Bonjour à toutes bonjour à tous !
Heureux de vous retrouver ! Laissez-moi vous dire que je suis un autre homme depuis que j'ai 28 ans, ma vie a changé et je suis à présent empli de sagesse !
Bon, non, ce sont des conneries. Merci à toutes celles et ceux qui m'ont souhaité un bon anniversaire, merci à toutes celles et ceux qui me lisent, et merci d'avoir répondu à mes questions sur le fandom ! Bon j'ai pas trop avancé dans ma réponse puisque personne ne lisait des USA apparemment... Ce qui voudrait dire que ce sont des bots qui chargent les pages de l'histoire ? Ptet. Ca expliquerait que FFNet se soit placé derrière la protection de CloudFlare... Peu importe, ceux qui sont là et me lisent ce sont vous les meilleurs, je vous aime trop !
Au fait, pour celles et ceux qui demandaient : je suis sorti de l'EPFL, l'école polytechnique de Lausanne, et je suis désormais ingénieur en informatique ! C'est pas le profil typique d'un auteur de fanfiction j'en conviens, mais je trouve ça trop cool d'avoir un peu d'art dans ma vie pour contrebalancer le monde carré et rigoureux de la science. Je fais aussi du théâtre dans une troupe semi-pro, d'ailleurs.
Un grand merci habituel à toutes celles et ceux qui laissent des reviews, ça me touche et ça m'encourage à me lancer dans l'écriture d'un nouveau projet ! Un Drarry, probablement, et j'aimerai bien écrire un truc un peu tragique, un peu post-apocalyptique... Toujours avec une happy end évidemment. Que des idées pour le moment, rien de concret ! Merci aussi à celles et ceux qui ont laissé leur première review suite au chapitre précédent, ça me touche beaucoup, bienvenue à bord !
Et pour finir le shoutout habituel à Pouik et Shik-Aya-chan pour leur relecture ! C'est grâce à elles si je peux publier ce chapitre plus tôt que prévu et vous régaler, ce sont les meilleures ! À ce propos, ce chapitre est un de mes préférés, il marque la fin du "début" de l'histoire et le début des vraies emmerdes pour nos deux héros. J'espère qu'il vous plaira autant qu'à moi !
On se retrouve à la fin ! Bonne lecture !
Chapitre 7
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Fratricide
Albus se réveilla tôt ce jour-là. Trop tôt, d'ailleurs, il était à peine sept heures.
— Bordel, si c'est pas malheureux… grogna-t-il, encore endormi.
Se réveiller à sept heures un samedi matin de début de vacances, c'était d'une tristesse sans nom.
— Al ? Tu es réveillé ? fit une voix, chuchotant depuis un endroit qu'il ne voyait pas.
— Ouais…
— Viens voir, il neige encore !
Hum, voilà qui était un dilemme. En cette saison, si le lac était assez calme pour ne pas recouvrir les lucarnes qui surmontaient les fenêtres sous-marines, on pouvait parfois voir la neige recouvrir peu à peu les contreforts du château au loin. Devait-il se lever et rejoindre son ami, dont le ton émerveillé traduisait la joie toute guillerette et enfantine qu'il avait envie de partager, ou devait-il se rendormir et profiter de la chaleur de son lit pendant encore une bonne heure ?
La dernière semaine de cours avait été éprouvante. Scorpius avait été partagé entre des moments d'inquiétude lorsqu'il voyait la chaise de son père, toujours inexplicablement vide à la table des professeurs, et des moments de joie avec lui et Oriana, qu'il avait bien appris à connaître en seulement quelques jours. Albus devait se concentrer pour parvenir à masquer l'antipathie qu'elle lui inspirait, mais il y parvenait encore. Pour Scorpius.
Le temps des vacances de Noël était finalement venu, ce qui signifiait pour Albus et Scorpius une inévitable séparation pendant deux longues semaines. Le garçon encore à moitié endormi ne pouvait s'empêcher de sentir son cœur se serrer un peu à cette idée.
Albus grogna. Le Poudlard Express partait à onze heures, ce qui voulait dire qu'il pouvait se lever sans problème à huit heures.
— Al ! Ne te rendors pas !
Une tête blonde apparut soudainement dans son champ de vision. Scorpius murmurait pour ne pas réveiller les deux autres occupants du dortoir, sans doute encore assoupis.
— Putain, Scorp, souffla-t-il d'une voix brumeuse, tu fais chier, on la voit tous les ans la neige !
— Mais viens, allez quoi ! Tu n'es jamais réveillé aussi tôt d'habitude, on peut aller jouer aux échecs dans une alcôve de la Salle Commune avec la neige qui tombe dehors ! C'est la meilleure vie ça !
Albus ouvrit un œil amusé.
— Tu te répètes souvent ce scénario de film romantique dans la tête ? demanda-t-il d'un air moqueur.
— Ouais, et tu joues le rôle du vieux daron qui ne satisfait plus sa femme, rétorqua Scorpius en commençant à lui tirer sur le bras. Allez, viens !
— Mais ! J'peux dormir encore presque une heure ! se plaignit Albus. En plus si j'me lève j'dois prendre une douche et tout, donc les échecs c'est mort.
— Bon. Plan de secours : si tu ne te lèves pas, je retourne ton lit, Albus. Je te jure que je le fais.
— C'est ça. Bonne nuit ! provoqua Albus en tournant le dos à son ami pour se rendormir.
— Wingardium leviosa !
— HEY !
