Chapitre 2 :
Le lendemain matin, comme tous les matins, Karura alla réveiller ses trois enfants, son mari était déjà parti travailler depuis une heure, et le soleil commençait à peine à être visible. Elle ouvrit la porte de la chambre de Temari, celle-ci comme tous les jours dormait en travers, la tête en direction de sa fenêtre et les bras écartés tel un oiseau.
Au départ, sa mère s'était renseignée auprès d'un pédiatre pour savoir si cette position n'était pas dangereuse, mais le médecin l'avait rassurée, si Temari était confortable ainsi et si elle ne passait pas sous les couvertures alors cela ne risquait rien.
Elle se rapprocha du lit de sa fille, et lui caressa les cheveux de haut en bas, comme prévu après quelques minutes cela la tira du pays des songes. Son aînée avait le plus léger sommeil des trois, et donc celle qu'il était le plus facile de réveiller. Celle-ci s'assit sur son lit, après s'être tournée pour faire face à sa mère, et se frotta les yeux.
« Bonjour maman, murmura-t-elle
-Bonjour ma chérie, bien dormi ?,
-Oui très, répondit la petite
-Bien, tu descends prendre ton petit-déjeuner pendant que je vais réveiller tes frères. »
Temari sauta du lit, et quitta sa chambre afin d'obéir à la demande de Karura. A présent, la tâche de la femme de Rasa allait se compliquer. Elle pénétra dans la chambre suivante pour réveiller son premier fils Kankuro.
Lui c'était une autre histoire, il avait le sommeil le plus profond de la fratrie, et aussi le plus perturbé. Sa mère ne le trouvait jamais allongé comme il fallait, parfois il avait les pieds sur l'oreiller, d'autres fois il était en boule comme un chat, elle l'avait aussi trouvé assis par terre, les mains et la tête sur le matelas. Ça c'était lorsqu'il était calme, un matin, alors qu'elle était venue le réveiller, elle ne l'avait pas vu dans son lit et avait paniqué, où était-il, Rasa, qui pouvait sentir le stress provenant de son épouse avait quitté la salle de bain et l'avait rejoint dans la chambre de leur fils. Elle lui avait expliqué la situation, et après inspection de la pièce il l'avait surpris en train de dormir paisiblement derrière son château de construction.
Ce matin, il dormait dans le bon sens du lit, les pieds et les poings en l'air, et elle trouva la posture relativement normale et amusante. Elle s'approcha de lui, et le secoua gentiment, avec lui elle devait toujours être énergique ou il ne se lèverait jamais. Au bout de longues minutes, il ouvrit un œil, puis le referma, et répéta le même procédé avec le second. Il grogna lorsqu'il reconnut le visage de sa mère et qu'il comprit pour quelle raison elle était là.
« Bonjour à toi aussi Kankuro, dit-elle amusée
-Bon...jour...ma...man, articula-t-il entre deux bâillements
- Allez debout, il est l'heure du petit-déjeuner,
Elle attendit qu'il se lève et le suivit alors qu'il sortait de sa chambre, par sécurité, elle referma la porte, il aurait pu être tenté de faire demi-tour. Elle le regarda descendre péniblement les escaliers et elle ne pénétra dans la chambre de Gaara que lorsqu'elle entendit Temari dire bonjour à Kankuro.
Pour le dernier de la fratrie la situation était différente, il avait parfois des problèmes à s'endormir à cause du démon qui vivait en lui, et qui était très agité, particulièrement les nuits de pleine lune, fort heureusement assez rare au pays du vent. Les premières nuits du petit garçon avaient été un cauchemar, il pleurait à cause de Shukaku et avait empêché toute la famille de se reposer. Rasa avait décidé que tant qu'une solution ne serait pas trouvé, leurs deux plus vieux enfants iraient dormir chez leur oncle. La résolution de leur problème avait été réglé par Kazue Akasuna No, la mère de Sasori. Celle-ci après de nombreuses recherches et de nuits à étudier Gaara, avait déclaré qu'il fallait quelque chose pour apaiser l'esprit tourmenté du tanuki. La question avait été donc de trouver ce qui pourrait convenir, et après quelques tentatives ratées, les deux mères avait découvert que Shukaku était sensible à la musique, et particulièrement la musique classique. Karura avait donc placé une boîte à musique à côté du lit de son plus jeune enfant, et le calme était revenu chez les Sabaku No.
