NDA : Attention : Beaucoup de Malfoy.

Aussi : Je ne possède pas Harry Potter ou Alanna the Lioness

NDA[2] : Fiou. Plus. Long. Chapitre. Jamais. Écrit. Je pensais le diviser en plusieurs parties, mais je ne pouvais pas supporter de vous laisser avec un autre cliffhanger, donc le voilà, tout emballé dans un joli (principalement) petit paquet. Bonne lecture.

NDT : SURPRISE ! J'ai travaillé à fond ces derniers jours pour vous traduire ce chapitre pour que je puisse vous faire un petit cadeau de Noël. Je n'ai pas eu beaucoup de temps pour reposer mon cerveau après avoir fait la traduction, donc j'ai sûrement dû laisser passer des fautes lors de la correction. Sur ce, allons sauver Draco !


Chapitre 20

Rigel se réveilla le matin suivant et passa une minute entière à fixer les délicates tentures au-dessus de son lit à baldaquin, se demandant pourquoi elle se sentait aussi malade dans son estomac, avant de se rappeler ce qui s'était passé la nuit précédente.

Draco est en Quarantaine.

Rigel fut cruellement tentée de fermer les yeux une fois de plus et de retourner dormir. Si elle avait souhaité que la nuit dernière ait été un rêve tout du long suffisamment fort, cela serait sûrement devenu vrai. N'était-ce pas comme ça que la magie marchait ? Roulant des yeux à ses propres pensées, Rigel sortit du lit et glissa dans ses chaussures, se déplaçant silencieusement, comme si elle avait encore des colocataires qu'elle pouvait déranger, et ne regardant résolument pas autour d'elle le dortoir vide en partant.

Elle se rendit directement au Labo Un et concocta pendant deux heures. Puis elle plaça les fioles de Philtre de Blaneige et de Souffle d'Aurore dans leurs caisses respectives et verrouilla le labo derrière elle. Elle n'avait techniquement pas besoin de concocter pendant deux heures avant le petit-déjeuner. Rigel était en avance sur ses niveaux de production et pouvait se permettre de ne pas travailler pendant deux heures, mais pour être brutalement honnête, elle évitait Pansy. Leur autre meilleure amie serait dévastée que Draco soit tombé malade, et avec leur directeur de Maison partit à la recherche d'ingrédients, Rigel ne savait pas qui serait responsable de dire à Pansy ce qui s'était passé. Si ça ne tenait qu'à elle, elle éviterait cela autant que possible, mais Pansy serait mise au courant tôt ou tard, et Rigel savait que malgré sa réticence à causer tout type de peine à Pansy, ce serait mieux que cela vienne d'elle.

Parce que Rigel n'avait pas eu le temps pour leurs promenades matinales depuis un long moment, Pansy avait pris l'habitude de dormir jusqu'à ce que le petit-déjeuner commence. Sans Millicent présente pour la réveiller non plus, Pansy arrivait juste à peine au petit-déjeuner à l'heure ces derniers temps, donc Rigel n'était pas surprise d'entendre une voix endormie répondre quand elle toqua sur la porte du dortoir de Pansy.

« Oui ? Qui est-ce ? » appela Pansy d'un ton endormi.

Elle paraissait épuisée et Rigel grimaça, pensant que peut-être elle aurait dû laisser son amie blonde dormir un petit peu plus longtemps. Mais non, mieux valait que Pansy sache avant le petit-déjeuner pour qu'elle se prépare au flot de commisération qu'elle recevrait sûrement de ses connaissances des années supérieures. Pansy avait beaucoup d'amis qui n'étaient pas encore touchés par la maladie se diffusant dans l'école, et tout le monde voudrait au moins paraître compatissant à la suite du rejeton Malfoy devenant victime de la maladie.

« C'est moi, Pan, dit Rigel, haussant doucement la voix à travers la porte.

– Rigel ? »

Des bruits de pas vinrent de derrière la porte avant que le bouton de celle-ci ne tourne et elle s'entrouvrit légèrement, permettant à un œil bleu éclatant de la regarder à travers l'espace. L'œil cligna et Pansy dit :

« Donne-moi juste un moment, d'accord ?

– Bien sûr », dit Rigel, cachant un sourire en ayant aperçu des cheveux blonds ébouriffés avant que Pansy n'ait rapidement fermé la porte une fois de plus.

Même après sept mois d'amitié, elle n'avait pas encore eu l'occasion de voir Pansy dans un état moindre qu'une perfection totale, à moins que l'on comptât la fois où Pansy avait pleuré dans ses bras après l'incident Lee Jordan, mais même lors, ses larmes avaient été cachées dans les robes de Rigel et ses cheveux un modèle de pureté. Rigel regrettait que Pansy ne puisse jamais se sentir assez confortable strictement parlant pour juste traîner en pyjama comme Rigel et Archie le faisaient souvent ensemble, mais elle supposa que c'était tout simplement juste qu'elle perde un certain niveau de familiarité avec son amie fille en échange de son mensonge envers ladite amie concernant son genre. Elle avait certainement rattrapé ce fait avec la familiarité qu'elle avait maintenant avec ses camarades de chambrée masculins. Heureusement, Draco n'était pas le genre de garçon à paresser sans haut, mais Theo n'avait pas de tels scrupules. Rigel était complètement désenchantée par la forme masculine à ce stade, ou au moins, la version de onze ans.

Rigel prit un siège sur le canapé près d'un des feux pour attendre et peu de temps après, Pansy arriva en marchant à grand pas depuis son dortoir avec des robes fraîches et un regard déterminé sur son visage fraîchement lavé.

« Qu'est-ce qu'il y a, Rigel ? demanda sèchement Pansy alors qu'elle s'asseyait à côté d'elle. Tu n'as pas eu le temps de prendre des nouvelles depuis des mois, donc si tu prends le temps de me parler maintenant, c'est qu'il doit y avoir quelque chose. »

Rigel grimaça et ouvrit la bouche pour s'excuser mais Pansy la coupa fermement :

« Je ne t'en veux pas, Rigel. Je sais que la chose que tu fais est importante, ou tu ne passerais pas autant de temps et d'énergie à la faire. Draco et moi nous inquiétons simplement pour toi, c'est tout, sourit Pansy d'une façon qui était bien trop intentionnelle. Tu as tendance à garder les choses pour toi-même pour une raison ou une autre, et bien qu'en tant que Serpentard, je te respecte pour cela, en tant qu'amie, c'est dur de t'aider quand tu fais ça.

– Tu n'as pas besoin de m'aider avec quoi que ce soit, dit Rigel automatiquement.

– Ce n'est pas une question de "avoir besoin" ou de "devoir", Rigel, dit Pansy. Mais de quoi avais-tu besoin de me parler ?

Rigel déglutit, se rappelant son but originel en allant chercher Pansy avec une sensation de serrement dans son estomac.

« Pan, c'est Draco, dit-elle, mais sa gorge se bloqua sur les mots suivants et elle secoua la tête, muette, tandis que Pansy fermait les yeux avec une expression qui paraissait enfermée.

– La maladie, dit Pansy doucement, résolument. On savait qu'elle viendrait, bien que j'admets avoir pensé qu'elle me toucherait en premier.

– Pan ? »

Rigel la regarda avec un air interrogateur dans les yeux, comme si elle pouvait voir si oui ou non la maladie était tapie comme une ombre derrière eux, mais tout ce qu'elle vit était la même détermination que Pansy avait déjà montrée ce matin.

« Rigel, toi, Blaise et moi sommes les seuls première année non touchés dans toute l'école, dit gentiment Pansy, comme si c'était elle qui était venu annoncer la mauvaise nouvelle. Ce Weasley de première année de Gryffondor a été emmené en Quarantaine hier, et il était le dernier des premières années des autres Maisons. Ils ont annulé les cours de première année il y a des jours parce qu'il n'y avait juste plus personne pour les suivre, mais j'imagine que tu n'as pas été en cours depuis un moment de toute façon… »

Sa voix déclina et Rigel se sentit comme un complet idiot pour avoir raté autant de choses sur ce qu'il arrivait à ses propres camarades d'année. L'année prochaine serait différente, se promit-elle. Elle ferait plus attention à ses amis, et elle serait là pour eux au lieu de l'inverse, mais par Merlin, faites qu'elle puisse juste passer cette année avec tous ses amis en une seule pièce.

« Draco est tombé malade la nuit dernière, dit finalement Rigel, pensant qu'elle devait au moins un minimum d'explication à Pansy. C'était dans notre dortoir, et Flint a aidé à le transporter à l'Infirmerie. Il semblait bien avant de…

– Ils le semblent tous », dit Pansy, tapotant le bras de Rigel avec une grande quantité de pitié.

D'une certaine façon, cette conversation n'avait pas tourné comme Rigel s'y était attendue, mais elle ne pouvait pas s'empêcher d'être reconnaissante. Elle n'avait vraiment vraiment pas voulu voir Pansy bouleversée. Peut-être que c'est pour ça que les femmes sang-pures sont si calmes et sereines tout le temps, songea Rigel pensivement, parce qu'elles savent que nous autres ne pouvons pas gérer leurs larmes.

Rigel prit la main de Pansy d'une façon qui était plus maladroite que réconfortante, et Pansy sourit un peu tristement au geste, mais serra sa main en retour tout de même.

« Merci Rigel, dit-elle sérieusement. Je n'aurais pas voulu découvrir ça au petit-déjeuner, peu importe à quel point je me croyais préparée.

– Bien sûr, dit Rigel. J'aurais voulu pouvoir faire plus. Je suis si désolé de ne pas avoir été là pour toi et Draco ces derniers temps, Pan. Je jure que ce que je fais est important.

– Tu fais des potions pour Professeur Snape, maintenant qu'il est parti, dit-elle d'un air entendu, n'est-ce pas ? »

Rigel remua un peu.

« Je ne suis vraiment pas censé le dire, Pan.

– Je comprends, dit gentiment Pansy. Tout comme je comprends qu'à ta propre façon tu fais tout ce que tu peux pour Draco et pour tous ces autres enfants aussi. Quand je tomberai malade, je veux que tu me promettes…

– Pan, ne dis pas…

Que tu me promettes, appuya Pansy résolument, que tu n'arrêteras pas de faire ce que tu fais. Ne t'arrête pas pour t'inquiéter pour moi, ne laisse pas la maladie te détourner d'aider Professeur Snape du mieux que tu peux.

– … Je promets, dit Rigel, rencontrant les yeux résolus de Pansy avec la détermination des siens. Mais Pan, je pourrais tomber malade avant toi. »

Pansy sourit d'une façon qui semblait trop sage pour son âge.

« Quelque chose me dit que ça ne t'arrivera pas, Rigel, bien que je ne sache pas quoi. J'imagine que je ne peux juste pas t'imaginer malade.

– Je ne pouvais pas imaginer Draco malade hier, dit Rigel, un peu morose.

– Draco ? sourit Pansy, bien que d'une façon un peu forcée. Tu veux dire que tu ne peux pas le voir alité dans un lit de soie, une serviette de coton égyptien humide sur son front aristocratique, une douzaine de servants s'occupant de chacune de ses moues étouffées de mécontentement ? Je le peux certainement. »

Rigel sentit un sourire tirer ses lèvres et elle acquiesça avec un lent accord. Elle pouvait d'une certaine façon voir Draco, drapé dramatiquement en une posture languide, comme une reine du désert s'affaiblissant gentiment sous les rayons du soleil. Puis elle se rappela la façon dont il s'était effondré comme une poupée sans fil la nuit dernière et elle arrêta de sourire. Il n'y avait rien de délicat ou de romantique à la façon dont Draco était tombé malade. Cela avait été purement terrifiant.

« Allez, Rigel, dit Pansy, se mettant debout et tirant le bras de Rigel avec elle. Allons petit-déjeuner. Tout semble meilleur après une bonne tasse de thé. »

Rigel se leva et déplaça son bras de sorte qu'elle escortait Pansy plutôt que d'être traînée derrière elle, et elles se rendirent au petit-déjeuner seules.

Quand elles arrivèrent à la table de Serpentard, elles s'assirent aussi près qu'elles le pouvaient de ce qui restait des élèves de deuxième année, pour que la perte de leurs propres camarades d'année ne paraisse pas aussi évidente. Au milieu de la seconde tasse de thé de Pansy, le courrier arriva, et Pansy posa sa tasse avec un soupir en recevant le sien.

« Oh, elle n'a pas osé, marmonna Pansy sombrement, et Rigel leva les yeux de la lettre que Sirius lui avait envoyée pour voir ce qui avait troublé son amie. Cette femme Skeeter ne sait pas quand laisser les choses tranquilles. »

Pansy toisait une copie de la Gazette du Sorcier avec un regard noir glacé, et Rigel se rapprocha pour avoir une meilleure vue de la Une.

Une Mystérieuse Maladie Frappe Poudlard

Rigel se sentait prête à jurer, mais se décida sur un profond froncement de sourcils à la place. Donc la nouvelle était éventée. Elle supposa que Dumbledore n'aurait pas pu la garder secrète pour toujours, mais Rigel craignait les répercussions qui viendraient avec une telle publicité. Si le Parti Cow voulait une mauvaise presse pour la faction de Dumbledore, ils ne pouvaient pas mieux faire que Skeeter. Résignée, Rigel commença à lire par-dessus l'épaule de Pansy, qui était rigide de dégoût.

Rita Skeeter, correspondante spéciale pour la Gazette du Sorcier, écrit pour informer le public du dangereux secret qui est actuellement gardé loin des parents soucieux de tout le pays. Le collège Poudlard, école de Sorcellerie, a récemment été touché par une maladie magique inconnue hautement contagieuse, qui a infiltré la population et déjà infecté plus de 50 élèves avec ses symptômes étranges et déroutants.

Cette maladie, jusqu'ici inconnue dans la communauté médicale magique, se présente à travers une venue soudaine et, d'aussi loin que votre journaliste a découvert, un coma magique irréversible. Malgré la Quarantaine qui, d'après certaines informations, a été instaurée immédiatement à la suite de l'émergence de l'épidémie, la maladie continue à se répandre sans frein à travers l'école, affectant en particulier les plus jeunes de l'illustre corps étudiant de Poudlard. La maladie ne discrimine pas par Maison ou affiliation familiale ; les progénitures de la Lumière et des Ténèbres ont à la fois été frappés par cette brutale maladie.

Juste la nuit dernière, Mr. Draco Malfoy est tombé malade, un événement qui a à la fois choqué et perturbé les parents bien connus du jeune héritier, Mr. Lucius Malfoy et Mrs. Narcissa Malfoy, née Black. Votre journaliste a été gracieusement autorisée quelques instants du temps de Mr. Malfoy, qu'elle a diligemment employés au nom du public qui mérite d'être au courant pour que ses lecteurs puissent savoir ce qu'il se passe exactement au collège Poudlard, école de Sorcellerie.

Quand questionné si oui ou non Mr. Malfoy, à la fois en tant que parent et en tant que membre du Conseil d'Administration, était au courant de cette maladie avant que son Héritier ne la contracte, Mr. Malfoy répondit : « Je regrette de dire que le Directeur Dumbledore n'a pas considéré comme nécessaire de mettre au courant les parents ni les membres du Conseil d'Administration de la situation à Poudlard. Découvrir que non seulement mon fils est tombé malade d'une maladie potentiellement mortelle, mais qu'il n'était pas le premier, ni le second, mais le cinquantième élève à succomber à la maladie, était bien sûr une cause de profonde inquiétude pour ma femme et moi-même. J'espère sincèrement que Dumbledore sait tout simplement ce qu'il fait, car cela ne semble pas vouloir suivre les protocoles basiques pour gérer des épidémies de cette proportion. »

Votre journaliste est certainement d'accord avec la perspicacité affûtée de Mr. Malfoy sur la situation. Qu'est-ce qu'il se passe en effet au collège Poudlard, école de sorcellerie ? Comment est-il possible que ce n'est qu'après que grossièrement 1/7ème de sa population se retrouve dans des comas magiques que le grand public est mis au courant d'un tel risque pour leurs enfants et Héritiers ? Selon ce que vous journaliste a glané, Poudlard n'a même pas appelé du personnel médical supplémentaire, bien que l'Infirmerie doit avoir atteint sa capacité il y a quelques mois. Est-ce véritablement le meilleur environnement pour confier le futur du monde magique ?

Eh bien, il est trop tard pour faire ce choix, grâce au Directeur Dumbledore. Ste Mangouste a officiellement déclaré Poudlard être une Zone de Quarantaine générale, dans un effort d'empêcher la maladie de se répandre dans le reste du monde. Ce que cela veut dire, mes chers lecteurs, c'est qu'à ce stade dans le développement de l'épidémie, les parents ne peuvent pas retirer leurs enfants de l'école, même s'ils le voulaient.

« Je sais que cela semble sévère », a dit un Guérisseur anonyme de Ste Mangouste. « Mais puisque la Quarantaine à l'intérieur de l'école ne semble pas faire de différence, la seule option est de garder tous ceux qui sont dans l'école, eh bien, dans l'école. Honnêtement, c'est plutôt une surprise qu'elle ne se soit pas encore répandue à la population de façon générale, et jusqu'à ce que l'on sache comment guérir la maladie, nous aimerions garder ça comme ça. »

Votre journaliste a demandé au Guérisseur si la raison pour laquelle il n'y a pas eu de progrès de faits pour guérir la maladie était dû à l'opération élaborée de dissimulation à Poudlard, qui a empêché les Guérisseurs de savoir et donc d'étudier la maladie pendant plusieurs mois.