Sans qu'il ne puisse le retenir, le matelas du lit d'Albus s'éleva d'un bon mètre au-dessus de son sommier, avant de se retourner, laissant son occupant retomber de manière fort disgracieuse sur les lattes, emmêlé dans ses couvertures.
Scorpius, déjà hilare, interrompit son sort, et laissa chuter le matelas sur Albus, qui jurait de manière très imagée.
— Tu vas voir toi espèce de…
À peine Albus fut-il libéré de l'entrelacs de couvertures et de matelas dans lequel il se trouvait qu'il sauta sur son ami, l'attrapant par la taille et le projetant vers son propre lit.
— Aïe ! Putain… jura Scorpius en retombant.
— Quoi ? Je t'ai fait mal ? s'enquit son ami en se relevant, inquiet.
— Bordel, il est sept heures ! tonna Nigel depuis son lit. Vous comptez réveiller le château, les amoureux ? Fermez-la !
Albus lui adressa un doigt d'honneur que l'autre ne vit jamais à travers les rideaux fermés de son lit. Il répéta, de nouveau à voix basse :
— Je t'ai fait mal ?
— Ouais… Ce n'est pas de ta faute, mais après le voyage dans les montagnes et ma séance de hier, j'ai des courbatures de dingue.
— Oh, désolé…
Scorpius resta allongé sur son lit, puis fit bouger ses bras en l'air en serrant les dents, avant de se redresser sur l'un d'eux avec difficultés.
— Ça n'a pas l'air drôle, commenta Albus en voyant les multiples grimaces qu'il produisait.
— Ça ne l'est pas, confirma Scorpius. Les mouvements brusques me font un mal de chien, j'ai l'impression d'être un vieillard.
Albus resta là, debout comme un niais, hésitant à proposer ce qu'il mourrait d'envie de proposer. Car cela faisait presque deux mois, à présent, qu'il s'entraînait aux massages… Ou plutôt, il en avait travaillé la théorie. Ce petit moment, juste entre eux deux, il en crevait d'envie. Oubliés les cours stupides auxquels il ne comprenait rien, oubliée cette Oriana, la maléfique ! Oublié tout ! Juste lui et Scorpius, à l'abri derrière les rideaux de leur lit…
Il craignait… Oh bordel, il craignait tellement de choses… Que Scorpius ne rie à l'idée, qu'il la trouve stupide, ou pire, bizarre ! Ou encore qu'il le repousse, oh bon sang cela le tuerait s'il le repoussait ! D'un autre côté, son ami avait besoin de lui, tout comme lui avait besoin de Scorpius… Un moment tranquille, juste tous les deux, alors que le château endormi les ignorait pour une fois…
Son cœur battait dans sa poitrine. Fort. Albus se surprit à se demander pourquoi il avait tant envie de faire cela, de proposer son idée, malgré les risques… Lui-même ne comprenait pas trop, et il n'avait pas envie de se poser cette question maintenant.
Ce qui scella sa décision fut l'idée que, peut-être, cette horrible Oriana allait les rejoindre dans leur compartiment pendant le trajet de retour et que c'était là sa dernière chance de profiter de son ami, seul. Alors, le cœur battant et l'angoisse audible dans la voix, il se résolut à demander :
— Euh… Tu sais, je… J'suis toujours bon en massages hein. J'ai entendu dire que ça faisait vraiment du bien, pour, euh… Enfin pour les courbatures quoi.
Immédiatement, il regretta d'avoir prononcé ces mots. Scorpius le fixait d'un regard insondable, sans doute qu'il le prenait pour un immense abruti. Sa voix avait transpiré d'une pathétique anxiété digne d'un adolescent effarouché qui demandait à une jeune dame si elle voulait bien sortir avec lui. Il ne s'était jamais senti aussi idiot.
— Tu es sérieux ? finit par répondre Scorpius.
— Euh, ben… Euh, non, laisse tomber, je plaisantais, essaya Albus, bafouillant.
— Non mais je veux bien, hein… Enfin, si tu ne te moquais pas de moi, alors je veux bien ! Ça, euh… Tu as raison, pour les courbatures, c'est bien. Il paraît.
— Oh.
Il était incapable de dire quoi que ce soit d'autre. Au fond de son estomac, une espèce de bête hurlante s'était réveillée et s'employait, hors de contrôle, à lui faire se sentir plus puissant qu'il ne l'avait jamais été. Et cela l'effrayait ! Scorpius avait dit oui, bordel, et maintenant ? Comment allait-il se placer ? Il n'allait quand même pas se mettre à califourchon sur son ami, c'était si bizarre ! Et puis, pour faire les choses correctement, il devrait demander à Scorpius de retirer sa chemise de pyjama ! Mais bordel, jamais il n'allait oser ! Dans quel enfer venait-il de plonger ?
Scorpius, sans doute engagé dans le même genre de malaise existentiel que lui, prit les devants.
— Alors, euh… Je me mets comment ? Sur le ventre ? Ou juste je m'assois sur une chaise ? Pour les épaules ?
— Sur le ventre c'est bien, répondit précipitamment Albus.
Mais putain, pourquoi avait-il parlé si précipitamment ? Sa propre voix lui échappait, c'était dingue. En plus, la chaise aurait été une solution bien moins étrange pour deux amis, c'était si bizarre de proposer précipitamment « sur le ventre », comme un âne !
