NDA : Tout d'abord, d'aussi loin que les excuses veulent dire quelque chose après les faits, je voulais dire désolée pour l'attente. Ma remise de diplôme est samedi ^^ et après ça, je serai libre comme l'air pour écrire toute la journée lol. Vous allez en avoir marre des updates que vous aurez cet été, lol. Donc merci pour votre patience, et j'espère que vous apprécierez ce chapitre, qui est basé sur deux livres que je possède définitivement pas.
NDT: Alors là, les amis, je peux vous dire qu'il s'en est passé des choses en ce début de mois ! Déjà, le 2, le chapitre 2 de MM est sorti, donc on était tous un peu fou. Puis le 4 et 5, il y a eu deux sessions de Questions/Réponses avec Violet sur le discord Harry get some sleep. La première session était techniquement le 5 en France (à 1h du mat. Oui, oui, je suis restée debout jusqu'à la fin vers 3h) On a appris plein de trucs, mais je ne vous en proposerai la traduction que lorsqu'on aura atteint MM2 vu que c'est quasi que du spoil par rapport à là où on en est, ce qui risque de ne pas être avant plusieurs années ^^' Mais je peux déjà vous dire qu'on a appris que Violet vient d'une famille de 7 enfants, qu'elle travaille actuellement dans l'armée, mais qu'elle termine en avril et qu'elle a hâte pour pouvoir écrire ! (J'espère que ça veut dire qu'on aura plus souvent des chapitres héhé) Puis, le 6 décembre, c'était les 10 ans du premier chapitre de PP ! C'est dingue ! Cette histoire que je vous traduis a dix ans ! Pour l'occasion, il y a eu une semaine de prompt organisée par le discord, et j'ai participé pour l'une d'entre elle. Évidemment, j'ai écrit ma fanfic en anglais, et je l'ai publiée sur AO3 (faudrait que je la publie ici aussi tiens). La traduction de ma fanfic est déjà préparée mais comme ça se déroule juste à la fin de AA (The Ambiguous Artifice, le tome 3), je ne la mettrai en ligne que quand on atteindra le moment ^^ Ouh, j'ai hâte.
Chapitre 19
Severus Snape s'approcha de la porte de son bureau avec l'assurance d'un homme qui savait précisément ce qu'il trouverait derrière. Étant un homme qui dans la plupart des situations pouvait utiliser l'expression « déjà vu, déjà fait » avec une honnêteté réelle (non pas qu'il le ferait, comme cette expression particulière était trop d'impertinente pour être utilisée par quelqu'un d'aussi sérieux que Severus Snape), il ne se considérait absolument pas, en général, impressionné par les petites surprises de la vie.
C'était dans cet état d'esprit que le Professeur Snape entra dans son bureau, et en y repensant, il ne pourrait qu'être reconnaissant que Pompom n'avait pas été avec lui sur le moment. Ou pire, Minerva – nan, Albus ! Il ne pensait pas qu'il aurait été capable de se remettre d'avoir été rendu bouche bée comme un première année rencontrant un chien à trois têtes s'il y avait eu des témoins. Tel qu'il en était, la vision qui l'accueillit en désactivant les protections et en entrant dans son bureau le fit s'arrêter. Fixer. Froncer les sourcils. Fixer un peu plus. Finalement, il leva la main pour frotter ses yeux avec fatigue, certain que l'épuisement devait enfin l'atteindre.
Son bureau avait été presque complètement submergé par des caisses. Une partie de son esprit nota de façon distante que ça expliquait où toutes ses caisses avaient disparu, mais la majeure partie de son esprit était toujours en train de se poser sur le fait que son bureau avait été rempli de caisses – et pas des caisses vides, mais des caisses avec des potions à l'intérieur.
Il doit y en avoir deux douzaines au minimum, pensa-t-il, s'avançant finalement et cherchant dans la caisse la plus proche pour sortir un des béchers à l'intérieur avec sa main libre. Il contenait de l'Inducteur de Sueur ; ceci fut immédiatement clair. Ce qui était moins clair était comment environ 30 caisses d'Inducteur de Sueur – car en effet, il semblait qu'il s'agissait de la même potion dans chacune – s'étaient retrouvées dans son bureau. La réponse évidente le fit presque grogner de contrariété.
Bien sûr, se renfrogna-t-il. Donnez-en à Black long comme le doigt…
À quoi est-ce que cet imbécile pensait ? N'avait-il pas dit à ce petit idiot que la qualité était plus importante que la quantité ? Severus serait chanceux si n'importe laquelle d'entre elles était viable, et même s'il finissait avec une caisse correcte après tout, le reste était un gâchis d'ingrédients tellement flagrant qu'il fut tenté de jurer à voix haute. Severus déposa avec précaution deux caisses de Blaneige qu'il avait tenues sous son bras pour les amener à Pompom et fit le tour de son bureau pour chercher dans les tiroirs la potion Pimentine qu'il gardait dedans. Il ne serait pas capable de délivrer les potions jusqu'à ce qu'il sache lesquelles étaient utilisables et lesquelles étaient inexploitables, et avec son noyau magique aussi réduit après avoir concocté des Philtres de Blaneige, il avait besoin de quelque chose pour l'aider à passer le cap pendant qu'il les vérifiait toutes.
Le visage sombre, Severus se tourna vers la caisse la plus proche et se mit au travail, bandant sa magie vers la première potion pour en obtenir un ressenti. Soupirant à l'idée de faire ceci encore 800 fois environs, le Maître des Potions s'installa pour une longue nuit.
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Le petit-déjeuner de Rigel dimanche matin fut interrompu de façon plutôt spectaculaire par un Maître des Potions furieux qui paraissait ne pas avoir dormi de la nuit. Les robes de Snape étaient froissées et ses cheveux paraissaient plus ternes que d'habitude, mais ces choses étaient complètement éclipsées par son froncement de sourcil, que Rigel trouva digne de poésie épique. Les première année autour d'elle se tassèrent, peu avide de se faire attraper, même en périphérie, par la rage de leur directeur de Maison, et Rigel repoussa rapidement son couteau à beurre hors de la portée de Snape, juste au cas où.
Heureusement pour les Serpentard autour de Rigel, Snape ne resta pas longtemps. Il aboya les mots « Black. Mon bureau. Maintenant », avant de se retourner et de partir de la Grande Salle d'un pas raide aussi vite qu'il était venu.
Malheureusement pour Rigel, il semblait que Professeur Snape ne l'invitait pas à boire le thé. Sous les regards compatissants et légèrement effrayés de ses camarades de Maison, Rigel se leva et lança à Pansy et Draco un petit sourire triste avant de se rendre vers les cachots.
Elle n'avait aucune idée de pourquoi Professeur Snape était aussi énervé par elle, mais elle pouvait seulement supposer que, a) il était en colère à propos de quelque chose d'autre et se trouvait avoir besoin de lui parler en même temps ou b) c'était quelque chose qui avait à voir avec les potions qu'elle avait laissées dans son bureau le soir précédent.
Est-ce que je n'en ai pas assez concoctées ? se demanda Rigel alors qu'elle descendait les marches en pierre du hall d'Entrée. J'étais sûre qu'il serait content avec la quantité que j'ai atteinte, mais peut-être que ce n'était pas assez. Cela aurait été étrange en effet, car Rigel n'avait pas encore rencontré d'adultes qui s'attendaient à plus d'elle que ce qu'elle attendait d'elle-même. Peut-être que Miss Teigne s'est retrouvée d'une façon ou d'une autre dans le bureau et les a toutes renversées ? Ou Peeves ? Non, Snape avait sûrement des protections contre les animaux et les esprits frappeurs. Ça doit être quelque chose d'autre, songea-t-elle, mais quoi ?
La porte familière du bureau était entrouverte, et Rigel n'était pas sûre d'être heureuse de ne pas avoir à s'arrêter et trouver le courage de toquer ou pas. Elle toqua tout de même en entrant dans la pièce, qui semblait beaucoup plus petite quand elle était emplie de caisses. Après un moment, elle réalisa que les caisses n'étaient pas là où elle les avait laissées. Elles avaient à la place été empilées du côté opposé du bureau, comme si quelqu'un les avait méthodiquement déplacées d'un côté à l'autre. Snape était assis à son bureau et le regard sur son visage était celui d'un homme se retenant physiquement de faire quelque chose d'irréfléchi. Rigel ferma gentiment la porte derrière elle et s'approcha pour se tenir devant le bureau silencieusement, espérant qu'en semblant discrète, il y aurait moins de chances qu'elle attire sa colère sur elle. Étant donné qu'il n'y avait personne d'autre présent sur qui elle pouvait retomber, elle sentait qu'elle devait prendre toutes les précautions.
Le silence régna, irritant ses nerfs jusqu'à ce que Snape élève enfin une voix aussi dure qu'une meule :
« Dites-moi, Mr. Black, est-ce que je vous parais être un sorcier qui fait excessivement confiance ? »
Rigel cligna des yeux, à peu près sûre qu'il n'y avait pas de façon polie de répondre à cela, mais Snape continua :
« Quand je donne ma confiance à quelqu'un, disons quand je leur assigne une tâche, par exemple, pensez-vous que cela me plaît d'avoir cette confiance bafouée ? pressa-t-il, ses yeux noirs crépitant avec de petits éclairs de colère.
– Non, monsieur, dit Rigel avec précaution, son esprit fonctionnant maladroitement pour essayer de comprendre ce que Snape insinuait.
– Alors peut-être, Mr. Black, vous comprenez pourquoi je suis moins que ravi ce matin, dit Snape sombrement alors que Rigel était plutôt prise par surprise par la furie de son ton. Non ? Vous ne pouvez pas trouver une raison de pourquoi je vous aurais appelé ici pour vous expliquer auprès de moi ? »
Rigel déglutit lourdement et s'éclaircit la gorge quand il sembla que le Maître des Potions était, en fait, en train d'attendre une réponse.
« Est-ce que c'est… parce que j'ai utilisé tout l'hellébore des réserves de l'école ? supposa-t-elle, incapable de penser à une autre raison pour laquelle elle aurait abusé de sa foi en elle. Parce que j'en ai commandé plus, et je prévoyais de les remplacer…
– Ce n'est pas la raison, espèce d'idiot. »
Snape frappa le bureau d'une main et Rigel se mordit la lèvre pour s'empêcher de sursauter. Snape attrapa une fiole d'une caisse à côté de son fauteuil et la força dans sa ligne de mire.
« Qu'est-ce que c'est que ça, Mr. Black ? »
Rigel contempla la potion, impuissante.
« Un bécher d'Inducteur de Sueur, monsieur.
– Et qui a concocté cet Inducteur de Sueur, Mr. Black, est-ce que vous pouvez me dire ça ?
– C'est moi, monsieur, dit-elle doucement, toujours confuse.
– Comment savez-vous que celui-ci est le vôtre ? » demanda-t-il, un ton méprisant dans la voix qu'elle ne comprenait pas.
Est-ce qu'il avait concocté des Inducteurs de Sueur aussi ?
« C'est mon écriture sur l'étiquette, dit-elle lentement.
– Toutes ces potions ont votre écriture sur les étiquettes.
– Oui, monsieur, approuva Rigel, pensant, Bien sûr que oui.
– Mais vous n'avez pas fait toutes ces potions, Mr. Black », dit Snape.
Ce n'était pas une question.
Les yeux de Rigel se plissèrent de frustration.
« Excusez-moi, monsieur, mais si.
– Ne me prenez pas pour un imbécile, mon garçon, grogna le Maître des Potions. Vous vous attendez à ce que je croie que vous avez concocté plus de cent chaudrons d'Inducteur de Sueur en deux semaines, en plus de maintenir vos études, qui, les autres Professeurs m'assurent, n'ont pas baissé ? se moqua-t-il avec dédain. Vous auriez été plus intelligent de délivrer un dixième de ces potions et de donner le reste lentement pendant deux mois. Cela aurait été, au moins, crédible. »
Rigel fronça les sourcils, le point de la tirade de Snape pénétrant enfin dans son cerveau. Elle avait déjà fait face au scepticisme quand il était question de ses concoctions auparavant, quand elle était plus jeune, mais jamais à de pures accusations. Et pourtant, il n'en avait pas fini.
« Mais non, pas vous Black, il fallait que vous essayiez de paraître comme un héros, railla-t-il. Il fallait que vous essayiez de nous impressionner avec vos talents et votre altruisme. Juste comme un Gryffondor, à essayer de prendre le mérite du dur labeur d'un autre et… »
Rigel en avait eu assez. Ses mains tremblaient dans leurs poings serrés, et elle n'allait pas rester là et le laisser la rabaisser sans juste cause peu importe à quel point elle l'admirait.
« Ce n'est pas vrai ! » dit-elle haut et fort, regardant furieusement Snape, qui paraissait prêt à commettre un meurtre pour avoir été interrompu de façon aussi grossière.
Elle continua avant qu'il ne puisse l'arrêter :
« Hormis le fait que quelques béchers d'Inducteur de Sueur ne font de personne un héros, je n'ai pas fait ce dont vous m'accusez, Professeur. »
Sa voix était revenue à une octave raisonnable, mais le ton était dur et défensif.
« Je ne prendrais jamais le mérite du travail d'un autre, rien que parce que le mien est probablement meilleur, dit-elle, manquant le regard de reconnaissance surprise sur son visage pendant qu'elle fulminait. J'ai travaillé comme un dingue pour concocter ces potions, et vous avez intérêt à croire que toutes sans exception sont parfaites. Je n'ai pas demandé d'aide, principalement parce que je n'aime pas recevoir d'aide de quiconque, mais aussi parce que je sais l'importance de ce projet de rester secret ! »
Rigel fit volte-face et marcha d'un pas raide les quelques pas jusqu'à la porte, puis refit volte-face et avança jusqu'au bureau du Maître des Potions.
