NDA : Donc je voulais juste dire que mes reviewers sont des personnes très très intelligentes ! Plusieurs d'entre vous ont anticipé certains événements dans ce chapitre, donc bien joué ! Je vais devoir être plus sournoise je vois en prévoyant mes éléments d'histoire… hmmm… oui, moins de foreshadow et plus de surprises méchantes ? Lol, mais vraiment, les gars, vous m'avez envoyé des reviews géniales cette semaine, plus que je n'en ai jamais eu pour un chapitre, donc merci énormément pour chacun d'entre vous. Et un grand merci à tous ceux qui lisent cette histoire, particulièrement ceux d'entre vous qui lisent depuis le début, même si vous n'avez jamais reviewé – merci de même essayer cette histoire.

NDA[2] : Eh bien, c'est le plus long de tous les chapitres jusqu'à présent (24 300 mots [26 300 en français]… et dire que j'avais prévu au début des chapitres de 3000 mots). C'est approprié car c'est également le dernier chapitre du premier livre de cette histoire. La sequel sera posté aussitôt que j'ai le premier chapitre d'écrit, mais cela sera sous un différent titre/histoire, donc prêtez attention si vous êtes intéressés. Merci à tout le monde qui a suivi cette histoire ces six derniers mois ; à plus de 200 000 mots et 160 reviews, je ne pourrais pas être plus heureuse avec ma première fanfic HP. J'espère que vous apprécierez la conclusion du premier tome de cette série.

NDT : Dernier chapitre les amis ! Il a été long à traduire et les choses ont fait que j'ai moins passé de temps dessus (comment ça une histoire m'a attaquée dans le dos pour que je l'écrive immédiatement quoi qu'en dise mes autres projets ?) mais le chapitre sort quand même à temps ! Je vous laisse le lire, il est… chef kiss !


Chapitre 21

Harry se sentait décidément gênée en observant Professeur Snape regarder les alentours de son espace mental avec intérêt.

« Généralement, c'est bien plus sympa, lui dit-elle alors que ses yeux intégraient la montagne énorme devant eux. Vous savez, quand il n'y a pas de goudron noir au-dessus de tout. »

Snape lui jeta un œil, apparemment guère impressionné.

« Si vous avez toujours assez d'énergie pour faire des blagues évidentes, peut-être que ma présence ici n'est pas requise. Devrais-je vous laisser gérer tout ce qu'il y a là par vous-même ? »

Harry rétropédala rapidement.

« J'aimerais mieux pas, monsieur. À en juger la faiblesse de mon noyau magique, je ne m'en débarrasserai jamais par moi-même.

– Où est votre noyau ? demanda Snape, regardant de nouveau aux alentours, fronçant les sourcils, pensif. Sur le pic de la montagne ? »

Harry secoua la tête.

« Il est à l'intérieur de la montagne. »

Snape souleva un sourcil.

« Vous avez construit un passage dans la montagne ? Je veux dire, vous avez plusieurs couches dans votre esprit ?

– Oui, monsieur, dit Harry. Il semblait plus sûr de garder toutes les choses importantes hors de vue.

– En effet. »

Les lèvres de Snape firent une bizarrerie et Harry se demanda à quoi exactement ressemblait l'intérieur de l'esprit de Snape.

« Je dois voir la maladie pour la bannir, donc vous devrez m'emmener à travers toutes les zones infectées.

– Oui, monsieur », accepta Harry.

Elle regarda Snape se concentrer sur le paysage noirci une fois de plus et lever les bras de façon impérieuse. Un moment plus tard, elle sentit son esprit entier frissonner, et une sorte de pouvoir fonça à travers sa conscience mentale, comme un vent fort soufflant ses cheveux loin de son visage. La maladie fut violemment rejetée vers les brumes et au-delà, tout du moins, toute la maladie qu'ils pouvaient voir de ce côté de la montagne.

Lentement, Harry dirigea Snape vers l'autre versant de la montagne, puis en bas vers le pied. Elle hésita, n'aimant pas l'idée de montrer tous ses stratagèmes mentaux à quelqu'un d'autre, particulièrement un homme à qui elle savait qu'elle ne devrait pas réellement faire confiance, malgré tout le respect qu'elle avait pour lui en tant que Maître des Potions. Le fait était que Snape avait parlé à Quirrell comme s'il était de mèche ou au minimum travaillait avec la personne qui avait envoyé la maladie à Poudlard. Cela voulait dire qu'il s'alignait avec le Parti SOW, ce qui voulait dire qu'il était contre les né-moldus et les sang-mêlés dans une certaine mesure, ou passivement d'accord avec leurs mauvais traitements. Autrement dit, elle ne pouvait pas lui faire confiance avec ses secrets. Tout de même, raisonna Harry, elle pouvait toujours réarranger son espace mental après qu'il fut parti. Autant obtenir son aide avec la maladie tant qu'il était déjà là.

Quand ils atteignirent le mur de glace, Snape s'arrêta et la regarda d'un air interrogateur.

Harry sourit.

« C'est juste une illusion. Ça n'a pas arrêté la maladie un iota, mais quand j'ai conçu l'endroit, je ne m'attendais pas à ce qu'un intrus dépende du toucher plutôt que des yeux. »

Snape eut un sourire en coin.

« Une leçon précieuse au cas où vous décideriez de poursuivre les arts de l'esprit plus en profondeur. Un grand nombre de sorciers font l'exacte même faute, et ont des défenses mentales qui paraissent simplement impressionnantes, au lieu de prendre le temps et l'effort de créer des protections qui durent. »

Harry fronça les sourcils.

« Pourquoi ils ne comptent que sur des illusions ? Je n'ai que celle-ci. »

Snape la regarda.

« Les illusions dans l'esprit demandent moins d'énergie mentale et magique pour les exécuter en comparaison de créations solides.

– Oh ? Je n'avais pas remarqué, dit Harry distraitement, marchant à travers l'illusion vers la caverne à l'intérieur. Et que voulez-vous dire par énergie mentale et magique ? Est-ce que l'énergie n'est pas la même, provenant du noyau magique, dans les deux cas ? »

Snape considéra sa question alors qu'il tournait la tête dans tous les sens pour regarder le labo de potions recouvert de noir.

« Quand vous créez quelque chose avec de la magie, que ce soit dans le monde physique ou le monde mental, vous utilisez l'énergie magique de votre noyau, c'est vrai. Cependant, dans chaque cas, vous dépensez également de l'énergie mentale. Par cela, je ne veux pas dire que votre esprit produit de fait une quelconque énergie magique qui lui serait propre, mais que cette magie requiert de la concentration et une forte intention de la manier, particulièrement lorsque l'on tente de créer quelque chose à partir de rien au lieu de simplement altérer quelque chose d'existant. Ce prérequis mental a de lourdes conséquences sur l'esprit ; une concentration prolongée fatigue l'esprit et le met à rude épreuve, que vous bachotiez pour un examen ou construisiez une cabane en rondins dans votre esprit, et avec le temps, le cerveau est capable de se concentrer de moins en moins jusqu'à ce qu'il requière du repos pour se remettre. C'est cette perte d'habileté mentale, ou d'énergie, à laquelle je faisais référence, pas à une énergie physique comme la magie est généralement vue. »

Harry acquiesça pour montrer sa compréhension.

« Et cela requiert plus de concentration et de pouvoir mental de créer des structures permanentes dans l'esprit que cela n'en requiert pour créer des illusions qui durent ?

– Beaucoup plus, dit Snape, paraissant vouloir secouer la tête dans sa direction et soupirer. Détruire requiert le moins de quantité d'énergie mentale, les illusions et les tours de l'esprit juste un peu plus, mais une création solide est quelque chose d'extrêmement éprouvant… pour la plupart des sorciers. Je suppose que vous n'avez pas étudié l'Occlumancie avant que vous ayez à peu près quatre ans ? »

Harry secoua la tête, perplexe.

« J'ai commencé à l'apprendre ce semestre, en fait. »

Snape soupira cette fois.

« Vous allez être l'instigateur de beaucoup de mal de tête, Mr. Black.

– Désolé, monsieur, dit Harry, peu sûre de quoi dire d'autre.

– Ne le soyez pas, dit Snape. Avec un peu de chance, vous amènerez également beaucoup d'éloges à la Maison Serpentard. Merlin sait que l'on en a besoin ces jours-ci, marmonna-t-il cette dernière partie alors qu'il se tournait pour regarder le labo leurre une fois de plus, et Harry rangea cet aveu pour plus tard.

– Avez-vous besoin de vous tenir du côté opposé ? demanda curieusement Harry. Pour que vous puissiez la faire voler par la porte ? »

Snape lui envoya un regard amusé.

« Non, je peux l'évaporer directement d'ici, cela demande juste plus de concentration. »

Harry acquiesça et se recula. Snape ferma les yeux une fois de plus, et quand il les ouvrit, Harry en trembla presque, remerciant Merlin que ces yeux n'étaient pas concentrés sur elle sur le moment. Il paraissait suffisamment déterminé pour faire disparaître son existence d'un simple souhait s'il le voulait, et quelques moments plus tard, il semblait que c'était exactement ce qu'il avait fait à la maladie. Elle avait complètement disparu de toutes les surfaces sur lesquelles Harry avait eu du mal à se convaincre qu'elle y avait été en premier lieu.

Il se tourna vers elle.

« Un labo de potions ? Créatif, mais un peu évident, vous ne trouvez pas ? Je suppose que les rouleaux de recettes contiennent vos souvenirs. »

Harry eut un sourire en coin, une expression qu'elle avait récupérée de Draco et Pansy.

« Bien trop évident, monsieur. »

Elle marcha jusqu'à la cheminée et poussa le tapis hors du chemin. Elle pouvait voir où la noirceur avait suinté dessous et s'était égouttée entre les fentes de la trappe jusqu'aux tunnels en bas. Elle saisit l'anneau et le souleva pour révéler l'échelle recouverte de goudron en-dessous.

« Après vous, Professeur. »

Snape souleva un sourcil.

« Nous ferons peut-être un Serpentard de vous, Mr. Black. »

Si seulement vous saviez, Professeur Snape.

Avec une pensée de Snape (ou tout du moins, le sembla-t-il pour Harry qui regardait), la noirceur sur l'échelle et la partie du tunnel qu'il pouvait voir disparut, et ils descendirent dans la lumière vert pâle émise par les cristaux incrustés dans les murs de pierre taillée. Snape regarda autour de lui avec curiosité.

« Est-ce que tous ces tunnels mènent quelque part ?

– Non, dit Harry. Mais ils sont tous recouverts de la maladie.

– Très bien. »

Ils naviguèrent les tunnels avec Harry comme guide et, à un moment, ils les avaient tous nettoyés hormis celui menant à la Salle de l'Espace. Elle mena Snape avec réticence le long de celui-ci et s'arrêta quand ils atteignirent la porte intégrée dans le mur. Il nota ce qu'il restait du chemin à travers lequel elle avait incendié la maladie sur sa route vers les brumes plus tôt.

« Votre noyau magique est derrière, alors ?

– Oui, dit Harry. Mes… souvenirs et autres sont derrière aussi, mais il n'y a pas de maladie à l'intérieur. »

Snape la considéra avec précaution.

« Vous êtes certain ?

– Oui. J'ai pris des précautions en sortant, et il n'y a aucun moyen pour que la maladie ou quoi que ce soit d'autre entre par le toucher seul. »

Snape inclina la tête lentement.

« Très bien. Je suis familier avec la nécessité de garder certaines choses privées. Dans tous les cas, ceci explique comment votre corps physique est toujours en méditation et non dans le coma malgré le fait d'avoir laissé votre esprit sans surveillance avec la maladie aussi longtemps. Vous avez dû enfermer la plupart de vos contrôles physiques avec votre noyau magique et vos souvenirs, même si peut-être par inadvertance. Toutefois, vous m'informerez immédiatement si vous ressentez des vestiges de la maladie en vous une fois que je serai parti. »

Harry accepta. Snape éradiqua ce qu'il restait de la maladie, et le sentiment étranger qui l'avait turlupinée dans le coin de ses sens magiques depuis qu'elle avait pour la première fois contracté la maladie au chevet de Draco disparut. Elle soupira de soulagement et redirigea Snape hors du réseau confus de tunnels et en haut de l'échelle dans la caverne leurre.

« Merci pour m'avoir aidé à me débarrasser de la maladie », dit-elle alors qu'ils marchaient à travers le mur de glace à l'extérieur du flanc de montagne.

Snape posa des yeux sérieux sur elle et dit :

« Je n'en aurais pas été capable si vous n'aviez pas percé depuis l'intérieur. Cela est particulièrement vrai pour Draco. Mon filleul est… une des rares choses que je considère comme importantes dans ma vie. C'est moi qui dois vous remercier pour avoir intervenu comme vous l'avez fait, bien que j'attende une explication entière de ce que vous avez fait au juste quand vous sortirez de votre transe. »

Harry fronça légèrement les sourcils.

« Vous ne devriez pas me remercier. C'était de ma faute pour commencer. Si je vous avais dit depuis le début que Draco était malade au lieu d'essayer de vous en épargner l'inquiétude…

– Alors je me serais précipité pour revenir, négligeant mon importante mission, et serai resté au chevet de Draco tout aussi inutilement que ses parents et Madame Pomfresh. »

Snape la toisa de la façon qu'il toisait parfois les autres enfants en cours de Potions qui donnaient des réponses qui n'avaient aucun sens.

« Mon expertise n'était pas suffisante pour sauver Draco ou arrêter la maladie, et que je le sache plus tôt n'aurait fait aucune différence. Vous avez trouvé un moyen quand personne ne l'a fait, et pour cela, je m'attends à ce que vous receviez les remerciements de beaucoup de monde, y compris ceux de Lucius et Narcissa. Les autres parents seront reconnaissants si votre méthode peut guérir leurs enfants également, mais les Malfoy ont failli perdre leur fils et Héritier aujourd'hui. Ils n'oublieront pas cela, et vous ne devriez pas traiter vos accomplissements avec autant de légèreté. »

Harry ne savait pas quoi dire, une situation qui arrivait de plus en plus fréquemment plus elle passait du temps à Poudlard. Heureusement, Snape continua pour remplir le silence :

« Ne vous inquiétez pas de développer un ego surdimensionné, lui apprit-il, baissant les yeux au-dessus de son nez vers elle. Je peux en repérer un arriver des années avant qu'il ne gonfle, et à l'instant même où je sens que vous vous estimez plus que vous ne le méritez, je ne serai que trop heureux d'intervenir. »

Harry baissa la tête pour cacher un petit sourire.

« Maintenant, sortons d'ici pour que je puisse proprement vous passer un savon pour vos nombreuses infractions, à commencer par le fait d'avoir omis des informations pertinentes d'un rapport à votre supérieur et en finissant par le fait d'avoir mis imprudemment en danger l'esprit d'un autre élève en faisant l'imbécile à l'intérieur sans une licence en Sorcellerie de l'Esprit. »

Harry grimaça.

« Est-ce que ça sera avant ou après que Madame Pomfresh m'enguirlandera pour m'être faufilé dans l'Infirmerie dans son dos ?

– Après, dit facilement Snape, mais avant que Miss Parkinson ne se réveille et vous gronde pour avoir encore une fois inconsidérément mis en danger votre bonne santé.

– Ah oui. »

Harry regarda Snape disparaître à travers les brumes de son esprit, qui étaient de nouveau immaculées et blanches, et expira un soupir de soulagement. C'était presque fini. Tout ce qu'elle devait faire était de se réveiller et d'expliquer les choses pour que Snape puisse guérir les autres élèves aussi. Puis elle pourrait retourner à son petit Labo et concocter des potions qui étaient, elles, au programme de première année pour une fois.

Avec cette pensée en tête, Harry s'avança enfin à son tour dans les brumes, laissant ses sens physiques la tirer dans le monde réel et quittant l'espace mental paisible et libéré de toute maladie.

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Quand elle ouvrit les yeux, elle sursauta à la vision qui l'accueillit. Draco se tenait au-dessus de son visage à peine à quelques centimètres d'elle, la fixant intensément. Il se recula avec un sourire et Rigel put voir que l'Infirmerie était plus remplie qu'elle ne l'avait été… deux jours plus tôt ? La dernière fois qu'elle l'avait vue. Elle se sentait vaseuse, comme si elle avait nagé avec les yeux ouverts sous l'eau pendant trop longtemps et oublié à quoi le monde ressemblait sans du liquide obstruant sa vue.

« Il est réveillé », dit Draco à personne en particulier, ou peut-être à tout le monde dans la pièce.

Draco était perché sur une chaise à côté du lit sur lequel elle était allongée. C'était le lit sur lequel Draco avait été allongé quand il était malade, entre Blaise et un Serdaigle de première année qui, pensait Rigel, devait avoir une sœur jumelle à Gryffondor.

Rigel se releva, se sentant extrêmement inconfortable d'être couchée devant la majeure partie des personnes dans la pièce. Il y avait Draco, bien sûr, et Snape, Narcissa et Mr. Malfoy, tous debout près du pied du lit. Elle fut surprise, toutefois, de voir que le Directeur Dumbledore était là également, et Professeure McGonagall juste à côté de lui. Madame Pomfresh était aussi là, se pressant de revenir depuis un patient qu'elle surveillait deux rangées plus loin.

« Ne bougez pas trop, Mr. Black », dit vivement l'infirmière quand elle arriva, levant sa baguette vers Rigel automatiquement, qui essaya de ne pas grimacer.

Elle ne faisait vraiment pas confiance aux Médicomages.

« Vous avez été en méditation pendant presque deux jours, et votre corps vous paraîtra bien lourd et encombrant à cause de cela. »

Elle fronça les sourcils et secoua sa baguette encore.

« Vous semblez également avoir quelque peu affaibli votre noyau magique, bien que les niveaux ne soient pas énormément en-dessous de ce qui est normal pour un première année.

– Dans ce cas, Mr. Black a considérablement affaibli son noyau magique », dit Snape d'une voix traînante.

Madame Pomfresh haussa les sourcils.

« Eh bien, cela correspond plus à ce à quoi je m'attendais si la moitié des choses que le jeune Mr. Malfoy a dit détiennent une once de vérité. Un instant, je vais vous donner un peu de Pimentine. C'est n'est pas aussi bien que du repos et de la tranquillité, bien sûr. (Là, elle lança un petit regard noir au Directeur Dumbledore.) Mais je suppose que ces choses devront attendre jusqu'à ce que certaines personnes soient satisfaites. »

Elle partit, marmonnant à propos des les gens qui plaçaient la récolte d'informations au-dessus de la bonne santé d'un enfant et, un moment plus tard, revint avec une potion et un conseil strict de boire la dose entière.

C'est ce que Rigel fit, évitant les regards curieux des adultes et de Draco pour un peu plus longtemps. Quand Madame Pomfresh eut repris la fiole vide, le Directeur Dumbledore s'avança, disant gentiment :

« Merci, Pompom. Maintenant que le jeune Mr. Black est à peu près remis des quelques jours éprouvants qu'il a eus, peut-être qu'il sera capable d'expliquer certaines choses. »

Le Directeur tourna des yeux avenants vers Mr. et Mrs. Malfoy.

« Si votre famille aurait l'amabilité de nous donner quelques moments, je suis sûr que cela ne prendra pas longtemps. En fait, je doute que Draco ait besoin de rester dans l'Infirmerie plus longtemps, étant donné qu'il est clairement libéré de la maladie. »

Draco parut étonné à la tentative pas-très-subtile de Dumbledore de se débarrasser de sa famille, mais Rigel comprenait secrètement et même était plutôt d'accord avec le Directeur. S'il savait ce qu'elle soupçonnait, que le Parti SOW était derrière la maladie, alors il n'était peut-être pas judicieux d'expliquer exactement comment la maladie avait été contrée devant un des sympathisants les plus notoires du Parti SOW, à savoir, Lucius Malfoy. À l'air sur le visage de Malfoy toutefois, il ne prévoyait d'aller nulle part.

« Mon fils semble être en effet libéré de cette maladie, dit Mr. Malfoy avec aisance. Un fait que je suis très intéressé à comprendre. Je crois qu'il est dans mes droits en tant que parent de savoir ce qu'il s'est exactement passé ici, particulièrement parce qu'il semble que cela implique une violation de la sacralité mentale de mon fils et Héritier. »

Rigel grimaça intérieurement et vit Draco froncer les sourcils du coin de l'œil.

