-être. Bien sûr, il a mentionné ça hier soir, et avant-hier soir aussi, mais dans tous les cas, je dois t'orienter vers lui. »
Rigel inclina la tête avec curiosité.
« Tu es resté assise ici trois soirs d'affilée ?
– Toute la semaine, corrigea-t-elle, tapant son pied en un rythme sourd. Quelqu'un doit être disponible pour répondre aux questions et gérer les autres distractions mineures pendant que notre directeur de Maison est enchaîné à son chaudron. Au moins, tu n'es pas un autre deuxième année qui veut de l'aide avec ses enchantements météorologiques. Un gamin de plus qui invoque de la grêle sur ma tête et je me mets moi-même en quarantaine.
– Eh bien, merci pour ton aide, dit Rigel.
– Je dirais bien "quand tu veux", mais… »
Elle laissa sa phrase en suspens, considérant apparemment la fin de celle-ci comme évidente. Rigel acquiesça tout de même et quitta le bureau.
Le Laboratoire Un était le labo privé de Snape et, de ce fait, était protégé par une série de protections fermement entremêlées, mais puisqu'ils ne réagirent pas à sa présence, elle supposa que Snape les avait laissés "ouverts" pendant qu'il travaillait au cas où on avait besoin de lui. Le Labo était une merveille d'organisation et d'efficacité, si en effet des mots aussi peu colorés pouvaient décrire une telle beauté. Des cabinets de rangement en verre étaient alignés aux murs, remplis confortablement d'ingrédients, qui, Rigel nota, étaient rangés par utilisation et classification plutôt qu'alphabétiquement, comme dans les réserves des élèves. Les stations de travail, elles, étaient installées en fer à cheval ; les plans de travail étaient de la même pierre blanche que le sol, ce qui occasionnerait la plupart des ingrédients à ressortir parfaitement, et les éviers étaient placés à des intervalles réguliers entre les stations.
Quand Rigel entra, ayant assez de jugeote pour ne pas toquer au cas où il était au milieu d'une étape délicate, Snape se tenait immobile au centre du cercle ouvert, paraissant comme un chef supervisant son orchestre avec ses yeux perçants surveillant plusieurs chaudrons qui mijotaient en même temps. Elle s'éclaircit la gorge doucement une fois qu'elle fut quasi certaine qu'il ne chronométrait rien mentalement et Snape se retourna pour lui hausser un sourcil, ne semblant pas surpris par sa présence. Peut-être que les protections étaient reliées à lui, même quand lâches.
Bien que ses yeux intégrassent tout avec une vigilance habituelle, les épaules de Snape manquaient de leur habituelle posture raide, et les lignes sévères autour de sa bouche exprimaient aussi éloquemment de l'épuisement du Maître des Potions que s'il l'avait confessée de ses propres mots.
« Mr. Black. J'admets que je ne m'attendais pas à vous voir aussi tôt, malgré le message que j'ai laissé à Miss Selwyn. Comment avance votre travail ?
– Il est fini, monsieur. »
Rigel sortit le sac de Médi-minis maintenant verts et le tendit avec un large sourire.
« Douze sur quinze.
– Vraiment ? »
Snape prit le sac après un autre coup d'œil rapide dans le labo.
« Ils sont tous parfaitement imprégnés, nota-t-il après en avoir pris un et en en ayant examiné la couleur. Je suis convenablement impressionné, Mr. Black. Comment avez-vous gagné ce niveau de contrôle aussi rapidement ? »
Rigel le regarda ranger le sac dans un des nombreux placards et haussa les épaules légèrement.
« Ma magie et moi-même sommes parvenus à un accord, c'est tout.
– Et croyez-vous que vous êtes maintenant capable d'imprégner de la magie dans une potion consciemment ? » demanda Snape avec des sourcils relevés.
Rigel hésita.
« Puis-je poser une question avant de répondre ?
– Vous pouvez. »
Le visage de Snape était inexpressif.
« Quand je mettais de la magie dans les balles, je continuais juste jusqu'à ce qu'elles soient pleines. Est-ce que le taux de magie qui se retrouve dans une potion importe ?
– Très bonne question, acquiesça Snape en rare approbation. Contrairement à l'exercice que vous avez réalisé, il n'y a pas besoin d'imprégner une potion avec autant de magie que vous pouvez supporter donner. Chaque potion a un seuil unique là où la magie brute est concernée. Une fois que ce seuil est atteint, la potion est efficace et ajouter plus de magie la rendrait simplement plus efficace. De ce fait, il n'y a pas besoin d'aller au-delà du seuil pour la plupart des potions. Par exemple, il n'y aurait pas de raison de faire une potion qui serait extra efficace à faire disparaître les orteils, parce qu'une fois que les orteils ont disparu, ils ne peuvent pas l'être plus. Les exceptions à cette règle incluent la plupart des potions de Soin ainsi que celles qui effectuent des changements en degrés, telles que les Solutions de Force ou de Faiblesse. Pour ces potions, plus fort est le concocteur, plus efficace elles seront, sous réserve qu'elles soient concoctées correctement, bien sûr.
– Comment sait-on si le seuil est atteint ? demanda Rigel en fronçant légèrement les sourcils. Est-ce que par tâtonnements est l'unique moyen de jauger le niveau de magie nécessaire pour rendre une potion en particulier efficace ?
– Heureusement non, dit Professeur Snape. À ce stade, vous devriez avoir assez de reconnaissance de votre magie consciente pour être capable de ressentir son usage. Si vous vous concentrez sur ce sentiment tout en concoctant, vous serez capable d'étendre votre sens pour inclure la potion elle-même. Cela est vrai pour tout objet magique avec lequel vous pourriez vous retrouver à travailler ; aussi longtemps que votre magie est connectée à l'objet, consciemment ou inconsciemment, vous devriez être capable de devenir "magicalement conscient" de cet objet. Pour les potions, cela veut dire que vous serez capable de sentir quand le seuil d'une potion a été atteint et par la suite retirer votre connexion magique avec elle.
– Est-ce que les potions ont un plafond d'aussi loin que la magie est concernée ? demanda Rigel. Si l'on met trop de magie dedans, par exemple, est-ce que cela causerait la potion à devenir instable ?
– Généralement parlant, non, dit Snape. La magie dans les potions rend normalement les choses plus stables, pas moins. C'est pourquoi des potions dangereuses et compliquées comme la Tue-Loup peuvent être… adoucies, pour ainsi dire, en les imprégnant d'une grande dose de magie. Cela maintient sans danger les ingrédients les plus réactifs ensemble. Ceci dit, certaines potions réagiront négativement en théorie si trop imprégnées de magie, mais la quantité de magie nécessaire pour provoquer une telle réaction serait bien trop pour quiconque qui ne serait pas un sorcier de niveau Lord pour réussir à en mettre autant. Pour des raisons pratiques, la seule conséquence serait de la magie gâchée et l'épuisement du concocteur. »
Snape prit un moment pour vérifier chacun de ses chaudrons tandis que Rigel retournait l'information dans sa tête. Il paraissait avoir à peu près huit chaudrons différents en train de concocter, bien que plusieurs d'entre eux semblaient être la même potion.
« Je pense que je pourrais correctement imprégner une potion avec de la magie maintenant, dit enfin Rigel. Mais j'aimerais tester cette théorie avant de déclarer mes compétences avec assurance.
– Très bien. »
Snape signala d'un geste un espace de travail libre à un bout du presque-cercle des paillasses.
« Vous pouvez utiliser ce chaudron pour préparer une Potion de Soulagement d'Allergie. Si vous êtes incapable de vous rappeler de la recette, dites-le, n'essayez pas de concocter aveuglément par fierté mal placée.
– Oui, monsieur », dit Rigel, bien qu'elle doutât d'oublier un jour comment faire la première potion qu'elle avait mal faite cinq fois d'affilée.
Rigel rangea ses affaires bien hors du chemin and commença à préparer sa station, vérifiant et revérifiant que le chaudron, les tiges d'agitation, et les autres matériels de concoction, n'avaient pas de rouille ou d'usure, malgré leur présence dans le laboratoire personnel de Snape. C'était juste de la bonne pratique de concoction. Elle trouva les ingrédients facilement, bien que l'aloès fût rangé avec les lys plutôt que les asphodèles, et commença à concocter. Elle et Snape s'ignorèrent mutuellement comme s'ils avaient beaucoup d'expérience à ça, et elle se demanda dans la minuscule partie de son esprit qui n'était pas entièrement absorbée par la découpe et le mélange si la capacité de se concentrer sur une chose au détriment de toute autre était un trait commun aux potionnistes ou particulier à elle et Snape. Dans tous les cas, cela rendait l'atmosphère relaxante et silencieuse, et cela la laissait se concentrer encore plus qu'elle ne le faisait habituellement sur la potion devant elle.
Une fois que la base fut amenée à température et que Rigel commença à incorporer les ingrédients, elle se concentra sur ce sixième non-sens qui était sa conscience magique et demanda à sa magie, très poliment, de bien vouloir imprégner sa Potion de Soulagement d'Allergie avec de la magie.
Cela débuta comme une sorte de courant faible qu'elle ressentait comme si son noyau magique fredonnait doucement, envoyant des vibrations de magie hors d'elle depuis son ventre jusqu'au bout de ses doigts et dans la tige, qui conduisait le fredonnement de magie dans la potion. En étendant ses sens magiques vers l'extérieur elle pouvait sentir la connexion entre elle et le chaudron et une source de magie étrangère, placide qui était la potion elle-même. La potion donnait l'impression d'être incomplète, pas juste physiquement mais magiquement également, donc elle laissa son noyau magique "en route" alors qu'elle tournait son attention sur compléter la concoction elle-même de la potion.
Dix minutes plus tard, la potion était complète, selon la recette, mais obstinément bleu ciel. Elle se concentra une nouvelle fois sur l'extension de son sens magique et remarqua avec surprise que la potion donnait maintenant l'impression d'être complète dans un sens physique mais incomplète dans un sens magique. Il y avait une faible traction sur la connexion qui fredonnait entre la potion et son noyau magique, donc elle se concentra sur cette traction et demanda mentalement à sa magie de bien vouloir envoyer plus d'énergie via le lien. Immédiatement, le fredonnement grossit en un tambourinement solide, et la connexion, un fin fil d'énergie dans sa représentation mentale courant de son abdomen à ses mains à la tige à la potion, s'élargit d'à peu près trois centimètres d'épaisseur pour accommoder le nouveau courant plus puissant.
Cela ne prit pas longtemps au taux croissant pour que la potion se sente complète à ses sens magiques. Elle garda la connexion pendant une autre minute juste pour faire bonne mesure, puis demanda à sa magie de gentiment la briser. Son noyau magique semblait fredonner de mécontentement pendant un moment, mais la connexion fut retirée et elle laissa son sixième sens en sommeil pendant qu'elle se reconcentrait sur la réalité.
Le chaudron devant elle était rempli de la potion à la couleur lavande trouble la plus belle et merveilleuse qu'elle avait jamais vue, et Rigel rayonna de succès silencieux tandis qu'elle embouteillait un échantillon et nettoyait sa station au niveau de propreté immaculée qu'elle avait été quand elle avait commencé. Elle lavait le chaudron (après avoir déjà dilué le reste de potion et l'avoir vidée dans l'évier) quand un toc-toc rapide à la porte interrompit l'activité tranquille du laboratoire.
Snape donna au chaudron qu'il supervisait un tour de plus et lança un sort de stase avant de noter quelque chose sur un bout de parchemin brun foncé ignifuge (probablement le nombre de tours sur lequel il était) et alla répondre à la porte.
C'était Madame Pomfresh. La matrone avait commencé à parler avant même que la porte ait été refermée derrière elle, et Rigel trouva qu'elle paraissait aussi éreintée et épuisée qu'elle sonnait, avec des cheveux ébouriffés et des cercles noirs sous les yeux marqués d'inquiétude. Il y avait également un faible chatoiement dans l'air autour d'elle que Rigel reconnut comme un sort que les Guérisseurs utilisaient quand ils avaient besoin de se déplacer entre des zones de quarantaine et de non-quarantaine. Cela enfermait les plus petites particules dans l'air autour d'une personne ne les laissait pas s'échapper jusqu'à ce que le sort soit levé. Cela marchait seulement pendant à peu près vingt minutes, par contre, car l'oxygène dans l'air enfermé venait à manquer après ça.
« Severus, je déteste devoir te demander ça, mais j'ai besoin que tu prépares une autre fournée de Véritable Déterminant aussi tôt que tu le peux », dit-elle, ne semblant pas remarquer Rigel, qui essuyait toujours son chaudron avec soin, alors qu'elle s'appuyait avec fatigue contre une des paillasses. Rigel reconnut la Potion que Pomfresh avait nommée comme étant une potion de diagnostique basique, que, supposa Rigel, Pomfresh devait utiliser pas mal si elle vérifiait chaque élève malade avec attention pour s'assurer qu'ils succombaient à la même maladie.
Snape eut un regard noir d'une façon qui n'était clairement pas dirigée à l'infirmière, mais plutôt au monde en général.
« Qu'est-ce qui ne va pas avec la fournée que je viens juste de concocter ? J'ai un emploi du temps très strict que je dois garder tel quel.
– Je sais Severus, crois-moi, soupira Pomfresh. Mais Londubat a succombé à la maladie juste quelques heures plus tôt et il est…
– Allergique aux baies d'aubépine, finit Snape avec lassitude. Oui, je suis au courant. Très bien, je m'attaquerai à une fournée avec quelque chose de la famille des azalées en substitut de l'aubépine quand je pourrai. Peut-être des pétales de rhododendron, écrasés bien sûr… »
La phrase de Snape resta en suspens quand il attrapa une autre feuille de parchemin ignifuge d'une pile dans un des placards et y griffonna des modifications.
« Neville est malade aussi ? » demanda Rigel, s'arrêtant dans son nettoyage pour froncer les sourcils avec inquiétude.
Madame Pomfresh sursauta à l'interruption inattendue, mais répondit :
« Oui, Mr. Black, c'est cela ? Mr. Londubat est en effet maintenant sous quarantaine.
– Est-ce qu'il ira bien ? » demanda Rigel, lançant un regard furtif à Snape pour s'assurer qu'elle ne dépassait pas les bornes.
Il regardait non pas elle mais les chaudrons tout autour de la pièce, donc elle continua :
« Et les autres première année également ? »
Madame Pomfresh hésita juste une fraction de seconde, mais c'était assez pour rendre ses mots suivants bien moins complètement rassurants :
« Il n'est pas en danger immédiat, Mr. Black. Il vaut mieux ne pas vous inquiéter pour l'instant.
– Oui, madame, dit Rigel, insatisfaite mais pas assez sûre d'elle pour presser la femme âgée.
– Est-ce que tu as fait des progrès pour le diagnostic, Pompom ? demanda doucement Snape. Tout ce que tu découvres sera utile pour que je détermine quelles potions pourraient être nécessaires avant que l'on en ait fini.
– Rien de nouveau, dit l'infirmière sèchement. Mais au rythme auquel ça se répand… eh bien, je dois dire que je suis contente que tu aies recruté de l'aide, parce que j'ai besoin d'autant de Souffle d'Aurore et de Philtre de Blaneige que tu peux faire. J'ai aussi besoin d'Inducteur de Sueur plus que de Réducteur de Fièvre, qui ne semble pas faire grand-chose tout seul. Ne t'embête pas avec les Philtres Régénérateurs, par contre, ajouta-t-elle sombrement. Ils n'aident pas un chouïa. »
Snape acquiesça, faisant une autre notre sur le parchemin, et dit :
« Mr. Black ne m'assiste pas pour ça, mais tu auras les potions au fur et à mesure que je les réalise, Pompom.