« Vous pensez que je mettrais vraiment en péril à la fois votre confiance et la santé de mes camarades juste pour que je puisse paraître plus cool en sous-traitant les potions à d'autres personnes et les déclarant comme mienne ? Je ne suis pas mon père, Professeur Snape. Peut-être que j'essayais en effet de vous impressionner, parce que vous êtes tout ce que j'ai toujours voulu être et je respecte votre opinion, mais je veux vous impressionner par mes propres mérites. Pas parce que je veux montrer à quel point je suis travailleur et altruiste, mais parce que le succès m'importe, et cela ne veut rien dire si c'est le travail de quelqu'un d'autre. »
Rigel était essoufflée maintenant mais elle avait une dernière chose à dire. Elle jeta un regard noir à son directeur de Maison.
« Et je suis un Serpentard. Vous par rapport à tous les autres devriez savoir ça. »
Il lui fallut plusieurs moments après sa tirade pour réaliser que le rugissement dans ses oreilles n'était pas Snape lui criant dessus en retour, mais plutôt le son erratique de ses propres battements de cœur et de sa respiration. Snape était juste assis là, les yeux étrécis et concentrés derrière un épais froncement de sourcil. Enfin, quand elle commença à se sentir un peu embarrassée d'avoir encore explosé devant le Maître des Potions, il dit :
« Jurez sur votre magie que vous avez concocté toutes ces potions. »
Rigel se hérissa mais Snape claqua :
« Épargnez-moi la fierté d'un enfant, Mr. Black. Vous avez parlé de manière convaincante mais je dois être sûr. »
Rigel prit une longue et lente inspiration, et la relâcha pendant qu'elle réfléchissait. Considérant la nature de la maladie, supposa-t-elle, ce n'était pas une demande irraisonnable. Après tout, si elle avait sous-traité les potions, le préparateur de potions aurait pu avoir des intentions malfaisantes et, d'une façon ou d'une autre, empoisonner les potions. Snape ne pouvait pas se permettre de les administrer aux enfants à Poudlard à moins de n'avoir absolument aucun doute sur leurs origines.
« Je jure, au risque de ma magie, que si celles-ci sont les mêmes potions que Alesana Selwyn et moi-même avons délivré dans cette pièce hier, alors j'ai concocté chacune d'entre elles par moi-même », dit-elle avec précaution, s'assurant de formuler de façon à ce que si par quelque façon une potion qu'elle n'avait pas faite s'était retrouvée mélangée avec celles qu'elle avait délivrées, elle ne perdrait pas sa magie sur un détail technique.
Rigel sentit le ronronnement dans son noyau jusqu'au plus profond de ses os alors que la magie entraînée par le serment balaya son esprit et son âme pour vérifier la validité de sa déclaration. Snape et elle se relaxèrent en même temps quand la magie oppressive disparut sans faire de mal.
Snape s'éclaircit la gorge.
« Je vous dois des excuses pour…
– Non, s'il vous plaît, monsieur, le coupa doucement Rigel. En vérité, je pense que j'espérais vous surprendre avec la quantité que j'ai réussie à faire, donc c'est en partie ma faute pour ne pas avoir considéré à quel point une telle surprise paraîtrait suspicieuse dans le climat actuel. »
Snape acquiesça en accord placide et Rigel ajouta :
« Ceci dit, s'il vous plaît, ne doutez plus de ma parole, qu'elle soit donnée ou sous-entendue, sans preuve raisonnable à partir de maintenant. »
Les yeux perçants de Snape transpercèrent son regard gris plat, mais elle refusa de céder pour ça. S'ils ne pouvaient pas se faire confiance l'un l'autre, ils ne pouvaient pas travailler ensemble.
« Une telle chose ne devrait pas avoir à être demandée, autorisa-t-il, et Rigel hocha la tête en acceptation de sa concession non dite. Peut-être que nous devrions ignorer les dix dernières minutes et commencer cette entrevue là où elle aurait dû débuter. »
Snape sortit sa baguette et fit apparaître une chaise.
« Veuillez prendre un siège s'il vous plaît, Mr. Black.
– Merci, Professeur Snape, dit Rigel, prenant la chaise sans hésitation. Je vois que vous avez reçu les Inducteurs de Sueur. J'espère que tout était en ordre ?
– Tout à fait », dit Snape sarcastiquement, se demandant sans doute pourquoi toutes leurs entrevues dégénéraient d'une telle façon.
Rigel pensait que c'était probablement une combinaison de Snape approchant chaque situation l'impliquant d'un point de vue biaisé à cause de qui son père était et d'elle réagissant sur la défensive au plus petit soupçon même d'accusation ou de critique parce qu'elle était constamment consciente de sa duplicité et des raisons derrière, la rendant ainsi peu sûre d'elle et encline à réagir de façon excessive. Quoi que le Maître des Potions pensât, il continua :
« Je suis quelque peu perdu pour expliquer comment vous avez réussi à concocter autant de potions en deux semaines, Mr. Black. Peut-être pouvez-vous m'éclairer ? »
Rigel haussa les épaules.
« Ma moyenne était de quatre heures de concoction par jour, et j'avais généralement deux ou trois chaudrons en train de concocter en même temps. J'étais pris, mais pas surchargé, monsieur. »
Snape fronça les sourcils.
« Ce n'est pas que vous ayez concocté presque 800 béchers de potions en deux semaines qui force l'imagination, Mr. Black. Si vous aviez présenté 33 caisses de Potion pour soigner les furoncles, je n'aurais pas cligné d'un cil, je vous assure. Les Inducteurs de Sueur, toutefois, ne sont pas des remèdes contre les furoncles. »
Rigel inclina la tête pour montrer son incompréhension, et Snape continua :
« Les remèdes contre les furoncles ne demandent pas que de la magie soit imprégnée par le concocteur car elle dépend de la magie intrinsèque des ingrédients. Un Inducteur de Sueur n'est pas viable à moins que de la magie soit consciemment imprégnée.
– Oui, monsieur, dit Rigel, essayant de ne pas sonner condescendante mais ne voyant vraiment pas où était le problème. Vous m'avez expliqué ça quand j'ai eu la recette. »
Snape soupira, donnant l'impression d'être dans un vrai calvaire.
« La magie requise pour une fournée d'Inducteur de Sueur n'est pas quelque chose qu'un première année peut dédaigner. La nuit dernière, j'ai vérifié absolument toutes ces potions et elles sont toutes viables, donc la question évidente est comment vous avez réussi à ne pas vous évanouir d'épuisement magique après en avoir concoctées 65 fois par semaine. Est-ce que vous preniez de la Pimentine à chaque repas ?
– Non, monsieur, la Pimentine peut avoir des effets désastreux à long terme sur les passages à la fois neurologiques et magiques », dit Rigel récitant une étude qu'elle avait lue dans le Potions Trimestriel quand elle avait huit ans.
Snape lui jeta un regard qui disait clairement, je sais, mais demanda :
« Des stimulants magiques plus forts, alors ? »
À son expression offensée, il dit :
« Je ne pensais pas que vous en preniez, mais cela ne fait tout simplement pas sens, Mr. Black. Vous voyez maintenant pourquoi j'ai été aussi rapide à sauter à d'ignobles conclusions ?
– Je ne vois pas pourquoi ça ne fait pas sens pour vous, dit Rigel simplement. J'ai imprégné chaque chaudron avec attention avec assez de magie, mais ce n'est pas comme si c'était dur. Je ne me suis jamais senti fatigué, à part la fatigue évidente d'avoir concocté au petit matin. Je pense que vous surestimez la difficulté d'imprégner. Je veux dire, c'était dur au début quand j'étais encore en train de comprendre les Médi-minis, mais une fois que j'ai pris le coup de main, imprégner était la partie facile de la concoction, comparé à la délicatesse d'ajouter la grande camomille et les chardons au troisième stage. »
L'expression sur le visage de Snape ressemblait beaucoup à celle qu'elle avait commencé à s'habituer à voir sur celui de Draco quand elle faisait ou disait quelque chose qu'un sang-pur "normal" n'aurait pas fait ou dit. Une expression pensive traversa son visage, et il dit doucement :
« L'explication la plus simple en effet, mais la probabilité…
– Monsieur ? » l'invita Rigel quand il eut fixé le mur derrière elle suffisamment longtemps pour la rendre un peu désolée pour la pierre blanche.
Snape cligna des yeux et s'avança dans son fauteuil, la regardant comme si elle était une énigme qu'il était près de résoudre.
« L'explication la plus simple pour cette… chaîne d'événements se trouve aussi avoir un test simple, bien qu'assez délicat. J'ai besoin de votre permission avant de procéder, toutefois. »
Rigel dévisagea son Professeur, un peu circonspecte. Elle se rappelait d'Archie disant qu'un Legilimens avait légalement besoin d'une permission pour regarder dans l'esprit d'une personne.
« De procéder pour faire… quoi exactement ?
– Avec votre permission, j'établirais un lien temporaire entre nos noyaux magiques, dit-il, le visage impénétrable. Cela ressemble d'une certaine façon au lien établi quand on imprègne une potion avec sa magie, la différence étant que le noyau magique de l'autre personne n'est pas un récepteur passif comme une potion. Toutefois, c'est le seul moyen d'obtenir une… lecture exacte du noyau magique d'une autre personne, et je crois que cela m'aiderait à éclaircir certaines choses d'avoir une idée de votre noyau magique en général.
– Ce n'est pas comme lire les esprits, n'est-ce pas, monsieur ? demanda Rigel avec précaution. Quelles sortes de choses pouvez-vous apprendre sur une personne avec cette sorte de lien ?
– Cela ne ressemble pas beaucoup à la Legilimancie, Mr. Black, dit Snape, parlant lentement d'une façon qu'elle avait commencé à remarquer qu'il avait quand il voulait être honnête et choisissait donc ses mots avec soin. Le lien est créé entre deux noyaux magiques, et non deux esprits, et ainsi, il peut seulement révéler des informations concernant les noyaux magiques. Je serai capable de savoir des choses comme la fréquence à laquelle vous utilisez votre magie, s'il y a des blocages sur votre magie, etc.
– Mais il ne peut pas vous dire quoi que ce soit de spécifique sur la personne à laquelle le noyau magique appartient ? » clarifia Rigel.
Snape étrécit vivement les yeux vers elle avec ce qui était probablement de la suspicion, et elle grimaça intérieurement, mais il dit simplement :
« C'est exact. Si vous le permettez ? »
Rigel acquiesça lentement. Snape pointa sa baguette sur son torse et Rigel essaya de ne pas déglutir. Elle se demanda combien de sorciers avaient survécu après s'être tenu au bout de la baguette du Professeur Snape, qui semblait carrément trop terrifiant pour être un enseignant d'école, et elle décida qu'elle ferait mieux de ne pas y penser.
Après un moment, Rigel sentit quelque chose d'étrange dans la région de son noyau magique, et si elle ne s'y était pas attendue, elle ne doutait pas que sa magie se serait déchaînée de façon menaçante. Tel qu'il en était, elle retourna ses sens magiques intérieurement et regarda avec fascination la magie étrangère s'approcher de son noyau. Son noyau était une sphère de magie pure située dans son ventre, assez similaire à une pelote de laine par le fait qu'il avait des brins et des cordes de magie tout enroulés autour du centre. Contrairement à une pelote de laine, les enroulements bougèrent et se contractèrent avec paresse quand la magie extérieure, qu'elle ressentait un peu comme un bâton de fer, les tâtillèrent en expérimentation. Comme un Filet du Diable, pensa-t-elle distraitement, ou comme une fosse aux serpents. Silencieusement, elle demanda à sa magie d'étendre sa propre vrille vers le bâton inflexible de magie autre et compléta la connexion. Les deux appendices de magie fusionnèrent instantanément, les bords fondant ensemble et forgeant un conduit magique, qui vibra joyeusement à la vie.
Snape sauta et les sens de Rigel du monde réel le regardèrent la fixer avec surprise avant qu'il ne se concentre sur le lien entre leurs noyaux une fois de plus. À ce stade, c'était assez dur de savoir où sa corde de magie s'arrêtait et la barre métallique de Snape commençait. Rigel sentit Snape tirer un peu sur la connexion de son côté, et le lien trépida suite à la résonnance qui renvoya ce qui ressemblait à des pulsations de pure magie le long de la corde vers le noyau de Snape. Les pulsations semblaient lui dire quelque chose, car ses sens physiques lui dirent qu'il fronçait les sourcils de concentration. Rigel pensa que cela ressemblait un peu à de l'écholocation magique. Elle se demanda si le lien marchait dans les deux sens, donc elle demanda à sa magie de tapoter avec précaution la connexion de la même façon que Snape. Elle sentit une brève résistance, et alors la tension s'atténua et elle put sentir les pulsations magiques se relayer en va-et-vient à travers la connexion. Quand elles revinrent vers son noyau magique, sa magie sembla digérer les pulsations pendant un moment, puis Rigel fut frappée par un paquet de connaissances qu'elle n'avait pas eues un moment plus tôt, et elle réalisa que c'était des informations récupérées du noyau de Snape.
Si son noyau était fait de serpents et de vrilles d'énergie magique enveloppés pour former une balle, le noyau de Snape était protégé derrière une excroissance épaisse de ronces. Les vignes rattrapaient en flexibilité ce que les épines comme des rasoirs qui y étaient rattachées manquaient, et il était difficile de dire ce qui se dissimulait en-dessous avec les ronces enroulées autour du noyau avec une telle protection. Le bâton qu'il avait envoyé pour jeter un pont entre leurs noyaux était en fait une épine prolongée, mais Rigel avait raison de penser qu'elle avait paru être du fer avant. Toutes les vignes des ronces étaient faites de différents types de métaux. Fer, acier, platine, argent, toutes sortes de métaux, certains purs et certains en alliage. Elle supposa qu'ils devaient représenter les différents genres de magie que Snape utilisait, ou peut-être permettaient-ils un système magique plus versatile et facetté.
