Vous introduire le chapitre est compliqué.
C'est plus simple si vous vous faites votre propre idée.
Excellente lecture !
Les Fins - Jamais fini
21. Implication
À bout de force de voir son père et ses oncles au sol, Kid craqua.
- On les a perdus.
- Pas encore. Mais, oui, répondit Bobby fatigué par avance de cette discussion.
- Quand ils se réveilleront, ils partiront, confirma tout de même Max.
- On doit encore en discuter ! Ils ne peuvent pas choisir pour nous, nia Kid.
- Gamin, ils ont déjà pris leur décision. Jamais ils ne laisseront quelqu'un d'autre faire ce travail.
Bobby regarda les frères qu'il considérait comme ses fils.
- On les a encore perdus, continua le vieux chasseur regardant le sol pour contenir ses larmes.
- Le mieux qu'on puisse faire est de déjà préparer le terrain et rassembler ce dont ils auront besoin.
La femme de Sam se haïssait de continuer les recherches. Elle aurait préféré laisser brûler le bunker en entier que de poursuivre.
- Si on attendait ?, s'entêta le plus jeune.
- Kid, je sais ce que tu veux. Ça ne sert à rien de te torturer. Le mieux qu'on puisse faire, c'est de les aider comme on peut. Et leur faciliter le travail en fait partie.
Max, bien que du même avis que Bobby, encaissait mal ce qu'il venait de dire.
- Oui, c'est le mieux à faire, continua-t-elle.
- On fait leur deuil alors qu'ils sont devant nous ?!
La rage contenue de Kid tentait de sortir de lui par tous les moyens.
- Ils sont partis. Ils ont toujours été comme ça. Ils le seront toujours. Je n'ai pas réussi à les changer. Pas ta mère non plus. Pas même celui que ton oncle aime. Ils sont partis. Accepte.
- Non !
- Dean ! Tu te calmes. Ce n'est pas une bonne idée de s'énerver ici, réfréna Max.
- Je m'en fous ! J'ai déjà perdu une mère, j'ai déjà perdu un père. Je vous ai retrouvés ! Ce n'est pas pour en perdre encore un de vous !
- Tu penses que j'en ai envie aussi ?!
Max, qui se retenait depuis le début de l'état catatonique de son mari et de ses beaux-frères, perdait patience.
- Tu le vois déjà comme mort.
Max gifla son fils. L'impact le fit vaciller et se cogner contre la table non loin.
- Je t'interdis ! Tu m'entends !
- Tout doux, les jeunes.
Ils ignorèrent Bobby.
- Tu as souffert quand je suis morte. Tu l'as vu souffrir aussi. Pourtant, ce n'était rien comparé à l'état dans lequel il était quand je l'ai rencontré. Je l'ai connu à une période où lui dire bonne journée quand il passait le pas de la porte revenait à lui dire adieu. Le voir sortir était presque un deuil. À une période où il saisissait la moindre occasion pour tenter de rejoindre son frère. Il lui a fallu tellement longtemps pour qu'il ne se comporte plus comme ça. Qu'il comprenne qu'il avait un endroit où rentrer. Un endroit où il était aimé.
La tristesse de Max brillait dans ses yeux. Caché derrière : une colère sans fond.
- À la seconde où Jo a expliqué sa situation, j'ai su. J'ai su qu'il allait partir. Alors, oui ! J'ai déjà fait une partie de mon deuil. Le deuil de la vie de famille que nous méritons d'avoir.
Max s'étrangla avec ses propres mots.
- Je t'aime. Je t'aime Dean. Mais, tu n'as aucun droit de me juger ! Tu m'entends ! Aucun !
- Calmez-vous, hurla Bobby.
La dispute mit en branle quelque chose. Les conflits qui s'exprimaient à voix hautes étaient ceux qui tourmentaient les esprits des frères et de l'ange. Que quelqu'un l'extériorise leur permettait de reprendre contact avec leur réalité.
Reprenant conscience, ils se découvrirent agenouillés, en cercle, Castiel tenant le bras gauche de Dean et Sam de l'autre côté, les frères se tenant la main également. Une famille formée de chasseurs et d'ange, entourant une âme brisée.
Sam et Dean se regardèrent un moment. Un de ces regards qui recelait tout ce qu'ils voulaient dire, renforcé par le lien empathique qui les unissait. L'un comme l'autre avait déjà pris une décision : tout faire pour sauver le Paradis et tenter de remettre de l'ordre sur Terre.
Tout le monde les avait vus. Tout le monde avait compris.
Cass, Max, Kid et Bobby s'effondrèrent intérieurement.