« Père, Rigel m'aidait. Il ne serait jamais allé dans mon esprit autrement. Il s'est déjà excusé pour ça en plus. »

Draco leva le menton avec juste un soupçon de défiance.

« Et j'ai dit que je l'avais pardonné. Donc il n'a pas d'infraction maintenue contre moi. »

Rigel regarda Draco avec surprise, sachant très bien qu'il vénérait le sol sur lequel son père marchait, mais Mr. Malfoy semblait plus amusé qu'en colère par la légère critique de son Héritier.

« Je suis sûr que je tomberai d'accord avec toi, Draco, dit-il de manière imperturbable, mais avec une pointe d'acier soulignant ses mots, une fois que j'aurais entendu toute l'histoire. »

Si Dumbledore avait essayé de se débarrasser des Malfoy, il ne montra certainement aucun désappointement d'avoir échoué. Il sourit avec bienveillance, semblant inclure tout le monde dans la pièce avec lui, et dit :

« Tout va bien, alors. Je peux dire que cela va être une sacrée histoire, donc pourquoi ne nous mettons-nous pas plus à l'aise ? »

Il agita sa baguette avec un geste qui semblait être plus pour le spectacle qu'un véritable mouvement de baguette, et six magnifiques fauteuils apparurent autour du lit de Rigel. Elle remarqua que les lits de chaque côté d'elle furent repoussés gentiment pour faire de la place pour eux, et elle gigota, un peu mal à l'aise, alors que les six adultes s'asseyaient autour d'elle avec des expressions diverses de curiosité et d'impatience sur leurs visages. Il y avait quelque chose d'extrêmement étrange et peut-être d'un peu morbide au fait d'être assise dans une pièce remplie d'enfants comateux, avec un demi-cercle de personnes la regardant comme si elle les avait appelées là pour l'heure du conte.

Rigel se sentait plus forte physiquement après que la Pimentine fit effet, mais elle était toujours émotionnellement et mentalement exténuée des deux derniers jours, et elle ne savait pas trop par où commencer. Elle regarda désespérément les adultes autour pendant un moment, mais Professeure McGonagall avait dû sentir son embarras, car elle dit gentiment :

« Je pense que nous savons tous ce qu'il s'est passé jusqu'à jeudi soir. Le jeune Mr. Malfoy est tombé malade, et les Malfoy ont expliqué qu'après avoir découvert l'allergie de Draco à l'açaï et l'incapacité en résultant de s'appuyer sur les potions habituelles, vous vous êtes lancé pour essayer de trouver un moyen de contourner l'açaï. Évidemment, vous n'avez pas réussi… »

Là, Snape la coupa d'un ton sec :

« C'est impossible de substituer une substitution, bien qu'on ne puisse pas s'attendre à ce qu'un élève de potions, même du niveau de Mr. Black, sache ça. Il n'y avait rien que personne aurait pu faire pour faire marcher ces potions sans du ginseng. »

McGonagall hocha la tête, les lèvres serrées.

« Bien sûr, Severus, je ne voulais rien dire par là. Il va sans dire qu'à un moment, Mr. Black a abandonné la recherche et est revenu ici. C'est là que les explications deviennent obscures. »

La directrice de maison de Gryffondor se retourna vers Rigel, qui vit de l'inquiétude, mais aussi de la gentillesse dans son regard.

Rigel acquiesça lentement.

« Oui, je suis parvenu à la même conclusion jeudi en fin d'après-midi. Je suis allé dîner, et là, j'ai réalisé qu'à un moment pendant que je travaillais, Pansy était tombée malade également. Je suis allé à l'Infirmerie…

– Comment êtes-vous entré dans la Quarantaine ? » interrompit Snape.

Rigel retint un soupir. Clairement, ç'allait être un de ces récits où quelqu'un allait l'arrêter toutes les deux phrases pour réclamer des clarifications.

« Madame Pomfresh m'a escorté à travers la ligne mercredi matin, quand j'ai amené des potions à l'Infirmerie, dit Rigel. Je pense que la ligne a une sorte de mémoire de reconnaissance, parce qu'après ça, elle ne m'a pas refusé l'accès. »

Snape lança un regard à Madame Pomfresh, qui l'ignora ostensiblement.

Rigel continua :

« Je suis resté aux chevets de Pansy et Draco pendant un moment, je ne suis pas sûr combien de temps, juste à réfléchir, et quand j'étais à côté de Draco, j'ai senti quelque chose… d'étrange avec mes sens mentaux. C'était comme si quelque chose tapotait mes pensées, m'empêchant de me concentrer jusqu'à ce que je lui prête attention. Une fois que je me suis concentré dessus, je suis devenu certain que quelque chose se passait dans mon esprit, donc je suis entré en méditation automatiquement.

– Vous parlez comme si vous méditez souvent », pointa le Directeur avec douceur.

Rigel acquiesça, déjà résignée à ce secret en particulier sortant du placard après qu'elle avait entendu Pomfresh le dire aux Malfoy.

« J'ai commencé à essayer d'apprendre l'Occlumancie ce semestre.

– Que ça tombe bien », commenta Mr. Malfoy.

Rigel le regarda platement.

« Pas particulièrement. En fait, c'est Professeur Snape qui m'en a donné l'idée. »

Snape haussa les sourcils pour indiquer sa confusion.

« Il m'a aidé avec ma magie cette année. Je n'avais pas un très bon contrôle sur elle et elle avait tendance à réagir à mes émotions, comme Professeur Snape m'a expliqué. »

Les sourcils de Snape se haussèrent un peu plus à la façon dont elle arrangeait la vérité, mais il ne la contredit pas, bien qu'ils sussent tous les deux que son contrôle était, plutôt, trop bon, et que son endiguement constant de sa part était ce qui avait causé la plupart de ses difficultés magiques.

« Durant les vacances d'hiver, ma cousine m'a offert un livre sur l'Occlumancie, parce qu'elle avait lu que l'Occlumancie pouvait être utilisée pour contrôler les émotions, et donc ce semestre, je me suis mis à l'apprendre.

– Très bien, donc vous avez développé assez de conscience mentale pour sentir la maladie quand elle a attaqué pour la première fois et êtes entré en méditation, dit Pomfresh, écrivant sur un porte-bloc en parlant. À quoi ressemblait la maladie quand vous l'avez rencontrée pour la première fois dans votre esprit ? »

Rigel se rappela :

« Elle est arrivée par les brumes d'abord, les rendant noires. »

Aucun des adultes ne sembla du tout confus par ce qu'elle voulait dire par brumes, donc elle continua :

« La maladie elle-même était comme un gros truc noir…

– Un monstre, offrit Draco. Comme un poulpe, que du liquide avec des tentacules.

– Oui, acquiesça Rigel. C'est une masse informe de noirceur comme du goudron, huileuse et liquide, qui se répand lentement pour recouvrir le paysage d'un esprit. La maladie ne paraît pas avoir de conscience, et elle se déplace presque automatiquement. Une fois qu'elle a obtenu l'accès à l'esprit, elle se répand à travers les brumes, et je suppose que c'est là qu'elle met en place les barrières mentales pour empêcher les autres utilisateurs de Legilimancie d'entrer. Puis elle rampe sur le paysage dans toutes les directions, se répandant comme un liquide le ferait, sauf qu'elle le fait contre la gravité si elle en a besoin pour atteindre toutes les surfaces de l'esprit. »

Madame Pomfresh acquiesça, notant tout.

« Comment la ressentiez-vous ?

– Eh bien, mentalement, cela donne juste l'impression que ce n'est pas normal, et peut-être un peu gluant, mais je ne l'ai jamais vraiment touchée avec mon avatar. Quand j'ai vu le truc noir s'éloigner des brumes vers mon espace mental, j'ai battu en retraite, admit Rigel.

– Moi aussi, ajouta Draco. Je veux dire, je l'ai touchée une fois par accident, et elle paraissait juste poisseuse. Mon noyau magique l'a lavée aussitôt par contre.

– Hmm. »

L'infirmière leva les yeux.

« Continuez votre récit, s'il vous plaît.

– Je me suis barricadé dans le lieu où je garde mon noyau magique, dit Rigel, parlant fermement pour que personne n'essaie de lui demander plus de détails sur ça. Une fois que j'étais en sécurité, j'ai réalisé que j'étais également enfermé dans mon esprit. Même si j'étais en méditation, et pas dans le coma, j'étais tout de même effectivement coupé du monde réel. Cela m'a inquiété parce que je savais que Draco avait seulement deux autres jours sous les sorts de soutien, et que j'étais censé l'aider.

– Tu l'as aidé », parla doucement Narcissa.

Rigel regarda la femme plus âgée et sourit.

« Je l'ai fait. J'ai eu aussi beaucoup de chance, toutefois. »

Elle hésita pendant un moment de plus, toujours mal à l'aise pour expliquer le "remède" aux Malfoy, mais le regard de préoccupation reconnaissante sur le visage de Narcissa la décida. Les Malfoy ne ressemblaient pas à des membres d'un parti politique pour elle. Ils ressemblaient à des parents, inquiets et bouleversés comme n'importe quel parent le serait et comme plein de parents des autres enfants l'étaient probablement. Ils avaient, eux aussi, été blessés par la maladie, peu importe s'ils la connaissaient avant. Ils méritaient, eux aussi, une explication.

« Professeur Snape m'a appris plus tôt dans le semestre comment imprégner consciemment des potions, parce que ma magie n'est pas assez stable pour les imprégner inconsciemment, et il m'a aussi appris à sentir mon noyau magique. Grâce à ça, je connaissais les noyaux véritables et comment former des connexions entre les noyaux magiques. J'ai en quelque sort additionné toutes ces choses ensemble et mis en place un plan pour à la fois sortir de mon propre esprit et aider Draco à faire sortir la maladie hors du sien. »

Elle reçut une poignée de regards vides et deux incrédules également.

« Je ne comprends pas, dit Draco, et puisqu'aucun des adultes ne tenta d'expliquer, Rigel le fit du mieux qu'elle put.

– J'ai découvert que le noyau véritable d'une personne se manifeste naturellement dans son esprit, commença Rigel, essayant de paraître aussi sûre que possible, particulièrement parce que Pomfresh semblait la noter mot pour mot. Donc de ça, j'ai théorisé que si mon noyau magique était le même dans mon esprit que celui dans le monde réel, c'est-à-dire, puisque je pouvais tirer de l'énergie magique du noyau dans mon esprit de la même façon que je le pouvais de mon noyau réel, alors les deux noyaux ne devaient être qu'un seul et même noyau, connectés ; autrement, il n'y aurait pas de passage magique pour que je tire de la magie depuis mon noyau jusque dans mon esprit. De là, c'était facile de voir que mon esprit avait une porte de derrière de la forme de mon noyau magique. Donc je pouvais utiliser cette connexion pour sortir de mon esprit.

– Il est vrai que le noyau mental d'une personne est une manifestation de leur noyau véritable, dit lentement McGonagall, mais je ne pense pas avoir déjà entendu parler de quelqu'un tenter de se déplacer entre eux.

– C'est possible, dit Dumbledore, pensif. Parce que la magie se déplace du noyau à l'esprit et inversement, la conscience d'une personne est capable de se déplacer en va-et-vient également, avec assez de volonté.

– Oui, mais cela ne s'applique pas au noyau magique de quiconque d'autre, dit Snape. On dirait que vous voulez dire que vous avez projeté votre conscience à travers votre noyau mental vers votre noyau physique le long du passage qui existe naturellement entre eux. Puis vous avez utilisé ce que je vous ai appris sur comment forger une connexion entre deux noyaux pour construire un passage entre votre noyau et celui de Draco, tout cela en continuant à maintenir votre statut de méditation, je pourrais ajouter. Bien que tout ça serait théoriquement possible si l'on ignore le fait que vous êtes un sorcier de onze ans qui a eu une baguette depuis moins d'un an et qui a pratiqué l'Occlumancie depuis moins de six mois, c'est tout ce qui peut être fait. »

Rigel fronça les sourcils et ouvrit la bouche pour intervenir, mais Snape leva une main.

« Non, Mr. Black. J'ai de nombreuses années d'études dans cette discipline, et si vous voulez suggérer que vous avez projeté votre conscience dans le noyau de Draco, en utilisant d'une certaine façon la connexion naturelle entre son noyau et son esprit pour en obtenir l'accès, alors je suis en désaccord au motif de l'impossibilité. Une telle chose ne peut pas être faite.

– Mais c'est ce que j'ai fait », protesta Rigel.

Elle sentait la douleur de la trahison alors que Snape, encore une fois, refusait de croire qu'elle avait fait quelque chose qu'elle disait avoir fait.

« J'ai forgé une connexion entre nos noyaux juste comme vous avez fait cette fois-là, et puis au lieu d'envoyer de la magie le long de celle-ci, j'ai envoyé ma conscience. De là, je me suis déplacé du noyau primaire de Draco à son noyau véritable, puis dans son espace mental. C'était la seule façon à laquelle j'ai pu penser pour entrer et l'aider avec la barrière de la maladie le protégeant toujours de l'extérieur.

– Je vous le dis, ce n'est pas possible, dit patiemment Snape, avec un léger regard désolé sur le visage, que seul quelqu'un qui le connaissait bien (ce qui était à peu près tout le monde dans la pièce) reconnaîtrait. Vous avez dû faire quelque chose d'autre. Je n'ai pas l'intention de vous accuser de mentir. Peut-être que vous avez pensé que vous êtes passé par le noyau de Draco, mais…

– Allons, allons, Severus, dit Professeur Dumbledore joyeusement. Si c'est ce que Mr. Black nous assure être la vérité, alors nous ne devons pas la dédaigner trop facilement.

– Ce n'est pas dans l'intérêt du manque de sérieux que je dédaigne ceci, dit Snape, le regard noir. Si Mr. Black avait vraiment fait ce qu'il a dit, les conséquences auraient été désastreuses. Pour Draco. »

Rigel pâlit et Draco regarda confusément son ami et son parrain.

« Draco, lance un sort », dit abruptement Narcissa.

Ils se tournèrent pour la regarder, mais elle fixait très intensément les yeux de son mari. Mr. Malfoy la fixait en retour, et les deux semblaient avoir une sorte de débat silencieux. Quand Draco hésita, Narcissa détourna le regard de son mari et dit :

« Maintenant, Draco. N'importe quel sort ira. »

Mr. Malfoy serra la mâchoire, mais se tourna pour regarder Draco également. Draco se redressa et tira rapidement sa baguette. Apparemment il avait assez d'expérience avec ses parents pour savoir que maintenant n'était pas le moment de leur désobéir. Draco pointa sa baguette sur la tasse qui était posée sur la petite table d'appoint à côté du lit de Rigel. Un moment et une incantation marmonnée plus tard, la tasse se transforma sans à-coups en une tabatière argentée.

« Très bien », commenta McGonagall d'un air approbateur.

Draco reposa les yeux sur ses parents, qui échangeaient un autre long regard, bien que considérablement moins houleux.

« Oh, pour l'amour de Salazar, Lucius, dit Snape. J'aurais pu te dire que le noyau de Draco n'a, en fait, pas été endommagé. J'étais juste dans l'esprit de ton fils, si tu te rappelles. C'est pourquoi je maintiens que Black n'aurait pas pu forcer sa route à l'intérieur. »

Rigel voulut dire qu'elle n'avait pas forcé sa route à l'intérieur, elle avait demandé, mais elle ne pensait pas que quiconque l'écouterait à ce stade, et elle ne voulait pas se faire paraître plus folle qu'elle ne l'avait déjà fait. Elle savait comment les autres sorcières et sorciers voyaient la magie après tout ; comme un outil, pas une entité à part entière.

« Mais c'est ce qu'il s'est passé », leva la voix Draco.

Tout le monde se tourna pour le regarder et il rougit délicatement.

« Enfin, c'est ce à quoi ça ressemblait. J'étais tout seul dans mon esprit un moment, et puis l'autre, Rigel sortait de mon noyau magique. Comment aurait-il pu arriver là sans passer à travers ? »

Il y eut un silence alors que les autres réfléchissaient là-dessus.

« Bon, en mettant ça de côté pour l'instant, peut-être que Mr. Black devrait continuer son histoire ? suggéra Madame Pomfresh avec hésitation.

– Il n'y a pas grand-chose à dire après ça, dit Rigel. Après que je suis passé à travers le noyau de Draco, j'ai vu Draco, et ensemble on a combattu la maladie jusqu'à ce que Professeur Snape n'arrive pour s'en débarrasser complètement. »

Draco hocha la tête d'assertion.

« Apparemment, tout ce travail qu'on a fait était pour rien, pourtant, parce qu'Onc… ah, le Professeur l'a renvoyée en à peu près une seconde.

– Comment exactement avez-vous engagé le combat contre la maladie ? demanda cliniquement Madame Pomfresh.

– On lui a juste lancé notre magie, dit Rigel. Elle est détruite au contact quand elle touche de la magie, je crois, ce qui est probablement pourquoi elle a laissé le noyau magique de Draco tranquille même quand elle avait recouvert le reste de son esprit.

– Vous voulez dire que vous aussi, vous pouviez utiliser de la magie pendant que vous étiez dans l'esprit de Mr. Malfoy ? clarifia Dumbledore.

– Oui, Professeur, dit Rigel.

– Eh bien, je dirais que cela plaide certainement en faveur de la présence de Mr. Black là-dedans, non ? »

Dumbledore sourit vers elle, et Rigel cligna des yeux en retour, contente que quelqu'un la croie mais pas sûre d'à quel point le Directeur était sincère en général. Mais d'un autre côté, toute personne qui suivait le jeu d'une des farces des jumeaux devait être quelqu'un de bien, donc elle sourit légèrement en retour.

Snape envoya à Dumbledore un regard exaspéré.

« Albus, je veux croire Mr. Black. En fait, je… »

Il s'arrêta et lui envoya un long regard.

« J'ai dans le passé dédaigné ses affirmations quand elles semblaient improbables, à mon propre détriment. Mais cette fois… ce n'est tout simplement pas possible. Si les sorciers pouvaient aller dans les noyaux magiques de l'un l'autre, les affecter au niveau que Mr. Black propose, ils le feraient. Ils ne le font pas, parce que cela ne peut pas être fait.

– En effet. »

Mr. Malfoy regardait Rigel comme s'il ne savait pas quoi faire d'elle exactement.

« La magie d'un sorcier est l'une des rares choses sur lesquelles il peut dépendre dans ce monde. Si un autre sorcier devait en avoir un accès libre comme Mr. Black l'affirme… eh bien, les conséquences seraient énormes. Les sorciers ordinaires ne s'embêteraient pas à se lancer des sorts les uns sur les autres ; ils attaqueraient simplement le noyau magique de leur adversaire directement et en auraient fini.

– Peut-être, suggéra Dumbledore, au lieu d'énumérer les raisons que le récit de Mr. Black ne peut pas être possible, nous devrions nous demander à la place comment Mr. Black est capable de faire ce qui est, pour d'autres sorciers, certainement impossible. »

Snape ouvrit la bouche, mais jeta un œil à Rigel, et la referma à nouveau. Ses yeux la percèrent et il dit :

« Ce ne serait pas la première fois que je me trompe quand il est question de vous, Mr. Black, et je doute que ce sera la dernière. Au lieu de débattre là-dessus, pourquoi ne le testerions-nous pas ?

– Une merveilleuse idée, Severus, dit Narcissa, paraissant plutôt contente d'être assise durant tout cela. C'est un miracle que quoi que ce soit se fasse par ici avec vous tous, intellectuels, à partir dans de la théorie tout le temps. »

Elle sourit d'une façon qui poussait probablement beaucoup de monde à la sous-estimer quand elle parlait, et Rigel se fit une note mentale de toujours partir du principe que Narcissa Malfoy était deux fois plus intelligente qu'elle n'agissait, au moins.

« Comment devrions-nous faire ça ? demanda Minerva de façon pratique. Nous n'avons rien remarqué pendant que Rigel était apparemment dans l'esprit de Draco, et nous étions tous assis ici.

– Ah, ma chère Minerva, nous ne savions pas quoi chercher avant, dit Dumbledore. Je pense que ce test sera plus qu'éclairant. Oui, maintenant qui devrions-nous… ?

– Est-ce que je peux réveiller Pansy ? » demanda Rigel immédiatement.

Draco lui lança un regard approbateur.

