Bonjour à toutes, bonjour à tous !
Chapitre 8 de Frères de cœur, let's go ! Comment Albus va-t-il vivre la séparation après sa plus grosse engueulade avec Scorp à ce jour ? Comment vont se passer les vacances en famille, loin de lui ? Les réponses sont là !
Au passage, il y a eu une flopée de commentaires après le précédent chapitre, oh mon dieu j'étais comme un gosse ! C'est vraiment bête hein, et j'sais pas ce qui fait qu'un mec de 28 ans comme moi peut pas s'empêcher d'être tel un gamin qui recevrait la dernière console à Noël chaque fois que vous me laissez un message, mais c'est pourtant bien le cas ! J'ai passé une superbe semaine grâce à vous et en plus je viens de signer mon premier job ! Bref je suis trop heureux, continuez, vous êtes au top !
Un petit shoutout à Leeloo qui m'a laissé de manière anonyme l'une des plus belles reviews que j'ai jamais reçue, mais à laquelle je n'ai pas pu répondre. J'y réponds donc ici : un grand grand merci à toi pour ton soutien et tes compliments. C'est parfois difficile d'écrire pour si peu de retour, il est vrai. Je me dis souvent que tout ça est un peu vain puisqu'on écrit "que" pour quelques passionnés comme nous mais qui sont au final assez peu nombreux. Cela dit, quand je reçois des messages comme le tien, qui transmettent autant d'amour qu'un public de stade à un chanteur, eh ben d'un seul coup je me souviens pourquoi je le fais, pourquoi je mets deux ans à écrire et peaufiner un truc, juste pour le fun. Ce sont les lecteurs et les lectrices comme vous tous qui rendez ça incroyable. "Une des meilleures fics sur Albus et Scorpius que j'ai lu depuis longtemps", ça m'a fauché le cœur, encore merci.
Je réponds à toutes les reviews signées, mais je ne peux malheureusement pas répondre aux anonymes. Cela dit sachez qu'elle me font tout autant plaisir (coucou Mila !), et sont tout autant appréciées !
Allez, il est temps de passer à la suite ! Shoutout à Pouik et Shik-Aya-chan qui ont assuré la relecture de cette histoire, merci à elles ! Et bonne lecture à vous toutes et tous !
Chapitre 8
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Silence radio
— Albus, mon grand ? Je peux te parler ?
Al soupira. Il froissa le morceau de parchemin sur lequel il travaillait et l'envoya rejoindre dans la corbeille à papier les quatre autres brouillons de lettre qu'il avait déjà déchirés. Il laissa entrer sa mère, qui vint s'asseoir sur son lit. Ginny l'observait de son regard doux et maternel qui lui faisait se sentir bien et à sa place lorsqu'il était chez lui. Contrairement à son père, il s'était toujours senti assez proche de sa mère. Il la voyait moins souvent, aussi… Peut-être cela comptait-il ?
Elle tendit ses bras vers lui. Albus roula les yeux, faussement exaspéré. En vérité, il vint avec plaisir se blottir dans ce câlin. C'était chaud, et doux… Il se sentait comme protégé, aimé, en cet instant. Et il en avait besoin. Il essayait de ne pas se l'avouer, mais il n'allait pas très bien, ces temps-ci.
— Ça fait cinq jours que tu es là, mon grand, et tu ne sors quasiment jamais de ta chambre. James se plaint que tu ne lui as presque pas adressé la parole. Il y a quelque chose qui ne va pas ?
— Non, ça va, mentit-il. J'ai, euh… Boulot !
Ginny regarda son bureau, vide de tout matériel scolaire à l'exception de son stylo à plume et d'un morceau de parchemin.
— Sans aucun livre de cours ?
— Euh, ben…
— Je te connais, mon grand. Comme si je t'avais fait, dit-elle en lui ébouriffant les cheveux. Alors, qu'est-ce qui ne va pas ?
Albus hésitait. Plein de choses n'allaient pas, mais elles impliquaient toutes Scorpius. Or s'il y avait bien un sujet qu'il ne savait pas aborder avec sa famille, c'était Scorpius. Le grand tabou des Potter, son meilleur ami… C'était si nul !
