-Donc, tu serais intéressé pour rentrer dans notre clan ? Lui demanda un homme baraqué, une arme à feu reposant sur son épaule.

C'était sensé l'intimider ? Parce que théoriquement, n'importe quel clampin munit d'une baguette pouvait aussi vous tuer en deux mots. D'ailleurs, Remus avait la sienne dans sa poche, ils étaient à armes égales.

-J'ai besoin d'argent.

-C'est une bonne motivation.

Et sans prévenir, il sortit un pistolet de sa manche et lui colla une balle dans la cheville. Remus ne réagit pas tout de suite. Ce fut seulement une fois par terre qu'il fut assailli par la douleur.

-Tu pues le sorcier. Si tu en es un, tu pourras te soigner sans problème.

Facile à dire. La douleur raisonnait dans tout son corps et il avait déjà des difficultés à réfléchir. La balle s'était logée dans l'os et il la retira en serrant les dents d'un coup de baguette. Il n'y avait pas trop de sang mais il lui faudrait une potion. Ce fut la première fois de sa vie qu'il remercia ses transformations, au moins avait-il appris à gérer la douleur. Il guérit la plaie comme il le put.

-C'est tout ?

Le loup garou avait l'air déçu.

-Tu ne peux toujours pas marcher ! Continua t-il à s'indigner.

-J'ai besoin d'une potion !

Un autre homme arriva derrière eux et il reconnut ses traits. Sköll était un lieutenant de Greyback au temps de la guerre. Il avait vieilli et prit du poids mais son petit regard supérieur était toujours aussi agaçant.

-On se connaît ?

Remus fut quand même un peu surpris. Pendant son temps d'espionnage chez les loups garous, il avait tellement réussi à s'effacer qu'il avait été préposé aux taches ménagères pendant des mois sans que personne ne trouva ça curieux. Ça lui avait permis d'aller partout sans qu'on lui demande de tuer.

Il avait acquis aussi un nouveau respect pour les elfes de maison en passant.

-Non, pas le souvenir.

La version qu'avait donné Claudius était qu'il s'était fait mordre il y avait seulement huit ans de cela. C'était dommage, son séjour dans les camps aurait pu lui servir. Sköll ne chercha pas plus loin.

-On ne va pas te le cacher, quelqu'un comme toi nous serait bien utile. On a plusieurs blessés à la maison en ce moment. Va te soigner et revient ici ce soir vers 23h. Le homard viendra te chercher.

Le homard ? Le colosse à la gâchette facile lui sourit méchamment. C'était quoi ce nom de guerre ?

Remus se traîna vers le mur le plus proche pour s'aider à se relever. La douleur lui donnait la nausée mais plus il attendait plus ça allait être dur. Il transplana.

OoO

Merde Maugrey et sa parano. Il atterrit à au moins cent mètres de la porte d'entrée de l'auror, à cause des barrières magiques. Après être tombé en partie sur son mauvais pied, il poussa un cri de douleur.

Même pas encore commencé sa mission qu'il était déjà misérable. Il devait avoir l'air fin.

Il métamorphosa deux branches en béquilles et clopina jusqu'à la maison.

-Fol Oeil, dis moi que t'es là !

Personne ne lui répondit. Il jura et béquilla deux mètres en arrière.

-Bombarda !

La porte explosa. Il était poli d'ordinaire, il était plus doux dans sa technique pour rentrer par effraction. Mais il n'avait pas la vie devant lui, le poussos mettait des heures à faire effet et il était sûr que si quelqu'un en avait chez lui, c'était bien Maugrey. Une fois à l'intérieur, il commença à fouiller les étagères sous les cris stridents des alarmes qui s'étaient déclenchées.

-Stupefix !

Remus évita le jet de lumière de peu, se retrouvant une nouvelle fois au sol.

-Stop Alastor. C'est moi !

C'était Tonks qui lui avait lancé le sort, mais il se doutait que Fol Œil n'était pas loin derrière.

-Prouve le nous ! Surgit une voix grave.

-Tu as une cicatrice sur la joue parce qu'un sortilège de découpe à transpercé le papier sur lequel Sirius s'amusait à faire une farandole pendant un meeting de l'ordre.

Tonks éclata de rire.

-Tu aurais pu choisir un de mes moments de gloire, grogna l'auror.

-Mais tout le monde les connaît, grimaça Remus.

-Pourquoi tu as explosé ma porte ?

-Pour tester ta sécurité.

-Mmmh…

Remus posa sa tête sur le fauteuil se trouvant derrière lui.

-Dis moi que tu as du poussos Alastor, on m'a tiré une balle dans la cheville.

Maugrey ne cilla même pas.

-Je vais te chercher ça.

Tonks s'agenouilla près de lui, curieuse.