« Je ne vois pas pourquoi pas, approuva Dumbledore. Retirons-nous au chevet de Miss Parkinson, alors. »

Rigel glissa de son lit, remarquant ce faisant que la seule chose manquante de sa tenue étaient ses chaussures, qui étaient rangées proprement en-dessous du bout du lit. Elle se déplaça au chevet de Pansy et s'assit dans le fauteuil que Dumbledore invoqua obligeamment pour elle.

« Je ne sais pas combien de temps cela va prendre, dit Rigel, regardant vers Snape. Pouvez-vous attendre dix minutes, puis essayer la Legilimancie toutes les deux minutes ? »

Snape inclina la tête.

« Lucius, Albus, vous deux surveillerez toute connexion magique formée entre les deux enfants ?

– Bien sûr, je connais justement le sort, dit Albus, paraissant excité. Il a originellement été inventé par un danseur de marionnettes russe qui voulait rendre ses poupées vivantes en transférant la conscience de diverses personnes qui venaient à ses spectacles dans… ah, oui, bon, le point est qu'il suit à la trace la conscience vers laquelle il est dirigé. Si vous me permettez… »

Il pointa sa baguette à Rigel et son corps entier s'alluma comme s'il brillait d'une faible couleur bleue.

« Maintenant, si ceci marche comme vous nous l'avez dit, la lumière devrait bouger de façon à ce qu'elle comprenne uniquement votre esprit, puis votre noyau magique, puis le noyau magique de Miss Parkinson, et puis l'esprit de Miss Parkinson, etc. Vous êtes prêt, Mr. Black ? »

Rigel acquiesça et détendit son corps physique du mieux qu'elle pouvait. Elle tomba dans le mode familier de la méditation, tombant, tombant dans son espace mental. Il faisait aussi froid que jamais sur sa montagne. Harry se demanda vaguement pourquoi son esprit était véritablement froid quand celui de Draco ne paraissait pas froid du tout malgré toute la glace, mais ensuite, elle se déplaça aussi rapidement qu'elle put à travers son esprit vers son noyau magique. Elle prit soin de refermer la porte de la Salle de l'Espace derrière elle, au cas où quiconque penserait prendre avantage d'elle pendant qu'elle était hors de son esprit, pour ainsi dire, et prit un moment pour s'assurer que ses yeux étaient d'un gris plat avant de plonger une fois de plus dans le soleil brûlant et brillant au centre de son esprit.

Elle suivit le même chemin qu'avant, mais elle n'hésita pas autant cette fois. Harry forgea la connexion entre son noyau et celui de Pansy (et lança une pulsation d'énergie le long de celui-ci pour s'assurer qu'il était, en fait, celui de Pansy), et puis envoya sa conscience voler le long de la connexion. Elle s'arrêta à l'extérieur du noyau de Pansy, qui était recouvert par d'épaisses branches vertes. Harry pouvait véritablement sentir le pin et la sève alors qu'elle s'approchait, et les branches semblèrent toutes être de différents types d'arbres. Elle plaça une main sur les branches, prudente, pas menaçante, et regarda pendant que les feuilles s'enroulaient autour de sa main et les branches s'écartèrent juste un petit peu. Des vignes l'enveloppèrent et semblèrent la tirer plus profondément. Elle se pencha en avant dans le filet épais de branches et de feuilles, ne voyant rien que du vert tout autour d'elle alors qu'elle s'enfonçait, et puis, à travers les branches, elle vit quelque chose d'autre. Les feuilles autour d'elle devinrent argentées alors qu'elle marchait à travers elle, et quand elles s'écartèrent, elle arriva dans une clairière, encerclée par des arbres colorés d'argent tout autour. Au centre de la clairière, il y avait une mare de liquide qui chatoyait sous une lumière non existante. Elle ressemblait à une mare de mercure ou du platine liquide. Elle était épaisse et sirupeuse, et les arbres autour de la clairière semblaient boire dedans. Elle pouvait voir les racines tremper sur les bords de la mare, et tous les arbres qui buvaient d'elle devenaient argentés et chatoyants aussi.

Fascinée, elle approcha lentement la petite mare, projetant des bonnes intentions du mieux qu'elle pouvait. La mare ne fit même pas ne serait-ce qu'une ondulation, même quand Harry trempa un orteil dans la substance métallique. Elle sembla absorber le geste calmement, et Harry pensa que cela correspondait définitivement à Pansy d'avoir un tel noyau magique ouvert.

« Je dois passer par là, pour aider Pansy, dit-elle à la mare avec respect. Me laisseras-tu passer ? »

En réponse, la mare chatoya et changea jusqu'à ce que des marches de liquide argenté se forment au bord de la mare, menant dans le puits de magie. Harry remercia la mare et descendit les escaliers. Elle entra dans la mare, qui flotta au-dessus de sa tête comme si elle entrait dans un tunnel en fusion qui menait au fond de la mare. Elle marcha jusqu'à ce qu'elle ne puisse plus voir l'entrée et seulement là une lumière apparut de l'autre côté.

Harry émergea dans une paisible petite enclave. La mare de substance de mercure se lissa de nouveau derrière elle une fois qu'elle passa la dernière marche des escaliers, et Harry regarda autour d'elle. La clairière dans laquelle elle était avait de l'herbe luxuriante poussant sur le sol. Elle était entourée de tous côtés par une épaisse couche d'arbres et de branches d'arbres, tellement qu'elle ne pouvait pas voir ce qu'il y avait au-delà. Un carré de pâquerette poussait sur un côté de la clairière de la forêt et, allongée à côté du carré sur son estomac, reliant nonchalamment des pâquerettes ensemble en une couronne, se trouvait Pansy.

« Pan », appela Harry alors qu'elle avançait dans la clairière.

Pansy tourna la tête et se figea avant qu'un énorme sourire éclate sur son visage.

« Rigel ! »

Pansy se mit sur ses pieds et la salua comme si elle animait un pique-nique.

« Quelle plaisante surprise. Tu as fait pousser tes cheveux. Comment vas-tu ?

– Je vais bien, Pan, et c'est juste comme ça que mes cheveux sont pour mon avatar mental. Comment te sens-tu ? sourit largement Harry à son amie blonde.

– Aussi bien que ça peut aller, je suppose. »

Elle fit un geste vague vers la ligne des arbres qui, Harry supposait, cachaient la portion noircie de son esprit.

« Qu'est-ce que tu fais là ?

– Je te sors de là, bien sûr. Non pas que cet endroit n'est pas adorable. »

Harry regarda la clairière pittoresque autour d'elle.

« Mais Draco et moi avons besoin de toi dans le monde réel.

– Draco ? demanda Pansy, souriant avec espoir.

– Il va très bien, et s'est réveillé lui-même il n'y a pas longtemps, lui assura Harry. Maintenant, on doit dégager un chemin vers les brumes qui bordent les bords extérieurs de ton esprit. Si l'on arrive à dégager une section des brumes, Professeur Snape peut entrer et faire disparaître le reste de la maladie de ton esprit.

– Tu veux dire cet affreux truc noir suintant ? Oui, je t'en prie, soupira Pansy. Cela ruine juste le paysage. Qu'est-ce que l'on doit faire ?

– Eh bien, jusqu'à présent, on a juste balancé de la magie dessus, dit Harry en haussant les épaules, penaude. Donc quoi que ta magie fasse, cela aidera probablement. »

Pansy réfléchit pendant un moment.

« Très bien, dit-elle. Ma magie est cette mare, c'est cela ? J'ai été capable de faire quelques choses, comme faire pousser de l'herbe et ces pâquerettes, donc je verrai ce que je peux faire.

– Super, dit Harry. D'ailleurs, ne sois pas alarmée. »

Elle invoqua une boule de feu dans sa main.

« Je promets que ma magie ne va pas brûler ton paysage. Cela mettra la maladie en feu par contre, donc il peut sembler que tout est en feu, mais ce n'est pas le cas. »

Pansy cligna des yeux.

« Quoi que tu dises, Rigel. On y va ? »

Disant cela, elle fixa très fort une parcelle de branches entourant leur clairière jusqu'à ce qu'elles bougent et s'écartent. Devant eux reposait une forêt, recouverte de noir, et Harry regarda un moment Pansy faire venir un peu de la substance comme du mercure de la mare et l'envoya vers le truc noir. La substance bougeait gracieusement, et beaucoup comme les vagues de Draco, semblait dissoudre la noirceur qu'elle rencontrait instantanément. Contrairement à l'eau de Draco, elle faisait cela gentiment, presque pour rire, se déplaçant de long en large dans une sorte de dance étrange et erratique qui envoyait des éclaboussures d'argent liquide dans tous les coins.

Harry suivit, envoyant son feu là où elles rencontrèrent une section particulièrement dense de goudron noir, mais suivant l'exemple de Pansy pour ce qui était des directions. Assez vite, elles avaient atteint le bord des bois où les brumes commençaient, et Harry déversa des feux dans les brumes pour en évaporer rapidement la maladie.

Une minute ou deux plus tard, Snape était là avec elles, prenant charge et par la force de sa volonté faisant complètement disparaître la maladie de l'esprit de Pansy. Il insista pour regarder Harry retourner via le noyau de Pansy cette fois-ci, donc Harry approcha obligeamment l'étang, qui sembla sentir son intention et rouvrit le passage, réalisé avec des escaliers chatoyants, pour qu'elle marche à l'intérieur. Harry salua Snape et Pansy de la main par-dessus son épaule, les deux observant son départ avec intérêt, et voyagea à nouveau le long des passages jusqu'à ce qu'elle soit à nouveau dans sa propre tête et puisse quitter son état méditatif en marchant hors des brumes de son propre esprit.

Quand elle ouvrit les yeux, Snape expliquait déjà ce qu'il avait vu aux autres.

« …rien que j'ai vu un noyau faire avant. Il l'a pratiquement invité à passer… »

Rigel se déconnecta de lui pour s'intéresser plutôt à Pansy, qui avait ouvert les yeux et fixait les gens se tenant autour de son lit avec une confusion polie. Draco s'avança pour lancer un sourire lumineux au visage de son amie.

« Tu es réveillée, dit-il gaiement. Heureusement d'ailleurs, parce que l'on a besoin de plus de personnes de bon sens dans cette Infirmerie. »

Il baissa la voix d'un air de conspirateur.

« Les adultes ont du mal à comprendre comment on s'est débarrassé de la maladie, même s'ils viennent juste de faire un sort qui leur a prouvé que Rigel disait la vérité, sans mentionner que Snape était témoin les deux fois. »

Les sourcils de Pansy se soulevèrent, mais comme la femme sang-pure digne et préparée qu'elle était, elle n'inclina guère que la tête à Draco pour montrer qu'elle comprenait la situation et se tourna vers les Malfoy, qui se tenaient sur le côté gauche de Pansy.

« Bonjour Narcissa, j'espère que le jour vous trouve en bonne santé.

– C'est moi qui devrais m'inquiéter de ta santé, ma chère Pansy, dit Narcissa, un sourire dans les yeux. Je suis véritablement heureuse de voir que tu es remise.

– Tout ça grâce à Rigel et Professeur Snape, il semblerait, dit Pansy, souriant chaleureusement vers Rigel et envoyant un regard de remerciement à Snape, qui avait fini de raconter ce qu'il avait vu et prêtait maintenant attention à Pansy une fois de plus.

– En effet, c'est le cas, dit jovialement Dumbledore. Eh bien, les choses ont certainement été expliquée pour ma satisfaction. »

Snape et Mr. Malfoy échangèrent un regard qui disait que "satisfaction" n'aurait pas été le mot qu'ils auraient choisi, mais aucun n'interrompit.

« Maintenant, tout ce qu'il reste à faire est de décider comment réveiller le reste des enfants, continua Dumbledore. Je suis sûr que nous pouvons récupérer plusieurs Legilimens de Ste Mangouste ici pour aider notre Professeur Snape…

– Une bonne idée, considérant la réaction probable des trois quarts des élèves affectés en découvrant Severus dans leurs esprits, marmonna Minerva.

– … mais il semble que le jeune Mr. Black travaillera seul de son côté pour la guérison », finit le Directeur.

Rigel fronça les sourcils dubitativement. Elle était exténuée même avec la Potion Pimentine par toute l'énergie qu'elle avait dépensée dans l'esprit de Draco, à combattre la maladie à la dure.

Madame Pomfresh régla ça en interrompant fermement :

« Pas avant demain après-midi au plus tôt. Aucun des autres enfants ne sont en danger immédiat, et Mr. Black a besoin d'au moins un jour de non utilisation de magie pour récupérer les niveaux de son noyau.

– Je peux quitter l'Infirmerie par contre, non ? » demanda Rigel.

Au regard désapprobateur de Pomfresh, elle amadoua :

« Je n'ai plus besoin d'être en Quarantaine, et cela réduirait les chances que je rattrape la maladie d'un autre de mes amis ici. »

De façon surprenante, Snape prit la parole pour elle :

« Le garçon a raison. Cela n'aiderait pas sa récupération magique du tout d'avoir à combattre un autre combat avec la maladie ce soir.

– Oh, très bien, dit l'infirmière. Mais vous viendrez me voir demain matin, et vous ne ferez rien de fatiguant ce soir. Cela vaut pour vous deux également. »

Elle toisa Pansy et Draco.

« Et pas de Quidditch.

– Oui, madame », dit Rigel, souriant légèrement.

Draco et Pansy hochèrent d'assertion tout aussi facilement.

« Formidable, dit Dumbledore. J'ai quelques lettres à envoyer maintenant que cette affaire est terminée, donc si vous voulez bien m'excuser. Minerva, je pourrais avoir besoin de votre assistance, si cela ne vous gêne pas ? Splendide. Mr. Malfoy, Mrs. Malfoy, je compte sur Severus pour vous montrer le chemin quand vous partirez. »

Le Directeur fit un petit salut et quitta l'Infirmerie à grands pas, avec un ressort dans les pieds et un sifflement sur les lèvres. McGonagall le suivit, et Pomfresh partit remplir son rapport médical sur le cas Malfoy.

Snape les sonda tous pendant un moment, puis dit :

« Mon absence a causé beaucoup de choses à s'empiler dans mon bureau. Venez me voir avant de partir, Lucius, Narcissa. Mr. Black, je vous verrai ici demain après-midi pour commencer à réveiller des patients. Jusque-là, pas de concoction, et pas de devoirs. J'irai négocier pour vos devoirs manqués avec vos autres Professeurs et vous informerai lesquels vous réaliserez. La même chose vaut pour vous deux également, Mr. Malfoy, Miss Parkinson. »

Il partit en faisant voler sa cape avec résolution, laissant les Malfoy, Pansy et Rigel derrière.

« Je devrais m'en aller également, dit Pansy avec réserve. Il y a quelques personnes qui devraient être informée de ma guérison, et je dois écrire à mes parents. Bonne journée, Mr. Malfoy. Ravie de vous avoir vue, Narcissa. »

Elle se tourna vers Rigel et Draco.

« Je vous verrai au dîner les garçons.

– Transmets mes salutations à ta mère, Pansy », dit Narcissa.

Pansy acquiesça et se leva gracieusement de son lit de malade. Rigel se leva de son siège également et s'apprêtait à la suivre, mais Draco posa une main sur son bras et secoua la tête légèrement. Perplexe, Rigel détendit sa posture une fois de plus et se tourna pour faire face aux sang-purs plus vieux.

« Mr. Black, commença Mr. Malfoy avec raideur. Peu importe comment cela est arrivé, le fait est que si ce n'était pas pour vos actions, Draco serait perdu pour nous. Pour cela, la famille Malfoy vous doit une dette, de valeur égale à la vie de notre Héritier.

– Vous pourrez réclamer que nous honorions cette dette de jour comme de nuit, maintenant ou dans vingt ans, continua Narcissa. Une dette de sang vous avez semée, et des liens de sang, vous récolterez. Pour avoir sauvegardé la vie de notre fils là où personne ne s'est présenté, vous, Rigel Black, deviendrez un fils de magie de la même façon que si vous étiez un fils de sang, jusqu'au moment où la dette qui repose entre nous soit honorée. »

Rigel regarda les deux adultes. Le visage de Narcissa était solennel et l'expression de Mr. Malfoy était sévèrement posée. Les deux l'observèrent silencieusement, attendant des mots qu'elle ne savait pas comment dire.

« Cela veut dire que tu es un Malfoy honoraire, expliqua Draco à voix basse en se penchant vers elle. C'est une tradition familiale que lorsque la vie du patriarche Malfoy ou de son descendant est due à quelqu'un en-dehors de la famille, cette personne devient une partie de la famille en esprit jusqu'à ce que la dette soit honorée. Tu as maintenant la position sociale informelle d'un Malfoy et accès à toutes nos connexions et propriétés. »

Rigel fixa Draco avec ce qu'elle savait être une expression d'incrédulité se bataillant avec un choc écrasant. Il lui donna un gentil coup de coude.

« C'est une affaire d'honneur, et plus important, de sang. Tu dois accepter formellement. Vas-y. »

Rigel se retourna vers les parents de Draco et déglutit. Elle sentait quelque chose de chaud dans son estomac qui était en partie de l'embarras, en partie du choc, et en partie de la honte. Auraient-ils été aussi motivés à apaiser leur honneur en l'invitant dans leur famille si elle était une sang-mêlée ? Et qu'est-ce que Sirius penserait quand il apprendrait que son fils s'acoquinait avec les Malfoy ? Mais d'un autre côté… Rigel pensa aux regards douloureux et presque désespérés sur les visages des Malfoy quand Madame Pomfresh leur avait dit que Draco rejetait les potions maintenant le coma dont il avait besoin pour tenir sous la maladie. Elle pensa à tout le bien qu'elle serait capable de faire avec l'avantage du nom Malfoy. Archie pourrait obtenir un boulot dans n'importe quel hôpital qu'il voudrait avec le soutien d'un Malfoy. Elle ne pouvait pas cracher sur le nom Black, bien sûr, mais à part faire du bénévolat dans le service de pédiatrie de temps en temps, Sirius était un véritable reclus depuis la mort de Diana. L'oncle de Rigel était loin d'avoir les connexions que les Malfoy avaient, et bien que Rigel n'approuvaient pas la façon que les Malfoy avaient pour acquérir ces connexions, elle ne pouvait pas, en tant que Serpentard, nier leur utilité potentielle. Et une dette de vie ? Rigel avait bien trop conscience de la forte probabilité que quelqu'un dans sa position – c'est-à-dire, quelqu'un jouant à un jeu dangereux avec des gens encore plus dangereux – aurait une utilité à avoir une telle dette.

« Mes actions ont été faites au service d'un ami, dit Rigel avec prudence, et non initiées avec un objectif ultérieur en tête. J'accepte la dette entre nous seulement avec l'entente que je ne prendrai jamais avantage de l'honneur de votre famille, et avec l'espoir que je ne deviendrai pas un fardeau pour le nom Malfoy. C'est mon souhait que cette dette ne plane pas entre nous, lourde et gênante, mais plutôt qu'elle soit inscrite dans nos esprits puis oubliée jusqu'au moment où elle redeviendra pertinente. »

Mr. Malfoy inclina la tête lentement.

« Bien dit, Mr. Black.

– Bien que votre propre famille ait, bien sûr, le plus de prétention, ajouta Narcissa, nous espérons que vous viendrez naturellement à penser de nous comme votre seconde famille. Nous n'avons pas l'intention de remplacer ceux déjà dans votre vie, mais plutôt d'ajouter à cette vie du mieux qu'une famille le peut. »

Le sourire de Rigel fut petit, mais sincère.

« Merci, Mr. Malfoy, Mrs. Malfoy. En vérité, j'ai déjà commencé à penser à Draco comme un frère, et sûrement personne ne pourrait demander une meilleure seconde famille que la vôtre.

– S'il te plaît, appelle-moi juste Narcissa, dit Narcissa, brisant efficacement la tension dans la pièce avec un sourire taquin. Tous ces Mr. et Mrs. ne paraissent pas très familiaux, n'est-ce pas ?

– Je suppose que non, ma lady, dit Rigel, prête à renoncer au Mrs., mais pas encore tout à fait capable d'appeler la mère de Draco "Narcissa". Bon, je vais vous laisser avec Draco, alors. J'espère que la prochaine fois que nous nous rencontrerons sera dans des circonstances plus plaisantes.

– Les circonstances seraient bien en peine d'être pire, dit Mr. Malfoy et il sembla se défiger juste une seconde. Bonne journée, Mr. Black.

– Bonne journée », leur dit Rigel et envoya à Draco un sourire de "à plus tard" avant de quitter l'Infirmerie aussi vite que c'était poli.