Scorpius s'exécuta pourtant sans rechigner. Il s'allongea sur son matelas, la tête sur ses bras qui enserraient l'un de ses oreillers. Bon, plus le choix désormais, il devait assumer la galère dans laquelle il s'était mis. Albus rejoignit son ami dans son lit, en l'enfourchant comme il s'était promis de ne jamais le faire. Sa position était extrêmement inconfortable, car il se refusait à s'asseoir littéralement sur les fesses de Scorpius. Hors de question. La situation était bien assez précaire ainsi pour ne pas ajouter une dose de louche à tout ça. Ainsi, il se tenait au-dessus du garçon, dans un genre d'à-genoux étrange qui mettait ses cuisses à rude épreuve. La douleur lui importait peu, désormais, il était concentré sur sa tâche.
Il ne put s'empêcher de détailler un peu la vue plongeante qu'il avait sur Scorpius. Le garçon avait la tête tournée sur le côté, les yeux fixés sur une de ces lucarnes de la chambre à travers laquelle on voyait la neige tomber au pied du château. Ses beaux cheveux blonds s'arrêtaient dans sa nuque qui disparaissait sous sa chemise de pyjama en soie blanche. Il respirait doucement, détendu, et avec chaque inspiration son torse se soulevait légèrement.
Albus plaça ses mains sur les épaules de son ami, et les descendit le long de son dos, les pouces suivant la ligne que formait sa colonne vertébrale. La soie était douce sous ses doigts, et fine surtout. Elle laissait deviner les muscles sous la peau du jeune homme, et tout particulièrement ceux qui étaient tendus et douloureux. Toutefois, le tissu l'empêchait de distinguer correctement les détails et les reliefs qui glissaient sous ses paumes. Cela aurait tout de même été plus simple sans !
Alors il commença à masser, en démarrant par les épaules. Le livre qu'il avait lu conseillait de malaxer les épaules pour éprouver le niveau de rudesse qu'appréciait le client du jour. Chacun avait son petit avis sur le sujet, ainsi on pouvait s'adapter. Et visiblement, Scorpius avait une préférence pour les gestes un peu plus rudes. Qu'à cela ne tienne !
Tandis qu'il commençait à passer ses mains sur les muscles endoloris de son ami, celui-ci ne put retenir des grognements, et même quelques petits cris de douleur. L'angoisse avait disparu des veines d'Albus sitôt qu'il avait commencé son affaire, mais son cœur battait toujours la chamade dans son torse. À vrai dire, il se concentrait pour ne pas laisser divaguer ses pensées. Ce contact avec Scorpius dont il était si proche, son ami, son frère, c'était… Cela l'électrisait. Chaque fois qu'il relâchait sa concentration, il pensait à tout ça. Sa position. La chaleur. Le souffle de Scorpius. Ses petits gémissements. Son visage…
— Al ? demanda Scorpius au bout d'un moment.
— Ouais ?
— Tu as besoin d'une douche, lâcha-t-il en ricanant.
— Hey ! Tu sens pas la rose non plus, j'te ferai dire, grogna-t-il, vexé.
Pour se venger, il s'attarda un peu trop sur un muscle un peu gonflé qu'il avait juste sous son omoplate droite.
— Aïe ! Bon sang, Al, ça fait mal !
— Désolé. C'était tendu, justifia celui-ci d'un air taquin.
— J'ai cru comprendre…
— C'était où déjà ? Ici ? demanda-t-il faussement en appuyant de plus belle.
— AH ! Putain, enfoiré ! gronda Scorpius en se tortillant sous son ami.
— Holà, j'ai fait jurer Scorpius Malefoy ! rit Albus. Je dois vraiment avoir dépassé les bornes !
— Attends que je te… AH !
Scorpius n'avait aucun pouvoir à cet instant tant il était facile pour Albus de le terrasser. Et il le faisait avec un malin plaisir et un petit rire sadique !
— Attends que je quoi ? ricana-t-il. J'ai pas bien compris ?
— Je te hais, grogna alors simplement Scorpius, vaincu.
— Oh mais oui, moi aussi mon grand ! lança Albus avec un rire franc.
Il y eut un petit silence pendant lequel il s'attarda un peu plus bas, droit dans le creux des reins de son ami, qui soupirait doucement de contentement. Il était au plus bas, sur son dos, qu'il n'oserait jamais aller, et il se forçait à ne pas s'y attarder plus que nécessaire.
— En vérité, ces séances m'épuisent, lança-t-il au bout d'un moment.
— Avec mon père ? questionna Albus qui n'était pas sûr du sujet que l'on évoquait.
— Oui. Depuis qu'on ne vole plus mais qu'on fait des exercices physiques au sol, je te jure, je n'en peux plus. Je n'ai pas envie d'y aller, je dois me forcer, puis le soir je rentre cassé en deux… Et c'est là que je dois trouver la motivation de faire je ne sais quel parchemin pour préparer un stupide BUSE… C'est beaucoup, raconta Scorpius.
— Ben… Enfin, je sais pas, mais si ça te plaît… Moi, ça me dérange pas de faire séance massage tous les jours d'entraînement.
Scorpius eut un petit rire.
— Si tu es sage, taquina-t-il doucement.
Albus se demanda ce qu'il voulait dire par là. Peu importe. Il était déjà content d'avoir entendu Scorpius dire qu'il comptait arrêter cette petite expérience. Comme le directeur leur avait promis à chacun, leurs cours particuliers s'arrêteraient à Noël s'ils le voulaient, à condition qu'ils soient d'accord d'arrêter tous les deux !
