Après le chapitre 4, le 5, qui aura été posté plus rapidement que le précédent. J'espère que comme toujours il vous plaira. Je vous souhaite une bonne lecture.


Chapitre 5 :

La rue des cactus était un endroit où les trois enfants n'avaient encore jamais mis les pieds. C'était une rue peuplée de vieilles boutiques qui servaient surtout aux civils. Les gens présents furent étonnés lorsqu'ils virent trois jeunes courir, mais tous savaient qui ils étaient, qui était leur père, et ce qui arriveraient à ceux qui toucheraient à un seul de leurs cheveux. D'ailleurs personne n'osa les approcher de peur de voir apparaître des ninjas de l'ANBU.

Temari et ses frères ne prêtaient pas attention aux habitants qui circulaient autour d'eux. Leurs yeux inspectaient chacune des enseignes à la recherche de celle qu'il leur fallait.

« Là !, s'écria Kankuro en pointant du doigt une vieille enseigne en forme d'amphore d'un bleu sombre sur laquelle on pouvait plus ou moins lire, en réalité moins que plus, le mot « oasis».

-On entre ?, suggéra Gaara

-On entre, confirma Temari.

Elle ouvrit la porte, et pénétra dans la boutique, suivit par ses frères juste derrière elle. La boutique était plongée dans une quasi obscurité, seuls quelques fins rayons de soleil perçaient à travers les petites fenêtres. Aucun des trois Sabaku n'étaient rassurés, le plus jeune des trois s'accrochait au maillot de son grand frère pour se donner du courage. Ce dernier n'était pas plus confiant que lui, mais tentait de ne pas le montrer, et leur aînée, postée devant, observait tout, prête à détecter le moindre danger.

-Bonjour, dit un vieil homme en se téléportant devant eux.

La fratrie poussa un cri de peur sous le coup de la surprise, et cela amusa l'homme qui se moqua gentiment d'eux.

-Papa !, s'exclama une voix féminine en entrant dans la pièce depuis ce qui semblait être l'arrière-boutique.

Les enfants détournèrent leurs yeux vers elle. Elle devait avoir entre trente et quarante ans était de taille normale pour une femme, le teint pâle, comme la grande majorité des habitants du pays, des cheveux courts et blond platine, des yeux d'un ravissant bleu clair, un nez ainsi que des lèvres fines. Celles-ci étaient recouvertes par du rouge à lèvre, rouge sombre. Ce qui les intrigua et qui fit qu'ils la détaillèrent aussi minutieusement, était le tatouage en forme de deux traits bleus clairs qu'elle avait sur chacune des joues.

-Si on ne peut plus rigoler, commenta l'homme en se rendant derrière le comptoir.

Lorsqu'il passa devant la lumière, les trois Sabaku No purent constater que lui aussi arborait les mêmes marques sur ses joues mais d'un bleu plus foncé.

-Ce ne sont que des enfants, tu n'étais pas obligé de les effrayer, rétorqua-t-elle.

-De mon temps on savait s'amuser, qu'est-ce qu'on a pu en faire des farces avec Chiyo, se souvint-il nostalgique.

-Vous connaissez grand-mère Chiyo ?, intervint Kankuro.

-Si je connais la vieille Chiyo, tu plaisantes mon petit bonhomme, j' étais un de ses coéquipiers.

Les yeux du petit brun se mirent à briller, il avait tellement envie de lui poser des tonnes de questions sur cette femme qu'il admirait tant, presque autant qu'il admirait Sasori. Il se retint pourtant, ils n'avaient pas le temps, ils avaient une énigme à résoudre, et leur sensei ne leur accorderait pas la moindre seconde de retard.

-Cela vous intrigue n'est-ce pas, nota la femme en remarquant la manière dont Temari et Gaara la fixaient du regard.

Ils hochèrent positivement la tête, ce n'était pas la première fois qu'ils rencontraient quelqu'un avec un tatouage à cet endroit du corps, mais en revanche c'était la première fois qu'ils avaient en face d'eux deux personnes avec le même tatouage mais de deux teintes différentes.

-Ces marques sont le signe distinctif des shinobis bleus, elles s'assombrissent avec le temps, plus elles sont sombres plus le ninja qu'il les portent est âgé, leur expliqua-t-elle en s'abaissant à leur niveau.

Gaara posa sa main sur la joue droite de la femme et caressa délicatement les deux traits bleus, ils étaient doux, il ne sentait aucune différence avec la peau vierge de tatouage.

-Excusez-nous du dérangement mais auriez-vous quelque chose pour nous, comme une enveloppe que vous aurait confié Akasuna no Sasori ?, se renseigna Temari.

