Chapitre 7 :
« Rien du tout monsieur le courageux, tu peux rouvrir les yeux, l'informa sa sœur en levant les siens au ciel.
Comment son frère pouvait-il espérer devenir un ninja s'il était aussi trouillard, même Gaara qui était plus jeune que lui n'avait pas été effrayé.
-Qu'est-ce que ces chiffres et ces lettres indiquent ?, demanda le porteur de Shukaku curieux.
-Ce sont des coordonnées, cela veut dire que l'on doit se rendre là-bas, lui expliqua la blonde.
-Cela ne finira-t-il donc jamais !, s'exclama Kankuro d'une voix lasse.
-Cesse de te plaindre, ce n'est pas comme ça que tu seras un bon shinobi, le gronda sa sœur en le tapant sur la tête.
-Aie, et ce n'est pas en me tapant non plus, rétorqua-t-il en se massant l'endroit où il avait reçu le coup.
-Petite nature, je t'ai à peine touché, signala-t-elle.
-Stop !, cria Gaara, je...je veux dire...ce n'est pas le moment de se disputer, poursuivit-il d'un ton plus bas et les joues rouges à cause du regard des passants.
-Tu as raison petit frère, pardon s'excusa le brun.
La file confirma par un hochement de tête avant de reporter son attention sur le morceau de papier dans ses mains. Le temps continuait de défiler, et eux ils se retrouvaient face à neuf possibilités de lieu de rendez-vous et c'était à elle qui avait étudié cet exercice en cours, ce qui n'était pas le cas de ses cadets, de résoudre cette énigme. Il fallait qu'elle se concentre, et qu'elle élimine rapidement les huit réponses qui n'étaient pas les bonnes. La première association menait au cimetière, ce n'était pas ça, la deuxième au quartier des vieux entrepôts, personne n'y mettait jamais les pieds, ce n'était pas cela non plus. Le troisième conduisait elle ne savait où mais pas un endroit qui lui était familier, le quatrième les conduisait devant la porte d'entrée de la maison de retraite de la partie Nord de Suna, ils étaient un peu jeunes pour prendre la leur.
-Mais c'est bien sûr, pourquoi n'y ai-je pas songé plus tôt, quelle idiote mais quelle idiote !, se maudit-elle en se frappant le front.
Elle se mit à courir sans prévenir, et ses frères n'eurent d'autres choix que de la suivre.
-Temari, mais attends-nous, où vas-tu ?, s'exclama Kankuro.
-Je sais où Sasori-sensei veut qu'on le rejoigne, alors dépêchez-vous un peu, les pressa-t-elle.
-Tu as entendu ça Gaara, c'est elle qui part sans nous avertir, et c'est notre faute si nous sommes derrière elle, râla-t-il.
Son cadet ne préféra rien répondre, il était hors de question qu'il prenne parti dans ce qui deviendrait assurément une dispute si la conversation se poursuivait.
Ils finirent par arriver dans un endroit qu'ils connaissaient très bien, le lieu où le jonin les avait testé lorsque leur père l'avait assigné comme leur professeur.
-Il n'est pas là, tu as dû te tromper, commenta l'enfant du milieu.
-Non, je suis certaine que c'est ici, ce ne peut pas être autre part, j'en suis sûre, déclara-t-elle.
Un ninja devait faire confiance à ses instincts et les siens lui disaient qu'elle avait raison.
-Je te fais confiance grande sœur, il ne va pas tarder à nous rejoindre, ajouta Gaara en lui prenant la main.
-Merci de ton soutien Gaara, lui répondit-elle en serrant délicatement sa petite main.
-En tout cas s'il était je dirais à Sasori-sensei ce que je pense...fit remarquer l'autre garçon.
-Tiens donc, et que penses-tu Kankuro ?, le questionna une voix masculine.
-Sa...Sasori-sensei, déglutit-il en se retournant pour faire face à son enseignant.
Le scorpion le fixait de son regard froid et impassible, les bras croisés devant le torse, désirant obtenir une réponse. Ainsi il était assez intimidant, et le Sabaku No était incapable d'articuler la moindre syllabe.
-Sensei, avons-nous réussi ?, intervint le porteur du démon pour sauver son aîné.
Les billes marrons dévièrent d'un frère vers l'autre et le plus âgé des deux fils du kazekage lâcha un profond soupir de soulagement.
-Vous avez cinq minutes..., commença l'adulte en s'interrompant volontairement.
Ses trois élèves étaient suspendus à ses lèvres, à la fois nerveux et impatients de découvrir si oui ou non ils avaient résolu cette suite d'énigmes dans les deux heures accordées.
-...D'avance sur le temps que je vous avais donné, annonça-t-il mettant fin à cet insoutenable suspens.
-Pour de vrai sensei ?, demanda Gaara n'en revenant pas.
-Je n'ai pas de temps à perdre en plaisanteries, rappela-t-il
-Nous y sommes arrivés, nous y sommes arrivés, s'écrièrent de joie les deux garçons.
Leur sœur quant à elle se contenta de sourire fièrement, ravie et soulagée de ne pas avoir déçu l'Akasuna no.