Elle avait des lettres à écrire avant qu'un certain oncle à elle n'ait des idées de charger sur Poudlard pour voir comment son fils allait. Non pas qu'elle pense qu'il en serait autorisé. Elle était quasi sûre que Dumbledore gardait tous les parents éloignés avec l'excuse de la Quarantaine nécessaire. Les Malfoy avaient probablement été admis dans l'école parce que leur fils était en sérieux danger mortel, contrairement aux autres enfants. Tout de même, Sirius méritait une lettre maintenant qu'elle était capable d'en écrire une.

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[HpHpHp]

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Cher Sirius—

Non, non, ce n'était pas bon.

Cher Papa,

Je parie qu'à cette heure-ci tu as reçu une lettre convenablement vague et insatisfaisante de l'école disant que j'ai été admis à l'Infirmerie ces derniers jours ou quelque chose dans le genre. Je suis sûr que tu as vu les journaux et, pour être honnête, j'ai été brièvement touché par la maladie qui se balade dans l'école. Ne t'inquiète pas par contre, je vais parfaitement bien, et en fait, ils ont récemment compris comment guérir la maladie, donc tous les autres enfants vont aller bien aussi.

D'accord, d'accord. Pour être encore plus honnête, c'est moi qui ai trouvé le remède. C'était une sorte d'accident la façon dont c'est arrivé, mais ils m'accordent tout le mérite pour ça, et je dois aider à réveiller les autres enfants de leurs sommeils enchantés aussi. Cela va me garder occupé – quand vais-je trouver le temps pour une bonne farce ? Tu te sens désolé pour moi ? Tu le devrais. Quand je suis tombé sur la solution pour cette maladie ridicule, j'ai fini par sauver la vie de Draco Malfoy durant le procédé. Ne te méprends pas, j'aime bien Draco, mais ses parents sont allés jusqu'à faire de moi un Malfoy honoraire en raison de la dette de vie qu'ils me doivent ou quoi. Je ne pense pas que cela veut dire quoi que ce soit, je veux dire, je n'ai pas exactement envie ou besoin d'une seconde famille quand je t'ai, non ? Peu importe, une bonne chose c'est que cela veut dire que le Parti Cow ne peut pas utiliser la maladie pour saper Dumbledore, pas vrai ? Il n'y a aucune preuve que c'est eux derrière elle, bien sûr, mais peut-être que cela aiderait si tu faisais passer le mot que la maladie a été guérie. Laisse entendre que Dumbledore a joué un rôle fort pour découvrir le remède si tu peux. Je corroborerai ça, et puisque j'ai trouvé le remède, qui peut me contredire ? Fais savoir à Tante Lily et Oncle Potter et Oncle Remus que je vais bien aussi, veux-tu ?

J'ai hâte de te voir en juin. À moins que je rate tous mes examens à cause du travail scolaire que j'ai manqué et qu'ils me gardent pour l'école d'été, mais hé, au moins, tous les autres dans mon année rateront aussi. Peut-être qu'ils annuleront les examens finaux purement et simplement. Si tu veux écrire au Directeur pour exprimer ton inquiétude en tant que parent pour le progrès académique de ton enfant, peut-être en insistant à quel point tu penses que c'est injuste de tester les première année qui ont été endormis depuis février sur des sujets qu'ils n'ont jamais vus, je ne me plaindrais certainement pas. Ne va pas te mettre en tête de venir ici pour vérifier que tout va bien pour moi une fois que la Quarantaine est retirée par contre. Je t'aime, papa, mais ça serait trop nul si mon père devait venir personnellement passer me voir – ils penseraient que je suis vraiment un Malfoy, au lieu d'un Black, qui, tout le monde le sait, savent tenir debout très bien tout seul.

Quoi qu'il en soit, tu me manques des tonnes (personne n'apprécie une bonne blague par ici, hormis peut-être les jumeaux Weasley), et je m'attends entièrement à ce que tu viennes me chercher à King's Cross dans ta tenue la plus embarrassante pour te faire pardonner de ne pas venir me voir en personne. Juste, s'il te plaît, n'amène pas les serpents.

Passe le bonjour à tout le monde,

Avec amour,

-Ton fils

P.S. Qu'est-ce que tu veux pour ton anniversaire ? Je viens juste de réaliser qu'il vaudrait mieux que je le prépare avant de rentrer à la maison, puisque c'est mi-juin.

Voilà. Rigel arrêta la dicto-plume. Elle avait dédramatisé la maladie, limité les dégâts sur tout le truc de dette-de-vie-Malfoy auquel elle essayait toujours de ne pas penser, et joué la carte de l'adolescent embarrassé pour s'assurer que Sirius ne viendrait pas à l'école. Maintenant, tout ce qu'elle devait faire était de l'envoyer. Elle écrirait à Archie également, lui faisant savoir que tout allait bien, mais cela pouvait attendre pour plus tard dans la semaine.

Rigel se leva de là où elle était assise sur son lit dans le dortoir. Draco n'était pas revenu, donc il passait probablement toujours du temps avec ses parents. Theo, bien sûr, était toujours à l'Infirmerie, mais même comme ça, elle se replia dans la salle de bain avant de se changer avec des vêtements qu'elle n'avait pas portés depuis trois jours d'affilés. Cela n'irait pas de développer des habitudes qui n'étaient pas propices à garder ses secrets après tout.

Elle quitta les dortoirs de première année et traversait la salle commune vers l'entrée du faux-mur quand quelqu'un appela son nom depuis un canapé près d'une des cheminées.

« Black ! »

Rigel tourna la tête. C'était Flint. Elle ralentit puis changea de direction pour marcher vers lui. Il était assis avec Adrian Pucey et Lucian Bole, probablement à parler de Quidditch.

« Qu'est-ce qu'il y a, Flint ? » demanda-t-elle, faisant un signe de tête à Adrian, qu'elle connaissait et envoyant à Bole un regard poli également.

Flint eut un sourire narquois dans sa direction.

« Peut-être que tu peux nous aider avec quelque chose, Mr. Black. Vois-tu, il n'y a pas très longtemps, nous avons vu une fille qui ressemblait remarquablement à Pansy Parkinson, se promenant par ici. Bon, normalement, nous partirions du principe que l'on s'est trompé, comme il est de notoriété publique que Miss Parkinson est devenue victime de la maladie jeudi après-midi, mais cette fille marchait avec Aldon Rosier et Edmund Rookwood, qui sont connus pour être de proches associés de Parkinson. »

Rigel regarda Flint de façon plutôt neutre, sachant ce qu'il voulait qu'elle dise, mais n'allant pas le dire jusqu'à ce qu'il demande.

« Donc tu vois notre casse-tête, continua Flint gaiment. Comment se fait-il qu'une fille, qui devrait normalement être clouée au lit en Quarantaine, se balade dans l'école en sautillant quand Adrian ici-même l'a vue s'effondrer lui-même ? »

Rigel sourit très légèrement.

« Voyons Flint, ne le savais-tu pas ? La maladie a été guérie.

– Guérie ? dit Pucey en se penchant en avant avec intérêt. En es-tu sûr ?

– Complètement, dit Rigel. J'étais là quand Pansy s'est réveillée, et Draco est debout également. Les autres enfants commenceront à retourner dans leurs Maisons demain, j'ai cru comprendre.

– Comment a-t-elle été guérie ? demanda Bole, les yeux étrécis pensivement. Était-ce Snape ? Il était parti pendant un moment. Est-ce qu'il recherchait un remède ? »

Rigel inclina la tête sur le côté.

« Oui, Professeur Snape a été instrumental pour la guérison. Il est parti en voyage pour trouver des ravitaillements pour certaines potions qu'il concoctait pour les victimes de la maladie, et quand il est revenu, la maladie était guérie. »

Techniquement, Rigel se dit pour elle-même, tout ça était vrai.

« Intéressant que Parkinson et Malfoy soient les deux premiers à être guéris, remarqua Flint, une lueur moqueuse dans les yeux.

– Oui, dit Pucey. On penserait qu'ils réveilleraient ceux qui ont été atteints par la maladie le plus longtemps d'abord.

– Snape ne voudrait pas que son filleul soit affecté un moment plus longtemps qu'il ne le devrait, dit Bole dédaigneusement. Et j'ai entendu dire que Snape est bon ami avec les Parkinson aussi.

– Si c'est le cas, ces pauvres Poufsouffle ne vont jamais être réveillés, dit Pucey tristement, combattant un sourire.

– Une honte que la maladie ait été stoppée avant qu'elle n'ait le temps d'infecter l'équipe entière de Serdaigle, hein Flint ? » ajouta Bole.

Flint grogna :

« Pas besoin. On les écrasera au match final dans tous les cas. D'autant mieux s'ils sont assez conscients pour le voir. »

Rigel souleva un sourcil mental. Elle n'avait pas beaucoup prêté attention au Quidditch depuis qu'elle avait commencé à concocter pour Snape, mais elle supposa que la saison viendrait bientôt à son terme.

« Oh, et Black ? la tira Flint de ses pensées. Cette lettre que tu étais censé envoyer pour moi ? Ne t'inquiète pas pour ça. »

Rigel fronça les sourcils, mais réalisa rapidement qu'il voulait dire les devoirs qu'elle était censée faire. Elle pensait qu'elle était à jour, mais il y en avait probablement un tas dû pour lundi qu'elle n'avait même pas encore reçu de lui.

« Non, je l'enverrai, dit-elle. Rappelle-moi juste ce soir.

– Tu ne m'as pas entendu ? dit Flint en fronçant les sourcils. J'ai dit que tu n'avais pas besoin de…

– Je l'enverrai », dit Rigel fermement.

Elle n'allait lui donner aucun espace de manœuvre dans les Serments qu'ils avaient jurés, qu'il veuille être gentil ou non.

« Vraiment, Flint, j'ai dit que je le ferai donc je le ferai. Un Black ne revient jamais sur sa parole. »

Flint étrécit les yeux vers elle, mais Pucey et Bole commençaient à les regarder bizarrement, donc il haussa les épaules.

« Comme tu veux, Black.

– Si ce sera tout ? demanda-t-elle. En fait, je vais aller à la Volière maintenant, si tu veux récupérer ta lettre. »

C'était un peu un risque de passer les devoirs en personne, mais si elle voulait les terminer pour lundi, elle devrait commencer ce soir. Qui savait combien de temps elle travaillerait avec Snape et Pomfresh le lendemain.

« Très bien, dit Flint, se levant. Attends ici. »

Il partit pour son dortoir et revint rapidement avec un rouleau de parchemin ficelé solidement. Rigel essaya de ne pas gigoter sous les regards curieux des deux autres joueurs de Quidditch de Serpentard alors qu'elle prenait le rouleau et le glissait dans ses robes.

« À plus tard, Flint. Pucey. Bole. »

Rigel hocha la tête à chacun des élèves plus âgés, qui soit hochèrent en retour ou firent un signe de la main, et quitta la salle commune, se dirigeant vers la Volière.

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Rigel passa le reste de la soirée, sauf dîner qui fut une affaire très inconfortable impliquant de nombreux regards des personnes autour de Draco, Pansy et Rigel qui ne savaient pas que la maladie avait été guérie, à travailler sur les devoirs de Flint. Il y en avait en effet plusieurs dus pour lundi, et Rigel remercia Merlin qu'elle avait gardé le rythme avec les rédactions supplémentaires qu'elle faisait pour Flint avant qu'elle ne tombe malade et par conséquence passe deux jours en méditation. Elle n'en avait pas loupé un seul, mais si elle avait attendu jusqu'à ce que le week-end soit terminé pour obtenir ces devoirs, elle en aurait loupé trois. Elle avait eu de la chance que Flint lui rappelle, et elle se dit qu'elle garderait le rythme pour les devoirs dans le futur pour que si quelque chose d'inattendu arrive à nouveau, elle ne risque pas de ne pas tenir leur accord par défaut.

Elle réussit à finir les trois rédactions cette nuit, bien qu'elle se reposât énormément sur la Carte pour revenir après avoir envoyé les devoirs dans la Volière sans tomber sur des professeurs après le couvre-feu.

Le matin suivant, elle, Pansy et Draco se rendirent à l'Infirmerie pour être examinés par Madame Pomfresh. L'infirmière les déclara avec réticence en forme, et on dit à Rigel de revenir cet après-midi pour commencer à aider Snape à réveiller les autres élèves.

« Allons à l'extérieur, dit soudainement Draco alors qu'ils sortaient de l'Infirmerie. On a été cloîtré bien trop longtemps. Je ne sais pas vous les gars, mais je ne pense pas que mon espace mental compte comme de l'air frais.

– Bonne idée, dit Pansy. On est probablement tous en manque de vitamine D, peu importe ce que Pomfresh dit. Particulièrement toi, Rigel. Tu n'es pas sorti de ton labo de potions ces derniers mois. »

Rigel acquiesça agréablement. Ce serait sympa de sortir du château et de se rappeler que le reste du monde existait toujours en-dehors de la maladie.

Ils flânèrent sur le terrain, n'allant nulle part, profitant juste du soleil et de la compagnie des uns et des autres.

« Tu sais, mes parents t'ont invité au manoir cet été, remarqua Pansy à Rigel alors qu'ils marchaient. Draco sera là plusieurs fois j'imagine, mais mon père t'a invité spécifiquement, Rigel. Je lui ai écrit comment tu m'avais guéri de la maladie, et il est très intéressé à l'idée d'approfondir sa relation avec toi.

– Qu'est-ce que tu lui as dit exactement ? » demanda Rigel inconfortablement.

Snape lui avait dit de ne pas minimiser ce qu'elle avait fait, mais d'un autre côté, chaque once d'attention sur elle augmentait la possibilité que quelqu'un verrait à travers son simulacre. Le père de Pansy l'avait marquée comme une sorte d'homme extrêmement intelligent et franchement impitoyable, et c'était exactement le genre d'homme qu'elle ne voulait pas bien connaître.

« Eh bien, la vérité, bien sûr, dit innocemment Pansy. Que tu remplissais admirablement la promesse que tu as faite lors des vacances de Noël de veiller sur mes intérêts. »

Rigel ne se rappelait pas avoir en fait promis de faire quelque chose, mais elle se rappelait de Mr. Parkinson dire quelque chose concernant son devoir en tant qu'ami de Pansy, et elle supposa qu'elle avait tacitement accepté. Tout de même.

« Pan, je préfèrerais que personne ne croie que je suis une sorte de héros, ou un sorcier aux superpouvoirs, ou un génie, ou quoi. J'ai eu de la chance que Snape m'ait suffisamment appris ce semestre pour deviner quoi faire durant tout le machin, et j'ai peur que si les gens en font toute une histoire, ils s'attendront à ce que je sois quelqu'un que je ne suis pas.

– Quelqu'un que tu n'es pas ? »

Pansy haussa les sourcils.

« Rigel, tu es toutes ces choses, bien que peut-être pas de la façon dont tu penses. Tu as sauvé la vie de Draco, délibérément ou accidentellement, donc tu es un héros par défaut. Tu as aussi fait quelque chose qui apparemment aurait dû être impossible, deux fois, donc techniquement, tu as une sorte de pouvoir que la plupart des sorciers considéreraient comme extraordinaire.

– Et tout le monde sait que tu es un génie en potions, ajouta Draco. Combien de première année sont assez compétents pour prendre la place de Snape pendant qu'il est hors du pays ? »

Rigel haussa les épaules.

« J'imagine. Je veux juste faire des potions, par contre. Je ne veux pas être un super sorcier connu, et si les gens commencent à s'attendre à des choses comme ça à partir de maintenant, ils seront seulement déçus plus tard.

– Donc laisse-les être déçus, dit Draco comme si c'était la chose la plus évidente du monde. Qui ça importe ce qu'ils pensent ? Vis juste ta vie comme tu l'entends, Rigel, mais ne nie pas quelque chose quand c'est si évident. Tu es super, que tu le veuilles ou non. »

Rigel eut un sourire en coin et minauda :

« Aww, Dray, je pense que tu es super aussi.

– Moi aussi, rigola Pansy. Si super.

– Vos gueules. »

Draco fronça les sourcils mais le coin de sa bouche tressautait.

Ils rirent, taquinèrent Draco et rirent un peu plus. Pansy leur apprit qu'elle avait enfin réussi à pousser sa mère à accepter de la laisser prendre des leçons de cuisine pendant l'été, et Draco dit que son père allait lui offrir le nouveau balai Nimbus avant septembre. Rigel promit qu'elle essaierait de convaincre son père de la laisser les voir cet été. Ils étaient dehors pendant si longtemps que lorsqu'ils revinrent à l'intérieur, la Grande Salle était déjà vide.

« On a raté le déjeuner, se renfrogna Draco.

– Madame Pomfresh ne va pas être contente de nous si on saute les repas », ajouta Pansy.

Rigel pencha la tête, réfléchissant.

« Vous savez, je viens juste de réaliser que vous n'êtes jamais allés dans les cuisines.

– Toi si ? demanda curieusement Pansy.

– Venez, dit Rigel, se retournant et se dirigeant vers les escaliers qui les mèneraient au niveau du sous-sol. J'aurais dû vous montrer de toute façon.

– Oui, tu aurais dû, dit Draco, paraissant déchiré entre la curiosité et l'indignation. Tu ne nous dis jamais rien, Rigel.

– C'est sa nature, dit Pansy en tapotant le bras de Draco tristement. À moins qu'il ne soit touché par un maléfice de Cervengelée, notre Rigel est aussi fermé qu'une palourde. »

Rigel baissa la tête, guère ravie qu'on lui rappelle cet incident en particulier.

Draco gloussa.

« Je me rappelle de ça. »

Il prit un ton incroyablement émerveillé et dit :

« "Le ciel va pleuvoir du miel demain." »

Rigel leva un peu les yeux au ciel.

« Je n'ai pas dit ça. »

Pansy le rejoignit en ricanant :

« Si. "Oh, es-tu un ange, Malfoy ?" »

Rigel leur donna à tous les deux un léger coup de coude.

« Assez, vous deux. On est là, donc arrêtez de vous moquer de moi ou vous m'embarrasserez devant Binny.

– Binny ? » répétèrent-ils avec le regard vide.

Rigel secoua la tête et tendit la main pour chatouiller la poire. Elle tourna la poignée et ouvrit la marche à travers le trou du portrait. Il y avait une quantité modérée d'activité, principalement centrée sur les éviers, et Rigel supposa qu'ils étaient en train de nettoyer les plats du déjeuner. Draco et Pansy grimpèrent derrière elle, regardant autour d'eux avec intérêt la cuisine sous-terraine caverneuse.

Rigel avait à peine fermé la porte derrière elle quand une elfe de maison familière avec un collier de bouchons de champagne sautilla jusqu'à eux.

« Vous être de retour, Jeune Sir ! dit Binny joyeusement, lui souriant avant de se tourner vers les deux autres et leur balayant une révérence avec son napperon rose. Bienvenue dans les cuisines, Jeune Miss et Jeune Sir. Moi être Binny. Vous avoir besoin de quelque chose aujourd'hui ?

– Je crains qu'on ait loupé par accident le déjeuner aujourd'hui, Binny, expliqua Rigel. Est-ce qu'il reste de la nourriture ? »

Binny rigola.

« Il y avoir toujours de la nourriture. Venez vous asseoir, Jeunes Sirs et Miss. »

Elle leur désigna une longue table avant de partir s'affairer à trouver de la nourriture pour eux, et Pansy et Draco s'assirent avec des sourcils haussés.

« Tu viens beaucoup ici, alors ? dit Draco ironiquement. Je pensais toujours que tu étais aussi maigre parce que tu sautais les repas, mais si tu venais ici pour manger, tu dois être naturellement minuscule.

– Tu fais seulement trois centimètres de plus que moi, Draco, pointa Rigel. Et je suis plus grand que Pansy.

– Pansy est une fille, sans offense Pans », dit Draco.

Pansy haussa les épaules.

« Pourquoi est-ce que je prendrais offense ? C'est un compliment que d'être reconnue comme une femme. Il a un point toutefois, dit Pansy en regardant Rigel sceptiquement. Tu devrais manger plus ou quelque chose dans le genre. »

Rigel sourit.

« Ma tante Lily va m'engraisser quand je rentrerai à la maison, ne t'inquiète pas. »

En vérité, elle fronçait les sourcils intérieurement. Elle ne pensait pas qu'elle était aussi petite pour son âge, mais elle savait qu'avec les années à venir, la différence entre elle et les autres garçons de son âge deviendraient encore plus évidente. Elle fit une note mentale de réfléchir à ce problème durant l'été.