Aujourd'hui le démon était plus amical avec cette famille, et en particulier envers son hôte, mais il désirait toujours de la musique les nuits de pleine lune et personne ne le lui refusait.
Karura découvrit Gaara allongé sur le côté, tenant fermement entre ses bras son ours en peluche. Elle s'avança silencieusement, et caressa tendrement la joue du jeune garçon.
« Gaara mon ange, il faut te lever c'est l'heure, murmura-t-elle
Le pouvoir du tanuki était plus faible le matin, mais elle ne préférait pas le contrarier, il ne valait mieux pas le mettre de mauvais poil. Son fils ouvrit ses paupières, et sourit en reconnaissant le visage bien veillant de celle qui l'avait mis au monde.
-Bonjour, la salua-t-il en se frottant les yeux
-Bonjour, est-ce que Shukaku et toi avez bien dormi ? »
Le démon aimait quand on s'intéressait à lui, il avait une certaine fierté, et même si la vie des humains était le dernier de ses soucis il appréciait qu'on s'adresse à lui de temps en temps. Gaara hocha positivement la tête, et se leva, il attrapa la main de sa mère, et tous deux descendirent rejoindre Temari et Kankuro.
Après le repas qui fut plus ou moins long, l'enfant du milieu ne commençant à émerger qu' après avoir avalé son bol de céréales et son verre de jus d'orange, la fratrie remonta pour enfiler leur uniforme et récupérer leur cartable. Ensuite, la petite famille prit la route en direction de l'école. Une fois devant la grille, chacun retrouva ses amis, après avoir dit au revoir à Karura. Cette dernière parla quelques minutes avec leur professeur, puis s'en alla.
La journée se déroula, et vint enfin la sonnerie libératrice, la maîtresse des trois Sabaku No fut comme tous les jours la première devant la portail, vérifiant que chacun de ses élèves repartaient bien avec un de ses parents ou un gardien de confiance. Il était déjà arrivé par le passé que des ninjas d'autres pays se déguisent afin enlever un enfant prometteur pour qu'ils intègrent leur village. Leur institutrice Miyu Mitsuko était née dans un clan dont la particularité était de voir la véritable apparence des gens, aucun jutsu ni aucune potion ne pouvaient tromper leurs yeux.
Sasori se tenait justement devant ce portail, lorsqu'il la vit, et il se décida à se rapprocher d'elle.
« Je viens récupérer les trois Sabaku No, expliqua-t-il
Pour quelle autre raison le jonin célibataire et sans enfant se trouverait devant une école.
- Je sais Sasori-san, Karura-sama m'a prévenu ce matin, ils ne vont pas tarder,
Il la salua, plus par politesse que par réel envie, le scorpion n'était pas le ninja le plus courtois du pays du vent.
- Sasori-san, entendit-il bientôt
Temari et Gaara se précipitaient sur lui, et le plus jeune s'accrocha à son pantalon, alors que sa sœur, après l'avoir salué respectueusement, se plaça à ses côtés.
- Où est Kankuro ?, demanda-t-il
- Il arrive, cet idiot a perdu sa règle, indiqua la petite blonde
-Il ne va pas tarder, ne vous en faîtes pas sensei, assura le plus jeune
Sasori plongea à nouveau son regard dans celui bleuté du dernier de la famille, et une fois de plus il trouva dur de résister. Il fit donc quelque chose qu'il n'aurait jamais imaginé faire, il attendit sans se plaindre. Enfin, l'enfant du milieu apparut à son tour marchant d'un pas nonchalant.