– Merci », dit Pomfresh d'une voix si lasse que Rigel se demanda pourquoi ils n'avaient pas encore fait appel à du personnel supplémentaire à Sainte-Mangouste. Mais encore, peut-être qu'ils l'avaient fait et ils étaient tous derrière la quarantaine. « Je dois y retourner. Ne te surmène pas trop… je ne rigole pas. La dernière chose dont on a besoin c'est que notre Maître des Potions tombe malade.
– Peu probable, si le modèle de la maladie continue, dédaigna Snape. Pars, Pompon, j'ai du travail à faire. »
L'infirmière sortit d'un pas altier à la hâte et Snape retourna immédiatement au travail, retirant le sort de stase du chaudron qu'il mélangeait et ajoutant des ingrédients aux autres également.
« Qu'est-ce que vous vouliez dire par modèle de la maladie ? » demanda Rigel précautionneusement, parlant doucement pour ne pas perturber l'air de nécessité efficace qui planait maintenant dans le labo. Pas étonnant qu'il y avait autant de chaudrons en route si Snape fournissait l'Infirmerie entière et que quelques dix élèves étaient déjà tombés malades.
Snape la regarda à travers des sourcils froncés mais dit :
« Vous avez vous-mêmes noté que c'est pour la majeure partie les plus jeunes qui tombent malades. Si l'âge est un facteur déterminant dans sa propagation, les professeurs de cette école sont actuellement les moins à risque.
– Quelle est cette maladie, si cela ne vous gêne pas que je demande ? Qu'est-ce que vous en savez ? demanda Rigel, mal à l'aise à l'idée qu'elle pourrait très bien l'attraper, et pourtant n'en connaissait rien du tout.
– On n'en sait pas beaucoup, grogna Snape, les yeux fixés sur le chaudron devant lui. Il n'y a pas de symptômes avant l'évanouissement soudain, et seulement une fièvre après l'évanouissement. Des fois, la fièvre disparaît en quelques jours voire même heures ; des fois pas du tout.
– Et… c'est tout ? Juste une fièvre ? »
Rigel fronça les sourcils au dos de la tête de Snape depuis là où elle se tenait à côté de la paillasse de nouveau immaculée.
« Blaneige, Mr. Black, et le Souffle d'Aurore. Que savez-vous sur elles ? » demanda Snape, sa voix présentant le ton professoral détaché qu'il utilisait pour enseigner.
Rigel répondit automatiquement :
« Blaneige, nommée d'après Blanche Neige, qui est tombée dans un coma magique après avoir ingéré du poison. Elle est appelée un Philtre, mais elle est généralement administrée de façon intraveineuse ou en forme vaporisée, car rarement une personne en ayant besoin peut boire la potion. C'est essentiellement une potion nutritive conçue pour une dépendance à long terme et utilisée pour garder les patients dans le coma de maigrir à vue d'œil à cause de l'inanition et de la déshydratation. Le Souffle d'Aurore a été nommée pour une fille qui a été maudite dans un sommeil enchanté. Elle avait trois gouvernantes dédiées à la garder en vie ; une empêchait ses muscles de s'atrophier, une faisait circuler son cœur, et une gardait sa respiration régulière. La potion a été inventée quelques temps après que Aurore fut soignée de sa malédiction, mais elle est nommée d'après elle car elle réalise les trois fonctions qui étaient requises pour la garder en bonne santé sous la malédiction.
– C'est exact, dit Snape platement. Et donc ?
– Les élèves ne se réveillent pas après qu'ils s'évanouissent, c'est ça ? dit Rigel lentement, la lourdeur dans ses tripes rendant compliqué de concentrer son esprit dessus. Ils sont tous dans des comas, naturels ou magiques, et Madame Pomfresh ne sait pas comment les soigner. Elle les garde juste en vie et en bonne santé pour gagner du temps. »
Snape ne répondit pas, mais il n'en avait pas besoin. Rigel s'effondra contre la paillasse pour prendre plusieurs inspirations profondes, puis mit sa peur et ses émotions de côté pour le moment et se redressa.
« Laissez-moi aider, dit Rigel, prudente de garder sa voix neutre et calme. Je peux imprégner les potions maintenant, et même si vous pensez que Blaneige et le Souffle d'Aurore sont au-delà de mon niveau, je peux au moins gérer les Inducteur de Sueur.
– Vous êtes un première année, dit Snape d'une voix inexpressive alors qu'il effilochait les feuilles d'une fleur d'anis.
– Je suis un préparateur de potions, contra Rigel. Et ce dont vous avez besoin, c'est un préparateur de potions.
– Il y a des élèves de septième année plus expérimentés que vous à qui je pourrais demander d'aider, dit-il.
– Mais vous n'avez pas à leur demander, puisque je vous le propose, dit Rigel. Je suis moins occupé qu'un élève de septième année se préparant pour ses ASPICs. Je suis aussi plus investi là-dedans parce que je suis un première année et connais les enfants tombant malades. Je passe plusieurs heures à concocter chaque semaine de toute façon, donc je peux tout aussi bien être de quelque utilité. »
Snape reposa la tige d'agitation et se tourna pour lui faire face.
« Apportez-moi votre Potion de Soulagement d'Allergie », dit-il, son visage ne dévoilant rien du tout.
Rigel lui passa l'échantillon et attendit, le menton relevé et les yeux solides, alors qu'il l'examinait.
« Il y a plus de magie que ce qu'il est strictement nécessaire dedans, mais elle est satisfaisante, dit-il, mettant l'échantillon de côté et la fixant sérieusement. Ce n'est pas un engagement à prendre à la légère. Une fois que vous prenez la responsabilité de réaliser certaines potions, ces potions doivent être réalisées, comprenez-vous ?
– Oui, monsieur », dit Rigel.
Snape la considéra pendant un moment supplémentaire, avant de se déplacer pour trouver une feuille vierge de parchemin et d'écrire rapidement dessus de son écriture en pattes de mouche.
« Vous commencerez en faisant des Inducteurs de Sueur en suivant cette recette exactement – elle est légèrement différente de celle que vous trouverez dans les manuels les plus standards, donc ne perdez pas ce parchemin, dit-il alors qu'il écrivait. Vous en ferez autant que le temps que vous trouverez vous permettra, sans vous surmener. Dans deux semaines, amenez-moi ce que vous avez et nous évaluerons la vitesse et la qualité de votre niveau de production. »
Il la fixa d'un regard sévère.
« Plus ne veut pas dire mieux, Mr. Black. Mieux vaut trois potions satisfaisantes qu'une douzaine d'inutiles.
– Oui, monsieur. »
Rigel prit la recette, faisant attention à ne pas toucher l'encre humide.
« Vous êtes libre de prendre ce dont vous avez besoin dans les réserves de l'école, continua Snape, alors qu'il retournait à la supervision de ses chaudrons. Si j'entends que vous avez négligé vos études à cause de ceci, vous serez interdit de concocter quoi que ce soit jusqu'à nouvel ordre. Avez-vous des questions ?
– Non, monsieur.
– Alors vous pouvez disposer. »
Rigel récupéra ses affaires et quitta le labo silencieusement, revoyant les choses dans sa tête. Elle avait déjà beaucoup à faire sans prendre des concoctions en plus, mais elle ne pouvait pas rien faire alors que Neville et les autres première année étaient plongés dans le coma à l'Infirmerie. Elle allait devoir faire quelques sacrifices – moins de sommeil, et peut-être quelques repas en travaillant puisqu'elle ne pouvait pas négliger ses études sans que Snape s'en rende compte ou les études de Flint sans Flint pour péter un câble. Elle ne pensait pas non plus que c'était le moment de négliger ses études de Soin, vu la situation, et l'Occlumancie pouvait être pratiquée en faisant d'autres choses, sûrement ? Peut-être qu'elle pouvait faire ses devoirs durant certains de ses cours.
Quand elle revint dans la salle commune, Pansy et Draco lui firent signe de rejoindre leur groupe près du feu et elle grimaça mentalement ; ses amis n'allaient pas être impressionnés avec le peu de temps qu'elle aurait pour eux, mais avec un peu d'espoir, ils comprendraient sur le long terme.
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Durant la semaine suivante, Rigel jongla au point qu'elle considéra sérieusement une carrière dans le cirque russe si tout le truc de Maîtresse des Potions ne marchait pas. Elle termina tout son travail (même Flint ne pouvait pas se plaindre), avança dans ses études de Soin et d'Occlumancie, les deux commençant à faire sens maintenant qu'elle comprenait l'impact de l'esprit sur la magie et pouvait consciemment diriger le flot de sa magie, et quand même trouva du temps pour concocter des Inducteurs de Sueur chaque minute libre qu'elle avait. Cela aidait que la plupart des professeurs sentaient apparemment que les élèves avaient besoin d'une charge de travail allégée pour contrer le stress ajouté à la maladie qui se propageait. Snape était bien sûr l'exception à cela, mais ses devoirs n'étaient pas vraiment du travail pour Rigel de toute façon.
Pansy sembla comprendre à quel point Rigel était occupée, même si elle ne prétendit pas comprendre pourquoi, mais Draco ne fut pas touché par les appels de responsabilité et d'engagement et entreprit de tirer Rigel dehors jeudi soir pour aller voler au-dessus ses objections certes peu convaincantes.
« Tu viens », dit Draco alors qu'il la tirait hors de la Bibliothèque par son coude, et ce fut tout.
À vrai dire, Rigel avait besoin d'une pause, loin du stress de faire tenir en équilibre tous ses projets différents, et voler fut une façon formidable de soulager la tension qui s'était accumulée à force d'être penchée sur un chaudron ou un pavé de Soin. Elle n'avait pas volé en-dehors des cours de Vol depuis qu'elle avait aidé Draco à s'entraîner pour ses sélections, quand son poignet était toujours cassé, donc elle saisit l'opportunité de se lâcher un peu.
Malheureusement, elle avait oublié de prévenir Draco avant de se lâcher, et en conséquence, ficha une sacrée frousse à son gel pour les cheveux quand elle réalisa un looping particulièrement dangereux à voir à travers un des anneaux de but. Il la houspilla pendant à peu près cinq minutes puis réclama qu'elle refasse le mouvement lentement pour qu'il puisse l'apprendre également. Rigel rit comme elle ne l'avait pas fait depuis ce qui semblait être des lustres et s'exécuta joyeusement.
« Tu ne rentres pas assez tes coudes ! cria-t-elle par-dessus le vent alors que Draco essayait le tour. Tu vas les taper contre le… »
Crac.
« AHH… Putain, AÏE !
– … poteau de but », grimaça Rigel avec retard et vola après la forme hurlante de Draco.
Il descendait lentement en spirale vers le sol, sa main gauche agrippant férocement son coude droit, et elle le rattrapa quand il atterrit.
« Aïe, aïe, aïe », se maugréa-t-il à lui-même à travers ses dents serrées, sa voix légèrement étouffée à travers l'écharpe qu'il portait autour de son cou et menton – l'écharpe-mouchoir que Rigel lui avait offert à Noël.
Rigel laissa tomber son balai et se pencha sur son coude avec lui. Le tissu de sa manche était intact, mais remonté par-dessus son épaule pour que Draco puisse examiner la blessure. Son coude était rouge vif et s'empourprait rapidement, mais au moins la peau n'était pas percée.
« Tu l'as bien cogné, Draco, dit Rigel, en le tapotant précautionneusement avec un doigt.
– Aïe, dit Draco de manière appuyée, et bien que Rigel ne pouvait pas voir sa bouche sous l'écharpe, elle imaginait sa bouderie à la façon dont son menton retombait. Et sans blague. »
Rigel examina le coude de près puis dit :
« Essaie de le bouger. »
Draco plia et déplia avec précaution le joint, grimaçant de manière détaillée pour indiquer que faire cela faisait phénoménalement mal.
« Pas cassé, donc, dit Rigel et sortit sa baguette. Bien. Reste tranquille.
– Hors de question, siffla Draco, retirant son bras loin d'elle et la regardant d'un œil noir.
– Sérieusement, dit Rigel, tendant la main, je peux le soigner. D'abord, Madame Pomfresh est en quarantaine et Snape ne va pas soigner un bleu pour toi, donc à moins que tu veuilles le laisser se soigner de lui-même… »
Draco soupira avec une expression très accablée, mais tendit le coude tout de même.
« Si tu fais disparaître mon coude, je te poursuis en justice pour faute professionnelle.
– Oui, Draco, s'il te plaît, retire mon permis non existant de pratiquer le Soin, roula des yeux Rigel. Reste juste tranquille, d'accord ? Cela ne va même pas faire mal… probablement. »
Draco lui jeta un regard noir avec ses yeux étrécis, mais Rigel lui sourit légèrement avant de se pencher près du coude enflé une fois de plus. Elle avait appris comment soigner les bleus en théorie, et elle pouvait aussi théoriquement gérer les gonflements et la sensibilité. Elle n'avait juste pas eu beaucoup d'occasions de pratiquer.
Elle plaça sa main gauche sur le haut du bras de Draco pour le maintenir immobile et utilisa sa droite pour pointer sa baguette directement sur le joint blessé. Rigel s'enfonça en elle-même, tirant sa conscience magique sur le devant de son esprit, et se concentra pour créer une connexion entre son noyau magique et le bleu environnant le coude de Draco. Une fois qu'elle fut établie, Rigel pouvait "voir" la magie de Draco travailler lentement sur la zone touchée par la blessure, faisant ce qu'elle pouvait pour protéger les tissus autour et diminuer comme elle pouvait la douleur.
Rigel prit une inspiration profonde et centrée, et commença le procédé délicat de "diriger" sa magie dans la plaie. Un être humain n'était pas comme une potion, malgré les similarités que Rigel découvrit en forgeant un passage magique temporaire entre eux. Elle ne pouvait pas juste verser sa magie dans Draco, parce que si c'était juste ce qui était nécessaire alors la propre magie de Draco l'aurait déjà soigné. L'énergie magique devait être dirigée pour Soigner, ce qui impliquait une série d'instructions très spécifiques basées sur la connaissance de comment le corps humain devait fonctionner de façon optimale. "Diriger", bien sûr, était un mot plutôt présomptueux pour ce que Rigel faisait véritablement, qui était de supplier gentiment sa magie de faire ce qu'elle demandait. Elle lui demanda de bien vouloir réduire le gonflement dans la zone en redirigeant le flot sanguin vers ses chemins normaux, et la sollicita pour gentiment l'assister en ressoudant les tissus déchirés ou battus par l'impact du coude de Draco contre le poteau de but. Sa main droite se réchauffa sous le flot de magie et son noyau ronronna de contentement alors que le bleu sur le coude de Draco diminuait graduellement et s'estompait, jusqu'à ce qu'il ne fut plus rien hormis le rappel d'une blessure du plus jaune pâle qui était autrefois là.
Rigel ferma la connexion complètement et se recula pour admirer son travail. Elle trouva que son premier Soin s'était plutôt bien passé, tout bien considéré, donc elle se permit un sourire de victoire et remercia généreusement sa magie en plus.
« Est-ce que ça fait encore mal ? demanda Rigel, à moitié apeurée que le bleu donne seulement l'impression d'avoir disparu.