Binny revint avec une sélection de viandes, fromages, et pour Rigel, une salade avec des fraises à côté.

« Est-ce que vous vouloir quelque chose d'autre ?

– C'est parfait, merci, Binny », dit poliment Pansy.

Draco la regarda d'un air soupçonneux et Pansy lui écrasa le pied sous la table.

« Oh ! Ah, oui, Binny, tout paraît super, bafouilla Draco, envoyant des regards blessés à Pansy.

– Jeunes Miss et Sirs être trop bons, dit Binny, contente. Vous revenir souvent, oui ?

– Nous essaierons certainement, dit Pansy. Bien que l'année scolaire soit bientôt finie.

– Binny être toujours là, dit l'elfe de maison en haussant les épaules. Si vous venir l'année prochaine, alors je voir vous l'année prochaine. Bonne journée, Jeunes Sirs et Miss.

– Salut, Binny, dit Rigel. Merci. »

L'elfe de maison chassa son remerciement de la main et retourna aux éviers. Les trois première année mangèrent leur déjeuner tardif et discutèrent de la fin de la saison de Quidditch qui approchait. Draco suggéra que Rigel pouvait gagner le jeu pour eux sans l'aide de personne en faisant son visage breveté de bébé hibou à l'équipe de Gryffondor, et Pansy suggéra que Draco pouvait gagner le jeu sans l'aide de personne en détournant l'attention de l'équipe de Gryffondor avec un sort d'évanouissement bien planifié, ce à quoi Draco répondit avec virulence que peut-être si Pansy travaillait sur ses appas féminins un petit peu plus, elle pourrait être la distraction. Les amis de Rigel allaient vraiment lui manquer quand elle rentrerait à la maison, bien qu'elle dût admettre qu'elle attendait avec impatience la fin du trimestre.

Après qu'ils aient mangé, Rigel et ses amis se séparèrent et elle se dirigea vers l'Infirmerie pour rencontrer Snape et Pomfresh. Elle entra dans l'Infirmerie pour découvrir les deux adultes l'attendant déjà.

« Ah, Mr. Black. »

Pomfresh s'affaira du bout opposé de l'Infirmerie, où les patients qui avaient été là le plus longtemps dormaient.

« Bien, maintenant nous pouvons commencer. »

Snape expliqua ce qu'ils allaient faire. Rigel allait utiliser son habileté à traverser les noyaux magiques des gens pour aller dans les esprits de chaque enfant et d'abord leur expliquer ce qu'il se passait s'ils étaient confus, puis les aider à dégager un chemin jusqu'aux brumes. Snape attendrait cinq minutes puis commencerait périodiquement à vérifier les barrières mentales que la maladie érigeait pour des faiblesses, de sorte qu'il puisse entrer l'esprit de l'enfant et supprimer la maladie complètement. Une fois qu'ils auraient une meilleure idée de la vitesse à laquelle elle travaillait en moyenne, il n'aurait pas à vérifier aussi souvent, et une fois que Rigel prendrait le coup de main, Snape retournerait à son travail de Maître des Potions et de professeur, et ils appelleraient un Occlumens de Sainte-Mangouste pour aider Rigel à réveiller le reste.

Rigel fut une fois de plus dispensée de cours pour la durée de son travail à l'Infirmerie, et elle se demanda comment elle rattraperait un jour ses cours pour les examens dans deux mois si elle manquait autant d'école.

Donc tous les jours pour les deux semaines et demi suivantes, Rigel allait à l'Infirmerie et entrait par effraction dans les esprits des gens. Le premier jour fut le pire. Les enfants qu'elle réveilla en premier avaient été enfermés dans leurs esprits le plus longtemps, plus de deux mois pour la plupart, et par conséquent furent plutôt nerveux quand elle apparut soudainement dans leur espace mental. La plupart d'entre eux ne comprenaient pas ce qu'il se passait, car quand ils étaient tombés malades, personne ne connaissait vraiment grand-chose de la maladie, donc ils n'étaient même pas au courant de ce qui leur était arrivé. Rigel dut tout expliquer, aussi calmement qu'elle pouvait, ce qui prit beaucoup de temps. Elle dut ensuite convaincre les élèves qu'elle était digne de confiance ou, dans certains cas, même réelle, parce que contrairement à Draco et Pansy, ces gamins ne la connaissaient pas et n'avaient pas de raisons de la laisser jeter du feu dans leur espace mental sans une explication. Généralement ils étaient plus à l'aise une fois que Snape apparaissait et bannissait la noirceur de leurs esprits, mais arriver à ce point la fatiguait plus que de se battre concrètement contre la noirceur avec sa magie. Elle commençait à devenir fatiguée d'expliquer la même chose encore et encore, malgré la nécessité qu'elle devait avoir d'être aussi gentille et patiente avec les pauvres élèves confus que possible.

Ce n'est pas pour dire que c'était un boulot ennuyeux. En fait, c'était fascinant. Tous les élèves sans exception avaient un noyau magique différent et un espace mental différent. Même des enfants à qui elle n'avait jamais parlé dans aucun de ses cours avant semblaient être de bonnes connaissances lorsqu'elle quittait leurs esprits. Elle se sentait juste comme si elle les connaissait après avoir expérimenté leurs noyaux magiques et exploré leurs espaces mentaux, bien qu'elle sût que la plupart d'entre eux ne la reconnaissait pas dans sa forme avatar mentale, et étaient très surpris de découvrir qu'elle était un Serpentard de première année à leur réveil.

Un Serdaigle avait un noyau magique qui donnait l'impression d'être dans une tempête avec une tornade en son cœur. Une Poufsouffle de deuxième année avait en fait un espace mental comme une île tropicale, avec un énorme volcan au centre qui était relié à son noyau de magma. Elle avait été dans son espace mental pendant si longtemps qu'elle avait en fait presque repoussé la maladie jusqu'au bord de l'eau de son île et utilisé sa magie pour planter des fleurs éclatantes et colorées le long des bords de son volcan avec des motifs compliqués. Un autre Serdaigle lui dit avec un air vide que le "truc noir" rampant dans tout son esprit ne l'embêtait pas vraiment. Il avait créé un épais nuage avec sa magie et passait son temps à se prélasser dessus, lançant occasionnellement un éclair, la manifestation de son noyau magique vers le sol en-dessous de lui pour s'amuser. Elle put voir la serre mentale dont Neville prenait attentivement soin, qui lui apprit avec fierté qu'elle fleurissait déjà, bien qu'il n'eût commencé à la construire que par ennui quelques semaines plus tôt. Rigel rencontra Ron dans son espace mental brûlant qui était un grand désert. Il lui apprit qu'il était allé en Égypte pour voir son frère au travail un an plus tôt et avait adoré le désert immédiatement, bien que son noyau soit pour de vrai un élément d'eau, se manifestant comme une petite oasis.

Certains enfants, comme Ron, ou comme Millicent, avaient déjà compris comment manipuler leur magie contre la maladie, mais avaient été incapable de l'éradiquer complètement parce qu'ils manquaient d'endurance. À ceux-là, elle n'eut qu'à les pointer dans la bonne direction, et ils firent le plus gros du travail, à dégager un chemin vers leurs brumes pour elle. D'autres avaient peu ou aucun contrôle conscient sur leur magie mentale et des fois créaient des choses par instinct ou par ennui extrême, mais n'étaient principalement d'aucune aide pour perturber la barrière mentale autour de leurs esprits de l'intérieur. Néanmoins, peu importe la quantité ou non quantité d'aide qu'ils avaient, peu importe la facilité ou la difficulté qu'elle avait à obtenir leur coopération, Rigel continua. Elle traita tous les enfants sans exception dont elle entrait l'esprit avec respect et patience, et lorsqu'elle réveilla les derniers élèves à la fin des deux semaines et demi, le mot s'était répandu à travers l'école que le plus jeune Black, première année de Serpentard, était celui qui avait guéri tout le monde de la maladie.

Partout où elle allait, ses camarades et même quelques professeurs la fixaient. Ce n'était pas notable quand elle travaillait toujours dans l'Infirmerie avec Pomfresh et Gina Whitefield, l'Occlumens que Sainte Mangouste avait envoyé pour remplacer Snape, mais quand Rigel reprit enfin les cours avec les autres première année, l'attention devint évidente. Principalement, les regards étaient curieux, excités, reconnaissants, intéressés ou une combinaison de cela, mais Rigel ne rata pas les regards qui étaient perplexes, sceptiques, calculateurs et prudents également. Il y avait des murmures qu'elle devait avoir une sorte de pouvoir étrange, pour être capable de faire quelque chose qu'aucun des professeurs ne pouvaient, et des suggestions que son apparence inoffensive n'était qu'un masque, mais malgré les suspicions de certains, la majeure partie de l'école était de meilleure humeur qu'elle ne l'avait été de tout le semestre, et l'opinion dominante, selon Pansy, était que Rigel Black était à remercier pour ça. Et la remercier, ils le firent.

Elle ne recevait plus de regards mauvais quand elle se rendait à la salle commune de Gryffondor pour chercher Percy pour étudier avec lui, et plus d'un de leurs camarades de Serdaigle et Poufsouffle trouva du temps pour s'arrêter au bureau ou à la table de Rigel pour la remercier personnellement pour les avoir aidés à se débarrasser de la maladie. Même les élèves plus âgés lui envoyaient des fois des regards ou des hochements de tête sérieux de remerciements, comme il semblait que presque tout le monde dans l'école avait connu quelqu'un des années les plus jeunes qui était tombé malade, que ce soit un membre d'équipe, un jeune frère ou sœur ou cousin, ou juste un camarade de Maison.

Toute l'attention était, très franchement, en train de la faire devenir folle.

Rigel ne voulait pas être le dernier favori de l'école. Elle ne voulait pas que des gens qu'elle n'avait jamais rencontrés avant viennent la voir dans le couloir et la tape affectueusement dans le dos. Elle n'aimait pas la façon dont le Directeur Dumbledore pétilla gaiement en la regardant lorsqu'il décerna à la Maison Serpentard soixante points pour son assistance pour débarrasser l'école de la misérable maladie pour de bon. Rigel en particulier n'aimait pas la façon dont même ses propres camarades de Maison avaient commencé à la traiter différemment. Draco et Pansy ne le faisaient pas, bien sûr, mais les autres changèrent tous leurs attitudes envers elle juste légèrement après qu'ils aient été réveillés. Davis et Greengrass l'évitèrent complètement. Blaise lui envoyait des fois des regards intenses et ruminant quand il pensait qu'elle ne pouvait pas le voir la fixer. Millicent et Theo commencèrent à traiter Rigel comme un général ou un conseiller de quelque sorte, lui demandant toujours son opinion sur des choses et prenant chaque mot qu'elle disait très sérieusement, comme si elle était un sage vieux gourou. Elle était malade de la façon dont les gens la regardaient toujours quand quelque chose d'intéressant ou de difficile était présenté en classe, comme si elle devait être impliquée d'une façon ou d'une autre.

Quand elle ne put plus le supporter, elle se tourna vers la seule chose qui faisait sens pour elle. Les Potions. Rigel alla dans son labo et concocta n'importe quelle potion lui traversant l'esprit. Les potions n'étaient pas compliquées, se disait-elle de manière apaisante alors qu'elle travaillait. Il n'y avait rien d'abstrait ou d'imprévisible avec elles. Quand tu suivais bien la recette, elles marchaient, et quand la formule ne collait pas, la potion échouait. Simple, fiable, et pas du tout extraordinaire.

Ce n'était pas que Rigel ne voulait pas être extraordinaire. Elle le voulait. Elle voulait être la plus grande Maîtresse de Potions qui ait jamais existé, et ça serait quelque chose de plutôt extraordinaire, en effet. Ce qu'elle ne voulait pas était de l'attention extraordinaire et des attentes avant qu'elle n'ait même atteint le point où elle pouvait se laisser être extraordinaire. Là tout de suite, elle était vulnérable. Une mineure, une menteuse, tissant une dangereuse fiction sur chaque centimètre de sa vie, et une criminelle dans la définition la plus technique du mot. Elle ne pouvait pas se permettre de l'attention maintenant, quand quelqu'un y regardant de trop près aurait des effets désastreux, et donc elle se replia dans son labo de potions, fit des excuses pour les travaux scolaires manqués et étudiant pour s'isoler et se protéger de tous sauf de ses plus proches amis, et attendit en retenant son souffle que l'année scolaire termine. Elle voulait juste être Harry de nouveau, juste pour un petit peu. Elle voulait parler à sa mère, avec qui elle n'avait pas échangé deux mots depuis Noël à moins qu'ils ne soient relayés par Sirius. Elle voulait parler de théorie magique avec Remus et se détendre avec Archie dans la cour intérieure de son père (même avec les serpents) et jouer au Quidditch avec son père et Oncle Sirius. Elle avait besoin d'une pause de toute la confusion et l'intensité qui tournaient autour d'elle à Poudlard. Elle avait besoin de rentrer à la maison.

Donc elle concocta, et mijota, et attendit.

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Vers la fin d'avril, elle reçut enfin une lettre de Sirius. Elle la prit avec elle dans la Bibliothèque où elle avait besoin de vérifier quelques livres sur la Botanique avancée pour une des rédactions de Flint. La lettre brûla un trou dans sa concentration pendant toute la demi-heure qu'elle passa à chercher des informations sur les composites chimiques des répulsifs contre les nuisibles mangeurs de chair, et c'était avec des mains tremblantes qu'elle ferma Prendre Soin de Ses Produits et sortit le rouleau de parchemin scellé par le blason de la famille Black.

Si Sirius avait décidé de venir à l'école en dépit de son souhait, elle était finie. Elle avait une réserve de Polynectar pour juin qu'elle pouvait utiliser, mais quiconque hormis son père réaliserait immédiatement qu'elle ne ressemblait pas exactement à Rigel. Son cousin et elle se ressemblaient beaucoup, particulièrement avec les cheveux courts et les lentilles, mais la différence était toujours visible, et il n'y avait aucun moyen qu'elle soit d'une certaine façon capable de voir seulement Sirius et personne d'autre tandis que Sirius était là. Cela ne marcherait juste pas. Ce dont elle avait besoin était une sorte d'illusion conditionnelle, où une personne voyait différentes choses selon comment l'illusion la reconnaissait et la ciblait, mais elle n'avait pas appris comment faire quelque chose comme ça.

Rigel brisa le sceau avec la pensée que même si Sirius exprimait son intention de venir la voir en personne, elle aurait du temps pour au moins sortir de l'école et le rencontrer sur ses termes pour expliquer. Mieux valait être renvoyée que d'être révélée et mise en prison. Elle prit une inspiration calmante, se préparant mentalement pour faire face à quoi que ce soit qui était dans la lettre avec toute la malignité et la ruse qui l'avait amenée à Serpentard.

Hey Arch,

Je ne vais pas prétendre ne pas être en colère contre toi. Quand j'ai lu cet article dans le journal, j'étais à moitié mort de peur. La seule chose qui m'a empêché de prendre d'assaut l'école et forcer la Quarantaine était le fait que c'était la Gazette qui l'a rapportée. Tout le monde sait que tu ne peux pas faire confiance à ce que dit ce vieux torchon, et le soutien de Malfoy m'en a convaincu encore moins. Je pensais que, s'il y avait vraiment quelque chose pour laquelle être inquiet, Archie me l'aurait dit. Après ce qu'on a vécu avec ta mère, je pensais que toi, entre tous, aurais plus de jugeote que de garder quelque chose comme une maladie pour toi-même. Je comprends que tu ne voulais pas m'inquiéter, mais j'ai fini par être inquiet de toute façon et cela aurait été mieux si je pouvais avoir au moins le réconfort de savoir que mon fils était suffisamment bien pour m'écrire. Nous étions tous en colère et confus quand on a eu ta lettre. Dumbledore ne nous a envoyé aucune sorte de lettre concernant le fait que tu étais malade, donc l'entendre de toi après les faits, une fois qu'il était trop tard pour faire quoi que ce soit à ce propos, c'était très blessant. Et si tu n'avais pas été capable de nous écrire ? Et si tu n'étais pas allé mieux ? Est-ce que l'on aurait entendu parler de ta mort après les faits aussi ? J'ai échangé quelques lettres avec Dumbledore et il m'a expliqué les choses. Je comprends maintenant que tu n'as pas véritablement succombé à la maladie, et puisque tu ne paraissais pas être en danger, Dumbledore n'avait pas senti le besoin de m'en informer, mais merde Archie, je ne devrais pas avoir à me reposer sur le Directeur comme tous les autres parents avec des relations merdique avec leurs enfants. J'aurais dû l'entendre de toi. On s'attend à ce genre de chose de la part de Harry, mais tu m'as toujours tout dit. Je ne sais pas ce qu'il s'est passé depuis que tu es parti pour l'école, mais je déteste la sensation que l'on s'est tant éloigné que tu ne me dis même pas quand tu as des problèmes. Je veux t'aider, Archie, mais je ne peux pas faire ça si tu te détaches autant.

Je n'essaie pas de te faire la leçon, chiot, tu sais que je ne suis pas bon avec ça. Je suis désolé que cela m'ait pris autant de temps pour te répondre, mais j'avais vraiment besoin d'un peu de temps pour trouver les bons mots. J'étais vraiment frustré quand j'ai lu ta lettre, mais Lunard m'a aidé à me calmer. James a essayé d'aider, mais j'admets ne pas l'avoir écouté autant que j'aurais dû. Je suppose que je suis un peu jaloux pour être honnête. Lily et lui ont des lettres de Harry toutes les semaines, et je continue à penser à quel point c'est injuste que partir à l'école a amélioré leur relation avec leur gosse, mais que cela a fait l'inverse pour nous. Je sais que tu ne voulais pas aller à Poudlard, Arch. Je suis désolé, d'accord ? L'entière raison pour laquelle je ne voulais pas que tu ailles en Amérique était que j'avais peur de te laisser être trop loin de moi, mais j'imagine que c'était pour rien si tu sens que tu ne peux plus me parler. Donc voilà le marché. Je ne suis pas en colère, et je suis vraiment seulement un peu déçu avec toi. Je veux juste que tu saches que peu importe à que point on est éloigné, tu peux toujours tout me dire. Tu sais ça, hein ? Je sais que tu grandis, et ça me va (bien que je ne sois pas sûr de savoir pourquoi tu voudrais ça), mais sache juste que tu peux toujours te tourner vers moi si tu as vraiment besoin d'aide. Même si tu n'as pas vraiment besoin d'aide. Je serai là.

Je veux aussi que tu saches à quel point je suis fier que tu trouves d'autres moyens d'utiliser tes intérêts en Soin pour aider les autres, même si tu n'as pas eu le programme de Soin que tu voulais. Je crois que tu peux faire tout ce sur quoi tu te lances – toi et Harry aussi, peu importe où tu vas à l'école, et tu l'as prouvé en guérissant cette maladie et en sauvant ton ami. La dette de vie avec les Malfoy… eh bien, on pourra discuter de ça cet été. Cela aura certaines répercussions auxquelles je ne suis pas sûr que tu aies pensé, mais je ne te dirais jamais que cela aurait été mieux si tu n'avais pas sauvé une vie. J'ai glissé certaines conjectures dans quelques oreilles çà et là, et j'ai aussi laissé entendre l'implication de Dumbledore. J'ai même fait une interview avec la Gazette, donc attends-toi à ça, même si normalement, je te dirais de rester loin de ce tabloïde de pacotille.

Je serai à King's Cross pour te récupérer du train. J'ai hâte de te voir cet été et de te vérifier pour des sondes extraterrestres. On est jamais trop prudent. Tu manques aux serpents. Lunard t'envoie ses réprimandes, et aussi ses regards exaspérés – non, attends, celui-là était pour moi. À bientôt,

-Papa

Rigel roula la lettre avec un cœur englouti. Elle se sentait pire qu'elle ne l'avait été depuis que Draco était tombé malade. Comment avait-elle pu être aussi stupide ? Bien sûr que Sirius s'attendrait à plus de son fils, et bien sûr qu'elle ne pouvait pas juste prétendre de sonner comme Archie dans le ton de ses lettres et de s'attendre à ce que Sirius soit sympa et berné. Sirius et Archie étaient proches, ce qui était en partie la raison pour laquelle Archie devait cacher qu'il allait en Amérique en premier lieu, et cela ne serait pas suffisant d'être faussement enjoué dans ses lettres si elle 1) envoyait seulement ces lettres tous les quelques mois et 2) n'incluait rien de vraiment important et personnel dans les lettres. En agissant comme elle-même tout en prétendant être Archie, elle avait terriblement blessé Sirius, et probablement mit à rude épreuve la relation d'Archie avec son père également.