C'était fascinant d'assimiler des informations via un pulsar magique. Elle trouva que les vignes de Snape bougeaient plus lentement que ses serpents et cordes parce qu'il était fatigué, ayant dépensé beaucoup de son énergie magique durant les 48 dernières heures. Un étrange bout d'énergie magique flottant autour des périphériques de son noyau, mais rattaché à rien, lui apprit qu'il avait pris quelque chose comme une Pimentine récemment et fonctionnait toujours avec. Elle supposa que s'il réalisait de la magie pendant que la connexion était maintenue, elle lui en apprendrait bien plus sur son noyau, mais Snape retira sa magie avec une main adroite un moment plus tard, la séparant de la sienne et brisant le lien ce faisant. Son sens magique lui revint de son noyau avec un clac le moment où il n'y avait plus de connexion, et il lui fallut quelques moments pour regagner son orientation et puis relâcher ses sens magiques complètement et se reconcentrer sur le monde tangible.
« J'espère que vous avez trouvé cela aussi enrichissant que moi ? » demanda sèchement Professeur Snape quand elle eut recouvré ses esprits.
Avec retard, elle réalisa qu'elle n'avait pas demandé l'autorisation pour inspecter son noyau magique, comme il l'avait fait. Elle grimaça en excuse, mais il fit un geste de la main imperturbable pour l'arrêter.
« Tranquillisez-vous, Mr. Black, un passage magique est généralement offert dans les deux sens, dans l'intérêt de la politesse, bien que je ne m'attendais pas à ce que vous ayez autant de contrôle sur votre noyau magique au point que vous seriez capable de prendre avantage du lien, considérant où vous en étiez avec le contrôle magique juste quelques semaines plus tôt. »
Il la fixa de façon plutôt sardonique alors qu'il ajoutait :
« Un jour, je devrai arrêter de vous sous-estimer, petit. »
Rigel ne savait pas quoi dire à cela donc elle demanda :
« Est-ce que ça vous a dit ce que vous aviez besoin de savoir ?
– Oui et non, dit Snape, croisant les mains sur son bureau d'un air pensif. Oui, parce que si la lecture de votre noyau magique est à croire, vous avez de sacrées réserves de magie sous la première couche de votre noyau, ce qui pourrait expliquer pourquoi sacrifier de la magie pour imprégner ne vous fatigue visiblement pas. Non, parce que le noyau magique de votre père était au-dessus de la moyenne, mais pas à un niveau qui pourrait être responsable de cela. »
Snape s'arrêta, puis continua délicatement :
« Je ne connaissais pas très bien votre mère. Était-elle magicalement puissante ? »
Rigel cligna des yeux, prise par surprise par la question. Bien sûr que sa mère était puissante. Tout le monde savait à quel point Lily Potter était puissante, peu importe qu'elle eût eu des parents moldus. Elle…
Rigel se gifla mentalement. Il veut dire Diane, réalisa-t-elle, se sentant plutôt bête.
« Je ne suis pas sûr, dit-elle à moitié sincère. Père n'aime plus trop parler d'elle, donc personne ne la mentionne autour de moi. Je suppose qu'elle a pu l'être.
– Hmm. »
Snape retourna ceci dans sa tête.
« Eh bien, dans tous les cas, votre noyau magique est bien plus puissant que ce que je pourrais attendre chez un première année, en plus d'avoir de profonds puits naturels de pouvoir magique. Je soupçonne la force de votre noyau d'être un résultat de la suppression que vous avez exercé presque constamment sur votre magie durant l'enfance. Cela a rendu votre noyau dense et résistant, mais je crois que vous l'avez trop restreint à un moment, ce qui l'aurait poussé à se déchaîner dès que vous perdiez le contrôle suite à une forte turbulence émotionnelle.
– Donc, m'être tout le temps battu contre ma magie l'a rendue plus… forte ? Parce qu'elle devait lutter tout le temps ? clarifia Rigel et Snape acquiesça.
– Je pense que oui. Par ailleurs, votre propre contrôle sur votre magie est anormalement développé parce que vous avez lutté contre elle aussi souvent, dit-il. Vous et votre magie étiez comme de vieux rivaux, chacun s'améliorant pour surpasser l'autre, donc le résultat est que vous êtes tous les deux devenus plus fort par compétition.
– Étiez ?
– En ce moment, votre noyau ne se bat presque pas du tout, lui apprit Snape. Il se contracte de temps à autre, mais pour la plupart, vous et votre noyau magique semblent être en tandem.
– Oui, je suis parvenu à un accord avec elle, admit Rigel. Je réalise de la magie assez souvent pour lui plaire, et en retour, elle ne fait pas de magie sans mon instruction. Pas trop. »
Snape lui envoya un regard étrange, mais Rigel avait une autre question :
« Monsieur, qu'est-ce que vous vouliez dire par la "première couche" de mon noyau magique ? »
Il entra en mode professoral immédiatement.
« La plupart des sorciers ont deux couches pour leur noyau magique. Certaines créatures magiques ont plusieurs couches, certaines en ont seulement une, et certaines n'ont pas de noyau magique mais plutôt un réseau de magie décentralisé, mais pour en revenir au point, qu'avez-vous remarqué quand vous avez utilisé la connexion pour percevoir mon noyau magique ? »
Rigel haussa les épaules, et dit :
« Il ressemblait à une parcelle de ronces.
– Quelle forme avait-il ?
– Il était sphérique. Est-ce que tous les noyaux sont des sphères ? demanda Rigel.
– Pas nécessairement, dit Snape. La sphère est la forme la plus intuitive pour consolider du pouvoir, donc généralement le noyau d'une personne est à peu près rond au minimum. Dans mon cas, les ronces que vous avez remarquées sont seulement l'extérieur du noyau. Elles poussent autour du second niveau et agissent à la fois comme défense principale pour le noyau magique et comme une couche à la surface flexible qui gère la magie de tous les jours. La première couche d'un sorcier, des ronces dans mon cas, est alimentée par le noyau véritable dès que de la magie est utilisée, donc souvent le noyau véritable d'une personne est vidé avant que la couche extérieure ne soit dépensée. Ainsi, il est difficile de jauger la profondeur et l'état du noyau magique d'une personne sans habitude. Tout ce qui est important pour le moment, toutefois, c'est que votre noyau véritable est en effet suffisamment profond pour imprégner des potions à un niveau bien plus élevé que la plupart des première année seraient capables.
« Donc ça veut dire que je peux encore plus vous aider avec des potions plus dures, c'est ça ? »
Rigel se pencha en avant dans sa chaise avec une excitation mal réprimée.
« Les Inducteurs de Sueur ont seulement besoin de trois doses par semaine, même si elles sont données constamment. Ces caisses devraient durer au moins trois mois, même si cent enfants tombent malades. Laissez-moi aider avec quelque chose d'autre, monsieur. Je vous en prie. »
Snape considéra ostensiblement sa demande avec soin, mais Rigel avait vu son noyau magique, vu combien il était fatigué tout le temps et à quel point il travaillait dur, en restant juste à flot avec les besoins de l'Infirmerie, et sut qu'il avait besoin de son aide, qu'il le veuille ou non.
« Je suppose que le Souffle d'Aurore est une bonne potion à savoir en général pour un futur Maître, dit Snape précautionneusement, et Rigel sourit de toutes ses dents en réponse. Je vous donnerai la recette que je préfère durant le dîner de ce soir, Mr. Black, ainsi que mes notes sur la potion. »
Il la fixa avec un regard sévère.
« Cette potion requiert encore plus de magie qu'un Inducteur de Sueur, bien que pas autant qu'un Blaneige. Vous ne ferez pas plus de vingt-cinq chaudrons par semaine, est-ce compris ? Cela sera bien assez pour garder Pompom approvisionnée, si l'on considère que chaque enfant a besoin de seulement un bécher par semaine et qu'un chaudron produit six béchers.
– Oui, monsieur », accepta facilement Rigel.
Elle était prête à échanger moins d'heures de concoction contre une nouvelle potion plus dure à concocter.
« Vous faites une chose rare, Mr. Black », lui dit Snape après un moment de silence.
Rigel reconnut les mots comme un remerciement inattendu et officieux, donc elle dit :
« Cela veut dire plus quelque chose sur le monde dans lequel nous vivons que sur moi pour faire quelque chose de rare, si utiliser ses compétences pour faire une différence est une chose rare, Professeur Snape. »
Le visage de Snape était illisible, mais Rigel n'attendait pas une réponse. À la place, elle demanda :
« Professeur, est-ce que vous avez appris quoi que soit de nouveau sur la maladie ? Comment elle se répand ou quel est son but ?
– Son but ? dit Snape brusquement. Que voulez-vous dire pas là ?
– Eh bien, dit Rigel, se rappelant quelque chose qu'Archie lui avait dit une fois. Chaque maladie a un but, pour ainsi dire. Les virus s'infiltrent souvent dans des cellules vivantes pour faciliter leur propre reproduction, qu'ils ne peuvent pas faire sans un hôte, par exemple. Quelle est la raison de cette malade, et qu'est-ce qu'elle veut avec les humains ? Nourriture ? Refuge ? Est-ce un parasite, dépendant de l'existence continue de son hôte ou est-ce que la mort de l'hôte ne fait aucune différence pour elle ? Est-ce qu'elle attaque les enfants parce qu'ils y sont plus susceptibles ou parce qu'ils ont quelque chose que les adultes n'ont pas ? »
Snape considéra ses mots.
« C'est une façon intéressante de voir les maladies.
– J'ai parfois joué avec l'idée d'être un Guérisseur, dit Rigel. Je suis intéressé par l'invention et l'expérimentation avec les Potions, et il y a de nombreuses maladies obscures qui n'ont présentement pas de remède ou même des options de traitements viables. »
Snape lui lança un regard qui la rendit inconfortablement consciente qu'il savait sûrement comment Diana était morte et était probablement en train de la prendre en pitié pour quelque chose qui était arrivé à son cousin.
« Eh bien, je peux répondre à au moins une de vos questions, dans tous les cas, dit finalement Snape. La raison pour laquelle les enfants semblent être plus susceptible à la magie est, nous pensons, liée à la façon dont la maladie est transmise. Elle se déplace d'esprit à esprit, bien que la proximité semble être également un facteur.
« Comment est-ce possible ? se demanda Rigel. À moins que toutes les victimes pratiquaient de la Legilimancie les unes sur les autres. »
Snape grogna un rire amusé.
« La magie, Mr. Black. Les maladies magiques sont transmises via des courants magiques, y compris les courants mentaux dans ce cas. Les esprits non protégés ont des fuites d'énergie mentale, dans une certaine mesure diffusant leur état mental à ceux qui perçoivent de telles choses. Quand des esprits non protégés passent beaucoup de temps autour l'un de l'autre, les énergies mentales qu'ils fuitent ont tendance à se mélanger et former des liens ténus entre l'un et l'autre. À cause de cela, des fois, des sorciers matures qui ont été amis pendant très longtemps sauront quand l'autre est proche. La maladie utilise ces courants projetés pour se déplacer d'un esprit à un autre, utilisant une personne "familière" à l'esprit original, et s'installe là.
– Donc plus un enfant est jeune, plus ouvert et non protégé est son esprit, en règle générale ? Et je suppose que des amis infecteront d'autres amis d'abord, parce que leurs esprits sont familier l'un l'autre de façon périphérique, dit Rigel. Ça fait sens, je suppose, mais qu'est-ce que fait la maladie une fois qu'elle est dans l'esprit ?
– D'aussi loin que je puisse le dire, avec l'exception de la toute première élève à tomber malade, Miss Jones, qui a glissé de façon imprévisible dans le coma, la maladie arrive subtilement, prenant lentement le dessus sur les facultés mentales d'un enfant jusqu'à ce qu'elle atteigne un point auquel elle peut plus ou moins prendre un contrôle complet. À ce stade, elle ferme l'esprit dont elle a pris le dessus comme une forteresse, le coupant du monde extérieur aussi complètement qu'un Maître Occlumens pourrait le faire.
– Et l'enfant s'effondre dans un semblant d'inconscience, dit Rigel, collant les pièces ensemble. Est-ce que c'est contagieux même après que l'esprit se verrouille ?
– Oui, dit sèchement Snape. Madame Pomfresh fait attention à ne pas passer trop de temps avec un patient, au cas où elle faciliterait involontairement la maladie à se répandre dans son propre esprit en créant des passages mentaux familiers. Ce n'est pas un haut niveau d'inquiétude toutefois, car l'esprit de Pomfresh est généralement bien protégé dans tous les cas.
– Et pour la fièvre ?
– Des fois, la fièvre est forte, d'autres fois, elle est faible, des fois elle dure, des fois non, dit Snape. Nous savons que la fièvre ne peut pas être arrêtée avec des Réducteurs de Fièvre, parce que la potion affecte l'esprit directement, et aucune de nos potions qui affectent l'esprit ont eu d'effet sur la maladie. La seule chose qui pourrait expliquer la fièvre elle-même est si la fièvre correspond à la violence avec laquelle un enfant va mentalement résister à la maladie une fois qu'il en prend conscience, c'est-à-dire, une fois que l'enfant est piégé dans son propre esprit avec elle, mais nous ne pouvons pas en être certain. Aucun de nos scans peuvent atteindre l'intérieur de l'esprit quand il est si bien protégé. Tout ce que nous pouvons faire pour le moment est de garder le corps vivant pour que lorsque la maladie partira, il n'y aura pas de dégâts durables.
– Pour le corps, dit sérieusement Rigel. Comment sait-on que leurs esprits ne sont pas endommagés irrémédiablement pendant que la maladie maintient son contrôle sur eux ?