Albus savait déjà qu'il donnerait tout pour ne plus avoir à passer des heures enfermées dans les donjons à subir les remarques sarcastiques de Monsieur Malefoy et les potions qui puaient… Or, jusqu'à ce matin, il n'avait aucune certitude que son ami eût envie comme lui d'arrêter. Heureusement, c'était apparemment le cas. Enfin, il ne l'avait pas dit aussi clairement que ça, mais visiblement les séances l'ennuyaient... Au moins, il n'aurait pas à le convaincre d'abandonner !
— T'y arrives ? demanda Scorpius en sentant Albus s'acharner quelque part dans le bas de son dos.
— J'sais pas, là y a clairement un muscle tendu, mais j'ai pas l'impression que ça te fait quoi que ce soit… C'est peut-être un pli du pyjama, je sais pas…
— Le pyjama gêne ?
— Euh… Non, enfin, évidemment que oui, un peu, mais tu vas pas…
Trop tard. Scorpius, dans des gestes un peu précipités dont Albus ignorait l'origine, fit glisser sa chemise de pyjama par-dessus sa tête sans même en défaire les boutons, puis se remit en place, sans un mot.
Albus était tétanisé. La peau claire de son ami brillait de la chaleur rougeoyante des braises de la cheminée. Désormais, lorsqu'il suivait sa nuque, il ne tombait plus sur de la soie blanche, mais sur une peau douce qui dessinait tout un jeu de muscles qui saillaient parfois, ou sur ses omoplates, ou sur la forme parfaitement élancée de son torse qui se terminait dans une chute de reins marquée de deux fossettes qui le rendaient dingue...
Il respirait bruyamment. Pire, il savait qu'il respirait bruyamment. Son cœur était devenu un marteau-pilon dans sa poitrine, il avait chaud, et il sentait des gouttes de sueur se former sur son front. Lorsqu'il posa ses deux mains sur les épaules de son ami, comme pour retrouver ses marques, tout le surprit. La douceur, la chaleur, Scorpius qui ferma les yeux, son petit soupir lorsqu'il descendit les mains le long de son dos…
Il devenait affreusement difficile de se concentrer. En vérité, cela avait atteint le point où Albus était particulièrement heureux d'avoir décidé de ne pas s'asseoir à califourchon sur son ami. Bon sang il aurait eu tellement honte… Sans compter l'inexplicable situation dont il aurait alors fallu se dépêtrer…
Non, il était bien mieux là.
Heureusement, Scorpius l'aidait. Sans le vouloir, certes, mais il l'aidait. Ses réactions à ses gestes, ses petits soupirs, même ses gémissements de douleur aidaient. Cela lui permettait de se concentrer sur les réactions de son ami, plutôt que sur les stupides agissements de son propre corps. S'oublier un peu était son unique salut.
Malheureusement pour lui, il restait un pauvre adolescent, et il ne savait pas combien de temps encore il allait pouvoir garder un contrôle acceptable sur lui-même. Son pyjama était presque aussi léger que celui de son ami, autant dire qu'il ne cachait rien de son entrejambe et qu'il ne pouvait donc pas se permettre de sortir d'ici excité. Il décida de mettre fin à leur petite séance sitôt qu'il serait acceptable pour lui de se faire voir de Scorpius. Physiquement parlant.
Il finit par se relever, puis il observa avec un petit ricanement son ami faire rouler ses muscles, relaxé au possible, comme vidé de son énergie.
— Alors ? Mieux ?
— Oh oui, soupira Scorpius. Beaucoup mieux !
— Tant mieux ! Je réserve la douche, annonça-t-il en filant rapidement.
Quelques dizaines de secondes plus tard, Albus était dans la salle de bains de leur dortoir, de l'eau agréablement chaude sur ses épaules. Il restait là, presque immobile, et repensait à ce qui venait de se passer.
À vrai dire, il était surpris. Surpris et soulagé. Surpris car il ne bandait pas le moins du monde. Eussent-ils été un tout petit peu populaires dans cette école, n'importe quelle fille aurait fini en orbite si elle avait pu vivre ce qu'il venait de vivre ! Être aussi proche du parfait beau garçon que Scorpius était, le dangereux fils de Voldemort lui-même, cela aurait excité n'importe qui ! Mais lui, là, ne l'était pas. Ce qui le soulageait, c'était que cela voulait dire que le petit épisode qu'il avait ressenti quand Scorpius avait retiré sa chemise n'était qu'un hasard, pour finir, un vilain tour comme son corps de garçon de seize ans lui en jouait parfois. Il se connaissait et en temps normal, le moindre truc un peu excitant lui donnait de la matière pour ses plaisirs solitaires pendant des jours et des jours ! Si là, alors qu'il était seul et sous l'eau chaude de la douche, il ne ressentait aucun besoin de s'en caler une, c'est que cela ne l'excitait pas. Et c'était un vrai soulagement !
Pendant quelques minutes, tandis qu'il était en train de passer et repasser ses mains sur la peau nue de son ami, une idée démentiellement flippante lui était venue en tête. Un truc si dingue qu'il peinait à imaginer toutes les conséquences désastreuses que cela aurait eu sur sa vie. Et si… Bon sang, même d'y repenser il en frissonnait. Et si Scorpius n'était pas qu'un ami…
L'ampleur de la catastrophe que ça serait ! Poudlard qui ne pouvait déjà pas les saquer voudrait probablement leur mort, sans compter la déception qu'il lirait à jamais dans les yeux de son père, Rose qui avait déjà du mal à accepter Scorpius comme son meilleur ami ne lui parlerait probablement plus jamais, James et Lily se demanderaient pourquoi il était décidément si étrange… Les journaux à scandales feraient leurs choux gras sur le fils des Potter et le prétendu fils de Voldemort ensemble, le tout, bien entendu, en imaginant que leur amitié survive à ce coup-là et que Scorpius soit aussi amoureux de lui et ne le rejette pas comme une vieille chaussette… Et puis… Et puis… Lui ! Un garçon ? Bordel comment on faisait avec un garçon ?