Elle prit une inspiration tremblante et serra sa tête de perruque rousse dans ses mains. Elle devait réparer ça d'une façon ou d'une autre, et cela voulait dire écrire une longue lettre à la fois à Sirius et Archie. À Sirius, elle expliquerait qu'elle pensait toujours à lui comme son ami le plus proche, n'avait pas voulu le blesser, et s'excuserait à profusion, en promettant que les choses seraient différentes (ou plutôt de nouveau pareilles) quand elle rentrerait à la maison cet été. À Archie, elle s'excuserait également, et lui dirait ce qu'elle avait fait par inadvertance, espérant qu'il lui pardonnerait. Rigel sentit une honte chaude s'accumuler dans son estomac alors qu'elle pensait à ses erreurs des deux mois derniers. Elle aurait dû informer Sirius de la maladie immédiatement. Elle savait exactement à quel point les deux Black étaient sensibles à propos de n'importe quel type de maladie, et garder Sirius dans le noir avant de le lui jeter dessus avait été cruel et irréfléchi.

Mais si elle lui avait dit, il l'aurait tiré hors de l'école avant que la Quarantaine ne soit appliquée, se rappela-t-elle. Sirius aurait complètement flippé, naturellement, et la ruse aurait été finie juste comme ça. Elle n'avait vraiment pas voulu l'inquiéter, et elle avait seulement envoyé cette lettre parce qu'elle avait présupposé que Dumbledore en avait déjà envoyé une. Rigel supposa qu'elle n'avait techniquement jamais sombré dans le coma, donc peut-être que Dumbledore avait eu raison d'empêcher Sirius de savoir, ou peut-être qu'il savait autant qu'elle comment la mort de Diana avait affecté Sirius, et ne voulait pas plus le blesser qu'elle s'il n'en avait pas l'obligation.

Tout de même, Sirius était un homme adulte, quand bien même il agissait avec l'exubérance d'un enfant, et il méritait d'être respecté en tant que tel, et d'être donné l'opportunité de prendre ses propres décisions. Elle avait fait la même chose à Sirius qu'elle avait fait au Professeur Snape – essayé de lui épargner l'inquiétude et la douleur et avait fini par le traiter comme un enfant. Dumbledore pouvait s'en sortir impunément en faisant des décisions comme ça. Rigel ne le pouvait pas.

Rigel se frotta les yeux derrière ses fausses lunettes, sentant ses lentilles coller légèrement à ses yeux. Elle devrait mettre une nouvelle paire bientôt, en plus des innombrables autres choses qu'elle était censée faire. Elle rangea la lettre roulée dans son sac et était sur le point de se lever et remettre en rayons le livre de Botanique quand une voix soudaine coupa à travers le silence de la Bibliothèque.

« Aha ! »

Rigel leva les yeux de surprise pour trouver un petit doigt la pointant à peu près à un centimètre de l'arête de son nez. Elle regarda le long du doigt vers la main, le bras, et la personne à laquelle il était attaché et cligna des yeux face au visage de la Serdaigle de deuxième année qu'elle avait rencontrée pour la première fois en mars, et puis de nouveau juste quelques semaines plus tôt quand elle avait réveillé la fille de la maladie. Rigel se rappelait que l'esprit de la fille avait été montagneux, mais contrairement à la Montagne Blanche de Rigel, la Serdaigle avait plusieurs petites montagnes dans son esprit, parsemées de tertres herbeux, et recouvertes d'orchidées des bois sauvages.

La Serdaigle la pointait avec ce qui ressemblait à de l'euphorie et de la frustration mélangées ensemble, et Rigel souleva un sourcil à la position accusatrice de la fille plus âgée. Elle se leva avec précaution, prenant son sac et se préparant au cas où elle devrait courir. Madame Pince était déjà en train de les regarder avec un regard noir meurtrier.

« Cho Chang, pas vrai ? dit Rigel, une note polie de question dans ses mots.

– Oui, c'est ça, dit Cho, retirant son doigt pointeur mais la regardant toujours avec férocité. Et qui es-tu au juste ? »

Rigel changea d'appui, un peu prise par surprise. Elle avait pensé que la fille l'avait reconnue et si elle ne l'avait pas fait, pourquoi lui parlait-elle ?

« Je m'appelle Reggie, dit-elle. On s'est rencontré quelques mois plus tôt…

– Ne me sors pas ça ! claqua Cho, ses longs cheveux noirs tremblant légèrement alors qu'elle toisait Rigel. Je t'ai cherché partout depuis ce jour où tu as été si gentil avec moi, mais je n'ai pu te trouver nulle part ! »

Rigel jeta un œil et, comme on pouvait s'y attendre, Madame Pince se levait, clairement sur le point de venir les jeter dehors. Rigel leva les mains de façon apaisante et sourit à la bibliothécaire terrifiante. Elle prit le coude de Cho et murmura :

« Viens, continuons cette discussion à voix plus basse, pas au milieu de la Bibliothèque.

– Pourquoi ? siffla Cho. T'as peur que quelqu'un te découvre ?

– J'ai peur que Madame Pince vienne nous mettre à la porte, dit Rigel, les conduisant dans la section isolée des biographies. Maintenant explique ce qui t'énerve autant, s'il te plaît. »

La Serdaigle reprit son coude et repoussa ses cheveux en arrière avec mauvaise humeur.

« Pourquoi tu m'as menti quand je t'ai demandé ton nom ? Qui es-tu ?

– Qu'est-ce qui te fait penser que je t'ai menti ? demanda prudemment Rigel. Je veux dire, juste parce que tu ne m'as pas vu dans les environs ne veut rien dire. Je reste surtout dans ma salle commune de toute façon.

– Oh, je t'en prie. »

Cho leva les yeux au ciel.

« Est-ce que je ressemble à un Gryffondor pour toi ? »

Rigel se demanda si elle devait prendre offense par principe des robes de Gryffondor qu'elle portait, mais Cho continua à parler :

« Après ne pas avoir réussi à te trouver pendant deux semaines, j'ai vérifié le registre de l'école que Professeur Flitwick garde dans son bureau. J'ai vérifié les classes de tous les niveaux, même si je savais que tu ne pouvais pas être plus qu'un troisième année, et il n'y a aucun Reggie quelque chose dans toute l'école. Il y a un Reginald Turnblatt, mais il est blond, et il est à Poufsouffle en plus. Il y a un Roger Davies dans ma Maison, mais il ne te ressemble pas du tout. Je me suis même dit que cela pouvait être un surnom pour un nom de famille, mais tous les noms proches en R comme Rochester et les autres ont des cheveux noirs. Le rouquin le plus proche est Ronald Weasley, mais il a bien plus de taches de rousseurs et il est considérablement plus grand que toi. »

Rigel regardait Cho avec pur choc lorsqu'elle avait fini.

« Tu as fait toute cette recherche juste pour trouver quelqu'un avec qui tu as parlé une fois ? »

Elle sourit d'un air un peu suffisant.

« Ne sous-estime jamais un Serdaigle. Les aigles sont notoirement tenaces quand il est question de curiosité, ainsi que naturellement opportunistes. De plus… »

Son visage perdit un peu de sa suffisance et parut troublé pendant un moment.

« … tu as été vraiment gentil avec moi. Je voulais te remercier proprement, du moins jusqu'à ce que je réalise que tu m'avais menti sur qui tu étais. »

Elle le fusilla du regard à nouveau.

« Sérieusement, tu m'expliques ? »

Rigel soupira, se grattant le dos de la perruque rousse qu'elle avait.

« Eh bien, c'est en quelque sorte une longue histoire.

– J'aime les histoires, dit Cho franchement.

– Ah, okay alors. Eh bien, comme tu l'as déduit, mon nom n'est pas Reggie, et la raison pour laquelle j'ai menti là-dessus, c'est parce que ce n'est pas ce à quoi je ressemble vraiment. Je suis ici déguisé, et je ne voulais pas avoir à expliquer toute la raison de pourquoi quand je t'aurais dit mon vrai nom, parce que cela paraît un peu suspicieux que je me balade dans des robes qui ne m'appartiennent pas ni même de ma Maison, que je me déguise… »

Rigel jeta un œil penaud à Cho, qui haussa les sourcils mais lui fit signe de continuer.

« Donc, le truc, c'est que, en quelque sorte, Madame Pince me déteste vraiment.

– Qu'est-ce que tu as fait ? demanda Cho, fronçant les sourcils. Est-ce que tu as fait quelque chose à un de ses livres ? Parce que tu ne devrais vraiment pas traiter les livres aussi…

– Je n'ai rien fait ! s'exclama Rigel à voix basse. Je me suis juste pointé le premier week-end du trimestre et quand elle a découvert mon nom, elle a pété les plombs. Il se trouve que mon père aurait mis le feu à quelques… rangées de livres de Divination pendant qu'il était là, et Pince a décidé de m'interdire l'entrée de la Bibliothèque sur la suspicion que je suivrais les traces de mon père. Le problème, c'est que je fais beaucoup de travaux supplémentaires, donc j'ai besoin de venir à la Bibliothèque, donc j'ai eu l'idée de me déguiser pour que Madame Pince ne me reconnaisse pas et me jette dehors. Je ne peux toujours pas emprunter de livres, parce que, comme tu l'as réalisé, Reggie n'existe pas, mais je peux venir ici et chercher des choses maintenant. »

Cho paraissait ne pas être sûre de si elle devait rire ou pas.

« Tu rôdes incognito… pour étudier ? Es-tu un Serdaigle ?

– Non, je ne suis pas un Serdaigle dit Rigel nerveusement.

– Tu dois être un Serpentard alors, dit Cho catégoriquement. Un Gryffondor serait assez brave pour le faire, et assez culotté aussi, mais tu as déjà admis que celles-ci n'étaient pas tes réelles robes, donc tu dois être un Serpentard.

– Euh, ouais, je le suis », admit Rigel.

Elle grimaça un peu, attendant que Cho s'en aille d'un pas lourd, bien consciente de comment les Serpentard étaient perçus par la majeure partie de l'école.

« Hm, dit Cho. Un Serpentard qui n'a pas peur de se balader l'air de rien dans des robes de lions. Intéressant.

– Tu n'es pas en colère que je sois un Serpentard ? » demanda Rigel, ahurie.

Cho haussa les épaules.

« Ce serait plutôt idiot d'être en colère contre un quart de l'école juste pour être ce qu'ils sont, mais je vois ce que tu veux dire. Normalement, je serais un peu méfiante d'un Serpentard déguisé, parce que je ne pense vraiment pas que vous autres avez besoin d'une excuse pour être sournois, mais un Serpentard m'a rendu un service récemment, avec ce truc de me sortir de ma propre tête et tout.

– Donc tu ne vas pas me dénoncer à Madame Pince ? demanda Rigel.

– Je ne le ferai pas si tu me dis ton nom, dit Cho.

– Je commence à me dire que les Serdaigle sont juste ceux qui étaient trop intelligents pour Serpentard, soupira Rigel. Tu es une fille sacrément rusée.

– Merci, dit Cho.

– Je m'appelle Rigel, dit-elle finalement à la fille plus âgée. Je suis un première année de Serpentard et…

– Tu es Rigel Black ! s'exclama Cho, la fixant. Laisse-moi voir. »

Elle tendit la main pour retirer la perruque de Rigel avec une poigne qui tirèrent sur les mèches de cheveux coincées dedans et qui fit serrer les dents de Rigel avec une grimace. Avant qu'elle ne puisse s'en remettre, Cho arracha les lunettes de son visage et inclina la tête avec intérêt.

« Hm, eh bien, qui l'eût cru. Tu parais différent avec des cheveux longs pourtant.

– Je les ai coupés juste avant que l'école ne commence, dit Rigel. Mais je continue de me voir avec de longs cheveux.

– Je n'arrive pas à croire que tu es Rigel Black, dit Cho, paraissant presque déçue. Tu étais si cool dans mon espace mental, genre calme et serein, et te voilà, à cavaler avec des cheveux roux et des robes de Gryff et… est-ce que tu t'es dessiné ces taches de rousseurs sur toi ? »

Rigel rougit et arracha la perruque des mains de la Serdaigle.

« Peut-être. »

Cho rit de bon cœur, mais, néanmoins, tendit les mains pour aider Rigel à remettre la perruque une fois de plus et lui rendit ses lunettes.

« Purée, c'est trop marrant.

– Ne va pas le dire à des gens, s'il te plaît ? dit Rigel. Je ne veux pas que ça remonte jusqu'à Pince.

– Oh, je ne vais pas le faire, dit légèrement Cho. J'ai le sentiment que ça va être la sorte de chose avec laquelle je voudrais être capable de te menacer quand tu seras grand et célèbre. »

Rigel roula des yeux.

« Pourquoi tout le monde pense que je vais être célèbre ? »

Cho la regarda avec incrédulité.

« Parce que tu l'es déjà, en tout cas ici à Poudlard. Tous les enfants qui sont tombés malades, ce qui est presque tous ceux de la première à la troisième année à l'école, savent exactement qui les a réveillés et soignés.

– Professeur Snape et une Guérisseuse de l'Esprit ? marmonna Rigel sans enthousiasme.

– On sait qui a rendu possible pour qu'on soit guéri, dit sérieusement Cho. Et aucun de nous n'oubliera jamais ça. Attends donc, Rigel Black. Ton nom entrera dans l'histoire, d'une façon ou d'une autre. »

Rigel ne dit rien. Elle ne pouvait pas nier ce que Cho lui disait, mais elle était inconfortablement consciente à quel point son nom pourrait facilement entrer dans l'histoire de "l'autre" façon.

Rigel dit au revoir à Cho et quitta la Bibliothèque. Elle avait plusieurs lettres sérieuses à écrire, et elle avait promis qu'elle aiderait Draco avec son jeu de Quidditch après dîner. Les pensées de célébrité et d'infamie pouvaient attendre.

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Le six mai, Rigel fut tirée dans une conversation très sérieuse avec un groupe improbable d'élèves des années supérieures de Serpentard.

Alesana Selwyn attrapa son coude alors qu'elle passait dans la salle commune et la traîna efficacement vers un coin près de la cheminée la plus reculée où Rookwood, Rosier et Flint étaient assis sur deux canapés qui avaient été tirés pour se faire face l'un l'autre, penchés sur quelque chose sur la table au centre et parlant à voix basses.

« Viens ici, jeune Black, tu pourrais trouver quelque chose qui t'intéressera. »

Rigel aurait aimé dire qu'elle permit d'être tirée vers le groupe, mais en vérité, Selwyn était significativement plus forte qu'elle, donc il n'y avait pas de "permission" là-dedans. Encore une autre chose qu'elle devrait corriger si elle voulait continuer à garder l'apparence d'être un garçon sur le long terme. Les trois garçons plus âgés levèrent les yeux vers elles alors que Selwyn, et Rigel par défaut, atteignirent leur groupe. Ils se reculèrent assez en arrière si bien que Rigel put voir ce sur quoi ils étaient penchés. C'était un journal, la Gazette du sorcier pour être exact, et ils semblaient avoir été en train de discuter d'un article avec grand intérêt.

« Alice, si gentil de ta part de nous rejoindre, dit Rosier avec aisance. Et tu as amené Mr. Black également, que c'est fortuit.

– Pourquoi cela, Rosier ? demanda poliment Rigel.

– C'est juste parce que l'on parlait de toi, Black, grogna Flint avec amusement, secouant la tête face aux manières nobles de Rosier.

– Trois élèves des années supérieures aussi intéressants que vous ont sûrement mieux à faire que de parler de moi, dit Rigel, plutôt sèchement. N'avez-vous pas des examens finaux pour lesquels étudier ou autre ? »

Elle aurait probablement dû être plus respectueuse, mais elle arrivait au bout de sa patience infinie alors que l'année scolaire approchait de la fin. Elle voulait juste se reposer pendant un moment loin de tous les mensonges et des intrigues. Généralement, cela ne la gênait pas, mais l'idée que trois élèves des années supérieures, qui étaient tous des Héritiers d'un pouvoir politique et social au montant intimidant, mettent en commun leurs informations pour discuter d'elle lui donnait envie de grogner de frustration. Elle savait que Flint ne la trahirait pas – il ne pouvait pas – mais c'était toujours dérangeant qu'ils voudraient même parler d'elle. Aucun d'eux n'était stupide, et peu importe à quel point elle couvrait bien ses traces, il y avait toujours une piste quelque part vers ses secrets.

Les trois autres échangèrent des regards amusés à l'idée même d'étudier pour quelque chose d'aussi d'insignifiant qu'un examen, et ignorèrent sa question complètement.

Selwyn s'assit sur le canapé entre Rookwood et Rosier et fixa de manière appuyée l'autre canapé jusqu'à ce que Rigel s'enfonce dans le siège à côté de Flint.

« Montre l'article à Black », dit-elle, donnant un coup de coude dans le bras de Rosier.

Il fit glisser le journal vers Rigel qui le prit pour le lire en diagonale.

LA MALADIE DE POUDLARD : UN EXPOSÉ EN DÉTAIL

Cela semblait être un rapport entier, du début à la fin, sur la maladie, écrit, bien sûr, par Rita Skeeter. Il y avait des petits sous-titres comme : DÉBUTS ANGOISSÉS : LE CAS JONES et UN RETOURNEMENT PROBLÉMATIQUE : LES ALLERGIES CAUSENT UN HIC DANS LE TRAITEMENT. Rigel soupira et commença à lire rapidement. De façon surprenante, la plupart des informations étaient, d'aussi loin que Rigel le savait, correctes.

Il détaillait l'apparition soudaine de la maladie, comment elle avait frappé les plus jeunes Poufsouffle d'abord, et se répandant lentement par Maison et par âge alors que les gens rendaient leurs amis malades malgré la Quarantaine. Il passait en revue les symptômes, référençant les notes que Madame Pomfresh avait données aux Guérisseurs de Sainte Mangouste, et il était remarquablement au point avec ce que la maladie faisait véritablement. Il y avait des citations courtes de quelques élèves anonymes qui étaient tombés malades, et Rigel reconnut quelques-unes de ses propres phrases et supposa que les gosses avaient juste répété ce qu'elle leur avait dit quand elle avait expliqué comment la maladie avait érigé une barrière mentale qui pouvait seulement être brisée de l'intérieur, ce qui les empêchait d'être réveillés aussi longtemps qu'elle était en place.

Ils étaient tous, Rigel fut atterrée de voir, tout à fait catégorique que c'était Arcturus Rigel Black qui les avait sauvés de la maladie, avec l'aide d'une Guérisseuse ou de Professeur Snape une fois que Rigel leur avait appris comment briser la barrière de l'intérieur. Rigel grogna :

« Ils font comme si je suis une sorte de super Legilimens.

– Cela s'améliore, dit Rosier joyeusement. Continue à lire. »

Elle le fit, et il avait raison… si l'on étirait le sens du mot "s'améliorer" et qu'il sortait comme "se détériorer".

Bons lecteurs, votre journaliste fut choquée également, mais après un peu plus de recherches, il fut révélé que Arcturus Black était en fait le responsable de la guérison. Tout à fait, Arcturus Black, première année à Serpentard et Héritier de la noble et très ancienne maison des Black, a par quelque moyen accompli ce que plusieurs Guérisseurs anonymes à Ste Mangouste s'accordent à dire que cela aurait dû être impossible. Comment se fait-il que le Jeune Mr. Black ait été capable de passer outre les barrières mentales qui stoppaient même les plus forts Legilimens, mais n'ait pas été capable d'éradiquer complètement la maladie des esprits de ceux qu'il a aidés sans assistance ? On dirait pour votre journaliste que c'est comme si Mr. Black n'est pas un Legilimens du tout, mais quelque chose de complètement différent, quelqu'un capable de surpasser les barrières mentales avec une capacité qui lui est propre. Sûrement, le Directeur prendra des mesures pour garantir l'intimité mentale des camarades de classe de Mr. Black, si cela devait être le cas. Dans tous les cas, il semblerait que le Jeune Mr. Black se révèle être un jeune homme très talentueux.

