Blablamiaou : Oups, j'ai loupé le train de février ! Toutefois, je ne suis pas en retard, puisqu'effectivement la publication aurait du être au 29 février. Et comme il n'y en a pas cette année … ^^

Mais, plus sérieusement, vu le contexte actuel, j'étais réticente à vous poster ce chapitre-ci. En effet, il y est clairement évoqué, en toile de fond, un conflit armé. Alors même si les munitions sont ici des sortilèges, il est toujours question d'affrontement. Finalement, j'ai pris le parti de vous le partager aujourd'hui, puisqu'il était écrit depuis longtemps. J'espère que cette fiction saura vous distraire, malgré tout, de la dure réalité.

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«Bis'sex'tile ?»

~Chapitre 3~

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Qu'il était éprouvant pour l'égo de constater qu'un sombre Mangemort avait réussi à le terrasser sans trop de difficulté ! Heureusement, Merlin, ou d'autres bienveillantes âmes charitables, semblait le veiller, même perdu sur cet hostile front meurtrier. Puisqu'à l'évidence, la Faucheuse l'avait négligemment rejeté, sans nulle réserve. Miraculeusement, il avait survécu au coup traitre, qui aurait du être désastreusement funeste. Pourtant, il s'en sortait, seulement, enrubanné d'un bandage lui mangeant l'intégralité de l'abdomen. Ce n'était certes pas mortel, mais bordel que c'était douloureux ! La prochaine fois, il saurait assurément préserver ses arrières. Et, ne pas se laisser bêtement distraire par un joli minois boudeur et des yeux inaltérablement ensorceleurs.

- « Quel jour sommes-nous ? » chuchota l'impertinent trompe-la-mort, supposant fortement qu'une telle blessure avait du l'étourdir plus que quelques heures.

Ce dont Harry ne se doutait pas, cependant, fut que son coma dura près d'une dizaine de jours. Rude période durant laquelle nombre de valeureux combattants, devenus amis pour une majorité, étaient mortellement tombés à terre. Sans espoir de ressusciter, et se relever comme lui. Difficilement, il battit ses oppressantes paupières pour examiner son environnement actuel. Son sens visuel allègrement perturbé, il usa des autres. La tente médicale, en déduisit-il en reniflant l'âpre odeur tenace et en entendant les cris rauques, induits par de profondes entailles, de béantes déchirures ou d'hideuses amputations. Un sanctuaire protecteur, épargné par les agressions extérieures, dont le côté aseptisé ne manquait pas de lui filer toujours la nausée.

- « Le 29 février. Un jour rare dont tu pourras louer la magie. » répondit d'une voix trainante Draco, dont Harry ne pouvait que deviner la longiligne silhouette floue, soulageant un énième combattant allongé sur le lit voisin. Le pauvre gars était en piteux état. L'élu des Dieux avait réellement été un sacré veinard !

« T'es chanceux, Potter. L'inquiétude de ta troupe et leur ténacité à te chercher t'ont sauvé la vie. » expliqua-t-il lassé de sa matinée surchargée, venant enfin se positionner au-dessus de lui pour l'examiner plus correctement.

Draco tut le fait qu'il lui avait consacré énormément d'heures. A le veiller, ou lui lire n'importe quoi, juste pour qu'il sache qu'il n'était pas isolé. Un privilège qu'il lui avait généreusement octroyé, se sentant également délaissé sur ce champ atrocement dévasté. Le voir piteusement effondré face à l'ennemi lui avait ruiné ses repères. Avait brisé, en lambeaux, l'assurance qu'il avait d'un Harry pratiquement immortel et invincible. Être séparé d'un entourage familier était plus pénible, effrayant et insupportable qu'il ne l'avait songé. Inhumain en somme. Même s'il ne s'entendait que par bienséante courtoisie avec son épouse, Astoria lui manquait épouvantablement. Sa douce présence lui faisait cruellement défaut. Peut-être était-ce la raison, l'excuse pour laquelle il s'était accroché à l'ancien Gryffondor, même inconscient.

- « Approche, Malfoy. » exigea Harry, se rappelant subitement d'une légende concernant ce jour capricieux et qui lui avait chatouillé les neurones le temps de sa malencontreuse absence.

Si les mots de l'improbable mythe disaient vrais, alors il en profiterait pour assouvir l'un de ses plus audacieux fantasmes d'adolescent frustré. Avoir frôlé la mort, lui faisait entrevoir que, parfois, mieux valait risquer un peu et avoir des regrets perpétuels. Plutôt qu'être lâche et s'ensevelir sous des remords avilissants et destructeurs. De toute façon, qui oserait le juger ? Le réprimander sévèrement dans sa quête résolue de réconfort, auprès d'une âme disposée à le soulager de ses craintes et sa lassitude ? Car, sans plus d'explication logique, Harry devinait intimement que Draco était son point d'attache, au sein de cette arène guerrière. Et qu'importe qu'il fraude ! Si cette journée était inexorablement destinée à se dissoudre dans les méandres de l'oubli, alors personne ne pourrait le condamner. Lui-même s'en souviendrait-il ultérieurement ?