– Plus du tout, dit Draco, émerveillé, tournant son bras d'un côté et de l'autre pour examiner le coude sous tous ses angles. C'est juste un peu chaud. »
Il la regarda soudainement à travers ses cils et Rigel n'avait pas besoin de voir sa bouche derrière son écharpe pour savoir qu'il lui souriait. Elle pensa qu'elle savait pourquoi Archie voulait être un Guérisseur aussi fort, si ça donnait des sourires comme ça. Comme si chaque jour, le soleil avait mis de côté un peu de sa lumière dans les yeux de Draco Malfoy, et que tout ressurgissait d'un coup sous l'intensité de sa joie.
« Où est-ce que tu as appris à faire ça ? Je n'arrive pas à croire que tu ne m'aies jamais dit que tu pouvais Soigner des choses ! Est-ce que c'est ce que tu faisais dans la Bibliothèque depuis tout ce temps ? C'est vraiment génial. Attends seulement que j'en parle à mon père, il sera si impressionné. »
Rigel laissa Draco babiller pendant un moment, encore silencieusement abasourdie par la luminosité de la joie de son ami. Elle ne commenta pas là-dessus alors qu'ils rentraient vers la salle commune, et que Rigel se rendit vers son labo pour concocter plus d'Inducteur de Sueur après avoir changé de vêtements, mais c'était une bonne chose qu'elle connût la recette par cœur à ce stade, parce que tout ce à quoi elle pouvait penser en concoctant était la lumière émerveillée dans les yeux de Draco. Rigel retourna encore et encore ce sourire dans sa tête tout en travaillant, se demandant si ses potions inciteraient un jour un tel sourire que le Soin d'Archie l'avait fait. Elle espérait vraiment que cela arriverait.
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Vendredi matin, Rigel eut enfin un retour de Sirius concernant les allusions faites par Rosier et Rookwood deux semaines plus tôt. Elle reçut également une lettre d'Archie, délivrée par un Grand-duc mais avec de l'encre noire simple sur le devant, donc elle glissa les deux lettres dans ses robes pour les lire en privé et détourna son attention en écoutant Bulstrode et Nott se quereller sur quel sujet était le plus inutile entre l'Histoire de la magie ou la Divination. Nott n'avait pas tort que l'Histoire, telle qu'elle était enseignée à Poudlard était inutile pour la plupart des élèves, dont les familles sang-pures leur aurait déjà appris l'Histoire, tandis que Bulstrode argumentait que l'Histoire était au moins de quelque usage dans un sens général, alors que la Divination était un sujet dont le seul but résidait dans la distraction de crétins à l'esprit confus de la banalité de leurs vraies vies.
Quand son petit-déjeuner fut fini, Rigel s'excusa de la conversation, pensant qu'elle pouvait lire ses lettres dans l'intimité de son Labo, qui était sur la route de la salle de classe de Potion de toute façon, mais elle fut arrêtée en-dehors de la Grande Salle par une paire de rouquins fauteurs de troubles aux identificateurs variables notoires.
« Chiot ! »
Rigel n'était même plus surprise par la salutation, ce qui n'était probablement pas un bon signe.
« Hey Fred, salut George, hocha-t-elle la tête à chacun leur tour. Qu'est-ce que je peux faire pour vous ? »
Fred sourit largement en glissant une main sous son coude et la traînant hors du chemin de flot principal du trafic vers le Hall d'Entrée.
« C'est exactement la question que tu ne devrais jamais avoir peur de poser, Chiot. Avec la plupart des gens, on doit leur demander pour qu'ils nous aident, et à ce stade, on paraît juste suspicieux.
– Je ferais bien une référence de la fumée égale au feu, mais j'ai l'impression que cela ne ferait que vous inspirer, dit Rigel, essayant de ne pas sourire affectueusement mais n'y arrivant pas. Mais vous ne m'avez pas dit ce dont vous avez besoin là tout de suite.
– Que tu ne t'enfuies pas en vacances à l'Infirmerie avec les autres première année serait un bon début, dit George, les yeux graves mais contrebalancés par un sourire déterminément enjoué.
– Et sur cette note joyeuse… »
Fred jeta un regard à son frère, qui évita immédiatement ses yeux et pinça les lèvres en réponse, avant de se retourner vers elle avec un sourire de commercial :
« On a l'idée de faire quelque chose contre l'épidémie de pessimisme et morosité qui court dans cette école, mais on a atteint une impasse en chemin.
– Quelle sorte d'impasse ? demanda consciencieusement Rigel alors que Fred s'arrêtait pour l'effet.
– Eh bien, c'est moins une impasse et plus comme une étape essentielle dans le procédé qui est notre génie en action qui a été retirée de force hors de notre portée, dit George, levant les yeux au plafond en disant cela. Ce n'est pas qu'on t'en veut, bien sûr, mais si tu étais un homme de quelque sympathie, tu ne t'opposerais sûrement pas à aider à remplacer ce que tu as enlevé.
– Ce que j'ai enlevé ? »
Rigel passa de l'un à l'autre avec confusion.
« Notre oreille critique, dit Fred avec obligeance. On ne gardait pas Lee pour son physique, tu sais.
– Non pas que l'on ne te garderait pas pour ton physique, ajouta George utilement.
– Mais c'est clair que cela nous éviterait d'avoir à trouver encore une autre personne dans l'école dont le sens de l'humour n'a pas été étouffé par les vignes rampantes des attentes de leurs Familles, dit Fred, secouant la tête tristement. Les sorciers ne savent plus comment s'amuser de nos jours.
– Vous voulez que je… remplace Lee Jordan ? dit Rigel avec des sourcils relevés, un peu impressionnée qu'ils fassent référence à lui aussi nonchalamment quand ses amis ne chuchotaient même pas le nom de Lee autour d'elle. En quoi cela consiste exactement ?
– Tu dois surtout te tenir là et paraître blasé pendant qu'on t'explique nos plans, dit George. Si on peut te convaincre que cela fait sens, on le fait, et si non, alors on pense à autre chose.
– On dirait que vous me donnez le pouvoir de véto sur vos farces, dit Rigel en fronçant les sourcils. Je ne veux pas de ça.
– Alors ne l'utilise pas, fit Fred en haussant les épaules. Mais on te demande ça parce qu'on n'est pas ignorant de notre tendance à… nous nourrir l'un l'autre quand on est excité par une idée. On a besoin de quelqu'un pour nous arrêter si l'on pousse quelque chose trop loin ou qu'on essaye de faire quelque chose d'idiot.
– On n'accourra pas à chaque fois que l'on changera les robes de Quirrell en rose, dit George.
– Principalement parce que ça ne sera jamais une mauvaise idée, ajouta Fred.
– Mais si quelque chose paraît pouvoir être une mauvaise idée, on te demandera de nous aider à juger, continua George. Peut-être qu'à un moment on sera capable de le savoir par nous-mêmes, mais à ce stade… »
Sa voix mourut et il échangea une grimace avec son frère.
« À la maison, Maman nous fait savoir généralement si on est allé trop loin, dit Fred. Et on a fini par apprendre à toujours demander à Ginny à l'avance si on n'est pas sûr de quelque chose. Elle arrive à savoir si Percy réagira mal si l'on coupe des trous dans ses robes ou si Papa est trop fatigué pour gérer un lutin dans sa taie d'oreiller certaines nuits.
– Avant que l'on apprenne à demander, par contre… soupira George aucune trace de rire présent sur son visage. Une fois quand on était plus jeune, on a transformé l'ours en peluche de Ron en une araignée géante pour rire. On trouvait que c'était marrant, mais Ron est terrifié des araignées depuis et ne nous fait confiance avec aucune de ses affaires. »
Fred acquiesça sérieusement.
« On ne veut pas faire une erreur qui blesse vraiment quelqu'un à nouveau, donc on a besoin d'un système de consultations et balances en place. On est la balance de l'un l'autre, mais on a besoin d'une consultation objective.
– Est-ce que tu seras celui qui nous consulte ? » dit George, ses sourcils s'agitant de manière suggestive mais ses yeux restant tranquilles et solennels.
Rigel pensa à combien elle détestait être responsable d'autres personnes, mais ensuite elle pensa à combien elle estimait le fait d'être capable d'aller voir Professeur Snape maintenant quand elle était incertaine de quelque chose, au lieu d'avoir à se dépatouiller par elle-même, donc elle dit :
« D'accord, je serai votre oreille critique. Qu'est-ce que vous avez prévu ? »
Fred sourit et George ébouriffa ses cheveux, et ils se lancèrent dans leur explication.
« Tu vois, toute cette maladie a abattu les gens, dit sérieusement George. Et les gamins s'en rendent malade d'inquiétude, donc on pensait qu'une super grosse blague était nécessaire pour remonter le moral des gens.
– Mais on ne veut pas non plus faire quelque chose d'effrayant qui rendrait des gamins déjà tendus encore plus sur les nerfs ou d'inciter les gamins apeurés à péter les plombs de surprise », expliqua Fred.
Rigel était honnêtement impressionnée qu'ils aient pensé aussi précautionneusement aux conséquences de leurs blagues. Des fois, elle pensait que ses propres oncles pourraient se permettre d'être un peu plus comme ça, mais là encore, ils avaient Remus pour les calmer. Peut-être qu'elle pourrait être une sorte de Remus pour Fred et George.
« Donc ce doit être gros, mais pas effrayant ou méchant ? clarifia Rigel.
– Exactement, dirent-il en chœur.
– On dirait que vous avez besoin de quelqu'un qui est dans le coup qui soit la cible alors, dit Rigel, pensivement. Pour que vous puissiez contrôler comment il réagirait, ce qui donnera le signe aux autres de comment réagir. »
Fred et George détournèrent le regard d'elle pendant un moment pour se fixer l'un l'autre, communiquant clairement quelque chose avec seulement leurs yeux. Rigel se demanda si elle connaîtrait un jour quelqu'un suffisamment bien pour comprendre chaque pensée avec un regard, mais repoussa cette pensée dans le fond de son esprit pour l'explorer quand elle n'aurait pas autant d'autres choses sur lesquelles s'inquiéter.
« Oui, dit finalement George à voix haute. La durée sera la clef. Quelque chose qui durera ou qui sera répétitif, pour que cela devienne une blague récurrente qui puisse rendre les gens heureux ou détendus encore et encore dès qu'ils y pensent.
– Ce qui veut dire soit une très bonne poire ou une série de cibles, pointa Fred.
– Pourquoi ne pas commencer par une très bonne poire, qui serait un exemple pour les autres et les inspirer à prendre la blague tout aussi gracieusement ? suggéra George, tapant ses doigts contre sa hanche d'une façon que Rigel pensait ne jamais avoir vu Fred faire pendant qu'il réfléchissait.
– Mais qui ferait… ?
– Dumbledore, dit Rigel d'un coup.
– Tu veux qu'on fasse une farce au Directeur ? fit Fred en haussant les sourcils, puis sourit comme un fou. J'aime ça.
– Il ne s'inquiète de toute évidence pas de ce que les gens pensent de lui, expliqua Rigel. Il semble apprécier certaines des farces qui ont eu lieu le semestre dernier et c'est son école, donc il sera probablement ravi d'aider à l'égayer un peu s'il le peut.
– Il ne se met jamais en colère, hein ? songea George. Il serait une très bonne poire je parie, particulièrement s'il était dans le coup, et les autres professeurs devraient suivre son exemple. Mais est-ce qu'il ne serait pas éthiquement obligé de nous empêcher de briser les règles si on lui dit en avance ?
– Est-ce qu'il semble être le type de personne qui suit plein de règles juste dans l'intérêt de la paix et de la tranquillité ? demanda Rigel.
– Pas du tout, en fait, dit Fred, toujours souriant. Ouh, ça va être super. Allons lui parler après dîner.
– Très bien, on le fera, dit George, souriant d'enthousiasme. Merci, petit serpent, et si on ne te revoit pas avant… apprécie le spectacle.
– Avec plaisir. »
Rigel sourit à peine, pensant qu'au moins ses amis ne pourraient pas s'attirer des ennuis avec cette blague si le Directeur était impliqué.
Elle atteignit son Labo avec assez de temps pour lire au moins une lettre avant les cours, et après avoir hésité pendant quelques moments, elle décida de lire celle de Sirius d'abord.
Elle déchira l'enveloppe et haussa un sourcil à la longueur. Sirius n'écrivait généralement jamais autant. Elle lut rapidement pour qu'elle puisse la finir avant les cours, mais à la première phrase, elle sut qu'elle devrait la relire plusieurs fois pour vraiment tout comprendre.
Archie (ou Rigel, je suppose),
Ta dernière lettre a fait une sacrée sensation par ici, mais je peux honnêtement dire que je n'ai jamais été autant reconnaissant pour ton Placement (pas même quand j'avais une excuse pour obtenir les serpents, câlins comme ils sont) si cela te permet d'avoir un tel savoir. Alors, ta tata Lily te dirait probablement de ne pas écouter aux trous de serrures ou n'importe qu'elle autre métaphore contextuellement appropriée qui correspondrait pour désapprouver d'écouter aux portes de tes camarades en général, mais nous Black savons mieux, n'est-ce pas ? Tu dois savoir quelque chose pour t'y préparer à l'avance, et des fois, la seule façon de savoir des choses est de les découvrir par n'importe quel moyen. Je dirai ceci : sois prudent. Même si ta Maison se serre les coudes plus souvent que non, ce sont des temps dangereux pour les gens dont l'existence se tient en opposition à ce Parti de Bovins que Mr. Jedusor rassemble dans le Ministère. Les gens comme nous, et plus particulièrement, les gens comme ta cousine Harriett. Les sang-mêlés avec du talent et de l'ambition sont exactement le genre de chose dont Jedusor a peur, et de ce que Harry dit dans ses lettres, il y en a d'autres, comme son amie Hermione Granger, qui constituent une menace similaire dans les yeux des suprématistes. Écoute, je ne dis pas ça pour t'effrayer, mon fils, et je sais que Lily et Remus pensent que tu es trop jeune pour devoir comprendre tout ça, mais il y a certains faits concernant tes relations avec moi, traître à mon sang que je suis, et ta cousine et tante qui te mettront dans une position difficile dans la Maison de Serpentard. Je pense que tu peux équilibrer ça si tu en as besoin aussi, mais tu devras être armé d'informations et d'avertissements, les deux que je compte te donner.
Oncle James et moi avons investigué les allusions que tu as récoltées de tes sources anonymes (lui dans le Ministère et moi dans mon propre cercle de contacts) et ce qu'on a trouvé ne nous rassure pas. Il y a des discussions d'une loi en train d'être construite qui rivaliserait les édits de 1981, à la fois dans sa nature controversée et dans son flagrant mépris des droits humains basiques. C'est un effort pour saper la force de ce qui reste de la population née-moldue ici en Grande-Bretagne en retirant leurs uniques alliés possibles : les sang-mêlés. La grosse erreur que le parti Cow a fait en excluant les sang-mêlés de même que les nés-moldus des écoles et donc de travailler de façon influente en Grande-Bretagne a été qu'en aliénant les deux groupes, le parti Cow leur a donné un ennemi commun. La loi proposée est en essence une loi de mariage. Elle requerrait que tous les sang-mêlés épousent des sang-purs, pour "garder la magie dans la famille". Cela voudrait bien sûr dire qu'aucun sang-mêlé ne pourrait épouser des nés-moldus, limitant le choix d'accouplement des nés-moldus uniquement entre eux ou les moldus eux-mêmes, et à cause des lois interdisant les enfants nés hors mariage à hériter, cela voudrait aussi dire que tout ce qu'un sang-mêlé gagnerait reviendrait à un moment au contrôle d'un sang-pur ; enfants, richesse, influence, tout. En plus de cela, comme il est très improbable que les sang-purs s'empresseront de s'unir avec des sang-mêlés en mariage, beaucoup ne seront tout simplement pas autorisé à se marier du tout. Pas de mariage veut dire pas d'enfants légitimes, ce qui veut dire pas moyen pour la communauté sang-mêlée ou née-moldue de construire une base de pouvoir multigénérationnel pour opposer la faction sang-pure.