Oh il n'était pas bête, il avait la théorie en tête, mais l'idée lui donnait des sueurs froides tant elle lui paraissait inconcevable. Scorpius était beau, oui, okay, mais il y avait un monde entre le trouver beau et avoir envie de… ça !
Bref, il remerciait Merlin, le ciel, la Terre et l'Univers de ne pas l'avoir rendu attiré par Scorpius.
On frappa à la porte. De derrière elle, la voix étouffée de son ami cria :
— Al ! Bon sang, tu fais quoi ? Va te tripoter ailleurs, j'ai envie d'un petit-déjeuner !
Ah non ! Il ne venait pas de se taper toute cette réflexion pour que Scorpius croie de son côté qu'il s'était bel et bien laissé aller après ce massage !
— Hey ! J'me branle pas, je déprime ! Je viens de faire un truc assez gênant pour avoir de quoi alimenter mes cauchemars pendant six ans !
Il y eut un petit silence de l'autre côté de la porte. Tant mieux ! Il préférait mentir et carrément affirmer que ce massage l'avait dégoûté que de laisser croire à Scorpius qu'il venait de se branler sur lui. Lorsqu'il sortit enfin de la salle de bains, Scorpius le fixait d'un air indéchiffrable. Al se figea, attendant de voir ce qu'il voulait visiblement dire.
— Désolé d'apprendre que cela t'a dégoûté… lâcha-t-il soudainement.
— Que… Quoi ? Le massage ?
Scorpius hocha la tête.
— Mais non patate, si ça me faisait chier je te l'aurais pas proposé.
— C'est ça…
Il passa sur le côté brusquement et s'enferma à son tour dans la salle de bains. Albus resta là, les bras ballants et l'air ahuri.
— Mais… Bordel ! murmura-t-il.
Scorpius observait le paysage défiler, distrait. Plus le train descendait vers le sud du Royaume-Uni, plus l'épais manteau de neige blanche disparaissait au profit de la verdure grise d'un hiver rude. Le train avait cessé depuis déjà plusieurs heures de fendre les tourbières écossaises et, peu à peu, le paysage s'urbanisait. On voyait de plus en plus de maisonnettes, de petits villages, de routes… Ils seraient bientôt à Londres. À l'horizon, le soleil était déjà bas dans le ciel, et l'éclairait d'un magnifique halo orangé.
Albus était assis face à lui dans le compartiment. Il lisait un épais livre sur les potions et les effets magiques d'une panoplie d'ingrédients rares. Oriana ne les avait pas rejoints, à sa grande déception. Il avait essayé pendant le petit-déjeuner de lui faire comprendre qu'elle serait la bienvenue dans leur compartiment, mais leur conversation à base de regards et de petits signes discrets avait sans doute manqué d'efficacité.
Il repensa à tout ce qui s'était passé ces derniers jours, avec elle. C'était une fille vraiment intéressante... Elle avait de la conversation, de l'humour, elle faisait partie des rares qui ne le jugeaient pas à vomir ou même juste bizarre… Non, vraiment, elle était en or.
Et puis il y avait le physique. Elle n'avait pas un corps absolument parfait, mais son visage avait un trait familier qui lui donnait envie de la prendre dans ses bras, la câliner, l'embrasser… Il ne savait pas si c'étaient ses cheveux noirs coupés courts, ses traits fins ou son visage allongé…
Scorpius releva les yeux vers son ami, qui lisait toujours. Il trouvait étrange le désintérêt qu'il portait aux filles et au fait d'être en couple. Albus était si beau garçon, il avait forcément une bonne partie des filles à ses pieds ! Et puis, sa manière d'être était tellement plus engageante que lui… Al était extraverti, il n'hésitait jamais à agir quand il le fallait, quitte à se faire remarquer même lorsqu'il ne le devrait pas… Surtout, d'ailleurs, lorsqu'il ne le devait pas, comme cette fois où il avait pris sa défense devant tout le monde après les affiches insultantes des Gryffondors ! Ça, c'était héroïque ! Ça, c'était de nature à faire tomber des filles raides dingues de lui !
Alors pourquoi, entre eux deux, Scorpius était-il celui qui était sur le point de s'en trouver une, de copine ? En plus, il avait la désagréable impression que le courant ne passait pas très bien entre Oriana et son meilleur ami, et ça, ça le minait ! Albus était bien trop important à ses yeux, dans sa vie, dans son cœur, pour ne pas s'entendre avec qui que ce soit qu'il devrait aimer !
Malgré cela, il sentait bien que quelque chose ne passait pas entre Albus et Oriana. Il voyait les tentatives de la belle de se rapprocher de lui, d'ouvrir la conversation, mais il restait hermétiquement clos. Scorpius s'agaçait un peu de son attitude, il trouvait cela hypocrite de la part de son ami qui souffrait des préjugés qu'on avait sur lui d'en infliger à Oriana ! Elle qui était si belle et intelligente…
Bon, de toute façon, il comptait bien ne pas laisser le choix à son ami. Viendrait bien un moment où Albus serait forcé de lui adresser la parole, s'ils devaient finir ensemble. Ce n'était pas spécialement son but ultime, de vivre une vie avec Oriana, mais le courant passait entre eux et elle était appréciée de pas mal de monde… C'était un excellent moyen d'enfin faire comprendre à ces gens qu'il n'était pas un pestiféré comme ils semblaient tous le croire…
Albus semblait toujours absorbé par sa passionnante lecture. Scorpius ne put s'empêcher de commenter :
— Pour quelqu'un qui déteste les potions, tu as l'air d'apprécier ce bouquin !
