Bon, il semblerait que j'ai quelques problèmes de publication avec cette fic... à croire qu'il n'y a pas que Nami qui ait la poisse dans cette histoire. Attention, rating M pour ce chapitre en raison des allusions et d'une scène à caractère sexuel.

Bonne lecture !


CHAPITRE 3 : Tous des idiots

Presque aussitôt qu'elle soit tombée, deux mains s'arrimèrent à la balustrade face à elle, suivit du bruit caractéristique d'un élastique que se tend, et en une fraction de seconde, le capitaine au chapeau de paille apparut dans les airs. A sa vue, Luffy fit une grimace embarrassée puis horrifiée lorsque ses yeux se posèrent sur la multitude d'orbes orange disséminés un peu partout autour de la jeune femme. A peine eut-il le temps de poser un pied par terre et de commencer à ouvrir la bouche pour se confondre en excuse qu'un cri scandalisé retentit au niveau de l'échelle.

- NAMI-CHERIE ! TOI ESPECE DE MACAQUE DEGENERE, TU AS FAIT TOMBER MA PRECIEUSE NAMI-CHERIE !

- AH ! Je suis désolé Nami ! s'écria Luffy en panique.

Un éclair blond et rouge fila à travers son champ de vision et fut en un instant au côté du jeune homme qu'il s'empressa de latter à grand coup de pied. Le pauvre capitaine fit le chemin inverse en formant un parfait arc de cercle dans le ciel et alla s'écraser un peu plus bas dans la pelouse.

- ET VOUS DEUX, VOUS AURIEZ PU FAIRE UN PEU PLUS ATTENTION ! s'écria le cuisinier à l'adresse de Chopper et Ussop qui se trouvaient en contre-bas.

De là où elle était, et du fait qu'elle soit toujours assise, la jolie rousse ne pouvait pas voir leur expression mais elle devinait aisément la peur qui devait se jouer dans leurs grands yeux écarquillés. Oh oui ils pouvaient avoir peur ! Mais pour l'instant Nami avait d'autres préoccupations. La chute n'avait pas été très violente et seul ses fesses avaient amorti en grande partie le choc, mais elle ne put s'empêcher de ressentir une vive pointe d'inquiétude. Elle resta un moment sans bouger, le regard dans le vide, à imaginer un scenario où elle serait tombée de beaucoup plus haut. Sa main vint agripper le bas de son t-shirt au-dessus la boucle de sa ceinture et chiffonna le tissu d'une poigne de fer. Ça aurait pu être pire. Des images de ses combats sur Onigashima lui revinrent en mémoire, tout comme la douleur qu'elle avait pu ressentir à ces moments-là, et son cœur s'emballa. Sa respiration s'accéléra subitement et Nami eut l'impression d'étouffer. Toutefois, la voix du cuisinier la sortit de sa transe négative et l'obligea à reprendre ses esprits.

- Nami-chérie, est-ce que ça va ? Tu n'es pas blessée ?

Elle sursauta légèrement, encore un peu hébétée par ce qu'il venait de lui arriver. Blessée physiquement, non, ou à part peut-être un bleu sur le postérieur. En fin de compte, il s'agissait surtout de son amour propre qui venait d'être mis à mal. Elle n'osait pas se relever, malgré cette sensation affreuse d'avoir le derrière trempé et tout collant. Ce qui lui rappela avoir vu ses fruits voler dans les airs. Finalement, elle jeta un regard circulaire autour d'elle afin de constater les dégâts. La grande majorité étaient mâchés et d'autres avaient même éclatés, ce qui n'en laissaient plus beaucoup de présentables. Toutes ces précieuses mandarines gâchées. Ses yeux se mirent soudainement à la piquer et elle ferma étroitement les paupières pour ravaler ses larmes de frustration et de gêne.

- Nami-chérie ! Tu n'as pas l'air bien. Ne bouges pas, je vais chercher cet abrutit de médecin ! s'exclama-t-il en voyant fermer les yeux et se mordre la lèvre furieusement.

- NON ! hurla-t-elle avec un sanglot dans la voix.

Sanji se figea aussitôt dans son élan et revint près d'elle en s'agenouillant avec une expression inquiète peinte sur le visage. La jeune femme s'en voulut aussitôt d'avoir ouvert la bouche alors qu'elle avait du mal à contrôler le flot d'émotions qui déferlaient en elle. Pourtant, elle dû se faire violence pour retrouver son calme afin de ne pas inquiéter son ami plus que de raison.