– On ne sait pas, admit Snape. Mais pour des raisons que je ne partagerai pas avec vous, je ne pense pas que la maladie causera des dégâts significatifs une fois qu'elle maintient l'esprit verrouillé. Elle semble énormément fonctionner comme une malédiction-coma à cet égard. »
Rigel fronça les sourcils en réfléchissant. Ce que Snape disait n'avait pas beaucoup de sens du point de vue de la façon dont une maladie marchait, mais il semblait bien certain. Si c'était plus quelque chose comme une malédiction, une malédiction contagieuse d'ailleurs, et moins comme une véritable maladie, alors Rigel supposa que le but de la maladie dépendrait non pas de ce que la maladie gagnait en infectant des enfants, mais de ce que l'intention du lanceur était, comme avec n'importe quel sort. Cela supposait qu'il y avait une personne, un sorcier, derrière cette maladie, mais Rigel avait du mal à voir comment une telle maladie pouvait bénéficier une personne. Elle pouvait immobiliser ses ennemis, mais elle fonctionnait trop lentement pour être utile en bataille, et elle doutait que des enfants de Poudlard pouvaient être considérés l'ennemi de quiconque avec assez de pouvoir et de compétences pour orchestrer une épidémie entière.
Rigel soupira, pensant que peut-être elle devrait juste faire confiance à Snape pour savoir de quoi il parlait, et décida de se concentrer à trouver une façon de se garder elle-même en sécurité contre la maladie avant toute chose. Archie avait raison après tout. Plus que sa santé était en jeu si elle tombait malade et était laissée aux mercis des Guérisseurs impudiques. Elle savait fort bien que les doses de Blaneige étaient légèrement différentes pour les filles que pour les garçons, donc au minimum, le Guérisseur devrait revérifier son sexe pour cette raison.
Elle remercia Professeur Snape pour ce qu'il lui avait appris, sachant qu'il n'était sous aucune obligation de satisfaire sa curiosité, et quitta son bureau avec une nouveau but pour sa vie jamais-assez-occupée. Si la maladie s'attaquait aux esprits ouverts, alors elle devrait juste s'assurer que son esprit était aussi fermé que possible.
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Deux semaines filèrent entre concocter le Souffle d'Aurore, suivre le rythme de ses cours, et essayer d'ignorer le nombre toujours plus grand d'enfants confinés en Quarantaine. Ce n'était pas avant début mars qu'elle rattrapa Flint au petit matin après ce qui semblait avoir été un entraînement de Quidditch particulièrement affreux. Il vérifiait l'équipement de l'équipe dans la section de Serpentard des cabanons de stockage de l'école, s'assurant que ses membres d'équipe avaient nettoyé et rangé les leurs proprement, quand Rigel se glissa dans le cabanon et ferma la porte avec grand bruit après avoir vérifié qu'il n'y avait personne d'autre à l'intérieur pour être sûre.
Flint fit volte-face, la baguette levée, et Rigel leva les mains dans la posture universelle de "ne tirez pas", s'assurant que son visage fût clairement visible dans la lumière matinale qui s'infiltrait à travers la fenêtre crasseuse à sa droite
Flint grogna et baissa sa baguette, mais il ne lui tourna pas le dos de nouveau. À la place, il dit :
« Quoi ?
– C'est à propos de notre marché, dit Rigel doucement, et Flint roula des yeux avant de s'appuyer nonchalamment contre une caisse de souafles.
– Ah ouais ? dit-il légèrement. Tu as enfin décidé que tu en avais assez ?
– Non », dit Rigel, fronçant les sourcils.
Il ne s'attendait sûrement pas à ce qu'elle abandonne comme ça et reparte à la maison.
« Regarde, ce n'est pas que je ne te fais pas confiance Flint, et jusqu'à présent, tu as gardé ta parole, mais les choses deviennent… compliquées.
– Compliquées, répéta Flint.
– Dangereuses, amenda Rigel. Le vol d'identité de sang est toute une histoire, comme tu le sais. »
Flint acquiesça, donc Rigel continua :
« Si c'était juste que j'avais peur de ce qui m'arriverait si j'étais attrapé, je te croirais sur parole et considérerais notre affaire blindée. Malheureusement, je n'ai plus ce luxe. Le climat politique est trop volatil. Si notre supercherie à Archie et moi voyait le jour maintenant, il y a certains qui l'utiliserait comme une excuse pour s'en prendre à tout le monde ayant du sang comme le mien. Je ne veux pas sacrifier mes objectifs pour une quelconque chance abstraite qu'en suivant les règles, les choses marcherait, mais je ne veux pas non plus devenir par négligence une excuse pour une guerre totale contre les nés-moldus et les sang-mêlés.
– Okay, dit Flint en haussant les épaules, paraissant particulièrement peu impressionné. Et donc ?
– Tu es le seul hormis Archie et moi à connaître la vérité, dit-elle, négligeant de mentionner que même lui ne connaissait pas toute la vérité. J'ai besoin d'une garantie que peu importe ce qui arrivera, notre secret est en sécurité aussi longtemps que je maintiens ma part de notre arrangement et continue d'accomplir tes devoirs pour toi. »
Flint la considéra silencieusement, puis dit d'un ton monotone :
« Tu veux un Serment. Pour t'assurer que je ne parlerais pas.
– Pas exactement, dit Rigel, plutôt nerveuse de lui demander ça mais réticente à le montrer. La plupart des Serments stipulent qu'une personne ne peut pas faire ou dire quelque chose sans souffrir des conséquences, mais le fait est que la personne qui a fait le Serment pourrait toujours techniquement le briser, tant qu'elle est prête à payer un prix. Je veux garantir que tu ne pourras pas révéler notre secret, même sous la dureté, même sous un Sort de Vérité.
– Et comment tu prévois de faire ça ? demanda sarcastiquement Flint. La dernière fois que j'ai vérifié, même si je prenais le plus puissant des Serments Inviolables, il ne m'empêcherait pas de parler, il me tuerait juste.
– Eh bien, il y a deux options, en fait, lui apprit Rigel. La première est que tu m'autorises à modifier ta mémoire quand notre contrat est réalisé…
– Non. »
Rigel intégra le regard férocement catégorique sur le visage de Flint et acquiesça son accord.
« Oui, bon, c'est bien en fait parce que je ne sais pas comment modifier la mémoire de quelqu'un. La deuxième option est un peu plus intrusive, par contre.
– Qu'est-ce que c'est ? dit Flint avec fatigue. Allez, crache tes demandes, j'ai un petit-déjeuner à prendre.
– C'est une Malédiction de Scellement, dit Rigel. Je veux que tu me laisses Sceller la connaissance de notre imposture dans ton âme. Si fait correctement, le sort empêche pour toujours la connaissance d'être partagée ou relayée d'une quelconque manière, que ce soit volontaire ou involontaire. Ce n'est pas aussi mauvais que ça y paraît, ajouta-t-elle rapidement, anticipant les objections de Flint, mais tu n'auras pas à t'inquiéter de déraper accidentellement même dans dix ans, et cela te donne une échappatoire facile si le secret est dévoilé pour une autre raison et que les autorités te demandent pourquoi tu n'as jamais dit à quiconque que tu savais. Tu leur dis juste que je t'ai maudit avec une Malédiction de Scellement, et tu es tiré d'affaire. »
Rigel était vraiment fière d'elle-même pour avoir trouvé un tel sort. C'était un des multiples sorts possibles que les sang-purs avaient développés durant des siècles pour placer des garanties et des restrictions sur des affaires d'honneur. Il y avait des Serments, des Sceaux, et des Attaches de toutes sortes, bien que la plupart d'entre eux étaient tombés hors d'usage pour être plutôt… extrêmes. Celui-ci avait été référencé comme un exemple dans un des volumes sur les coutumes sang-pures qu'elle avait emprunté dans la bibliothèque des Black (qu'elle prévoyait vraiment de lire plus attentivement un de ces jours), et, de tous les endroits possibles, elle avait retrouvé une description dans un vieux livre de duel dans la Bibliothèque de Poudlard le soir précédent. Apparemment les forfaits pour les duels perdus avaient été bien plus restrictifs.
Flint la fixait avec quelque chose comme de l'incrédulité mélangée à de la suspicion qu'il était témoin de quelque chose de dément et ne savait pas quoi en faire.
« Tu veux que je te laisse me maudire – de façon permanente –, pour que je n'aie pas d'autre choix que de garder ton petit secret, qui sera probablement révélé dans un an ou deux de toute façon vu le pur ridicule de la nature de ton imposture, j'ai choppé l'essentiel ? »
Il était dur de savoir ce que Flint pensait, mais Rigel acquiesça avec reluctance. Il l'avait plutôt bien résumé, même si bien sûr, elle ne pensait pas que leur simulacre serait révélé aussi facilement qu'il le supposait.
« Qu'est-ce que j'y gagne ? » demanda Flint franchement.
Rigel dut penser pendant un moment pour voir ce qu'il voulait dire.
« Tu veux dire, puisque je fais techniquement monter les enjeux de notre marché, tu veux une concession additionnelle en plus ?
– Oui, dit Flint, souriant avec suffisance maintenant.
– Et en retour pour cette concession additionnelle, tu pendras la Malédiction de Scellement, juste comme ça ?
– Oui, je le ferai. »
Rigel haussa les épaules, consciente qu'elle n'était pas en position de négocier à ce stade.
« Alors, tu peux avoir tout ce que tu veux, j'imagine.
– Je peux, n'est-ce pas ? songea Flint, les yeux brillant d'amusement alors qu'il la faisait attendre au bord de sa décision. Hmm, les possibilités sont plutôt infinies. Je pourrais te faire porter mes livres entre mes cours, ou couper personnellement mon steak lors du dîner, mais je pense vraiment qu'une malédiction à vie mérite quelque chose d'aussi… comment tu l'as présenté ? Intrusif. Tu ne crois pas ?
– Qui est évasif, maintenant ? » marmonna Rigel, bien qu'elle ne fût pas en désaccord avec l'élève plus âgé.
Elle lui en demandait beaucoup, donc elle trouverait un moyen de réussir quoi qu'il voulût en retour. Honnêtement, il aurait pu la reporter il y a longtemps, et elle lui en devait une pour avoir offert de faire un marché avec elle en premier lieu, rien que pour ça.
« Eh bien, le problème, c'est que je n'arrive pas à penser à quelque chose que je veux vraiment pour le moment, avec toi qui fais déjà mes devoirs jusque dans un avenir proche, dit Flint. Donc j'imagine que je vais devoir prendre ton exemple et réclamer quelque chose d'assez similaire. »
Rigel déglutit nerveusement au regard suffisant sur le visage de Flint. Elle pouvait déjà savoir qu'elle n'allait pas aimer ça.
« Je veux un Serment de Dette non Divulguée, dit-il, faisant briller ses canines dans une sorte de sourire sauvage.
– Ça paraît plutôt se passer d'explication, remarqua-t-elle.
– En effet, dit Flint. C'est un Serment qui, en gros, reconnaît une dette inassouvie envers une autre personne, et quand la personne à laquelle il est lié réclame la dette, le Serment s'active et surveille la personne qui possède la dette jusqu'à ce qu'elle la satisfasse. Il est plutôt vague sur le laps de temps, à moins que la personne qui réclame la dette spécifie quelque chose, mais s'il sent que tu ne comptes pas remplir la dette au meilleur de tes capacités, il intervient.
– Intervient ? dit Rigel en fronçant les sourcils.
– Le Serment est connu pour avoir pris le contrôle de l'esprit et de la magie d'un sorcier pour s'assurer que la dette est remboursée si l'opportunité survient et que le sorcier semble réticent, dit Flint en haussant les épaules. Mais tu n'essaieras pas de te débiner, n'est-ce pas ? Donc tu n'as rien à craindre. »
Rigel soupira, voyant les multiples raisons pour lesquelles les choses pourraient horriblement mal tourner, en fonction de ce que Flint demandait, mais ne voyant pas d'autres options si elle voulait s'assurer que la fuite de Flint représentait était rebouchée, pour ainsi dire.
« Est-ce que je peux nuancer ça un peu ? demanda-t-elle.
– De quelle façon ? »
Flint haussa un sourcil, semblant surpris par quelque chose. Peut-être qu'il s'était attendu à un refus catégorique ? Comme si elle allait lui donner l'excuse d'annuler complètement le marché.
« Quand tu réclameras ta dette, pourras-tu me soumettre ce que tu comptes demander avant de véritablement invoquer le Serment ? »
Rigel écarquilla les yeux de façon implorante, et Flint grogna un rire.
« Pour quoi donc ? Tu vas me tuer s'il s'avère que c'est quelque chose que tu ne veux pas faire ? »
Il semblait amusé par l'idée même.
« Bien sûr que non, dit Rigel. Mais il y a des choses que tu ne sais pas sur moi, et si tu te retrouves à demander quelque chose qui serait littéralement impossible à faire pour moi, j'aimerais avoir une chance d'expliquer pourquoi cela serait une mauvaise idée de demander une telle dette.
– Comme quoi ? demanda curieusement Flint.
– Eh bien, et si tu me demandais de tuer ma sœur, mais qu'il se trouve que je n'ai pas de sœur ? Qu'est-ce que le Serment ferait alors ? » pointa-t-elle.
Elle ne voulait vraiment pas savoir ce qui se passerait s'il réclamait la dette pour quelque chose qui serait physiquement impossible à faire pour une fille, simplement parce qu'il croyait qu'elle était un garçon.
Flint haussa les épaules de manière imperturbable.
« Je doute que ce serait quelque chose comme ça, mais d'accord, je t'autoriserai ça.