« Eh bien, pas vraiment », a répondu le Guérisseur. « C'est vrai, nous venons juste de découvrir la maladie quelques heures plus tôt, mais Madame Pomfresh fait véritablement honneur à sa profession. Nous avons toutes ses notes, et la maladie semble extrêmement simple, bien qu'en même temps, elle ne donne pas d'indices sur comment la guérir. Des jours ou des mois ne feront pas beaucoup de différences avec une maladie comme celle-ci. Soit on sait comment la guérir, soit on ne sait pas, et l'étudier ne va pas aider. Ce n'est pas comme un casse-tête, voyez-vous, avec une réponse juste si vous y réfléchissez suffisamment fort. »

Votre journaliste n'était pas convaincue, donc elle a demandé au Guérisseur ce qui était fait pour empêcher la maladie de prendre des élèves impuissants un à un. Le Guérisseur a haussé les épaules et dit : « Jusqu'à ce que la maladie nous donne un autre indice, il n'y a pas grand-chose que nous pouvons faire. Allons, ne me regardez pas comme ça. Ce n'est pas comme si ces enfants sont en réels dangers pour le moment. Les sommeils magiques peuvent être gardés à peu près à l'infini avec les bonnes potions, vous savez. Tout ce que nous pouvons faire pour le moment est d'attendre, et espérer qu'une solution se présente d'elle-même bientôt. »

Tandis que les parents et amis de ces brillants jeunes enfants sang-purs "attendent" une solution, il y en a beaucoup qui ne passent pas le temps à ne rien faire. À la place, ils se questionnent : pourquoi est-ce que cette maladie n'est découverte que maintenant, des mois après le départ initial de la maladie ? Qu'est-ce que cette épidémie veut dire pour les élèves à Poudlard et leurs familles ? Est-ce qu'il y aura des effets durables ? Est-ce que La Maladie de Poudlard aurait pu être évitée d'une quelconque façon ou peut-être guérie plus vite s'il y avait eu des informations disponibles dès le début ? Vers où Dumbledore dirige-t-il le futur du Monde Sorcier, qui a jusqu'à présent était laissé en toute confiance dans les mains rabougries du bastion de la Lumière ?

Pour en savoir plus sur les protocoles standards pour des épidémies magiques, voir page 3

Pour en savoir plus sur les précédents sur les comas magiques, y compris les cas célèbres de Blanche Neige et d'Aurore, alias la Belle au Bois dormant, voir page 4

Pour les informations pour savoir où envoyer une lettre de plainte concernant le collège Poudlard, école de Sorcellerie, voir page 5

Rigel soupira alors qu'elle s'écartait du journal, préférant se concentrer sur son petit-déjeuner une nouvelle fois. Elle avait un peu mal à l'estomac après avoir lu l'article de Skeeter, mais elle savait que son corps avait besoin de la nourriture pour alimenter son noyau magique avec assez d'énergie pour passer une autre journée à concocter.

Pansy souffla avec indignation alors qu'elle repoussait le journal de son assiette.

« Je n'arrive pas à croire qu'elle ait juste étalé la nouvelle de la maladie de Draco sur la première page comme ça. Comme si les Malfoy voulaient vraiment que les gens sachent que leur fils et Héritier est malade. Imagine juste les répercussions pour les familles et les élèves à Poudlard maintenant. Ils paraîtront faibles, incapables de protéger leurs Héritiers, et les Malfoy en particulier vont perdre énormément de poids politique à cause de ça ; la devise des Malfoy est "le sang avant l'honneur" par Merlin. À quoi ça va ressembler si les gens pensent qu'ils ne peuvent pas prendre soin des leurs ? »

Pansy continua à grommeler dans cette veine pendant un moment, et Rigel la laissa tranquillement se plaindre. En vérité, les Malfoy perdraient probablement un peu de pouvoir politique jusqu'à ce qu'il devienne clair que Draco irait bien, mais après ça, Rigel pensait qu'ils retourneraient à leur état habituel de royauté non officielle dans le monde sorcier. Rigel pensait également que l'interview de Mr. Malfoy avec Skeeter était plutôt évidente dans la façon qu'elle visait à discréditer le Directeur, mais elle supposa qu'elle ne devrait pas être trop surprise. Après tout, Mr. Malfoy était haut dans le Parti Cow, donc s'ils étaient en effet responsables de cette maladie, alors il était raisonnable de penser que Mr. Malfoy était inclus dans le plan et avait été prêt à glisser l'information à Skeeter aussitôt qu'il en aurait l'occasion – ce qui voulait dire qu'il savait que son fils serait susceptible d'attraper la maladie et était donc plutôt certain de la nature essentiellement inoffensive de la celle-ci.

Au contraire, Rigel se sentait en fait mieux après avoir pensé à ça. Si Malfoy était suffisamment confiant pour permettre que son fils soit utilisé dans une tactique politique, alors sûrement la maladie ne faisait véritablement pas de mal à aucun des élèves après qu'elle bloquait leurs esprits. Bien que la vraie devise des Malfoy était quelque chose comme "la pureté vainc toujours", Pansy avait eu raison de dire que la devise que tout le monde se rappelait des Malfoy était "le sang avant l'honneur", ce qui poussait essentiellement le sang avant quoi que ce soit, car les Malfoy prenaient leur honneur très au sérieux. Donc si Mr. Malfoy laissait son propre sang, son Héritier, contracter cette maladie, alors Rigel n'avait pas à trop s'inquiéter pour son ami sur le long terme. Tant qu'elle continuait à préparer des potions, rien de véritablement affreux ne leur tomberait dessus.

Son cœur plus apaisé qu'il ne l'avait été depuis un long moment, Rigel s'excusa de la table de petit-déjeuner et se rendit pour amener sa dernière fournée de potions à l'Infirmerie.

L'Infirmerie était protégée des approches fortuites par une ligne en forme de demi-cercle creusée profondément dans le couloir en pierre en face de la grande double porte marquant l'entrée de l'Infirmerie. Cela ressemblait beaucoup à une ligne de vie ou toute sorte de barrières semi-permanentes, mais au lieu de garder les gens d'un certain âge en-dehors, elle interdisait quiconque qui n'était pas escorté par une sorcière ou un sorcier avec un badge de Guérisseur. Quand Rigel s'approcha de la ligne, elle émit une lumière bleue en avertissement et elle tapa son orteil contre le bord de la ligne, qui se durcit comme un mur quand elle parvint en contact avec et fit retentir un faible son de cloche dans le couloir.

Quelques moments plus tard, Pomfresh se rua à l'extérieur, paraissant stressée, et dit :

« Mr. Black, bien, bien, passez-moi juste celles-ci à travers, voulez-vous ? »

Elle étendit la main depuis son côté de la ligne de Quarantaine, qui permettait les objets solides de traverser si lesdits objets étaient donnés à un personnel médical portant un badge, mais Rigel hésita.

« J'espérais en fait pouvoir entrer aujourd'hui, Madame Pomfresh », dit-elle avec attention.

La Guérisseuse soupira comme si elle se faisait exploiter.

« Vous ne pouvez pas, Mr. Black, personne ne peut. Vous le savez. Maintenant donnez-moi les potions, j'ai eu une matinée bien occupée avec tous les Guérisseurs du pays qui ont essayé de cheminetter et de découvrir ce qu'il se passe grâce à l'article de cette femme Skeeter.

– S'il vous plaît, Madame Pomfresh, ressaya Rigel, mettant en marche le regard de chiot battu pour un pouvoir influenceur encore plus fort. Draco est un de mes meilleurs amis, donc forcément, si la maladie se passe d'esprit à esprit, je l'ai déjà attrapée et n'en ai juste pas encore montré les symptômes. Nos chemins mentaux sont trop familiers pour que je n'aie pas été infecté, maintenant. Je veux juste le voir pour quelques minutes. Je ne serai pas dans le passage. »

L'infirmière pinça les lèvres, disant :

« Malgré la possibilité que vous êtes déjà à risque, je ne pense vraiment pas que c'est une bonne idée de laisser la personne qui est présentement notre unique préparateur de potions dans la zone de Quarantaine, surtout parce que votre âge vous met le plus à risque.

– Je comprends cela, Madame Pomfresh, dit sincèrement Rigel. Mais Professeur Snape sera bientôt de retour pour reprendre la préparation de potions, et on en a déjà assez pour nous durer plus de deux semaines, même au rythme à laquelle la maladie se répand maintenant, donc ça ne causera pas vraiment de problèmes si je tombe malade, en particulier parce que je vais inévitablement y succomber de toute façon avec tous mes amis malades. »

Rigel choisit de ne pas mentionner qu'elle n'avait pas vraiment passé assez de temps avec ses amis récemment pour être sûre d'avoir été exposée à la maladie. Elle savait que c'était égoïste de se mettre à risque pour voir Draco, mais elle avait travaillé suffisamment dur que si elle tombait malade avant que Snape ne revienne, l'Infirmerie serait toujours bien fournie.

« Tout de même, dit Pomfresh, fronçant les sourcils, je ne suis pas sûre que Professeur Snape approuverait…

– C'est juste si difficile de faire toutes ces potions sans vraiment voir pour quoi, madame, dit Rigel, soupirant légèrement pour l'effet. Je pense que si je pouvais voir mes amis, je comprendrais mieux, et cela paraîtrait plus réel pour moi, pour que je sache que ce que je fais est important et que je puisse continuer avec une détermination renouvelée dans le cœur. »

Rigel sut qu'elle avait trop exagéré quand Pomfresh leva les yeux au plafond et soupira :

« C'est comme Sirius Black une nouvelle fois. »

Rigel ouvrit la bouche pour essayer une autre tactique, mais Madame Pomfresh leva une main.

« Bien, bien, je sais comment vous autres garçons Maraudeurs pouvaient être, et si je ne vous laisse pas entrer, vous trouverez probablement une façon extrêmement dangereuse et irresponsables de passer en douce. Ne perturbez pas les patients, et par la bonté de Merlin, ne dites rien à Severus. »

Elle tendit la main à travers la Quarantaine et tira Rigel à travers par les épaules, la conduisant à travers les grandes portes et dans l'Infirmerie à proprement parler, qui paraissait avoir été élargie à cinq reprises. L'intérieur était une étendue véritablement caverneuse de blanc immaculé, avec des rangées de lits remplissant l'espace allongé de façon industrielle. Il devait y avoir à peu près quatre-vingt lits alignés au moins, bien que seulement un peu plus de la moitié d'entre eux étaient occupés.

La partie étrange était que le lieu entier était complètement silencieux hormis les talons de Madame Pomfresh claquant contre le carrelage blanc et les potions dans les bras de Rigel qui s'entrechoquaient gentiment alors qu'elle transportait les caisses derrière l'infirmière. Bien qu'il y eût cinquante enfants allongés sur le dos(1) dans leurs lits à travers la pièce, pas un seul d'entre eux ne bougea quand elles passèrent. Pas même un d'entre d'eux ronflait, bien que Rigel savait pour avoir entendu Zabini s'en plaindre, que Crabbe ou Goyle aurait dû ronfler en dormant naturellement. Pomfresh s'arrêta devant une rangée à moitié remplie de lits et prit les caisses de potions des bras de Rigel.

« Mr. Malfoy est dans l'avant-dernier lit occupé de cette rangée, dit sèchement l'infirmière. Vous avez dix minutes, puis vous devrez partir pour réduire le risque de propagation de la maladie chez vous.

– Merci, Madame Pomfresh », dit Rigel avant de se déplacer rapidement le long de la rangée des élèves endormis.

Elle reconnut Neville et Ron en les dépassant, mais elle ne s'arrêta pas avant d'atteindre l'avant-dernier lit d'élève. Rigel fut quelque peu honteuse de voir que le dernier enfant de la rangée était Blaise Zabini, dont elle avait vaguement remarqué l'absence au petit-déjeuner, mais à qui elle n'avait pas plus pensé hormis cela. Toutefois, elle reposa ses yeux sur Draco, dont le teint pâle paraissait terne et malade sous la lumière crue de l'infirmerie, et elle se rapprocha pour qu'elle puisse poser ses doigts sur le cou de Draco avec précaution.

La pulsation stable sous la pulpe de ses doigts détendit un nœud de tension dans son estomac qu'elle n'avait pas réalisé être là jusqu'à ce qu'il soit parti. Draco allait bien, et il le resterait, se dit-elle, donc le sombre sentiment sans origine qu'elle avait ne voulait évidemment rien dire. La preuve était là sous ses doigts. Elle déplaça sa main pour repousser un peu des cheveux blond-blanc du visage de son ami, se demandant avec morosité combien de temps il faudrait avant qu'elle ne regarde Pansy de la même façon. Car quoi que Rigel ait dit à son autre amie, elle savait que Pansy avait probablement raison. Rigel était mieux protégée, grâce à son Occlumancie rudimentaire que Pansy, et Pansy avait passé plus de temps avec Draco, Blaise, Millicent et Theo, qui étaient tous déjà tombés malades, que Rigel n'en avait passé ces derniers mois.

« Ça va aller, dit doucement Rigel à Draco. Professeur Snape et moi, on ne va rien laisser t'arriver et quand tu te réveilleras, je te taquinerai de fou pour t'être évanoui devant moi. Et tu diras "les Malfoy ne s'évanouissent pas" et Pansy aura ce regard sur le visage quand elle veut rouler des yeux mais est trop sophistiquée pour le faire, et tout sera normal à nouveau. Je te le promets. »

À un regard sévère de Madame Pomfresh à travers la pièce, Rigel tapota la tête de Draco une dernière fois et quitta l'Infirmerie pour continuer à concocter.

À un moment dans l'après-midi, des heures après que Rigel avait fini le déjeuner que Binny lui avait amené, un des murs vierges du Labo Un scintilla pendant un instant dérangeant et puis changea abruptement jusqu'à ce qu'il présente une cheminée modeste. Alors que Rigel demandait à sa magie de mettre un sort de stase sur ses deux chaudrons, des flammes vertes apparurent dans la cheminée et un son carillonnant commença à résonner dans la pièce. Rigel fronça les sourcils pendant un moment, incertaine sur comment faire pour répondre à un appel de cheminette dans les Labos de Snape. À Godric's Hollow, on devait juste s'approcher de la cheminée, donc Rigel s'avança jusqu'à ce qu'elle soit baignée dans la lumière verte provenant des flammes et sans surprise, le carillon s'arrêta et une tête familière apparut dans la cheminée.

« Bonjour, monsieur, dit Rigel, s'accroupissant pour qu'elle puisse croiser son regard perçant au même niveau.

– Mr. Black, dit Professeur Snape de sa voix sèche, paraissant être tout aussi hors du commun en tant que tête flottante qu'en personne. Bien. Je n'ai pas beaucoup de temps avant de devoir rencontrer le prochain marchand potentiel. Rapport des progrès ?

– Du point de vue des potions, l'Infirmerie est actuellement fournie pour trois semaines à l'avance, dit Rigel. La substitution avec l'açaï marche bien.

– Vous surtaxez-vous ? demanda Snape, regardant Rigel d'un air entendu.

– Non, monsieur, dit Rigel. L'açaï demande un peu plus de magie pour être imprégné que le ginseng, mais ce n'est rien que je ne peux gérer. J'ai tout juste vu Madame Pomfresh ce matin, et elle n'avait pas de plaintes concernant ma santé.

– Très bien, dit Snape. J'ai demandé à mon fournisseur de Londres de vous envoyer plus d'açaï, donc attendez-vous à la livraison demain matin. »

Rigel fronça les sourcils. Plus d'açaï voulait dire qu'il n'y avait pas de ginseng en vue.

« Pas de chance avec les fournisseurs étrangers, Professeur ? demanda-t-elle.

– Aucune, dit Snape d'un ton bref, et Rigel pouvait voir les lignes de frustration et un soupçon d'une émotion plus sombre jouant sur son visage. Apparemment les fournisseurs européens ont tous subi une demande inattendue de ginseng durant le mois dernier. Ils ont tous sans exception été dévalisés de l'ingrédient. »

Les yeux de Rigel s'élargirent.

« La maladie s'est répandue en Europe ? Pourquoi n'en a-t-on pas entendu parler ?

– Ce n'est pas le cas, dit Snape sombrement. Aucun des fournisseurs européens ne sait pourquoi tout leur ginseng a été acheté ou même qui a fait l'achat.

– Quelqu'un monopolise le marché ? » dit Rigel avec incrédulité.

Quelles étaient les chances que l'ingrédient même dont ils avaient besoin dans les deux potions vitales à la santé continue des élèves avait été inexplicablement retiré du commerce public à cet exact moment ?

« C'est ce qu'il semblerait, dit Snape, renfrogné. Puisque personne ne semble capable de contacter ce mystérieux acheteur, je dois regarder autre part. Je vais aller à l'Est pour continuer à chercher, et serai probablement injoignable jusqu'à la semaine prochaine. Les sorciers dans ces régions utilisent d'autres moyens de déplacement, donc le système de cheminette est au mieux fragmentaire. Si une urgence arrive, envoyez-moi un hibou, mais ne vous attendez pas à une réponse avant deux jours. Y a-t-il quelque chose d'autre ? »

Il attendit avec impatience et Rigel hésita. Draco était le filleul de Snape, donc le Professeur voudrait probablement savoir qu'il était tombé malade, mais d'un autre côté, est-ce que Rigel voulait vraiment distraire le Professeur avec une nouvelle à laquelle il ne pouvait rien faire alors que Snape faisait déjà quelque chose d'aussi important ?

« Rien que vous pourriez faire, dit Rigel, décidant qu'il vaudrait mieux prévenir Snape concernant Draco quand il reviendrait.

– Dans ce cas, je vous verrai quand je reviendrai. Reposez-vous, mangez, et par Merlin, essayez de ne pas tomber malade », dit Snape.

Rigel eut à peine le temps de dire « Bonne chance, monsieur », avant que la tête de Snape ne disparaisse et que les flammes vertes ne s'éteignent d'elles-mêmes.

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Quand Rigel retourna à l'Infirmerie avec deux autres caisses ce soir-là, c'était au bruit de voix tendues émanant à travers les portes de l'Infirmerie, qui n'avaient pas été complètement fermées derrière la dernière personne qui avait dû entrer. Tapant son pied contre les barrières de la Quarantaine, Rigel fut surprise de voir que son pied passait à travers au lieu de taper contre. Elle marcha avec hésitation au-dessus de la ligne de Quarantaine, réalisant qu'elle devait toujours la reconnaître comme quelqu'un admis par un Guérisseur et donc, autorisée à être là. Elle se fit une note mentale de regarder comment une telle barrière marchait plus tard, et utilisa ses épaules pour repousser la porte semi-ouverte suffisamment pour qu'elle la laisse entrer.

