Elle fut réveillée par des cris dans la salle commune. Elle regarda sa montre et constata avec effroi qu'il était neuf heures. Heureusement, elle avait la matinée libre. Elle se hâta d'enfiler son uniforme, saisit sa baguette, attacha son collier et descendit les escaliers quatre à quatre.

"Arrête de pleurer Kathy, ton nez devient rouge on dirait un niffleur."

C'est sur cette remarque de Fred Weasley qu'elle pénétra dans la salle commune. Deux camps s'était formés. D'un côté, des jeunes premières années ne semblant pas comprendre entouraient Eva et Julie qui tentaient de consoler Kathy, qui avait fondu en larme. De l'autre, Fred, Georges, Hermione et Ron leur faisaient face. La majorité des Gryffondor avaient cours ce matin là, si bien que la salle commune était presque vide.

Camélia se glissa rapidement à côté des jumeaux et leur demanda en chuchotant ce qui se passait. Georges lui expliqua que Kathy avait tellement tenu la jambe de Dubois qu'il s'était énervé et qu'il était parti. Kathy pleurait parce qu'elle voulait l'inviter au bal. Camélia avait cru comprendre qu'elle s'en était prise à un première année qui avait rit de l'échange.

Kathy leva la tête et renifla bruyamment. Elle regarda Camélia avec dégoût et lança:

"Et voilà, manquait plus que la fille d'un assassin. Tu viens pour prendre La défense des plus faibles? J'avais la nette impression que c'est de loin pas une tradition dans ta famille? En général, on tue tout le monde sans raison non?"

Camélia ne put se retenir. La charge du pouvoir était insignifiante comparé à la haine qu'elle ressentait. Comment osait-elle? Elle se jeta sur elle et la plaqua au sol. Les autres tentèrent de les séparer mais ils n'y parvenaient pas. Kathy, le nez en sang lança d'un ton hargneux:

"Vas-y continue! Tue moi! Suis le si bon exemple qu'est ton père!

- Tais-toi, tais-toi, tais-toi!!

- MADEMOISELLE BLACK!"

McGonagall était entrée dans la salle commune accompagnée de Julie. A son air, Camélia devina que Julie ne s'était pas contentée de rapporter. Elle l'avait aussi fait passer pour la méchante de l'histoire.

La professeure la saisit par son capuchon et la traîna à l'extérieur de la salle. Elle desserra un peu son étreinte à l'extérieur mais l'emmena jusqu'à son bureau avant de la faire assoir sur un fauteuil. McGonagall s'installa à son tour derrière son bureau et commença:

"Je sais ce que vous allez me dire. Avant tout sachez que vous m'avez beaucoup déçue. Je déteste devoir faire cela à ma propre maison mais je vais enlever cinquante points à Gryffondor.

- Comment ça? Professeure je vous en supplie de m'écouter!

- Mademoiselle Arnau est venue tout me raconter.

- Professeure!

- MAIS... je pense savoir ce qui s'est probablement passé. J'imagine que Mademoiselle Arnau a menti pour protéger son amie. Je veux savoir une seule chose. Qu'est ce que Mademoiselle Lauclair a dit pour vous mettre autant en colère?

- Elle...

- Allez-y. Je vous écoute.

- Elle s'est à nouveau servie de mon père pour me ridiculiser et m'insulter.

- Camélia..."

Cette dernière fut surprise d'entendre son prénom et non pas son nom de famille. La professeure se leva et s'assit sur le coin de son bureau. Elle déclara:

"J'ai personnellement connu votre père.

- Vraiment?