Certains, toutefois, seraient en désaccord avec cette appréciation. Votre journaliste a interviewé le père notoire du Jeune Mr. Black, cofondateur de la gamme de farces et attrapes des Maraudeurs et homme à femmes bien connu dans sa jeunesse, Sirius Black. Mr. Black avait ceci à dire concernant les témoignages de l'implication de son fils dans la maladie : « Mon fils n'est pas un Maître de l'Esprit », rit-il. « Quand je l'ai envoyé à Poudlard, il était juste comme n'importe quel autre enfant de onze ans. Il a toujours eu un intérêt en Soin, c'est vrai, mais il n'a jamais été formé là-dessus comme vous l'imaginez probablement. Tout ce qu'il a appris et qui l'a aidé à découvrir un moyen contre la maladie a été découvert à l'école. Retenez mes mots, Dumbledore sait ce qu'il fait à Poudlard. Il enseigne à ces gamins comme il faut si un garçon qui a appris la magie là-bas pendant seulement un an peut trouver une solution à une maladie aussi redoutable. »

Mr. Black nous a certainement donné à réflexion. Si, en effet, le Jeune Mr. Black n'a pas de talents spéciaux lui étant propre, alors on peut certainement être fiers de l'éducation que notre jeunesse reçoit à Poudlard, mais d'un autre côté, semble-t-il probable que si un élève réussit là où son enseignant échoue, il se reposait uniquement sur les enseignements de son enseignant ? Seul le temps nous dira si les apparences sont trompeuses pour le Jeune Mr. Black, mais pour l'instant les parents de partout dans le pays peuvent se reposer en sécurité en sachant que la Maladie de Poudlard a été guérie, les enfants bien réveillés, et la Quarantaine levée. Il y a même des rumeurs que le Directeur prévoit une réforme complète des opérations médicales à Poudlard, qui offriront des services de Soins plus sûrs et plus efficaces aux élèves et au personnel. Somme toute, les choses s'arrangent à l'institut Poudlard, école de Sorcellerie.

« Comment, au nom de Merlin, est-ce que Skeeter a réussi à faire un article entier qui était censé être sur une maladie sur un garçon de onze ans qui n'a même pas eu la maladie ? » marmonna Rigel, renfrognée.

Elle ne voulait vraiment pas ce genre d'attention, même si au moins Sirius l'avait prévenue qu'il parlait dans le journal dans sa lettre.

« Tu devrais être fier, Black, dit Flint, une lueur dans les yeux. Si ton rêve est d'être un Guérisseur, je veux dire. Après ça, tous les Hôpitaux seraient fous de ne pas embaucher Arcturus Black. »

Rigel grimaça avec regret. La carrière d'Archie en tant que Guérisseur serait définitivement aidée par cet article dans le futur, mais elle savait qu'Archie détesterait l'idée de récupérer le mérite du travail de quelqu'un d'autre.

« Cela n'a rien à voir avec le Soin, dit-elle. Je n'ai Soigné personne, j'ai juste utilisé ce que Professeur Snape m'a appris pour l'aider lui à guérir la maladie, qui n'était même pas une vraie maladie. Elle n'a rendu personne malade. C'était plus comme une malédiction contagieuse, donc au minimum, ce que j'ai fait était de la conjuration de sorts créative, pas du soin. »

Selwyn rit.

« Pauvre petit serpent. Guère attiré par l'attention, hein ?

– Je ne vois pas pourquoi quiconque le serait, dit Rigel. Tout ce que cela apporte, ce sont des ennuis.

– Dit le Malfoy honoraire. »

Flint eut un sourire narquois. Les yeux de Rigel s'écarquillèrent et Flint gloussa.

« Oh, oui, on a entendu parler de ça également. Draco Malfoy semble avoir l'impression que tu lui as sauvé la vie, et que tu es maintenant son frère de magie aussi bien que son cousin de sang. »

Rigel baissa les yeux sur ses robes, mal à l'aise.

« Les Malfoy sont trop aimables.

– Mais ne se méprennent pas ? »

Les yeux dorés de Rosier brillaient sinistrement dans la lumière du feu.

« Donc tu as en effet sauvé la vie de Draco Malfoy. Comment cela se pourrait quand, de ton propre récit, la maladie n'est même pas une vraie maladie du tout ? »

Rigel gigota sous son regard.

« Draco était une exception. Il avait une allergie à… un des ingrédients dans les potions dont il avait besoin pour rester stable sous le coma. Je l'ai en quelque sorte sauvé par défaut, en aidant à guérir la maladie avant que le temps qu'il avait avec les sorts de soutien de vie ne viennent à manquer.

– Donc tu n'essayais pas de le sauver ? clarifia Rookwood.

– Eh bien, j'imagine que si, dit Rigel. Mais je l'aurais fait pour n'importe qui. Je n'avais pas besoin d'être adopté par les Malfoy. Ils sont super, mais j'ai une famille.

– Mais tu as sauvé leur Héritier, dit Selwyn.

– J'ai sauvé mon ami, corrigea Rigel.

– Eh bien qui que tu as sauvé ou pas sauvé, intervint Rosier, le fait est que cela a mis fin à la maladie, et en résultat, la crédibilité de Dumbledore est plus haute que jamais. Maintenant que les enfants sont en sécurité à nouveau, personne ne veut admettre qu'ils aient un jour douté du Directeur.

– Et avec cet article suggérant que les enseignements de Dumbledore sont ce qui t'a donné le pouvoir dont tu avais besoin pour guérir la maladie, la plupart des gens sont de l'opinion que le Directeur devrait continuer à faire ce qu'il fait, dans toutes les zones de ses faits, ajouta Flint.

– Autrement dit, conclut Selwyn, l'opinion de Dumbledore est aussi bonne que de l'or gobelin dans le monde sorcier à présent, et la rumeur est que son opinion est très marquée contre un certain lot de lois qui étaient censées entrer en discussion devant le Magenmagot cet été.

– Les lois mariages de sang mixte, dit platement Rigel. Vous pensez qu'elles seront votées contre au Magenmagot maintenant que la faction de Dumbledore a l'avantage une fois de plus ?

– Oh, je doute énormément que le Parti SOW serait assez imprudent pour pousser les lois en considération alors que les vents politiques ne sont pas dans leurs dos, dit Rosier jovialement.

– Donc ils ajourneront les lois jusqu'à ce qu'ils aient le support dont ils ont besoin », dit Rigel, la compréhension tombant sur elle.

En d'autres mots, la menace que les lois présentaient était remise à plus tard, pas vaincue. Le Parti Cow empêcherait juste les lois d'être votées jusqu'à ce qu'ils soient sûrs qu'ils pourraient gagner le vote, et puisqu'ils étaient ceux proposant les lois, ils pouvaient attendre aussi longtemps qu'ils le voulaient avec l'excuse d'être toujours en train de travailler sur la version préliminaire. Cela voulait dire qu'ils pouvaient soudainement pousser les lois à n'importe quel moment, aussitôt qu'ils avaient le support dont ils avaient besoin pour la faire passer.

« Personne ne veut risquer de perdre quand ils n'en ont pas le besoin, dit vaguement Selwyn.

– Pas de doute que le Parti SOW sera très intéressé de comment exactement la maladie qui a surgi aussi fortuitement dans l'école de Dumbledore pendant que la loi que Dumbledore aurait aussi fielleusement opposée a été introduite ait pu être guérie miraculeusement par un simple première année, dit Rosier doucement. Je sais que je suis intéressé. Et toi, Edmund ?

– C'est certainement intéressant, Aldon, que la vérité concernant la guérison soit si embrouillée. La plupart des Serpentard ont l'impression que Professeur Snape a joué un rôle significatif sinon dominant pour arrêter la maladie », dit Rookwood avec douceur, ne manquant pas le regard de culpabilité sur le visage de Rigel à cela.

Elle avait peut-être donné à plusieurs Serpentard cette exacte, et pas précisément fausse, impression.

« La plupart des élèves les plus jeunes, particulièrement ceux touchés par la maladie elle-même, diraient que toi, Mr. Black, étais principalement responsable pour leur rétablissement, avec seulement de l'aide supplémentaire des Guérisseurs de l'Esprit. D'autres rapports disent que Professeur Snape était, en fait, à l'étranger quand Draco Malfoy est tombé malade, et bien sûr l'article de la Gazette suggère que Dumbledore a joué un rôle dans la maladie.

– Tout ce que tout le monde sait de façon sûre, c'est que d'une certaine façon, Rigel Black a été impliqué – et qu'est-ce qu'un première année qui n'était pas malade faisait dans la Quarantaine, personne ne semble savoir – et que le première année a fini par guérir la maladie, obtenant une dette de vie des Malfoy et devenant le seul responsable pour guérir le reste des patients également », continua Rosier.

Rigel s'enfonçait lentement de plus en plus dans le canapé à dossier bas, se demandant comment exactement Rosier et Rookwood étaient devenus aussi bon pour prendre quelqu'un à deux.

« Ton implication peut bien sûr être expliquée par ce que Selwyn nous a dit – à savoir que tu concoctais une quantité exorbitante de potions pour Professeur Snape en remontant aussi loin que février. Vraisemblablement, Snape te faisait concocter pour la maladie, et donc t'a juste laissé continuer à concocter pour l'Infirmerie pendant qu'il était à l'étranger. S'il était en effet parti pendant que Draco Malfoy était malade, alors cela ferait sens que tu aies senti d'avoir besoin de t'impliquer, à la fois parce que Malfoy est ton ami et parce que tu avais reçu une position de poids forte en tant que remplaçant de Snape, dit Rookwood. Ce qui ne tient pas debout, c'est pourquoi toi personnellement devait aider pour réveiller chaque élève. Cela ne peut pas être parce que Dumbledore ne voulait pas impliquer quiconque d'autre, parce qu'il a engagé une Guérisseuse de Sainte Mangouste pour prendre la place de Snape pour la guérison.

– D'un autre côté, dit Rosier, les yeux étincelant joyeusement, cela tient debout si pour quelque raison personne d'autre ne pouvait guérir ces élèves. En d'autres termes, la seule solution est que toi, Rigel Black, étais capable de faire quelque chose que personne d'autre ne pouvait. Quelque chose qui ne pouvait pas être appris, ne pouvait pas être transmis à quelqu'un de plus âgé, et donc, quelque chose qui n'avait rien à voir avec Snape ou Dumbledore. Et cela est certainement intéressant.

– Ce qui est également intéressant c'est que tu a été si dédaigneux de la maladie comme étant vraiment une maladie, dit Rookwood. Cela suggère que tu as une formation ou des connaissances de Guérisseur de quelque sorte, bien que ton père l'ait dénié dans son interview et tu semblais toi-même impressionné et curieux quand j'ai guéri ton poignet le semestre dernier. Sans mentionner le fait que de ton propre aveu, tu détestes les hôpitaux et les Médicomages. En bref, les anomalies commencent à s'accumuler, Mr. Black. »

Rigel passa de l'un à l'autre.

« Vous avez fini ? »

À leurs acquiescements amusés, Rigel prit une inspiration et dit :

« Tout d'abord, vous avez compris la majeure partie. J'ai guéri la maladie en faisant quelque chose qu'on me dit que personne d'autre ne peut faire, bien que cela ne semble pas si difficile pour moi, seulement un peu confus. Snape m'a appris certaines choses que j'ai utilisées pour détourner la maladie, bien qu'il ne les ait pas interprétées comme moi, et c'est pourquoi j'ai dit qu'il avait fortement influencé la guérison. Dumbledore a facilité la guérison, et puisque c'est son Maître des Potions qui m'a appris ce que j'avais besoin de savoir pour trouver un remède, ce qui a été dit sur le fait que l'école est responsable pour la guérison est vrai aussi. Je me forme en autonomie en Médicomagie, et j'ai seulement commencé ça après les vacances d'hiver, précisément parce que je ne voulais pas me reposer sur les autres Médicomages et les hôpitaux. Est-ce que j'ai répondu à tout ?

– Tout sauf le remède même, dit Selwyn, roulant des yeux. Ne vas-tu pas nous dire exactement ce que tu as fait ?

– Qu'est-ce que tu penses que j'ai fait ? demanda innocemment Rigel.

– En d'autres termes, non, il ne va pas nous le dire, grogna Flint.

– Très bien, alors, soupira Rosier. Garde tes talents secrets. Un jour, on te comprendra dans ton entièreté, Mr. Black.

– Et jusqu'à ce moment, nous te surveillerons de près », dit Rookwood dans son grondement de montagne.

Rigel acquiesça son assentiment, sachant que toute protestation les rendrait seulement plus intéressés. Elle quitta les quatre élèves plus âgés pour tirer de la situation ce qu'ils en voulaient. Elle voulait juste rentrer à la maison pour l'été.

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Le dernier match de Quidditch fut joué lors de la troisième semaine de mai. Contrairement au premier match, Rigel et Pansy s'assirent avec leurs camarades dans la section de Serpentard, encourageant leur équipe et laissant sortir juste un peu l'énergie qu'ils avaient réprimée en étudiant pour les examens finaux. Serpentard gagna et les acclamations dans la section d'élève correspondante furent presque assourdissantes. La Maison entière brilla de fierté pour le reste de la semaine, bien que la fanfaronnade fût gardée à une quantité de bon goût par la plupart des années supérieures au moins.

Le sentiment de bien-être ne dura pas longtemps, toutefois. Bientôt les tests de fin étaient sur eux, et les élèves qui avaient été touchés par la maladie étaient particulièrement stressés par la perspective des examens. Même si Dumbledore avait fait une déclaration comme quoi tout élève qui aurait raté l'examen à cause de la maladie passerait quand même et serait capable de prendre des cours particuliers supplémentaires durant l'automne pour être ramenés au niveau du programme, personne ne voulait être coincé pour des leçons supplémentaires l'année suivante.

Rigel n'était pas très inquiète. Elle savait qu'elle pouvait au moins réussir les examens finaux, et elle avait plein d'autres choses à faire avant l'été qu'étudier était quelque chose qui devait être fait quand il n'y avait rien d'autre à faire. Elle gardait le rythme avec les devoirs de Flint, et les siens bien sûr. Elle étudiait le Soin autant qu'elle le pouvait, essayant de s'amener au même niveau qu'Archie serait, et donc où ses parents s'attendraient à ce qu'elle soit d'ici à la fin de la première année à AIM. Son Occlumancie pouvait attendre, mais Rigel savait que Lily ne serait pas capable d'empêcher James et Sirius de réclamer à voir un peu de Soin pendant l'été entier, peu importe les lois sur la magie pour les mineurs.

Donc elle étudia les manuels qu'elle avait pris de la Bibliothèque des Potter et au premier juin, elle était confiante de pouvoir soigner une fracture osseuse mineure (elle avait seulement soigné l'aile d'un oiseau jusqu'à présent, et les os d'oiseaux étaient très légers et fins, mais elle avait les concepts basiques intégré), ce qui était pile dans le planning d'où Archie serait, même s'il serait plus rapide et plus confiant qu'elle et aurait une meilleure compréhension de la théorie derrière. Rigel apprenait le Soin comme la plupart des moldus apprenaient l'algèbre. Elle pouvait suivre les formules spécifiques à la situation et sortir correcte à la fin, mais elle n'avait aucune idée de comment ou pourquoi les équations marchaient de la façon qu'elles marchaient.

Elle échangeait également plein de lettres avec Archie, coordonnant leur voyage-retour à la maison, et donc ce fut le premier mercredi de juin qui la vit écrire encore une autre lettre. Cette lettre était unique parce qu'elle l'écrivait avec un sort de changement d'écriture au lieu d'une dicto-plume. Généralement, Rigel dictait ses lettres à Sirius, Remus, et les autres, pour que son écriture ne la dévoile pas, et écrivait seulement ses lettres à Archie parce que cela n'importait pas si c'était son écriture sur celles-là puisque personne en Amérique ne serait capable de le savoir. Cette fois, elle écrivait à Archie avec le nouveau sort de changement d'écriture qu'elle avait appris pour qu'il puisse comparer avec la sienne et l'approuver avant qu'elle ne l'essaie avec Sirius. Le sort était en deux parties. Premièrement, on lançait le sort sur l'échantillon d'écriture que l'on voulait imiter, puis on lançait le sort sur sa main dominante, et tout ce que l'on écrivait avec cette main serait de l'écriture échantillonnée pendant approximativement une heure.

Elle se pencha en arrière sur le lit de son dortoir et admira son travail. Cela ressemblait vraiment à une des lettres d'Archie. Elle était sur le point de la sceller quand Theo leva la voix depuis le lit à côté d'elle.

« Hé, Rigel, tu peux m'aider avec ça ? »

Rigel le regarda. Theo était assis au bout de son lit, les deux pieds sur l'abattant de sa valise, qui reposait juste sous lui, et essayait clairement de fermer la valise débordante.

« Tu fais tes valises ce soir ? » demanda-t-elle curieusement.

Ils finiraient leurs examens le jour suivant, mais ils ne partaient pas avant deux jours après ça, le premier samedi du mois.

« J'ai juste besoin de m'assurer que tout rentre, expliqua Theo, soufflant alors qu'il forçait ses muscles pour abaisser l'abattant. Autrement, je devrai donner certaines de mes chaussures aux objets perdus ou autre. »

Draco jeta un œil depuis son propre lit de l'autre côté de Rigel et sourit.

« Je pense que le fait que tu te tiens dessus veut dire que toutes tes affaires ne rentrent, en fait, pas dans cette valise.

– Je pense vraiment que je peux la persuader du contraire, dit Theo avec bonhomie. Allez, Rigel, aide-moi. »

Rigel se leva et alla se tenir à côté de la valise de Theo.

« Qu'est-ce que tu veux que je fasse ?

– Je ne sais pas. »

Theo se gratta la tête.

« Assieds-toi dessus ou quoi. »

Rigel secoua la tête, mais alla s'asseoir docilement sur la valise peu coopérative de Theo.

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Draco regarda Rigel partir contribuer aux méthodes de rangement impossible de Theo. Il ne participerait jamais à quelque chose d'aussi disgracieux lui-même, mais il devait admettre que c'était plutôt amusant de regarder ses compagnons de chambrée se ridiculiser pour un bout de bagage. Ses yeux dérivèrent sur la lettre que Rigel avait été en train d'écrire, qui reposait maintenant à la vue de tous sur son lit. Il ne pouvait s'empêcher de penser qu'elle avait quelque chose de différent.

Puis il réalisa avec un sursaut de surprise que l'écriture était différente. Allons bon, ce n'était pas du tout comme l'écriture habituelle de Rigel, qui était généralement en cursive droite et petite. À la place, la lettre que Draco venait juste de regarder Rigel écrire était d'une écriture large, pleine de boucles qui bougeait de façon erratique sur le parchemin plutôt que les rangées soignées et presque parfaites que Rigel faisait généralement en prenant des notes. Était-il plus paresseux pour une lettre à la maison ? Est-ce que l'écriture était une sorte de code qui voulait dire des choses différentes selon… non. Non, il était ridicule. Cela pouvait être n'importe quoi. Il écrivait généralement à son père avec une dicto-plume, Draco le savait, donc peut-être que c'était parce qu'il avait secrètement une très mauvaise écriture. Une mauvaise habitude qu'il brisait consciemment pour prendre des notes. Tous. Les. Jours. Draco fronça les sourcils, réfléchissant. Il supposa que cela faisait sens si Rigel avait écrit avec un sort de changement d'écriture, mais pourquoi le ferait-il ? Draco secoua la tête et retourna à sa propre lettre pour chez lui. Il ajouterait juste les fluctuations d'écriture bizarres à la liste grandissante des choses très étranges qu'il connaissait sur son ami.

Somme toute, cela avait été un semestre très bizarre. Il était venu à Poudlard s'attendant à… pas exactement ce qu'il avait trouvé. Le Quidditch était pratiquement ce qu'il avait pensé que ce serait. Les cours aussi étaient plutôt prévisibles. Mais les autres choses…

Ses amis, par exemple, n'étaient pas du tout ce à quoi il s'était attendu. Il connaissait déjà Pansy, la petite blonde qui s'accrochait à sa mère quand Mr. Parkinson venait parler à son père. Il s'était vraiment attendu, toutefois, à ce qu'il passe la majeure partie de son temps à traîner avec Crabbe et Goyle, les deux ayant été des figures constantes, un peu comme deux armures moches, dans sa vie avant Poudlard. Draco s'était complètement attendu à traverser les couloirs de Poudlard avec ses pseudo gardes du corps à sa gauche et sa droite, mais alors Rigel Black s'était pointé devant ce Choixpeau et, ignorant complètement les attentes prudemment pensées des gens de leur temps ici à Poudlard, s'était retrouvé réparti à Serpentard.