- « Que veux-tu ? » se résigna l'officieux médicomage, bravant vaillamment son mauvais pressentiment, en approchant aussi proche que le requérait le doigt fébrile de l'improbable mutilé. Jamais Draco ne lui avouerait qu'il lui avait, tendrement, tenu la main pour l'ancrer à leur réalité. Qu'il s'était, quelque fois, surpris à caresser, suavement, ces puissants doigts, froids et inertes.

- « Ceci ! » lui murmura brièvement le fortuné héros, chapardant éhontément, avec délice néanmoins, un savoureux et sensationnel baiser furtif.

L'une de ces troublantes et vertigineuses unions vous enivrant, prestement et merveilleusement, au point de perdre, prodigieusement et définitivement, pied. Harry se sentait agréablement flotter, telle la première fois. Et, incontestablement, les stupéfiantes potions magiques n'étaient en rien responsables. D'ailleurs, il constatait, réjouit et flatté, qu'acculé dans ses malicieux filets euphorisants, son ennemi de toujours n'avait d'autre choix que se soumettre à sa loi totalitaire. Dans le sublime royaume « Draco », Harry était l'intransigeant et despotique souverain. Lui interdisant, fondamentalement, de respirer, ou goûter seulement, ce qui n'était pas son souffle.

Harry comptait peut-être un peu trop sur la véracité de la légende du 29 février, stipulant que tout fantasme réalisé en ce jour demeurerait éternellement prisonnier de l'étrange geôle calendaire. Sans espoir de s'en échapper. Passé cette date, tout s'effacerait. Qu'importe vraiment ! Ce délicieux échange lui donnait, présentement, envie d'en réclamer encore un peu. Même beaucoup plus. Risquer le tout pour le tout. S'engager dans un périlleux affrontement pouvant lui coûter dangereusement très cher. Peut-être était-il resté trop longtemps loin de sa femme ! Pourtant, en cette seconde d'éternité, ce n'est point sa bouche qu'il désirait ravager inlassablement. Sauvagement. Inconsciemment, il se sentait proche de Draco. Avait-il halluciné en imaginant sa présence constante auprès de lui ?

- « Ne tentes pas trop ta chance aujourd'hui ! » le bouscula brusquement Draco, se voulant condescendant, appuyant exactement et vilement sur son torse blessé, pour le punir vicieusement de son outrecuidance.

Si Draco était indigné de l'irrespectueuse audace, ce frôlement ne l'avait cependant pas tant dégoûté. Secrètement, il s'y réabandonnerait éventuellement. Se laisserait délicieusement corrompre. Or, chaque fois qu'il se remémorait leur premier partage insouciant, se rappelait fatalement à lui l'agression du sadique et malsain Mangemort. Harry avait failli périr ! Du simple fait qu'ils avaient, passagèrement, baissé leur garde. Il ne se pardonnerait pas d'être fautif. Coupable de sa disparition. Que le Monde entier le haïsse, pour cet acte inqualifiable, lui serait totalement égal. Par contre, son monde s'effondrerait en perdant l'un des piliers lui ayant ouvert les yeux.

- « Je reviendrai plus tard, pour vérifier tes pansements. » préféra-t-il déblatérer flegmatiquement, désertant rapidement pour calmer son cœur et ses pensées. Récemment, ces deux traitres avaient la fâcheuse manie d'échapper à son contrôle, en la présence de son rival de jeunesse. C'était parfaitement inadmissible !

Ne s'attardant nullement sur l'intense regard, même quelque peu aveuglé, d'Harry, Draco se précipita vivement dehors. En quête d'un étourdissement salvateur, qui lui ferait oublier ces damnées lèvres exquises. D'un pas faussement lent et apaisé, cachant qu'il pouvait lamentablement trébucher, il rejoignit les autres compagnons d'infortune. Ces derniers célébraient leurs maigres victoires, et survies, autours d'un chaleureux feu et de frugales pitances. Les factions belligérantes avaient odieusement ravagé le village à proximité, avant de battre inexplicablement en retraite. Evidemment, c'était peut-être un vil piège ou un bref répit. Pourtant, leur camp ne s'en formalisait nullement et festoyait jovialement. Histoire de s'encourager pour la suite. Car sous couvert de rire, parfois gras et tempétueux, le moral demeurait fluctuant, précaire. A tout instant, leur monde pouvait chanceler.

