Résumé : Harry a survécu à la guerre. Severus Rogue aussi. Ce recueil d'OS vous plongera dans une relation de mentorat. A travers des petits moments de vie, suivez leurs espoirs leurs regrets, leurs peurs, leurs joies. Leurs vies.

Merci à tous les lecteurs qui suivent et commentent cette histoire, en particulier à :

Lydouille : Merci pour ta review ! J'espère que ce chapitre va te convenir ! C'est un peu mélodramatique sur les bords, mais j'adore les dialogues un peu grandiloquents ^^

Katymyny : Merci pour ta review ! Oui enfin revenue, navrée pour l'attente. J'avais un peu perdu l'inspiration et puis un jour on se remet à lire Harry Potter et on retrouve la magie et l'envie d'écrire soi-même pour continuer cette formidable aventure. Je suis contente que le chapitre te plaise ! Notre pauvre Severus va en prendre pour son grade dans le chapitre qui vient. ET j'ai écouté tes conseils, j'ai mis une petite image pour accompagner le profil et les histoires :)

Bonne lecture

Chapitre 7- Crever l'abcès

-Vous êtes étonnement silencieux aujourd'hui Potter.

Harry, qui feuilletait distraitement son manuel « Formation d'Auror 1ère année - De l'utilité des Potions dans la pratique du renseignement et de l'espionnage », releva brusquement la tête. Depuis qu'il avait commencé la lecture de cet ouvrage, assis tranquillement en face de son ancien professeur, il avait été assailli par des émotions qu'il peinait à comprendre. Ebranlé il n'avait pas soufflé un mot depuis un moment suffisamment long pour que Rogue, qui d'ordinaire devait lui intimer de se taire, s'inquiète de ce silence prolongé. Harry, plongé dans ses pensées en avait presque oublié sa présence.

-Eh bien ?, reprit Rogue qui n'avait pas obtenu de réponse. Dois-je commencer à m'inq…

-Pourquoi m'avez-vous posé ces questions lors du premier cours de Potion ?, lâcha brusquement Harry en interrompant l'ancien espion.

D'abord interloqué par l'interruption du gryffondor, Severus mis quelques instants avant de reprendre perplexe:

-Je vous demande pardon ?

-Les questions que vous m'avez posées lors du premier cours de potions, sur l'asphodèle, sur les bézoards… pourquoi avez-vous fait ça ?

-Je souhaitais évaluer….

-Evaluer quoi ?, l'interrompit Harry sèchement. Ces questions n'étaient pas au programme de première année. Vous le savez très bien !

-Vous étiez distrait, occupé à faire autre chose, répliqua le maître des potions agacé. L'insolence n'avait pas sa place dans mon cours. Il était hors de question que je vous octroi un traitement de faveur au prétexte que…

- Un traitement de faveur ? Un traitement de faveur ?!, s'emporta Harry en se levant si brusquement qu'il en fit tomber sa chaise. C'est comme ça que vous appelez le fait de vous en prendre gratuitement, sans aucun motif à un gamin de 11 ans ? Pour votre gouverne je ne faisais que prendre en note ce que vous étiez entrain de dire. Vous ne vous êtes même pas donné la peine de vérifier ce qui était inscrit sur ma feuille de cours. Et tout ça pourquoi ? Parce qu'avant même que je ne mette un pied dans votre salle de cours, vous aviez déjà une idée préconçue sur moi. Alors ne me parlez pas de « traitement de faveur » professeur.

Le directeur adjoint resta interdit quelques instants, laissant le souvenir de ce premier cours remonter à sa mémoire. Il se souvenait clairement avoir vu le garçon se servir de sa plume. Il en avait déduit qu'il se préoccupait d'autre chose que du cours. Avait-il vérifier le ce qui était inscrit sur sa feuille ? Non. Lui avait-il seulement laissé le bénéfice du doute ? Pas plus. Oh, il ne savait que trop bien pourquoi. Parce qu'il avait été trop heureux d'avoir un prétexte pour comparer le garçon à son père. Parce qu'il avait été trop heureux de pouvoir reporter sa colère et sa souffrance sur quelqu'un. Quand bien même le quelqu'un en question n'était qu'un gamin de 11 ans.