— C'est qu'il est pas si terrible, en fait ! En plus j'aime bien les potions, j'aime juste pas la manière qu'a ton père d'essayer de me les enfoncer au fond du crâne…
— Je croyais que vos séances se passaient mieux ? Si tu y mettais un peu du tien, aussi…
Albus leva vers lui deux yeux curieux, les sourcils froncés.
— Comment ça « du mien » ? demanda-t-il.
— Tu n'arrêtes pas de sous-entendre que c'est mon père le problème, mais depuis le début je n'ai pas l'impression que tu lui aies donné sa chance, tu sais. Ce n'est pas un mauvais prof…
— Hey, c'est pas toi qui dois te taper les heures dans les caves à supporter son ton sarcastique ! Avec moi ça marche pas, cette méthode, et il devrait le savoir ! Je crois que, depuis le début de l'année, y a genre une seule séance qui a été vraiment mémorable. Tout le reste, c'était l'enfer, j'en peux plus.
Scorpius trouvait Al injuste. Sans blague, avant ce trimestre, jamais il ne lui serait venu à l'idée de lire un lourd volume sur les différentes propriétés magiques des plumes de harpie. Cette passion, qu'il le veuille ou non, c'était son père qui la lui avait transmise. Il ne semblait même pas s'en rendre compte.
— Quelle mauvaise foi ! Tu me répètes depuis deux mois que vos cours sont sympas maintenant qu'il te laisse faire ce que tu veux. Tu es si agaçant quand tu es comme ça, c'est quand même mon père dont tu parles, et tu passes ton temps à dire qu'il est mauvais sans raison ! Respecte-le, un peu.
— Mais il t'arrive quoi, Scorp ? lança Albus, irrité. C'est parce que t'es stressé de le retrouver que tu m'agresses ?
Ça, pour sûr, la disparition soudaine de son père l'avait mis dans tous ses états. Pour Scorpius, il y avait deux hypothèses : soit il avait dû quitter Poudlard pour gérer une affaire urgente au manoir, soit la santé de sa mère s'était soudainement dégradée. Et il priait, Merlin ce qu'il priait, pour que ce soit la première option !
— Je ne t'agresse pas, Al, n'exagère pas… souffla-t-il en guise de réponse.
Albus soupira, puis il reprit d'une voix lente :
— J'suis pas plus sympa avec mon propre daron, tu sais... C'est peut-être un bon prof, mais moi il me sort par les yeux, je suis désolé. J'suis vraiment content que cette petite expérience arrive à son terme…
Pardon ? Il avait bien entendu ? Alors ça, c'était hors de question. Il n'avait pas du tout prévu d'arrêter les cours de vol, il s'était rarement senti aussi bien que sur son balai, à fendre les airs avec son professeur ! Même lever de la fonte n'était pas si terrible ! Surtout que, depuis plusieurs semaines, il pouvait remarquer la manière dont changeait son corps… Ses muscles commençaient à mieux se former sur son torse et dans ses bras, ses pectoraux se dessinaient un peu et surtout, il commençait à bien voir tous ses abdos ! Lorsqu'il se regardait dans le miroir le matin, il se trouvait parfois changé, et pour le mieux ! C'était très gratifiant de voir que les affreuses séances qu'il passait avec Monsieur Potter avaient un réel effet esthétique sur lui.
Bref, il était hors de question qu'il arrête.
— Ah oui ? Et qu'est-ce qui te fait dire qu'elle arrive à son terme ? grogna Scorpius, froid.
— Ben tu sais bien ce qu'a dit mon parrain, enfin le directeur quoi ! On fait ça jusqu'à Noël et puis on arrête.
— Jamais de la vie ! Il a dit que si cela ne nous plaisait pas à tous les deux, on arrêtait, et qu'il fallait être d'accord !
— Oui, ben voilà ! répondit Al avec une exaspération exagérée. Ça nous fait tous les deux chier, on va pas continuer pour le plaisir ! Tu me saoules quand tu te forces à pas comprendre, comme ça…
— Mais parle pour toi, Al !
Albus le fixa avec deux yeux circonspects, comme s'il venait de comprendre qu'il se méprenait sur ses intentions.
— Mais enfin, Scorp, pas plus tard que ce matin tu m'as dit…
— Oh tu veux dire pendant le massage qui t'as dégoûté ? Ouais, je me souviens de ce que j'ai dit !
Albus eut l'air atteint par sa pique, il l'observait avec un air ébahi, comme s'il ne comprenait toujours pas d'où venait l'attaque. D'un autre côté, Scorpius avait toujours du mal à digérer son petit commentaire du matin… Quel idiot il avait été de se laisser embarquer là-dedans, aussi… Il avait été bien agréable ce petit massage, sur le moment, et tellement relaxant ! Ces moments de proximité juste tous les deux étaient rares, aussi il avait plongé la tête la première dans celui-ci, en espérant que son ami apprécierait tout autant que lui. Il s'était trompé.