Immédiatement, les choses avaient changé. Il n'allait pas faire de rapport sur le descendant Black de loin, comme sa mère le lui avait demandé, mais du lit d'à côté en tant que camarade de dortoir. Et alors, Black s'était rendu si intéressant, et avant que Draco ne le sache, il était Rigel, et Parkinson était Pansy, et ils étaient tous les trois meilleurs amis. Bon, en quelque sorte. C'était dur de clamer être le meilleur ami de quelqu'un tout en étant parfaitement conscient qu'il gardait des secrets majeurs. Tout comme il était dur de clamer que quelqu'un était ton meilleur ami quand tu faisais aussi en quelque sorte des rapports sur ledit meilleur ami à tes parents. Tout de même, c'était une sorte d'amitié Serpentard, comme le genre d'amitié que Draco suspectait que son père et son parrain avaient, et cela convenait à Draco très bien.

La maladie, il ne l'avait définitivement pas vue venir, et le truc avec Lee Jordan essayant de tuer Rigel était venu de complètement nulle part. La chose la plus étrange, toutefois, était Rigel lui-même. Le garçon était, objectivement parlant, bizarre. Il était végétarien. Il dormait avec ses vêtements. Il avait une connaissance étrange, presque innée, du plan du château dès la première semaine. Il parlait de sa magie comme si elle avait un esprit propre, et toutes les évidences que Draco pouvait voir semblaient soutenir la théorie qu'elle avait un esprit propre. Il était si bon en potions qu'Oncle Severus avait été immédiatement impressionné. Il pouvait traverser les noyaux magiques des gens. Et malgré tout ce qu'il pouvait faire – léviter Londubat en plein vol juste un jour après avoir appris le sort, voler pendant des semaines à une main avec un poignet brisé, sortir une rédaction de potions de son esprit sans références – il s'en fichait. Rigel traitait tout ce qu'il faisait comme si c'était juste quelque chose pour le tenir occupé jusqu'à ce qu'il puisse reconcocter des potions.

Cela rendait Draco fou, et même Pansy, Miss Patience elle-même, devenait extrêmement frustrée par Rigel de temps à autre. Comment quelqu'un pouvait avoir autant de capacités pures et ne juste pas y penser une seconde ? La magie était un désagrément pour lui, et pourtant, c'était son unique façon de faire avec la magie qui lui avait permis de sauver la vie de Draco. Son père avait fait de Rigel un Malfoy, et Rigel avait juste cligné des yeux comme s'il ne comprenait pas pourquoi ils feraient quelque chose qu'il voyait comme étant très inutile. Rigel Black était exaspérant, déroutant, et Draco savait qu'il était difficilement d'accord avec quoi que ce soit que Draco disait ou croyait, bien que Rigel ne se pointait jamais vraiment pour le dire. Mais même si Draco avait toujours imaginé les amis comme des gens qui vous soutenaient et étaient d'accord avec vous quoi que l'on fasse, Rigel était indéniablement un des meilleurs amis qu'il avait jamais eus. Pansy était l'autre meilleure amie qu'il n'avait jamais eue, et la majeure raison de ce qui la rendait aussi géniale était qu'elle était la seule autre personne qui comprenait juste à quel point Rigel était vraiment bizarre.

Donc même si Pansy était une fille, et même si Rigel lui mentait tout le temps, Draco était plutôt certain que ces choses n'importaient pas, parce qu'après l'année de folie qu'ils avaient eue, Draco pensait que peut-être les amis n'étaient pas ceux qui étaient d'accord avec vous. Ils étaient ceux qui sauvaient votre vie et puis vous écoutaient vous plaindre sur à quel point votre ami salvateur était agaçant. Draco roula sa lettre à son père avec précaution, sachant que toute tache d'encre recevrait des remarques, et pensa en l'attachant que même si ce n'était pas ce à quoi il s'était attendu, sa première année à Poudlard serait une année qu'il n'oublierait jamais.

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Leur compartiment était complètement plein dans le trajet de train vers la maison, et ils ne détestaient personne dedans. Millicent avait pris le sixième siège vide, et donc ils passèrent le trajet entier à parler et se faire des promesses de s'écrire, se visiter, et se rencontrer durant l'été sans l'habituel drama des trajets de train. Les Jumeaux Weasley passèrent et dirent leurs au revoir, ainsi que Ron et même Percy, poussant Draco à marmonner sans enthousiasme que leur compartiment devenait infesté par les belettes. Neville passa aussi, et de façon surprenante, Cho Chang, dont l'apparition fut suffisamment inattendue pour que tous les camarades de Rigel la regardent avec des expressions diverses qui disaient "qui-es-tu-et-pourquoi-connais-tu-tous-ces-gens-qui-ne-sont-pas-à-Serpentard ?" Rigel haussa les épaules de façon évasive et un roulement d'œil collectif (sauf pour Pansy, qui ne roulait pas des yeux) traversa le compartiment.

Rigel n'avait jamais été aussi heureuse de voir les contours de la gare King's Cross au loin. Elle voulait être à la maison tellement fort que cela faisait mal. Bien que sa première année à Poudlard eût été à la fois tout ce à quoi elle s'était attendue et rien de tout cela, elle était fatiguée. Ce n'était pas un épuisement magique comme lorsqu'elle avait concocté de la Blaneige pour Snape, et ce n'était pas un épuisement mental comme lorsqu'elle s'était battue contre la maladie dans la tête de Draco. C'était un pur épuisement de l'âme qui venait de la pression du mensonge constant, de la supercherie constante, du simulacre constant. Son âme était essorée, et elle ne pensait pas qu'elle pourrait être Rigel une minute de plus. Elle avait besoin d'Archie. Elle avait besoin de Remus. Elle avait besoin de voir sa mère et son père et Sirius et qu'ils la voient pour qui elle était, Harry, non plus Archie ou qui que ce soit qu'elle prétendait être.

Elle avait besoin d'une pause de la personne qu'elle était à Poudlard, même si c'était juste pour une semaine environ avant qu'elle ne visite ses amis en tant que Rigel de nouveau. Elle dormirait dans ses pyjamas, verrait des yeux verts la regarder dans le miroir, et ne parlerait pas de Harry Potter à la troisième personne même une seule fois. Elle concocterait à longueur de journée, pensait-elle, rêveuse, et n'aurait pas à prétendre qu'elle s'intéressait à d'autres cours et devoirs.

Rigel se leva alors que le train commençait à ralentir.

« Bon, ça a été une super année, les gars. Vous allez tous me manquer, et n'oubliez pas d'écrire. Je vous verrai en septembre », dit-elle.

Elle les salua de la main, faisant montre d'une bonne humeur exagérée, et quitta le compartiment avant qu'un seul de ses amis interloqués ne puisse réagir à son départ abrupt.

Rigel fuit dans les toilettes les plus proches et s'enferma dans un cabinet pendant qu'elle sortait une fiole de Potion Polynectar de sa poche et la mèche de cheveu fraîche qu'Archie lui avait envoyée par courrier à la fin de mai. Elle descendit la dose et serra les dents contre la sensation inconfortable de torsion dans ses intestins. Quelques minutes plus tard, elle émergea en étant le jumeau d'Archie et alla se tenir près des portes pour que quand le train s'arrêterait, elle serait prête à partir. Elle avait sa valise dans sa poche, avec assez de doses de Polynectar pour lui durer jusqu'à minuit, et quand le Poudlard Express s'arrêta enfin complètement, Rigel sauta sur le quai avec un pas aussi léger que son cœur. Elle y était presque.

Sirius était difficile à rater, et ce n'était pas à cause du haut-de-forme rose et jaune qu'il portait. C'était son expression, à moitié pleine d'espoir et à moitié anxieuse, qui n'était tellement pas à sa place parmi la foule de parents et tuteurs joyeux et faisant des signes de la main. Rigel sourit aussi largement que la bouche d'Archie lui permettait et fonça vers son Oncle en courant. Son visage enregistra un moment de surprise et puis il tendait les bras pour l'attraper alors qu'elle se propulsait dans les airs vers lui.

« Papa ! »

Elle atterrit sur lui avec toute la finesse d'un rhinocéros volant, mais Sirius l'attrapa quand même et utilisa son élan pour la faire tourner en cercle comme il avait l'habitude de faire avec les gens. Elle l'enlaça avec force, mais pas aussi fort que Sirius la tenait.

« Archie », exhala-t-il avec soulagement.

Il la reposa avec précaution, et regarda avec curiosité son visage.

« Comment vas-tu ?

– Super maintenant que je suis de retour ! » dit-elle.

Elle saisit le bras de Sirius et commença à le tirer loin du quai, déterminée à s'en aller avant que ses amis ne se mettent à la chercher.

« C'est trop génial de te revoir, Papa. Je suis désolé de ne pas avoir écrit plus, mais tu ne vas pas croire toutes les choses que je dois te dire ! Non, vraiment, je ne pense pas que tu vas me croire du tout, c'est pour ça que je ne me suis pas embêté à les mettre dans une lettre, mais je vais te les dire quand même. Tellement de trucs s'est passé ce dernier semestre ! Tu sais que Serpentard a gagné la Coupe de Quidditch ? Serdaigle a gagné la Coupe des Quatre Maisons, mais celle de Quidditch est la seule qui importe vraiment. Draco n'a pas joué, mais Adrian Pucey(1) si, et il m'a aidé avec mon devoir de Botanique une fois. »

Elle papota sans arrêt alors qu'ils se rendaient à travers les rues sinueuses de Londres vers un point de transplanage. Sirius ne l'interrompit pas une seule fois, la regardant et l'écoutant juste à la place, avec son sourire devenant plus grand et plus relaxé plus elle parlait.

« Et je suis à peu près sûr que j'ai réussi tous mes exams, mais Binns nous a fait écrire quatre-vingt-dix centimètres sur une rébellion gobeline qu'il a seulement mentionné genre une fois en octobre. Quatre-vingt-dix centimètres ! Et…

– Woah, calme, chiot, intervint Sirius avec un rire. Tu peux tout me dire quand on arrivera à la maison, et puis encore quand on ira à Godric's Hollow pour dîner. Dis-moi juste ceci. »

Là, il la regarda avec une expression plus sérieuse.

« Est-ce que tu as aimé Poudlard ? Je veux dire, vraiment aimé ? »

Rigel regarda dans les yeux gris qui seraient toujours plus brillants que ce que des lentilles pouvaient imiter et répondit aussi honnêtement qu'elle pouvait :

« Poudlard était merveilleux, Papa. C'était tout ce que tu m'as dit que ce serait et même plus, mais rien n'est aussi bon que de rentrer à la maison. »

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Le bureau de Severus Snape était inhabituellement vide. Certains diraient qu'il était toujours plutôt spartiate, et que la probabilité qu'il le devienne encore plus était plutôt improbable, mais après avoir passé la majeure partie du jour à ranger son bureau pour les vacances d'été, même Severus Snape devait admettre, en regardant autour de lui, que son bureau était bien vide. Parties étaient les étagères d'ingrédients préservés qui servaient à la fois de décoration macabre pour son sens de l'humour qu'il reconnaissait être excentrique et de moyen de dissuasion pour tout élève non Serpentard suffisamment buté pour tenter une visiter plus longue que le temps que cela prenait pour complètement les renvoyer. Parti était le confortable fauteuil qui reposait habituellement derrière le bureau. Partis étaient les papiers reposant presque toujours sur son bureau, et dès qu'il aurait vidé le dernier tiroir, lui aussi, serait parti. Loin des vieux hommes indiscrets avec des barbes trop longues pour que ce soit hygiénique, loin des enfants qui ne connaissaient pas le bon bout d'une tige d'agitation ni le bout tranchant de leurs couteaux d'acier de qualité inférieure. Loin de l'enseignement et des corrections et de s'inquiéter de combien de ses élèves allaient causer des accidents presque mortels parce qu'ils ne pouvaient pas s'embêter à lire les instructions avant de jeter des ingrédients comme s'ils jetaient l'étagère à épices de leurs mères. Il aurait trois mois de paix pour concocter, faire des recherches, et expérimenter – autrement dit, se détendre.

Tout d'abord, toutefois, il devait ranger ce dernier tiroir. La première chose sur le dessus était le sac de médi-balles qu'il avait données à Black pour entraîner sa magie. Un rapide regard au sac confirma que toutes sans exception étaient d'un vert aussi brillant et stable que le jour où le petit morveux les lui avait données. Comme si elles ne comprenaient pas du tout le concept d'énergie magique déclinant naturellement. Il secoua la tête. Rien de ce que faisait ce garçon était-il normal ? Severus ne savait vraiment pas quoi faire de Rigel Black. Si quelqu'un lui avait demandé au début de l'année scolaire s'il prendrait le fils de l'un de ses ennemis pour en faire son apprenti à l'essai, il aurait enlevé cent points à Gryffondor pour avoir posé une telle question impertinente, parce que vraiment, seul un Gryffondor idiot pourrait demander quelque chose d'aussi clairement absurde à un homme comme Severus Snape, qui n'avait clairement pas le temps pour la folie.

Bien sûr, c'était avant que Rigel Black ne se fasse répartir à Serpentard et ne montre avoir une volonté obstinée et un œil pour les potions – et de façon plus importante, un cœur pour les potions.

Severus rangea le sac de Médi-minis dans une boîte et sortit d'autres bric-à-brac qui semblaient toujours s'accumuler dans son bureau quand il n'avait nulle part ailleurs pour garder de telles choses hors du tiroir. La dernière chose, glissée tout au bout du tiroir contre le fond, était un paquet enveloppé de soie qui le fit se figer en le voyant. Il soupira et le sortit, s'abaissant au sol pour s'asseoir et regarder avec fatigue le paquet.

Le Maître des Potions contempla le petit paquet banal et se demanda comment il en était arrivé là. Il le déballa lentement, et là, dans la soie, était une pile de ginseng parfaitement préservé. Cela ne paraissait pas beaucoup, et en effet, dans l'ordre des choses de la maladie, cela n'aurait pas été beaucoup, mais c'était assez pour garder un enfant fourni en Blaneige et Souffle d'Aurore pour plusieurs mois au moins. Severus Snape fixa le paquet pendant un long moment. Il n'y avait rien de spécial concernant le ginseng lui-même, mais plutôt ce qu'il représentait.

Le ginseng symbolisait un mensonge, son mensonge pour être exact. Il n'y avait rien de remarquable par rapport au fait qu'il avait menti – Severus Snape mentait comme il respirait, comme beaucoup, beaucoup de personnes pourraient le confirmer. C'était ce mensonge en particulier toutefois, le pourquoi et le comment de celui-ci, qui méritait une profonde contemplation.

Il avait menti à Rigel Black, menti dans l'espace mental du garçon même, quand il avait dit à Black que le fait de prévenir Severus pour la maladie de Draco n'aurait fait aucune différence. En vérité, Severus avait mis de côté le ginseng et l'avait préservé le moment même où il avait réalisé qu'ils commençaient à en manquer. Il avait inspecté la liste d'allergie de Draco lui-même quand Lucius lui avait donné, et il avait su que ce n'était qu'une question de temps avant que son filleul tombe malade également. Donc il s'était assuré que quand Draco tomberait malade, on pourrait prendre soin de lui. Bien sûr, ce plan ne marchait que s'il était mis au courant du fait que son filleul était malade, mais au lieu de dire ça à Black, au lieu de lui expliquer pour le ginseng caché, il avait menti.

Il avait dit au garçon qu'il n'avait pas rendu les choses pires par son erreur, et avait laissé le garçon continuer à croire que la vie de Draco était véritablement toujours en danger, même si Severus était passé par l'Infirmerie pour jeter un œil à Draco avant de se lancer pour lui concocter les potions nécessaires quand Narcissa avait remarqué la main de Draco tressauter. Il avait laissé Black penser qu'il avait sauvé Draco quand personne d'autre ne le pouvait, laissé Draco et même Lucius et Narcissa le penser, n'informant pas son plus vieil ami du stock de ginseng qu'il avait préparé, bien qu'il sût ce que cela aurait signifié pour eux en termes de la Vie qu'ils pensaient ils devaient au garçon.

Severus aurait pu facilement justifier ses actions en disant que s'il avait dit la vérité, la maladie n'aurait jamais pu être guérie. Si Black n'avait pas cru que son meilleur ami était en danger mortel, il n'aurait jamais essayé aussi fort de le sauver. Mais la vérité était que la maladie avait été guérie le moment où Black était entré dans l'esprit de Draco, et il avait fait cela avant que Severus ne débarque et lui mente.

Donc pourquoi avait-il menti ? C'était simple, et pourtant c'était si compliqué qu'il pouvait à peine le comprendre. Severus Snape, tout simplement, et incroyablement, n'avait pas voulu blesser le garçon. Black s'était déjà senti coupable pour ce qu'il pensait avoir fait, et il avait tant fait pour Draco, malgré le fait que son filleul n'aurait pas eu de problèmes sans l'aide de Black. Il n'avait pas besoin de faire se sentir pire le garçon après les faits, donc il avait inventé une fiction dans laquelle Black avait vraiment sauvé Draco d'une mort certaine. Si Severus y pensait suffisamment longtemps, ce n'était pas véritablement un vrai mensonge. Black avait opéré avec le postulat que Draco allait mourir, et même s'il avait tort, il avait quand même fait un labeur de héros, pour une raison de héros. Sûrement, alors, ce n'était pas exagérer que de demander qu'il reçoive une récompense de héros. Narcissa et Lucius pouvaient se permettre la Dette de Vie – Severus savait que Black n'était pas le genre de garçon à réclamer un paiement impossible, ou plus probablement, pas de paiement du tout. Personne n'était blessé, à la fin, et son pseudo-apprenti obtenait à la fois de la confiance en lui et des louanges, deux choses qui l'aideraient plus tard.

Le problème était que Severus Snape avait montré de la sympathie et même de la gentillesse pour quelqu'un qui n'était pas juste un élève, pas juste un Serpentard, mais un Black. Un Black. Il haïssait les Black. Haïssait toute la famille malade. Sirius Black était un nom gravé avec de la haine dans chaque souvenir d'école de Severus, et d'agir d'une telle manière envers son fils – de montrer de la gentillesse et de se plier en quatre pour éviter de blesser l'enfant – une telle chose, même Albus l'aurait considéré hors de sa portée. Et pourtant, voilà.

Severus renveloppa le paquet de ginseng et le plaça dans la boîte avec le reste. Il se leva et plaça la boîte sous un bras, utilisant l'autre pour éteindre les lumières et fermer derrière lui. Alors qu'il traversait les couloirs des cachots pour la dernière fois avant septembre, il ne put s'empêcher de secouer la tête à la façon dont l'année s'était déroulée. Août dernier, il n'aurait jamais imaginé qu'il trouverait le parfait héritier à son expertise des potions chez l'enfant de son ennemi d'enfance le plus amer. Les choses changeaient. Il changeait. Seul le temps lui dirait si le monde pouvait vraiment changer pour le meilleur.


(1) Faute plus que probable de Violet qui a écrit "Avery Pucey", ndt


NDA : C'est la fin de The Pureblood Pretense, premier tome de cette série. Je posterai l'épilogue de ce tome en même temps que je posterai le premier chapitre du prochain tome dans la série, de cette façon, si vous avez cette histoire en Suivi, vous devriez recevoir une notification comme quoi celle-ci a été updatée, et vous saurez qu'il vous faudra trouver la prochaine histoire sur mon profil. Attendez-vous à : The Serpentine Subterfuge.

Avec beaucoup d'amour,

-Violet

NDT : Alors, je ne vais pas faire la même chose que Violet pour ce qui est de poster l'épilogue, bien que sa technique soit pas mal pour éviter que les gens ne se rendent pas compte que le nouveau tome a commencé. En effet, avant de me lancer sur le premier chapitre de SS (qui euh, est long ? 30 000 mots, koff koff), je vais relire tout PP pour le corriger. Ce qu'il va se passer, c'est que le mois prochain, soit, en plus de faire la traduction de l'épilogue (qui n'est pas bien long), j'aurai terminé la correction et dans ce cas, tout ira bien, soit je n'aurais pas terminé la correction et dans ce cas, je prendrai au moins un mois supplémentaire après l'épilogue pour la terminer avant de commencer SS. Bref, je vous redis ça le 15 février ;)

Chali