- Ça va aller Sanji, déclara-t-elle d'une voix qu'elle espéra suffisamment sûre. Aide-moi plutôt à ramasser les mandarines.

- A tes ordre Nami-chérie ! Tu aurais dû me dire que tu voulais les ramasser tout à l'heure, je serais venu t'aider !

Il récupéra rapidement le panier qui avait atterri un peu plus loin et commença à vouloir l'aider à se relever en lui tendant la main. Nami refusa en écartant sa main d'un revers de la sienne et se débrouilla seule pour se remettre sur pieds. C'était déjà assez humiliant comme cela. Ses jambes étaient encore flageolantes et elle se sentait toujours un peu fébrile, mais son inquiétude diminuait progressivement.

- Nami-chérie, ton short est tout tâché !

Sa remarque fit disparaitre les dernières traces de trouble dans son esprit, ne laissant plus que de la colère.

- JE SAIS ! le rabroua-t-elle sèchement.

Elle le sentait qu'il était tâché ! Avec tout ça, son curseur imaginaire venait d'entrer en zone orange, comme ses mandarines.

- Tu peux aller te changer si tu veux, je m'occupe de tout ramasser et de les trier. Ne t'en fait pas, même un peu amochées, elles seront encore bonnes.

Sanji n'y était pour rien, il était juste là pour l'aider (pas comme certain), et elle lui en était très reconnaissante. Nami ferma les yeux et prit une profonde inspiration.

- Merci beaucoup Sanji-kun, déclara-t-elle plus calmement.

- Est-ce qu'il y a quelque chose que tu aimerais que je prépare avec toute ces délicieuses mandarines ?

- J'avais pensé à un canard avec une sauce mandarine. Et aussi un granité ainsi qu'un gâteau…

- Très bonne idée, comme toujours ! Je m'y mets de suite ma douce et tendre ! annonça-t-il en posant un genou à terre et en lui saisissant la main pour y déposer un baiser avant de se dépêcher à tout ramasser.

Elle offrit un sourire reconnaissant au blond et au moment où il lâcha sa main, deux têtes apparurent au niveau de l'échelle. La navigatrice sera les points, faisant blanchir les jointures de ses phalanges alors que sa colère refaisait surface en voyant les deux responsables de tout ceci.

- Nami ! est-ce que ça va ? tu veux que je t'examine ? s'empressa de demander le petit renne qui trottinait vers elle, inquiet.

- On est vraiment désolé Nami !

Bien qu'il soit mort de trouille à l'idée de lui faire face, Ussop avait tout de même surmonté sa peur pour s'assurer qu'elle aille bien. Toutefois, au fur et à mesure qu'il prenait en compte les dégâts causés par le petit jeu, le sniper se mit à transpirer à grosse goutte, et à regretter de s'être montré.

- Non merci Chopper, ça va.

Le médecin ralentit à son approche, refroidit par l'intonation ferme de la jeune femme. Cette dernière s'en voulut en voyant l'air de chien battu du petit renne. Même si elle avait eu peur de la gravité de la chute, elle ne pouvait lui en tenir rigueur de vouloir s'assurer de son bien-être. La voix de la raison aurait voulu qu'elle accepte la proposition du docteur, mais sa fierté lui assurait que ce n'était pas une petite chute sur le postérieur qui allait lui faire du mal. Elle en avait vu de pire, mais en cet instant, tout ce qu'elle souhaitait, c'était se changer.

- Il y a eu plus de peur que de mal, fini-t-elle par dire pour le rassurer.

Cela sembla fonctionner car il redressa la tête et lui adressa un petit sourire d'excuse. Ussop les approcha doucement, ne sachant pas trop à quelle sauce il allait être mangé. C'est vrai qu'elle avait eu plus peur que mal, voilà pourquoi, ils ne s'en sortiraient pas sans une petite leçon.

- Vous me devez 100 000 berrys chacun pour avoir ruiné mon short.

- HEIN ?! s'exclamèrent en même temps les deux responsables complètement mortifiés.

- Mais il ne vaut même pas ce prix-là ! S'écria Ussop scandalisé.

- Qu'est-ce que t'en sais ? T'étais là quand je l'ai acheté ?! Et si t'es pas d'accord avec le montant, je peux toujours l'augmenter…

- Non, non, ça va !

- Laissez ma Nami-chérie tranquille et venez m'aider à tout ramasser ! Ordonna le cuisinier.

