Blablamiaou : Point de 29 Février cette année ! Pourtant, je me risque à briser temporairement cette ligne directive quant au postage de cette ficounette pour venir vous souhaiter, à vous lectrices du fandom Harry Potter : Belle et Heureuse Année 2021 ! Je sais : il en serait temps. Mais comme expliqué dans mon OS valentinesque, le retard est relatif compte tenu que le 12 Février c'était le Nouvel An chinois. Donc, ça ne fait pas 2 mois d'écart mais seulement 16 jours. Rien de dramatique en somme. ^^

Trêve de plaisanterie, bonne lecture !

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«Bis'sex'tile ?»

~Chapitre 2~

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Las des multiples interventions prodiguées auprès des blessés, en tant que guérisseur puisque ne pouvant évidemment nullement prétendre au titre de médicomage, Draco s'était secrètement isolé dans l'un des jardinets d'une des nombreuses maisons abandonnées du village où les échanges belliqueux faisaient rage. Là, au milieu des herbes folles, témoignant combien le temps était passé depuis la dernière visite humaine, résidait une vieille balançoire d'enfant. Aussitôt, désireux de recouvrer, ne serait-ce que partiellement, les enivrantes sensations provoquées par le vol sur balai qui lui manquait terriblement, l'ancien Serpentard, après s'être évidemment assuré de n'être nullement épié et avoir minutieusement dépoussiéré la miteuse planche, s'était installé et amusé. S'attelant à monter toujours plus haut, il n'avait nullement boudé son plaisir. Risquant plus d'une fois l'accident mortel, en tombant et se fracassant le crâne.

- « Jamais je n'aurai pensé surprendre un Malfoy en train de s'envoyer en l'air. » ironisa Harry, stupéfait par l'étrange et rafraichissant spectacle, troublant merveilleusement et sans scrupule l'instant de grâce.

A la poursuite d'un redoutable Mangemort fuyard, volatilisé comme par magie à son plus grand énervement, le tenace Auror avait obstinément scruté mille fois les alentours pour le débusquer, avant que son attention ne soit inextricablement captée par une filiforme silhouette semblant mystérieusement familière. Une longue chevelure, à l'aristocratique teinte peu commune, le replongea aussitôt en enfance. Son esprit fatigué crut reconnaitre le patriarche de la dynastie Malfoy, aussi s'était-il approché précautionneusement pour s'en assurer et éradiquer éventuellement cet exécrable fantôme venu du passé. Malgré le fait que ce dernier fut définitivement exterminé, depuis plusieurs années déjà, suite à sa capture grandement médiatisée. Dès lors, quelle ne fut pas sa surprise de constater que le corps était plus vif et les traits plus jeunes que le maudit père. Hypnotisé, Harry ne put dévier les yeux de celui qui avait été le pire de ses cauchemars. Son tourment le plus irritant et obsessionnel.

Pourtant, présentement, Draco semblait radicalement différent. Si paisible et ravi. Son léger sourire aux lèvres et ses cheveux fins, libres de tout gel pouvant se mouvoir sans entrave, lui octroyaient un air faussement angélique qui dénotait royalement avec les images dont sa mémoire l'abreuvait. Néanmoins, le détail qui importuna Harry fut qu'inexplicablement Draco semblait apprécier de pouvoir revivre même artificiellement l'ivresse de voler. Pourquoi se contentait-il de ce jeu moldu lorsque la magie pouvait littéralement l'aider à planer ? Titillé et légèrement revanchard, Harry s'apprêtait à l'interrompre malicieusement lorsqu'il prit peur et le figea sans autre avertissement. Draco, emporté par son fougueux plaisir, faillit chuter rudement tant il se penchait en arrière, le corps arc-bouté, la tête ballante et tenu par la seule force de ses bras.

- « Potter ? » maugréa difficilement Draco, les dents serrés, stoppé nettement, à contre cœur, dans sa folle et utopique envolée vers les nuages. Décidément, cet ignoble emmerdeur n'avait pas son pareil pour ruiner le moindre petit aparté qu'il s'accordait péniblement et qu'il aurait tant aimé plus jouissif. C'était comme une horripilante résurgence du passé, et ça avait le don de méchamment l'indisposer.

- « Lui-même. Pour vous sauver et vous servir, votre Altesse. » s'agenouilla-t-il à ses pieds, une main sur le cœur et l'autre portant respectueusement l'une des mains désormais libérée jusqu'à ses lèvres, comme le ferait un digne chevalier soumis devant son souverain adoré. Or, connaissant le rebelle énergumène, Draco se doutait fortement que l'intention était plus vile et moqueuse que flatteuse et sincère.