Sans qu'il n'ait le temps de se décider à en parler, sa mère lâcha sans crier gare :
— Est-ce que tu serais pas un peu amoureux, toi, par hasard ?
Si Albus avait été en train de boire quelque chose, il se serait sans doute étouffé.
— Maman ! s'exclama-t-il, outré.
— Quoi ? Je sais ce que ça fait, figure-toi ! Et crois-moi, ce n'est pas simple ! Si je peux t'aider, tu sais, ça me ferait plaisir de te voir sourire un peu… Et puis un beau garçon comme toi, tu dois avoir toutes les filles pour toi, c'est…
— Maman ! interrompit-il précipitamment. Stop ! C'est pas ça, c'est pas une fille, et, euh, j'suis pas genre le mec populaire à Poudlard, hein. Tu le sais, ça, tout le monde le sait, James, Lily, sans doute Papa aussi, alors fais pas semblant pour me faire plaisir. Tout le monde me déteste.
— Ne dis pas cela ! lança-t-elle, agacée par la manière dont se traitait son propre fils. Tu n'es peut-être pas le garçon le plus populaire, mais crois-moi, ce n'est pas une place très enviable. Demande à ton père !
— Oh, si je dois parler à mon père, en plus, grogna Al avec sarcasme.
Ginny soupira.
— Bref, tu n'es pas seul ! Tu as ta cousine et ta sœur avec toi, ton parrain, aussi, et surtout tu as Scorpius ! Ça, ça en fait au moins un qui ne te déteste pas.
— Génial, Scorpius. Le fils caché de Voldemort, le garçon que le monde entier déteste sans savoir pourquoi et la raison de la haine de tout le monde envers moi. Même Papa n'a jamais réussi à me le pardonner, ça !
Ginny le serra un peu plus fort contre elle. C'était agréable, il en avait besoin.
— Ton père a… ses différends avec la famille Malefoy. Mais ça lui passera. C'est ce que toi tu veux qui compte, si Scorpius est ton meilleur ami, ça me convient. Ça nous convient. Je te promets qu'il vaut mieux avoir un seul vrai ami que plusieurs médiocres copains.
— Hmm. Je suis pas sûr que ça lui passera. Ça fait cinq ans que je connais Scorp. Ça ne lui est jamais passé. Il déteste son père s'il veut, mais qu'il rejette ça sur Scorpius, c'est nul.
— Al, ton père t'aime tu sais. Et il veut une seule chose, c'est que tu sois heureux.
— Qu'il le montre alors, putain ! s'écria Albus en sentant la colère monter dans ses veines.
Il s'échappa de l'étreinte de sa mère.
— Il me parle jamais, il s'intéresse jamais à moi !
Albus sentait une colère froide bouillonner en lui, à présent. Il fallait que cela sorte ! Sa mère voulut parler, mais il l'en empêcha.
— Tout ce qu'il voit, mon père, c'est Malefoy, Malefoy, Malefoy ! Son pire ennemi ou je sais pas quelle connerie ! Tu sais pas la meilleure ? Il commence à raconter à Scorpius qu'il le trouve mieux que moi juste parce qu'il sait voler, lui ! Il fait ami-ami avec lui et me le pique, pire que tout !
Il se retourna vers sa mère d'un seul coup. Il ne savait pas pourquoi, mais sa présence le mettait à présent d'autant plus en rage.
— Ça me saoule ! Bordel j'ai qu'une envie c'est d'être tout seul, et y a toujours quelqu'un pour me déranger !
Ginny lui lança un regard perçant mais indéchiffrable. Elle finit par se lever avec un nouveau soupir, puis elle quitta la pièce. Albus se laissa tomber sur son lit, plongea la tête dans son oreiller puis y laissa échapper un long cri étouffé.
Cela faisait cinq jours qu'il était là. Cinq. Jours. Ils lui paraissaient être une éternité. Sérieusement. À l'instant où Scorpius l'avait quitté, il avait regretté l'ensemble des mots qu'il lui avait dit. Il était en colère, ça oui ! Parce que ce que lui avait dit son ami lui avait fait mal et qu'il n'avait pas bien su comment réagir. Mais jamais il ne s'était autant engueulé avec Scorpius, et c'était si désagréable qu'il priait désormais pour que ça n'arrive plus jamais. Deux engueulades en une semaine, eux qui jamais auparavant n'avaient élevé la voix l'un contre l'autre, c'était… inquiétant !