Heureusement qu'il y avait Sanji par moment… cela lui évitait pas mal de tâches ingrates, même si elle aurait préféré que l'imbécile de bretteur le fasse de son propre chef. Mais là encore, ce n'était pas dans ses habitudes et ce n'était pas parce qu'ils étaient ensemble qu'il se conduisait différemment. Mais tout de même, il aurait pu descendre de son perchoir pour voir si elle allait bien ! Tout en pestant contre lui (chose qu'elle avait souvent l'impression de faire ces temps-ci), elle redescendit en cuisine avant de se diriger vers ses quartiers. En traversant le pont couvert de gazon, elle ne vit plus aucune trace de Luffy (heureusement pour lui), en revanche, elle croisa Robin qui vint à son avance, l'air soucieuse.

- Est-ce que tout va bien Nami ? J'ai entendu du grabuge là-haut.

Bien qu'elle fût touchée par le fait que l'archéologue se préoccupe de sa santé, Nami n'en demeurait pas moins lassée que tout le monde lui demande si elle allait bien, alors qu'elle avait qu'une envie, c'était d'être seule.

- Je vais bien, j'ai juste besoin de me changer à cause de ces idiots et de leur jeu tout aussi stupide.

Elle se détourna pour montrer l'étendue des dégâts à son amie. Cette dernière haussa les sourcils de surprise avant porta sa main devant sa bouche pour cacher le petit sourire amusé qui n'échappa pourtant pas à la navigatrice. Bravo la compassion ! Qu'on ne s'y trompe pas, elle adorait Robin, mais en cet instant, voir que son état l'amusait, fit augmenter un peu plus le curseur de sa jauge colérique.

- Je suis sûre qu'ils ne l'ont pas fait exprès.

- Oui, Comme à chaque fois…, soupira la rouquine. Et en plus de ça, je ne peux même pas prendre de douche, car Franky a coupé tout le circuit d'eau !

Robin lui adressa un regard compatissant et Nami l'abandonna pour aller se changer. Une fois refermée derrière elle, la jeune femme s'adossa à la porte et ferma les yeux. Elle prit une profonde inspiration puis expira longuement afin de calmer ses nerfs en pelote. Ses compagnons allaient la rendre chèvre !

Lorsqu'elle se sentit plus posée, elle ouvrit les yeux et observa la petite chambre qu'elle partageait désormais avec Zoro. Cet aménagement était relativement récent, Franky leur en avait fait la surprise après la bataille de Wano Kuni, même si cela partait d'un commun accord avec tous les membres de l'équipage.

C'est vrai qu'avant, ils passaient beaucoup de temps dans la vigie et alternaient avec la chambre des filles lorsque Robin était de garde. Mais obtenir des moments d'intimité n'était pas vraiment une chose aisée dans ces conditions. Toutefois, elle ne s'en était jamais plainte ouvertement devant les autres, jugeant qu'ils avaient déjà fait preuve d'une assez grande gentillesse en acceptant leur relation. Alors, quand ils les avaient réunis Zoro et elle, devant cette petite porte sertie d'un ruban rouge, pour leur crier « SURPRISE ! » au moment où elle avait enclenché la poignée, les larmes étaient montées immédiatement.

A l'inverse, la réaction de son compagnon avait été, disons, plus… calme. Elle pouvait revoir la scène comme si elle se jouait devant ses yeux.

C'est magnifique les amis ! pleura la jeune femme toute émue.

La chambre n'était pas très grande vue que Franky avait dû pousser les murs pour créer un espace supplémentaire à côté des quartiers des filles, mais cela avait un charme très cosy. On sentait la touche féminine dans la décoration sobre mais élégante, apportée par Robin. Il y avait un grand lit deux place au centre, une armoire de chaque côté de la tête de lit, pour que chacun y mette ses affaires. Son coffre personnel se trouvait dans un coin, à droite de la porte, avec sa coiffeuse et toute sa panoplie de produit de beauté, tandis que de l'autre côté, trônait une petite table basse, ronde avec un sublime bouquet de fleur en son centre, et deux fauteuils. Tout comme chez les hommes, il y avait une encadrure à gauche au fond de la pièce, derrière laquelle avait été installé un lavabo avec son miroir juste au-dessus, et Nami nota que leur brosse à dents respective partageait le même pot sur la petite étagère.

Puis, soudain, la réalité de ce qu'impliquait ce changement, lui sauta aux yeux. Elle allait partager une chambre avec Zoro, son petit-ami. Cela allait être leur chambre, leur nid douillet. C'était un nouveau cap dans leur relation, cap qui revêtait un côté solennel et symbolisait le sérieux de ce qu'ils partageaient. Certes, ce n'était pas aussi officiel qu'une bague de fiançailles ou qu'une maison, mais tout de même, cela n'en demeurait pas moins important pour elle.