Ceci dit, ne sois pas trop inquiet pour Harry tout de suite, et ne fais pas quelque chose d'irréfléchi comme la demander en mariage toi-même pour la sauver d'un mariage froid sang-pur de commodité – je sais que tu y pensais ! – la loi n'est que des murmures pour l'instant, parce que même si les lois de 1981 ne pourraient pas été rejetées avec moins des trois-quarts de la majorité, elles ne peuvent toujours pas non plus être ratifiées avec moins des trois-cinquièmes de la majorité, ce qui n'arrivera jamais aussi longtemps que Dumbledore et les Familles qui le suivent se tiendront sur la route. Dumbledore, sans mentionner nous autres qui avons foi en lui, n'accepterons jamais ça, donc malgré l'inquiétude que cela soulève en révélant l'agenda du parti Cow, cela n'aura pas d'importance dans n'importe quel sens pratique aussi longtemps que la Lumière restera forte.
Assez des politiques et des avertissements pressants, mon fils : dis-moi tout de tes dernières aventures ! J'espère que cette Carte n'est pas en train de moisir dans ta valise (insérer regard sévère ici), et que tu as une farce en cours. Si tu as besoin de tuyaux, tu sais à qui demander. Les choses sont silencieuses à la maison, bien que je croie que j'ai appris au petit serpent (celui qui me suit à l'intérieur des fois) à rouler. Remus t'envoie son amour, et James et Lily aussi, bien sûr. J'ai rencontré un gamin à Sainte-Mangouste l'autre jour qui avait prétendu avoir la dragoncelle pour éviter d'avoir à aller au récital de piano de sa petite sœur. Il m'a rappelé vous deux. Tu te souviens cette fois où toi et Harry vous êtes dessinés des pois sur le visage de l'autre avec de l'encre colorée et avez essayé de prétendre que vous aviez un cas incurable de "blues" (dont vous aviez entendu un moldu en parler dans la rue et que vous pensiez que c'était une maladie grave de quelque sorte) ? Vous deux croyiez toujours que vous étiez si intelligent, mais bien sûr, on voyait directement dans votre jeu. Quoi qu'il en soit, je sais que le second semestre est dur, mais persévère, et s'il te plaît, fais une farce à Snape au moins une fois. Harry n'a pas besoin de savoir.
Joyeuses farces,
-Papa
Rigel se permit un soupir rechigné alors qu'elle repliait la lettre et la rangeait au fond de son sac d'école, dans une des poches qu'elle avait demandées à Lily d'enchanter durant les vacances pour qu'elles restent fermées à moins qu'elle ne les ouvre. Oh Sirius, pensa-t-elle coupablement, si seulement si tu savais ce que ton fils et moi faisons, cette loi mariage paraîtrait comme du menu fretin. J'espère juste atteindre l'âge adulte sans être jetée à Azkaban. Qu'est-ce que la menace d'un mariage comparée à ça ?
Elle vola pratiquement jusqu'à couloirs des cours de Potions. Pendant toute la leçon, elle trembla d'une énergie nerveuse, et plusieurs fois, Snape, Draco et Pansy lui lancèrent des regards interrogateurs, celui de Snape teinté de désapprobation et ceux de ses amis d'inquiétude. Elle les ignora aussi poliment qu'elle le pouvait et passa la leçon à concocter en autopilote, retournant les mots de son oncle encore et encore dans sa tête. Elle se sentait coupable, oui, elle pouvait le reconnaître. Inquiète, aussi, sur ses années futures par la suite, mais c'était un type d'inquiétude distante comparée à ses autres soucis. Elle commençait seulement à réaliser à quel point leur supercherie à Archie et elle était vraiment dangereuse. Le climat politique était pire que ce qu'elle imaginait. Elle avait entretenu des semi-pensées délirantes qu'elle pouvait d'une manière ou d'une autre prouver quelque chose sur les sang-mêlés si elle réussissait sa formation et devenait une Maîtresse des Potions. Une fois que ce serait fait, personne ne pourrait lui retirer ça, avait-elle pensé, mais maintenant elle réalisait que personne ne serait jamais capable de savoir. C'était simplement une ruse trop incendiaire. C'était le genre d'étincelle audacieuse qui dégringolerait en un brasier, si laissée sur le petit bois.
Une tempête de feu, en effet, songea-t-elle, et j'y serais au beau milieu.
Si elle avait quelque espoir d'empêcher un désastre suite à ses actions, elle devrait être encore plus prudente. Elle devait garder la Carte loin des yeux indiscrets, car elle pourrait facilement la révéler si quelqu'un jetait par hasard un coup d'œil par-dessus son épaule et voyait un point légendé "Harry Potter" sur le parchemin. Rigel avait aussi besoin de faire quelque chose concernant Flint. Ce n'était plus suffisamment sans danger de croire sur parole qu'il resterait silencieux en échange de son travail. Elle devait lui parler à la prochaine opportunité qu'elle aurait qui n'attirerait pas la suspicion, et avec un peu de chance, le convaincrait de faire un Serment ou de protéger son secret avec un contrat magique ou quelque chose d'autre. Plus de risques, se promit-elle. Personne d'autre ne saura jamais.
Une autre chose qu'elle réalisa grâce à la lettre de son oncle fut qu'il n'avait aucune idée que des gamins commençaient à tomber malade à Poudlard. Une telle chose n'aurait pas été oubliée s'il savait. Ça voulait dire que d'une façon ou d'une autre c'était tenu secret, mais pourquoi ? Les parents des gamins malades ne devraient-ils pas savoir ? Elle supposa qu'on avait pu leur demander de rester silencieux, mais à un moment un enfant dont les parents n'étaient pas aussi favorables aux requêtes de Dumbledore serait mis en quarantaine, et alors ?
Rigel ne pouvait pas encore répondre à ces questions, donc elle les rangea dans une partie de son esprit qui s'occupait de telles questions, veillaient sur elles et prenaient soin d'elles pendant qu'elles poussaient, et taillaient les bordures quand elles poussaient de façon encombrante. Un jour peut-être qu'elle les sortirait et verrait ce qu'elles étaient devenues, mais pas tout de suite.
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Plus tard ce jour-là, elle vola quelques minutes entre des concoctions d'Inducteur de Sueur pour lire la lettre d'Archie, espérant ce faisant qu'il aurait des bonnes nouvelles de quelque sorte.
Cher Rigel,
Tout d'abord : qu'est-ce tu dis que ton prof peut lire les esprits ! T'as failli me donner une crise cardiaque quand j'ai lu ça, j'espère que tu le sais. J'ai poussé Hermione à m'aider à chercher tout ce qu'il y a sur la Legilimancie – c'est comme ça que ça s'appelle – et c'est probablement ok pour l'instant, parce que c'est considéré très immoral pour un Legilimens d'utiliser son pouvoir sans permission ou avertissement, mais tu dois apprendre l'Occlumancie pour plus que gérer tes émotions maintenant. Je vais essayer d'apprendre aussi, car je pourrais te mettre en danger juste en sachant le secret.
Mais en ignorant ça, la seconde chose qui m'inquiète, c'est cette maladie dont tu parles. Continue à m'envoyer des informations dessus si tu en apprends plus, parce que je lis des journaux médicaux depuis trois ans maintenant et je n'ai jamais entendu parler de quelque chose comme ce que tu décris. Des gamins qui tombent inconscients sans symptômes discernables avant ? Et si ça arrive même après que la quarantaine a été installée, alors ils doivent être contagieux avant de s'effondrer, donc tout le monde est à risque. Je ne sais pas pourquoi les plus jeunes tombent malades d'abord, mais ils doivent être d'une façon ou d'une autre plus susceptibles que d'autres à la maladie. Rigel, tu ne dois pas tomber malade ! Tu ne peux pas protéger ton secret si tu es inconscient et ce qui est sous tes robes est plus que flagrant. Je ne sais pas comment tu l'éviteras, mais peut-être évite juste les autres personnes autant que tu peux. Ce qui m'inquiète vraiment, c'est que personne que j'ai interrogé (subtilement bien sûr) sur une épidémie n'a entendu parler d'une qui circulerait dans la Grande-Bretagne magique. Il semble d'ici que c'est confiné à l'école, ce qui veut dire qu'elle a soit commencé ici, ou elle a été envoyée ici. L'un ou l'autre, ça n'a rien de bon. Sois prudent, cousin, je serais très mécontent si quelque chose t'arrivait.
D'ailleurs, ton père m'a écrit concernant des rumeurs que "je" aurais apparemment entendues de mes camarades de maison de Serpentard. James dit qu'il a parlé à Londubat de son département des Aurors, parce que sa femme travaille pour les Archives je crois, et la discussion sur une nouvelle loi anti-nés-moldus me rend un peu sur les nerfs. James ne semble pas penser qu'elle passera, mais tu sais que tu peux toujours m'épouser si tu le dois, hein ? Ne lève pas les yeux au ciel, je sais que ça serait super bizarre pour nous deux, mais je ne les laisserai pas te refiler à un vieux Lord sang-pur teigneux si je peux l'empêcher. Donc je suppose, ne t'inquiète pas. Si tu veux, tu peux prétendre être moi pour toujours, et je resterai en Amérique ou autre. En tout cas, reste fort ! Et envoie-moi plus d'informations sur cette mystérieuse maladie si tu peux. Je chercherai ça de l'extérieur et, au nom de la magie, entre nous deux, on trouvera bien ce qu'il se passe.
Meilleurs sentiments,
-Archie
P.S. On apprend à nettoyer les pores et repousser les cheveux et autres enchantements pilatoires, juste pour que tu saches où tu devrais essayer d'être en Soin. Je peux réciter tous les poisons les plus communs maintenant aussi, t'es fier ?
Rigel cacha cette lettre aussi, et essaya de se dire qu'elle se sentait mieux après l'avoir lue et pas pire. Elle resta éveillée toute la nuit, se demandant si elle faisait le bon choix. Ce n'était pas trop tard pour renoncer, savait-elle. Ils pouvaient toujours rechanger à la fin de l'année, et ce serait étrange, mais pas trop suspicieux qu'ils aient changé autant durant l'été. Ils ne le feraient pas, pourtant, admit Rigel. Rien ne pouvait arrêter la tempête qui arrivait, et abandonner ses rêves et ceux d'Archie ne retiendrait pas le feu pour longtemps. Ils n'avaient plus qu'à persévérer avec tout ce qu'ils avaient.
Avec ça en tête, Rigel se leva encore plus tôt que d'habitude le matin suivant, déterminée à finir tous ses devoirs et ceux de Flint avant le déjeuner pour qu'elle puisse passer l'après-midi à étudier le Soin et concocter des Inducteurs de Sueur jusqu'à ce qu'elle s'effondre. Elle était déterminée à faire sa part pour aider où elle pouvait, et bien qu'elle eût accompli ce qu'elle avait décidé ce matin, elle était bien surmenée lorsqu'elle traîna des pieds dans la Grande Salle pour de la nourriture.
Elle s'assit à côté de Pansy et en face de Draco, et commença à remplir son assiette. C'était une marque de combien il n'était pas du tout inhabituel pour Rigel de disparaître pour des heures de suite, particulièrement les week-ends, qu'aucun de ses camarades d'années ne s'embêta à lui demander où est-ce qu'elle était. Millicent arriva quelques minutes après Rigel et prit le siège de son autre côté avec un froncement de sourcil sur le visage.
« Hé, Malfoy, t'es bon en Métamorphose, lança Bulstrode par-dessus la table.
– Oui, c'est vrai, dit Draco malicieusement, transperçant un bout de canard avec soin ce faisant.
– Eh bien, je suis une bouse, dit franchement Bulstrode. Mais je suis la meilleure de notre année en Astronomie, donc si tu m'aides à apprendre comment faire une Métamorphose inanimée décente, je corrigerai tes cartes du ciel pendant deux semaines.
– Trois semaines, renifla délicatement Draco.
– Marché conclu », sourit Bulstrode, et Rigel trouva que l'expression la rendait dix fois plus approchable que le visage neutre de pierre qu'elle présentait habituellement au monde.
Pansy commença à dire quelque chose sur les marchés faits au milieu de la table de déjeuner, mais à ce moment-là, Dumbledore se leva de la Table des Professeurs et les conversations moururent alors que les gens tournaient la tête pour le regarder. Le vieux Directeur se tint là avec un air perplexe sur le visage, comme s'il n'était pas sûr exactement de ce qu'il était en train de faire, et alors, sans prévenir, il fut englouti par un pouf de fumée dorée.
Professeure McGonagall, qui était la plus proche assise, bondit sur ses pieds avec un air alarmé sur le visage, mais tout aussi rapidement que la fumée était arrivée, elle était partie, et à la place il y avait un Dumbledore parfaitement indemne, sauf que ses robes n'étaient pas les rayures magenta et jaune qu'il portait quelques moments avant. Dumbledore était maintenant habillé dans de somptueuses robes d'or et blanc, avec un sceptre dans une main et un manteau bordé de fourrure sur les épaules. Il paraissait plus digne que Rigel ne l'avait jamais vu. En fait, Dumbledore ressemblait à un vieux roi médiéval, complet avec une couronne dorée sur le haut de la tête. Les élèves et les professeurs, tous, le regardèrent, choqués, mais ce n'était rien comparé à l'incrédulité qui résulta quand Dumbledore commença à parler :
« Ah, Nos bienheureux sujets, dit-il, leur souriant tous avec bienveillance. Bien que Nous ne sachions pas comment cela est venu à estre, Nous Nous réjouissons ce jour d'estre vostre roi et souverain. Oui-da, il Nous semble que ceci est bel et bien un veritelment splendide rassemblement d'ames. Estes-vous, jeunes esperits pas plus remplis et de toute beauté que vous ne l'estiez arsoir ? Mais de grace, je vous souhaidoie un festin d'une longue durée, que Nostres bons sujets suivent chemin leur et prospèrent. Bon vent, bons estudiants, et adieu. »
Le Directeur inclina royalement la tête et s'assit une fois de plus, et la Salle explosa en bavardages excités et curieux.
« Mais quoi… ?
– Pour de vrai ?
– … doit être une farce. »
Rigel regarda derrière elle vers la table de Gryffondor et aperçut une paire de rouquins hilares paraissant bien trop contents d'eux pour être des spectateurs innocents. Elle capta l'œil de George et haussa un sourcil interrogateur. Il lui fit une demi-révérence en retour et donna un coup de coude à Fred, qui la remarqua et lui souffla un baiser entre deux rires. Rigel secoua la tête et sourit alors qu'elle retournait à son déjeuner.
« Tu étais dans le coup ? requerra immédiatement Draco.
– Moi ? »
Rigel cligna lentement des yeux par-dessus la table à son ami blond.
