Chapitre 3 :

Sasori revenait de sa mission, il avait tué des assassins en compagnie de Pakura et Yashamaru, et cela lui avait fait du bien. Il avait parfaitement accompli son devoir, et il avait presque oublié ce qui l'attendait en rentrant. Seulement, sa kunoichi de partenaire qui avait visiblement apprit la nouvelle, ne l'entendait pas de cette oreille.

« Alors comme ça Sasori tu es le sensei des enfants de notre très cher kazekage, lança-t-elle comme si de rien n'était.

Le scorpion vit qu'elle ralentissait pour se mettre à son niveau. Il allait devoir répondre car s'il avait bien appris quelque chose depuis qu'il avait été placé dans l'équipe de Pakura depuis la promotion de Rasa et la retraire anticipée de Karura, c'était qu'elle n'abandonnait pas avant d'avoir obtenu ce qu'elle désirait. C'était une qualité lors des missions, mais quand cela le concernait lui, cela devenait vite agaçant.

- En effet.

-...J'aurais dû me douter que tu ne serais pas très bavard sur le sujet, enfin Sasori je veux des détails, ce n'est pas rien tout de même, être un sensei ce n'est déjà pas banal pour un jonin aussi impatient que toi, mais être celui des Sabaku No c'est plus qu'improbable, enchaîna-t-elle

- Rasa a aussi confié une jeune élève à Pakura, intervint Yashamaru pour la première fois depuis le début du trajet de retour

-Maki, elle s'appelle Maki et elle est très prometteuse, si elle continue comme ça elle pourrait devenir genin rapidement, commenta-t-elle

-Tu veux dire si tu réalises parfaitement ton rôle de professeur, la taquina Yashamaru

Elle se tourna vers le scorpion en gonflant les joues, boudeuse. Parfois elle se comportait comme un bébé amusant ou agaçant ses partenaires, cela dépendait de qui il s'agissait.

- Sasori je ne vais pas te lâcher comme ça, raconte-moi comment c'est de s'occuper de la formation de la petite princesse et des petits princes de Suna, reprit-elle

- C'est fatiguant, tout le travail que tu dois faire avec ton étudiante, est multiplié par trois pour moi et il faut que je m'adapte puisque Gaara est plus jeune que les deux autres,

-Ma nièce et mes neveux t'aiment beaucoup, j'en serais presque jaloux, plaisanta Yashamaru, c'est la première fois qu'ils s'attachent à un adulte autre que quelqu'un de leur famille,

Sasori n'ajouta rien à ce compliment, il n'avait pas envie de détruire sa réputation d'homme dur et détaché, dans un pays comme Suna il fallait être aussi impénétrable qu'un mur sinon la mort ne vous attendait jamais très loin. Cependant ce que lui avait dit son coéquipier avait flatté son ego, il était leur nouveau chouchou, leur héros cela était plus que plaisant, mais il préférait se faire piquer par un scorpion plutôt que de l'avouer. Après cela, Pakura demanda à l'autre shinobi pourquoi il n'avait pas d'élèves, ce à quoi il répondit qu'il était déjà un ANBU médical, et que ses heures à l'hôpital en compagnie de Chiyo lui suffisait amplement. Yashamaru voulait pouvoir dormir et s'il avait dû s'occuper de jeunes ninjas il n'aurait pas pu tenir le rythme. Sasori esquissa un sourire discret, sa grand-mère pouvait être un vrai tyran quand elle le voulait, et il imaginait aisément le traitement qu'elle infligeait à son partenaire.

-Suna à l'horizon !, s'écria Pakura en accélérant le rythme de sa course

-Pakura doucement, le village ne va pas disparaître,cria Yashamaru, mon dieu cette femme va me tuer, soupira-t-il

- C'est de ta faute, si tu ne l'avais pas traité comme une princesse au départ elle ne te ferait pas courir, lui fit remarquer le scorpion

-Je ne l'ai jamais traité comme une princesse, rétorqua-t-il

-Tu es un piètre menteur mon cher Yashamaru, j'entends ton cœur battre très vite de là où je suis,

Depuis l'enfance le frère de Karura était amoureux de la kunoichi aux cheveux bicolores et lui avait toujours tout passé, malheureusement pour lui celle-ci était aussi aveugle qu'une taupe lorsqu'il était question de sentiments amoureux, et Sasori, s'il n'avait pas été du genre à ne pas se mêler des affaires des autres aurait tout raconté à la concernée.