-Ça fait mal comment ?

-Comme un os partiellement éclaté.

-Ouch.

-Voilà.

Il avait une migraine épouvantable. Tonks l'aida à s'installer sur la banquette, il prit le verre de poussos qu'on lui tendit et ferma les yeux.

-Qu'est-ce qu'il s'est passé ? finit par demander Maugrey.

-Apparemment ils aimeraient m'engager comme soigneur...Ils ont euh...testé mes capacités...J'ai rendez vous ce soir à onze heure pour plus de précisions.

-Comment cette balle a finit là où elle est ?

-Je viens de te le dire...

Il se prit un coup de gazette du sorcier sur la tête.

-Fait plus attention la prochaine fois !

Tonks sortit les dossiers de l'affaire et s'assit par terre. Au soulagement de Remus, elle changea de sujet.

-Le testament de Cétus n'a rien donné d'extraordinaire, soupira t-elle. Il donne tout à son fils en dehors de quelques bribes aux autres familles, qui lui étaient plus ou moins lié. Podarge partage entre son fils, sa sœur et ses nièces. Je trouve que tout le monde est plutôt bien servi.

-Ce n'est jamais assez pour certains, dit Maugrey. La sœur espérait peut être plus et le rejeton tout.

-Thorfinn le rejeton ? Demanda Remus qui s'était définitivement allongé sur le canapé.

-Oui.

-Me souviens de son nom. Dumbledore avait une liste de ses élèves susceptibles de tomber dans les mains de Voldemort. Mais la guerre s'est finie avant qu'il ne sorte de l'école.

-Ce n'est pas une lumière, confirma Alastor qui était celui qui s'était occupé de l'interrogatoire. Mais il faisait une garde de nuit au département des transports au moment du meurtre. Il préparait des porteloins pour une série de départs diplomatiques. On a un témoin qui travaillait avec lui et sa signature magique partout.

-Et tout ça ne nous avance pas, soupira Tonks. Pour des gens riches, leurs morts semblent ne pas remuer grand-chose.

-Éliminer des possibilités, c'est déjà ça de pris, la consola Remus.

-Je les ai trouvé bien tendus nos petits des vingt-huit sacrés, reprit Maugrey. Pendant la lecture des testaments, c'était la première fois que j'en voyais certains accepter de l'argent sans parader devant les autres. Tonks !

-Non.

-Tu vas prendre la place de Shacklebolt.

-Pfff.

-Kingsley Shacklebolt ? Interrogea Remus.

-Sa mère, grogna Tonks.

-Va demander conseil à la tienne de mère d'ailleurs, Fol Œil la fixa de ses deux yeux, elle connaît le milieu. Tu manques d'un certain...maintient.

-Je ne suis pas si maladroite !

-J'ai dit maintient, pas équilibre.

-Ce que Fol œil veut dire, c'est qu'il te manque le balai dans le cul, précisa gentiment Remus. L'éducation sang pure vous redresse la colonne vertébrale tout petit...Quand j'ai rencontré Sirius, il avait la démarche dédaigneuse.

Ses yeux devinrent tristes.

-Il a fallut qu'il se reçoive sur les fesses en tombant d'un arbre pour qu'il ressorte.

-Rassure moi, ce balai est bien une métaphore ?

-Mon ami James était convaincu qu'il existait bel et bien. Mais soyons logique, en retombant sur ses fesses ça aurait tout fait sauf l'expulser.

Fol œil fronça les sourcils et attrapa la bouteille de poussos, avant de lire la description des effets secondaires.

-Tu es stone Lupin, va dormir.

-Non. Tonks est trop distrayante. Elle est rose.

La concernée se pencha vers son mentor.

-Il vaut vraiment dix aurors ?

-Avec le temps, je l'ai peut être idéalisé…

-C'est beau le rose...

Ils s'éclipsèrent pour le laisser tranquille.

OoO

Un os tout neuf, Remus se retrouva à suivre " le homard " dans un coin paumé de la périphérie du Londres moldu. Ils passèrent les grillages qui encerclaient un terrain à deux doigts de revenir à la vie sauvage et s'avancèrent en direction de l'usine laissée à l'abandon qui devait leur servir de lieu de vie, ou tout du moins de quartier général.

-Je pensais que le trafic rapportait plus que ça, pensa Remus à voix haute.

-Tais toi.

Et attend de voir aurait-il du rajouter, parce que dès qu'ils ouvrirent les portes de l'usine, Remus se rendit compte qu'en effet, il avait parlé trop vite.

L'intérieur était proprement luxueux, au point qu'il devenait impossible de retrouver des traces de l'usage qui avait été fait de ce bâtiment à l'époque industrielle. De multiples tapis, tables et autres meubles clinquants étaient disposés anarchiquement sur la grande surface qui faisait office de partie commune et chaque objet dans la pièce semblait avoir été moulé à partir de lingots d'or.