La journée avait pourtant si bien commencé ! Il y repensait, parfois, à ce massage. Il peuplait toutes ses rêveries, tous ses moments de détente, il revoyait le visage relaxé de Scorpius, sa peau douce et chaude sous ses paumes, ses petits soupirs de contentement… Cela avait été si paisible, si doux ! Il s'était rarement senti aussi proche de Scorpius qu'en cette matinée de vacances.
Il savait très bien que s'il voulait que cela se reproduise, il allait devoir le proposer de lui-même, puisque son ami pensait qu'il avait détesté ce moment… Mais cela avait été si agréable ! Une petite parenthèse de proximité, alors même qu'Oriana et son propre père semblaient vouloir prendre sa place dans la vie de Scorpius… Cela avait été si agréable !
Après qu'il eut ramassé ses affaires et la Carte du Maraudeur dans le compartiment, Al s'était lancé à la poursuite de Scorpius, mais il ne le retrouva jamais. Lorsqu'il tomba sur ses parents, il se sentit dépité de n'avoir pas retrouvé son ami, car cela voulait dire deux semaines sans qu'il ne puisse s'excuser, deux semaines sans la moindre nouvelle de lui...
Ils s'écrivaient toujours pendant les vacances. Toujours. Il s'écoulait rarement plus de trois jours sans une lettre de l'un ou de l'autre. Ils parlaient de tout et de rien, se racontaient leurs journées, à quel point leurs vacances dans leurs familles respectives les ennuyaient… Là, cela faisait cinq jours. Cinq. Jours. Il devenait fou. Il essayait de trouver les bons mots pour reprendre le contact, s'excuser, ou juste dire bonjour… Il en était incapable.
En retrouvant ses parents sur le quai de la voie neuf trois quarts, Albus avait tout de même sauté dans les bras de son frère. Il était content de retrouver James. Depuis qu'il avait quitté Poudlard, il aimait lui parler, parfois, juste comme ça. Ils avaient de longues discussions sur tout et rien, sur le monde, la famille, les amours, les cours, les amis… Là, par exemple, il devait absolument lui raconter cette histoire de Quidditch ! James était l'une des rares personnes, avec sa mère et sa sœur, qui ne lui reprochaient pas trop son amitié avec Scorpius. Au début, certes, il s'était moqué, avait râlé, et tous ces trucs de grand frère débile. Mais avec le temps il avait fini par accepter, et Al lui parlait souvent de Scorp. Sans doute, d'ailleurs, que le voir parler de son meilleur ami lui avait fait comprendre à quel point il comptait pour lui.
Pourtant, il ne lui avait pas encore adressé la parole. Ce n'était pas l'envie qui lui manquait, il ne savait simplement pas comment s'y prendre. Les derniers jours passés à Poudlard avaient été bizarres. Un truc clochait, avec Scorpius, comme si leur relation était en train de changer, et ce changement l'effrayait. Parce que d'un côté il sentait qu'il prenait de la distance avec son ami, sans forcément le vouloir, et de l'autre il avait l'impression que chaque jour qui passait le liait un peu plus à Scorpius Malefoy. Sans compter ces pensées étranges qu'il avait parfois. Genre le massage. Il avait envie de parler du massage à James. Il ne savait juste pas comment aborder cela non plus.
Enfin, pour résumer, sa tête était une véritable bombe à retardement ces jours-ci. Elle menaçait d'exploser, et pire que tout, il craignait que Scorpius ne le déteste pour de vrai. Et si vraiment il avait dépassé les bornes ? Si vraiment Scorpius ne voulait plus jamais lui adresser la parole ? Il ne savait pas s'il pourrait survivre à une épreuve pareille. Cinq jours ! Bordel ! Cinq jours sans nouvelles !
Lorsqu'il descendit dîner ce soir-là, il n'avait toujours pas réussi à aligner deux phrases convenables pour commencer sa lettre. Le repas fut apathique. Aucun des mots échangés ne lui fut adressé, il mangea comme un fantôme, comme s'il n'était pas là, puis remonta dans sa chambre.