- Ne t'excuses surtout pas Kankuro, le réprimanda Temari, les bras croisés devant la poitrine
Ce dernier haussa les épaules ce qui amusa le fils Akasuna No, les marionnettistes n'étaient pas réputés pour s'excuser, et il prenait le chemin pour en devenir un. Sasori jugea judicieux d'intervenir, et ordonna à son équipe de se mettre en route.
- Vous avez eu une mission aujourd'hui Sasori-sensei ?, demanda Gaara
- Pas exactement, j'ai dû évaluer le niveau des marionnettistes,
- Niveau frisson il doit y avoir mieux, commenta Kankuro
- Peut-être mais c'est indispensable, notre pays ne peut pas se permettre d'avoir des ninjas sous-entraînés ou faibles, et ce dans toutes les unités, Baki-san s'occupe de celle du vent, intervint Temari
La fille Sababu No était une mini Karura, elle était intelligente et son esprit était vif, elle aurait sûrement d'excellentes années en tant que kunoichi. Elle leva les yeux vers lui, et il confirma ce qu'elle venait de dire par un un hochement de tête, faisant naître un sourire sur les lèvres de la blonde.
- Ta sœur a raison Kankuro, certains des ninjas que j'ai observé aujourd'hui manquaient de pratique et auraient été tués s'ils s'étaient retrouvés face à un adversaire, ajouta-t-il
Les joues de Temari prirent une jolie teinte rosée, touchée du compliment de son professeur.
Le jonin se posta devant eux pour leur indiquer le chemin à suivre, son équipe était tout excitée à l'idée de découvrir ce qu'ils allaient faire aujourd'hui. Il y avait longuement réfléchi, et pensait avoir trouvé un bon exercice, qu'ils étaient aptes à exécuter. Ils arrivèrent bientôt dans une zone désaffectée, où personne ne venait jamais. C'était un terrain plat, en hauteur, sans un seul arbre, et sans ombre.
-Aujourd'hui je vais évaluer votre endurance, expliqua-t-il
- Vous voulez qu'on court, comprit Gaara
- C'est ça, toi et Temari vous allez faire 10 tours et toi Kankuro tu vas en faire 12,
-Quoi, mais pourquoi j'ai deux tours de plus !, s'exclama le concerné
-13...
-Mais...
-14...
- Kankuro, tu ne vois pas que plus tu lui réponds, plus il ajoute des tours, alors tais-toi et cours, soupira son aînée
Ta sœur a raison, ton frère devrait apprendre à se taire, quel idiot, il n'a pas fait le lien entre son retard et son nombre plus élevé de tours que le vôtre, commenta Shukaku.
La fratrie se mit donc à courir autour de ce terrain, qui était plus grand que celui qu'ils utilisaient à l'école. Sasori savait qu'à cette heure-ci la chaleur était moins intense et que cela serait moins éprouvant pour ses petits protégés. Il les observait minutieusement, examinant la gestion de leur chakra. Des trois, c'était Gaara qui s'en sortait le mieux, il faut dire que le démon qui était en lui, lui fournissait une quantité quasiment infini de chakra, Kankuro ne s'en sortait pas trop mal, s'il devenait un maître des marionnettes il aurait surtout besoin de savoir réguler le chakra dans ses mains, une bonne condition physique et endurance étaient toujours des atouts en plus. Temari était bien parti, mais au bout du cinquième tour, il la sentit faiblir, sa réserve d'énergie diminuait, et il craignit qu'elle s'effondre à chaque instant. Le dernier tour pour son plus jeune frère et elle vint enfin, et le scorpion remarqua qu'elle lutait pour ne pas se laisser tomber sur le sol. Il se téléporta derrière elle et s'accroupit, la forçant à s'asseoir sur sa cuisse. Gaara les rejoignit inquiet de voir sa sœur respirer aussi vite, et les joues aussi rouges.
- Temari est-ce que ça va ?, lui demanda-t-il
Elle tourna son visage vers lui, quittant le cou réconfortant de Sasori, et lui fit un sourire qui se voulait rassurant, elle ne voulait pas inquiéter son petit frère. Leur sensei leur tendit une bouteille d'eau chacun, tout en jetant des petits coups d'œil à l'autre garçon de la famille qui en faisait de même, tout en continuant de courir.