– Donc l'accord est tel qui suit, dit Rigel, s'assurant qu'elle avait tout clairement dans sa tête. Je réaliserai tous les devoirs scolaires que tu me demanderas pour une durée de temps non spécifié, et je prendrai également un Serment de Dette non Divulguée qui sera payée à n'importe quel moment dans le futur. En retour, tu permettras la connaissance de l'imposture d'Archie et moi d'être Scellée de façon permanente en toi, et tu me préviendras avant de réclamer la Dette non Divulguée au cas où j'ai une objection raisonnable. De plus, tu ne diras à personne mon secret avant qu'il ne soit Scellé, et je ferai de mon mieux pour empêcher quiconque de découvrir que je suis celui qui fais tes devoirs. D'accord ?
– Marché conclu, dit Flint. On échangera les Serments et Scellements samedi matin. Viens me voir avant que le soleil ne se lève. »
Rigel acquiesça. Elle alla pour quitter le cabanon de stockage mais tourna la tête par-dessus son épaule au dernier moment et dit :
« Merci, Flint.
– Ne me remercie pas encore, gamin. »
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Au bout du compte, l'échange de promesses avec Flint se révéla plus simple qu'elle ne s'y était attendue. Ils se privèrent d'un enchaîneur, pour des raisons évidentes, et parce qu'il n'y avait qu'eux deux dans la pièce pendant qu'ils firent le Serment et le Sceau, aucun nom ne fut requis non plus, parce que les pronoms "toi" et "moi" à qui ils faisaient référence étaient évidents.
La Malédiction de Scellement était un jeu d'enfant, d'aussi loin que les malédictions allaient. Parce qu'elle était un précurseur du Sortilège de Fidelitas, elle nécessitait le consentement du maudit pour être efficace, et c'était pour cette raison, et non pour une quelconque difficulté dans le sort lui-même, qu'il était tombé en désuétude. À une époque, des absolus étaient considérés comme honorables dans les cercles sang-purs, mais de nos jours, la plupart préféraient avoir un peu de marge de manœuvre dans leurs engagements.
Les deux cérémonies prirent à peine vingt minutes, et quand elle quitta le cabanon de Quidditch, Rigel se sentait beaucoup plus légère. Personne ne pourrait jamais tirer son secret de Flint à présent, et avec Archie et elle travaillant leur Occlumancie autant que possible, leurs plans étaient encore plus près de finir avec succès.
En parlant d'Occlumancie, pensa-t-elle alors qu'elle marchait d'un bon pas vers le château. Maintenant serait une bonne opportunité pour pratiquer un peu plus. Elle était déterminée à ne pas laisser cette maladie la battre, et la meilleure chose qu'elle pouvait faire, basée sur la description de Snape de la transmission était de consolider ses défenses mentales dès qu'elle le pouvait.
Rigel fit son chemin jusqu'à son dortoir pour récupérer furtivement son déguisement de "Gryffondor", puis alla dans des toilettes près de la Bibliothèque pour se changer. Elle devenait bonne à s'assurer qu'elle n'était pas reconnaissable dans ses déguisements, et alors qu'elle mettait ses cheveux avec dextérité dans sa perruque rousse et glissait les lunettes sur son nez, elle adopta aussitôt une sorte de posture avachie et une expression lointaine. Elle laissa sa cravate de Gryffondor un peu de travers et traîna des pieds hors des toilettes vers la Bibliothèque.
Elle trouva un coin tranquille sympa où elle pouvait méditer sans être dérangée et se pelotonna dans un fauteuil d'une façon qui la faisait ressembler à un rat de bibliothèque faisant une sieste plutôt qu'un sorcier concentré pratiquant des techniques de méditations avancées. Elle se replia en elle-même. C'était un peu comme ce qu'elle faisait quand elle utilisait son sixième sens pour "regarder" son noyau magique, mais au lieu de sa magie, elle se concentrait sur son esprit. La même sorte de visualisation prenait place, mais contrairement à son noyau magique, son esprit ne bougeait pas ou réagissait indépendamment de sa volonté. Elle pouvait agir sur son espace mental, le changer et le modeler, mais il ne ferait pas quelque chose qu'elle ne lui avait pas spécifiquement demandé de faire.
Les brumes qui marquaient la périphérie de son espace mental s'ouvrirent devant sa conscience et révélèrent la grande montagne blanche qui marquait le centre de son esprit. Elle était énorme dans son estimation mentale, la blancheur venait de la glace et de la neige amassées sur sa paroi. Elle frissonna dans le vent froid qui soufflait autour de sa montagne et se rendit rapidement vers la petite ouverture près de la base qui était cachée derrière une illusion d'un mur de glace. Une fois à travers l'illusion, son esprit s'ouvrait dans une caverne chaude, qui brillait par la lumière de l'énorme cheminée et de plusieurs torches brûlant sur les murs. La caverne ressemblait à un laboratoire de potions sous-terrain, avec des caisses et des placards d'ingrédients remplissant l'espace. Il y avait des canapés confortables attrayants là où elle aurait pu s'asseoir et passer du temps à lire les souvenirs attachés dans divers rouleaux mélangés avec des recettes de Potions. Enfin, elle aurait pu si elle ne savait pas que la caverne principale était un gros leurre, une réflexion de ce que les gens s'attendraient à ce que son esprit ressemble.
Puisqu'elle avait construit ces cavernes elle-même, Harry – car en effet, aussi profondément dans son propre esprit, elle était Harry, et son avatar mental ressemblait à ce qu'elle pensait elle aurait été si elle ne s'était jamais coupé les cheveux – traversa la caverne jusqu'au grand tapis tissé qui reposait devant la cheminée. Elle repoussa le tapis pour révéler une trappe en-dessous, souriant un peu alors qu'elle l'ouvrait en tirant. C'était si cliché mais elle adorait tout simplement avoir une trappe cachée sous un tapis dans son espace mental. Quand elle avait eu pour la première fois une vision solide de la Montagne Blanche, façon dont elle appelait sa forteresse mentale quand elle se sentait particulièrement kitsch, elle n'avait pas été sûre quoi en faire. Il lui avait fallu plusieurs séances de méditation de plus avant qu'elle ne comprenne comment appliquer des changements dans sa scène mentale qui resteraient permanents même quand sa conscience partait. Une fois qu'elle eut pris le coup, par contre, ce fut même beaucoup plus facile que de travailler avec sa magie. Elle n'avait rien à demander ici, elle l'imaginait juste et cela devenait réel.
Harry se laissa tomber à travers la trappe sur le tunnel en-dessous, qui était taillé grossièrement dans la pierre, mais incrusté de cristaux vert pâle qui s'illuminaient automatiquement quand la trappe se refermait en tombant au-dessus de sa tête. Le tunnel menait présentement dans une demi-douzaine de directions, pour aider à perturber les intrus, bien que les fausses branches ne s'étendissent pas très loin pour l'instant. Elle travaillait dessus durant son temps libre, mais elle espérait un jour avoir un labyrinthe creusé digne de Dédale. Tel qu'il en était, elle prit le troisième chemin depuis la droite et le suivit alors qu'il remontait, se déplaçant de plus en plus vers le cœur de la montagne.
Elle émergea à un moment du tunnel dans l'endroit favori de son espace mental jusqu'à présent. C'était une vaste caverne creuse qui s'étendait d'aussi loin que l'œil pouvait voir, ignorant complètement les lois de la physique qui considèreraient que l'enclavement d'un tel espace infini à l'intérieur d'une montagne, peu importe la largeur, serait une impossibilité. Et de l'espace, c'était le cas. La caverne était aussi sombre que la nuit, illuminée par la lumière d'un millier d'étoiles, qui brillaient d'une façon que Harry savait que les véritables étoiles ne faisaient pas alors qu'elles flottaient à côté d'elle dans l'énorme espace. Ces étoiles étaient ses vrais souvenirs, pas les rouleaux leurres de potions dans la caverne minuscule en comparaison à l'entrée à flanc de montagne. Elles dérivaient paisiblement pour la plus grande partie, bien que quelques-unes sélectionnées se déplaçaient à toute allure, laissant un traînée de lumière derrière elle sur leur chemin.
En vérité sa professeure d'Astronomie aurait été consternée de voir ça, pensa Harry joyeusement. En plus des étoiles dérivant sans but autour de l'espace noir infini, il y avait des planètes aussi. Les planètes abritaient ses souvenirs et ses émotions les plus problématiques, ceux sur lesquels elle voulait garder un œil, et le nombre d'anneaux autour d'une planète correspondaient au niveau de sécurité qu'elle voulait que le souvenir ou l'émotion soit enfermé. Les planètes luisaient également de leur propre lumière subtile, mais elles pâlissaient par rapport à ce qui résidait au centre de sa pièce du cosmos.
Harry se propulsa du sol de la caverne et vola vers le haut sans avoir à s'inquiéter des contraintes de la gravité, flottant vers le centre de l'espace pour qu'elle puisse admirer ce qui résidait au cœur de sa Montagne de Neige, le centre de son univers. C'était un soleil, brûlant de façon lumineuse et éclatante, et à vrai dire, elle ne pouvait même pas s'en attribuer le mérite. Il avait été là quand elle s'était pour la première fois creusé un chemin dans la montagne pour chercher un abri contre les brumes froides et venteuses, et c'était ce qui rendait tout possible. Le soleil était sa magie. C'était l'énergie qui alimentait tout dans son espace mental, depuis la neige au sommet de la montagne jusqu'au feu qui brûlait gaiement dans le foyer de son labo de potion leurre. C'est parce qu'elle avait ressemblé à un soleil quand elle l'avait trouvée qu'elle avait par conséquent fabriqué la pièce qui l'abritait pour qu'elle ressemble au cosmos, certes une version biaisée et disproportionnée, si l'on considérait que les "étoiles" étaient bien plus petites que le soleil, quand dans une réalité proportionnée, ils seraient globalement de tailles similaires.
Quand elle atteignit le soleil, elle put sentir la chaleur et l'énergie qui en irradiait. Elle passa un moment à savourer le sentiment de vie pure qui enveloppa sa forme mentale quand elle fut assez proche, mais assez vite, elle retourna en volant vers l'entrée du tunnel de la Pièce de l'Espace. Cela n'était pas bon d'être trop confortable ici ou elle finirait par passer tout son temps dans sa tête.
Harry toucha terre et il lui fallut un moment pour retrouver son équilibre alors que la gravité la réclamait avant de repartir travailler pour creuser plus de tunnels. Peut-être qu'elle verrait pour implanter des explosifs dans les murs de tunnels stratégiques, pour qu'elle puisse les faire s'effondrer de loin si elle le devait…
En temps réel, elle avait passé à peu près quatre heures à méditer. Elle savait cela parce qu'elle vérifia sa montre quand elle revint à elle. Le temps mental était une chose étrange et pas, à proprement parler, fiable. Rigel étira le nœud dans son cou et regarda autour de son coin de Bibliothèque. Les tables autour d'elle étaient toujours vides et son cartable ne semblait pas avoir été dérangé. Non pas que quiconque trouverait beaucoup à déranger s'ils essayaient. La plupart des choses importantes qu'elle transportait – les devoirs de Flint, la Carte et les lettres qu'elle écrivait à ses parents et Archie – étaient dans des compartiments qui ne s'ouvriraient pour personne d'autre.
Elle allait prendre son livre de Botanique pour commencer sa rédaction du mardi suivant quand un son lui parvint du bord de ses sens et elle s'immobilisa, tournant la tête pour écouter plus attentivement. Quand elle se concentra sur le son, elle réalisa que c'était quelqu'un qui pleurait, et il était quelque part dans les étagères à sa droite. Qui que c'était semblait aussi tenter de réprimer les bruits sans grand succès. Rigel soupira, mais récupéra son sac et se déplaça vers la direction des sanglots étouffés. Ce n'était pas qu'elle était une madame bonnes actions ou quoi que ce soit, mais elle ne pouvait pas exactement se concentrer sur son travail d'école avec quelqu'un qui pleurait non loin, pas vrai ? Elle ignora la voix dans sa tête qui suggéra qu'elle pouvait simplement se déplacer à une autre table, et jeta un coup d'œil autour du coin de la bibliothèque qui semblait être la plus proche de la source de bruit.
Assise sur le sol, les genoux pliés et serrés fermement contre sa poitrine, il y avait une fille de Serdaigle avec de longs cheveux sombres et des chaussettes rose pâle qui dépassaient de sous ses robes. Ses chaussures avaient été repoussées à côté de son sac d'école, qui était retourné sur le sol à côté d'elle, comme s'il s'était renversé et qu'au lieu de le remettre droit, elle avait glissé au sol et s'était juste effondrée.
Rigel approcha avec précaution la fille, n'essayant pas de la prendre par surprise mais ne voulant pas la surprendre non plus. Son sac effleura l'étagère en la passant et la Serdaigle leva les yeux immédiatement à travers sa frange noire raide. Son visage avait un air asiatique, et Rigel pensa qu'elle devait être une deuxième année. La fille essuya tristement ses yeux avec sa manche, comme si elle s'attendait entièrement à se faire moquer et n'allait pas s'embêter à en être embarrassée. Rigel fit tomber son propre sac sur le sol et se laissa glisser le long de l'étagère pour s'asseoir à côté de la fille.
Elle pêcha dans son sac le mouchoir qu'elle (en tant que garçon sang-pur) gardait dedans, et l'offrit à la Serdaigle, remerciant mentalement Archie pour ne pas avoir ses mouchoirs monogrammés comme ceux de Draco.
La fille le prit après seulement un moment de considération, qui surprit franchement Rigel jusqu'à ce qu'elle se rappelle qu'elle portait des robes de Gryffondor, et non de Serpentard. Pas étonnant que la fille ne semblait pas s'attendre à ce que Rigel lui lance un mauvais sort.
« Dure matinée ? demanda Rigel, peu sûre de comment faire pour qu'un étranger s'ouvre, mais décidant de commencer de façon générale puis de se lancer sur les détails.
– C'est cette maladie, explosa la fille. Elle a eu Marietta ce matin et je ne veux pas être la suivante. »
Ou, pensa Rigel avec perplexité, elles pouvaient juste aller droit au but.