Elle ne voulait pas paraître impolie mais l'heure tournait et il ne fallait pas traîner. Il était hors de question qu'ils échouent, pas question de décevoir leur professeur. Elle ne pourrait jamais se représenter devant lui s'ils ne réussissaient pas ce jeu de piste.

-En effet, il nous a remit une enveloppe à remettre en main propre à ses trois élèves, confirma l'adulte de sexe féminin. »

Elle se tourna ensuite vers son père, qui ouvrit un tiroir devant lui et en extirpa une petite enveloppe similaire à celle que le scorpion leur avait donné avant de disparaître. Gaara se rapprocha de lui et la prit de la main du ninja bleu. Il le remercia timidement, puis retourna auprès de ses aînés. Tous trois s'inclinèrent respectueusement, puis se retirèrent de la boutique.

« Il faudra que je revienne ici un jour, se promit Kankuro j'ai des questions pour cet homme.

-Si tu veux, si tu veux mais pour le moment concentre-toi sur le nouvel indice que nous allons découvrir, lui rappela sa sœur.

Le plus jeune de la fratrie, retira le morceau de papier de son enveloppe qui contenait cinq petites fiches sur lesquelles étaient inscrits les mots : « belladone », « herbe à Moreau », « Datura », « laurier-rose » et « gui ».

-Nous voilà à faire du jardinage à présent, soupira la petite blonde.

-Trop facile, s'écria l'enfant du milieu.

La seule fille du trio croisa les bras devant sa poitrine, et tapa du pied. Visiblement son cadet savait quelque chose qu'elle ignorait et cela lui déplaisait fortement.

-Allez vas-y, donne-nous la réponse, monsieur le génie, le pressa-t-elle.

-Oh la grande Temari, habituellement une véritable miss-je-sais-tout, n'aurait pas la réponse, ricana-t-il.

Elle lui jeta un regard si froid qu'il eut l'impression que la température extérieure avait soudainement fortement chuté.

-Ne vous disputez pas s'il vous plaît, les supplia leur benjamin en s'interposant entre eux.

Il avait raison, l'heure n'était pas aux règlements de compte. Ce n'était pas une compétition, ils ne jouaient pas les uns contre les autres, mais ensemble. Ils étaient une équipe, une fratrie qui se soutiendrait toujours quoi qu'il arrive.

-C'est quoi la réponse à cette énigme ?, demanda-t-elle.

-Ce sont toutes des plantes toxiques, elles sont mêmes mortelles, les shinobis marionnettistes les utilisent parfois sous forme liquide comme poison sur leurs pantins ou sous forme de gaz, les informa le brun.

Temari devait admettre qu'elle était impressionnée et fière des connaissances de Kankuro sur le sujet. Cela leur rendait un grand service, maintenant Gaara et elle savait quel était le point commun de ces cinq plantes.

-Tu es très intelligent Kankuro, bravo !, le complimenta l'autre garçon.

Une lueur de satisfaction et de plaisir apparut dans ses yeux, sa sœur et lui étaient toujours ravis d'entendre ce genre de compliment de la part du dernier né des Sabaku No. Ils étaient ses modèles, les personnes qu'il tentait d'imiter, avec leur père que Gaara voyait comme un héros. Leur petit frère était un garçon timide, qui doutait souvent de lui, et qui n'osait pas aller vers les autres. Il n'avait d'ailleurs qu'un seul ami du nom de Mikoshi, enfin s'il ne comptait pas les deux groupies qui lui tournaient autour constamment Matsuri et Sari. Groupies que Temari chassait régulièrement, elle avait une sainte horreur des filles comme elles.

-Nous devons donc aller à l'hôpital, comprit le porteur du démon.

-Je pense que oui, approuva son frère.

-Moi pas, les contredit la seule fille du groupe.

-Non, comment ça non ? Tu n'irais pas là-bas pour te faire soigner toi ?, la questionna le brun.

-Si bien sûr que si, mais réfléchis, tu as dit toi même qu'on se servait de ces plantes comme de poison et qu'elle est le remède d'un poison ?

-Un antidote, répondit-il... Temari par pitié ne me dis pas que tu penses à ce que je pense, espéra-t-il.

Gaara pencha la tête sur le côté gauche, ne comprenant pas la réaction de son grand frère.

-Malheureusement pour toi je crois que si, franchement l'hôpital est le dernier recours, mais avant il faut utiliser des plantes aux vertus médicinales et le meilleure endroit pour en acheter est l'herboristerie, affirma-t-elle.

-Tu plaisantes, elle est à l'autre bout de la ville, dans la rue du Shiitaké, rappela-t-il.

-Nous allons voir monsieur et madame Nozaki, se réjouit Gaara.