- Vous voilà enfin vous êtes lents, se moqua-t-elle alors qu'elle était en compagnie de Karura, et tenait Temari contre sa poitrine.

-Oncle Yashamaru, s'exclama Gaara en fonçant tout droit sur son oncle qui l'attrapa dans un réflexe alors qu'il lui sautait dans les bras

-Sasori-sensei !, s'écria Kankuro en venant vers lui d'une démarche plus rapide que d'ordinaire.

Il l'ébouriffa d'un geste naturel, et lui fit un petit sourire, ceux qu'il réservait à Gaara lorsque celui-ci se collait à lui. Si même le grand frère du porteur du démon commençait à l'attendrir il était perdu.

-Qu'est-ce qu'on fait aujourd'hui ?, se renseigna le petit garçon brun

-Kankuro, interpella sa mère, Sasori a des choses à faire, il a un rapport à transmettre à ton père, et après il voudra sûrement se reposer,

L'enfant fit la moue, il était si impatient de reprendre les entraînements avec le scorpion. Maintenant que lui et sa fratrie avait un professeur ils ne désiraient qu'une chose, c'était d'en apprendre le plus possible, et enfin accomplir leurs premières missions.

Le petit-fils de Chiyo se joignit aux deux femmes, et remarqua que Temari avait un pansement au coin de la lèvre du côté gauche.

-Qu'est-ce que tu t'es fait ?, l'interrogea-t-il

-Rien je suis tombée lorsque je courais, ce n'est rien de grave, conta-t-elle

Il ne répondit rien mais il savait très nettement que c'était un mensonge. Elle avait répondu trop vite, comme si elle avait anticipé sa question, et c'était répétée plusieurs fois la réponse pour qu'elle soit convaincante et que pour elle-même y croit. Sabaku No Temari avait la réputation d'être une franchise à toute épreuve, elle disait toujours ce qu'elle pensait et ne revenait jamais sur sa parole, il était donc déconcertant de la voir opter pour le mensonge, surtout si c'était pour mentir aussi mal.

-Elle s'est entraînée très dure vous savez, j'avais du mal à la faire arrêter, confia Karura fière de sa fille

Soit elle n'avait détecté le mensonge de son aînée, soit elle avait décidé d'attendre qu'elle lui avoue la vérité de sa propre volonté.

-Ce n'est pas tout mais Rasa-san ne va pas patienter toute la journée, alors en route !,déclara Pakura d'un ton qui n'accepterait pas de refus. »

Elle déposa Temari au sol, et Yashamaru rendit son neveu à sa sœur, Kankuro s'était placé aux côtés de sa mère, boudant toujours. Le trio de jonin salua la petite famille avant de reprendre leur route en direction du bureau de leur supérieur. Faire leur rapport ne leur prit pas énormément de temps, en grande partie parce que c'était le beau-frère du kazekage qui s'en était occupé, Pakura avait tendance à s'égarer dans des détails, et Sasori détestait le faire. Rasa parut satisfait, et autorisa la kunoichi et le médecin à se retirer, le scorpion comprit qu'il désirait lui parler en privé.

« Tu as eu l'occasion d'entraîner et d'évaluer mes enfants pendant plusieurs jours, et je voulais connaître ton opinion,

-J'ai été agréablement surpris je dois l'avouer, malgré leur jeunesse, qui je le maintiens est un facteur en prendre en compte, ils ont démontré du potentiel et une véritable envie de s'impliquer pleinement dans cette expérience. Pour le moment ils ont le niveau que j'attends d'eux, mais je ne les ai fait que courir, et lancer des kunais, rappela-t-il

-Je suis au courant, grâce à toi Temari a amélioré son endurance, sa maîtresse est venu me dire qu'elle était obligée de la mettre avec les garçons puisqu'elle était trop forte pour les autres filles,

Sasori entendit la fierté dans la voix du chef du pays, même si ce dernier était impassible, Rasa était le père de Temari, et en tant que géniteur il ne pouvait jamais être complètement neutre lorsqu'il était question de ses enfants. Le marionnettiste se demanda s'il aurait ressenti la même chose si cela avait été lui à sa place, aurait-il été un bon père, c'était surtout ça la question.