« Je ne suis pas très intéressé par les farces, Draco, tu le sais.
– Bizarrement, je ne te crois pas, dit Draco, mais la lueur dans ses yeux alors qu'il dérobait un autre regard à la Table des Professeurs, où les autres enseignants fronçaient les sourcils vers Dumbledore et réclamaient des explications, dit à Rigel qu'il était secrètement amusé par la blague.
– Je crois que moi non plus », dit Pansy, regardant Rigel en coin sous ses sourcils arqués.
Rigel n'eut pas le temps de répondre car un autre pouf de fumée eut lieu à la Table des Professeurs et tout le monde se retourna encore pour regarder.
Professeure McGonagall émergea de la fumée, mais le seul vestige de l'image qu'elle présentait un moment plus tôt fut son expression sévère. Elle était maintenant dans des robes de velours délicat qui complimentaient Dumbledore par la couleur et ses cheveux étaient entortillés en un élégant chignon. Elle avait des gants de soie et à la façon qu'elle fixa momentanément d'un œil noir ses pieds, probablement des pantoufles de soie assorties. Elle fonça sur Dumbledore comme un ange vengeur.
« Pourquoy cette chose avez-vous faite, vostre Majesté ? explosa-t-elle, puis se figea comiquement alors qu'elle enregistrait les mots qu'elle n'avait clairement pas prévu de dire. Pourquoy parlé-je en cette maniere ? Pardieu ! »
Elle s'arrêta finalement de parler, les mots continuant à se déformer d'eux-mêmes, et se décida à fixer férocement Dumbledore.
« Calmez vostre courroux, Notre Reine, dit Dumbledore, une expression de confusion affable sur le visage correspondant parfaitement à son personnage, qui aurait dû révéler immédiatement sa part dans tout ça, et en effet, Snape observait le Directeur avec des yeux plissés depuis le bout de la table. Il Nous semble que de tels atours mettent seulement l'accent sur la grace et l'allure vostre.
– Je Vous en donnerai de la grace et de l'allure, Majesté ! » claqua McGonagall avant de froncer les sourcils d'énervement une fois de plus aux mots médiévaux qui sortaient de sa bouche.
Avant que Dumbledore ne puisse répondre, il y eut un autre pouf de fumée et Professeur Flitwick était devenu un ménestrel ambulant, complet avec une lyre dorée ornée et un chapeau de plume.
« À vérité, tout bonement merveilleux est cet endreit », dit Flitwick, mais sa voix sortit chantante en une sorte de discours en vers libre musical, plutôt que n'importe quelle intonation naturelle.
La plupart des élèves étaient complètement morts de rire à ce stade, et alors qu'ils les regardaient fixement, subjugués, un par un, le reste du personnel disparut dans des poufs de fumée. Madame Pomfresh fut costumée d'un uniforme de sage-femme médiévale, Sinistra d'une robe de demoiselle blanche, et Trelawney d'un habit extrême de nonne de laine non teinte. Professeur Snape vit clairement ce qui arrivait depuis son siège au bout de la table, mais Rigel vit la détermination bornée de sa bouche et sut qu'il ne se permettrait pas de fuir. Il fut obscuré quelques moments plus tard dans un nuage de fumée, et l'on pouvait pratiquement entendre la respiration retenue collective du reste du personnel alors qu'ils attendaient l'explosion de rage inévitable du Maître des Potions.
Quand la fumée s'éclaircit, Snape se tenait là, non pas en meunier ou en pardonneur, mais en chevalier, reluisant dans une armure de noir et argent avec un serpent et un chaudron comme armoiries incrustés sur le plastron et une épée qui brillait d'un vif vert émeraude dans une main gantelée, à laquelle il fit sur-le-champ les gros yeux et la fit disparaître dans quelque coin inconnu de la terre. Pendant que le reste de la Salle l'observait toujours avec incrédulité, Snape poussa simplement sa chaise en arrière pour accommoder les centimètres supplémentaires d'armure et réclama son siège, reprenant son déjeuner, semblant ignorant des regards incrédules et un peu perplexes qu'il recevait de ses collègues. Il avait une cape aussi noire que minuit, qu'il plaça autour de lui comme une manifestation physique de l'aura distante qu'il présentait toujours au monde, et ses cheveux étaient tirés en arrière de son visage angulaire avec une fine bande de cuir.
Il y eut un moment de silence, pendant lequel personne ne fut très sûr de s'ils étaient assez braves pour rire encore, et dans ce moment d'hésitation, Fred se leva d'un bon sur la table de Gryffondor et s'inclina en révérence raffinée devant une fille avec de larges yeux bleus et une stature athlétique, un large sourire sur le visage et un chapeau de plume rapidement invoqué sur la tête.
« Feriez-vous l'honneur mien de vostre main, gente demoiselle ? »
La fille leva les yeux au ciel, mais présenta sa main et permit à Fred de la tirer en une parodie de baiser de gentleman, enfin seulement jusqu'à ce que Fred commence à l'embrasser du poignet jusqu'au coude.
« Je di, jeune homme, que vous estes bien trop cavalier », rit-elle, retirant sa main une fois de plus.
Le reste de la table se relâcha en rire également, et partout dans la Salle, les gens se tournèrent vers leurs amis pour tester leur moyen anglais et rirent alors qu'eux-mêmes et leurs camarades de Maison butaient sur les paroles inhabituelles.
Rigel sourit avec une sorte de satisfaction silencieuse alors que son regard se promenait dans la Salle et trouvait des sourires relaxés et du divertissement perplexe là où avant il y avait eu de l'inquiétude et de l'anxiété morose concernant la maladie qui infiltrait la conscience dans l'air même de l'école. Elles étaient toujours là, bien sûr, mais étouffées et ignorées, au moins pour le temps présent. Elle leva son verre pour un toast silencieux à Fred et George Weasley, qui méritaient tous les points de farces que les dieux farceurs leur attribueraient pour celle-là. Même avec Dumbledore pour faire toute la magie vraiment épineuse, c'était toujours une fantastique idée de blague, et après quelques protestations et grognements supplémentaires pour la forme, les professeurs ne semblaient plus vraiment en colère. L'atmosphère visiblement plus heureuse dans la Salle pourrait avoir quelque chose avec ça, mais même McGonagall abandonna avec grâce et ne grimaça pas trop quand ses mots s'enroulaient d'eux-mêmes dans les tournures de l'ancienne langue.
La farce dura jusqu'à la moitié du dîner ce soir-là, et quand le sort s'était évanoui et que les professeurs portaient tous leurs habits normaux une fois de plus, un soupir collectif parcourut la pièce – les enseignants de soulagement et les élèves de déception. Quoi qu'il en soit, le thème médiéval devint une blague récurrente comme George l'avait prédit, et partout dans le château, on pouvait entendre les élèves faisant référence au Directeur comme Roi Dumbledore, Snape comme le Terrifiant Chevalier Noir, ou même juste dire à leurs amis qu'ils devaient visiter les "latrines". McGonagall eut une classe de quatrième année particulièrement audacieux qui, d'après certaines informations, se seraient inclinés quand elle entra dans la pièce, et Flitwick changea son programme de leçons pour permettre à ses élèves les plus âgés d'apprendre la théorie derrière des enchantements aussi compliqués de discours et des sorts de traduction naturelle comme ils étaient tant intéressés.
Même le Serdaigle suivant de deuxième année à s'effondrer inconscient dans le couloir et à être emmené à l'Infirmerie ne put complètement noyer l'étincelle d'optimisme que les répercussions joyeuses de la farce avaient causée, et plus d'une fois Rigel surprit Fred et George en train de rayonner de fierté alors que les ondulations de leur blague se propageaient et devenaient des courants familiers, même réconfortants, à travers l'école.
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Le jeudi suivant vit Rigel s'asseoir en tailleur sur son lit après les cours, plongée dans la méditation qui était censée l'aider avec l'Occlumancie. Le livre disait qu'elle devait se vider l'esprit, parce qu'apparemment un esprit vide était bien protégé, mais il semblait à Rigel qu'un esprit vide ne valait pas la peine d'être protégé. N'avait-elle pas passé toute sa vie à essayer de remplir son esprit ? Cela n'avait aucun sens, particulièrement depuis que Draco avait dit que ce qui se passait dans l'esprit était rendu réel via la magie d'une personne. Si elle essayait trop fort d'avoir un esprit vide, est-ce que sa magie n'effacerait pas toutes ses pensées pour rendre ça vrai ? Elle frissonna de peur non diluée. Non, mieux valait ne pas penser à des esprits vides du tout dans son cas. À la place, elle essaierait l'idée de la forteresse à nouveau, qui avait semblé contradictoire avec l'idée d'un esprit vide de toute façon.
À quoi ressemblerait une forteresse de son esprit ? Elle essaya d'envisager un château de quelque sorte, mais les châteaux étaient larges et compliqués à protéger sans aucune aide, donc elle retourna le problème pour trouver un angle différent sur lequel travailler. Qu'est-ce qu'elle voulait protéger dans son esprit ? C'était facile : des secrets. Des pensées et souvenirs secrets. Elle voulait aussi quelque chose d'autre, toutefois, se rappela-t-elle. Elle avait commencé tout ça pour essayer d'avoir une maîtrise sur ses émotions, et bien que sa magie avait été presque suspicieusement aidante ces derniers temps, elle n'était pas prête à faire confiance à sa bienveillance intrinsèque tout le temps, donc elle ajouta les contrôles émotionnels à sa liste mentale d'exigences pour sa forteresse mentale.
Donc quelle sorte d'environnement devrait-elle créer qui lui permettrait à la fois de protéger certaines choses et d'en contraindre d'autres ? Cela ne pouvait pas être quelque chose d'ouvert, comme une jungle ou un paysage urbain, sut-elle. Rigel ne pensait pas non plus qu'une structure humaine comme une maison de quelque sorte serait suffisamment forte pour le type de forteresse qu'elle voulait construire. Finalement, elle regarda le problème comme une Maîtresse des Potions le ferait. Des ingrédients précieux devaient être gardés en sécurité comme les souvenirs, après tout, et des spécimens potentiellement dangereux mais utiles auraient besoin d'être surveillés avec attention dans des terrariums et des cages, donc pourquoi ne pouvait-elle pas construire de la même façon un habitat artificiel de quelque sorte pour ses émotions ? Une idée commença à se former lentement. Cela devrait être suffisamment gros pour entreposer tous les souvenirs, émotions, connaissances et pensées qu'elle avait dans sa tête, avec de la place pour agrandir, et, comme un Laboratoire de Potions, cela devrait être propre mais frais, peut-être sous terre pour que les ingrédients sensibles à la lumière, très semblables à ses pensées et souvenirs trop dangereux pour les exposer à la "lumière" extérieure, ne soient pas compromis.
Son esprit devint brumeux, mais installée confortablement dans les brumes, il y avait une ombre énorme, qui devenait lentement de plus en plus claire et définie plus elle pensait à sa forteresse. Juste lorsque la forme de quelque chose de massif, solide et menaçant se tapit hors des brumes de sa représentation mentale, Rigel fut brutalement secouée hors de sa méditation par une paire de mains frénétiques et tremblantes.
« Rigel. Rigel ! »
La voix de Pansy accompagna son brutal sursaut de retour dans la réalité et Rigel ouvrit les yeux pour regarder, désorientée, les globes bleus écarquillés et angoissés de Pansy.
« Quoi ? Pan, qu'est-ce qui ne va pas ? murmura Rigel, essayant de secouer le brouillard de la méditation profonde alors qu'elle se concentrait sur son amie.
– C'est… oh, Rigel, c'est Theo. »
Pansy se mordit les lèvres alors qu'elle se reculait et attendit impatiemment que Rigel se reprenne.
« Il a été emmené à l'Infirmerie. »
Oh, pensa Rigel, se tenant droite et fixant Pansy comme si elle n'avait jamais entendu les mots sortir de sa bouche avant, non.
« Qu'est-ce qu'il s'est passé ? s'entendit-elle demander, son esprit étant toujours en train de rattraper les choses qui se passaient en temps réel.
– Je ne sais pas, dit Pansy, se déplaçant pour s'asseoir sur le lit à côté de Rigel et penchant sa tête blonde sur l'épaule de Rigel d'une façon engourdie. Je veux dire, j'étais là, mais c'est arrivé très rapidement. »
La voix de Pansy tremblait légèrement, mais ses mains étaient serrées fermement entre elles et elle faisait un effort visible pour parler calmement.
« Il allait bien, on jouait aux cartes avec Millicent et Blaise pendant que Draco travaillait sur sa rédaction de Défense, et puis le visage de Theo est devenu lâche et il s'est écroulé sur le sol comme s'il s'était évanoui, sauf qu'il ne semblait pas faible ou pâle ou rien avant de s'effondrer. Il semblait bien. »
Pansy devint silencieuse et Rigel n'était pas certaine de quoi dire.
« Où est Draco ? » demanda-t-elle enfin, pensant que peut-être le blond aurait plus de chance pour trouver les mots dans une situation comme ça.
Les sang-purs étaient toujours bon avec les mots, trouvait-elle.
« Il est allé prévenir Professeur Snape », dit Pansy, se redressant une fois de plus et fixant ses cheveux automatiquement alors qu'elle réarrangeait son expression en une la plus neutre qu'elle pouvait faire sur le moment.
Rigel sourit un peu en encouragement fortifiant et Pansy s'assit encore plus droite en réponse.
« Vincent et Greg ont aidé Blaise à porter Theo à l'Infirmerie, même si je suppose qu'ils ne vont pas pouvoir aller à l'intérieur dans tous les cas… oh, j'aimerais savoir ce qu'il se passe ! »
Pansy fronça des sourcils désespérément.
« Pourquoi ils ne nous disent rien ?
– Les professeurs ne savent pas grand-chose eux-mêmes, dit Rigel avec douceur. J'ai entendu Madame Pomfresh parler au Professeur Snape et elle ne sait pas encore ce qui ne va pas avec les élèves.
– Comment ne peut-elle pas savoir ? réclama Pansy avec colère. C'est son boulot.
– C'est quelque chose de nouveau je crois, offrit Rigel, son opinion basée sur la lettre d'Archie et les mots mêmes de Pomfresh. Ça doit être une maladie magique dont personne n'a entendu parler avant, donc ils ne savent pas encore comment la soigner. »
Pansy pâlit et parut si désespérée que Rigel se précipita immédiatement, ne sachant pas si ses mots étaient vrais, sachant juste que Pansy avait besoin de les entendre :
« Ce n'est pas pour dire qu'ils ne vont pas… Ils vont découvrir quoi faire bientôt. Et pendant ce temps, les élèves ne sont pas en danger, dit Rigel, essayant de paraître fiable. Regarde, Snape concocte des Souffles d'Aurore et des Blaneiges pour Madame Pomfresh, et ces potions sont utilisées pour les personnes qui sont dans des… sommeils magiques à long-terme mais stables. Donc quoi que la maladie soit, elle ne blesse pas vraiment les enfants, elle les envoie juste dormir. Comme la Belle au bois dormant. »
Pansy laissa échapper un gloussement à moitié étouffé.
« Donc ils doivent tous être embrassés ?
– On a intérêt à espérer que Greengrass ne tombe pas malade alors », dit Rigel malicieusement.
Pansy rit un peu plus ouvertement à ça.
« Oh, ce n'est pas très gentil, Rigel. Merci Merlin que je sois une fille, toutefois. S'ils te font embrasser Greengrass, j'espère que quelqu'un prendra une photo.