Aucune des trois personnes discutant de l'autre côté de l'Infirmerie ne la remarquèrent alors qu'elle entrait avec ses caisses de potion. Rigel, habituée aux adultes l'ignorant depuis le temps et étant quelqu'un ne laissant jamais passer une opportunité d'écouter aux portes, transporta les caisses vers les tables d'appoint au milieu de l'infirmerie et commença à les décharger silencieusement, Blaneige sur une table et le Souffle d'Aurore sur l'autre. Les voix se firent entendre jusqu'à elles alors qu'elle travaillait et elle réalisa après un moment qu'elle reconnaissait les trois.

« …réactions sévères aux deux potions nécessaires. Je ne les ai administrées que quelques heures plus tôt, comme il faut environ une demi-journée pour que les procédés inconscients arrêtent de marcher d'eux-mêmes après que la maladie s'installe chez un enfant, mais seulement dix minutes plus tard, son corps a complètement rejeté les deux potions. Présentement, je n'ai pas déterminé ce qui cause cette réaction, comme il n'y a rien dans son dossier qui indiquerait une allergie à un des ingrédients, encore moins un ingrédient dans chacune des potions. »

Celle-ci était Madame Pomfresh, et elle paraissait à la fois sur la défensive et très inquiète.

La voix suivante lui demanda un moment pour la replacer, seulement parce qu'elle ne s'attendait pas à l'entendre ici.

« Bien sûr qu'il n'y a rien dans son dossier, parce que mon fils n'est pas allergique à quoi que ce soit dans aucune de ces potions. Clairement, cette réaction est un résultat de quelque chose d'autre. »

C'était Lucius Malfoy. Rigel tourna la tête pour fixer avec inquiétude les trois adultes, plissant les yeux contre la lumière blanche lumineuse, presque aveuglante, de l'Infirmerie. Madame Pomfresh parlait à Lucius et Narcissa Malfoy, qui se tenaient avec des épaules raides et des expressions encore plus raides dans des robes gris sombre similairement non décorées. Rigel pouvait entendre sa respiration plus fort dans ses oreilles alors qu'elle réalisait que si Mr. et Mrs. Malfoy étaient là, cela voulait dire que le garçon dont ils parlaient était Draco.

« Qu'est-ce qui ne va pas avec Draco ? laissa échapper Rigel, faisant se tourner les trois sorciers plus âgés vers elle et la fixer avec un affront surpris à l'interruption inattendue.

– Mr. Black. »

Lucius Malfoy parla avec un ton sec qui ne cachait rien de son courroux évident. Rigel intégra les lignes dures autour de la bouche de l'aîné Malfoy et pensa qu'il ne ressemblait en rien à ce qu'il avait semblé être dans l'article de Skeeter ce matin-là. Ce n'était pas le visage d'un homme qui savait que son fils était hors de tout danger immédiat. Malfoy ressemblait à un père qui retenait à peine son inquiétude et sa colère, et Rigel trouva qu'elle n'aimait pas du tout cet air sur lui, surtout si cela voulait dire qu'il y avait quelque chose qui n'allait pas avec Draco.

« Qu'est-ce qui vous amène ici, Mr. Black ? demanda Narcissa avec une expression qui semblait froide et vide jusqu'à ce que Rigel remarque le soupçon de peur qui marquait ses yeux dans leurs iris trop grandes et ses cils clignant de façon erratique.

– Je déposais juste la dernière fournée de potions, Mrs. Malfoy, dit Rigel. Est-ce que Draco va bien ?

– Il a mal réagi à la Blaneige et au Souffle d'Aurore, les deux potions nécessaires pour maintenir le coma sans heurt, lui apprit Narcissa, comme si elle répétait quelque chose qu'elle avait lu dans un manuel. Nous n'avons pas encore déterminé pourquoi.

– Mais Draco a besoin de ces potions, dit Rigel d'une voix neutre, incapable de comprendre totalement ce qu'elle entendait. Elles sont la seule chose qui garde son corps en marche de façon saine pendant que son esprit est enfermé.

– Nous sommes au courant de ça, Mr. Black », rétorqua Malfoy Sr. à travers des dents serrés.

Rigel grimaça. Bien sûr qu'ils étaient au courant. Mais c'était grave. Si Draco ne prenait pas ces potions, il ne durerait pas la semaine dans le coma magique.

« Oui, monsieur, dit Rigel, essayant d'être respectueuse face à leur inquiétude évidente pour leur fils, mais en même temps, trop inquiète elle-même pour son ami pour s'empêcher de parler. Pouvez-vous me donner une liste de ses allergies ? J'ai fait les potions, donc je sais exactement quels ingrédients sont dans chaque. Je pourrais vous dire à quoi il pourrait être allergique dans chacune. »

Les Malfoy regardèrent Rigel avec quelque chose qui aurait pu être de l'incrédulité.

« Vous êtes celui qui concocte les potions pour ces élèves ? » demanda Mr. Malfoy, le ton dans sa voix suggérant sans rien dire que peut-être sa présence expliquait certaines choses.

Insultée que Malfoy pense qu'elle avait fait une erreur avec les potions et ainsi causé la mauvaise réaction de Draco, Rigel ravala sa réplique enflammée. Elle prit une respiration, se disant que Malfoy ne savait presque rien de ses compétences en potions et qu'il était juste un homme inquiet pour son fils, comme quiconque dans sa situation le serait.

« C'est moi, dit Rigel quand sa voix fut suffisamment neutre. Professeur Snape est actuellement hors du pays, donc j'ai récupéré la responsabilité de concocter le Philtre de Blaneige et le Souffle d'Aurore pendant que le Professeur est parti. »

Narcissa posa gentiment une main sur le bras de son mari et parla avant qu'il ne puisse :

« Personne d'autre n'a eu une telle réaction à ces potions ? »

Au hochement de confirmation de Madame Pomfresh, Narcissa continua :

« Alors le problème est toujours spécifiquement dans la réaction de Draco aux potions. Si Mr. Black sait comment les potions ont été faites, alors peut-être qu'il peut nous éclairer sur le problème. »

Madame Pomfresh tendit avec force un bout de papier qu'elle avait sorti d'un dossier en papier kraft à Rigel en disant :

« C'est la liste des allergies de Draco Malfoy. »

Rigel tendit la main pour la prendre mais Mr. Malfoy intervint :

« Ne vous embêtez pas, dit-il, retirant une différente feuille de papier de l'intérieur de ses robes et donnant celle-là à la place à Rigel. Cette liste est incomplète. Prenez ceci. »

Madame Pomfresh paraissait prête à se lancer dans une tirade sur les parents irresponsables qui ne listaient pas complètement les allergies de leurs enfants pour les dossiers de l'école, mais Narcissa intervint gentiment :

« Draco a une constitution délicate. Il tient ça de moi. »

Et là, elle paraissait si coupable et pleine de regret que même Madame Pomfresh se radoucit un peu.

« Nous ne sommes pas sûrs nous-mêmes de tout ce à quoi il est allergique, et nous pensions qu'une liste complète serait trop de prises de tête pour un dossier scolaire. »

Traduction : nous ne voulions pas déclarer ouvertement toutes les faiblesses de notre Héritier au cas où quelqu'un voudrait utiliser cette information pour le blesser, pensa cyniquement Rigel. Elle pouvait comprendre son point de vue ; les Malfoy avaient beaucoup d'ennemis. Madame Pomfresh avait un point aussi, toutefois. Il était dur de s'attendre à ce que des Guérisseurs anticipent les allergies de votre enfant si vous n'en aviez pas informé les Guérisseurs.

« Dans tous les cas, dit Malfoy Sr. sévèrement, toutes les allergies de Draco à des ingrédients ou substances utilisés dans des potions vitales ont été inclues. Severus lui-même a lu la liste, et Draco n'est allergique à rien qui soit dans la Blaneige ou le Souffle d'Aurore.

– Il est clairement allergique à quelque chose, dit Madame Pomfresh, acerbe, apparemment au bout de sa patience. Et jusqu'à ce que l'on découvre à quoi, je ne peux pas administrer ces potions en toute bonne foi.

– Ne pouvez-vous pas le garder sous les enchantements ? demanda Narcissa anxieusement.

– Les sorts d'aide de vie peuvent seulement marcher un certain temps avant que le corps ne doive faire le travail par lui-même, dit Pomfresh avec fatigue. Je peux faire continuer à respirer les poumons de Draco et son cœur à pomper pendant trois jours au maximum avec ses sorts. Après ça, le noyau magique d'un sorcier commence à rejeter les sorts, sentant que le corps lui-même n'est plus actif, et il se détache automatiquement du corps du sorcier pour rejoindre la magie sauvage de la terre. Les potions sont la seule solution à long-terme que nous avons présentement, comme elles imitent les signaux que le cerveau enverrait normalement au corps pour continuer à réaliser les procédés naturels. Même si nous pouvons techniquement le garder nourri de façon intraveineuse, la magie de Draco ne le reconnaîtrait pas comme vivant avec les enchantements faisant la respiration et pompant le sang à sa place. »

Trois jours. Rigel secoua la tête pour éclaircir le brouillard qui montait derrière ses yeux à la pensée. Non, elle devait se concentrer. Tout n'était pas perdu.

« Nous n'avons pas besoin de trois jours, dit fermement Rigel, brisant l'atmosphère tendues laissée à la suite des mots de Pomfresh. Aussitôt que l'on sait à quoi réagi Draco, on peut trouver une solution pour l'ingrédient. »

Rigel baissa les yeux sur la feuille de papier dans sa main. La liste d'allergies était importante ; Draco avait vraiment un système immunitaire plutôt capricieux. Alors qu'elle examinait la liste, rejetant chaque allergie qu'elle passait à soit non connectée à la Blaneige ou la Souffle d'Aurore ou alors non existante dans le produit final dans une quantité assez large pour créer une réaction, ses yeux s'arrêtèrent sur une substance et elle pâlit avec effroi.

Açaï.

« Draco est allergique à l'açaï ? chuchota Rigel d'une voix rauque, sa bouche soudain aussi sèche que du parchemin.

– Oui, dit gentiment Narcissa en fronçant les sourcils. Excusez-moi, mais je ne crois pas que ce soit un ingrédient dans aucune…

– Substitué », murmura Rigel, fixant toujours les quatre lettres griffonnées soigneusement avec quelque chose qui ressemblait énormément à de l'horreur se déroulant à l'intérieur d'elle.

Quand elle se rappela à elle-même, elle décrocha son regard de la page pour regarder misérablement les Malfoy.

« On est à court de ginseng, qui est dans les deux potions, donc on a dû le substituer par de l'açaï. »

Malfoy parut exaspéré.

« Alors commandez plus de ginseng et donnez ses potions à mon fils. »

Mais Rigel secoua la tête de gauche à droite même en parlant.

« On ne peut pas, il n'y a plus de ginseng nulle part. C'est pour ça que Professeur Snape n'est pas là ; il est parti chercher du ginseng, mais il n'en a encore trouvé nulle part.

– Comment peut-il n'en trouver "nulle part" ? claqua Malfoy. Severus connaît des fournisseurs dans tout le pays. Il y a sûrement quelqu'un qui peut nous en donner. Nous n'en avons pas besoin de beaucoup, juste assez pour Draco pour tenir la durée de cette maladie. »

Rigel ouvrit la bouche pour expliquer, mais il la coupa, parlant plus rapidement alors qu'il devenait de plus en plus agité.

« Dites à Severus de ne pas lésiner sur les moyens. On paiera tout, amenez juste le ginseng à Poudlard aujourd'hui.

– Je ne peux pas, dit Rigel, suppliant avec ses yeux qu'ils comprennent. Il n'y a plus de ginseng nulle part en Angleterre ou en Europe. Snape a cherché partout, mais le marché a été monopolisé durant le mois dernier ou autre, et qui que ce soit qui ait tout acheté ne le vend pas. Le Professeur est parti à l'Est pour en chercher plus, mais il a dit qu'il serait parti encore une semaine et il est hors du réseau de cheminette. Un hibou mettra des jours pour l'atteindre, et même une fois qu'il l'a, on devra espérer qu'il a véritablement trouvé du ginseng. »

Rigel tira sur ses cheveux avec une frustration paniquée et essaya en vain de se calmer.

Pendant ce temps-là, les Malfoy étaient tous les deux aussi froids que de la glace, luttant contre leurs émotions si fort que Rigel ne pouvait même plus imaginer ce qu'ils pouvaient ressentir.

« Bon, dit Madame Pomfresh en tremblant. Bon, nous avons trois jours pour trouver une solution. »

Rigel acquiesça, tournant son esprit vers une trajectoire spécifique.

« Madame Pomfresh, vous avez des stocks pour les deux potions pour au moins trois autres semaines, donc je vais concentrer toute mon attention à trouver un moyen de faire les potions sans l'açaï, d'accord ? »

L'infirmière regarda Rigel avec pitié, mais Rigel insista :

« D'accord ?

– Très bien, Mr. Black, dit la femme âgée avec fatigue. Vous êtes excusé pour les trois prochains jours sur vos concoctions. Je v… »

Quoi qu'elle eût été sur le point de dire fut coupé par un son bipant dérangeant se lançant dans leurs oreilles.

« Oh, c'est l'alarme de la Blaneige. Excusez-moi, je dois administrer la dose suivante à ces enfants. »

L'infirmière partit s'activer pour prendre soin de ses devoirs et Rigel et les Malfoy se toisèrent l'un l'autre pendant un long moment.

« Jusqu'à ce que l'on puisse faire parvenir une lettre à Severus, il semblerait que notre fils est entre vos mains, Mr. Black, dit doucement Narcissa. Severus dit beaucoup de bien de vous. J'espère sincèrement qu'il ne s'est pas trompé. »

Rigel carra son menton sous le regard évaluateur des sang-purs.

« Je ferai tout ce que je peux pour aider Draco. »

Je lui ai promis que tout irait bien, ajouta-t-elle silencieusement.

« Excusez-moi également, Mr. et Mrs. Malfoy. Je dois me mettre au travail. Est-ce que cela vous dérange que je garde ceci ? »

Elle montra la liste d'allergies dans sa main et Mr. Malfoy acquiesça par à-coups, ses yeux non pas sur elle, mais de l'autre côté de la pièce, là où son fils reposait immobile et aussi pâle que la glace.

Rigel ne pouvait pas regarder Draco, ne pouvait pas supporter de le voir sous l'éclat jaune des sorts de soutien de vie, donc elle inclina la tête profondément aux parents de son ami et quitta l'Infirmerie à un pas qui était presque une course. Elle avait du travail à faire.

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Le soir suivant, Rigel était plus fatiguée qu'elle ne l'avait jamais été lorsqu'elle concoctait pour Snape. Elle s'était plongée dans les notes que Snape lui avait donné sur les deux potions, ainsi que consulté la large pile de journaux de potions que Snape gardait organisés par date dans un des placards du Labo Un, et elle continuait à revenir à la même, horrible, conclusion.

Elle ne pouvait pas substituer une substitution. Tout ce qu'elle lisait se mettait d'accord pour dire qu'essayer de substituer un ingrédient pour un autre ingrédient qui était déjà une substitution pour l'ingrédient idéal causait la potion à devenir trop instable pour créer les changements pour lesquels il était désigné. Au mieux, la potion était inutile, au pire, hautement toxique. Elle ne pouvait rien utiliser à la place de l'açaï dans aucune des potions à moins que ce ne soit le ginseng original. En d'autres mots, elle avait perdu un jour et terminé là où elle avait commencé, avec Draco pas plus près d'obtenir de l'aide.

La pire partie de toute l'histoire était que même si Rigel avait miraculeusement trouvé une substitution parfaite pour l'açaï et obtenu pour Draco les potions dont il avait besoin, Draco serait toujours malade ! Elle se creusait la cervelle et s'épuisait juste pour le garder en stase, quand ce qui n'allait vraiment pas avec lui était si loin de ses compétences qu'elle ne pouvait même pas essayer de l'aider.

Non, se corrigea-t-elle avec amertume alors qu'elle verrouillait le Labo et marchait lentement vers la Grande Salle pour dîner. La pire partie, c'est que tout est de ma faute.

Rigel était parfaitement conscience d'à quel point la situation était de sa faute. Parce que Rigel aidait Snape à concocter, ils avaient concocté plus de potions plus vite et donc avait épuisé le ginseng plus vite que si Snape avait travaillé seul. Bien que cela voulait dire que la production serait moindre si elle n'aidait pas, cela voulait aussi dire que Snape n'aurait pas eu à quitter Poudlard pour du ginseng avant encore quelques semaines, ce qui voulait dire qu'il aurait été encore à Poudlard quand Draco était tombé malade. Et si ce n'était pas assez, cela avait été la décision de Rigel de ne pas dire à Snape que son filleul était malade. Seuls Snape, Madame Pomfresh et Rigel avaient su que l'açaï avait été substitué contre le ginseng dans les potions, et seuls Snape et les Malfoy avaient su que Draco était allergique à l'açaï, donc si quiconque pouvant faire quelque chose concernant l'allergie avant que Draco n'ait une mauvaise réaction aux potions, c'était Snape, qui était au courant à la fois de l'allergie et de la substitution de l'açaï. Et Rigel ne lui avait pas dit. Maintenant Snape était hors de portée et Draco avait trois jours avant que son noyau magique ne réalise que son corps ne répondait, en fait, pas et se détache de lui, et Rigel fut laissée avec la vérité accablante et indéniable qu'elle était la responsable.

Juste quand elle pensa que son cœur ne pourrait pas sombrer plus bas, Rigel s'assit à la table de Serpentard et réalisa qu'elle était maintenant seule dans la section officieuse des bancs des première année. Complètement seule. Elle serra les poings sous la table fermement, et tourna la tête pour examiner le reste de la table, cherchant une teinte particulière de blond pour lui prouver que sa suspicion épouvantable était fausse. Le regard sur le visage de Rookwood quand elle capta son œil était tout ce qu'elle avait besoin de savoir. Ayant l'impression qu'elle s'étouffait avec son propre cœur, qui avait soudainement remonté de fond de son estomac jusqu'à sa gorge, Rigel s'écarta brutalement de la table, ignorant Rosier alors qu'il faisait un geste avorté pour se lever et la suivre – avorté parce que Rookwood pressa une main ferme sur le bras de l'autre Serpentard et secoua la tête résolument.

