Primevère fut guéri. Whiskycoca par contre s'obstina dans son coma. Remus n'était pas vraiment sûr de savoir ce qui l'avait plongé dans cette état mais de ce qu'il en avait comprit, la vie d'excès de l'homme, la personne se surnommait Whiskycoca quand même, en était probablement la cause. Drogue ou alcool, son organisme avait tenu le choc, mais le médicomage improvisé qu'il était ne pouvait pas se réveiller à sa place.

On lui avait assigné une chambre qu'il partageait avec Carrédas, le fanatique de poker qu'avait rencontré Tonks dans la salle de jeu de l'allée des embrumes et Silence, un loup garou qui paradoxalement ne s'arrêtait jamais de parler.

-Il y a une hiérarchie à respecter, expliqua Silence le premier jour. Seul les lieutenants de Sköll ont le droit de choisir la manière dont on doit les appeler et ils sont rarement présents. Notre activité s'étend jusqu'à l'Écosse et l'Irlande, voir prochainement la France et les Pays-Bas. Première et pratiquement seule chose à retenir, pas trahir.

Comme il était du genre sympa mais un peu fou sur les bords, il lui attrapa le poignet et le tordit méchamment pour bien lui faire passer le message.

-Compris, dit Remus en restant stoïque.

-On l'appelle Silence parce qu'on a le doux espoir qu'un jour il ferme sa gueule, dit Carrédas depuis son lit. Toi on va t'appeler…

-L'agent d'entretien, trouva Silence, tu entretiens les corps et la baraque.

-Ça veut dire que tu vas être la bonniche. Des semaines que tout le monde à la flemme de faire le ménage.

-J'ai besoin d'argent, intervint sèchement Remus. Comment je fais moi si mes seules missions sont d'épousseter et de changer les bandages ?

-Tu t'écrases. Tu crois quand même pas qu'on va te faire confiance le premier jour ?

Mais Remus au fond de lui était soulagé. Rester au quartier général permettait d'avoir une vue d'ensemble du réseau, ce qui lui serait précieux. Et puis c'était devenu un genre de spécialité à lui de jouer l'invisible.

S'il fallait plus, il aviserait.

-Compris, répéta t-il.

-T'aimes le poker ?

-Tu vas regretter d'avoir posé cette question.

OoO

-La malédiction, hoqueta dédaigneusement Nel Shacklebolt. Je ne vous ai rien dit parce que je ne tiens pas à ce que cette théorie vaseuse sorte du cercle de ce club! C'est déjà l'objet de bien trop de conversations à mon goût.

-Je comprends bien madame, dit patiemment Tonks, mais je n'ai pas pour vocation d'aller raconter le contenu de mes missions d'infiltration au premier venu. Il serait dans l'intérêt de l'enquête que vous m'expliquiez de quoi il en retourne.

Un elfe de maison vint déposer un plateau de biscuits directement sur ses genoux et elle soupira devant cette nouvelle profusion de pâtisseries.

-La malédiction, finit donc par répondre Mme Shacklebolt, serait vraiment vague. Elle décimerait les familles de sang purs du pays, sans préciser où la limite est posée. On ne sait pas non plus qui l'aurait lancée et pourquoi.

-Mais cette histoire ne peut pas sortir de nul part, s'étonna Tonks. On pense à une malédiction après une série de malheurs, pas un seul !

-Oh mais les Rowles n'en serait pas les premières victimes. Dubius Beurk est mort il y a un mois tout comme Vaillance Croupton, quelques jours avant lui. Mais vous marquez un point, la rumeur est apparue très vite, ce que je prends pour une preuve supplémentaire qu'il s'agit d'un ramassis d'âneries.

-Pourquoi personne ne s'est ému de ces morts ?

La vieille dame leva un sourcil.

-Quand on commence à prendre de l'âge, plus personne ne s'étonne que vous passiez l'arme à gauche. Ils avaient tous les deux passés quatre-vingt dix ans.

-Savez vous si les Rowle y croyaient ?

-Cetus très probablement. L'homme était paranoïaque. Mais il ne fallait pas s'aviser d'en parler devant Podarge. C'était une femme rude mais particulièrement intelligente et dont l'éducation n'avait subit aucun défaut. Elle avait l'esprit rationnel et comme nous le savons tous, les malédictions sont une branche fumeuse de la magie, au même titre que la divination.

-Elle ne pensait pas que ça existait ?

-Si. Mais il y a des limitations techniques aux malédictions. Elles sont instables dans leurs réalisations et incroyablement spécifiques. Elle considérait que celle ci touchait trop de monde avec trop de paramètres à prendre en compte simultanément pour qu'elle ai pu marcher. Heureusement pour elle, Narcissa était du même avis. Elles ont réussi à faire taire les on dits pendant un temps, mais je ne suis pas surprise que ça ait fini par réapparaître.