-Vous auriez pu arriver plus tôt, il va falloir corriger quelques petits points et notamment savoir dire non, n'est-ce pas Temari, fit-il remarquer.
Les joues de la petite blonde virèrent instantanément au rouge encore plus vif que celui des cheveux de son plus jeune frère. Leur professeur savait donc qu'elle n'avait pas été assez ferme et qu'elle avait cédé à la tentation du gâteau d'Emiko.
-Quelle est notre récompense ?, demanda Kankuro.
-Qu'avons nous gagné ?, ajouta Gaara.
-Vous n'avez pas deviné ?, les interrogea Sasori.
Les trois enfants secouèrent négativement la tête, ils n'avaient pas la moindre idée de ce qu'était la surprise qu'ils avaient remporté.
-Réfléchissez je ne vous ai pas fait courir dans toute la ville par pur sadisme, cela suivait une certaine logique.
-Qu'est-ce que c'est le sadisme sensei ?, se renseigna le petit roux.
-C'est lorsqu'une personne prend du plaisir en faisant souffrir les autres, intervint son frère en devançant le ninja.
-C'est vrai ce qu'il raconte ?, voulut savoir la seule fille du groupe intriguée.
-En effet, c'est exact, confirma l'adulte, mais où as-tu appris cela ?
-Je l'ai lu dans un des livres sur les marionnettistes qui était chez grand-mère Chiyo, il racontait que parfois certains d'entre eux développaient ce trait de caractère à force de torturer leurs victimes, se souvint-il.
Sasori jugea bon de passer chez sa grand-mère un de ces jours afin de vérifier quels genres d'ouvrages sa bibliothèque contenait. Il ne voulait pas qu'un de ses trois-là tombent sur une image très graphique de violence, en tout cas pas avant qu'ils aient tué pour la première fois.
-Revenons à votre récompense, reprenez votre parcours, leur conseilla-t-il.
-D'abord nous sommes allés dans une boutique de shinobis bleus, puis dans l'échoppe spécialisée dans la phytothérapie, et enfin dans un magasin d'armes, énuméra Temari.
-Je ne vois pas en quoi cela est censé nous aider, bouda le plus âgé de ses frères,
-Ces trois lieux ont un point commun, fit remarquer leur responsable.
-Un point commun, répéta perplexe le dernier de la fratrie.
-Ne vous focalisez pas sur les lieux mais sur les services qu'ils proposent, les aida-t-il.
-Donc de l'eau, des médicaments et des armes, résuma le brun.
-Ils sont tous les trois utiles aux ninjas, réalisa son cadet.
-En quoi cela est-il une récompense pour nous ?, demanda Kankuro.
-Sensei, serait-il possible...commença Temari ne sachant si elle devait continuer ou non.
-Quoi Temari, quoi ?, lui demandèrent ses frères.
-Serait-il possible que nous partions en mission avec vous ?, termina-t-elle.
-Tu as tout compris Temari, la félicita-t-il.
-On va avoir notre premier mission !, hurla de joie Kankuro, en sautant dans tous les sens.
Gaara se mit à rire de joie, ils avaient réussi, et c'était pour cette raison que leur professeur avait décidé de les faire l'accompagner lors de ce qui serait leur première mission.
-Nous partirons dans deux jours à l'aube pour le village de Koseki où nous devons livrer un colis, les informa-t-il.
-Pourquoi pas demain ?, demanda le petit roux curieux.
-Oui c'est vrai ça Sasori-sensei, pourquoi pas demain ?, ajouta l'autre garçon.
-Tout simplement parce que vous avez couru toute la journée, que vous devez être fatigués, et que vous devez vous reposer, je vous le dis tout de suite je ne vous porterai pas pendant le trajet, les prévint-il.
C'est à ce moment qu'il réalisa que pendant que Kankuro et Gaara couraient et sautaient visiblement très excités par la nouvelle, leur aînée ne bougeait pas, et semblait pensive.
-Un problème Temari ?
-Pas vraiment non, je cherchais juste à savoir pourquoi vous ne nous avez pas envoyé récupérer une enveloppe dans la partie Sud de la ville, n'y a-t-il rien dont les shinobis se servent là-bas ?, le questionna-t-elle.
Il ne fut qu'à moitié étonné par sa question, après tout elle était la fille de Karura, et lorsque celle-ci avait son âge, elle posait le même style de questions.
-Non rien, et j'ai estimé que ces trois endroits étaient amplement suffisants pour cet exercice, répondit-il.
En réalité s'il ne les avait pas envoyé dans cette zone c'était parce que si trouvait le quartier des plaisirs. C'était ici que certains shinobis des deux sexes et certains civils venaient satisfaire leurs désirs. Les Sabaku No qui étaient devant lui étaient trop jeunes, beaucoup trop jeunes pour se retrouver exposer à des corps à moitié dénudés arpentant les rues.
-Tenez, je vous donne la liste de ce que vous devrez emporter pour la mission, termina-t-il en donnant une feuille à Kankuro. »
Il les raccompagna ensuite jusqu'à chez eux, comme il en avait prit l'habitude et se retira lorsqu'ils furent à l'intérieur de leur maison. Demain il se préparerait pour la mission, avec ces trois-là sous sa garde il ne pouvait rien laisser au hasard.