D'ailleurs, en parlant du principal intéressé, Nami se tourna vers le bretteur qui examinait la pièce avec son éternel air impassible, les bras croisés sur le torse.

- Qu'est-ce que t'en penses ? Demanda la jeune femme complètement sous le charme.

Le bretteur prit son temps pour répondre, parcourant la pièce dans son intégralité, de son œil perçant.

- Ça va.

Sa voix était plate, sans émotion, comme s'il s'agissait d'une chose banale, refroidit instantanément la navigatrice.

- Quoi ? Comment ça, « ça va » ?! C'est tout ce que tu trouves à dire ?!

Son regard se posa finalement sur elle, et Nami vit à son froncement de sourcil qu'il ne comprenait pas sa réaction.

- Qu'est-ce que tu veux que je dise de plus ?

Pendant ce temps-là, leurs amis les observaient depuis l'extérieur, par la porte. La chambre n'était pas assez grande pour contenir tout le monde, alors il allait falloir partager les temps de visites, ce qui semblait difficile pour Luffy qui trépignait sur place, retenu par Ussop et Sanji. Encore plus lorsque Franky se fraya un passage pour rejoindre les tourtereaux afin de leur présenter son œuvre et sûrement pour éviter qu'une dispute n'éclate.

- Alors, est-ce qu'elle n'est pas SUUUPERRR cette chambre ?!

- Si Franky, elle est parfaite !

- Elle est bien.

Le regard que la jeune femme lui lança aurait pu incendier tout un lac, mais l'épéiste l'ignora en haussant les épaules. Heureusement, le cyborg ne s'arrêta pas sur le manque d'enthousiasme de son camarade et commença le tour du propriétaire.

- Tu pourrais te montrer un peu plus reconnaissant de ce que font nos amis pour nous, râla la rouquine.

- On a voulu remplir les deux armoires mais Robin a suggéré que vous préféreriez le faire…, continua Franky en ignorant le couple.

- Qui te dit que je ne suis pas reconnaissant ?

- Avec la tête que tu fais, c'est pas évident de deviner.

- Là on a installé le coffre de Nami, sans rien toucher à ce qu'il y avait dedans bien évidement, s'empressa d'expliquer le charpentier totalement oublié des deux principaux concernés.

- Tu voudrais que je saute sur place ou que je pleure pour te montrer que ma gratitude ?

- Bien sûr que non ! Mais tu pourrais au moins sourire ! à croire que tu t'en fiches qu'on vive ensemble !

- AH NAMI-CHERIE, JE PEUX REMPLACER CETTE TRONCHE D'ALGUE, SI TU VEUX ? s'écria Sanji à l'extérieur.

- Et là vous avez une table avec un SUPER mini bar juste derrière, spécialement installé pour…

- ON T'A PAS SONNE TOI, AVEC TON NEZ QUI SAIGNE ! hurla Zoro avant de se tourner vers Nami. On vit déjà ensemble j'te signal !

- Tu sais très bien ce que je veux dire ! C'est extrêmement gentil de leur part d'avoir fait ça !

Zoro eut un rictus mesquin.

- … un superbe lit fait entièrement en bois d'Adam…

- C'est pas uniquement par gentillesse qu'ils ont fait ça, n'est-ce pas Franky ?

- …qui résistera sans problème à toutes les ardeurs même les plus extrêmes…

Le cyborg s'arrêta dans son monologue explicatif et se figea avant de reporter son regard vers le couple. Nami fronça les sourcils.

- Comment ça ? Demanda la jeune femme étonnée. Qu'est-ce qu'il veut dire par là ?

Quelques gouttes commencèrent à perler sur le front du charpentier aux cheveux bleus qui se mit à sourire nerveusement.

- AOW ! Evidemment que c'est pour vous faire plaisirs, les tourtereaux !

- AH ! tu voix !

- Pour que vous puissiez vivre pleinement votre amour !

Nami plissa les yeux suspicieusement. Zoro n'avait peut-être pas tort quant aux réelles intentions de leurs nakamas.

- Oui ! ce n'est absolument pas parce que l'un d'entre nous à vue quelque chose, hein ! intervint soudainement la voix nerveuse d'Ussop depuis l'extérieur.

- QUOI ?! Qui ça ? Qui a vu quoi ?! s'énerva Nami. Ussop, c'est toi qui nous as vu ?!

- GYAAAHH ! Nnn-non !