Rigel courut hors de la Salle et ne s'arrêta pas jusqu'à ce qu'elle soit devant l'Infirmerie. Elle marqua une pause, hésitant seulement un moment, pas sûre de vouloir voir Pansy étendue comme une petit poupée flasque sous la lumière d'hôpital trop forte, mais une seconde plus tard, elle avait passé incontestée les barrières de la Quarantaine et ouvert les portes de l'Infirmerie.

Elle était silencieuse, bien plus que juste les rangées d'enfant endormis de façon sinistrement silencieuse ne pouvaient l'expliquer, et après un regard rapide, Rigel réalisa que Madame Pomfresh n'était nulle part dans la pièce élargie. L'infirmière devait être dans son bureau, peut-être en train de manger son dîner. Rigel fut reconnaissante pour l'intimité alors qu'elle traversait l'infirmerie pour marcher à travers les rangées à moitié remplie qui gardait les patients les plus récents. À la toute fin de la rangée reposait Pansy, à côté d'un Poufsouffle de troisième année qui devait être tombé malade après Blaise.

Pansy ressemblait à un ange, sereine et innocente, avec un halo de cheveux blonds étendus sous sa tête, sauf qu'aucun ange ne pouvait être aussi immobile. Il y avait de simples signes de vie, une lente, presque inaudible, respiration ici et la légère rougeur d'une fièvre là, mais ce qui frappa le plus Rigel fut à quel point Pansy paraissait jeune dans son sommeil enchanté. Elle avait toujours paru comme une mini-adulte pour Rigel, juste une version plus petite de Narcissa Black, mais dans le sommeil, Pansy paraissait véritablement ses onze ans, et cela rappela à Rigel à quel point cette maladie était plus grande qu'eux, peu importe à quel point il paraissait qu'elle, Pansy et Draco étaient au centre de ce maelstrom. Cette maladie ne les concernait pas, ne concernait pas vraiment aucun des enfants qui y avaient succombé. Ils étaient juste des pièces sur lesquelles on jouait dans un bluff politique du Parti S.O.W. (enfin c'est ceux que Rigel pensait devoir être derrière la maladie). Et pourtant, pour toute l'insignifiance des première année pour les grands joueurs de ce jeu, c'étaient eux qui seraient les plus touchés par ce bordel.

Draco avait deux jours avant que les sorts de soutien de vie ne puissent plus cacher à son corps qu'il ne réagissait pas, et si le pire devait arriver… Pansy le prendrait très mal, et Rigel devait admettre qu'elle aussi. Sans mentionner les parents de Draco et – l'estomac de Rigel se serra – Snape, si Draco devait passer l'arme à gauche avant que son parrain ne revienne et ne découvre même qu'il était malade. Parce que Draco allait mourir, si son noyau magique se séparait de son corps. Le choc de ses systèmes majeurs tuerait sûrement quelqu'un d'aussi jeune, particulièrement sans son esprit suffisamment conscient pour outrepasser la réaction de son corps à la perte soudaine de la magie dans son système.

Rigel quitta le chevet de Pansy et alla se tenir à celui de Draco. Est-ce qu'il paraissait plus maigre déjà ? Non, bien sûr que non. Madame Pomfresh le garderait manuellement hydraté et nourri aussi longtemps qu'elle le pouvait. Il paraissait un peu fiévreux toutefois. C'était une étrange sorte de fièvre. Draco ne se tournait et ne se retournait pas ou marmonnait comme des patients le ferait normalement sous l'influence d'une fièvre. C'était purement une fièvre du corps et l'esprit restait intouché. Ou peut-être, une meilleure explication était que quoi qu'il se passât dans l'esprit de Draco provoquait la fièvre mais n'était pas pris dans la fièvre lui-même. Dans les deux cas, le résultat était que bien que la température de Draco essayât continuellement d'augmenter et qu'il devait être nourri d'Inducteur de Sueur pour refroidir son corps autant que possible, il restait parfaitement immobile, paraissant intouché par l'inconfort que la fièvre devait provoquer pour son corps.

Rigel baissa les yeux sur son ami et ressentit quelque chose qui devait être une pâle comparaison de ce qu'Archie avait dû ressentir en regardant Tante Diana lentement dépérir devant ses yeux. Elle se sentait défaite par cette maladie. Tant de promesses allaient être laissées inassouvies dans son sillage. Elle avait dit à Pansy qu'elle continuerait à aider Snape autant qu'elle le pouvait, mais voilà qu'elle se tenait là, n'aidant personne du tout, vidée et épuisée. Snape serait déçu d'elle aussi, et probablement en colère quand il réaliserait qu'elle avait délibérément gardé des informations, comme si elle était dans une position pour décider ce que son Professeur pouvait ou non gérer d'être tenu au courant. Quelle blague ses meilleurs efforts se trouvaient être. Mais laisser tomber Pansy et Snape n'était rien comparé à laisser tomber Draco. Elle avait promis que tout irait bien, qu'il irait bien, et elle avait promis à ses parents de faire tout ce qu'elle pouvait pour aider leur fils.

Mais qu'est-ce que je peux faire ? Rigel serra les dents de frustration. Je ne peux pas inventer une nouvelle potion en trois jours, et je ne peux substituer une substitution, et même si je le pouvais, Draco serait toujours malade.

C'était un moment très rare dans sa vie quand Rigel ne savait pas quoi faire. Les choses qui auraient été des murs de pierre pour d'autres personnes – la politique de sang-purs uniquement à Poudlard, un poignet cassé – étaient juste des obstacles pour elle, et chaque minute de sa vie était passée à avancer, toujours avancer vers un objectif ou un autre. Et voilà où elle était, véritablement encerclée de murs de pierre. Une maladie comme ça n'était pas un ennemi à abattre, un sort à comprendre, ou un élève plus âgé avec qui marchander. Rigel pouvait complètement comprendre le désir d'Archie d'être un Guérisseur si ça voulait juste dire qu'elle ne se sentirait jamais aussi impuissante à nouveau contre quelque chose.

Rigel était sur le point de partir chercher une chaise, pour qu'elle puisse s'asseoir à côté de son ami un peu plus longtemps, quand elle la sentit.

C'était une sensation de chatouille qui agaça sa conscience, un mouvement insidieux qu'elle ressentit avec un de ses sens qu'elle n'utilisait pas dans le monde physique. Quelque chose frôlait son esprit. Elle entra en mode méditation automatiquement, tournant sa conscience intérieurement pour voir son espace mental. Elle était certaine que c'était de là que venait l'impression étrangère inconfortable. Si elle n'avait pas été aussi familière avec son propre esprit après autant de sessions de méditation, elle n'aurait probablement rien remarqué, encore moins été capable de faire quoi que ce soit à ce propos. Tel qu'il en était, elle passa au fil fin le brouillard de son esprit avec précaution, cherchant à travers la brumaille l'intrus qu'elle savait devait être là.

Elle atteignit la grande montagne blanche sans rien voir d'inhabituel, mais quand elle s'arrêta là et tourna son œil intérieur aux alentours, son corps physique inspira vivement avec ce qu'elle vit. Les brouillards brumeux autour de la périphérie d'une partie de son esprit, généralement blanche ou au moins un léger gris, étaient infectés par des vrilles noires de… quelque chose qui rampait de façon continue à travers l'air vers sa montagne comme une grande mauvaise herbe noire insidieuse. Elle frissonna d'une façon qui n'avait rien à voir avec l'espace mental frisquet et se replia vers la montagne, se déplaçant sur sa face et se dirigeant lentement vers l'illusion d'un mur de glace qui protégeait le sanctuaire intérieur de son esprit. Elle ne pouvait pas dire si la chose noire avait des moyens de sentir ses alentours, ou si elle bougeait simplement vers l'avant par des instincts engendrés par la magie, mais Rigel se plaça aussi discrètement que possible à travers le mur de glace pour qu'elle n'attire pas son attention, juste au cas où. Elle ressentit la chaleur du labo de potions caverneux derrière l'illusion de glace juste quand elle ressentit les vrilles noires atteindre le pic de sa montagne-forteresse. Son corps physique frissonna alors que le truc noir tâtait la cime de la montagne, se collant à lui et se répandant lentement le long de la paroi vers le bas, mais quand elle entra la caverne souterraine entièrement, elle ne pouvait plus ressentir son corps physique, et à la place, elle eut une deuxième conscience de ce qu'il se passait à tous les niveaux de son esprit, depuis les Brouillards Brumeux jusqu'à la Salle de l'Espace.

Utilisant cette conscience, elle suivit la substance d'encre noire qui prenait lentement le contrôle de plus en plus du côté de sa montagne, tandis que son avatar qui représentait sa conscience se déplaçait à travers le labo de potions leurre puis la trappe sous le grand tapis placé devant la cheminée. Elle tomba dans les tunnels sous le labo et grâce à sa volonté mentale fit que la trappe se ferma derrière elle et que le tapis retourna à sa place. Sous la lumière des cristaux verts incrustés dans les murs, elle se déplaça avec confiance à travers la toile de tunnels qui se ramifiaient au troisième chemin à droite et quelques minutes (en temps mental) plus tard, elle arriva à la porte qui scellait sa Salle de l'Espace. La porte était une nouvelle addition de sa dernière séance de méditation. Elle n'avait pas de poignée discernable ou de loquet et s'intégrait parfaitement dans la pierre grossière l'entourant. Elle ne s'ouvrait qu'avec un mot de passe, et ce mot de passe dépendait de connaissances que seules les personnes à qui elle faisait confiance pouvaient avoir. C'était approprié, trouvait-elle, de garder ses souvenirs et secrets avec une porte qui ne pouvait être ouverte que si la personne connaissait déjà ses secrets les plus gardés.

Elle mit ses mains en coupe autour de sa bouche et chuchota à la porte :

« Mon nom est Harry Potter, et je ne suis pas un garçon. »

La porte glissa sur le côté dans le mur de pierre creusé, et Harry entra à l'intérieur de l'impossibilité infinie qu'était sa Salle de l'Espace. La porte se ferma derrière alors qu'elle se poussait hors du sol et flottait légèrement à travers les divers souvenirs, qui étaient tous enfermés et concentrés dans des petites étoiles et planètes. Les souvenirs n'orbitaient pas le soleil au centre du grand espace, et à la place, dérivaient librement dans n'importe quelle direction leur plaisant. Harry fit de même, flottant sans but alors qu'elle se concentrait sur ses sens des autres portions de son esprit pour jeter un œil sur l'envahisseur noir insidieux.

Il s'était installé comme une cape sur la majorité de sa montagne, et Harry se sentait un peu malade à la sensation de boue goudronneuse qui écrasait son espace mental. Cela ne durerait pas longtemps avant que les vrilles noires trouvent leur chemin à travers l'illusion du mur de glace, car la chose semblait se reposer sur le toucher plutôt que la vue, et l'illusion ne tiendrait pas contre un contact direct. Quand elle avait conçu son espace mental, c'était avec le priori que n'importe quel intrus serait au moins humanoïde, si non des sorciers eux-mêmes, et utiliserait leurs yeux comme source première d'information sur ce qui les entouraient, et Harry ne réalisait que maintenant à quel point c'était un handicap.

Elle savait ce que la chose noire était, ou tout du moins, en avait une assez bonne idée. C'était la maladie, enfin venue la prendre. Juste comme Snape avait postulé, elle se répandait d'esprit en esprit, et Rigel suspectait que les autres enfants qui avaient été touchés n'avaient pas eu du tout conscience mentalement d'elle jusqu'à ce qu'elle prenne complètement le dessus. Puisqu'elle avait de l'expérience avec son esprit grâce à la méditation et à l'entraînement rudimentaire d'Occlumancie, elle avait été alertée quand la maladie l'avait attaquée pour la première fois, bien que maintenant qu'elle en avait conscience, elle n'était pas sûre de ce qu'elle pouvait faire. Harry devrait se reposer sur les dispositifs de sécurité qu'elle avait déjà mis en place, n'ayant encore aucune idée de comment se battre contre un ennemi mental de front. Ceci, s'assura-t-elle, serait la prochaine chose qu'elle étudierait quand elle sortirait de là.

Si elle sortait de là. Harry avait vivement conscience qu'en retraitant face à la maladie noire, elle s'était bel et bien enfermée dans son propre esprit. Elle n'avait jamais construit une autre sortie dans son esprit, et n'était pas sûre que c'était même possible, spécialement maintenant qu'une partie aussi large de son esprit était sous le contrôle de la noirceur insidieuse. La seule façon qu'elle connaissait pour sortir de son esprit était de ressortir de la montagne et partir via les brumes, et avec la montagne et les brumes à présent engloutis par la maladie, ce n'était vraiment pas près d'arriver. Elle ne voulait pas savoir quel serait le résultat de sa conscience entrant en contact avec le truc noir.

Elle pouvait sentir le truc noir glisser à travers l'illusion maintenant et dans la caverne lumineuse et joyeuse qui gardait son sanctuaire leurre. Il ne semblait pas être pressé, et il ne semblait pas remarquer que les rouleaux de recettes de potions qu'il recouvrait de ses antennes noires n'étaient pas ses vrais souvenirs, mais de simples constructions mentales. En fait, la maladie ne semblait pas particulièrement intelligente, et Harry se demanda si c'était parce que ce n'était pas une partie d'un être avec une réelle conscience ou si elle avait simplement été conçue pour être ainsi parce qu'elle était faite pour cibler des enfants. Après tout, cela ne conviendrait pas aux buts du Parti S.O.W. si la maladie devenait vraiment une épidémie et infectait les adultes aussi bien que les enfants. Un monde sorcier en chaos ne faisait de bien à personne. Donc cela devait dire que la maladie était seulement censée être efficace contre les enfants, qui n'étaient pas parvenus à une totale conscience mentale, qui venait en grandissant et en se découvrant et se connaissant vraiment.

Si c'était le cas, Harry pensa avec espoir, alors la maladie n'était pas invincible – elle n'avait pas été engendrée pour l'être. Elle devait juste trouver un moyen de la battre. Pas chez elle, non. Harry fronça les sourcils avec détermination ; elle devait trouver un moyen de battre la maladie chez Draco. C'était lui qui était en réel danger, parce que même si cela voulait dire que son secret était découvert, Harry pouvait au moins être gardée en vie avec la Blaneige et le Souffle d'Aurore jusqu'à ce que la maladie soit retirée. Draco mourrait si la maladie gardait sa prise sur son esprit plus longtemps, et rien, pas même ses secrets les plus profonds, ne valait la vie d'un ami.

Mais comment allait-elle aider Draco pendant qu'elle était enfermée dans son propre esprit ? Devait-elle se battre contre la maladie d'abord puis essayer d'aider Draco après ça ? Non, son avatar secoua la tête, envoyant ses longs cheveux noirs flotter en apesanteur autour d'elle, elle ne savait pas combien de temps passait dans le monde physique. Son temps mental pouvait bouger plus vite ou plus lentement, et il n'y avait aucun moyen d'obtenir une bonne lecture de son corps physique à moins qu'elle soit dans la première couche de son esprit, du côté de la montagne. Ici, elle était trop loin dans son espace mental, et ne savait même pas si elle était toujours debout, figée à côté du lit de Draco ou si elle s'était effondrée sur le sol de l'Infirmerie.

Donc elle devait d'une façon ou d'une autre arriver à Draco, ou plus spécifiquement à l'esprit de Draco, depuis son propre esprit. Elle ne connaissait pas la Legilimancie, et était à peu près sûre que cela ne marcherait pas si tu étais déjà dans ton propre esprit, et en plus de ça, Snape avait dit que la maladie rendait la Legilimancie sur ses victimes impossible.

Harry dériva près de son soleil et se baigna un peu dans la chaleur qu'il émettait. Elle aimait vraiment comment elle ressentait sa magie dans son esprit. Elle était ardente et forte, mais rassurante d'une façon sur laquelle on pouvait compter. Comme le soleil. Ici, dans son esprit, elle se sentait connectée à sa magie qu'une façon qu'elle n'avait pas quand elle avait directement affaire à son noyau magique.

Attendez. Harry arrêta de dériver et se retourna en plein vol pour fixer pensivement le soleil au centre de la Salle de l'Espace. Connectée. Connexions. C'était ça !

Harry laissa un sourire fou fleurir sur son visage alors que le plan lui venait avec une ruée d'idées. Elle n'avait pas à atteindre l'esprit de Draco de l'extérieur. Elle devait juste forger une connexion de l'intérieur.

S'arrêtant un moment pour jauger la situation dans son propre esprit, Harry acquiesça de satisfaction. La maladie était encore en train d'avancer pesamment dans la caverne principale, et même si elle découvrait la trappe et les cavernes en-dessous d'elle, elle avait étoffé les tunnels durant les dernières sessions de méditation. Cela prendrait longtemps pour qu'elle remplisse tous ces tunnels, et il était improbable qu'elle sente la Salle de l'Espace par le toucher seul. Même si elle le faisait, il n'y avait aucun moyen qu'une entité sans une conscience puisse passer la porte qui la protégeait. Au moins, ses souvenirs et sa magie étaient en sécurité.

Nourrie par cette assurance, Harry plongea dans le soleil.

Les connexions, les connexions étaient la clef. Elle ne pouvait pas croire qu'elle avait presque raté la plus évidente. N'était-ce pas Snape qui lui avait dit quand il avait expliqué les noyaux magiques que généralement un noyau magique était sphérique ? Chacun était différent, mais la couche secondaire du noyau magique, le véritable noyau, était ce qui représentait le pouvoir magique d'une personne de façon la plus appropriée pour qui elle était. Sa couche primaire étaient des torsades, des cordes et des vrilles et des bouts s'entortillant de magie tout enveloppés autour du centre, mais elle n'avait jamais regardé d'assez près pour discerner quel était son véritable noyau. Et pourtant, c'était si évident.