-Vous recelez des antiquités ? s'étonna t-il.

-Non, ce sont les affaires du vieux. C'est lui qui décore.

Son ami crustacé garou ne prit pas la peine de lui faire faire le tour de la propriété et l'entraîna directement dans un dédale de couloir étroit avant de le pousser dans la salle qui, au vu des deux hommes inconscients attendant patiemment la mort, devait se trouver être l'infirmerie.

-Primevère a reçut une balle dans le bide et Whiskycoca on sait pas. On l'a trouvé comme ça un matin...Il vit mais il ne se réveille pas.

-Comment faites vous d'habitude pour guérir vos blessés ?

-Le vieux les soignait. Mais c'est devenu dangereux, avec l'âge sa magie part en couilles.

Remus s'avança vers le blessé par balle et posa la mallette de potions que Maugrey lui avait confié du geste assuré du faux médecin qui essayait de convaincre le monde qu'il savait ce qu'il faisait.

Il grimaça en examinant l'abdomen de l'homme.

-Vous avez extrait la balle ?

-Oui, et certains ici ont des bases de magie. Mais on est obligé de le rafistoler presque toutes les heures, leur sortilèges ne tiennent pas et il se remet à pisser le sang.

Encore une fois, Remus remercia les malheurs de sa vie. Sans son expérience des combats lors de la première guerre, il aurait probablement été difficile pour lui de faire quoi que ce soit. Mais avec son passé sanglant, tant que les blessures restaient non magiques, il arriverait à se débrouiller avec quelques potions et deux ou trois sorts basiques.

Le homard prit une chaise en face de lui et il se mit au travail.

OoO

-Molly Weasley née Prewett, dit Narcissa les lèvres pincées.

Il était dans la politique du club d'examiner absolument toutes les suggestions des membres. Et plus Tonks regardait le visage de sa tante, plus elle avait des difficultés à ne pas éclater de rire. Malheureusement pour elle cependant, il n'était pas dans le caractère de Nel Shacklebolt de perdre contrôle de ses émotions et elle ne tenait pas à griller sa couverture aussi vite.

-Je ne sais pas qui a fait cette proposition, continua Narcissa en balayant d'un regard accusateur les femmes assemblées dans de confortables fauteuils disposés en cercle, mais qu'elle se dé...se fasse connaître et elle pourra peut être défendre son...point de vue.

Tonks ne leva pas la main. Encore une fois, même si elle brûlait de le faire, il était contre productif de se faire remarquer.

-Traîtres à leurs sangs ! cracha Mme Parkinson, une femme au visage cubique.

-Bien. Nous sommes donc tous d'accord pour Lilamayi Shafiq ?

Le cercle de fauteuil acquiesça et Nymphadora luttai pour garder ses yeux ouverts pendant que Narcissa ouvrait un autre sujet. Dans sa tête, elle se repassait en boucle les conseils de sa mère sur la bienséance. On lui tendit une nouvelle tasse de thé. Elle leva le petit doigt.

-Des nouvelles d'Eugenia ? demanda Mme Greengrass au groupe.

Eugenia ? C'était laquelle déjà celle là ? Mme Crabbe peut être…

-Elle est souffrante, intervint Mme Goyle d'une voix légèrement tremblante. Depuis une semaine…

Silence.

Tonks ne comprit pas d'où venait le malaise qui s'était soudainement installé dans l'assemblée. Devait-elle comprendre que Mme Crabbe était mourante ? Il y avait comme une légère surréaction s'il s'agissait d'une simple grippe.

Quel que soit le secret qui planait sur cette maladie, elle se retrouvait dans l'embarrassante situation de ne pas savoir si elle était censé être au courant. Dans pourtant sa très généreuse offre de céder sa place, Mme Shacklebolt semblait avoir omis de lui parler d'à peu près tout ce qui était important dans le club.

-La malédiction...continua Mme Goyle à voix basse.

Une malédiction donc. Youpi.

-Ne soyez pas absurde, coupa Narcissa sèchement. Eugenia nous reviendra en pleine santé d'ici peu, je n'ai aucun doute là dessus.

Et elle redirigea la conversation sur la femme du ministre, remontant au passage le moral de cette bande de commères.

Au moins maintenant Tonks arrivait-elle à garder les yeux ouverts, réveillée par cette nouvelle piste. Quand elle rentrerait, elle aurait deux mots à dire à la mère de Kingsley.

OoO

OoO

J'ai le scénario hein, j'ai juste à le coucher sur écran (sourire coupable de la personne qui a encore mis trois plombes pour poster).