– Eh bien, je serai certain de rendre la faveur si tu dois embrasser Crabbe ou Goyle », renifla Rigel.
Pansy se tut assez rapidement après ça, mais ses yeux n'étaient plus écarquillés de peur et d'impuissance.
« Qu'est-ce qu'on va faire, Rigel ? demanda Pansy après que le silence soit redevenu stagnant et insuffisant.
– Tu vas rester ici jusqu'à ce que Draco revienne, dit fermement Rigel. Je vais te brosser les cheveux et quand Draco viendra ici, il les tressera pour toi.
– Il ne va pas le faire, dit Pansy, un sourire tirant sur le coin de ses lèvres.
– Oh, si, dit Rigel avec grandeur. Ou il n'aura aucune aide sur sa prochaine rédaction de Potions. Il mettra même un ruban pour toi, aussi longtemps que tu jures sur les Fondateurs de ne le dire à personne. »
Pansy rit avec légèreté et se précipita dans sa chambre pour y récupérer sa brosse à cheveux favorite et revint. Rigel s'assit derrière elle et brossa ses cheveux diligemment, même s'ils étaient trop courts pour avoir vraiment besoin d'un brossage. La tâche simple était apaisante pour elles deux, et c'était tout ce qui importait.
« Tu as dit ce que je vais faire, Pansy éleva-t-elle la voix quelques minutes plus tard. Mais qu'est-ce que tu vas faire ? »
Le visage de Rigel était un masque neutre quand elle répondit, sa voix basse et déterminée :
« Je vais concocter. »
En disant cela, elle renonça à la brosse de son amie et chercha son kit de Potions privé dans la valise d'Archie. Elle avait des Inducteurs de Sueur à concocter, et elle avait utilisé tout l'hellébore vert des réserves de l'école plus tôt dans la semaine, mais elle en avait besoin au cinquième stage. Elle avait une bonne collection d'ingrédients, certains qu'elle n'avait jamais utilisés auparavant mais avait insisté pour les collecter dans son kit privé parce qu'ils étaient essentiels à une véritable Maîtresse des Potions, et l'hellébore était l'un d'entre eux, mais elle en avait commandé plus par hibou quand les réserves de l'école avaient commencé à baisser, sachant que ses propres provisions ne seraient pas assez au rythme où elle concoctait et elle avait ajouté le supplément à son kit quand il était arrivé par hibou le jour précédent. Elle posa le kit sur le lit et se rendit dans la salle de bain pour se changer en des robes plus adaptées à la concoction.
Draco revint et leur apprit que Snape avait été informé pour Theo et parlerait au reste de la Maison sur ce qu'il se passait plus tard dans la journée. Rigel poussa deux rubans dans les paumes de Draco avec un regard sévère et un coup d'œil significatif à l'expression encore perdue de Pansy, et le garçon soupira, mais récupéra la brosse à cheveux sans se plaindre.
Rigel les laissa là avec des hochements de compréhension de chacun et des promesses de la tenir au courant sur ce qu'elle raterait du discours de Snape à la Maison. Rigel prévoyait pleinement de concocter toute la soirée.
Elle n'alla pas voir Pomfresh pour essayer de prendre des nouvelles de Nott – non, Theo – à l'Infirmerie, parce qu'elle savait qu'elle serait refoulée et il n'y avait rien qu'elle pouvait faire pour lui là-bas de toute façon. À la place, Rigel se rendit dans son Labo et concocta en large quantité. Elle avait trois chaudrons mijotant constamment pendant tout le dîner et jusqu'à une heure avancée de la nuit. Elle arriva au bout de sa réserve d'hellébore complètement pour la dernière fournée, mais même la sorte de satisfaction engourdissante qu'elle ressentit en bouchant les quelques dernières doses et nettoyant son chaudron ne dissipèrent pas la culpabilité qui érodait de façon continue le bout de ses nerfs.
Elle savait que c'était illogique, et certains diraient inexcusablement mélancolique, mais une petite partie d'elle avait l'impression que l'univers la punissait pour sa présomption. Quelle cruelle coïncidence que Poudlard soit touché par une étrange maladie l'année même où Harriett Potter, aspirante Potionniste, prennait la place d'Arcturus Black, aspirant Guérisseur. Peut-être qu'Archie était censé être là, pour aider d'une façon ou d'une autre avec cette maladie magique d'une façon qu'elle ne pouvait pas. Cette sorte de maladie était exactement dans la zone d'intérêt d'Archie, après tout, et bien qu'il ne pourrait pas être de force égale à Pomfresh à ce stade, peut-être qu'il était censé avoir aidé d'une façon plus directe qu'elle le pouvait en préparant juste des potions génériques et réconfortant avec maladresse ses amis, qui n'avaient aucune idée que sa supercherie était peut-être en train de leur coûter quelque chose d'irremplaçable. Et si l'univers avait tout prévu et que Rigel était intervenue et avait tout fait rater ? Peu importe à quel point elle essayait de se dire qu'elle aidait, et que ce n'était pas du tout sa responsabilité de gérer cette maladie, toute l'histoire paraissait trop fortuite pour son confort.
Elle ne savait pas encore ce que c'était, mais quelque chose n'allait pas avec cette maladie. Pas juste sa nature inexplicable, mais le timing et la location également. Une épidémie qui ne touchait que Poudlard ? Possible si elle avait commencé ici, mais il y aurait eu un catalyseur. Un accident de potion ou un sort qui aurait mal tourné. Au lieu de ça, c'était venu de nulle part, et à un moment où la balance du monde sorcier se tenait sur le côté rond et noueux de la baguette. Rigel rangea les bouteilles d'Inducteur de Sueur dans les caisses qu'elle avait empruntés des réserves de l'école dans ce but et soupira. Elle découvrirait ce qu'il se passait et ferait tout ce qu'elle pourrait pour convaincre l'univers de changer ses plans.
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Deux jours plus tard, Rigel toqua de nouveau avec douceur sur la porte du bureau de Snape, et de nouveau, la voix qui l'invita à entrer n'appartenait pas au Maître des Potions.
« Oh, c'est encore toi. »
La même préfète aux cheveux noirs, Alesana Selwyn, se rappela Rigel, était affalée en repos impénitent derrière le bureau de Snape une fois de plus, cette fois avec un livre sur ce qui semblait être l'anatomie des requins ouvert sur ses genoux. Il valait probablement mieux ne pas poser de questions.
« Est-ce que Professeur Snape est dans son Labo cet après-midi ? demanda Rigel.
– Oui, bien sûr, dit Selwyn nonchalamment, ne s'embêtant pas pour lever ses yeux cerclés de khôl des pages de son livre après un regard évaluateur initial.
« Aujourd'hui, il travaille sur quelque chose de volatil, par contre, donc il a demandé à ce que personne ne l'interrompe à moins que ce ne soit strictement nécessaire. »
Probablement la Blaneige, pensa Rigel. Je crois me rappeler quelque chose concernant le septième stage comme étant particulièrement difficile.
« Est-ce que Professeur Snape a laissé un message pour moi au cas où je le cherchais aujourd'hui ?
– Hm… petit présomptueux, n'est-ce pas ? »
L'élève plus âgée lança un regard moqueur à Rigel, mais ne répondit pas à sa question.
« Comme si le Professeur prévoyait pour chaque éventualité te concernant.
– Il m'attendait aujourd'hui, je crois », offrit Rigel, énervée de se faire adresser comme si elle embêtait Snape par sa présence ou autre.
Selwyn ne savait pas qu'il la prenait sous son aile – probablement – mais elle ne pensait sûrement pas que Rigel pestifèrerait le Professeur aussi souvent si elle trouvait que le Professeur la considérait comme une nuisance.
La fille plus âgée sourit énigmatiquement.
« Bien sûr qu'il t'attendait. En l'occurrence, je devais te dire si tu venais aujourd'hui de laisser les échantillons dans ce coin. »
Elle désigna du menton un coin vide du bureau.
« Mais puisque tu ne sembles pas avoir quelque chose qui ressemble à des échantillons avec toi, je suppose que le message n'était pas pertinent.
– C'était un peu trop pour moi à transporter ici sans être sûr que je ne gâchais pas un voyage », dit Rigel, sentant le besoin de s'expliquer à cette Serpentard plus âgée, et donc plus puissante, et vaguement ennuyée d'elle-même pour se sentir de cette façon.
Elle n'avait rien pour la pousser à manquer d'assurance. Selwyn n'aidait pas Snape à faire des Inducteurs de Sueur. Elle était juste assise inutilement dans son bureau, à lire sur des requins. Avec ces pensées pour remonter sa confiance, Rigel leva le menton et dit :
« Merci de m'avoir transmis le message. Je vais récupérer les échantillons qu'il veut alors.
– Fais ça, oui », dit Selwyn, réussissant à paraître à la fois amusée et indifférente à la fois.
Rigel fit de la marche rapide jusque dans son Labo, mais une fois qu'elle arriva sur place, elle grimaça à la pile des caisses, qui n'étaient pas sans lui rappeler les caisses moldues pour le lait, empilées soigneusement à côté de la porte. Cela lui prendrait de nombreux voyages à travers les cachots pour toutes les porter. Chaque fournée d'Inducteur de Sueur mettait une heure pour être concoctée, et elle avait fait en moyenne quatre heures de concoction chaque jour pendant les deux dernières semaines. Moins en jour de semaine, généralement juste une heure le matin avant le petit-déjeuner et peut-être deux dans la soirée, mais des blocs plus longs le week-end pour compenser. Chaque fournée produisait six échantillons de la taille d'un bécher, et qui, chacun, revenait à probablement quatre ou cinq plus petites doses. Rigel s'était aussi mise à concocter deux ou trois chaudrons à la fois pendant qu'elle travaillait, ce qui voulait dire qu'au total, elle avait fait 130 chaudrons d'Inducteur de Sueur et approximativement 780 béchers du machin. Les béchers dans lesquels la potion avait été versée avait des sorts de stase intégrés, bien sûr, donc il n'y avait aucun souci avec les potions qui vireraient, mais il y aurait un problème pour tous les transporter au bureau de Snape, même sécurisés dans des caisses.
Les caisses contenaient deux douzaines de béchers chacune, mais elles n'étaient pas enchantées pour être légères car la magie intentionnelle ambiante, contrairement à de la magie brute sans direction donnée, pouvait se coller et interférer avec certaines potions, donc Rigel doutait de pouvoir en transporter plus d'une ou deux à la fois. Il y avait 33 caisses en tout.
En soupirant, Rigel souleva une caisse, décida qu'elle pouvait probablement en porter deux puisque le bureau de Snape n'était pas très loin, et en ajouta une autre avant de partir. Elle dut poser les caisses au sol pour ouvrir la porte, donc elle la laissa ouverte une fois qu'elle eut déposé les caisses dans le coin indiqué et partit pour le voyage suivant. Elle était fermée quand elle revint, donc elle posa précautionneusement les caisses encore une fois, ouvrit la porte, récupéra les caisses et les empila dans le coin avec les autres, et dit :
« Est-ce que ça t'embête de laisser la porte ouverte pour moi ? J'ai encore plusieurs voyages à faire. »
Selwyn leva les yeux, les tourna rapidement vers les quatre caisses dans le coin et haussa les épaules.
« Très bien. Tu peux fermer la porte quand tu auras fini.
– Merci », dit Rigel, juste presque sarcastiquement, et se remit en route pour son Labo.
Trois voyages plus tard, Selwyn leva les yeux avec un froncement sur le visage quand Rigel essaya de partir sans fermer la porte une nouvelle fois.
« Tu en as encore ? demanda la fille plus âgée avec exaspération. Pour quoi est-ce que le Professeur Snape te fait déplacer autant de potions ?
– Elles sont pour l'Infirmerie, dit Rigel, et j'ai… calcula-t-elle mentalement, onze autres voyages, je pense. Peut-être douze.
– Douze… »
Selwyn roula des yeux avec une moue de dégoût et se leva, laissant son livre sur le bureau et le contournant pour rejoindre Rigel à la porte.
« Franchement. Demande de l'aide quand tu en as besoin, serpenteau. »
Rigel considéra la fille plus âgée alors que Selwyn sortait une baguette lisse couleur ivoire pour installer des barrières de protection liées à sa signature au bureau jusqu'à ce qu'ils reviennent.
« Qu'est-ce que tu voudras pour ton assistance ? » demanda finalement Rigel.
La fille aux cheveux longs tourna la tête pour regarder Rigel avec un regard qu'elle sentait lourd et examinateur, bien que cela aurait pu être le maquillage sombre qui donnait cet effet.
« Pas inconscient alors, juste prudent, dit-elle à voix basse, apparemment pour elle-même, puis dit plus clairement : Pour mon aide, je te ferai réaliser une tâche similaire à une que j'ai déjà réalisée pour toi. Tu transporteras un message pour moi, puisque je ne peux pas quitter le bureau de Snape pour assez longtemps pour localiser son destinataire moi-même.
– Marché conclu, dit Rigel agréablement. Par là. »
Elle dirigea Selwyn jusqu'à la porte de son Labo puis s'arrêta.
« Il y a des protections pour empêcher les autres élèves d'entrer, mais je ne sais pas s'il y a une exception pour les préfets », expliqua-t-elle.
Selwyn donna un coup de baguette et plissa des yeux à la pulsation de la magie que les protections lui envoyèrent en réponse.
« Ça devrait aller, le badge des préfets agit comme une sorte de mot-de-passe physique pour la plupart des protections du château, et je ne vois pas la barrière supplémentaire qui interdirait les badges des préfets spécifiquement. »
En disant cela, la fille plus âgée fit une grande enjambée et saisit la poignée avec assurance. Rien n'arriva, donc elle entra dans le Labo et s'arrêta pour regarder autour d'elle. Rigel la suivit, se sentant étrange avec une autre personne dans ce qu'elle avait fini par considérer comme son Labo. Selwyn haussa des sourcils au petit mais impeccable Laboratoire, examinant les petits meubles de rangement pour les réserves d'ingrédients, les pupitres de recette qui n'étaient pas sans rappeler les pupitres de musique pour partitions, les quatre chaudrons de taille moyenne posés sur les plans de travail immaculés, et l'évier dans le coin qui n'était pas pris d'assaut par les caisses.
« Celles-ci doivent toutes partir ? fit Selwyn en désignant la quelque vingtaine de caisses restantes empilées à côté de la porte.
– Oui, dit Rigel.
– Bon, je peux en porter trois, donc on aura besoin seulement d'à peu près cinq voyages à nous deux », dit-elle et souleva immédiatement trois des caisses dans ses bras.
Rigel fut prise par surprise, s'étant attendue à ce que la fille essaie des enchantements de lévitation sur les caisses d'abord, mais peut-être savait-elle aussi bien que Rigel que les caisses ne pouvaient pas être trafiquées en utilisant de la magie.
Rigel prit rapidement deux caisses pour elle-même et partit après la fille plus âgée, son respect pour la préfète augmentant petit à petit.
Deux voyages plus tard, Selwyn soupira alors qu'elles récupéraient les cinq caisses suivantes.
« Tu aurais dû prendre un chariot, Black.
– Est-ce que Professeur Snape a des chariots ? » haleta-t-elle en retour, l'exercice physique commençant à avoir des conséquences sur elle.