Le travail préliminaire de Max, Kid et Bobby permit de faire gagner énormément de temps aux frères.
Ne restait plus que la partie concernant le Spirit Resurrection Spell. Ils devaient trouver de quoi se baigner entièrement, les herbes adéquates - même si elles n'avaient aucun pourvoir au Paradis, seules leurs présences étaient requises - et les paroles de l'incantation. Sans avoir à y réfléchir, les mots coulèrent de Sam au papier sur lequel il écrivait. C'est à ce moment là que Dean compris jusqu'où avait pu aller son frère pour le ramener.
L'effet siphon pouvait fonctionner. Mais la seule impulsion qui pouvait être assez puissante pour leur permettre de transpercer les barrières de protection et les éjecter se trouvait toutes dans les mains de Dean. Castiel, déjà affligé par la décision des frères, se retrouva ravagé quand il fut tout de même décidé d'utiliser la magie de la carte et du pendule.
L'ange tenta une fois de plus de convaincre son âme sœur de renoncer à faire cela.
- Combien de fois doit-on avoir cette discussion, Dean ?
La voix de l'ange roula contre les murs de la chambre du chasseur. Ils avaient dû s'y retrancher pour pouvoir se parler en paix.
- Autant de fois qu'il le faudra.
- Justement, ce sera la dernière fois.
Dean le savait, c'était pour ça qu'il jouait les indifférents, tentant de se couper de Cass.
- Non, tu ne joues pas à ça. Tu m'entends ?
Une vive douleur traversa la main gauche de Dean. Sans en être entièrement maître, Castiel déversait sa colère dans leur lien. L'ange ferma les yeux pour refouler sa hargne. Quand il les rouvrit, il regarda Dean, en face.
- Je ne veux plus que nous soyons séparés. Est-ce compliqué à comprendre ?
Le chasseur n'arrivait pas à gérer les émotions provoquées par les mots de Cass. Il choisit la fuite, reculant d'un pas avant de croiser les bras devant lui et de mettre autant de distance qu'il en était capable dans la petite pièce.
- Une fois de plus ou de moins, est-ce important ?
Reculant lui aussi, l'ange eut un rire désabusé. Un froid polaire se déversa dans son bras droit : tentative de Dean pour repousser Cass.
- Arrête.
- Quoi ?, tenta le chasseur sachant ne pas réussir à se cacher derrière ses feintes habituelles.
- Ça ne marche pas comme ça. Pas ici, dans le bunker. Pas avec la promesse d'être une famille, répondit Castiel en appuyant ses dires en montrant son poignet marqué.
Jusqu'au bout, Dean tenta sa chance.
- Tant qu'on en parle. Je n'en suis plus certain.
La rage se lisait clairement dans les yeux de Cass. La main gauche de Dean se tordit la laissant figée paume ouvert, doigts recourbés, comme dans un geste pour attraper quelque chose au vol.
- Cass. Arrête, tu me...
Concentrant toutes ses forces afin de reprendre le contrôle de sa main, Dean avait des difficultés pour parler.
- Tu veux que... Je te dise quoi de plus ? Que... Je n'ai pas envie d'aider qui que ce soit. Juste... Envie de rester, ici. Que c'est la première fois que je me sens complet.
- Alors reste.
- Non. Je dois aider, continua difficilement Dean toujours aux prises avec la douleur dans son bras.
- Tu devais aider parce que Chuck voulait que vous aidiez. Vous êtes... Non. Tu es libre de ne pas le faire.
- Ce ne serait pas moi.
Instantanément, la douleur cessa.
- Je suis dans l'obligation de rester. Il n'y aura jamais que moi comme gardien.
- Je sais.
Dean attrapa Cass et le sera dans ses bras comme il l'avait déjà fait bien des fois.
- Je dois prendre soin de tous ses pères, se senti obligé d'ajouter Cass en pensant à Jack.
- Il en restera toujours un.
L'ange, pour ne laisser rien de côté, continua.
- Tu ne reviendras jamais. Sam non plus.
- On trouvera une solution.
Cass eut un rire amer. L'un comme l'autre savait que Dean mentait : leur lien ne pouvait pas mentir, lui.
Troisième moment perso en approche...
Les rares fois où j'ai réussi/pu/su dire au revoir, en général, j'ai tenté de tout fait pour que les gens gardent de mauvais souvenirs de moi. Comme ça, il n'y a de la peine que d'un côté de la relation, celle avec laquelle je sais avoir un minimum de pouvoir : la mienne.
Autant dire que cette méthode est mauvaise.
Conseil : ne le faite pas.