Les jours se suivaient et se ressemblaient. Il ne croisait sa famille presque qu'aux repas, où ils échangeaient des banalités affligeantes, puis il retournait dans sa chambre attendre une lettre qui n'arrivait jamais, ou une discussion avec son père qui ne se produirait pas non plus… Il n'avait qu'une envie, c'était de retourner à Poudlard, revoir Scorpius, redormir dans la chaleur de son lit, l'esprit léger à l'idée que son meilleur ami était là, et qu'il serait encore là demain.
Parfois, il pouvait rester des heures durant accoudé à son bureau, à regarder avec mélancolie à travers sa fenêtre s'il ne voyait pas arriver la majestueuse chouette grise de la famille Malefoy avec une petite lettre à son attention dans le bec. Elle ne venait jamais.
Le matin du trente-et-un décembre, James lui lança à travers la porte fermée de sa chambre :
— Al ! Tu veux venir faire un Quidditch ?
Il ne répondit rien. Cela faisait désormais dix jours qu'il attendait sa lettre. Dix. Jours.
James, surpris, poussa la porte et le trouva là, sur son bureau, les yeux dans le vague à travers la fenêtre.
— Hey, Al ? Tu m'entends ? dit-il en le secouant par l'épaule.
Il tenait deux balais dans son autre main ainsi qu'un Souafle. Au contact, Al reprit ses esprits.
— Hmm ? demanda-t-il sans même articuler un mot.
— Ah donc tu m'entends même plus, en fait ! se moqua gentiment James.
— Désolé, je… J'étais…
— T'inquiète, petit gars. J'sais que ça va pas fort en ce moment, mais je te connais. Tu m'en parleras quand tu seras prêt, ça te va ? En attendant, si tu veux te changer les idées, on peut aller se faire deux trois passes. Ou même juste un petit tour au parc, si tu veux te balader…
L'idée d'une petite balade avec James lui plaisait. Il ne lui dirait sans doute rien de tout ce qu'il avait sur le cœur, mais il verrait autre chose que le papier peint de sa chambre, au moins.
— Ouais, ok. Pour la balade. Je… Ça me fera du bien de me promener.
— J'viens aussi ! fit une voix depuis le couloir.
Albus haussa les épaules. Cela devenait une véritable sortie entre frères et sœurs, et ce n'était pas pour lui déplaire.
— M'man ! cria James dans l'escalier. On va au parc avec Lily et Al !
— Al aussi ? répéta-t-elle, étonnée. D'accord… Soyez rentrés pour midi !
Quelques minutes plus tard, ils étaient dehors. James et Lily parlaient distraitement des cours de la benjamine.
— Lyanna arrête pas de me parler de garçons, ces temps-ci, disait-elle. Elle change tout le temps de cible ! Une fois c'est Valerian Lloyd, une fois Edward Kent, l'attrapeur de Serdaigle, une autre fois Gregory Martins…
— Gregory Martins ? C'est un septième année, Gregory Martins ! remarqua Albus en intervenant pour la première fois.
— Ouais, elle s'en fout !
— Bordel, pour une fille de treize ans, elle y va, souligna James, effrayé. Et Lysander ? demanda-t-il.
— Lysander il s'en fiche des filles, il galère trop avec les cours pour ça. C'est marrant, ils ont le même âge et pourtant on dirait que sa sœur est bien plus mature que lui !
— C'est souvent ça, avec les filles, remarqua le plus grand avec justesse. Et toi ?
La benjamine se mit à rougir, mais tenta de prendre un air faussement digne, comme si elle paraissait outrée qu'on lui posât une question pareille.
— Ce sont des trucs de gamins, dit-elle en haussant la tête. Moi, j'ai pas le temps pour ces bêtises.
James eut un rire moqueur. Il assura à sa sœur qu'elle ne devait pas s'inquiéter, bientôt elle n'aurait plus que cela en tête ! Albus quant à lui soupçonnait que ce fusse déjà le cas…
Ils bifurquèrent sur la droite, vers un petit chemin piétonnier qui passait entre les maisons du centre-ville de Godric's Hollow. Albus se sentait mieux, depuis qu'ils étaient partis. Il ne participait pas tant que ça à la conversation, mais le fait de n'être qu'avec son frère et sa sœur l'aidait un peu.