Elle avait des bras plutôt forts pour une fille de onze ans juste grâce aux concoctions et au fait de jouer Quidditch par intermittence, mais elle n'avait pas dormi beaucoup, vu les concoctions et le fait de maintenir son travail autant qu'elle l'avait fait ces derniers temps, et autant de choses à soulever l'épuisait.
« Il a intérêt, dit Selwyn. Parce que c'est lui qui va devoir transporter toutes celles-là à l'Infirmerie. »
La fille plus âgée sourit légèrement à l'idée d'un Snape faisant du travail physique, et Rigel sentit un sourire en réponse éclore sur son propre visage. C'était une image mentale plutôt ridicule considérant ce qu'elle avait vu du Maître des Potions jusqu'à présent.
Elles déchargèrent enfin toutes les caisses dans le bureau de Snape et Selwyn s'enfonça avec reconnaissance dans le fauteuil de Snape, allant même jusqu'à métamorphoser une plume en fauteuil pour que Rigel s'asseye aussi. Rigel offrit à la préfète un petit sourire de remerciement en s'asseyant, ses muscles du dos se réjouissant silencieusement.
« Donc dois-je comprendre que ces potions étaient toutes dans ton labo parce que tu les as concoctées ? »
Selwyn montra d'un main fatiguée les piles de caisses qui prenaient maintenant au moins la moitié de l'espace du bureau de Snape.
« C'est genre un projet sur toute l'année que tu fais, ou quoi ? »
Rigel haussa les épaules.
« J'ai proposé d'aider à concocter des potions pour l'Infirmerie quand autant d'élèves ont commencé à tomber malade. »
Le visage de Selwyn devint sérieux, comme la plupart des gens le faisait à la mention de la maladie, et elle acquiesça lentement pour que Rigel continue.
« Professeur Snape m'a donné deux semaines pour concocter autant d'Inducteur de Sueur que je pouvais sans que cela interfère avec mes études, donc c'est ce que j'ai fait.
– Deux semaines ? rit soudain la fille plus âgée, un son bas de pure perplexité. T'es quelque chose d'autre, gamin. Oh, j'ai hâte de voir le visage de Snape quand il entrera ici. Trente caisses en deux semaines. Amusant la façon dont tu t'es révélé être. »
Rigel n'était pas sûre que c'était un compliment donc elle ne dit rien.
« Sérieusement par contre, tu ne dors pas ? demanda Selwyn alors qu'elle s'installait plus profondément dans le fauteuil du Professeur.
– Je dors quand j'en ai besoin, dit Rigel. Mais quand tes amis sont malades, certaines choses deviennent plus importantes que le sommeil.
– Oui, je suppose que ce n'est pas surprenant qu'un première année soit le premier à essayer de faire quelque chose, considérant qui sont la majorité des atteints jusqu'à présent, » dit la préfète, ses yeux noirs froidement sombres.
Après quelques moments de silence, elle se rappela à elle-même abruptement et dit :
« Bien, concernant le message que tu me dois. »
Rigel acquiesça agréablement.
« Tu préfèrerais l'écrire ou me le faire mémoriser ? »
Selwyn eut un lent sourire en coin.
« Oh, ce n'est pas vraiment le genre de chose que l'on peut transcrire sur papier.
– Oh ? » dit Rigel, plus prudente maintenant.
Si Selwyn lui demandait de passer un sort pour elle, elle devrait trouver une façon diplomatique de refuser.
« Ne parais pas aussi inquiet. Ce n'est rien que j'aurais honte de faire moi-même, je n'ai simplement pas le temps », dit-elle calmement.
Rigel n'était pas entièrement rassurée par ça, mais elle dit :
« Quel est le message et pour qui est-il ?
– C'est à la fois un message et une tâche, dit Selwyn, souriant légèrement alors qu'elle expliquait. Tout d'abord, j'ai besoin que tu trouves quelque chose qui vient d'un animal magique. Ce n'est pas important lequel, mais cela doit venir d'un animal qui est vivant ou l'était récemment, donc ne va pas juste prendre un truc dans la salle de réserve des potions.
– D'accord… »
Rigel essaya de ne pas exprimer l'étrangeté de la requête, mais Selwyn avait dû le voir de toute façon sur son visage car elle rit légèrement.
« Oui, je sais, mais c'est une sorte de blague, dit-elle. En tout cas, trouve quelque chose comme… des plumes, poils, œufs, tu peux même couper un tentacule du calmar géant si tu veux vraiment, tant que l'animal duquel il vient a des propriétés magiques de quelque sorte et n'est pas mort depuis plus d'un jour.
– Mais c'est bon s'il est vivant, c'est ça ? » dit Rigel en grimaçant.
Elle utilisait des yeux de scarabée comme n'importe quel Potionniste, mais elle ne tuait pas des trucs elle-même si elle pouvait l'éviter.
« Oui, bien sûr, dit Selwyn, souriant toujours de ce sourire étrange. Quand tu auras eu ce que tu auras eu, tu dois trouver Edmund Rookwood et lui donner.
– Et c'est le message ? » dit Rigel, dubitative.
Cela ne ressemblait pas vraiment à un message si Selwyn ne savait même pas encore ce que Rigel trouverait.
« Oui, c'est ça. Tu n'as pas besoin d'expliquer quoi que ce soit à Edmund ; il comprendra si tu dis que c'est de ma part, dit-elle et Rigel décida que le sourire sur son visage était presque tendre d'une certaine façon. Edmund Rookwood a un an de moins que moi. Il est généralement en compagnie de…
– Aldon Rosier, dit Rigel avec ironie, surprenant un autre gloussement bas de la fille aux cheveux noirs plus âgée. Sans blague.
– Bon, je n'ai pas besoin de le décrire alors, dit Selwyn. Et quand tu auras fait ça, reviens ici et dis-moi ce que tu lui as donné. Cela veut dire que tu dois savoir quel est en fait l'animal dont tu as pris quelque chose, ajouta-t-elle et Rigel acquiesça.
– D'accord, je peux faire ça, dit Rigel, se levant pour partir.
– Quoi, pas de plaintes sur la quantité de travail que c'est ? Tu es sûr d'être un première année ? » demanda Selwyn d'une voix que Rigel réalisa était moqueuse.
Peut-être qu'elle n'était pas aussi snob ou désintéressée qu'elle le paraissait après tout. Mais encore, tous les Serpentard que Rigel connaissait paraissaient comme ça, et très peu l'étaient réellement.
Donc Rigel envoya un regard ironique aux piles de caisse envahissant le coin du bureau habituellement vide de Snape et dit :
« Il se trouve que j'ai soudain du temps en plus sur les bras de toute façon. »
Selwyn inclina la tête en signe de reconnaissance.
« C'est rafraîchissant de rencontrer un serpenteau qui n'a pas peur du travail avant de réaliser l'avantage que cela offre.
– Presque aussi rafraîchissant que de rencontrer un élève plus âgé qui ne prend pas de haut des première année », dit Rigel audacieusement, restant immobile au cas où elle était allée trop loin et que Selwyn devenait mauvaise.
Toutefois, la fille plus âgée rit seulement encore, et d'un geste de la main la fit sortir du bureau.
« Très bien, je le méritais. Pars et trouve-moi un cœur d'hippogriffe ou autre, Black, avant que je décide que tu n'es pas aussi amusant que tu es impertinent. »
Rigel sourit un peu mais partit obligeamment, fermant la porte de façon oh si appuyée derrière elle et récupérant ainsi un autre gloussement bas de la préfète.
Elle se sentait satisfaite maintenant que les potions d'Inducteur de Sueur étaient dans les mains de Snape. Si Selwyn avait trouvé que c'était une quantité impressionnante, alors sûrement Snape ne pourrait pas être mécontent de son travail. C'était tous des échantillons viables avec plein de magie imprégnée dedans pour bonne mesure – de ça, Rigel s'en était assurée. Elle ne savait pas au juste ce que l'étrange message de Selwyn voulait dire, mais l'élève plus âgée l'avait aidée, donc elle pouvait tout aussi bien retourner la faveur, peu importe à quel point elle la trouvait bizarre. Au moins, elle savait qui était Rookwood, et n'aurait donc pas à se perdre dans le château pour trouver le destinataire.
Rigel s'arrêta à son Labo pour récupérer une fiole et un bouchon pour qu'elle ait quelque part où garder les morceaux de ce qu'elle collecterait. Elle manquerait probablement le dîner donc elle se rendit également aux cuisines pour mendier quelques petits pains à Binny, pensant au dernier moment à demander quelque chose à utiliser en appât également, avant de faire son chemin hors du château et vers la forêt. Son plan était de se balader le long des abords de la forêt où il n'y avait aucune chance de rencontrer les créatures les plus larges et dangereuses qui résidaient à l'intérieur, et voir si elle ne pouvait pas croiser un serpent de quelque sorte. Elle ne savait pas comment différencier les oiseaux magiques des non magiques dans tous les cas, mais elle avait lu sur les serpents pendant les vacances avec Archie, et elle pensait avoir plus de chance de négocier pour un bout de peau avec une créature avec qui elle pouvait communiquer.
L'air du soir était plus froid qu'elle n'avait pensé, donc elle demanda poliment à sa magie de la réchauffer pendant qu'elle marchait. Normalement, elle ne demanderait pas à sa magie de, essentiellement, réaliser un enchantement qu'elle n'avait pas encore appris elle-même, mais elle avait étudié les charmes de réchauffement pour l'un des papiers qu'elle avait écrit pour Flint, donc ce n'était pas complètement de la triche, résonna-t-elle, et elle avait vraiment froid.
Une fois qu'elle fut suffisamment loin de la cabane de Hagrid qu'elle ne pensait pas qu'on l'entendrait par hasard, elle commença à appeler doucement pour un serpent. Après seulement un moment ou deux, elle réalisa qu'elle appelait encore en anglais, donc elle s'imagina le plus petit des serpents qui vivaient dans la cour intérieure d'Archie aussi clairement qu'elle le pouvait dans son esprit et essaya encore :
« Essst-ccce que quelqu'un m'entend ? Je désire parler à un ssserpent, sss'il vous plaît. Sssi vous pouvez m'entendre, sss'il vous plaît, venez me parler. J'ai une sssouris bien juteuse iccci pour n'importe quel ssserpent assssssez gentil pour venir parler avec moi… »
Elle continua dans cette veine pendant un moment, marchant sans but et s'assurant de ne pas appeler trop fort, bien qu'elle doutât que quiconque ferait le lien entre un élève errant et les sifflements sibilants se déplaçant à travers les feuilles de la forêt comme la plus légère des brises.
À un moment, elle se retourna et reprit le chemin par lequel elle était venue, suivant le long de la bordure de la forêt vers le château, sifflant toujours suffisamment fort pour n'importe quel serpent assez proche pour l'entendre. Elle était presque aux arbres derrière la cabane de Hagrid une fois de plus quand elle entendit une voix qui répondait, juste à peine perceptible par-dessus les craquements que les feuilles faisaient sous ses pieds. Elle s'arrêta et la voix devint lentement assez forte pour qu'elle la comprenne.
« Attends, parleur ! Ne rampe pas aussssssi vite ! J'arrive et je veux la sssouris ! »
Rigel se tourna vers la direction où elle pensait que la voix provenait, et sourit d'un délice émerveillé quand un serpent fin d'environ un mètre de longueur ondula à travers les taillis et s'enroula près de ses pieds, la fixant avec attente. Rigel sourit au joli serpent vert et s'accroupit pour avoir une meilleure vue, et parce qu'elle pensait que ce serait malpoli de mener une conversation d'aussi loin du niveau des yeux du serpent. Il fixa ses yeux noirs sur elle avec intensité et dit :
« Tu es le parleur ?
– Oui, répondit Rigel, essayant de ne pas paraître menaçante. Tu es un ssserpent d'arbre, n'essst-ccce pas ?
– Oui. Où est la sssouris ? » dit sans ménagement le serpent, qui devait être mâle si l'on se basait sur sa couleur (les femelles étaient brunes).
Rigel sourit de sa bonne chance alors qu'elle sortait la souris que Binny avait enveloppée dans un mouchoir pour elle et la tendit pour que le serpent puisse la voir. Les serpents d'arbre étaient plus calmes en général que les féroces serpencendres et il était bien plus facile de raisonner avec eux qu'avec les runespoors.
« Elle ne paraît pas très juteuse, songea le serpent dubitativement. J'ai faim, donc je vais manger ta sssouris famélique, mais dans le futur, tu auras besoin d'offrandes plus tentantes. »
Rigel acquiesça gravement.
« Pardonne-moi, je n'étais pas sssûr de ccce qui aurait été acceptable. As-tu un nom avec lequel les autres ssserpents t'appellent ?
– Je m'appelle Treessslider, dit le serpent des arbres. Qui es-tu, parleur ?
– Je m'appelle Rigel, dit-elle, peu certaine de pourquoi elle donnait au serpent le faux nom puisque que personne d'autre ne serait capable de les comprendre de toute façon. Sssi je te donne cccette sssouris, essst-ccce que tu resssteras iccci et parlera avec moi ?
– Ressster pour toujours ? »
Le serpent, Treeslider se recula avec suspicion.
« Non, pas pour toujours, le rassura rapidement Rigel. Jussste pour quelques minutes. J'ai une faveur à te demander, ccc'est tout.
– Très bien. »
Treeslider se balança en avant vers la souris une fois de plus.
« Donne-moi la sssouris maintenant et je resssterai pour écouter ta demande. »
Rigel plaça solennellement la souris, mouchoir et tout, sur le sol de la forêt entre eux et le serpent s'enroula immédiatement autour d'elle d'un geste protecteur. Il ne semblait pas prêt à la manger tout de suite, donc Rigel devina que peut-être il ne serait pas dans le bon état d'esprit pour lui parler pendant qu'il digérerait.
« J'essspérais que tu pourrais me donner quelque chose qui t'appartient dont tu n'as plus besoin, expliqua Rigel du mieux qu'elle pouvait en termes serpents. Un bout de vieille peau, ou peut-être quelques écailles tombantes. »
Treeslider la considéra gravement de sa position défensive par-dessus la souris morte.
« Sssi je te donne quelque chose, qu'essst-ccce que j'y gagne ?
– Que sssouhaites-tu, Treessslider ?
– Je veux garder cccette douccce feuille, dit-il immédiatement.
– Douccce feuille ? répéta Rigel avec incompréhension.
– Ccceccci. »
Treeslider poussa le mouchoir sur lequel la souris était posée avec son nez.
« Je sssouhaite la mettre dans mon nid. »
Rigel accepta immédiatement et le serpent siffla de satisfaction muette pendant quelques moments avant de se remettre à parler :
« Dois-je te donner des écailles ou de la peau ? Je n'ai rien de vieux ou de tombant, mais je peux te donner mon poison à la place. »
Rigel réfléchit pendant un moment. Selon les paramètres de Selwyn, cela devait juste être quelque chose venant d'un animal magique, donc du venin ne devrait pas être un problème. Elle haussa les épaules au serpent d'arbre.
« Bien sssûr, ccce qui est le plus pratique pour toi.
– Ccc'est intéressssssant de ssse faire demander quelque chose au lieu de ssse faire chasssssser », songea doucement le serpent alors qu'il commençait à contracter sa mâchoire comme s'il se préparait à attaquer quelque chose.