- « Même en Enfer, je suis condamné à te supporter ! » s'offusqua âprement et plus passionnément le médicomage, envoyé de force sur le périlleux front pour absoudre ses pêchés d'adolescence, semblant recouvrer spontanément sa langue acérée et ses anciennes répliques fielleuses. Pour faire bonne figure, il retira dédaigneusement sa main retenue prisonnière et, d'une pression sèche, repoussa vivement le brun qui vint pourtant se reposter étroitement à lui. Le toisant, morveux, de ses quelques millimètres gagnés avec les années.

L'emprise du sortilège levée, et toujours foncièrement irascible, Draco voulu sournoisement gifler son assaillant pour avoir eu l'audace de l'espionner et l'impudence de ruiner son éphémère félicité. Malencontreusement, son sauveur agrippa aisément son poignet menu et bloqua fermement, sans aucun mal, son action vengeresse. Contre toute attente, au lieu de lui retourner un violent coup qu'il appréhendait déjà, le héros du Monde sorcier porta derechef le membre ferré à sa bouche. Là, avec une indécente langueur, il le lécha longuement. Sensuellement. Provoquant une réaction inattendue en Draco tandis que le regard de braise le chauffait et le clouait merveilleusement sur place.

- « A vouloir porter systématiquement la main sur moi, un jour prochain, tu finiras par avoir chaud aux fesses … Draco. » souffla suavement Harry, telle une promesse licencieuse qu'il mettrait assurément un point d'honneur à respecter. Soudain, l'air devint plus électrique. Leurs magies semblant s'entrechoquer en mille étincelles aveuglantes sans chercher véritablement à en découdre ni se violenter furieusement.

- « Des promesses … » susurra Draco, bien malgré lui d'une voix équivoque, piquante et terriblement tentatrice, ne s'attendant certes pas à être épargné par la foudre d'un homme devenu moins conciliant au fil des épreuves endurées. Face à lui, il ressentait implacablement la toute puissance de l'être admirable, certes toujours bienveillante et pourtant si immanquablement plus sombre aussi.

Lequel des deux se jeta brusquement sur l'autre ? Difficile à trancher. Ce fut comme une parfaite et innée coordination. Un viscéral besoin dominateur auquel rien ne résiste. Néanmoins, le résultat fut clair et intangible : Harry et Draco se dévoraient éperdument. Laissant ressurgir les années de frustration à se contenir pour ne pas réduire l'autre en cendre. La passion dont ils faisaient preuve dans leur brûlant baiser se retranscrivit jusque dans leurs magies s'entrelaçant joliment en une myriade de flamboyantes couleurs. Un cocon salvateur les enveloppant soigneusement et hermétiquement comme pour les soustraire aux yeux excessivement trop curieux et intolérants du monde.

Chacun de leur côté, loin de ces hostiles terres ravagées par la haine et souillées par le sang d'innocents ou d'impies, les deux jeunes adultes avaient de fidèles épouses aimantes. Des compagnes patientant sagement ou anxieusement à leur retour définitif, auprès de nourrissons devenus enfants turbulents en leurs absences. Pourtant, en cette ensorcelante seconde d'éternité, leurs vies respectives s'estompèrent, ne laissant place qu'à l'indéniable attraction mutuelle. Pourquoi et comment lutter devant une telle force de la Nature ? Mieux valait y succomber, afin de s'en détacher plus aisément par la suite. Après tout, comme le stipule si brillamment un proverbe antique : « le meilleur moyen de résister à la tentation est d'y céder ».

En conséquence, certains déduiraient facilement qu'Harry s'y complaisait par pur caprice. Théorisant, à tort, sur le fait qu'ayant trop souvent côtoyé la mort, le Saint Potter cherchait à compenser ou vivre pleinement sans rien s'interdire pour ne rien regretter lors de son futur trépas. Or, sous ce désir passager vivotait réellement un sentiment le dominant depuis fort longtemps. Depuis Poudlard, exactement. Sans nul mensonge, Draco l'avait toujours terriblement fasciné. Aussi vrai qu'il eût, également, le véritable don de lui taper grandement sur les nerfs. L'ex-Préfet était un sulfureux et anxiogène fantasme, de ceux qui ne vous quittent jamais.

Alors oui, leur désespéré et impudique baiser était immoral. Les bien-pensants les condamneraient sans autre forme de procès pour cette infâme vilénie impardonnable. Cependant, comparé aux atrocités meurtrières de cette énième guerre sorcière, les ayant éloignés de leurs familles et amis demeurés à l'abri, Harry et Draco n'en firent nul cas et furent soulagés de rencontrer une tête familière. Et si ce visage avait les traits d'un ancien ennemi de jeunesse, il n'en restait pas moins que c'était agréable de pouvoir partager ses pensées et impressions avec une vague fréquentation.