- Bah je croyais que si ? s'étonna Luffy. Tu nous as même dit que mfff…

Sans avoir besoin de les voir, la jeune navigatrice comprit que quelqu'un venait de bâillonner leur capitaine, quelqu'un avec un long nez, qui s'empressa d'ajouter :

- Hey-hey ! Ne l'écoutez pas, il ne sait pas ce qu'il raconte.

- Alors pourquoi tu te caches les yeux avant d'entrer dans une pièce ? Demanda innocemment Chopper.

C'est pas vrai… alors Ussop les avait bien surpris. Mais quand ? Elle avait beau chercher dans les recoins de sa mémoire, à aucun moment elle ne se souvenait avoir été interrompu. A moins que… il aurait très bien pu les voir à travers une fenêtre. Mais où ?

- Mm-mais mais…, bredouilla le pauvre artilleur. C'est Sanji qui s'est plaint à cause de l'incident du haut-parleur.

- OHE ! j'avais dit qu'on ne mentionnerait plus jamais ça ! s'insurgea le cuisinier.

- Quel incident ? De quoi est-ce que vous parlez ?

- DE RIEN DU TOUT NAMI-CHERIE !

L'inquiétude se faisait de plus en plus croissante chez la jeune femme, et cette histoire de haut-parleur ne lui disait rien qui vaille. Il y eut de l'agitation à l'extérieur, et elle pouvait entendre Sanji, Ussop, Chopper et Luffy qui se chamaillaient, mais sans qu'elle ne puisse distinguer quelque chose de cohérent. Elle tenta un regard en direction de son amant afin de savoir s'il savait de quoi ils parlaient, mais ce dernier haussa les épaules. En tout cas, cela ne paraissait pas le perturber plus que cela. Combien d'entre eux les avait surpris en train de faire des galipettes ? Finalement Zoro avait raison, leur motivation première n'était pas de leur faire plaisir.

- Franky, de quoi est-ce qu'ils parlent ? s'enquit-elle d'une voix lente et grave. C'est quoi cette histoire de haut-parleurs ?

Ses deux prunelles chocolatées l'épinglèrent et le cyborg se mit à transpirer de plus belle. Il chercha une quelconque aide dans le regard de Zoro mais celui-ci le fixa, tout aussi curieux de connaitre le fin mot de l'histoire. Elle le vit hésiter un instant avant de rabattre ses lunettes de soleil sur son nez alors qu'un large sourire en coin dévoilait une rangée de dents blanches.

- La fougue de la jeunesse c'est tellement BEAU ! AOW ! Surtout après les épreuves qu'on a traversées, quoi de plus normal que des retrouvailles intenses !

Nami était perdue et ne comprenait pas où le cyborg voulait en venir, ou plutôt, elle ne voulait pas comprendre.

- Disons que dans un élan passionnel vous avez certainement déclenché les haut-parleurs de la vigie. On a tous pu entendre à quel point Zoro mon frère, tu savais y faire afin de combler ta dulcinée ! C'était une magnifique démonstration de virilité et de vitalité ! ça s'est un homme !

Le charpentier tendit son gros bras démesuré vers eux et leva le pouce, plein de fierté. Au début, elle ne fut pas sûre d'avoir bien compris ce qu'il était en train de leur expliquer, et très vite, les rouages de son esprit se mirent à carburer pour tenter de trouver une interprétation logique à tout cela. Elle se tritura les méninges avec une once d'affolement alors qu'elle refusait catégoriquement de sauter sur la conclusion la plus évidente… et pourtant.

La lumière se fit sur ce qu'il s'était passé, et soudain, son visage se décomposa au fur et à mesure qu'elle se remémorait le fil des évènements. Il ne pouvait parler que de ce moment-là, ce qui expliquerait pourquoi Ussop avait eu le regard fuyant dès qu'elle s'était adressée à lui les jours suivants, mais aussi l'humeur massacrante de Sanji et, surtout pire encore, pourquoi Jinbe avait été aussi gêné de lui parler. Au-début, Nami avait mis cela sur le compte du (très) voyant suçon que lui avait généreusement laissé Zoro lors de leurs ébats dans cette fameuse vigie, mais maintenant tout cela apparaissait sous un autre jour, qui ne lui plaisait, mais alors, absolument pas du tout !

Son visage se mit soudainement à irradier alors qu'elle se rappelait de ce moment dans la vigie. Franky avait raison sur un point, leur retour en mer avaient été intenses. Dès qu'ils avaient eu un instant de répit, ils s'étaient enfermés dans l'antre du bretteur, et ils avaient fêté rien que tous les deux, à leur manière, leur victoire sur Kaido. Autant dire que ça avait été un moment très passionné et… bestiale.