Si la magie rendait les événements dans l'esprit réels, alors il était raisonnable de penser que ce qui était vrai pour la magie dans l'esprit avait quelques connexions avec ce qui était vrai pour la même magie dans le monde "réel". N'avait-elle pas créé la Salle de l'Espace spécifiquement parce qu'elle avait trouvé le soleil déjà en train de brûler au centre de son espace mental ? Si elle n'avait pas poussé sa magie à prendre la forme d'un soleil, alors c'était la forme naturelle pour sa magie à prendre, ce qui voulait dire que son véritable noyau magique devait être quelque chose comme un soleil miniature. Et ce n'était pas tout. Comment utilisait-elle l'énergie du soleil pour créer des changements sur son paysage mental si le soleil dans son esprit n'était pas d'une façon ou d'une autre connecté au soleil dans son noyau magique ? Elle ne pouvait pas. Chaque fois qu'elle avait utilisé de la magie avant, la magie avait voyagé de son noyau magique à ses mains jusqu'à soit la baguette soit la tige d'agitation qu'elle utilisait pour conduire l'énergie magique. Elle ne se manifestait juste pas dans la baguette elle-même ou dans l'air autour d'elle, bien qu'elle supposait que théoriquement on pouvait tirer la magie des sources de magie sauvage dans le monde comme les anciens druides… elle se poussa à se reconcentrer, sentant la chaleur de son propre soleil personnel chantant en chœur à travers sa conscience alors qu'elle plongeait plus profondément et plus profondément dans la balle d'énergie magique, suivant la chaleur et poussant à travers ce qui ressemblait à des enchevêtrements d'énergie jusqu'à…

Oui ! Elle émergea, à bout de souffle (même si, bien sûr, en tant que produit de sa propre conscience, elle n'avait pas strictement parlant besoin de respirer), de l'autre côté et se retrouva à fixer l'extérieur du noyau magique couvert de torsades très familier. Elle avait raison. La magie ne pouvait pas être transmise sans un passage, et s'il y avait un noyau magique à un endroit et l'exact même noyau magique dans un autre "endroit" alors cela faisait juste sens si ces deux noyaux magiques étaient en fait un, connecté et se manifestant simplement de façons et dans des espaces différents, un physique et un mental. Cela faisait parfaitement sens… si elle n'y réfléchissait pas trop.

Harry contracta ses sens une fois de plus – magiques, mentaux, et physiques, car maintenant qu'elle n'était plus dans les renfoncements intérieurs de son esprit, elle était consciente de son corps physique à la périphérie également – et fit le point de la situation. Elle était hors de son esprit, et cette réalisation seule la faisait briller de succès. Elle pouvait toujours sentir la noirceur ramper dans son esprit, mais c'était une sorte de révulsion distante et ses sens plus immédiats étaient concentrés sur "où" sa conscience était et qu'est-ce que faisait son corps physique. Elle était au nexus de son noyau magique, comme le jour où Snape lui avait appris à percevoir un noyau magique, et elle pouvait sentir la chaleur du noyau sur sa conscience de la même façon qu'elle pouvait sentir le carrelage froid sous sa joue avec ses sens physiques. Tournant sa conscience vers l'extérieur, elle essaya de percevoir ce qu'il se passait dans le monde réel sans briser sa propre transe méditative. C'était difficile. Utiliser ses cinq sens habituels la faisait se tendre automatiquement à fonctionner à un niveau réveillé, donc elle devait se tenir à ses sens mentaux et magiques pendant que, dans le même temps, elle se concentrait sur ses sens physiques. Le procédé était dérangeant, mais ce qu'elle entendit quand elle se concentra sur l'écoute dans le sens physique capta son attention immédiate et rendit la concentration plus facile.

Elle n'était plus seule dans l'Infirmerie.

« Ne le touchez pas », dit brusquement une voix.

Harry la reconnut comme étant Madame Pomfresh, et se demanda de qui elle parlait jusqu'à ce qu'elle se rappelle que bien qu'elle fût complètement elle-même dans sa manifestation consciente, dans le monde réel, la plupart des gens pensait qu'elle était un garçon appelé Rigel. Elle avait séparé les deux parties de sa vie si complètement que c'était un peu secouant à assister depuis l'extérieur tout en étant conscient des deux parties. Comme regarder un film.

« Mais il doit bien être déplacé. »

La voix était Narcissa Malfoy.

« Le garçon est visiblement inconfortable, particulièrement s'il est là comme ça depuis le dîner, et s'il a succombé à la maladie…

– Il n'y a pas succombé, dit sèchement Pomfresh, son ton n'autorisant aucun débat. Si c'était le cas, il serait dans un sommeil magique comme les autres, mais il n'est pas endormi. Il n'est même pas réellement inconscient.

– Alors qu'est-ce qu'il fait exactement sur le sol ? »

La voix traînante de Mr. Malfoy était trop distincte pour le confondre.

« Il semble être en train de méditer, dit Pomfresh, et Harry pouvait presque voir ses lèvres se pincer, bien qu'elle ne pût pas ouvrir les yeux sans se sortir complètement de la méditation.

– Au sol ? demanda Narcissa dubitativement.

– Je doute qu'il s'y soit attendu, dit l'infirmière. Pas de doute qu'il a été frappé par la maladie de façon plutôt soudaine.

– Vous venez juste de dire qu'il n'était pas…

– Oh, il n'a pas succombé, dit Pomfresh, et Harry se demanda si le sourcil de Malfoy tressautait quand il était interrompu comme celui de Draco faisait parfois. Je me demandais pourquoi Mr. Black n'était pas tombé malade avant aujourd'hui, considérant le nombre d'amis qu'il a dans les autres Maisons, mais je l'ai mis sur le compte du fait qu'il avait si peu de temps à passer avec ses amis une fois qu'il avait commencé à concocter pour Snape pour les élèves tombés malades. Il semblerait qu'il doit avoir un entraînement rudimentaire en Occlumancie.

– Occlumancie ? »

La voix de Mr. Malfoy paraissait tendue, et Harry grommela silencieusement d'avoir une de ses compétences cultivées le plus précautionneusement révélée aussi négligemment. Elle savait que les infirmières étaient des problèmes pour les gens avec des secrets.

« Hmm, oui, dit Pomfresh. La maladie se répand d'esprit à esprit, sur les passages mentaux vagues qui sont construits via des relations proches, et pour un Occlumens expérimenté, la maladie ne présenterait aucune menace, car elle s'attaque aux esprits non protégés, préférablement les esprits ouverts des enfants. Puisque Mr. Black n'est ni un Occlumens expérimenté, ni complètement non protégé mentalement parlant, il est probablement entré en méditation immédiatement en détectant la menace que la maladie représentait dans son esprit.

– Est-ce qu'il sera capable de vaincre la maladie ? demanda Narcissa. Maintenant qu'il est conscient de sa présence, je veux dire.

– Impossible à dire, dit Madame Pomfresh, dans ce qui était probablement sa voix professorale. De ce que je peux dire, la maladie prend généralement l'esprit par surprise, le fermant une fois qu'elle a l'esprit sous son propre contrôle et crée une barrière pour empêcher toute communication vers ou depuis l'esprit, pour que l'esprit ne puisse pas envoyer de signaux au corps et ne peut pas être atteint via l'utilisation de Legilimancie. Une fois que la conscience de l'enfant est enfermée dans son esprit par la maladie, l'enfant peut choisir de se défendre, ce que l'on pense être ce qui cause la fièvre que l'on voit chez certains enfants. Pour ce qui est de si rattraper la maladie avant qu'elle n'ait un contrôle complet donnera à Mr. Black une chance de se battre, eh bien, cela dépendra d'à quel point son Occlumancie est bonne, franchement.

– Dans tous les cas, il n'est plus d'aucune aide pour Draco dans un avenir proche », dit Mr. Malfoy froidement.

Narcissa parla doucement mais fermement :

« Allons, Lucius. Aucun de nous ne s'attendait vraiment à ce que l'enfant soit capable d'aider. Le laisser essayer de parvenir à une solution était plus pour sa tranquillité d'esprit que pour la nôtre. On doit espérer que Severus reçoive notre message à temps. »

Harry enroula sa conscience plus proche de son noyau magique, cherchant à être rassurée par la chaleur des rayons du soleil en émergeant. Était-elle si inutile que son meilleur ne méritait même pas le bénéfice du doute ? Elle secoua cette pensée impatiemment. Elle allait aider Draco. Elle avait promis qu'elle le ferait, et elle avait un plan maintenant. Elle avait juste besoin de savoir combien de temps elle avait.

Alors qu'elle retournait son attention sur ce qu'il se passait au-dehors d'elle, elle entendit Narcissa dire :

« Est-ce qu'on ne peut pas au moins transférer Mr. Black sur l'un des lits ? S'il se réveille de son combat de lui-même, il ne devrait pas être récompensé par un torticolis.

– On devra le déplacer très précautionneusement, dit Pomfresh, insistant sur ses mots pour souligner qu'elle ne pensait pas que la déplacer était le meilleur plan d'action. S'il est distrait physiquement, cela pourrait chambouler la méditation. »

Harry approuva silencieusement ; si elle n'avait pas su qu'elle venait, la sensation soudaine, bien que gentille, de désorientation alors que ses sens physiques enregistraient un changement dans son environnement qui n'était pas orchestré par elle-même aurait sûrement ramené sa conscience. Tel qu'il en était, elle prépara sa conscience en se concentrant fort sur les sens mentaux et magiques et ignorant les sensations étranges lui venant de ses sens physiques alors que son corps était soulevé par des mains qui n'étaient pas familières et fut déplacé de côté vers la rangée de lits vides. Avec retard, elle réalisa qu'être déplacée trop loin de Draco rendrait la partie suivante de son plan bien plus compliquée, et elle se maintint désespérément à ses sens non physiques alors même qu'elle mit toute sa volonté dans ses cordes vocales pour qu'elles vibrent et dans sa bouche pour qu'elle dise : « Draco ». C'était difficile, et sortit plus comme "Drayo", ce qui, pensait-elle, devait à voir avec une bonne portion de son esprit étant infiltré par la maladie noire, bien qu'elle ne sût pas exactement quelles parties de son esprit contrôlait son corps. Elle n'avait pas désigné une portion de son esprit à son corps physique, bien que maintenant qu'elle comprenait à quel point les deux étaient connectés, elle remédierait à ça, donc elle supposa que les contrôles moteurs et la communication en général entre son esprit et son corps étaient liés généralement à sa conscience, mais quand même touchés par la maladie dans une certaine mesure.

Elle sentit son corps s'arrêter de bouger dans le monde réel et sépara sa concentration autant qu'elle l'osait entre sortir les mots qu'elle avait besoin et rester dans l'état méditatif qui gardait sa conscience hors de portée de la maladie. Elle savait instinctivement que si elle laissait son avatar mental dissiper et revenir à son corps, la maladie aurait le contrôle total de son esprit et son corps, bien qu'il n'atteindrait pas ses souvenirs ou sa magie, qui étaient protégés dans la Salle de l'Espace, même sans elle là. Elle sentit ses lèvres former les mots, bien qu'elle ne sût pas quel pourcentage était elle-même réussissant pour de vrai à faire faire à son corps ce qu'elle voulait et quel pourcentage était sa magie aidant à faire manifester sa volonté. La magie et la volonté étaient des choses étranges et Harry ne prétendait pas les comprendre très bien.

« Rester. Drayo. Aider. Drayo. »

Là. Ça faisait sens. Ou au moins, c'était le mieux qu'elle pouvait faire, donc avec un peu de chance, ils avaient compris. Elle n'avait pas beaucoup plus de temps à perdre, comme elle ne savait toujours pas combien de temps avait passé pendant qu'elle méditait. Elle avait été naïve de penser que l'un d'eux mentionnerait de façon opportune l'heure actuelle, bien qu'elle déduisît que c'était toujours la même nuit. Cela voulait dire qu'elle avait moins de deux jours pour entrer dans l'esprit de Draco et l'aider à se débarrasser de la maladie. Harry sentit vaguement son corps du monde réel être déplacé plus proche de Draco une fois de plus, et fut reconnaissante qu'ils ne rendaient pas sa tâche plus dure, mais elle n'avait pas d'énergie restante à gâcher dans le monde réel à ce stade. À la place, elle repoussa sa conscience physique dans la partie de sa conscience qui maintenait sa conscience mentale et tourna son attention sur ses sens magiques. La partie suivante de son plan n'était que théorie, et elle se reposait énormément sur de la pure volonté pour le faire marcher, mais cela devait être fait.

Harry demanda à son noyau magique sa coopération pour ce qu'elle était sur le point de faire, et il vibra joyeusement, envoyant des petites pulsations de chaleur vers elle qu'elle prit pour un oui muet. Essayant de se rappeler comment Snape l'avait fait plusieurs semaines plus tôt, Harry amadoua une de ses torsades autour de son noyau magique à se dérouler pendant qu'elle étendait sa conscience magique de la même manière qu'elle l'étendait quand elle avait besoin d'imprégner une potion. Sauf qu'elle ne cherchait pas le récepteur placide et passif pour la magie qu'était une potion non imprégnée. Elle recherchait le noyau magique actif appartenant à Draco Malfoy.

Il y avait quatre noyaux magiques dans les environs proches d'elle, et d'autres noyaux magiques juste un peu plus loin, mais Harry se focalisa sur le plus proche et plus petit noyau magique, qui devait être celui de Draco. Elle lança la torsade de magie qui s'était désenveloppée depuis son véritable noyau vers le noyau magique étranger, forçant par sa volonté à forger une connexion. Elle la sentit s'accrocher à l'autre noyau magique, comme une pièce de puzzle s'imbriquant en place ou peut-être de façon plus appropriée comme la brûlure d'une flamme frappant la glace sèche, et elle envoya une pulsation de magie comme Snape lui avait appris pour tâter le terrain d'un autre noyau magique, ignorant le sentiment de culpabilité qui lui rappelait qu'elle était censée demander la permission avant d'établir ce genre de passage magique. La pulsation d'écholocation magique revint vers elle et elle digéra les informations qu'il avait récupéré pendant un moment. Le noyau avec lequel elle avait forgé une connexion était définitivement celui de Draco. Elle le ressentait comme lui, d'une façon qui ne faisait sens qu'à sa perception magique. Le noyau de Draco, toutefois, n'était en rien comme son noyau. Plutôt le contraire. Là où son noyau était des torsades de magie autour d'un soleil brûlant brillamment, le noyau de Draco paraissait être une petite balle de glace. Sa magie piquait un peu là où elle rencontrait la sienne et c'était un travail constant pour garder la connexion.

Harry se prépara une fois qu'elle fut sûre que c'était le noyau de Draco auquel elle était connectée. Puis, au lieu d'envoyer une autre pulsation magique le long de la connexion, elle s'envoya elle-même le long du passage magique. Il n'y avait pas de temps pour les doutes alors que sa conscience accélérait le long du courant connectant son noyau à celui de Draco, mais Harry était plutôt confiante que cela allait marcher. Après tout, si elle pouvait projeter sa conscience intérieurement à la fois dans son espace mental et dans son noyau magique, et voyager entre les deux en utilisant des passages magiques innés, et qu'elle pouvait envoyer de la magie vers l'extérieur pour créer plus de passages magiques, il n'y avait pas de raisons qu'elle ne puisse pas projeter sa conscience le long de ces passages magiques également, aussi longtemps que les passages restaient tous connectés. Et si cette logique ratait, alors s'il n'y avait rien d'autre qu'elle avait appris pendant sa première année à Poudlard, c'était que la magie était douée pour briser les règles.

Elle se sentait étrange, les liens vers ses propres sens mentaux et physiques distendus et largement indéchiffrables pour elle alors qu'elle s'approchait du noyau magique de Draco, et elle espéra que ses défenses mentales tiendraient, alors qu'elle imaginait que la seule chose pire que d'être enfermée dans son esprit par la maladie serait d'être enfermée hors de son esprit par sa faute.

Elle pouvait voir le noyau de Draco devant elle maintenant et elle ralentit jusqu'à ce qu'elle l'approche avec prudence. C'était une chose de donner un petit coup au noyau de Snape pendant que Snape était conscient et en contrôle d'à la fois sa magie et de la connexion. C'en était une autre d'envoyer à l'aveuglette sa conscience se précipiter dans le noyau magique d'une autre personne tandis que cette personne n'en avait aucune conscience. Elle ne voulait pas provoquer une réaction instinctive et probablement défensive de la magie de Draco en apparaissait trop hostile.

Son noyau ressemblait exactement à la façon dont elle l'avait ressenti. C'était une balle de glace bleue, considérablement plus petite que celui de Harry. Était-ce gros comme ça que les noyaux de la plupart des première année étaient ? Ou est-ce que celui de Draco était simplement plus condensé que le sien l'était ? Elle trouva que son noyau paraissait anormalement immobile, mais d'un autre côté, elle était habituée à penser à sa magie comme une énergie mouvante semi-indépendante, comme son noyau-soleil le reflétait. Plus elle y pensait, plus le noyau de glace semblait correspondre à Draco. Sa magie ne faisait jamais rien d'inattendu, après tout. Il l'utilisait pour des sorts et le reste du temps, elle restait plutôt dormante d'aussi loin que Harry pouvait dire. Peut-être que son noyau reflétait ça. Il paraissait certainement dormant.

La glace ne bougeait pas, inébranlable. Elle prit un moment pour la considérer, voyant qu'elle devrait quelque peu modifier son approche. Sa théorie était que si son esprit était connecté à son noyau magique naturellement, alors les noyaux des autres gens devaient être connectés dans leurs esprits de la même manière. Même si l'esprit de Draco était fermé de l'extérieur par les barrières semblable à de l'Occlumancie de la maladie, son noyau magique était toujours connecté à son esprit de l'intérieur. Ça devait être ça, parce que si cette connexion avait été interrompue, son noyau magique se serait immédiatement détaché du corps de Draco et se serait dissipé. Puisque selon Pomfresh, il faudrait trois jours à son noyau magique pour réaliser que le corps de Draco ne répondait comme vivant que grâce à une influence magique artificielle, cette réalisation était probablement retardée par l'existence continue de la connexion à l'esprit de Draco. Donc son plan était de prendre la projection de sa conscience le long des passages magiques une marche plus loin, et s'envoya elle-même à travers le noyau magique de Draco, et dans son esprit de cette manière.