-Vous m'avez détesté dès que vos yeux se sont posés sur moi, poursuivit Harry d'une voix morne. Juste parce que je ressemblais à mon père. Vous vous êtes fait votre propre opinion sur moi avant même que j'ai eu le temps d'ouvrir la bouche.

-J'ai pu être… biaisé dans mon jugement sur votre personne, reconnut Severus de plus en plus mal à l'aise par la tournure que prenait la conversation.

-Biaisé ?!, cracha Harry. Vous avez été injuste et cruel ! J'avais 11 ans à peine ! 11 ans ! Vous ne manquiez pas une occasion de me rabaisser publiquement. Vous avez estimé que j'étais un enfant arrogant, pourri gâté, dont les moindres désirs étaient des ordres. Tout cela parce que vous aviez décrété que j'étais le digne fils de mon père. Et le pire c'est que lorsque vous êtes rendu compte que je n'avais pas une vie de rêve comme vous le supposiez, lorsque vous avez vu comment les Dursley me traitaient lors de nos séances d'occlumancie, cela n'a rien changé pour vous. Vous saviez comment ils me traitaient et vous n'avez rien fait, rien dit pour m'aider. Au contraire, vous vous en êtes servi contre moi, pour m'humilier davantage ! Alors que… alors que c'était de votre faute si… si…

-Dites le Potter.

-C'est de votre faute si ce sont eux qui m'ont élevé…. C'est vous qui Lui avait rapporté la prophétie…. Si vous ne l'aviez pas fait…Si vous…

-Vos parents seraient sans doute encore en vie, acheva le maître des potions d'une voix éteinte. J'ai conscience que mes choix ont eu des conséquences dramatiques. Et quand bien même cela n'efface ni ne pardonne rien, j'ai essayé de me racheter…

Harry avait le souffle court, il sentait son cœur s'emballer sous le coup de la colère et il avait le plus grand mal à contenir les larmes qui menaçaient de s'échapper de ses yeux. D'un geste rageur, il passa sa manche sur son visage et reprit :

-Et si la prophétie n'avait pas concerné ma mère ? Si c'est une autre famille qui avait été visée ? Vous auriez aussi fait le choix de trahir Voldemort et de devenir espion ?

Cette question fit l'effet d'un uppercut au serpentard qui en eut presque le souffle coupé. C'est une question qu'Albus ne lui avait pas posée. Une question qu'il ne s'était même pas posée lui-même. Volontairement. Par lâcheté sans doute. Parce qu'au fond de lui il connaissait la réponse et que cette réponse le terrifiait. Oh !, il aurait été facile de mentir à Potter. Il aurait si simple de le rassurer et de lui servir des platitudes qu'il semblait espérer.. Mais le garçon méritait mieux. Il méritait la vérité. Quand bien même celle-ci était cruelle.

-Je ne pense pas, avoua-t-il dans un murmure.

L'expression d'incompréhension et de déception qu'arborait Potter lui fit l'effet d'une claque. Des yeux verts identiques l'avaient déjà regardé ainsi il y a bien longtemps.

-Comment pouvez-vous dire ça alors que vous savez ce qu'il a fait…

-Je ne suis pas quelqu'un de bien Potter. Ne vous faîtes pas d'illusion sur ma personne.

Voilà que le garçon pleurait. De dépit ? De colère ? De frustration ? Sans doute un peu de tout cela à la fois… Sans lui adresser le moindre regard, le gamin se tourna brusquement vers la porte du bureau.

-Je… Je dois y aller, bafouilla-t-il.

-Potter…, fit vainement Severus en tendant un la main vers l'endroit où se trouvait le jeune homme comme pour le rattraper.

Il n'obtint aucune réponse. La porte s'était refermée. Le jeune homme était parti.

Et une fois de plus, espion eut la désagréable impression que ses paroles et ses actes venaient de lui coûter bien cher.

Fin du chapitre 7

Voilà, il fallait bien que cela arrive à un moment ou à un autre pour que ces deux là puissent éventuellement avancer dans leur relation. La suite au prochain chapitre ! Merci à tous pour vos encouragements.