Une douce sensation de chaleur se diffusa dans son bas ventre à ce souvenir. Zoro avait été… phénoménal. Non, mieux, sensationnel ! Elle ne voyait pas d'autre mot. Il s'était toujours avéré être un très bon amant, mais là… ça avait été autre chose, et rien que ce souvenir la faisait frémir. Alors à l'idée que tous ses nakamas aient pu entendre leurs ébats, la mortifiait et venait gâcher ce souvenir de pure luxure.

- Oh, marmonna le bretteur.

Contrairement à elle, Zoro ne semblait pas franchement perturbé. On aurait même dit que cela lui était égal.

- Oh ?! répéta la jeune femme. C'est tout ce que tu trouves à dire ? Oh ?!

Il haussa les épaules et Nami décela quelque chose dans son regard… quelque chose comme… Oh le con !

- Et t'en es fière en plus ! éructa la rouquine en se jetant sur lui pour l'étrangler.

Ses petites mains s'enroulèrent autour de son cou massif et le serrèrent tout en le secouant. Elle était furieuse. Gênée mais furieuse, alors que lui, trouvait ça gratifiant.

- Bon, on va vous laisser régler ça les amoureux, lança Franky qui en profita pour filer.

- MAIS JE VEUX VISITER MOI ! s'indigna Luffy.

- Rrr tu ne vois pas que ce n'est pas le moment ! siffla Ussop.

Elle ne perçut que vaguement la porte qui venait de claquer, avec les exclamations mécontentes de leur capitaine, déçu de ne pas avoir pu visiter les lieux. Son attention était entièrement focalisée sur le crétin dont le visage virait au bleu entre ses mains. Il tendit une main en l'air dans une vaine tentative de chercher de l'aide ou de l'arrêter. La porte s'ouvrit de nouveau et la tête du charpentier dépassa dans l'encadrure.

- Et ne vous en faites pas pour le bruit, les murs sont parfaitement insonorisés !

Franky leur envoya un clin d'œil complice avant de disparaitre aussitôt sa phrase terminée. Plutôt que de la rassurer, l'information ne fit qu'accentuer sa colère et de raffermir sa prise autour de la gorge de son compagnon. Zoro n'émettait plus que de brefs petits gargouillis alors qu'il tombait à genoux. Lorsqu'il fut à la limite de sombrer dans l'inconscience, Nami le relâcha et il pantela quelques secondes au sol, ouvrant la bouche comme un poisson hors de l'eau. La jeune femme le laissa à terre et partit s'assoir sur leur nouveau lit, croisant les bras et les jambes. Cet idiot aurait pu user de sa force pour se libérer à tout moment, mais il l'avait laissé passer ses nerfs volontairement sur lui. Et rien que de savoir ça, ça l'énervait encore plus ! Stupide crétin idiot ! Toujours prêt à se sacrifier et à encaisser les coups sans rien dire !

Après quelques instants passés à récupérer l'oxygène qui lui avait sévèrement manqué, une tête verdoyante émergea au pied du lit. Zoro se redressa tout en se massant le cou encore un peu rougi où apparaissaient de fines traces de doigts. Nami détourna la tête rapidement quand il posa le regard sur elle. Elle entendit un froissement de vêtement, accompagné du cliquetis typique de ses katanas qui s'entrechoquaient, puis deux bruits sourds successifs, de quelque chose qui venait de tomber lourdement au sol, comme... des bottes.

L'instant d'après, la navigatrice faisait un bond d'un mètre au-dessus du matelas en hurlant de frayeur, car l'espèce de sauvage qui lui servait de petit-ami venait de se jeter sur le lit avec toute la grâce d'un éléphant de mer.

- CA VA PAS ! ESPECE DE GROS LOURDEAU SANS CERVELLE ! Rugit la jeune femme.

Couché confortablement sur le côté droit du lit, les bras croisés derrière la tête et les doigts de pieds en éventail, Zoro lui adressa simplement une œillade blasée.

- Le lit est plutôt bien, commenta-t-il en l'ignorant alors qu'elle fulminait debout, les poings étroitement serrer.

Il y avait des moments comme celui-ci, où Nami n'avait qu'une envie, c'était de lui arracher la tête… histoire de voir si elle était complètement vide comme elle le pensait. A croire que c'était un passe-temps pour lui, de tout faire pour la mettre en rogne. Cependant, plutôt que de céder à ses penchants meurtriers, la rouquine tourna les talons et se dirigea vers la porte.

- T'as pas envie de le tester ?