- Pourquoi tu es fatiguée comme ça ?, voulut savoir le jonin
- Elle n'a pas l'habitude de faire autant de tour, à l'école les filles n'en font que cinq, raconta Gaara
C'était donc ça, elle avait dû fournir un effort supplémentaire, que son corps avait géré comme il avait pu.
- Temari, je ne te ferai pas de traitement de faveur, dans le monde des ninjas une kunoichi est traitée comme un shinobi de sexe masculin,
Il était clair et honnête, il ne la ménagerait pas, princesse de Suna, fille de kazekage ou pas. Il ne lui mentirait pas, si elle désirait abandonner c'était maintenant ou jamais. Elle planta ses iris jade dans les siens et lui dit d'une voix ferme et déterminée
- Je n'en veux pas Sasori-sensei, je veux recevoir les mêmes entraînements que mes frères, j'en ai marre que les filles soient perçues comme des petites choses fragiles, je ne vais pas éclater en milles morceaux et me briser si je fais les mêmes exercices qu'un homme.
Le feu qui brûlait dans ses yeux était plus intense, plus violent que celui qui habitait des ninjas masculins plus âgés.
- Sûre ?
- Certaine !
- Tu feras ce que je te dirais sans te plaindre, même si au départ tu devras travailler plus dur que tes frères,
Elle sauta de sa cuisse, et se plaça devant lui, et c'est sans trembler qu'elle jura qu'elle serait la meilleure kunoichi de sa génération.
- Très bien, si c'est que tu désires alors tu seras mis sur le même pied d'égalité que tes deux frères, promit-il
-Merci, le remercia-t-elles, les yeux brillant de gratitude
Temari, Kankuro et Gaara étaient les enfants du quatrième kazekage, ce qui faisaient d'eux la princesse et les princes du pays du vent, les enfants de kazekage étant au dessus de ceux du daimyo. Le scorpion se doutait donc que ces trois-là avaient toujours été protégés par les habitants de Suna, et visiblement cela agaçait l'aînée. Elle n'avait pas tort, la vie ne les épargnerait pas parce qu'ils étaient nobles.
- Je ne serais plus jamais en retard sensei, jura Kankuro en les rejoignant enfin
Tout comme aux deux autres, il lui offrit une bouteille d'eau que le garçon attrapa comme si sa vie en dépendait.
-Vous n'êtes pas gentil, dit-il une fois qu'il eut terminé de boire
- Je ne suis pas là pour ça, mais pour vous apprendre à être des shinobis, rétorqua Sasori amusé par l'attitude du brun.
Il se tourna ensuite vers Gaara qui était dans les bras de sa sœur, qui lui répétait tout en lui caressant les cheveux, qu'elle allait bien, que ce n'était qu'un petit coup de fatigue.
-Gaara, je suis fier de toi, tu as su gérer ton effort aujourd'hui, le félicita-t-il
J'y suis un peu pour quelque chose, mais je dois admettre que tu n'es pas nul petit, confirma Shukaku.
- Allez, rentrons, il est temps que je vous rende à votre mère, conclut-il »
Tout le long du trajet du retour il veilla sur la seule fille du trio, et fut soulagé en sentant son niveau d'énergie remonter petit à petit. Il ramena la fratrie jusqu' à chez eux, les informa qu'il partait en mission pour plusieurs jours le lendemain, et recommanda à Temari de s'entraîner pendant son absence, ce qu'elle lui promit. Il ne s'éloigna que lorsqu'ils eurent disparut derrière la porte de leur demeure. Il soupira, il commençait à s'attacher à eux, ce n'était pas bon signe, cette mission loin de ces trois petits tombait à pic, et lui permettrait sûrement de se ressaisir... Ce n'était qu'une faiblesse passagère...Juste un égarement, tout rentrerait dans l'ordre à son retour...
Ce chapitre va avoir un petit frère, qui d'ailleurs a déjà été débuté! Bonne lecture à vous.