- Votre père faisait partie d'une association contre Celui-Dont-Il-Ne-Faut-Pas-Prononcer-Le-Nom dont j'étais également membre. C'était quelqu'un de très bien. Sirius Black était un homme très loyal et attachant. Je n'ai jamais rencontré votre mère mais je peux vous dire qu'elle a fait un bon choix. Les gens peuvent penser ce qu'ils veulent de votre père, la seule chose qui importe c'est ce que toi tu veux penser. Ton père s'en fichait de ce que les gens pensaient de lui. Tout ce qui lui importait, c'était de compter pour les gens qu'il aimait. Je me souviendrai toujours du jour où il nous annoncé qu'il allait être père. C'était pendant une réunion et il semblait l'homme le plus heureux de monde. Après ce jour, il a quitté l'association pour être sûr de toujours être là pour toi."

Camélia se sentait retournée par ce discours et la professeure se rassit derrière son bureau.

"Je n'irais pas plus loin. Pas de retenue. Mais que je ne vous voie plus jamais dans mon bureau c'est compris?

- Oui professeure."

Camélia sortit du bureau et fila à toute allure dans les couloirs. Elle était soulagée de pas avoir été punie mais les révélations de la professeure l'avait grandement bouleversée. Elle monta dans les étages au hasard, traversait les couloirs sans regarder autour d'elle. Elle ouvrit finalement la porte d'une salle de classe déserte, les larmes lui brouillant la vue. Elle trébucha contre l'estrade du bureau du professeur et s'effondra sur le sol. Elle se recroquevilla sur elle-même et laisse aller ses sentiments. Toutes les larmes de son corps roulaient sur ses joues, ces larmes retenues depuis si longtemps, des larmes de soulagement et de tristesse à la fois. En position fœtale sur le sol froid, elle se laissa aller, laissant tous les sentiments et les émotions qu'elle avait enfoui au plus profond de son âme au décès de son père. Toutes ces question, ces incertitudes. Tout ce qu'une enfant de son âge voudrait savoir sur ses origines. Les Weasley avaient essayé et fait de leur mieux pour qu'elle se sente chez elle au Terrier. Mais ce n'était, ce n'est et ce ne sera jamais comme cela aurait pu être avec son père et sa mère. Elle avait beau se sentir dans un environnement familial, elle ne pourrait jamais appeler quelqu'un papa ou maman.

Soudain, quelqu'un toqua à la porte et l'entrebâilla lentement. Camélia se rendit compte qu'elle n'avait pas entièrement fermé la porte. Elle se redressa et s'adossa au bureau en chêne tout en essuyant ses larmes de sa manche. Le visiteur indésirable, qui n'était autre qu'Olivier Dubois,assurément doté de bonnes intentions, passa la tête par l'entre bâillement de la porte.

"Camélia, c'est toi? Je..."

Il s'interrompît en la voyant dans cet état. Il s'approcha alors en fermant la porte derrière lui et lui demanda:

"Ça va?

- Oui ça va, t'inquiètes."

Pas convaincu, il continua d'avancer et s'assit à côté d'elle. Camélia redressa ses genoux contre sa poitrine et les entoura de ses bras.

Ils restèrent un court instant en silence puis Dubois lança:

"C'est Kathy? Elle t'a encore dit un truc? Elle t'as fait quelque chose?

- Non. Tout va bien t'inquiètes pas.

- S'il te plaît. Dis moi. Tu peux me faire confiance. Tu peux me dire ce qui va pas je ne le répéterais pas."

Elle prit une grande inspiration et se lança:

"C'est pas Kathy. Enfin... pas entièrement."

Elle lui raconta toute l'histoire, les pleurs de Kathy, les insultes, l'affrontement, l'intervention de McGonagall, sa convocation dans son bureau et les révélations sur son père.

Quand elle eut fini, les larmes coulaient à nouveau et elle était incapable de dire encore un mot.

"Je suis désolé. Je ne sais pas ce que ça peut faire de perdre ses parents et je ne le saurais jamais avant longtemps. Mais sache que... que si jamais tu... as besoin de parler... je, je suis là, ok?

- Me... merci."

Elle lui sourit sincèrement et il lui rendit son sourire avant de quitter la salle de classe vide.


A suivre...