Elle s'arrêta net, peu sûre d'avoir bien entendu ou bien compris le sous-entendu. Il n'était pas sérieux, si ? Ou était-ce elle qui avait les idées mal placées. Nami lui lança un regard courroucé par-dessus son épaule.

- Tu crois franchement que je suis d'humeur à le faire ? Et puis les autres sont juste dehors derrière cette porte.

- Et alors ? Ils savent déjà qu'on ne joue pas aux cartes, non ? C'est bien pour ça qu'ils nous ont fait cette chambre. Et puis ils ne sont plus à ça près, après ce qu'ils ont entendu, alors autant qu'on l'inaugure maintenant.

Une veine pulsa sous la peau de son front. Si un jour on lui avait dit que le Grand et l'Impassible Roronoa Zoro avait une libido si développée, à la hauteur de ses exigences personnelles, elle aurait éclaté de rire. Lui qui avait longtemps passé pour un asexuel aux yeux de tout le monde. Il cachait bien son jeu, le bougre. Avec le temps, c'était une facette de sa personnalité qu'elle avait appris à découvrir, et qui lui plaisait énormément ! enfin… d'habitude. En revanche, là, ça l'amusait moyennement.

- Peut-être ! Mais je suis toujours en colère contre toi ! Gros benêt !

- Ça ne t'a jamais empêché de le faire, négocia-t-il avec indifférence.

Ses doigts recroquevillés se crispèrent un peu plus contre sa paume. Pour quoi il la faisait passer ? Nami allait rétorquer sèchement quand un petit sourire en coin aguicheur souleva ses lèvres. Une lueur dangereuse s'alluma dans sa pupille noire qu'il vissait sur elle.

- En plus, j'aime bien le faire quand tu es énervée, déclara lentement Zoro d'une voix plus grave.

Cette voix. Elle lui donnait des frissons et ça la mettait hors d'elle. Hors de question qu'elle ne cède à ses pulsions et qu'elle lui fasse se plaisir, même si son corps commençait à la trahir. Au lieu de quoi, Nami tenta le coup de bluff en essayant d'apparaitre indifférente. Elle croisa les bras et haussa un sourcil.

- Vraiment ? Peut-on savoir pourquoi ?

Son sourire s'élargit un peu plus avec une assurance horripilante. Pourquoi avait-elle posé cette question ?! Elle savait déjà qu'elle allait le regretter !

- Parce que tu te laisses aller. Tu ne te soucies plus de cette image de petite femme fragile et délicate dont il fait prendre soin. Au contraire, tu révèles celle que tu es vraiment… une vilaine petite sorcière démoniaque… et sauvage.

L'intonation avec laquelle il venait de dire ce dernier mot avait quelque chose d'érotique. Le bariton de sa voix sembla résonner jusque dans les tréfonds son corps et Nami enfonça ses ongles dans la chair de ses bras pour garder une certaine constance.

- Masochiste.

- Peut-être bien. Et tu veux que je dise ? ça te plait parce que tu es sadique.

Cette-fois ci, ce fut au tour de la jolie rousse de sourire.

- Il semblerait qu'on soit fait pour s'entendre, remarqua-t-elle avec une fausse pointe de désespoir dans la voix. Malheureusement pour toi, j'ai mieux à faire que de combler tes penchants masos. Il faut que j'aille surveiller qu'on garde le bon cap et qu'aucune tempête ne pointe à l'horizon.

- Je peux faire ça vite, suggéra-t-il sans se démonter.

Cet homme était d'une assurance démesurée que s'en était presque grotesque. En plus de cela, leur petite partie de ping-pong verbal l'amusait de plus en plus. Zoro qui tentait de la soudoyer pour du sexe, était une chose assez rare mais non moins plaisante, pour qu'elle s'y attarde un peu.

- Je te connais suffisamment, Roronoa Zoro, pour savoir que ce n'est jamais « vite »…

- Tu pourras être au-dessus, coupa-t-il.

La proposition lui cloua le bec et lui fit perdre le fil de sa rétorque. Comme si elle allait tout plaquer pour cette seule perspective ! Elle avait son devoir de navigatrice à accomplir !

Soudain, ses jambes heurtèrent quelques choses et cela la tira de ses pensées. Etonnée, Nami lâcha son amant du regard pour baisser les yeux. La surprise la laissa pantoise. Elle venait de se cogner contre le pied du lit, alors qu'elle se trouvait juste devant la porte d'entrée quelques secondes plus tôt ! Comment était-ce possible ?! Sans s'en rendre compte, elle avait été attirée par l'épéiste allongé négligemment sur le matelas, comme du fer pris dans l'attraction d'un champ magnétique. Voilà pourquoi il ne cessait de sourire triomphalement depuis tout à l'heure. Même son propre corps la trahissait.