Alors certes, il avait senti que ses gestes étaient un peu tendus, il avait senti les efforts marqués qu'il déployait pour ne le toucher que le strict minimum… Mais sur le moment, cela ne l'avait pas tant choqué. En revanche, lorsqu'il eut compris que ce qu'il avait pris pour un instant doux et agréable avait été pour Al une véritable torture qu'il n'avait pas appréciée le moins du monde, ces gestes avaient pris une tout autre dimension, et son attitude le vexait à présent.
— Scorp, je… Y a un truc qui va pas ? Enfin, je veux dire, tu n'as pas l'air normal…
Mais quel imbécile, celui-là, quand il s'y mettait. Sérieusement, pas normal ? Qu'est-ce qui pouvait bien ne pas aller ? Entre les multiples séances d'entraînement qui l'épuisaient physiquement, le fait qu'il avait l'impression que son meilleur ami s'éloignait de lui depuis qu'il parlait avec Oriana, les insultes régulières d'Al pour son père, sa crainte pour sa mère et enfin sa réaction à un simple massage de rien du tout, vraiment, il n'avait aucune raison de se plaindre !
Il voulut rétorquer un truc bien méchant à Albus, mais se retint au dernier moment. Il se prit le visage dans ses mains.
— Je suis fatigué, Al. C'est juste que… tu penses toujours à toi, ok ?
— À moi ?
— Ouais, tu… Quand tu dis que tu veux qu'on arrête les cours particuliers, c'est égoïste ça.
— Je suis égoïste, moi ? répéta Albus, froid comme la glace.
— Ben ouais, reprit Scorpius d'une même voix. Je suis désolé, mais je n'ai pas d'autre mot ! Tu es égoïste !
Okay, bon, il avait espéré calmer la situation, et pour finir il ne faisait que l'envenimer. Son ami le dévisageait avec une colère qu'il ne lui avait jamais vue. Ou en tout cas, pas dirigée contre lui. Même la semaine dernière, dans le couloir, cela n'avait pas été aussi dur. Il se trémoussa sur son siège, mal à l'aise, attendant la tempête.
— Ok. Noté. J'suis égoïste.
Bon sang, sa voix était si froide, si tranchante, comme nourrie d'une profonde et glaciale colère. Il s'était levé avec un calme à lui geler le sang, tandis que ses yeux lançaient des éclairs.
— Tiens, du coup, j'te rends ça, je voudrais pas abuser de ta générosité, Malefoy, siffla-t-il brusquement.
Il sortit de son sac à dos la Carte du Maraudeur et la lui jeta sur les genoux avec toute la froideur du monde. Ce simple geste lui fit si mal au cœur que Scorpius abandonna toute retenue. Il aurait dû souffrir, la gorge nouée et les yeux pleins de larmes, pourtant ce qui le saisit ne fut pas le vent froid de la tristesse, mais bien l'incendie dévastateur d'une colère sans égal. Elle s'insinua dans chacune de ses veines, chacun de ses nerfs, brisant ses barrages et incendiant chaque parcelle de son être.
— Par Merlin, Al, tu es vraiment prêt à m'envoyer péter juste parce que tu es incapable de te forcer un peu à aller en cours de potions pour moi ? Moi qui ne te demande jamais rien ? Sans moi, mes notes et mes conseils, tu serais probablement occupé à tripler ta troisième année !
Albus jeta sur lui un regard acide, presque… haineux ? Son poing était serré, tout son corps tremblait de rage, il paraissait prêt à se jeter sur lui.
— Putain mais t'as pas honte de dire un truc pareil ? explosa-t-il tout-à-coup. J'ai été le seul type de cette foutue école à voir que tu étais un mec bien, le seul ! Je croyais que tu m'aidais parce que tu m'appréciais, et que mon amitié comptait pour toi ! Désolé d'avoir été un fardeau, Malefoy.
— Mais elle compte ! rugit Scorpius. Elle compte, Al, bordel elle compte plus que tout le reste ! C'est bien parce qu'elle compte à ce point que j'ai envie de m'arracher un bras pour te frapper avec quand tu m'appelles Malefoy et que tu agis comme un le dernier des enfoirés égoïstes !
— Je suppose que je suis égoïste aussi quand je passe genre une heure entière au petit matin à te masser parce que t'as mal au dos ? Ou quand je t'aide avec le plan le plus compliqué du monde juste pour humilier ces foutus Gryffondors qui ont osé se moquer de toi ?
Merlin... Tous les mots qu'il disait, tous les mots qu'il entendait étaient comme des poignards qui volaient dans le compartiment et le transperçaient de part en part. Leur vérité, leur ton, leur froideur… Toute cette colère, l'entendre dirigée contre lui, cela lui faisait affreusement mal. Il voulait que cette douleur s'arrête, et sa seule réaction pour s'en protéger était de laisser redoubler l'incendie dans ses veines. Il sauta sur ses pieds à son tour, faisant tomber la Carte du Maraudeur au sol, et parla d'une voix forte, mordante, une voix d'où suintait l'aigreur.
— Mais bordel, Al, ce n'est quand même pas dur de comprendre que quand tu veux me forcer à arrêter un truc que j'adore parce que tu n'y trouves pas ton compte, ben oui tu es égoïste ! Ou quand tu insultes mon père devant moi, ou quand tu feins d'être le seul ici à avoir des problèmes ! Si tu veux faire semblant que je n'existe pas, vas-y ! Tu ne seras pas le premier ! En revanche, tu ne m'en veux pas si du coup je ne t'adresse plus jamais la parole, d'accord ?