Tonks réfléchit en s'avachissant dans son siège. La voix de sa mère déboula dans sa tête telle une furie pour la réprimander. Dos droit et tout et tout.

-Vous ne trouvez pas ça curieux que Podarge ait cessé de venir au club les deux semaines précédent sa mort ?

-Je vous l'ai déjà dit, à vous et votre séduisant supérieur que je pensais que c'était dû à son insupportable sœur.

-Oui mais quand même, ça nous fait une sacrée coïncidence.

Puis Tonks recracha maladroitement son thé dans sa tasse. Séduisant ? SÉDUISANT ? L'elfe revint lui retirer la porcelaine des mains, dégoutté. Elle s'essuya la bouche maladroitement.

-Je pense qu'il est temps pour moi de partir. J'ai un rapport à faire à...avant...hum. Bientôt.

-Si vous le dites.

OoO

Alastor poussa les portes du bureau ministériel et mit le feu par réflexe à une note de papier qui avait eu la mauvaise idée d'entreprendre un rase motte sur son crâne pour profiter de l'ouverture. Il maugréa en s'époussetant.

-Mmh...fit une voix familière, je pense que vous n'avez plus qu'à réécrire votre message Cornélius.

Fudge soupira contrarié mais n'engueula pas Fol Œil parce qu'on n'engueulait pas Fol Œil.

-Dumbledore, grogna chaleureusement l'auror. C'est toi qui me demande ?

-Non, dit le directeur de Poudlard en l'invitant à s'asseoir, notre ministre a juste tenu à avoir mon avis sur l'affaire.

-Ben voyons…

Fudge leva vivement la tête et lui lança cette fois ci, un vrai regard noir.

-Sept de nos hauts fonctionnaires d'état sont entre la vie et la mort, très probablement empoisonnés l'informa Dumbledore, le département de justice magique est le plus gravement t...

-Je ne veux pas de vagues, coupa Fudge menaçant. Nos victimes sont de sang pur comme presque tous les décisionnaires de ce pays, il faut éviter de propager la panique ou c'est tout le ministère qui finit en panne sèche !

Alastor croisa les bras, silencieux et attentif, remballant son avis sur le bien fondé des statuts de sang des élites de ce pays, élite qui pour une partie, gazouillait la marche funèbre aux côtés de Voldemort il n'y avait encore pas si longtemps.

-Étant donné les symptômes et la hum...demande de discrétion, j'ai proposé l'expertise de mon maître des potions. Il te fera directement son rapport.

-Combien d'hommes je peux mettre dans le secret ? Se tourna t-il en direction du bureau ministériel.

Fudge fut pris d'un spasme nerveux de la paupière.

-Qui proposez vous ?

-Tonks…

-Hors de question, elle n'est pas même diplômée !

-Et est déjà plus sûre que la moitié des vieux croûtons qui traînent dans le service. Sans compter qu'elle est sur le meurtre des Rowles et que de ce que nous savons, il y a des chances que les deux incidents soient liés.

-De quelle manière ? Demanda calmement Albus.

-La gamine a découvert le bruit d'une étrange malédiction sur les sang purs…Au club ou se rend chaque après midi votre femme Mr le ministre.

L'homme d'État blanchit radicalement.

-Une malédiction ? Couina t-il. Prenez Tonks si vous voulez du moment qu'elle se taise.

-Je veux Shacklebolt aussi.

-Acté, j'apprécie Shacklebolt.

-Et j'ai besoin d'un civil pour une mission d'infiltration, je veux une assurance de prise en charge au cas où les choses tournent mal…

-Dans quoi m'embarquez vous là, Maugrey, soupira Fudge. Je ne peux pas tout simplement…

-Cornélius, interrompit Dumbledore, je connais l'homme et je m'en porte garant, il a toute ma confiance

-Ça sera tout ? s'énerva Fudge qui se sentit, à raison, cerné.

Alastor grogna et prit congé.

OoO

Ce n'était pas que le sol était sale, même si c'était le cas, mais le plus chiant était qu'il collait. Remus tenta tous les sorts qu'il connaissait avant de faire simplement exploser le plancher et de lancer un réparo derrière en espérant que le problème eut disparut.

-On n'est pas du genre patient hein ? Plaisanta Silence qui le regardait faire en roulant des cigarettes qu'il disposait dans des portes crayons pour les proposer à toute la maisonnée.

-Je ne vais pas m'acharner dans une voie qui ne marche pas, vous buvez quoi par ici ? De la glu ?

-Tu verras ce soir...quand Carrédas perd, il saoule ses adversaires pour se refaire. Tous les bénéf qu'il obtient avec le trafic partent dans le jeu tu sais, il perd aux casinos moldus ce qu'il regagne partiellement en parties de cartes, t'es en train de bousiller tout son équilibre...