« Tu ne vas peut-être pas être malade, commença-t-elle à dire, mais la fille plus âgée la fit taire avec un regard noir avant qu'elle ne puisse aller trop loin dans les platitudes.
– Tous les première année de Serdaigle sont malades, et il ne reste que moi et une autre deuxième année dans notre dortoir. La plupart des Poufsouffle de la première à la troisième année sont malades, et Serdaigle a le plus de cours avec Poufsouffle, donc bien sûr que je vais être la suivante », dit-elle.
Sa voix était acérée mais ses yeux étaient plats.
« J'ai regardé Marietta s'effondrer. Elle n'a même pas bougé quand Flitwick l'a lévitée vers la Quarantaine. Je ne veux juste pas sombrer dans les ténèbres sans prévenir. Marietta était encore en train de sourire quand elle est tombée inconsciente. Je ne m'en rendrai même pas compte avant qu'elle me prenne et-et… »
Elle eut une respiration tremblante et ferma les yeux alors qu'elle chuchotait :
« J'ai peur. »
Rigel resta assise en silence pendant un moment, pas sûre de quoi dire. Il était vrai que la maladie était devenue progressivement pire ces quelques dernières semaines. La Maison de Serpentard était la moins touchée, probablement parce qu'ils daignaient rarement se mélanger aux autres Maisons, et même comme ça, la plupart des première année étaient partis et presque la moitié des deuxième année. Crabbe et Goyle étaient malades, tout comme Davis et Greengrass. Millicent était tombée malade juste le jour d'avant. Et Theo était toujours malade aussi, bien sûr.
Elle avait su à certain niveau à quel point la maladie était effrayante pour la plupart de ses camarades, mais elle avait été tellement occupée qu'elle n'avait pas réalisé ce que cela devait être de ne rien pouvoir faire. De ne pas avoir d'autres choix que de rester là à ne rien faire et d'attendre qu'elle te prenne, et que personne ne te disait rien. Cela lui fendit le cœur. Rigel espérait qu'elle ne ressentirait jamais ça, et elle fit le serment de rester deux fois plus occupée si cette sorte de panique désespérée était l'alternative.
Tout de même, elle pouvait au moins faire quelque chose pour la fille.
« Quel est ton nom ? demanda Rigel tranquillement.
– Cho, dit-elle, reniflant toujours un peu mais principalement remise. Cho Chang.
– Cho, est-ce que tu savais que la maladie qui circule n'est pas mortelle ? »
La Serdaigle la fixa avant de lentement secouer la tête de gauche à droite.
« Comment tu sais ça ?
– J'ai entendu certains professeurs en parler, inventa-t-elle, incapable de lui apprendre son rôle non officiel de préparatrice des potions pour Snape.
– Donc ce n'est pas vrai que la Quarantaine est là juste pour cacher le fait que les gamins meurent et ne reviendront pas ? demanda-t-elle d'une voix tremblante.
– Non, ce n'est pas vrai », dit fermement Rigel.
Elle hésita, ne voulant pas en révéler trop, mais un regard à l'expression effrayée et perdue de Cho la fit craquer. S'il vous plaît, faites qu'elle ne soit pas un agent du mal, pensa-t-elle cyniquement. En réalité, elle ne pensait pas qu'il y aurait de problème à dire à Cho quelques éléments concernant la maladie pour la faire se sentir mieux. Mais au moins, la fille avait raison. Si la maladie voyageait via des passages mentaux, alors ceux qui avaient passé beaucoup de temps ensemble s'infecteraient mutuellement. Si Marietta était une bonne amie d'elle, Cho serait probablement l'une des prochains à tomber malade.
« Est-ce que tu sais garder un secret, Cho ? » demanda-t-elle sérieusement.
Cho étrécit les yeux vers elle, mais elle acquiesça lentement.
« Oui.
– Bien, dit Rigel. Alors je peux te dire que tous les gamins qui sont malades sont toujours vivants et pas du tout en danger mortel. »
Cho ouvrit la bouche mais Rigel secoua la tête.
« Je ne peux pas te dire comment je sais, mais je le sais. La maladie les met juste en sommeil. La Quarantaine est là parce que le sommeil est contagieux, mais quand ils les soigneront, tous les gamins iront bien.
– Sommeil ? dit Cho, sonnant sceptique mais pleine d'espoir.
– Ouais, approuva Rigel, reprenant le mouchoir de Cho et le rangeant dans son sac pendant qu'elle parlait. Quand tu vas dormir la nuit, est-ce que tu te rappelles du moment où tu arrêtes d'être éveillée ?
– Non, dit Cho.
– Et est-ce que ça te fait peur ? Est-ce que tu penses que cela serait effrayant si tu t'endormais en souriant à cause de quelque chose à laquelle tu pensais quand c'est arrivé ? pressa Rigel, faisant appel à la logique des Serdaigle.
– Non, bien sûr que non, dit Cho, souriant un peu.
– Tu vois ? La maladie est juste comme ça. Comme tomber endormi, dit Rigel doucement. Et quand tu te réveilleras, ça sera à nouveau le printemps, pas ce morne vent de mars. Pense à tous les cours d'Histoire ennuyeux que tu louperas. »
Cho rit doucement.
« Ouais, et peut-être que je dormirai pendant les examens de fin d'année aussi.
– Et tu ne vas pas manquer à tes amis non plus, parce qu'ils seront endormis aussi, dit Rigel.
– Ouais, soupira la Serdaigle. Au moins, je ne m'en inquièterai plus. »
Rigel sourit.
« Tout ira bien, Cho Chang. Au moins, tu pourras rattraper ton sommeil réparateur.
– Hé, qu'est-ce que t'essayes de dire ? rit Cho, poussant son épaule avec indignation.
– Quoi ? Rien, dit Rigel innocemment. Je dis juste que ça ne te ferait pas de mal.
– Très bien, arrête de parler maintenant », dit la Serdaigle.
Elle récupéra ses chaussures pour les remettre et commença également à récupérer ses affaires éparpillées.
« Mais sérieusement, merci. Je me sens mieux maintenant.
– Pas de problème », dit Rigel en haussant les épaules.
Elle se leva et ramassa son sac par la lanière.
Avant qu'elle ne puisse partir, Cho dit :
« Attends ? C'est quoi ton nom ? »
Rigel hésita. Que pouvait-elle dire ? Techniquement, le garçon roux à lunettes en lequel elle était habillée n'existait pas. Oh bon, ce n'était pas comme si Cho allait vérifier le registre.
« Je m'appelle Reggie, improvisa-t-elle. À plus tard.
– Ouais, salut », dit Cho alors que Rigel s'en allait et sortait de la Bibliothèque.
Vraiment, qu'est-ce qu'était un mensonge de plus ?
Elle se rechangea dans ses robes normales de Serpentard et rangea la perruque et les lunettes dans son sac avant de repartir vers les cachots. Elle avait une envie irrépressible de voir ce que Pansy et Draco faisait. Il lui apparut plutôt soudainement que Pansy et Draco étaient des première année aussi, et elle pensa que leur vulnérabilité à la maladie la rendait terriblement inconfortable. Elle voulait voir par elle-même s'ils étaient tous les deux encore conscients, même si ça voulait dire se faire gronder pour avoir disparu tout le samedi matin.
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Quelques nuits plus tard, Rigel sortit en cachette de son dortoir à minuit cinq, la cape d'invisibilité coincée sous un bras et la Carte du Maraudeur coincée innocemment dans la poche de sa robe. Elle avait des lettres à poster à Archie et Sirius et des devoirs à poster à Flint et ces derniers temps, elle avait été plus tendue que d'habitude concernant l'attention que les autres pourraient porter à sa correspondance. Elle savait que c'était surtout de la paranoïa, mais en général, Rigel pensait que la paranoïa était un trait de survie, particulièrement pour ceux qui vivaient des vies potentiellement dangereuses.
Peut-être que c'était cette paranoïa, en plus de sa curiosité certes plutôt forte, qui la fit ralentir, s'arrêter, et plisser les yeux sur la Carte quand elle aperçut deux silhouettes invraisemblables se tenant affreusement proche l'une de l'autre.
Deux points légendés Severus Snape et Quirinus Quirrell était à peine à un millimètre de différence sur la Carte, et après un bref moment plutôt perturbant où elle considéra la possibilité qu'ils étaient en train d'avoir un moment "adulte", Rigel rejeta rapidement le scénario ridicule (avec une certaine quantité de dégoût) et changea son trajet d'un coup de tête en une fraction de seconde. Poster des lettres pouvait attendre en lumière de l'information que deux de ses enseignants étaient soit coincés proches l'un de l'autre par un groupe d'armures sans scrupules ou en train de s'étrangler l'un l'autre.
Rigel s'enveloppa dans la cape d'invisibilité et partit vers le couloir du sous-sol que la Carte indiquait. Quelques minutes plus tard, elle effaça et rangea silencieusement la Carte, qui se réchauffait déjà pour indiquer la présence imminente d'un professeur après le couvre-feu, de sorte à ce qu'elle ait deux mains pour maintenir de façon stable la cape d'invisibilité. Quand elle fut sûre que chaque partie d'elle était couverte, elle tourna silencieusement au coin et erra le long du couloir vers là où elle pouvait maintenant voir Snape et Quirrell avoir ce qui semblait être une discussion houleuse.
Elle s'approcha juste assez pour entendre clairement leur conversation, regrettant de ne pas pouvoir être suffisamment proche pour voir leurs visages dans la faible lumière, mais pas sûre de pouvoir garder sa respiration suffisamment silencieuse pour échapper à l'attention de Snape à cette portée.
Snape avait Quirrell dos au mur, et paraissait garder le professeur de Défense réticent gelé sur place par son seul regard.
« … besoin d'en savoir plus, Quirrell. »
Quirrell avait murmuré quelque chose d'indistinct dans sa barbe et Snape grogna de façon menaçante en réponse :
« Ne me mens pas, Quirrell, tu es le seul dans cette école suffisamment haut dans Ses faveurs pour avoir été chargé de cette mission. Si tu sais quoi que ce soit sur cette maladie, tu dois m'en informer maintenant. »
Les yeux de Rigel s'écarquillèrent sous sa cape et elle fronça les sourcils de concentration, s'efforçant d'entendre ce que Quirrell marmonnait.
« Si Il ne t'a rien dit, Severus, dit nerveusement l'homme au visage pâle, je ne peux vraiment pas… je veux dire, peut-être que tu n'es pas censé savoir. Peut-être qu'Il ne te fait pas confiance…
– Il ne me donne pas plus d'informations que nécessaire, pour que je puisse jouer mon rôle de façon convaincante, Quirrell, claqua Snape. Mais ce qui était nécessaire a changé. Je dois savoir comment mettre fin à cette maladie si le besoin devait survenir.
– Elle sera retirée quand la loi sera passée, protesta Quirrell.
– Imbécile ! La maladie se répand beaucoup plus rapidement que prévu, dit impatiemment Snape. J'ai déjà utilisé toutes mes réserves et les fournisseurs locaux s'épuisent également. Sans les ingrédients pour garder leurs corps en vie, ça n'aura aucune importance si la maladie est rappelée quand Il aura obtenu ce qu'Il veut.
– Je ne comprends pas ce que tu veux que je fasse, Severus, chouina Quirrell, tressaillant devant l'expression vraisemblablement sombre du Maître des Potions.
– Dis-moi comment la contrer, pressa Snape. Juste au cas où, Quirrell. La mission est importante, mais penses-tu qu'Il veut que des enfants sang-purs finissent morts ? Cela n'ira pas avec Ses plans, surtout si par quelques façons, on remonte jusqu'à Lui. Leurs parents se retourneront contre plus que juste Dumbledore si ces enfants se retrouvent réellement blessés parce que tu ne m'as pas donné assez d'informations pour intervenir si je juge que c'est nécessaire.
– Je ne peux pas, je ne sais pas comment non plus, Severus, dit finalement Quirrell, parlant rapidement, comme pour convaincre Snape d'une traite. Mais je vais Lui demander. Je Lui dirai ce que tu as dit, la prochaine fois que je suis appelé, et Il aura sûrement une solution. »
Snape grogna muettement et cracha : « Tu as intérêt à Le voir bientôt » avant de se retourner et de partir d'un pas raide furieux dans le couloir sans regarder derrière lui. Rigel retint sa respiration alors que Quirrell ajusta en tremblant son col et la dépassa en marchant lentement, ses yeux vitrés avec une sorte de combinaison de peur et de soulagement.
Quand Rigel fut seule dans le couloir, elle sortit la Carte une fois de plus et retourna lentement mais sûrement dans sa salle commune. Elle devait penser, et pour faire ça, elle avait besoin d'être quelque part où elle pouvait se permettre de rêvasser. Rigel rangea à la hâte sa cape et sa carte dans sa valise et puis retourna dans la partie principale de la salle commune et s'enfonça dans un canapé à bas dossier pour décrypter ce qu'elle venait juste de voir et d'entendre.
La première et plus évidente conclusion à laquelle elle se retrouvait confrontée était ceci : Snape savait qui avait envoyé la maladie. Il n'y avait pas de doute que la maladie était magiquement conçue maintenant, et qu'elle avait définitivement été envoyée à Poudlard dans un but. Également évident avec ce que Snape avait dit était que le but de la maladie n'était pas de tuer. C'est une tactique d'intimidation de quelque sorte, faite pour discréditer la confiance que les parents avaient en Poudlard et donc le Directeur. Quelqu'un voulait que les gens se retournent contre le Directeur et cela avait quelque chose à voir avec la législation. Son esprit se rappela immédiatement des avertissements amicaux que Rosier et Rookwood lui avaient donnés concernant une loi qui serait présentée en juin. Juste dans quelques mois, et pas de doute que maintenant était quand les gens commenceraient à prendre parti sur la question.