-Très bien, alors continue ainsi, si jamais tu as des problèmes avec Shukaku viens me voir immédiatement, termina-t-il

-Je pensais leur faire explorer un peu le village dans quelques jours, et j'aimerais que les commerçants m'aident, prévint-il

-Aucun soucis, dis-moi simplement si tu as besoin d'aide pour des autorisations ou pour toute autre chose, approuva le brun

-Merci, au revoir kazekage-sama, conclut-il avant de s'éclipser »

Le lendemain soir, il récupéra la fratrie à l'école, et remarqua que la fille de la famille avait une coupure fraîche de l'autre côté de la lèvre. Quelque chose n'allait pas, mais il décida d'opter pour la stratégie de la patience, elle devait sentir qu'elle pouvait avoir confiance en lui, et se confier sans crainte. Au fur et à mesure qu'ils s'éloignaient de l'école, elle se détendait, et semblait aller mieux, même ses frères lui paraissait moins nerveux.

« Cela fait quelques jours que je ne vous ai pas vu courir, alors vous allez réaliser le même excercie que la dernière, sauf que cette fois tu n'auras que dix tours Kankuro, puisque tu as su tenir ta langue, annonça-t-il

-Bien compris sensei, répondirent-ils d'une seule voix

Ils s'exécutèrent ne connaissant trop bien que l'impatience de leur professeur et de ses conséquences. Gaara gérait toujours aussi bien son chakra, Shukaku se pliait docilement à l'exercice pour le plus grand soulagement du jonin, il n'avait pas envie de se mettre à dos le démon à une queue, assez susceptible. Kankuro s'en sortait bien, heureux de ne pas avoir à effectuer des tours en plus. Temari quant à elle, respirait normalement, et n'usait pas plus d'énergie que nécessaire, elle s'était donc bel et bien entraînée comme elle l'avait promis.

-Alors Sasori-sensei, avons-nous réussi ?, demanda Gaara à la fin de la course, après avoir bu

-C'était plutôt bien, vous n'avez pas régresse en mon absence, ce qui est déjà ça, tu canalises très bien ton chakra, dit-il en s'adressant à lui, toi Kankuro tu as une bonne endurance, et toi Temari tu as énormément progressé, tu as été au-dessus de mes espérances...Mais ne vous relâchez pas !, leur interdit-il

-Promis, dirent-ils avant de s'en aller

Sasori les regarda partir, amusé de les voir si enthousiastes. En général les enfants de leur âge ne voulaient que s'amuser et dormir, pas être supervisés par un jonin. Il sentit soudain des chakras se rapprocher de ceux de ses protégés. Il se passait quelque chose, sans réfléchir il se précipita dans leur direction. Il ralentit en entendant une conversation.

-Regarde c'est encore les Sabaku No. Tout le monde sait que si vous avez un professeur particulier c'est parce que votre père est le kazekage, cracha un garçon un peu plus grand que Kankuro

-C'est faux, c'est parce que nous le méritons, répliqua l'enfant du milieu

-Tais-toi, si vous n'étiez pas la princesse et les princes de Suna personne ne s'occuperaient de vous, siffla une fille plus petite que Temari

-Tu parles d'une princesse, tu as vu comme elle est moche, aucun garçon ne voudra jamais l'épouser, et surtout pas avec ses coupures, ricana un autre garçon de taille moyenne.

-Rentrons à la maison, commanda Temari, décidant de les ignorer

-Tu te prends pour qui, tu n'as pas retenu les leçons qu'on t'a donné, tu en veux encore, s'énerva la fille

-Ne serait-ce pas de la jalousie que j'entends, intervint Sasori en sortant de sa cachette

-C'est Akasuna no Sasori, reconnu un des garçons

-Vous faîtes moins les malins devant un jonin, vous êtes bien silencieux tout d'un coup, poursuivit-il

-Allons-y, conseilla l'autre garçon

-Non, non restez, justement j'avais besoin de nouvelles marionnettes de petites tailles, vous ferez parfaitement l'affaire,

-On...on doit rentrer, déglutit la fille

-C'est ça dégagez, et si jamais vous vous en prenez encore une fois à mes élèves vous le regretterez !, les menaça-t-il

Ils se mirent à courir comme si leur vie en dépendait, ne regardant pas une seule fois en arrière, effrayés par le scorpion.

-Vous allez bien ?, demanda-t-il en s'accroupissant »


Oui je suis sadique, et oui je l'assume. Désolée, le prochain chapitre devrait arriver en août, ce sera pour me faire pardonner.