— Et toi, Al ? Avec les filles ?
Il haussa les épaules.
— Elles m'intéressent pas, et je crois que c'est réciproque. Quand elles me parlent, c'est soit pour me demander des trucs sur Scorp, soit pour se foutre de ma gueule. Toutes celles de Poudlard qui pourraient m'intéresser sont de stupides pimbêches, il suffit de s'en approcher et de les écouter pour s'en rendre compte.
Albus ne vit pas le regard que s'échangèrent son frère et sa sœur.
Ils arrivèrent au parc et entreprirent d'en faire un long tour. C'était un charmant parc avec un beau portail en fer forgé ainsi qu'un vaste étang au centre, dont on pouvait faire le tour en suivant un petit chemin de terre entouré de marronniers, dans lesquels virevoltaient des dizaines de petits écureuils pas farouches pour un sou.
— Dis voir, fit brusquement James après un petit silence. Ça ne serait pas justement un souci avec une fille qui te tracasse en ce moment toi ?
— Quoi ? répondit Albus, interloqué, en levant les yeux vers son frère. T'es aussi fin détective que Maman, toi.
— C'est soit ça, soit une histoire avec Scorpius, reprit James.
Albus s'arrêta de marcher, bouche bée. Il bégaya en essayant de trouver ses mots.
— Mais, euh… N-non, c'est juste… Enfin, je veux dire, on s'est un peu engueulés, mais…
— AH HA ! J'le savais ! chantonna triomphalement Lily.
— Engueulés ? Comment ça ? s'enquit son frère, plus sérieux.
— Ben, euh… Engueulés, quoi…
Albus n'avait pas spécialement envie de raconter tout cela maintenant, il ne savait pas comment aborder le sujet ni si son frère et sa sœur allaient comprendre correctement ce qu'il voulait dire. Le moment était mal choisi !
— Mais raconte !
— C'est pas le moment ! s'exclama Albus. Je vais essayer de raconter et vous allez mal comprendre, et…
— Hey, panique pas, Al ! Si tu ne te sens pas prêt alors soit. Mais tu dois admettre que c'est jamais le bon moment, tu es comme ça depuis que tu es arrivé ! Sérieusement, ça me fait flipper, petit gars. Et, euh… Même Scorpius prendrait peur en voyant ta mine je pense.
— Bon, bon… Mais on va prendre un chocolat chaud alors. Et c'est toi qui payes, James.
James accueillit la proposition avec un petit rire, et ils quittèrent le parc pour aller s'installer dans un salon de thé.
— Okay, bon… Voilà, je veux juste que vous me promettiez de garder ça pour vous, d'accord ?
À nouveau, James et Lily échangèrent un regard entendu, puis ils promirent. Albus se lança alors dans son récit.
— Bon, disons que… je sais pas trop par où commencer… Y a un truc différent, avec Scorp, depuis quelques mois. On a été assignés à des cours particuliers de vol et de potions, ça Papa vous l'a sans doute dit. Lui il s'amuse, mais moi pas trop… Au départ, le daron de Scorpius était désagréable et il arrêtait pas d'être sarcastique et de me rabaisser… Maintenant c'est un peu mieux, mais je n'aime quand même pas les potions, c'est comme ça et je n'y peux rien. Du coup, je voulais arrêter à Noël, mais lui il veut pas. Alors ça a déclenché une grosse engueulade dans le train. Je sais plus trop comment ça s'est passé, mais à la fin il m'a traité de petit con, ou un truc du genre, alors je lui ai dit que j'avais plus envie de le voir, et, euh… Voilà…
Ses souvenirs de la dispute étaient un peu brouillés.
— Hum, marrant, je m'attendais à pire, commenta James.
— Comment ça « pire » ? lança Albus, circonspect.
— Ben, c'est pas grand-chose, quoi… Vous vous êtes engueulés comme des amis le font parfois ! Ça arrive, c'est pas la mort.
— J'ai déjà insulté Lysander de tête de poulpe séchée, je crois, ajouta Lily en se tapotant le menton.