- Alors ? demanda le bretteur avec son petit rictus comme s'il avait déjà gagné.

- Je veux être au-dessus tout le long, parlementa Nami.

Le rictus disparut au profit de son expression sérieuse qu'il arborait toujours lors des décisions importantes.

- La moitié du temps, et je finis au-dessus.

- Non, tout le long, argua la jeune femme avec fermeté. C'est ça ou tu te la mets derrière l'oreille, à toi de voir.

Zoro grinça des dents face à l'ultimatum. Pourtant il devrait le savoir qu'elle était dure en négociation, et une opportunité pareille, elle n'allait certainement pas la laisser filer. Ce n'était un secret pour personne, l'ancien chasseur de pirate était du genre dominateur envers ses semblables, seul Luffy avait le privilège d'être son supérieur, mais cela s'arrêtait là. Alors au lit, comme dans la vie, Zoro ne laissait personne prendre l'ascendant sur lui sans combattre. Depuis qu'ils étaient ensemble, elle pouvait compter sur les doigts d'une seule main les fois où il l'avait laissé le dominer. Alors qu'il le propose de lui-même… l'envie devait être sacrément pressente !

Son genou gauche s'appuya sur le matelas puis le droit, et Nami se hissa enfin sur le lit, surplombant les pieds déchaussés de l'épéiste. Ce dernier l'observa silencieusement, le visage fermé mais non sans cette étincelle de désir au fond de son œil intact. Lentement, elle remonta le long de ses jambes et vint se positionner au-dessus de ses hanches, comme pour le chevaucher mais elle resta en appuie sur ses genoux. Pas de contact tant qu'elle n'aurait pas de garantie. En revanche, Zoro décroisa ses mains de derrière sa tête pour venir les poser sur ses jambes qui l'encerclaient. La sensation rugueuse de ses doigts contre sa peau douce et lisse, s'avérait être un contraste délicieux dont elle ne se lassait jamais, et qui réveillait en elle, un brasier dévorant. C'était un don qu'il possédait, le moindre touché de sa part et elle s'enflammait aussitôt. Un faible grondement vibra dans sa cage thoracique alors qu'il débattait intérieurement pour savoir que répondre à sa proposition.

- Je n'ai rien entendu. Un chat t'aurait-il mangé la langue ? Demanda malicieusement la rouquine.

- Sorcière, siffla-t-il entre ses dents.

Ses larges mains remontèrent lentement le long de ses cuisses dénudées qui se cachaient sous sa jupe, et Nami lutta pour garder le semblant de control qu'elle avait sur la situation.

- Mais ça tu le savais déjà. Tu l'as dit toi-même, c'est ce que tu aimes chez moi, minauda-t-elle en faisant courir son doigt sur les abdos qui apparaissaient au-dessus de son haramaki.

- C'est vrai, admit le jeune homme. Mais…

Avant qu'il n'ait le temps de contre-argumenter, la jolie rousse s'assit subitement au niveau de son bassin. Elle adressa un haussement de sourcil à son compagnon alors qu'elle sentait une protubérance pousser sous son postérieur. Il enfonça ses doigts dans sa chair quand elle remua volontairement pour créer une friction contre cette bosse. Le regard de son amant s'obscurcit un peu plus et il entrouvrit les lèvres.

- Je crois que tu n'es pas en mesure de négocier, Zoro-chéri, susurra chaudement Nami. Je comprends mieux ton insistance. Est-ce que c'est de t'avoir étranglé qui t'a mis dans cet état ? Demanda-t-elle avec un sourire malicieux.

- Hum… possible. Ou alors c'est le souvenir de notre réunion dans la vigie.

Sans un réel effort, Zoro contracta son abdomen et se redressa pour venir à sa rencontre. Son souffle brulant caressa ses lèvres alors qu'il plongeait son regard solitaire dans le sien, mais il garda un minimum de distance entre eux. La chaleur dans la pièce venait de monter d'un cran, ou bien était-ce juste elle ?

- Je vois ce que tu veux dire, souffla-t-elle contre ses lèvres. Tu as raison, ce lit est confortable… bien plus que le mur de la vigie. Ce serait bête de ne pas en profiter.

Il hocha brièvement la tête avant de combler l'espace entre eux et de sceller leurs lèvres dans un baiser passionné.

A suivre...