Rigel hocha lentement la tête pour elle-même, alors que toutes les pièces commençaient à s'assembler. Le parti SOW voulait une nouvelle loi anti sang de moldu, mais pour réussir à la ratifier, ils avaient besoin d'influencer l'opinion populaire loin de Dumbledore, ainsi que d'éloigner une bonne quantité de parents de la Lumière loin du Directeur aussi. Pour faire cela, ils avaient infecté les enfants des plus puissants sang-purs dans le pays, à la fois de la Lumière et des Ténèbres, avec une maladie d'apparence sérieuse alors que Dumbledore était censé être responsable desdits enfants. La foi en Dumbledore décline, la nouvelle loi passe, les enfants sont miraculeusement guéris quand la maladie est rappelée, pas de mal de fait pour eux, mais pour les nés-moldus et les sang-mêlés, c'est trop tard. La Loi Mariage est déjà en vigueur.
Mais quelle était la place de Snape dans tout ça ?
Clairement, il savait quelque chose concernant l'origine de cette maladie, mais si ses paroles envers Quirrell étaient vraies, il ne savait pas comment la guérir and semblait sincèrement en être inquiet dans un sens pratique. Il ne semblait pas excessivement inquiet dans un sens moral que la maladie ait été envoyée dans une école pleine d'enfants pour marquer un point politique, supposément inoffensive ou non, et Rigel n'était pas sûre de savoir comment elle se sentait par rapport à ça.
Bon, d'accord, elle était quasi sûre de ne pas aimer ça, mais d'un autre côté, ce n'était pas vraiment sa place de juger son Professeur, qui était plus vieux, plus sage, et avait probablement une raison rationnelle pour la plupart des choses qu'il faisait. De plus, il y avait le fait que Snape aurait pu avoir bluffé sur ses connaissances devant Quirrell pour forcer le remède hors de ses lèvres, ce que Rigel espérait ne pas être le cas en quelque sorte dans l'intérêt de Snape ou alors les choses deviendraient gênantes quand Quirrell Lui (qui que Il soit) dirait ce que Snape avait cherché à savoir.
En somme, Rigel était à la fois plus éclairée et plus embrouillée qu'elle ne l'avait été quand elle était partie pour la Volière juste une demi-heure plus tôt. Elle supposa qu'elle pouvait toujours aller à la Volière mais elle était exténuée juste à l'idée. À la place, elle retourna dans sa chambre et essaya de s'endormir même si le son de la respiration tranquille de Theo, qu'elle n'avait même pas remarqué être familier, brillait par son absence.
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Le matin suivant, Rigel se traîna jusqu'à la Volière pour envoyer son courrier, et sur son chemin du retour fut arrêtée dans le Hall d'Entrée par Alesana Selwyn, que Rigel eut du mal à placer pendant un moment du fait qu'elle n'avait jamais parlé à l'élève plus âgée en-dehors du bureau de Snape.
« Hey Black, dit Selwyn après s'être emparée du coude de Rigel, la forçant à s'arrêter et lever des yeux fatigués vers elle. Ouah, tu as une sale tête.
– Merci », murmura distraitement Rigel.
Elle avait l'impression que son cerveau était de la bouillie ce matin-là et elle n'avait pas encore eu de petit-déjeuner.
« Bon, juste pour te prévenir, dit Selwyn, Rookwood te cherche. Il a enfin compris ce qui était dans la fiole que tu lui as donnée, et il veut pester contre toi pour l'avoir induit en erreur ou je ne sais quoi. »
Rigel cligna des yeux face au sourire suffisant sur le visage de Selwyn et répéta :
« Il vient juste de comprendre ? Est-ce que ça veut dire que tu gagnes ?
– Eh bien ce tour, oui, dit facilement Selwyn. Ça lui a pris plus de deux semaines, ce qui veut dire que je gagne un point supplémentaire pour celui-ci, en fait.
– Vous tenez les scores ? »
Rigel fronça les sourcils. Combien de temps ces jeux duraient ?
« Bien sûr, dit la Serpentard plus âgée. Celui qui a le plus de point à minuit le 31 décembre gagne, et puis l'année suivante, on recommence tout.
– Qu'est-ce que vous gagnez ? demanda Rigel, retenant un bâillement.
– Je te dirai quand tu seras plus âgé. »
Elle cligna d'un œil, puis descendit les marches vers les cachots à grandes enjambées, fredonnant de contentement.
Rigel secoua la tête avec hébétement et entra avec peine dans la Grande Salle pour trouver de la nourriture et avec un peu de chance quelque chose pour la réveiller un peu plus.
Quand elle s'assit à la table, dont le bout des première année paraissait tristement épars, Rigel eut à peine le temps de répondre au « bonjour » poli de Pansy avant que Rookwood ne se presse abruptement entre les deux première année avec un rapide « excuse-moi, Pansy » et fixe avec une vive impatience le côté de la tête de Rigel.
Rigel tourna la tête lentement pour regarder le grand élève plus âgé, dont le regard devenait moins intimidant et plus effrayant plus il restait assis là sans rien dire. Finalement elle dit, avec autant d'émotions qu'elle pouvait rassembler après la nuit qu'elle avait passé à tourner et retourner mentalement ce qu'elle avait entendu :
« Il semblerait que Selwyn ne rigolait pas quand elle disait que tu voulais me parler.
– Je peux attendre jusqu'à ce que tu aies mangé quelque chose », dit sérieusement Rookwood, toujours tourné sur son siège pour lui faire face, les yeux perçant des trous dans son visage comme une perceuse à l'expression vide.
Rigel haussa un sourcil. Comme si j'allais être plus confortable avec toi me regardant manger.
« Non, ça ira, dit-elle avec tonique. Vas-y. »
Rookwood parla immédiatement.
« Pourquoi tu m'as dit que tu avais récolé l'échantillon que tu m'as donné par toi-même ? Est-ce que Selwyn t'a dit de me mentir ? Je dois savoir si elle change les règles du jeu pour inclure des messagers non fiables, vois-tu.
– Euh, non, parce que je ne mentais pas, dit Rigel en fronçant les sourcils. J'ai récupéré le venin même pas vingt minutes avant que je ne te le passe, Rookwood.
– Improbable, dit Rookwood pensif. Même si bien sûr c'est cette même improbabilité qui m'a fait rejeter la possibilité d'un venin d'un serpent dangereux jusqu'à ce qu'il soit trop tard. Comment est-ce que tu as obtenu du venin d'un serpent d'arbre ? Est-ce que Hagrid t'a aidé ?
– Il a fait quoi ? »
Pansy se pencha par-dessus Rookwood pour froncer les sourcils de façon désapprobatrice vers Rigel.
« Qu'est-ce que tu fabriques, Rigel ? Tu as l'air affreux ce matin et Draco dit qu'il t'a entendu rentrer bien après le couvre-feu la nuit dernière. Tu devrais vraiment prendre mieux soin de toi. Honnêtement, du venin de serpent ? Ça ne peut pas être prudent. »
Rigel sourit affectueusement à Pansy et haussa les épaules, évasive, juste parce qu'elle savait que ça embêterait la blonde. Pansy soupira juste et retourna à son petit-déjeuner. Rigel dit à Rookwood :
« Mon père adore les serpents, crois-le ou non. Il en élève dans notre cour intérieure, donc je suis devenu plutôt bon à gérer les serpents en général. »
Techniquement, tout ça était vrai, pensa Rigel pour elle-même, plutôt fière de commencer à devenir bonne à détourner l'attention.
« Sirius Black, un fana de serpent ? »
Rookwood secoua la tête ironiquement.
« Eh bien je suppose que ceci explique cela, mais qui l'aurait cru ?
– Un des nombreux buts de mon père dans la vie est de continuellement surprendre les gens », dit Rigel, un léger sourire sur le visage en pensant à combien ça c'était vrai.
Rookwood fut apparemment satisfait de ses explications car il se leva et lui souhaita une bonne journée, se déplaçant pour rejoindre les autres quatrième année plus loin dans la table.
Rigel s'attaqua avec reconnaissance à son petit-déjeuner et écouta Pansy la mettre à jour sur les potins du petit-déjeuner.
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Ce vendredi soir, Rigel se rendit dans le bureau de Snape pour délivrer la dernière fournée de Souffle d'Aurore. Elle avait pris l'habitude de tout simplement amener à Snape les caisses dès qu'elles étaient pleines, pour qu'elle n'ait pas encore à en transporter autant d'un coup. Il ne répondit pas quand elle toqua, mais la porte était légèrement entrouverte donc elle l'ouvrit un peu plus avec son pied et entra, portant la caisse avec précaution et essayant dans le même temps de voir si le Professeur était là. Elle entendit sa voix, mais elle ne put pas le voir immédiatement. Après avoir posé la caisse sur son bureau, elle regarda autour d'elle et réalisa que la portion de mur où il n'y avait d'habitude rien abritait une large cheminée comme cela avait déjà été le cas une fois auparavant, et sans surprise, le réseau de cheminette était activé, mis en évidence par les flammes vert émeraude créant des ombres inquiétantes dans la pièce.
La tête d'un sorcier d'âge mur à moitié chauve avec une fine moustache flottait dans le foyer, et Professeur Snape était agenouillé au sol devant, ne paraissant pas content de ce que l'homme chauve lui disait.
« Tu sais que je le ferais si je pouvais, Snape, disait la tête avec sincérité. Mais tu nous as dévalisé. Je ne sais pas pour quoi donc tu as autant besoin de ginseng, mais tu sais combien il est dur de le faire pousser, surtout dans un climat nordique. À quoi tu t'attendais après trois mois à ramasser toutes les récoltes disponibles ?
– Il y a sûrement du ginseng quelque part, pressa Snape. J'en ai besoin, Horace, tu n'as pas idée à quel point c'est vital. »
Rigel approuva silencieusement. Ginseng était à la fois un des ingrédients principaux dans le Souffle d'Auror et le Philtre de Blaneige, dû à sa valeur incroyablement nutritionnelle. S'ils n'en avaient presque plus, les choses se dégraderaient très vite.
« Eh bien, tu n'en trouveras pas en Angleterre, soupira Horace. Tu sais que je n'incite jamais à aller faire des affaires ailleurs, donc si je te dis de regarder chez des fournisseurs étrangers…
– Tu n'as véritablement aucun recours disponible, termina Snape avec lassitude. Zut. Je n'aime pas travailler avec des fournisseurs que je ne connais pas. Ce… projet est trop important pour faire confiance aveuglément en la qualité d'ingrédients importés.
– Désolé, Snape, dit Horace. As-tu envisagé d'utiliser des baies d'açaï ? Elles ne sont pas aussi puissantes, mais l'effet est similaire.
– Si, mais les baies d'açaï engendrent d'autres complications dans la recette, dit Snape.
– Eh bien tu es le Maître des Potions, dit Horace, et Rigel eut l'impression que si ses épaules étaient visibles, elles seraient en train d'être haussées. Bonne chance avec le truc que tu fais.
– En effet, Horace, dit sèchement Snape. Bonne journée. »
La tête disparut et il apparut à Rigel que sa présence dans la pièce serait maintenant un peu gênante, mais quand Snape se leva et se retourna, il ne paraissait pas du tout surpris de la voir.
« Mr. Black, lui prêta attention Snape.
– Bonjour, monsieur », dit Rigel, de façon pas du tout désolée.
Archie et elle étaient parvenus à la conclusion générale dans leur jeunesse que l'on pouvait soit se sentir mal d'avoir entendu quelque chose que l'on ne devrait pas ou épouser le fait d'écouter aux portes et tous les avantages et inconvénients qui venaient avec.
« Une autre caisse déjà ? »
Snape regarda d'un air renfrogné le Souffle d'Aurore sur son bureau pendant un moment et Rigel le rassura rapidement :
« Toujours à moins de mes vingt-cinq chaudrons par semaine, monsieur.
– Ah, dit Snape, paraissant fatigué et stressé. Très bien alors.
– Monsieur ? se risqua Rigel. Qu'est-ce que l'on va faire pour le ginseng ? »
Snape regarda Rigel sérieusement.
« Prier que cette maladie ne dure pas plus longtemps, Mr. Black.
– Et si elle continue ? » persista Rigel.
Snape soupira mais prit un moment pour réfléchir sérieusement au problème.
« Je vais être honnête avec vous, Mr. Black. Nous n'avons plus de ginseng à moins que vous n'en ayez encore suite à cette dernière fournée de Souffle d'Aurore. »
Rigel secoua la tête avec regret. En vérité, elle avait utilisé à la fois ce que Snape lui avait donné et ce qu'elle avait dans son kit personnel pour finir le dernier chaudron.
Snape hocha la tête comme s'il s'y était attendu.
« Alors je vais tenter de trouver d'autres fournisseurs. Je devrai y aller en personne. Je ne peux pas juger de façon précise la qualité des ingrédients potentiels à distance. En attendant, nous commencerons à utiliser les baies d'açaï en substitut dans les deux potions. Je vous donnerai les recettes revues. »
Rigel cligna des yeux vers lui en surprise.
« Les recettes ?
– Oui, dit Snape, paraissant réticent mais résigné. Pendant que je serai parti, vous serez en charge de la production des deux potions. Je ne sais pas combien de temps cela va me prendre pour trouver un fournisseur viable. Le ginseng est extraordinairement difficile à faire pousser proprement, donc je ne doute pas que je vais devoir passer au crible des centaines de récoltes de sous-qualité pour trouver quelque chose que nous pouvons utiliser. »
Les yeux de Rigel s'élargirent et elle déglutit. C'était une quantité monstre de responsabilités à donner à une première année.
Snape la regarda d'un air entendu.
« Je sais que je vous en demande beaucoup. Normalement, je trouverais un élève plus âgé pour gérer les choses pendant que je serais parti, et en effet les préfets et les autres professeurs récupéreront la plupart de mes fonctions, mais je n'ai pas le temps d'enseigner à un autre élève et de le tester et vous savez déjà comment faire le Souffle d'Aurore. Je vous ai vu me regarder concocter la Blaneige également. Vous savez à quoi devraient ressembler et devraient être ressenties les deux potions, et vos réserves magiques sont suffisamment larges pour supporter l'effort pendant les jours où je ne serai pas là.