Rigel sortit vite la fiole et rompit le bouchon en deux pour qu'il soit assez fin pour que Treeslider le perce sur toute la longueur. Quand elle lui tendit le récipient bouché, le magnifique serpent vert enfonça délicatement ses crochets dans le bouchon jusqu'à ce qu'ils fassent goutter du venin dans la fiole de l'autre côté. Quand elle fut pleine au trois quarts, le serpent désengagea et s'enroula autour de sa souris et son mouchoir une fois de plus. Rigel utilisa l'ourlet de ses robes pour retirer le morceau de bouchon percé et le remplaça avec l'autre moitié de l'original pour que rien ne s'échappe.
« Merccci Treessslider, dit-elle. Je dois rentrer au château maintenant, donc profite de ton casssssse-croûte.
– Je connais ton odeur maintenant, parleur, siffla le serpent avec une non moindre quantité d'amusement. La prochaine fois que tu es dans la forêt, je viendrai te chercher, donc tu as intérêt à avoir une plus grosssssse sssouris.
– Ccc'est noté, rit Rigel. Au revoir, Treessslider.
– Au revoir, parleur Rigel. »
Rigel se dépêcha de rentrer dans le château alors que la lumière du soir commençait à disparaître. Elle se sentait plutôt fière d'elle d'avoir silencieusement utilisé sa compétence imprévue à son avantage. Elle savait que ses amis Serpentard approuveraient alors qu'Archie non, même si, bien sûr, ils ne pourraient jamais savoir. Si le fourchelangue était connecté à la lignée Potter, ce serait bien trop notable pour un Black de se retrouver inexplicablement avec. Les deux lignées ne s'étaient pas tant mariées ensemble, et les traits liés à la magie restaient généralement dans les lignées directes des familles pour quelque raison que Rigel ne comprenait pas.
Elle revint au château et, au vu du niveau de bruit émit depuis la Grande Salle, détermina que la plupart des gens étaient encore en train de dîner, donc Rigel décida d'attendre dans la salle commune et d'attraper Rookwood quand il (et probablement Rosier) passerait par l'entrée, avant qu'il ne parte faire les trucs que faisaient les élèves plus âgés les samedis soir.
Elle s'installa dans un des fauteuils de la salle commune avec un manuel de Soin et commença à lire sur les enchantements pilatoires pendant qu'elle attendait. Elle ne réussit pas à avoir beaucoup de lecture en profondeur, levant la tête chaque fois que le mur de la salle commune s'ouvrait, mais elle ne rata pas non plus Rookwood quand il entra à l'intérieur derrière Rosier, donc elle se promit mentalement qu'elle relirait cette section plus tard en se levant et traversa la salle commune pour intercepter les quatrième année qui se dirigeaient vers leurs dortoirs.
Quand ils remarquèrent qu'elle marchait vers eux en particulier, ils s'arrêtèrent et Rosier sourit largement.
« Quelle occasion spéciale cela doit être : Rigel Black qui vient nous voir.
– Bonsoir, Rosier. »
Rigel inclina poliment la tête au garçon aux yeux dorés avant de se tourner vers sa cible.
« Salut, Rookwood. J'ai un message pour toi. »
Rookwood parut poliment intrigué et sa voix profonde résonnait comme une montagne endormie quand il répondit :
« C'est inattendu. Est-ce que le message t'a été confié par quelqu'un que je connais ?
– J'espère vraiment, dit Rigel avec un léger sourire ironique sur le visage. Autrement, ce sera un message bien étrange en effet.
– Est-ce qu'une belle demoiselle t'a demandé de transmettre un baiser pour Edmund ? demanda Rosier avec un sourire retroussé.
– Pas exactement. »
Rigel chercha dans ses robes pour sortir la fiole du venin de serpent d'arbre et la lui tendit.
« Cela vient d'Alesana Selwyn. Elle a intimé que tu saurais ce que cela veut dire. »
Le visage de Rookwood s'illumina d'excitation et il arracha la fiole des doigts de Rigel avec un empressement qui ne ressemblait pas du tout à ce qu'elle connaissait du Serpentard plus âgé et généralement stoïque.
« Ah, dit Rosier, semblant perdre intérêt et secouant plutôt la tête de perplexité à son ami. Toujours à ce vieux jeu, alors ?
– Jeu ? demanda curieusement Rigel, regardant Rookwood tenir la fiole de liquide limpide à la lumière et le tournant çà et là alors qu'il l'examinait.
– Selwyn et Rookwood ont un intérêt similaire en créatures magiques, expliqua Rosier avec un regard tendre mais détaché vers Rookwood qui ne prêtait attention à aucun d'eux sur le moment. Ils ont joué à ce jeu d'aussi longtemps que je les connais l'un et l'autre. L'un d'eux donne à l'autre un échantillon d'une créature magique. Plumes, foies, toutes sortes de choses, et alors le receveur a une semaine pour déterminer de quelle créature il vient, ou il doit avoir un gage.
– Oh, je vois, dit Rigel, intéressée maintenant qu'elle savait pourquoi sa commission avait été aussi spécifique. Est-ce qu'il va le sortir de la fiole pour le tester alors ?
– Eh bien j'imagine que oui », fit Rosier en haussant les épaules.
Rigel fronça des sourcils. Peut-être qu'elle aurait dû partir sur les écailles finalement.
« Dis, Rookwood », haussa-t-elle la voix avec hésitation.
Il se retourna vers elle poliment, bien qu'elle pût voir que son esprit était centré sur le contenu de son "message".
« Ce n'est pas pour vendre la mèche ou quoi que ce soit, mais ne touche pas ce truc à mains nues, d'accord ? »
Elle grimaça au désastre que ce serait si Rookwood s'empoisonnait d'une quelconque façon via une plaie ouverte et ne le savait pas jusqu'à ce que ce soit trop tard.
« Tu sais ce que c'est ? » demanda Rookwood, l'attention soudainement tournée vers elle.
Peut-être qu'elle avait surestimé son engouement pour le défi et que gagner était plus important que de jouer franc jeu.
« Eh bien, oui, je l'ai récolté, se renfrogna Rigel. Mais je ne te dis pas ce que c'est. Sois prudent c'est tout, d'accord ? »
Il sourit narquoisement.
« Oh, mais tu m'en as déjà beaucoup dit, Mr. Black. Je sais maintenant qu'elle n'a pas transplané en Inde cette fois, et que c'est de quelque chose qu'un première année n'aurait pas de problème à manipuler. Cela réduit les possibilités de façon considérable. Cependant, c'est apparemment suffisamment dangereux pour que cela t'inquiète. »
Il fronça les sourcils, pensif.
« Intéressant… je serai prudent. Merci pour le message.
– De rien », dit Rigel, un peu impuissante.
Elle souhaita une bonne soirée à Rosier et salua ses amis quand ils revinrent de dîner et qu'elle ressortait, de retour au bureau de Snape pour la énième fois de la journée.
Elle toqua et la voix basse féminine familière qui lui répondit lui apprit que Selwyn était toujours cloîtrée à l'intérieur.
« C'est encore moi, dit Rigel avec évidence alors qu'elle entrait. J'ai délivré ton message.
– Oh, super. »
Selwyn s'avança dans le fauteuil de Snape et épingla Rigel de son regard cerclé de noir avec une intensité silencieuse qui trahissait une quantité inhabituelle d'engagement pour un tel jeu. Rigel commençait à se demander quel était exactement le gage si on ne devinait pas le bon animal.
« Qu'est-ce que tu lui as donné ?
– Du venin de serpent d'arbre, dit Rigel. Une fiole. Est-ce que ça va ? Je ne savais pas qu'il manipulerait ce que je lui donnerais, donc si c'est trop dangereux, je peux aller le récupérer avant qu'il n'essaie de le tester.
– Non, non, fit Selwyn d'un geste négligent de la main. Je lui ai donné une fois des épines de Sharak et elles ne l'ont pas du tout blessé. Qu'est-ce qu'il a dit quand tu lui as donné ? Comment tu l'as récupéré d'abord ? C'était frais, pas vrai ?
– Oui, c'était frais, dit vaguement Rigel. Il me l'a pratiquement arraché des mains, il était si pressé de commencer. Je lui ai dit d'être prudent avec par contre, pour qu'il ne se blesse pas, et à cause de ça, il a découvert que je l'avais récolté moi-même, grimaça Rigel. Je suis désolé si je lui ai donné trop d'indices.
– Non, c'est bien. »
Selwyn se rassit avec contentement et sourit un peu en coin.
« Maintenant il va penser que c'est quelque chose qui est accessoirement dangereux mais d'un animal relativement inoffensif qu'un première année pourrait apprivoiser. Il ne pensera jamais à un serpent d'arbre tout de suite. Bien joué, Black. »
Rigel soupira de soulagement que Selwyn soit satisfaite de son paiement. Elle regarda les caisses toujours empilées dans le coin.
« Snape n'est toujours pas passé ?
– Non, dit la préfète de manière imperturbable. Certains soirs, il ne passe pas et retourne directement travailler après dîner et je ferme à clef et pars au couvre-feu.
– Ah, acquiesça Rigel mais ne trouva rien d'autre à dire, donc elle dit juste : Bonne soirée alors, Miss Selwyn.
– Au revoir, Black. »
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Severus Snape embouteilla la dernière potion de Blaneige avec une émotion qui, chez n'importe quel autre homme, aurait été du soulagement. Comme il était inaccoutumé à ressentir des émotions qui impliquaient n'importe quel niveau d'inconfort, même rétroactivement, le Maître des Potions se considéra satisfait, et resta là-dessus.
Il avait concocté pendant des heures, et bien que son endurance magique fût objectivement parlant impressionnante, une soirée entière à concocter une potion du niveau de la potion Blaneige était assez pour le vider presque complètement. Il grimaça en faisant l'inventaire et réalisa qu'il ne serait pas en état magicalement parlant pour concocter quoi que ce soit d'aussi compliqué pendant deux jours. Il pouvait combiner les ingrédients, évidemment, mais comme il n'avait pas assez de magie restante pour les imprégner, les Potions qui en résulteraient seraient moins qu'inutiles : elles seraient un gâchis de temps et d'énergie.
Severus se permit un froncement de sourcil alors qu'il réarrangeait avec reluctance son programme de concoction pour les prochains jours. Le Souffle d'Aurore devrait attendre, même si seul Merlin savait combien d'enfants tomberaient malade pendant qu'il récupérait. Il considéra brièvement de contacter un de ses collègues de la communauté de Potions pour l'assister à fournir les concoctions requises, mais rejeta l'idée presque immédiatement. Tout d'abord, il ne faisait confiance à personne d'autre pour faire son boulot aussi bien qu'il le faisait, et ensuite, Albus avait fait comprendre au personnel la nécessité de garder les spécificités de cette inexplicable épidémie loin des mauvaises oreilles.
Et inexplicable, elle l'était assurément. La maladie, si elle pouvait être appelée ainsi considérant le manque de pathogène identifiable, était si clairement magiquement construite que c'était un miracle qu'elle ne vienne pas avec une carte de visite. Elle n'existait nulle part en-dehors de Poudlard, et à l'intérieur, elle immobilisait mais ne mutilait pas immédiatement ni ne mettait significativement en danger les enfants des hommes et femmes les plus puissants de la société sorcière, à commencer par les plus jeunes et plus vulnérables. Severus n'avait pas besoin d'être aussi toqué que Trelawney pour savoir ce qui se passerait s'il devenait clair que des enfants sang-purs étaient fauchés en masse sous la surveillance d'Albus. Le Maître des Potions gardait habituellement ses deux oreilles aux murs et pouvait bien admettre son malaise aux murmures d'une législation anti-sang-moldu encore plus stricte qui devait être proposée sous l'apparence d'une loi mariage. Albus se tenait plutôt fermement sur son chemin, mais à quel point pourrait-il tenir si ses partisans retiraient leur confiance à la suite de l'évidence irréfutable de l'inhabilité du Directeur à contrôler sa propre école ? Des enfants comateux seraient difficiles à expliquer, même aux partisans de la Lumière les plus ardents.
Severus éloigna ses pensées des répercussions politiques de la maladie pour le moment et se concentra plutôt sur son propre rôle, qui était de fournir des potions pour s'assurer que les enfants touchés par la maladie restent simplement comateux et non morts. Il regarda son programme une fois de plus et grogna presque quand il réalisa qu'il ne s'était laissé aucun temps pour concocter des Inducteurs de Sueur, bien que Pompom avait spécifiquement demandé à…
Mais non, Severus fronça les sourcils. Il devait être plus fatigué qu'il ne le pensait, car il se rappelait maintenant avoir assigné la tâche au jeune Mr. Black. En fait, Black devrait déjà avoir déposé son travail de ces deux dernières semaines avec Miss Selwyn, donc tout ce que Severus devait faire était de le récupérer sur son chemin pour délivrer la Blaneige à l'Infirmerie.
Le Maître des Potions verrouilla le Labo derrière lui alors qu'il partait pour son bureau.
J'espère qu'il a au moins réussi à faire une caisse entière, pensa Severus alors qu'il rôdait dans les couloirs des cachots vides. Cela devrait être assez pour durer la semaine si personne d'autre n'attrape la maladie, et alors je pourrais me concentrer entièrement sur le Souffle d'Aurore. Toutefois, Severus savait qu'il ne fallait pas compter ses œufs de Lamia avant que la mère ne devienne folle et en mange quelques-uns, donc il se prépara mentalement à ajuster son programme de concoction en conséquent peu importe le peu de potions dont Black aurait trouvé le temps pour les concocter.
Lorsqu'il atteignit son bureau, il était préparé pour ce qui se trouvait à l'intérieur.
Ou le pensait-il.
NDA : Donc, c'est une sorte de cliffhanger, mais pas vraiment ! Pour ma défense, ce chapitre fait maintenant 20 000 mots [~21700 en français] et si je vous donnais la scène suivante, je devrais vous donnerla suivante et la suivante parce qu'elles sont fortement reliées. Désolée ^^' J'espère que je ne laisse personne sur sa faim. D'ailleurs, le jeu que Rookwood et Selwyn jouent est en effet inspiré par un jeu analogue mentionné dans d'autres livres de Tamora Pierce, au cas où quelqu'un se le demanderait ou voudrait devenir ce que c'est. Pour finir, je sais que seuls les boas [Violet parle de "King boas" mais je ne trouve nulle part de référence à ce type de serpent, peut-être le boa imperator ?] ont des nids, mais dans cette histoire les serpents d'arbres ont des nids aussi.
NDT : À toutes les personnes qui parlent le moyen français, désolée si j'ai faux sur toute la ligne, j'ai fait du mieux que je pouvais ^^' Franchement, le vieux français devrait obligatoirement être enseigné à l'école, c'est tellement important pour comprendre comment on en vient à aujourd'hui. Bref, je me suis surtout aidée du dictionnaire du moyen français du CNRTL (grosse recommandation quand vous cherchez des synonymes aussi). Au passage, Violet a faussement utilisé "thy" en pensant que c'était le vouvoiement, alors que c'est "you" le vouvoiement, car "thy" c'est "tu". Très peu d'Anglophones ont l'air de savoir ça parce que comme "thy" sonne vieux et n'existe plus, ils croient que c'est une marque de respect alors que non. D'ailleurs saviez-vous qu'il est théorisé que l'accent britannique est l'accent de l'ancienne noblesse et que l'accent américain est celui du bas peuple ? Bref, tout ça pour dire que j'ai galéré avec la traduction du moyen anglais et que j'aimerais que le moyen français soit utilisé comme du côté anglophone pour son côté comique et digne de memes. Je m'y connais plus en moyen anglais qu'en moyen français quand même, faut le faire !
