Chapitre 3 : La scène du crime
C'était ici que Conis Angelus avait perdu la vie.
Smoker, impassible, nota les empreintes de mains pleines de sang dans le salon, et les éclaboussures macabres peintes sur le sol ainsi que sur quelques meubles présents en tant que simples spectateurs innocents. Dès son entrée dans le salon, l'odeur du sang âcre le frappa de plein fouet. Il supporta l'odeur sans broncher, ce n'est pas comme si c'était la première fois ! Et puis il avait vu pire, surtout de la part de cet assassin. Un bruit attira l'attention de l'inspecteur et Smoker remarqua que la télévision était allumée. C'était l'heure du journal, et le présentateur était en train d'annoncer les dernières nouvelles.
"...ssinée dans son propre domicile par, il semblerait, ce fameux tueur qui n'en est pas à son premier meurtre, il y a quelques jours. Des passants ont trouvé le corps de la victime ce mat…"
La victime devait évidemment regarder les infos avant sa mort. Aucun criminel n'aurait l'idée d'allumer l'écran ou de s'installer comme chez lui après avoir commis le crime en question, même si c'était un malade.
Smoker se pencha pour étudier la traînée de sang allant du tapis du salon jusqu'à la porte d'entrée. À en juger par la quantité de sang tout le long du trajet, il semblerait que le tueur ait immédiatement placé le corps à l'extérieur… Mais pourquoi ? Quel intérêt y avait-il à se fatiguer à déplacer un corps dehors, en prenant le risque au passage d'être vu ? Cet homme n'avait aucune logique… Contrairement aux autres criminels, Smoker ne le comprenait pas. Quelles étaient ses intentions ? Pourquoi agissait-il comme ça ? Rien jusqu'à présent ne semblait avoir de logique, pourtant Smoker avait le pressentiment que le tueur suivait un schéma bien construit.
Tandis qu'il parcourait la pièce à la recherche de quelque chose qui pourrait l'intéresser, hormis tout ce sang, il aperçut un objet au sol dans un coin de la pièce, ce qui attira son attention. Il mit ses gants, pour éviter de mettre ses empreintes partout, et ramassa le téléphone qui avait sans doute dû être balancé, car son combiné se trouvait à l'autre bout du salon. Il se permit de le prendre, car il savait que son équipe avait déjà pris tout ce qu'il fallait en photos. Et si ce n'était pas le cas… et bien qu'ils aillent se faire voir, ils avaient cas être plus rapide.
"Eh bien, qu'est ce que nous avons ici ? Nous aurais-tu laissé un petit message ?" murmura Smoker.
Il regarda les derniers numéros effectués, mais ne trouva rien d'intéressant. Hormis le dernier, au nom de "Papa", un père maintenant sans enfant. Les autres remontaient d'il y a trop longtemps pour qu'il y ait un rapport immédiat. Même si son équipe allait avoir le droit de fouiller intégralement parmi tous les numéros inscrits. Cependant ce qui l'intéressait surtout était les appels reçus et il ne fut pas déçu. Il y avait 4 fois le même numéro à la suite et quand il regarda l'heure, ils étaient tous le même jour avec chaque fois 2h d'intervalle. Il remarqua aussi que la victime n'avait répondu à aucun de ces appels, alors il se dirigea vers le combiné du téléphone et appuya sur le bouton pour écouter les derniers messages.
"Vous avez 4 messages sauvegardés.
Message reçu le 14 décembre à 14h15 :
Vis.
Message reçu le 14 décembre à 16h15 :
Vis.
Message reçu le 14 décembre à 18h15 :
Vis.
Message reçu le 14 décembre à 20h15 :
Meurs."
"Putain de malade mental." pensa Smoker à voix haute tandis qu'il reposait le téléphone et qu'il arrêta le discours inintéressant de la voix trop lente du répondeur.
Après avoir fait un tour rapide de la maison en enregistrant approximativement tout ce qu'il y avait, il en déduisit qu'il n'y trouverait rien de plus dans l'immédiat. Il préférait toujours voir la scène une première fois, faire une mise au point et y revenir, plus serein pour trouver tout ce qui n'allait pas. C'était surtout la deuxième fois qu'il inspectait réellement la scène. Pour l'instant il voulait juste voir à quoi ça ressemblait pour essayer de comprendre le tueur. Ensuite la deuxième fois il essayerait de se mettre à sa place. C'était sa façon d'opérer et personne n'allait le changer. Le seul inconvénient avec cette affaire, tout comme les précédentes d'ailleurs, c'est qu'il ne comprenait pas le tueur, résultat lorsqu'il revenait inspecter, il n'était pas plus avancé, ce qui expliquait pourquoi ces crimes étaient si graves, ils n'avaient aucun indice.
Smoker retira ses gants et se passa une main dans les cheveux. Il allait encore en avoir pour des semaines à comprendre si ça continuait comme ça, cependant les semaines il ne les avait pas ! Combien de jeunes femmes allaient encore périr avant que cet homme laisse une quelconque preuve qui permettrait à Smoker de le retrouver ?
Il décida de quitter la maison, en passant à côté du sang séché dans la neige laissé par le corps qui se nommait autrefois Conis Angelus. Il commençait à avoir sa petite idée sur toutes ses affaires… Enfin seulement une petite, car il ne comprenait toujours pas ce fou, ni son fonctionnement. Il fallait qu'il en parle à son supérieur, mais surtout à Hina… Elle pourrait lui confirmer ou non si ses pensées étaient fondées. Elle savait réfléchir plus calmement que lui tout simplement parce qu'elle avait la patiente et pas lui. Enfin la patience… ça dépendait pour quoi !