L'idée était de faire la même chose que faisait la Legilimancie, qui était d'envoyer la conscience d'une personne dans l'espace mental d'une autre personne, sauf qu'elle enverrait sa conscience dans l'esprit de Draco en établissant et en voyageant à travers des passages magiques au lieu de passages mentaux. Plusieurs choses pouvaient mal tourner avec ce plan, et Harry était atrocement consciente de toutes. Elle pouvait se tromper sur quelle distance une personne pouvait étendre sa conscience hors de son corps avant qu'elle ne revienne à son état normal. Elle pouvait avoir faux sur la connexion entre le noyau magique et la manifestation de ce noyau dans l'esprit de Draco comme étant toujours connectés. Il pouvait aussi se révéler que bien que voyager à travers ses propres passages magiques était possible, voyager à travers ceux de quelqu'un d'autre lui ferait quelque chose d'atrocement horrible.

Cela n'aidait pas que le noyau magique de Draco était fait de glace. La magie de Harry n'aimait pas ça du tout. Même, nécessité faisait loi.

Avant de se lancer, Harry demanda à sa magie de bien vouloir faire que son avatar ressemble plus à Rigel dans le monde réel. Elle sentit la magie picoter sur ses yeux et supposa qu'elle les avait faits redevenir gris, mais ses cheveux restaient obstinément longs. Elle haussa les épaules, pensant que sa conscience était probablement trop profondément intégrée pour qu'elle change sa manifestation d'elle-même de beaucoup, et conclut que des cheveux longs n'étaient pas trop inhabituels pour un garçon. Archie Black avait eu des cheveux longs de toute façon, quiconque le connaissant pouvait soutenir ça.

Harry s'avança pour reposer une main sur l'extérieur du noyau magique de Draco. La glace frissonna un peu, mais ne bougea pas. Désolée, noyau de Draco, mais je crains que je vais devoir insister. Elle poussa un peu plus fermement, demandant à sa magie de l'aider. La glace grésilla et fondit autour de sa main et Rigel sentit une étrange montée d'énergie alors qu'elle fondait lentement un trou dans la glace assez gros pour qu'elle se glisse à l'intérieur. La glace était épaisse et même quand elle eut fait passer son corps entier dans le tunnel qu'elle creusait, elle ne pouvait toujours pas voir le véritable noyau de Draco. Elle remarqua la glace se resolidifier derrière elle et commença à bouger plus vite, utilisant ses deux mains pour pousser et modeler la glace loin d'elle. Assez étrangement, elle ne se fatiguait pas du tout. Au contraire, elle se sentait plus énergisée qu'auparavant. Tout d'un coup, sa main creva à travers la glace et toucha quelque chose de l'autre côté qui n'était définitivement pas de l'air.

C'était de l'eau. Harry prit une goulée d'air automatique avant que le tunnel ne se remplisse d'eau, et puis elle réalisa qu'elle n'avait pas besoin de respirer, et secoua la tête devant sa propre stupidité. Elle nagea le reste du chemin, regardant derrière elle pour voir l'eau dans le tunnel devenir déjà de la glace solide et lisse. Elle regarda autour d'elle curieusement alors qu'elle nageait plus profondément dans le véritable noyau de Draco. C'était comme nager dans une piscine naturelle, hormis le fait qu'il n'y avait pas de végétation poussant le long des bords et pas de poissons nageant autour du noyau, juste de l'eau pure, bleu clair tout autour, enfermée par une épaisse couche de glace.

Au centre du véritable noyau, il y avait un tourbillon. Il tournait trop vite pour que Harry voie au-delà, mais elle pouvait seulement supposer que c'était la source de la magie de Draco. En effet, il semblait pousser de l'eau hors de lui au lieu d'aspirer de l'eau à l'intérieur, donc elle conclut que ceci était où le corps de Draco régénérait la magie quand elle était utilisée. C'était également la connexion entre la magie de Draco et son esprit, si elle avait raison. Elle commença à nager vers lui, mais le courant la fit soudainement pivoter sur elle-même et la repoussa une fois de plus. Elle ressaya, sans meilleurs résultats.

Elle grogna de frustration.

« Laisse-moi entrer ! »

Des bulles sortirent de sa bouche et se dispersèrent comme une étoile rayonnante dans différentes directions, se collant au-dessous de la couche de glace et l'absorbant. Le tourbillon sembla ralentir, ou peut-être que c'était juste son imagination.

« S'il te plaît, essaya-t-elle de raisonner avec lui. Draco a besoin d'aide. Je veux l'aider, mais j'ai besoin de passer par là pour le faire. »

Le tourbillon était définitivement en train de ralentir maintenant. Le rebord de l'eau tourbillonnante semblait la pousser vers lui de façon invitante, et Harry lui lança un regard suspect, mais haussa les épaules, se disant : Bon, quand il faut y aller.

Elle se propulsa dans le tourbillon et le monde devint un désordre vertigineux d'eau se précipitant avant que sa vision ne tourne au noir.

-0

[DmDmDm]

-0

Draco avait froid. Bon, d'accord, pas vraiment, s'admit-il à lui-même alors qu'il jetait distraitement la boule de neige avec laquelle il jouait depuis la dernière… combien de temps avait-il été ici ? Ah, bon. Le point était qu'il aurait dû avoir froid, si l'on considérait ce qui l'entourait, mais que ce n'était pas du tout le cas. Il était assis sur un petit iceberg, flottant dans un petit étang d'eau bleu glacé. Si c'était la vraie vie, ses jambes auraient été engourdies dès les premières heures, mais Draco pensait qu'il n'était plus dans la vraie vie. Il ne pensait pas qu'il rêvait non plus. Déjà, il n'avait jamais eu un rêve aussi ennuyeux avant, même si ç'avait été un peu excitant au début quand la pieuvre noire l'avait chassé sur cet iceberg. Ou peut-être qu'elle ne l'avait pas chassé. Elle n'avait pas semblé trop concernée quand Draco lui avait échappé, ayant plongé dans l'étang, qui semblait être la seule chose qui n'était pas touchée par le monstre de goudron noir. Heureusement que cet iceberg était là, vraiment. Ou l'avait-il été ?

Draco n'avait pas vu l'iceberg quand il avait commencé à nager. C'est seulement après qu'il ait commencé à être fatigué de nager sur place et cherchait un endroit pour se reposer que l'iceberg était apparu. Il pensait que peut-être il avait fait apparaître la glace, parce qu'il pouvait des fois faire apparaître d'autres choses dans ce lieu s'il essayait suffisamment fort. C'était comme ça qu'il avait eu sa boule de neige pour jouer avec quand l'ennui était devenu trop grand. Il y avait des choses qu'il ne pouvait pas faire, toutefois, peu importe à quel point il essayait. Il ne pouvait pas souhaiter la disparition du truc noir.

Draco jeta la boule de neige une fois de plus et prétendit que c'était un vif d'or très gros et paresseux. Il avait abandonné l'idée de trouver un moyen de partir, et il avait des doutes sur où exactement il était, dans tous les cas. Il se rappelait parler à Rigel et en avoir particulièrement marre avec les tendances bourreau du travail du garçon. Son ami était presque aussi affreux que son père quand il était question de travail, et ça voulait dire quelque chose. Il se rappelait dire à Rigel de lever le pied, et puis Rigel lui dire qu'il ne pouvait pas, et puis… est-ce que Rigel lui avait envoyé un mauvais sort ? Non, Draco ne pensait pas. Rigel ne s'énervait jamais contre quiconque, utilisant encore moins de la magie sur eux. Le garçon semblait en fait éviter d'utiliser la magie dès qu'il pouvait, bien qu'il eût arrêté de faire arriver des choses étranges par accident, donc peut-être que sa magie se calmait après tout. Rigel s'épanouissait probablement juste sur le tard, avec un peu de magie accidentelle restante de son enfance qui se résolvait.

Si Rigel ne lui avait pas jeté un sort, par contre, comment avait-il fini ici ? Sa vision était devenue noire, et le vertige dont il se rappelait lui faisait penser qu'il était devenu inconscient d'une façon ou d'une autre. La réponse la plus évidente à laquelle il ne voulait vraiment pas penser mais qu'il allait probablement devoir était que la maladie l'avait eu. Tout le monde à Poudlard savait maintenant que la maladie n'avait pas de symptômes jusqu'à ce que le gamin s'effondre, donc s'il avait perdu connaissance sans prévenir, c'était probablement parce qu'il était malade lui aussi maintenant. Si c'était le cas, alors peut-être qu'il était en train de rêver, puisqu'il avait entendu des rumeurs comme quoi la maladie faisait dormir les gamins pour l'éternité.

Il eut un flash de panic momentané où il faillit manquer de rattraper sa balle alors qu'elle retombait. Serait-il coincé dans cet endroit pour toujours ? Il repoussa cette pensée avec impatience. Non, bien sûr que non. Quelqu'un le sortirait de là. Si pas lui spécifiquement, ils guériraient au moins la maladie à un moment, et alors il sortirait du rêve ennuyeux par défaut. Non pas qu'il pensait vraiment que c'était un rêve.

Draco soupira. Il avait une plutôt bonne suspicion sur ce qui lui arrivait vraiment, mais il n'aimait pas le reconnaître. C'était trop horrible. Son père lui avait envoyé un lettre quelques semaines plus tôt qui était très cryptique, encore plus que d'habitude. Draco pouvait encore se rappeler les mots exacts que son père avait écrits au bas de la page.

Ton esprit est ton plus grand avantage. Garde tes pensées près de toi, mon fils, et tes amis à distance.

Draco fronçait les sourcils maintenant encore juste à y repenser. Sur le moment, les mots n'avaient pas eu de sens. Comme si ses pensées pouvaient être autre chose que près de lui. Et Draco savait que même s'il n'était pas un idiot comme certains de ses camarades les moins chanceux, son esprit n'était pas son plus grand atout. Si quoi que ce soit d'autre, cela serait sa beauté Malfoy. Il pouffa, et cela résonna bizarrement au-dessus de l'eau. Sérieusement par contre, il était bien plus doué à faire de la magie qu'à y réfléchir. Pansy était meilleure pour les problèmes théoriques. Et se distancer de ses amis ? Draco avait cru que son père approuvait Rigel, et il savait que son père aimait Pansy.

En rétrospective, et à la lumière de la maladie, tout faisait beaucoup plus sens. Il devait se tenir éloigné de ses amis parce que la maladie se répandait d'ami en ami. Ça, c'était clair juste en observant le modèle des gamins qui étaient tombés malades. Draco espérait que Pansy et Rigel n'étaient pas tombés malades à cause de lui. Garder ses pensées près de lui faisait à peu près sens, si cela voulait dire garder sa bouche fermée sur les choses qu'il pensait, mais Draco avait l'impression que cela voulait dire plus que ça. Cela avait à voir avec son esprit étant un grand avantage – pas un atout, mais un avantage, son père avait dit. S'il réfléchissait à la maladie à la lumière des avertissements de son père concernant son esprit, les choses commençaient à retomber en une image inconfortable.

La maladie mettait au sommeil le corps d'un gamin, mais Draco ne se sentait pas endormi, même s'il savait qu'il avait dû contracter la maladie. Cela voulait dire qu'elle donnait l'impression de l'extérieur que les gamins étaient endormis, mais à l'intérieur, ils ne l'étaient pas. Donc son corps était endormi, mais son esprit ne l'était pas, et s'il n'était pas endormi, alors il devait être dans la seule partie en lui qui n'était pas endormie : son esprit. De cette conclusion, il était facile de deviner que la maladie affectait l'esprit, et que garder ses pensées près de lui était une sorte de vague référence à protéger son esprit, comme le faisait Oncle Severus. Mais comment un esprit pouvait être un avantage quand c'était le point vulnérable que la maladie attaquait ?

Peut-être que c'est un avantage parce que c'est mon esprit, spécula Draco. Comme un avantage sur un terrain connu. Cela suggérait qu'il avait une sorte d'avantage sur la maladie dans son propre esprit, ce qui soutenait la conclusion que Draco était, en fait, enfermé dans son propre esprit.

L'inconvénient de comprendre tout ça, réalisa sombrement Draco, était que maintenant, il n'était plus possible de se cacher du fait qu'il y avait quelque chose de visqueux courant dans tous les sens dans son esprit. On n'avait jamais dit ça exactement à Draco, mais il était à peu près sûr que les Malfoy ne laissaient pas des poulpes noirs rustres faire n'importe quoi dans leurs espaces mentaux. C'était bien trop grossier. Dès qu'il sortirait d'ici, il demanderait à ce qu'Oncle Severus lui apprenne les arts de l'esprit durant les vacances d'été. Le monstre-maladie noir recouvrait presque tout d'aussi loin qu'il pouvait voir, et bien qu'il n'eût jamais vu l'intérieur de son esprit avant, il n'avait pas besoin d'être un Maître en Occlumancie pour savoir instinctivement qu'il n'était pas censé être là.

Au moins l'étang était en sécurité. Draco se détendit contre l'iceberg sur lequel il flottait et une fois de plus nota combien c'était étrange de ne pas sentir le froid, même s'il était habillé dans les habits d'été qu'il portait pour jouer au Quidditch quand il était à la maison au manoir. Et il était pieds nus. Draco espéra avec culpabilité que son père ne découvrirait jamais ça, mais il ne pouvait pas se pousser à souhaiter des chaussures. Il adorait être pieds nus, même si les Malfoy n'étaient pas vraiment censés l'être.

Il se redressa et tortilla ses orteils hors du bord de l'iceberg, regardant les rides qu'il faisait dans l'étang, et fut surpris de voir que l'eau commençait à trembler. Un moment plus tard, elle s'agitait et tourbillonnait et Draco retira ses orteils du liquide alors qu'un tourbillon commençait à se former au centre de l'étang, juste quelques centimètres plus loin de là où son iceberg affrontait les vagues calmement, bien plus stable qu'un iceberg normal devrait être.

Le tourbillon commença à tourner de plus en plus vite, et Draco crut voir un trou noir se former au milieu, mais le moment suivant, quelque chose était projeté hors du centre du tourbillon comme un boulet de canon et fut violemment jeté, crachotant, droit sur l'iceberg de Draco. Draco se recula rapidement jusqu'à ce qu'il soit sur le bord même de l'iceberg et fixa, incrédule, la personne trempée qui venait juste d'être spectaculairement crachée hors de son étang. Qui que c'était, elle avait des robes sombres qui ressemblaient à celles qu'Oncle Severus utilisait quand il concoctait. La personne avait des longs cheveux comme Severus également, mais elle était trop, eh bien, petite pour être Severus.

La nouvelle addition sur l'île de Draco grogna et roula sur elle-même, marmonnant quelque chose sur les gens avec des noyaux magiques anormalement mouillés. Il crut entendre le nom Malfoy quelque part dans la litanie de plainte, mais avant qu'il ne puisse questionner le nouveau venu, la personne se retourna, s'assit, et l'aperçut.

« Draco ! » dit la personne aux cheveux noirs avec joie, crapahutant sur la glace pour se jeter sur Draco et le pressant à mort.

Draco resta juste assis là, complètement choqué par le fait qu'il y avait quelqu'un d'autre dans son esprit avec lui. Quelqu'un l'enlaçant, en plus. Très peu de gens enlaçaient Draco Malfoy, et aucun d'eux n'avaient de longs cheveux noirs, à l'exception d'Oncle Severus, et il l'avait déjà éliminé.

« Tu me rends trempé », dit légèrement Draco, vraiment pas sûr de si cette autre personne était un fragment de son imagination ou pas.

Il ne savait pas pourquoi il imaginerait quelqu'un se jetant sur lui, mais il n'arrivait pas à penser à une explication différente pour la présence d'un autre dans son esprit. Bien qu'avec la chose noire malade vagabondant autour… Draco supposa que tout était possible à ce stade.

« Désolé, Draco, rit qui-que-c'était. C'est de ta faute pour avoir un lac d'eau pour un véritable noyau de toute façon.

– Je ne sais pas qui tu es, et je ne sais certainement pas de quoi tu parles. »

Draco prit son rictus le plus désobligeant, qu'il réservait principalement pour les gens qui insultaient ses parents et pour les Weasley.

« Mais si tu ne me dis pas ce que tu fais dans mon esprit sur-le-champ, je t'en chasserai. »

Draco ne savait pas s'il pouvait vraiment faire ça, mais cela eut l'air d'avoir un peu d'effet sur la personne en train de goutter de l'eau partout sur lui. Ça ne le rendait pas froid ou particulièrement très inconfortable, mais c'était le principe de la chose. Le nouveau venu se rassit et fixa Draco avec des yeux larges et neutres qui semblaient vraiment familiers.

« Dray ? C'est moi », dit l'autre personne et Draco cligna des yeux pour montrer qu'il ne comprenait toujours pas.

L'autre gamin haussa un sourcil, disant :

« Eh bien ça m'apprendra à aider un ami dans le besoin. Je fais tout ce chemin pour venir te chercher, et tu ne reconnais même pas un de tes meilleurs amis. »

Meilleurs… ? Draco plissa les yeux vers l'autre gamin et le regarda avec plus d'attention. Les yeux étaient juste une teinte plus sombre que son propre gris, et ils étaient écarquillés en une expression faussement sérieuse qu'il aurait dû reconnaître immédiatement.

« Rigel ? »

Draco fronça les sourcils vers le visage maintenant familier.

« Pourquoi tu as des cheveux longs ? Je ne t'ai pas reconnu du tout.

– Ce n'est pas grave, dit Rigel, haussant un peu les épaules. Je pense que la manifestation de ma conscience se voit encore elle-même comme ayant des cheveux longs, même si j'ai coupé les miens il y a huit mois. Regarde-toi, tu n'es pas dans tes robes de Poudlard. »

Draco baissa une fois de plus les yeux sur sa tenue d'été et hocha la tête. Cela faisait sens que la façon dont les gens se voyaient eux-mêmes n'était pas toujours la même que la façon dont les autres les voyaient.

« Eh bien, comment est-ce que tu es entré ici ? demanda Draco, un peu plus excité maintenant qu'il savait qui au juste avait envahi son espace mental. Et qu'est-ce que tu veux dire, tu es venu me chercher ?