Leur maman Karura, fervente adepte de la phytothérapie, les avait souvent emmené dans cette boutique lorsqu'ils avaient été malades. C'était donc un lieu qui leur était familier, et qui ne se situait pas très loin de leur demeure. Cependant, en cet instant, ils étaient dans la ville « basse » côté Est de leur village, et l'échoppe se situait dans la ville « haute » côté Ouest, autrement dit, à l'opposée de la position qu'ils occupaient.

-Nous n'avons plus une seconde à perdre, il faut partir maintenant, déclara Temari.

-C'est reparti pour courir dans tout Suna, j'espère que la récompense de Sasori-sensei en vaut la peine !, râla son frère en se mettant à courir lui aussi.

-J'en suis sûr, Sasori-sensei ne nous ferait pas faire tout ça pour rien, affirma l'autre garçon. »

Tous les trois couraient sans s'arrêter, les entraînements de leur école, plus ceux avec leur sensei, et ceux qu'ils s'étaient imposés tous seuls portaient ses fruits. Ils n'étaient pas trop essoufflés, et étaient moins fatigués que ce à quoi ils se seraient attendus. Bientôt les quartiers de la ville haute furent en vue, et ils se sentir à nouveau chez eux. Ces ruelles étaient leur terrain de jeu depuis leur naissance, ils auraient pu s'y promener les yeux fermés. Ils passèrent devant leur maison, et furent tentés de s'y arrêter pour faire une petite visite surprise à leur mère, mais durent y renoncer. Ils étaient en mission, ils ne pouvaient se permettre aucune distraction.

La boutique fut bientôt en vue, et ils accélèrent leur course, ils étaient impatients de découvrir le troisième indice. Ils furent soulagés en s'apercevant que le magasin était vide, cela leur facilitait la tâche et leur faisait gagner du temps.

« Bonjour...Oh mais qui vois-je, ne serait-ce pas les petits Sabaku No !, s'exclama une voix féminine assez mature.

-Emiko-san, dit Gaara en se rapprochant d'elle.

Il adorait la vieille femme qu'il considérait comme une deuxième grand-mère, avec Chiyo. Leurs grands-parents biologiques étaient tous les quatre décédés quelques années avant la naissance de Temari, aucun des trois ne les avaient donc connu et avaient trouvé de l'affection ailleurs. Elle le prit dans ses bras, et l'embrassa tendrement avant de le reposer. Elle répéta le même geste avec les deux autres enfants.

-Qu'est-ce que je peux faire pour vous aujourd'hui ?, leur demanda-t-elle.

-Nous voudrions savoir si vous auriez une enveloppe pour nous ?, l'interrogea le porteur du démon.

-Pourquoi en aurais-je une ?

-Notre professeur Sasori nous a fait une sorte de jeu de piste et dans la dernière enveloppe se trouvaient cinq noms de plantes toxiques, et nous avons donc supposé que le meilleur remède contre ce genre de plantes c'était un antidote, raconta le brun.

-Vous avez donc tout naturellement pensé à notre boutique, comprit-elle.

-C'est ça, confirma Temari.

-Vous n'êtes pas les enfants de vos parents pour rien, commenta-t-elle avec un sourire amusé.

-Cela veut dire qu'on avait raison !, devina Gaara.

Elle glissa sa main dans son kimono et en sortie une enveloppe similaire à celles qu'ils avaient eu jusqu'à présent. Kankuro reconnut que leur sœur avait eu un bon raisonnement. La petite blonde la récupéra et la remercia.

-Vous voulez un gâteau avant de partir ?, proposa la gérante de l'échoppe.

Ils étaient presque au niveau de la porte, et les deux membres de sexe masculin se tournèrent vers la seule fille. En l'absence d'adulte de leur famille, c'était à elle en tant qu'aînée, que revenait la responsabilité de prendre ce genre de décisions. Elle allait leur dire non, ils avaient bien mangé à midi, ils n'avaient pas besoin de ce gâteau.

-On peut Temari ?, demanda Gaara avec un regard de chien battu.

Son autre frère ne lui rendait pas non plus la tâche facile avec ses mains jointes en prière, l'implorant d'accepter.

-D'accord, mais un seul, céda-t-elle dans un long soupir.

-Youpi !, s'écrièrent ses cadets ravis. »

La fermeté ce serait visiblement pour un autre jour. Elle se dirigea elle aussi vers la kunoichi à la retraite, et prit un des délicieux gâteaux dont la vieille dame avait le secret. Ses cadets avaient déjà mordu dans le leur des étoiles pleins les yeux et un sourire immense sur le visage. Elle ne regretta pas d'avoir accepté, en les voyant ainsi. Elle espérait simplement que ce moment de faiblesse ne leur coûterait pas trop cher.