— Non, mais vous comprenez pas… Je ne me suis jamais engueulé avec Scorp. Ou pas autant que ça, en tout cas. Nous deux, on est… J'sais pas comment dire, c'est difficile d'expliquer notre relation… Moi en tout cas j'ai besoin de lui, et j'ai besoin de lui heureux, car chaque fois qu'il est triste ça me ronge de l'intérieur et ça me donne envie de buter tous ceux qui l'ont mis dans cet état ! Je t'ai déjà expliqué pourquoi on a eu besoin de ton aide pour cette histoire de tuniques ?
— Lily s'en est chargée, elle m'a tout raconté ! Ça, petit gars, c'était un coup de maître ! approuva James avec un grand sourire. Superbe ! Fantastique ! Du grand mépris des règles tout Potteresque, et pour la bonne cause, bravo !
Al eut un petit rire. L'approbation de son frère le touchait.
— Ben voilà. Je suis prêt à aller jusque-là quand on lui cherche des emmerdes. Bref, c'est la première fois qu'on s'engueule autant, qu'il ne m'écrit plus, et je crains d'avoir cassé quelque chose, avec lui. J'ai trop peur de comment on va se retrouver dans quelques jours…
Il y eut un petit silence. Lily semblait hésiter à poser une question, elle se triturait les doigts et se trémoussait sur son siège, un peu mal à l'aise. Elle finit par demander :
— Al, je peux te poser une question ? Tu dois me promettre de pas t'énerver !
— Moi ? M'énerver pour une question ? Tu comptes me demander si je pense qu'il est vraiment le fils de Voldemort ?
— Non, non, mais, euh… Eh bien, euh, voilà… Tu serais pas amoureux de Scorpius, par hasard ?
Celui-ci avala sa gorgée de chocolat chaud de travers, ce qui le fit tousser dans sa tasse et projeter son contenu dans toutes les directions, et surtout sur son visage. Il fut pris d'une quinte de toux qui l'empêcha de parler pendant de nombreuses secondes, après quoi il réussit à articuler d'une voix rauque :
— Qu'est-ce que putain de quoi ?
James marmonna un « tergeo » pour nettoyer la table trempée.
— Simple question, répondit Lily en haussant les épaules, comme si la conversation était banale.
James ne disait rien, mais il observait la scène avec attention. Albus était devenu écarlate, cependant l'on pouvait mettre ça sur le compte de sa quinte de toux.
— Non, finit-il par dire d'une voix sèche et un peu précipitée.
— Je demande, parce que parfois tu sais on a juste besoin que quelqu'un tende la perche pour…
— Non ! interrompt-il, presque méchamment cette fois. Lily, non, non, absolument pas !
Il ne put s'empêcher de remarquer que sa voix était devenue un peu plus aigüe. Sa sœur le fixait de deux yeux perçants, tandis que son frère fronçait les sourcils.
Albus ne savait pas où se mettre. Il avait déjà eu cette réflexion juste après le massage, bordel, l'idée même lui paraissait inconcevable ! Scorpius le détesterait, l'abandonnerait après un coup pareil, et il n'aurait plus qu'à sangloter toutes les larmes de son corps ou se trancher les veines. Non, non et non, il n'était pas gay, et non, non et non il n'était absolument pas attiré par son meilleur ami par-dessus le marché !
— Vraiment non ? envoya Lily d'une voix suspicieuse.
— Mais oui bordel ! Tu commences à me saouler, Lily !
— Ne t'énerve pas sur elle, Al ! grogna James. Tu sais, c'est pas si bête ce qu'elle dit hein.
— Ah mais putain vous vous êtes donné le mot tous les deux ! gronda Albus en sentant la colère lui monter à la tête. Je suis pas gay, bordel, et encore moins attiré par Scorpius !
— Je suis pas la seule à le penser, tu sais ! ajouta Lily.
Albus sentit son sang battre dans ses tempes. Si son frère et sa sœur cherchaient la grosse engueulade, ils allaient finir par la trouver !
— Je sais, Lily, merde ! lança-t-il d'une voix bien trop forte, si bien que tout le restaurant pouvait l'entendre à présent. Je sais que toute la putain de Tour de Gryffondor pense que je me tape mon meilleur ami ! Vous autres saloperies de Gryffondor avez pris un malin plaisir à lui mettre ça dans la gueule ! Ce jour-là, j'ai passé la soirée entière à essayer de le consoler, à essayer de lui remonter le moral, bande de tarés que vous êtes, mais ça vous vous en foutez ! Je suis désolé d'être obligé de briser vos rêves de gamins à la con, à tous les deux, mais non, j'me tape pas mon meilleur ami en secret, un point c'est tout ! Ah et puis vous me faites chier, j'me casse !