-C'est lui qui me défie, sourit Remus amusé. Je ne vais quand même pas faire exprès de perdre. Et comme ça j'aurais ma part, personne ne me paye ici je vous signale.

-Dis, faut pas pousser ! Nourrit, logé et blanchit et il se plaint.

-Je vais limer le parquet, je ne vois que ça à faire…

Il décolla sa chaussette du sol.

-Quelle heure il est ? Demanda Remus. Il faut que j'aille m'occuper de Whiskycoca, il était complètement déshydraté quand je suis arrivé ici.

-L'alcool ça déshydrate. On m'a dit qu'il en avait mélangé à de l'héroïne en poudre, tu connais ?

-Oui.

-Pour allier ses deux plaisirs. Il est un peu con.

-Oui.

-Sköll te refilera peut être le secteur qu'il fournit s'il clamse, c'est Lampe à huile qui s'en occupe en ce moment mais c'est trop pour lui.

-Il y a un gars, intégra Remus lentement, qui s'appelle lampe à huile…

-Il prétend être un génie.

-Bien…

À ce moment, une des portes du fond de la salle s'ouvrit et un vieil homme fit son entrée. Silence détourna les yeux et fit des formes dans son tabac avec ses doigts, presque timide.

-Agent d'entretien ? Demanda l'homme d'une voix étonnamment douce.

Remus sursauta.

-Hum...C'est moi.

-On va parler.

-J'ai besoin d'aller voir mon malade.

-On discutera là bas, ce n'est pas Whiskycoca qui va nous interrompre.

Cet homme était si vieux qu'il marchait cramponné à sa canne et pourtant, alors que tout son corps était parcouru de tremblements, l'énergie vitale qui en émanait était surprenante. Il n'avait jamais réalisé qu'un loup garou puisse vivre si longtemps, tant la charge physique des transformations les faisait vieillir prématurément. Sköll avait peut être la cinquantaine, Carrédas et Silence devait être à peine plus âgé que Remus qui s'était lui même étonné de se retrouver le plus jeune, à pourtant bientôt trente deux ans. Greyback devait sans doute s'accaparer les petiots mordus lors de la guerre et les fanatiser quelque part ailleurs dans le pays.

Ils rentrèrent dans la salle et Remus regarda avec inquiétude le dispositif bancale de nutrition qu'il avait piqué dans un des nombreux livres de la bibliothèque de Fol Oeil avant de partir et qui regroupait les protocoles de soins hospitalier.

Comme il n'avait aucune idée du contenu à faire avaler, il s'était contenté de mettre de l'eau dans un genre de poche qu'il avait stérilisé à la va vite. De fins tuyaux métamorphosés à partir du plastique d'une bassine qui traînait lui rentrait dans le nez et filaient, a priori, tout droit vers l'estomac.

Merlin cet homme allait mourir.

-Il est plus beau qu'hier, dit le vieil homme en se penchant. Moins sec.

-Bien.

Ils s'assirent de part et d'autre du lit et se sondèrent du regard.

-Ne le prend pas mal, j'aime rencontrer les nouveaux.

-Je vais peut être passer pour un impoli total mais je ne sais même pas qui vous êtes.

-C'est vrai qu'on m'oublie maintenant, on vous a sans doute dit que je m'occupais de la déco...

-Maintenant que vous en parlez, sourit Remus, vous êtes " le vieux ". Vous aimez le plaqué or et les tapis persans.

-En quelque sorte.

Il avait une lueur amusée dans les yeux qui lui rappelait avec une certaine nostalgie Dumbledore. Il eut soudain l'envie de retourner à l'école et de retrouver ses amis, sortir de ce lieu collant et ne plus être seul.

-Je suis aussi le cofondateur de ce clan, reprit la voix douce. J'ai eu l'idée et le réseau et Sköll la soif d'argent. Mais maintenant que la routine s'installe, je touche ma part et je bois mon vin, on m'oublie, répéta t-il.

-Vous savez ce qu'il a ? demanda Remus avec un coup de tête en direction de leur compagnon comateux.

-Il n'avait plus de coca, il a voulu utiliser du sucre comme alternative et s'est définitivement trompé de sachet.

Son visage s'éclaircit, et les rides s'effacèrent.

-Je les vois venir et évoluer, s'habituer à un artifice de luxe et de drogues. Mais là, je me demande ce que tu fais ici, agent d'entretien, tes yeux me parlent d'une histoire de vie qui diffère des gens d'ici. J'ai le sentiment que ta chute sera différente.

-J'ai tendance à rebondir sur les surfaces dures.

-Dans ce cas, tout ira bien, sourit le vieux paisiblement.

OoO

Tadaa !

Voilà Pauline, tu review, je poste (c'est un pur hasard)

Carrédas, c'est une référence à Tintin.

Un mois qu'il me manquait que 500 mots, mais Procrastine est mon deuxième prénom.