Des connaissances qui, peu à peu, sauront s'apprivoiser. S'apprécier au point de ressentir une forte sympathie réciproque. Néanmoins, leur déroutante symbiose ne les mènera guère au-delà de torrides et fougueux baisers ou touchers intimes raisonnablement poussés. Voulant préserver et respecter leurs femmes ignorantes, autant que possible, ils s'imposeront difficilement d'insurmontables barrières. Du moins, durant un laps de temps. Toute forme de pénétration fut alors bannie, les privant d'apaisantes libérations.

Cependant, pour palier à l'insatisfaction et l'inconfort, les deux soldats d'infortune inventeront ultérieurement un judicieux stratagème : seules leurs magies seraient autorisées à follement faire l'amour. Et puisque les liens entre eux et leurs fluides magiques sont si remarquables et profonds, ils ne seront nullement bridés. Bien au contraire. Les imbrications magiques, se répercutant dans leurs propres corps, provoqueront délicieusement chez eux des sensations proches d'intenses orgasmes, jusqu'à inonder les cieux de gigantesques et spectaculaires aurores boréales. Ensorcelantes manifestations dont chaque soldat et personnel médical présent sur le front s'extasieront sans en soupçonner pourtant l'étrange origine.

- « Je suis un homme de promesse … et d'action. » fredonna Harry taquin, détachant difficilement leurs lèvres engourdies, verrouillant malgré tout ses yeux déterminés à ceux encore troublés de Draco. Les prémices de l'interdit étaient atrocement séduisantes.

Assurément, l'espace de ce frivole et fiévreux interstice, Harry laissa délibérément son monde se limiter exclusivement aux envahissants atours tentateurs de Draco : une savoureuse bouche accueillante couplée à un tempétueux regard envoûtant. Sans omettre la proximité d'un corps qu'il devinait magnifiquement galbé, même dissimulé sous de piteux lambeaux d'uniforme. Voilà tellement de temps déjà qu'il combattait âprement, sans jamais se reposer véritablement ou songer dignement à son bien-être, qu'une éphémère once de chaleur humaine était bienfaitrice, salvatrice et revigorante. Alors non, Harry ne cracherait pas sur cette opportunité d'infime sérénité. Fut-elle offerte par son ancienne Némésis.

Or, sur un perpétuel et incessant champ de bataille, même pour le meilleur et le plus affuté des braves, il est dangereux d'abaisser négligemment sa garde. Ne serait-ce que momentanément, et surtout face à un ennemi sournois et retors. Ainsi la furtive ombre maléfique pourchassée antérieurement, qui attira brièvement son attention au coin de l'œil, ne lui laissa guère le temps ni l'opportunité de se protéger. A peine eut-il le réflexe inné de projeter, vivement et brutalement, d'un sort informulé, Draco loin de lui qu'un vicieux et douloureux sortilège déchira violemment et profondément son abdomen.

- « POTTER ! » résonna funestement, dans ce silence ouaté devenu mortel, la voix exacerbée de douleur et de terreur d'un Draco impuissant lorsqu'il reprit ses esprits, après l'intempestif et rude atterrissage contre le muret entourant le serein petit jardin abandonné.

Jamais le scellement punitif de sa magie ne lui parut plus injuste et ne lui laissa plus goût ignoblement amer. Sa flagrante inutilité était d'autant plus pernicieuse en cette seconde qu'il était rendu au rang similaire d'un simple moldu désemparé. Aussi impensable que cela fut, en cette funèbre journée de Février, Draco fut réduit à n'être que le piètre, malheureux, témoin inoffensif du plus atroce et périlleux mirage : Harry Potter, l'indétrônable et fameux sauveur du Monde Sorcier, pitoyablement affaibli et agenouillé devant son cruel bourreau Mangemort, tout disposé à l'achever sans clémence ni miséricorde aucune. L'indisciplinée chevelure brune dissimulait péniblement le regard désormais vitreux du héros agonisant. Mortellement blessé et ruisselant abondamment de son illustre sang.

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********** A suivre **********

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Blablamiaou : Merci d'avoir lu jusqu'à la fin. Jetez-moi les premières foudres reviewesques celles estimant inadmissible ou impardonnable que j'ai :

1- osé blesser gravement le Grand Harry Potter

2- coupé vicieusement là cette suite haletante

3- posté illogiquement avant le 29 Février 2024 ! ^^

A toutou bientôt … ou adi'os !