— Al, attends ! Merde… grogna James.
Il laissa quelques pièces sur sa table et prit sa sœur par le bras. Lily avait les yeux humides, peu habituée à ce que son grand frère lui crie ainsi dessus. Ils sortirent à la suite d'Albus, qu'ils rejoignirent après quelques grandes enjambées.
— Pourquoi ça te vexe qu'on dise ça, Al ? C'est pas méchant de notre part !
— Pas méchant ? Pas méchant ? répéta-t-il. Tu parles ! Imagine la réaction des parents, si ce que vous disiez était vrai ? Imagine la réaction de Papa, imagine la réaction du putain de monde, James ! On serait finis, Scorp et moi, les gens nous attaqueraient dans la rue ! Y a qu'à voir à quel point on s'en prend déjà plein la gueule alors que ce ne sont encore que des rumeurs !
— C'est ça qui te fait peur, Al ? La réaction des gens ?
— Mais bien sûr que non ! C'est celle de Scorp que je crains, et lui craint celle des gens ! Je… Je peux pas le perdre, James. J'me buterais si je le perdais, je te jure. Rien que l'idée, je…
Albus s'arrêta soudainement. La colère avait disparu de sa voix. Ses yeux étaient humides, de rage croyait-il. Mais peut-être pas seulement. Son frère, qui était plus grand que lui, passa sa main par-dessus son épaule et le tira un peu vers lui. Lily vint s'ajouter à l'embrassade de l'autre côté. Après un petit silence pendant lequel il dut se forcer à ne pas pleurer, Albus articula finalement :
— Je… Je suis désolé. J'voulais pas vous crier dessus, c'est juste… C'est la merde, tout ça…
— T'inquiète, petit gars, reprit James d'une voix douce. On est là. Tu as le droit de craindre la réaction du monde entier, mais certainement pas la nôtre. On sera toujours là pour toi.
Al ne dit rien, mais il n'en pensa pas moins. Il était incroyablement reconnaissant envers son frère d'avoir dit ça. Il avait redouté leurs réactions, à lui et à Lily, lorsqu'il avait dressé la liste des personnes qu'il décevrait s'il devait être amoureux de son meilleur ami. Il avait cru bon d'y ajouter son frère et sa sœur, mais c'était avec un véritable soulagement qu'il les en retirait à présent. Cela laissait toujours un bon milliard de noms dessus…
— Le truc, reprit Albus avec une voix encore chargée d'émotion, c'est que j'pense vraiment pas être amoureux de lui vous savez. Je… J'avoue, je me suis demandé. Parfois, il se passe des trucs bizarres, entre nous… et dans ma tête…
James fronça les sourcils, et demanda en rigolant :
— Quel genre de bizarre ? Si tu l'as déjà embrassé sous la douche au coucher du soleil, j'crois que y a plus trop de doute hein !
— T'es con, grogna Albus, encore trop sensible pour apprécier ce genre d'humour. Non, le genre où il me parle de sa future copine et ça me donne envie d'aller lui jeter un sort, par exemple. Ou le genre où je le vois se changer et j'ai du mal à détourner mes yeux de lui, et, euh… Euh, est-ce que… Est-ce que j'ai vraiment dit ça ?
Lily et James étaient hilares. Oh oui il venait de le dire, et en le disant il se rendait compte d'à quel point cela manquait d'ambiguïté. Pour tous ceux qui n'étaient pas Albus Potter, tout devait être à présent très évident…
— Arrêtez de rire ! J'vous jure, c'est pas drôle, se plaignit Albus. Je… Je serai prêt à donner n'importe quoi pour ne jamais être amoureux de lui, sérieusement ! Je… Bordel, tout mais pas ça. J'arrive pas à concevoir une vie où Scorp et moi on… On… Oh putain, ça va être tellement la merde, sinon… Imaginez qu'il me rejette ? Quel genre de pourcentage de chance il y a pour que le mec dont je suis amoureux soit gay si je le suis également, hein ?