– C'est une sorte de longue histoire, dit Rigel. Je te dirai tout plus tard, mais pour l'instant, on doit te sortir d'ici, ou sortir la maladie d'ici, aussitôt que l'on peut. C'est très important. »

Draco étudia son ami avec précaution, et Rigel regarda Draco en retour de la façon tout aussi neutre qu'il avait toujours, comme s'il n'y avait rien qui se passait derrière ses yeux gris plats. Draco avait plus de jugeote toutefois, et donc il dit :

« Pourquoi es-tu là, Rigel ? Je suis content que tu sois là, assura-t-il à l'autre garçon, mais pourquoi toi ? Pourquoi pas Pomfresh ou Snape ou même mon père ? »

Draco serra coupablement ses orteils nus à nouveau, mais maintint le regard de Rigel avec assurance alors qu'il attendait une réponse. Il avait remarqué que dès que Rigel disait quelque chose que Draco pensait être probablement un mensonge, les yeux de Rigel vacillaient avec un regret douloureux pendant juste un moment avant qu'il ne se reprenne et dise la chose qu'il voulait que Draco croie. Draco n'avait jamais mentionné ça à Rigel, en particulier parce que c'était pratique d'être capable de dire la différence, et cela ne dérangeait pas vraiment Draco que Rigel lui mente parfois. Il avait pratiquement dit qu'il le ferait, après tout, la nuit où il avait accepté d'être l'ami de Draco. Draco voulait juste voir si Rigel mentait cette fois.

L'autre garçon prit son temps pour répondre, mais Draco ne vit pas de malaise ou de regret briller à travers les yeux de Rigel avant qu'il ne parle :

« Tu es malade, Draco. Plus malade que les autres. On doit retirer la maladie en toi avant qu'il ne soit trop tard. »

Draco aspira une inspiration lentement, digérant cette information pendant un moment.

« Qu'est-ce qui ne va pas chez moi ? demanda-t-il finalement, se sentant étrange de poser une telle question sur lui-même. Et cela n'explique toujours pas pourquoi toi.

– Tant d'enfants sont tombés malades », dit Rigel et Draco fut reconnaissant que la voix de son ami soit si calme et neutre.

Cela lui donnait l'impression que rien ne pouvait mal aller aussi longtemps qu'il était là pour aider.

« On a épuisé le ginseng à mettre dans la Blaneige et le Souffle d'Aurore. On a dû commencer à utiliser de l'açaï en substitut, parce qu'il n'y a plus de ginseng nulle part dans le pays.

– Je suis allergique à l'açaï, dit Draco ses pensées à voix haute. Oh. Je vois. »

Et il voyait. Sans ces potions, son corps dépérirait plus il passerait de temps dans le coma. Il avait déjà été ici pendant… combien de temps ? Un jour ? Deux ?

« Je meurs », Draco testa les mots, grimaçant à leur goût sur sa langue.

Ils avaient le goût de l'échec, de la faiblesse, et il voulut cracher, mais il ne pouvait pas s'amener à le faire devant Rigel.

« Tu ne vas pas mourir, dit fermement Rigel et Draco ramena son regard, qui avait vagabondé sur le paysage noirci au-delà de l'étang, sur le visage de son ami. C'est pourquoi je suis là. Pour m'assurer que tu ne meures pas. »

Rigel posa la main sur l'épaule de Draco, et il la ressentit comme si un feu brûlait sous la peau de Rigel. Bien que Draco n'eût pas eu froid avant, il était soudainement chaud et se sentait très calme et certain. Rigel le regarda très sérieusement.

« Draco, je sais que tu ne m'as pas entendu avant, parce que tu dormais, mais je t'ai promis que tout irait bien. Peut-être que cela n'aurait pas été le cas si les choses étaient restées comme elles étaient, mais on ne va pas laisser le monde faire ce qu'il veut, hein ? »

Draco secoua la tête, muet.

« Bien, approuva Rigel fermement. On va s'assurer que tout s'arrange pour le meilleur alors. Par contre, on doit tout d'abord te rendre en meilleur état.

– Comment ? demanda Draco, s'interrogeant sur où donc Rigel récupérait sa confiance.

– Eh bien, je ne suis pas sûr, dit Rigel, et Draco le regarda avec incrédulité.

– Tu as réussi à rentrer dans mon esprit, mais tu n'avais pas de plan de ce que tu ferais quand tu arriverais ici ? »

Draco secoua la tête.

« On peut toujours compter sur un Black.

– Hé ! » dit Rigel, faussement offensé.

Il avait presque l'impression d'être de retour dans leur dortoir, juste à blaguer ensemble, à l'exception de l'iceberg sous leurs pieds.

« C'est ton esprit, Draco, mais si tu veux mon opinion, je pense que l'on devrait essayer d'utiliser cet étang pour s'en débarrasser ou quoi. »

Rigel se tint debout sur l'iceberg pour avoir une meilleure vue des alentours. Draco se mit debout également et inspecta le terrain vague noirci que son esprit était devenu. L'étang s'étendait sur une quinzaine de mètres alentours, et son iceberg faisait à peu près un mètre et demi sur un mètre et demi, bien qu'il ne fût pas vraiment carré. Les berges contre lesquelles l'eau léchait semblaient être faites de glace solide, mais ils ne pouvaient pas voir grand-chose du véritable terrain parce que le goudron noir de la maladie s'accrochait à absolument tout. Draco ne pouvait pas voir les bords de son esprit non plus, bien qu'il pensât qu'il pouvait distinguer des brumes noires à l'horizon dans chaque direction qu'il se tournait. Essentiellement, son esprit semblait être une étendue plate de glace recouverte de noir, avec l'étang bleu ciel au milieu, inexplicablement intouché par la noirceur.

« Qu'est-ce qu'on est censé faire ? »

Draco se tourna vers Rigel en fronçant des yeux.

« Je ne crois pas que l'on ait assez d'eau ici pour recouvrir tout l'espace, même si l'on pouvait d'une certaine façon juste laver le truc noir. »

Rigel haussa les épaules.

« Ton étang devrait se re-remplir de lui-même, bien que lentement, et je peux utiliser un peu de ma propre magie pour aider je crois. »

L'autre garçon sembla se concentrer pendant un moment, puis une boule de feu jaillit dans sa main. Rigel eut un grand sourire.

« À nous deux, on sera capable de s'en débarrasser à un moment. De ce que j'ai vu, ce n'est pas très agressif. »

Il fronça les sourcils à nouveau.

« Le seul problème est le temps. C'est toujours dur de savoir combien de temps passe à l'extérieur pendant qu'on est dans son esprit, donc on devra travailler vite. »

Draco fixa la petite boule de flammes qui dansait dans la paume de Rigel. Comment il faisait ça ? Les yeux de Draco se posèrent sur la boule de neige avec laquelle il jouait plus tôt, qui était restée à présent abandonnée et écrasée sur un côté de l'iceberg. Il se concentra, mettant toute sa volonté pour que la neige se condense une fois de plus et regarda alors qu'elle devenait lentement plus ronde. Draco tendit une main et exigea que la balle vienne dans sa main. Elle vola vers lui, et il l'attrapa facilement, notant avec satisfaction qu'avec un petit effort supplémentaire, il pouvait la faire se durcir en de la glace. Il leva les yeux vers Rigel, qui souriait un peu alors qu'il regardait Draco contrôler sa boule de neige. Draco dit :

« Je peux faire faire cela parce que c'est mon esprit dans lequel on est, mais comment peux-tu contrôler quoi que ce soit ? »

Rigel cligna des yeux et haussa les épaules.

« Ce n'est pas vraiment ton esprit qui fait faire ça. C'est ta conscience poussant par la volonté ta magie à effectuer des changements dans le paysage mental. Ton noyau magique est de l'eau, entouré de glace et il se manifeste de lui-même ici en tant que lac, avec des icebergs comme ça j'imagine. »

Rigel montra du pied la glace sur laquelle ils se tenaient et continua :

« Mon noyau magique n'est pas de l'eau, c'est plus comme du feu, et même si je ne suis plus dans mon esprit, ma conscience est toujours connectée à mon noyau magique, même ici. Donc je peux effectuer des changements sur le paysage mental aussi, de la même façon que la maladie le peut, et je suppose que quiconque qui s'introduit dans ton esprit le peut. »

Rigel parut soudainement embarrassé.

« Euh, désolé de m'être introduit par effraction dans ton esprit, Draco. »

Draco cligna des yeux. Rigel partait sur les digressions les moins nécessaires parfois.

« Pas de problème. Garde juste les effractions aux situations d'urgence comme celle-ci, et je pense que je peux me débrouiller pour t'excuser. »

Rigel acquiesça.

« Bon alors, lançons-nous. »

Ils se tournèrent comme une personne vers la rive la plus proche de leur petit radeau de glace. Draco déglutit à la vision de toute cette affreuse noirceur, mais ensuite durcit son courage. Ils avaient beaucoup de chemin à parcourir, mais Draco n'allait pas s'arrêter jusqu'à ce que son esprit soit complètement le sien à nouveau.

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Harry jeta un œil à l'expression déterminée de Draco et sourit. C'était bon de voir que son ami était comme il était toujours, même ici dans son propre esprit. Bien qu'elle avait définitivement remarqué les pieds nus, il semblait, qu'essentiellement, avec Draco Malfoy, ce que l'on voyait était ce que l'on avait. Cela changera probablement dans quelques années, pensa-t-elle. Un jour, je le regarderai et je ne reconnaîtrai pas ce garçon. Elle secoua la tête pour se débarrasser des pensées mélancoliques. Il y avait suffisamment de temps pour ça plus tard. Maintenant était le temps de faire un sérieux ménage de printemps dans l'esprit de Draco.

« Est-ce que tu peux rapprocher l'iceberg de la berge ? » demanda-t-elle à Draco.

Il acquiesça et fronça les sourcils en concentration, et leur radeau commença à glisser facilement vers la rive noircie. Quand ils furent assez proche, Rigel fit un signe de tête à Draco et le radeau s'arrêta.

« Ne les laisse pas te toucher, dit Harry doucement. Je ne suis pas sûr de ce qui se passerait. »

Draco lui fit un sourire narquois.

« Inquiète-toi pour toi, Rigel. Ça ne peut pas être aussi affreux qu'un des entraînements extra-matinal de Flint. »

Harry lui sourit en retour.

« Après toi alors, Dray. »

Draco s'arrêta pendant un moment, puis haussa les épaules et pointa une main au-dessus du côté du radeau et la tint là, rigide, jusqu'à ce qu'une colonne d'eau commence à monter de lac vers sa paume tournée vers le bas.

« C'est si bizarre d'essayer de faire des trucs sans une baguette ou un sort », commenta-t-il, puis il poussa son bras vers l'avant et la colonne d'eau vola vers la berge, s'écrasant contre elle et éclaboussant dans toutes les directions.

Ils regardèrent l'eau toucher la noirceur recouvrant le littoral. Le truc noir comme de l'encre sembla siffler, et puis il se dissolvait là où l'eau l'avait touché. Draco sourit largement.

« Ça va être comme du Quidditch sans cognard. Trop facile. »

Harry roula des yeux, mais était d'accord.

« Ça ne se défend même pas. Je me sens ridicule de l'avoir fui maintenant. »

Draco tourna la tête vers elle.

« Fuir ? »

Ses yeux s'écarquillèrent.

« Rigel, ce truc est dans ton esprit aussi ?

– Ouais, dit Harry, penaude. Je l'ai en quelque sorte laissé là-bas pour que j'ai le temps de venir te chercher avant que les deux jours ne soient passés.

– Eh bien, après qu'on en aura fini avec mon esprit, on peut faire le tien après, dit Draco.

– O.K. pour moi, dit Harry en haussant les épaules. Mais je ne mourrai pas si je reste dans le coma, donc débarrassons-nous de ce truc aussi vite que l'on peut, d'accord ?

– Ah oui. »

Draco se retourna et leva un autre flot d'eau depuis le lac, l'envoyant vers la berge.

Harry contempla sa propre boule de feu. Le feu était plus destructeur que l'eau. Est-ce qu'elle finirait par brûler le paysage de Draco si elle lançait sa magie partout à l'intérieur ? Elle se concentra sur ce qu'elle voulait que sa magie fasse, puis déplaça le feu au bord de leur iceberg pour le tester. Rien n'arriva. Harry sourit. La magie était vraiment basée sur l'intention. Elle ne voulait pas que le feu fasse fondre la glace de Draco, donc il ne le faisait pas. Maintenant, à voir si sa magie marcherait sur la maladie comme celle de Draco le faisait.

Elle lança la boule de feu sur le côté droit de la berge, puisque Draco travaillait sur la gauche. Elle frappa le terrain noir et au lieu de dissoudre le truc noir comme celle de Draco avait fait, elle lui mit le feu. La maladie se tordit là où le feu la brûlait et Harry pouvait la voir disparaître en fondant lentement sous les flammes. Bien que ce n'était pas aussi instantanément efficace que celle de Draco, le feu restait et s'étendait aux noirceurs environnantes, de sorte que Harry avait seulement besoin d'envoyer quelques boules de feu supplémentaire et puis d'attendre tandis que le feu faisait son travail. Quand ils eurent assez d'espace, Draco dirigea l'iceberg pour qu'il s'arrime et ils descendirent sur le continent, qui en fait était entièrement fait de glace d'aussi loin qu'ils pouvaient le voir. Harry fut contente de noter qu'aucune de la glace sur le côté droit de leur petit demi-cercle d'espace mental dégagé ne paraissait brûlée ou fondue. L'esprit était vraiment une chose impressionnante, décida Harry en examinant leur travail. Elle doutait que quelque chose comme ça marcherait dans le monde réel, mais ici dans l'esprit de Draco, qui était probablement aussi flexible et ouvert à cause de son âge, il y avait très peu de règles qu'une paire de Serpentard déterminés avec une imagination habile ne pouvait pas contourner ou briser complètement.

Ils travaillèrent de façon continue, s'éloignant graduellement l'un de l'autre alors qu'ils travaillaient sur leur propre flanc, se rencontrant au milieu et puis s'éloignant de nouveau encore et encore alors qu'ils repoussaient la maladie avec de l'eau et des flammes. La chose noire ne se défendait pas – du tout. Harry s'était attendue au moins à un peu de résistance, mais elle ne semblait même pas remarquer que des parties d'elle-même se faisaient dissoudre et fondre. Elle semblait avoir un instinct d'expansion qui continuait à pousser contre eux, mais ils travaillaient bien plus vite que la noirceur ne pouvait ramper, donc ils avançaient inexorablement, étape par étape, jusqu'à ce qu'une bonne portion de l'esprit de Draco fût de la pure glace plate, sans tache de la gadoue de la maladie.

Quand ils se rencontrèrent au milieu une fois de plus, Harry jeta un sourire à Draco par-dessus son épaule et dit :

« Ça donne vraiment un sens complètement nouveau au terme "lavage de cerveau", pas vrai ? »

Elle désigna l'eau de Draco, qu'il tenait actuellement comme un fouet pour tenir les antennes noires à distance pendant que son autre main dirigeait une vague d'eau à s'écraser devant lui.

Draco rit, un son féroce qui était vraiment plus proche d'un cri de bataille que d'un rire.

« Je ne sais pas pourquoi je n'ai pas essayé ça plus tôt ! Dire que je m'ennuyais alors que j'aurais pu faire ça. Par contre, s'arrêta-t-il pour étirer les muscles de ses bras, c'est vraiment fatiguant. »

Harry acquiesça son accord. Bien que ses réserves magiques eussent été élevées parce qu'elle n'avait pas concocté quoi que ce soit pendant un jour à peu près avant que la maladie n'envahisse son esprit, l'utilisation constante de magie commençait à se faire ressentir chez elle également.

Ils se séparèrent à nouveau pour travailler sur leurs propres côtés et bientôt, ils avaient presque un tiers de l'espace mental visible libéré de la maladie. Harry ne savait pas ce qu'ils feraient quand ils atteindraient les brumes noircies, et elle ne pouvait pas dire combien de temps avait passé. Elle appela Draco pour obtenir son attention.

« Hé Draco, tu ne peux pas encore sentir quoi que ce soit de ton corps physique ? »

Draco tourna un regard interrogateur à Harry.

« Qu'est-ce que tu veux dire ? Je peux faire ça ?

– Tu en seras capable dès qu'on aura dégagé la section de ton esprit qui correspond au contrôle et à la communication avec ton toi physique, dit Harry, vérifiant les bords de la matière visqueuse noire en feu du coin de l'œil pendant qu'elle parlait. Je ne suis pas sûr quand ça sera le cas, par contre, puisque ça ne sera pas clairement indiqué ou quoi. Tu devras juste continuer à vérifier, j'imagine. »

Draco acquiesça pensivement, amadouant distraitement une autre charge d'eau de l'étang.

« Si je me concentre sur l'idée de mon corps physique, je peux sentir… quelque chose. C'est bizarre. Je peux me sentir allongé, même si je sais que je me tiens debout ici.

– Cela prend un moment de s'habituer aux sens duals, convint Harry. Essaie de bouger ta main. »

Draco agita la main d'une façon perplexe.

« Pas cette main, dit Harry.

– Je sais, dit Draco en fronçant les sourcils. Mais dès que j'essaie d'agiter la main, elle s'agite juste. »

Il agita la main encore et Harry dut rire au ridicule de le voir se tenir là, dans des habits d'été, sans chaussures et une main faisant coucou inutilement au milieu d'un fond qui ressemblait à l'Antarctique.

« Essaye de te concentrer sur le fait de bouger ta main, mais pense également spécifiquement à ne pas bouger cette main, suggéra Harry.

– Comment peux-tu penser à deux choses à la fois ? » demanda Draco avec incrédulité.

Harry haussa les épaules. C'était juste quelque chose à faire ; elle ne savait pas comment l'expliquer à Draco. C'était comme la façon dont un concocteur de potion devait penser, afin de compter correctement les vingt-huit tours dans le sens inverse des aiguilles d'une montre tout en ajoutant également le nombre exact de pois Affilla à une Potion Chance d'Hiver, par exemple.

Draco soupira.

« Surveille ce coin pour moi. »

Il baissa les yeux en fronçant les sourcils vers la glace à ses pieds pour se concentrer et Harry alla diligemment à ses côtés pour éloigner le truc noir pendant que Draco était distrait. Il lui fallut quelques moments pour prendre feu parce que les bords du goudron noir étaient encore un peu mouillés par la magie de Draco, mais assez vite, il y avait un feu lent en train de brûler ce côté également et Harry prit une pause pour regarder Draco essayer de se connecter à son corps physique. Le blond avait une tendance à toiser les choses quand il pensait très fort à quelque chose, même s'il n'était pas du tout énervé ou en colère. Elle se demanda s'il avait toujours fait ça, et eut une soudaine image d'un petit blond de cinq ans en train de fusiller d'un œil noir son premier balai jouet alors qu'il essayait de comprendre comment le faire marcher. Elle contint à peine un rire amusé.