- « J'ai surpris ta brève conversation avec Potter. Pourquoi lui avoir menti ? » l'interrogea, subitement en toute discrétion, un autre soigneur, dont Draco s'était involontairement rapproché dernièrement. Collègue qui le taquina mielleusement, en lui baisant éhontément la nuque, avant de s'installer près de lui.

Kaiko Akihiko, littéralement traduit par « Souvenir du Prince Lumineux », était un digne érudit du majestueux Palais de Mahoutokoro au Japon. Malgré l'éducation stricte et remarquable, le prestigieux diplômé n'en oubliait nullement d'être un brin espiègle, derrière son physique sagement anodin. Une nonchalante dégaine similaire à celle d'un certain Harry Potter, avec sa tignasse échevelée, du temps de Poudlard. Etait-ce l'insidieuse raison expliquant la pudique affectation que lui portait Draco ? Ce n'était certes pas flagrant, mais un brillant observateur aurait assurément supputé qu'une idylle couvait sous ces gestes amicaux et soucieux. Ironiquement, les conflits pouvaient rapprochés les individus. Des êtres qui, en d'autres temps, ne se seraient nullement accordé la moindre attention. Bien qu'il était ardu de ne pas suivre, dévorer, des yeux la ravissante et svelte silhouette du Sang-pur !

- « N'êtes-vous pas intimes ? » lui susurra-t-il, effrontément provocateur, arborant un sourire tendancieux qui faisait indéniablement tout son charme.

Suivant l'excellent, mais néanmoins épuisant, enseignement dispensé durant ses entrainements de Quidditch, au-dessus d'une mer souvent orageuse, l'ancien membre des Tengu de Toyohashi, avait appris à garder l'œil alerte sur tout. Rien ne lui échappait. Question de conservation instinctive ! Entre un virulent cognard et une létale houle, Kaiko ne voulait aucunement choisir ! Aussi, trouvait-il intéressant, pertinent, d'étudier son élégant sensei. L'hautain et solitaire britannique, pour lequel il s'était découvert une passion exacerbée. Le faire follement rougir de gêne était une activité plus que distrayante, après la tension excessive du champ de bataille. Impartialement, chacun dénichait du bonheur et de la légèreté là où il le pouvait !

- « Les gars de son bataillon racontent que tu l'as sauvé. En lui administrant, immédiatement, les premiers soins. Qu'ensuite, tu as hurlé, longtemps, pour attirer l'attention de quelqu'un. Quitte à te mettre délibérément en péril. D'ailleurs, ta voix les aurait guidé jusqu'à vous. » reprit-il avec un semblant de sérieux, frôlant furtivement les graciles doigts fuselés. Une poigne qui se fit davantage affermie et aguerrie à l'évocation du crucial évènement.

- « Ne m'accrédite pas tant de gloire ! » maugréa vigoureusement Draco, oubliant d'être affable, se repassant le fil de cet angoissant et nauséabond épisode. Ses connaissances avaient indubitablement servi la cause d'Harry. Or, s'ils étaient toujours vivants, c'était pour un motif bien moins avouable.

Avec un plaisir obscène, le Mangemort assassin s'apprêtait à achever définitivement l'illustre Auror, quand Draco avait effectivement hurlé, à s'en briser les cordes vocales. Fracassant interlude ayant admirablement détourné l'attention du bourreau, de son œuvre macabre, qui, aussitôt, suspendit son geste. Titubant jusqu'à lui, sous la violence encore persistante de la frappe l'ayant projeté contre le muret, Draco avait joué son ultime va-tout. Une carte dont il n'était pas fier. Cependant, la honte le tiraillait bien moins pernicieusement, maintenant qu'Harry était hors de danger. Plus tard se molesterait-il éventuellement de son inqualifiable conduite !

Sans nulle appréhension, l'héritier prestigieux de la dynastie Malfoy s'était gracieusement agenouillé, face au sanguinaire tortionnaire. Puis, d'une voix étrangement sobre, emprunte de prestance, absolument pas tremblante malgré la terreur ressentie, le notoire descendant énonça sa noble identité. D'une œillade appréciatrice, le criminel le légitima promptement, sans soucis. Fort de cette distinguée reconnaissance, Draco enfila dès lors l'infâme costume du fourbe félon. L'obscur passé de son éminente famille témoignerait de sa fidèle allégeance envers les rebelles. Pourquoi le doute serait-il permis ? Son père n'avait-il pas été condamné pour association de malfaiteur avec Lord Voldemort ?

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********** A suivre **********

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Blablamiaou : Pas trop choquées ? En tout cas, sincèrement, merci aux aventureuses lectrices persistant à découvrir cette ficounette, pas si bissextile que ça finalement ! … Sinon, combien de croquettes êtes-vous disposées à régler pour la prochaine suite ? ^^

Rendez-vous en … ?