– L'Infirmerie peut se permettre que notre production soit réduite de moitié ? demanda Rigel avec inquiétude.
– Non, dit Snape. C'est pourquoi à partir de lundi, vous serez excusé de tous vos cours et devoirs jusqu'à ce que je revienne. »
Rigel prit une profonde inspiration.
« Qu'est-ce que je dirai à mes camarades ?
– Ne leur dites rien à part que vous avez une tâche en lien avec vos études qui prendra tout votre temps, dit Snape. Je parlerai à Dumbledore ce soir, et partirai demain matin. Si vous avez quoi que ce soit dont vous devez vous occuper avant de commencer à concocter, je vous suggère que vous le fassiez ce soir. La Blaneige est une potion exigeante, encore plus que le Souffle d'Aurore. Je pense que vous pouvez gérer cette charge, mais seulement si vous ne gâchez pas votre énergie à faire d'autres choses. Vous mangerez trois repas par jour, vous dormirez huit heures par nuit, vous concocterez et vous ne ferez rien d'autre. Est-ce clair ? Pomfrey vérifiera périodiquement comment vous allez et si elle vous voit en faire trop, vous serez forcé de vous arrêter. »
Rigel acquiesça.
« Je comprends, monsieur. Je ne vous laisserai pas tomber.
– Si je pensais même un moment que vous me laisseriez tomber, je ne vous aurai pas confié cette tâche, je vous assure, dit Snape. Partez et reposez-vous, Mr. Black. Je laisserai les recettes dans le Laboratoire Un ainsi que les changements nécessaires pour s'adapter aux baies d'açaï. Les protections seront refaites pour vous en permettre l'entrée. Des questions ?
– Non, monsieur, dit Rigel d'un air grave. Bonne chance, monsieur. »
Elle laissa Snape à son programme et se rendit directement à son dortoir pour récupérer son sac d'école. Elle devait finir les devoirs de Flint et les poster ce soir, pour qu'elle puisse se concentrer entièrement sur la concoction pendant que Snape était parti. Rigel n'allait pas faire foirer ça, quoi qu'il arrive.
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Le week-end passa en une frénésie de concoction. Rigel avait souvent été accusée de manger, dormir et respirer potions, et ça n'avait jamais été aussi vrai. Elle se levait et se dirigeait droit vers le Labo Un, concoctait pendant deux heures, allait petit-déjeuner, concoctait pendant huit heures avec une petite pause pour manger le déjeuner que Binny lui apportait, allait dîner, concoctait encore quatre heures, se douchait et s'effondrait dans son lit jusqu'à ce qu'elle soit réveillée par son alarme et répétait le cycle.
La concoction était dure. Elle avait constamment un chaudron de Blaneige et de Souffle d'Aurore chacun, et quand venait l'heure du dîner chaque jour, elle pouvait même sentir son noyau magique être fatigué. Elle se demanda si c'était comme ça que les préparateurs de potions étaient censés se sentir quand ils imprégnaient des potions de haut niveau. C'était un peu déconcertant de sentir la perte d'énergie magique ; elle se sentait quelque peu vulnérable. Elle allait au lit tous les jours en se sentant bien rincée, et savait que si elle n'avait pas eu un sommeil complet et trois repas par jours comme Snape lui avait ordonné, sa magie aurait été bien en peine pour récupérer d'ici au moment où elle recommençait à concocter chaque matin. Rigel savait qu'elle travaillait juste en-dessous de sa limite et ne savait pas combien de temps elle pourrait garder ce rythme avant de devoir retourner à concocter pendant douze ou même dix heures par jour. Le Philtre de Blaneige en particulier était visiblement plus drainant que le Souffle d'Aurore, surtout puisqu'il requerrait de la magie supplémentaire pour forcer les baies d'açaï à se substituer de façon plutôt fluide aux baies de ginseng.
Son esprit était entièrement concentré sur sa tâche, bien qu'elle remarquât vaguement les regards inquiets qu'elle recevait de ses amis. Ce n'était pas avant le mardi soir, alors qu'elle se dirigeait avec fatigue vers son lit une fois de plus qu'un de ses amis décida que c'en était trop.
« Rigel. »
Draco attira son attention loin de son oreiller accueillant avec une main sur son épaule.
« Rigel, ne va pas te coucher tout de suite, j'ai besoin de te parler. »
Rigel cligna des yeux avec fatigue vers son ami blond, et se tourna pour lui faire face, s'asseyant sur le bord du lit pour soulager ses pieds, qui lui faisaient mal pour avoir été debout toute la journée pour le quatrième jour d'affilé, et leva les yeux vers lui.
« D'accord, bâilla-t-elle. Qu'est-ce qu'il y a Draco ?
– Bah c'est ce que j'aimerais savoir, dit Draco, fronçant les sourcils vers elle. Tu es comme un fantôme depuis des jours, et Pansy est vraiment inquiète. »
Rigel sourit légèrement à ça, haussant un sourcil.
« Bon, d'accord, je suis inquiet pour toi aussi, crétin, dit Draco en roulant des yeux. Parce qu'aucun projet d'école ne vaut ça. Tu travailles comme un fou jusqu'à l'épuisement tous les soirs, puis tu te lèves et le refais. Ce n'est pas sain, et plus tu seras fatigué, plus tu auras de chance d'attraper cette maladie quand ton système immunitaire sera faible. Tu dois y aller plus mollo.
– Je ne peux pas, Draco, lui dit Rigel, fatiguée. Je suis désolé et je sais que tu es inquiet, mais crois-moi quand je dis que je dois faire de mon mieux pour ça. Je ne vais pas tomber malade, je te promets. Quand Snape reviendra, je pourrai prendre une pause, mais là… »
Elle s'arrêta, regardant avec une confusion qui tourna rapidement à la surprise alors que les yeux de Draco partaient dans le vague avant qu'ils ne se révulsent. Son ami s'effondra comme une marionnette sans fil, et Rigel plongea instinctivement de son lit pour empêcher sa tête de taper le coin du guéridon.
Elle s'agenouilla avec une horreur croissante, la tête de Draco toujours maintenue dans une de ses mains, l'autre allant à son épaule pour le secouer d'abord gentiment puis avec une urgence en hausse.
« Draco ? Draco ! Réveille-toi, debout, Draco. »
Elle secoua la tête frénétiquement.
« Oh, non, non, par pitié, non. »
Mais Draco ne répondit pas, ne tressaillit pas, ne se réveilla pas. Il s'écroula maladroitement sur le sol, inconscient et pâlit rapidement. Rigel se leva d'un bond, ne se sentant plus fatiguée le moins du monde et courut vers la salle commune aussi vite qu'elle le pouvait.
Elle s'arrêta en dérapant devant le portrait de Salazar Serpentard et haleta :
« Salazar, Salazar, va chercher Snape. J'ai besoin de Snape. »
Le portrait la regarda d'un air soucieux.
« Je suis désolé, mon enfant, mais Professeur Snape est toujours absent de l'école. »
Rigel grogna, elle savait ça, bordel. Réfléchis, se réprimanda-t-elle, Draco a besoin d'aller à l'Infirmerie. Mais je ne peux pas le porter là-bas, et je ne sais pas comment la magie interagit avec la maladie.
Elle regarda frénétiquement dans la salle commune et repéra un visage familier la regardant avec curiosité depuis un fauteuil à bas dossier non loin.
« Flint ! » appela-t-elle, le soulagement évident dans sa voix.
Elle pouvait faire confiance à Flint avec Draco. Elle courut jusqu'à lui, pantelante :
« Flint, j'ai besoin de ton aide. Draco s'est effondré, et il doit aller à l'Infirmerie, et Snape est pas là, donc tu dois le porter…
– Ralentis, Black, claqua Flint. Reprends-toi. »
Rigel avala de l'air aussi silencieusement qu'elle le pouvait et attendit que l'élève plus âgé fasse quelque chose.
« Bien, Malfoy s'est effondré. Ce n'est pas grave, il n'est pas en danger immédiat, dit Flint, étrangement réconfortant. Est-ce qu'il est tombé inconscient dans votre dortoir ?
– Oui, dit Rigel rapidement, se sentant un peu plus calme maintenant que Flint était en charge.
– Alors je ne peux pas le récupérer et aucun autre des élèves. Seuls les première année peuvent aller dans le couloir des première année », dit-il sobrement.
Rigel se maudit, elle avait su ça aussi, mais avait oublié dans sa panique. Paniquer n'aider pas. Elle devait penser.
« Crabbe et Goyle sont tous les deux malades, dit Rigel en fronçant les sourcils de mécontentement. Je ne sais pas où est Blaise et Pansy ne sera pas capable de soulever Draco non plus.
– Alors tu devras le faire », dit Flint avec évidence.
Rigel grogna :
« Je ne peux, je suis… »
Elle s'arrêta pour prendre une énorme inspiration calmante avant qu'elle ne dise quelque chose qu'elle regretterait.
« Je n'ai pas la force.
– Tu dois le porter aussi loin que la salle commune, dit platement Flint, tractant Rigel fermement à travers la salle commune et la poussant vers les dortoirs de première année. Tu veux aider Malfoy ? »
Rigel acquiesça.
« Alors va l'aider », dit Flint.
Rigel acquiesça de nouveau et se dépêcha de remonter le couloir jusqu'à son dortoir. Il fallait qu'il soit le dernier du couloir, pensa-t-elle avec dégoût et elle cala la porte ouverte avec la chaussure de quelqu'un et alla là où la forme sur le ventre de Draco était toujours allongée étrangement par terre. D'une certaine façon, elle espérait que Draco ne découvrirait jamais qu'elle l'avait laissé sur le sol pendant plusieurs bonnes minutes pendant qu'elle paniquait, parce que sa dignité de Malfoy n'y survivrait probablement pas.
Rigel se baissa et souleva un des bras de Draco autour de ses épaules, essayant d'obtenir assez d'effet de levier pour tirer son ami loin du sol. L'angle était étrange et Draco était un poids mort, peu importe qu'il ne soit pas vraiment plus gros qu'elle. Il était plus dense à cause du muscle qu'il avait développé sous le régime de Quidditch de Flint. Les bras de Rigel étaient fatigués d'avoir touillé et ses pieds endoloris lui faisait mal en protestation et elle les enfonça dans la moquette et tira de toutes ses forces vers le haut contre leur gravité combinée. Elle avait à peine réussi à les mettre debout quand elle partit en chancelant sur le côté dans le lit de Draco et lâcha accidentellement son ami inconscient quand ses bras la lâchèrent. Elle baissa les yeux vers le blond maintenant tout décoiffé avec désespoir alors qu'elle reprenait sa respiration.
Je ne peux pas le faire, pensa-t-elle, sa frustration croissante. Je suis juste une faible petite fille avec aucune force dans le haut du corps. Si seulement j'étais plus forte. Si seulement j'étais réellement un garçon. Si Archie était là, il pourrait le faire.
Elle ne savait pas si c'était son imagination, mais elle trouva que Draco paraissait rouge. La fièvre commençait et il n'y avait rien qu'elle pouvait faire pour l'aider.
Non, secoua-t-elle la tête. Désespérer n'est pas ce qui va aider Draco. Si je ne peux pas le porter avec mes bras, je dois le porter d'une autre façon.
Avec une détermination renouvelée, Rigel s'assit sur le bord du lit de Draco et souleva son torse pour que ses bras aillent autour de son cou. Avec un peu de manœuvre, elle réussit à mettre le plus gros de son poids sur son dos et se leva avec précaution, agrippant le haut de ses bras et se penchant presque en deux pour empêcher son ami de glisser sur le sol encore. Lentement, avec des pas en crabe, Rigel transporta Draco à travers la pièce, de l'autre côté de la porte, et le long du couloir. Elle s'était arrêtée et s'était appuyée contre le mur plusieurs fois, mais elle réussit éventuellement à arriver au bout du couloir, où Flint souleva Draco de son dos à son épaule avec une prise de pompier moldu.
Rigel haleta, les mains sur les genoux et Flint tapa dans son dos de façon tonifiante.
« Bien joué, Black, dit-il. Je prends la suite. »
Rigel fit un pas hésitant derrière Flint alors que l'élève plus âgé se rendait vers l'entrée de la salle commune avec son fardeau, mais il l'arrêta de la main.
« Il n'y a rien de plus que tu puisses faire, gamin, dit-il fermement. Ils ne te laisseront pas aller dans la Quarantaine. Va juste dormir maintenant, et tu verras le reste demain. »
Rigel sentit toute son énergie la quitter une fois de plus et elle réalisa que l'adrénaline de regarder Draco s'effondrer était probablement en train de s'estomper. Elle pensa à réveiller Pansy et lui dire pour Draco, mais elle ne put pas s'amener à le faire. Laissons-la avoir une autre nuit de sommeil, pensa-t-elle. Flint a raison, il n'y a rien que l'on peut faire ce soir. Mais demain, quand sa magie et sa force auraient récupéré une fois de plus, Rigel trouverait un moyen de voir Draco d'une façon ou d'une autre.
Elle savait, logiquement, que Draco allait aller bien. Elle savait, objectivement, que Pomfrey prendrait bien soin de lui et que la maladie n'était même pas prévue pour être fatale. Mais d'une certaine façon, elle avait une véritable mauvaise impression dans le creux de son estomac qui n'avait rien à voir avec des pensées rationnelles.
NDT : Et voilà la fin de ce chapitre ! Plein de choses se passent dans celui-là et les enjeux montent ! Je l'aime bien :D La scène avec Snape au tout début est iconic. Plus que deux chapitres avant l'épilogue les amis !