Draco leva soudainement les yeux.

« Je crois que je l'ai fait.

– Vraiment ?

– Eh bien j'ai senti ma main bouger, mais ma main n'a pas bougé, si ça fait sens, dit Draco, paraissant plutôt joyeux malgré le décor de goudron brûlant et de la glace trempée.

– C'est génial ! dit Harry. Si tu peux faire bouger ton corps assez, peut-être que tu peux obtenir l'attention de quelqu'un. Madame Pomfresh devrait jeter un œil sur toi, et tes parents étaient aussi là quand j'ai fait le plongeon, je crois. Ainsi, si les trois jours que tu avais sous les sorts de soutien, bon, deux depuis que je suis entré en méditation, sont passés, ils peuvent toujours te retirer des sorts avant que ton noyau magique ne réalise que quelque chose ne va pas. D'ici là, tu devrais avoir assez de ton esprit loin de la maladie pour que ton corps respire et pompe du sang par lui-même une fois de plus. »

Draco acquiesça.

« Je vais essayer de la bouger encore quelques fois, et puis on peut se débarrasser d'un peu plus de ce truc. »

Harry était sur le point de répondre quand une nouvelle voix la coupa à travers le paysage glacé, faisant sursauter les deux première année de surprise.

« Il n'y aura pas besoin de cela. »

Ils se tournèrent vers la source de la voix et restèrent bouche bée à la vue de Professeur Snape glissant sur la glace vers eux, une expression illisible sur le visage.

« Professeur !

– Oncle Severus ! »

Draco et Harry échangèrent un regard de soulagement mélangé à de la pure incrédulité.

« Comment êtes-vous entré ici, monsieur ?

– Vous êtes là pour me sauver, Oncle Severus ? »

Snape haussa un sourcil sardonique. Harry remarqua que son avatar mental ressemblait énormément à son habituel lui physique. Mêmes robes, mêmes cheveux, même attitude. Il semblait que Severus Snape était un homme qui se voyait lui-même aussi clairement qu'il voyait tout le reste.

« Il n'y a que vous deux qui réussiriez à faire quelque d'aussi impressionnant sans même réaliser que vous l'avez fait. »

Draco envoya un regard vide à Harry, que Harry rendit avec un regard tout aussi paumé.

Snape paraissait être à deux doigt de rouler des yeux.

« Vous avez déstabilisé la barrière mentale qui empêchait toute Legilimancie d'atteindre l'esprit de Draco de l'extérieur.

– Comment on a fait ça ? » dit Draco en clignant des yeux.

Harry tourna les yeux vers le paysage avec une compréhension soudaine. Il n'y avait qu'une entrée et sortie depuis l'extérieur d'un esprit. Sans surprise, le feu qu'elle avait laissé sans contrôle avait brûlé une parcelle claire dans les brumes, qui devaient être ce qui maintenant la barrière semblable à de l'Occlumancie qui protégeait la maladie de la Legilimancie.

Snape acquiesça alors qu'il voyait où Harry regardait.

« En effet, Mr. Black. Même le plus petit défaut dans une barrière est assez pour permettre à un Maître des Arts de l'Esprit l'entrée dans l'un d'eux. Une fois que cette partie des brumes était purifiée, j'aurais pu venir à n'importe quel moment, mais je n'avais pas réalisé que la condition de Draco avait changé jusqu'à ce que Narcissa ne remarque sa main bouger.

– Tu vois ? Je savais que ça avait marché ! sourit triomphalement Draco à Harry, qui lui sourit en retour.

– Donc est-ce que vous allez nous aider, Professeur Snape ? demanda curieusement Harry. On s'est débarrassé d'une bonne partie du truc noir, mais ça va lentement. Combien de temps restant Draco a-t-il avec les sorts de soutien ?

– Nous sommes actuellement samedi, à 6h43 du matin, dit Snape de sa voix traînante sans émotion. On m'a dit que Draco est tombé malade mardi soir. »

Là, il lança un regard à Harry qui la fit grimacer.

« Ce qui veut dire qu'on lui a administré pour la première fois le Souffle d'Aurore et la Blaneige mercredi aux alentours de midi quand ses procédés inconscients ont commencé à dérailler, et il a conséquemment été mis sur des sorts de soutien de vie pendant approximativement deux jours et dix-neuf heures. »

Harry calcula mentalement. S'il lui avait fallu un jour et demi pour arriver aussi loin, est-ce qu'ils auraient assez de temps pour éradiquer le reste de la maladie ? D'accord, elle ne savait pas combien de temps il lui avait fallu juste pour passer dans le noyau magique de Draco, mais tout de même… ç'allait être serré.

« Avec le Professeur ici pour aider, on pourra sûrement s'en débarrasser à temps », dit Harry à Draco, essayant de paraître confiante.

Draco fronça les sourcils, faisant évidemment ses propres calculs et paraissant inquiet.

Snape eut un petit rire.

« Reculez-vous les garçons, et regardez un vrai Occlumens à l'œuvre. »

Harry cligna des yeux mais s'éloigna de Snape d'un pas alors que Draco faisait de même à la hâte. Le Maître des Potions leva un bras devant lui, la main fléchie comme s'il agrippait férocement quelque chose. L'air autour d'eux sembla fredonner pendant un moment, peut-être avec anticipation, et puis Snape serra le poing et souffla rapidement, toisant la noirceur recouvrant toujours les deux tiers de l'espace mental de Draco.

Au pur choc de Harry, la noirceur se tortilla et se tordit comme une mer de vers d'encre, et puis elle fut rejetée de la glace sur laquelle elle s'était installée comme si c'était un virevoltant et que Snape avait fait apparaître une tornade. Si la chose noire avait une voix, elle aurait probablement été en train de crier alors qu'elle était jetée violemment dans les brumes, et puis, sans même une ombre laissée derrière, elle avait disparu.

Harry se sentit suprêmement inférieure, et réalisa juste à quel point les efforts de Draco et les siens avaient été inefficaces comparés à ceux de Snape. Bien sûr, il avait semblé qu'ils accomplissaient quelque chose de vraiment difficile, parce que Harry avait très peu de réelle expérience avec l'Occlumancie et Draco n'en avait aucune, mais Harry comprenait maintenant que la maladie était réellement dirigée pour infecter et assujettir des enfants, et des enfants uniquement, si ceci était le pouvoir d'un Occlumens adulte.

Snape eut un sourire narquois au regard de pure stupéfaction que Harry et Draco avaient tous les deux.

« Comment avez-vous… ? »

Draco ne pouvait même pas finir la question.

« Vous deux avez fait un travail admirable, dit Snape et Harry pouvait sentir l'autosatisfaction que le vieux Serpentard était trop réservé pour montrer. Mais j'ai eu beaucoup d'années d'expérience dans les arts mentaux, et ceci avec des sorciers dont la Legilimancie fait paraître cette maladie comme complètement inoffensive. Bien que la maladie créait une défense impénétrable de l'extérieur, ce n'était rien de plus qu'une mouche agaçante une fois que sa barrière avait été percée. »

Harry acquiesça pensivement.

« Comme elle n'était pas conçue pour causer véritablement de dégâts sur l'esprit qu'elle occupait, elle est facilement battue de l'intérieur une fois que son occupant sait comment le faire. Le problème étant que les esprits des enfants sont ceux qui y sont susceptibles, et on n'a pas enseigné à la majorité des enfants les magies de l'esprit à un âge aussi jeune, donc ils ne savent pas quoi faire une fois qu'ils sont enfermés à l'intérieur. »

Harry ne manqua pas le regard perçant que Snape lui envoya à sa façon de décrire la maladie comme étant conçue dans un but, mais elle l'ignora avec l'excuse de prêter attention à Draco.

« Mais tu savais les choses que je pouvais faire avec la magie de l'esprit, pointa son ami. Et tu n'as toujours pas expliqué comment tu es même entré dans mon esprit, puisque même Oncle Severus ne pouvait pas entrer jusqu'à ce que l'on brise la barrière de l'intérieur.

– J'aimerais beaucoup comprendre cela également », ajouta Snape, fronçant les sourcils vers elle.

Harry regarda entre eux deux.

« Eh bien, est-ce que les explications complètes peuvent attendre ? On doit se faire réveiller Draco, même si ça ne devrait plus être très dur maintenant que la maladie n'a plus d'emprise sur son esprit. Et je dois me débarrasser de la maladie dans mon propre esprit après ça aussi. Je ne suis pas sûr jusqu'où elle a progressé à ce stade, car pour tout ce que je sais, je pourrais me réveiller seulement pour retomber direct dans le coma. »

Draco fronça les sourcils.

« J'imagine que je ne peux pas t'aider avec ton esprit puisque je ne connais pas assez de magie de l'esprit pour me déplacer entre les esprits. Désolé, Rigel.

– Ce n'est pas grave, dit Harry. Maintenant que l'on connaît le truc, je vais juste dégager un chemin jusqu'aux brumes et perturber la barrière mentale que la maladie a autour de mon esprit pour que Professeur Snape puisse entrer pour m'aider à m'en débarrasser. Cela ne devrait pas prendre beaucoup de temps, vraiment. »

Snape hocha à contrecœur la tête.

« Très bien. Je retournerai dans le monde physique et expliquerai la situation à Madame Pomfresh et aux parents de Mr. Malfoy. Mr. Black, vous retournerez dans votre propre esprit… peu importe comment vous prévoyez de faire ça. »

Harry acquiesça facilement.

« Comme vous ne libérerez pas assez de votre esprit pour regagner les contrôles physiques nécessaire pour me faire un signal, j'essaierai simplement de percer votre esprit à répétition jusqu'à ce que j'en sois capable. Mr. Malfoy attendra jusqu'à ce que nous ayons tous les deux quitté son esprit, et puis tentera de se réveiller. »

Draco et Harry acquiescèrent tous les deux pour montrer qu'ils comprenaient, et Snape hocha la tête en retour. Il marcha à grande enjambée sur ses talons vers les brumes et bientôt il fut complètement parti de l'esprit de Draco.

« Bon, on se voit dans la vraie vie, alors », dit Draco joyeusement.

Harry contempla sérieusement son ami.

« Je suis vraiment heureux que tu vas bien aller, dit-elle. J'étais si inquiet quand je t'ai entendu… »

Elle s'interrompit, secouant la tête.

« Je suis juste si soulagé, Dray. Et tu étais incroyable, à saisir la magie de l'esprit aussi rapidement comme ça.

– C'est seulement grâce à ton aide », dit Draco, paraissant embarrassé.

Il la fixa d'un air soupçonneux alors qu'il ajoutait :

« D'abord, pourquoi es-tu si soulagé ? Tu as promis que tout irait bien, non ? Peut-être que tu n'étais pas si sûr, mais je n'ai jamais douté de toi. »

Harry ne savait pas quoi dire, donc elle déplaça juste son regard sur le terrain gelé qui avait été révélé quand la maladie était partie.

« Tu devrais construire quelque chose, Dray. »

Draco la regarda bizarrement, mais elle continua :

« Pas maintenant, bien sûr, mais après que tu aies appris la méditation et tout ça, tu devrais faire quelque chose avec tout cet espace.

– Peut-être que je le ferai, dit Draco pensivement. Est-ce que tu as construit quelque chose dans ton esprit ?

– Ouais, dit Harry, fronçant les sourcils en se demandant dans quel état elle retrouverait son esprit quand elle reviendrait. Peut-être qu'un jour tu le verras.

– J'attends ça avec impatience alors, dit Draco. Mais là tout de suite, tu dois dégager de mon esprit et aller nettoyer le tien pour que Severus te fasse aller mieux. Je ne vais pas m'asseoir tout seul à dîner ce soir, et je te parie que tous les autres sont allés tomber malade. »

Harry rit au niveau d'offense auquel Draco semblait être à la pensée de manger seul et le salua de la main alors qu'elle se retournait et se rendait vers l'étang de Draco.

« Je peux voir quand je ne suis pas désiré. À bientôt, Draco.

– À bientôt, Rigel. »

Harry prit une profonde inspiration inutile au bord de l'étang de Draco et demanda silencieusement à son noyau magique de la laisser sortir de l'esprit de Draco, mettant toute sa volonté derrière sa requête. Un tourbillon commença à tourner au centre de l'étang, de plus en plus vite, et quand Harry aperçut le trou noir se formant au milieu, elle sauta droit dans le centre et laissa la ruée d'eau confuse la balayer une fois de plus.

Elle fut recrachée plutôt violemment de l'autre côté du noyau magique de Draco, et évita seulement d'être écrabouillée contre l'intérieur de la couche première du noyau de Draco en amenant à la hâte de la magie sur ses mains tendues et faisant exploser du feu à travers la couche épaisse de glace pour la faire fondre hors de sa route alors qu'elle se lançait à travers elle. Une fois complètement hors du noyau de Draco, elle rechercha la connexion entre le noyau de Draco et la sienne et se jeta le long de celle-ci, accélérant vers le sentiment familier de son propre noyau magique.

Quand elle arriva de nouveau devant la balle de torsades agitées d'énergie magique qui était son noyau, elle demanda à sa magie de couper la connexion entre elle et Draco et commença à creuser à travers les torsades pour atteindre la seconde couche. Les torsades de magie serpentèrent autour d'elle, joueuses, la tirant çà et là jusqu'à ce qu'elle soupire et demande à sa magie de bien vouloir la laisser passer vers le noyau véritable. Les torsades s'écartèrent et elle aperçut une lueur du soleil brillant qui reposait derrière. Harry se tortilla pour tracer son chemin à travers les torsades primaires et se laissa tomber droit dans le centre du noyau véritable en fusion.

Ses sens mentaux lui revinrent d'un coup, et Harry dut s'arrêter un moment pour digérer toutes les informations se diffusant dans sa conscience alors qu'elle émergeait du soleil dans la Salle de l'Espace. La maladie recouvrait maintenant tout ce qui était à l'extérieur de la Salle de l'Espace. La montagne, les brumes, le faux labo, et toutes les branches des moult tunnels confus étaient recouverts d'une couche de noir. Harry dériva vers la porte de la Salle de l'Espace. La partie la plus dure serait de sortir de la Salle de l'Espace sans laisser un seul bout du truc noir à l'intérieur.

Utilisant l'énergie du noyau-soleil, que Harry avait remarqué avec culpabilité brûlait un peu plus faiblement qu'il ne le faisait habituellement, Harry décida de se tenir aussi près que possible de la porte et de créer une barrière derrière elle qui fermerait la Salle de l'Espace complètement, comme si elle avait créé une antichambre entre la porte et la pièce même. Cela servirait seulement comme une zone tampon au cas où la maladie fuiterait à l'intérieur quand elle ouvrirait la porte.

Avec cette précaution en place, Harry ouvrit la porte rapidement et envoya une explosion de feu de ses mains vers les tunnels au-delà. Tout ce qu'elle put voir au début était la noirceur, mais assez vite, les flammes dévoraient la substance visqueuse insidieuse, la faisant fondre jusqu'à ce qu'elle se désintègre. Elle s'avança dans le tunnel, fermant la porte de la Salle de l'Espace fermement derrière elle après s'être assurée qu'aucune maladie n'était passée, et commença à enflammer la noirceur hors de son chemin une fois de plus. C'était un travail lent, mais elle dégagea un passage à travers le tunnel et hors de la trappe, à travers le Labo leurre, qui paraissait avoir une couche épaisse de suie installée sur tout ce qu'il y avait à l'intérieur, et hors de l'illusion de glace vers le flanc de montagne au-delà. Harry cibla le morceau de brume le plus proche et traça enfin son chemin jusqu'à lui.

Elle prit un moment pour rassembler son énergie. Sa magie n'était définitivement pas au top de sa forme. Elle se sentait comme si elle avait concocté de la Blaneige pendant des heures, peut-être des jours. Elle invoqua une autre boule de feu avec effort et elle la balança de façon juste un peu vindicative dans les brumes noircies devant elle. La maladie sembla s'évaporer dans l'air, et Harry soupira avec soulagement. Elle s'assit pour attendre, mais ce n'était pas plus de quelques minutes plus tard que Snape apparut hors des brumes à côté d'elle. Elle put sentir quand il le fit. Cela ressemblait beaucoup à quand la maladie était entrée pour la première fois dans son esprit, comme une pression tenace qui paraissait étrangère et pas naturelle, mais la sensation disparut une fois qu'elle eut identifié l'intrus comme étant Snape et l'avait classifié mentalement comme n'étant pas une menace immédiate.

« Bonjour, Professeur, dit Harry, quelque peu effrontément. Bienvenue dans mon esprit. »


(1) En anglais il est écrit "prone" qui veut dire sur le ventre, mais Violet a dit souvent le confondre avec supine (sur le dos) et cela ne fait pas trop sens de mettre des personnes malades sur le ventre et non le dos, ndt


NDA : Qu'est-ce que c'est que ça ? 21,800 mots [23,800 en français] ? Eh bien oui, oui c'est ça. Vous assurez les gars, donc merci de votre lecture, même s'il y avait beaucoup d'exposition pour essayer d'expliquer exactement ce qu'il se passe exactement. S'il vous plaît, dites-moi si quelque chose ne fait pas sens pour vous, parce que certaines des choses dans ce chapitre, j'ai dû les repenser plusieurs fois pour m'assurer qu'il n'y avait pas des trous énormes dans la logique. Encore merci. Plein d'amour. J'updaterais à nouveau bientôt parce que c'est officiellement l'été ! Je suis à la maison, et prête à écrire jusqu'à en perdre les doigts ! Yeah !

NDT : Nous on se retrouvera l'année prochaine (lol) Le prochain chapitre est le dernier et il n'y aura plus que l'épilogue ! La fin arrive, la fin arrive ! J'espère que vous avez hâte parce que moi, oui. La suite promet ! J'adore ce chapitre, Harry est vraiment ouf.