Le train ralentissait. À travers les fenêtres, la gare de King's Cross commençait à défiler. Ils arrivaient.
— T'es con, Scorpius. Mais tu sais quoi ? Continue à faire le beau sur un balai avec mon père si tu veux, continue à draguer toutes les meufs éperdues de Poudlard aussi, tiens. Dans les deux cas, ces gens sont mieux que moi, pas vrai ? Ils sont pas égoïstes, eux, c'est ça ?
— Ah mais tais-toi ! Bordel Al ! Tu ne comprends vraiment rien, hein ! Putain, pas fâché qu'on soit arrivés. Je me casse !
Scorpius tira d'un coup sec sur sa valise qui tomba au sol. Jamais il n'avait laissé autant de jurons franchir ses lèvres. Son sang bouillonnait comme le magma d'un volcan, et tout devait jaillir. Il fallait qu'il sorte de ce train, ou il allait étouffer.
— Tant mieux, casse-toi Malefoy ! Je m'en balance, je crois même que j'ai plus envie de te voir du tout !
Scorpius se retourna une dernière fois. Il se sentait prêt à exploser, à tout envoyer voler. Il avait envie de se jeter sur Albus pour le secouer et lui remettre un peu du bon sens dans sa tête d'idiot ! Il lui adressa simplement un immense doigt d'honneur, et claqua la porte du compartiment.
Scorpius se ramassa alors en pleine face les bizarreries que lui imposait son esprit incohérent d'adolescent. Sitôt seul, sitôt que la porte du compartiment claqua, l'incendie s'éteignit en lui et ne laissa que le paysage ravagé d'une tristesse infinie, comme si d'un seul coup tout ce qui venait de se passer n'était plus que perte, fracas, brisures…
Scorpius avança dans le couloir du Poudlard Express et finit par sortir sur le quai. Il ignorait si Albus le suivait et il s'en fichait. Mieux valait qu'il ne le voie pas dans cet état, de toute façon.
Plus envie de le voir… Plus envie de le voir… Bon sang ! Ces derniers mots résonnaient dans sa tête comme un métronome, et à chaque fois, ils lui fendaient un peu plus le cœur. Il avait beau savoir que ce n'étaient là que les mots exagérés d'un garçon empli de colère, à chaque fois qu'ils repassaient dans son esprit, Scorpius s'imaginait ce que serait sa vie sans Albus. Même quand lui avait dit qu'il ne lui adresserait plus la parole, il ne le pensait pas vraiment, car il en serait tout simplement incapable…
Il verrait arriver la méfiance des gens à son égard, les insultes, les humiliations… Et sans Albus, il devrait affronter tout cela seul. Il n'aurait pas son ami à ses côtés pour l'aider à rester fier… L'idée même l'assassinait. Car oui, c'était bien Albus qui lui donnait envie de se battre contre cette stupidité chaque jour, c'était lui qui le motivait à se dépasser et à toujours être le meilleur lui-même qu'il pouvait être !
Sans lui, il aurait sans doute été un adolescent amer, terne, battu par les saloperies d'obstacles que sa propre vie avait dressés sur son chemin… Et encore, amer, terne, c'était la meilleure possibilité. Harcelé comme il l'aurait été, le morne et mélancolique garçon aurait fini par détester Poudlard et tout ce que l'école représentait. Y passer sept ans aurait été la chose la plus horrible qui soit, et il se serait peut-être bien jeté du haut de la Tour d'Astronomie, pour finir.
Mais, heureusement, il avait Albus. Bordel, quand il y repensait... Al, son ami, son frère de cœur… Il était tout pour lui. Ah ! Heureusement qu'il avait ce garçon étincelant à ses côtés, ce mec aux yeux verts enjoués, à la répartie vive et à la personnalité extravertie qui venait le tirer par le haut, lui faire connaître le beau de ce monde… Grâce à lui il était heureux, et grâce à lui, la vie valait le coup d'être vécue.
Alors il était inquiet, car Albus était parmi ceux qu'il avait de plus précieux, sans aucun doute. Et il pouvait le perdre. La réalité de la maladie de sa mère faisait qu'il se rendait compte à quel point ceux qu'il aimait n'étaient pas acquis. S'il leur était arrivé d'avoir des opinions divergentes dans le passé, ou des petites disputes, jamais ils ne s'étaient engueulés ainsi. Ça faisait mal. Très mal.
Au loin, dans la foule, Scorpius aperçut son père, qui se tenait à l'écart. Il avait de grands cernes, et les yeux rouges.
Scorpius oublia alors Albus, Oriana, l'engueulade, tout. Le cœur battant à tout rompre, il se précipita à ses côtés.
Les craintes du pauvre Scorpius semblent se confirmer... Je suis désolé de vous faire vivre des montagnes russes pareilles, le sommet de leur relation qu'a été ce massage, puis l'engueulade qui risque d'être bien plus dure à rattraper cette fois. Surtout qu'ils n'ont pas prévu de se revoir pendant deux semaines ! Comment vont se passer ces vacances selon vous ?
Une partie de la réponse vendredi 19 août, dans le chapitre 8 : Silence radio !
Avant de nous quitter n'hésitez pas à me laisser une review, vous êtes nombreux et nombreuses à lire cette histoire, ce serait géant d'avoir au moins un petit mot de chacun d'entre vous ! Ça me touche beaucoup et ça m'encourage à continuer, c'est très important ! Et mettre l'histoire en fav ou en alert c'est aussi un superbe signe !
Merci d'être là, et à bientôt pour la suite !