— Une chance sur dix, énonça Lily. J'ai étudié la question, ajouta-t-elle en voyant le regard de son frère aîné, comme pour se justifier.
— Merci, Lily, c'est vraiment d'une grande aide. Donc dans neuf cas sur dix, je serais amoureux de lui et l'inverse ne sera pas vrai. Nickel. Lequel d'entre vous me jette le Sortilège de Mort ?
— Bon, reprit James. Tout ce qu'on sait, à ce stade, c'est que tu n'es pas sûr, Al. Pour le moment, il faut que tu fasses avec. Mais je veux que tu me promettes un truc. Si jamais tu te rends compte que oui, tu es bien amoureux de lui, je veux que tu me préviennes direct. Tu entends ? Si pour finir c'est vrai, tout ça, tu auras besoin de toute notre aide, à Lily, à Rose, et à moi. Okay ?
Le palier de leur maison était en vue à présent. Ils allaient devoir terminer cette discussion.
— Rose ? Tu déconnes ou quoi ? Elle m'apprécie, mais elle a jamais aimé Scorpius… Si elle apprend qu'on est ensemble, elle va tout faire pour que cela cesse !
— Tu as tort, Al. En plus, pour le moment, elle n'y croit pas, informa Lily.
— Oh, parce qu'évidemment, vous en avez parlé entre vous ! grogna Albus à nouveau.
Lily haussa les épaules en guise de réponse. James poussa la porte de leur maison, et, tandis qu'ils retiraient leurs chaussures, Ginny appela.
— Tu as du courrier, Al !
Celui-ci releva brusquement la tête de ses pieds. Il se précipita dans la cuisine et s'empara avec précipitation de la lettre que lui tendait sa mère.
Il reconnut immédiatement l'écriture fine de son ami, la rondeur de ses lettres, ou comment il traçait le « M » de Malefoy comme un genre de triangle inversé. Son cœur battait à tout rompre dans sa poitrine, enfin ! Enfin, Scorpius lui avait écrit, il avait été celui d'entre eux deux qui avait su trouver les mots pour qu'ils se réconcilient, enfin !
Avec une fébrilité qui n'échappa guère à son frère et sa sœur, Al arracha l'enveloppe, sortit le parchemin qu'elle contenait, et se mit à lire. Le texte était court, plus court que les lettres qu'il lui écrivait habituellement. Et les traits étaient grossiers, appuyés, comme si la main qui tenait la plume était tremblante et mal assurée.
Il lut. Et plus il lisait, plus son cœur sombrait au fond de son estomac. Lorsqu'il atteignit les derniers mots, il avait les yeux humides à nouveau. Sa journée avait terriblement commencé, elle était loin de s'améliorer.
— Qu'est-ce qu'il se passe ? demanda Ginny en voyant son visage se décomposer.
— C'est Scorpius… répondit-il d'une voix faible, tremblante.
— Oh, et alors ? Il dit quoi ?
— Sa mère, elle… Elle est morte dans la nuit.
Alors oui c'est un vil cliffhanger, mais me frappez pas ! Avouez elle était cool, cette petite sortie entre frères et sœurs, pas vrai ? Bon, je vois que vous m'en voulez, alors pour me faire pardonner, le prochain chapitre est un des plus longs de l'histoire ! Stylé, ça, hein ? Eh ouais, le chapitre 9 titre à 10'000 mots sur Word, ce qui va sans doute en faire 12'000 et quelques aux yeux de FFNet.
Par contre c'est aussi un chapitre difficile, puisque vous vous en doutez, la mort d'Astoria ne va pas être sans conséquence sur Scorpius. Il a beau avoir été celui qui a trouvé la force de reprendre contact avec l'autre, les circonstances ne sont vraiment pas pour lui. Alors à votre avis, dans quel état va-t-on retrouver le pauvre Scorpius ? Albus aura-t-il la force d'être là pour lui malgré leur engueulade ? Toutes les réponses vendredi 26 août dans le chapitre 9 : Sanglots !
(Ah oui je vous l'ai dit, c'est pas un chapitre facile hein, jusque dans le titre. Il a fait pleurer ma bêta, désolé Pouik :')
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Gros bisous à toutes et tous, et une excellente semaine à vous !
