-Chapitre XII : En souvenir-
-Résumé du chapitre précédent...
Harry et Hermione ne s'adressent plus la parole durant près de 3 semaines. Ginny se montre de plus en plus curieuse au sujet d'Harry ainsi que du couple de son frère en questionnant Hermione. Le repas de réveillon chez les Weasley est un désastre, Ron éclate de colère sous un énième rejet de sa femme. Harry la console comme il le peut sous le regard soucieux de Drago Malefoy et Ginny Weasley.
Décembre 2010.
Les yeux rivés sur le plafond, Hermione remarqua une fissure longeant le plâtre. Elle n'avait jamais réalisé qu'elle était là car depuis qu'elle et Ron avaient emménagé dans cet appartement, elle n'avait jamais dormi dans la chambre d'ami. 12 ans de relation était en train de s'effondrer sous ses yeux et malgré la douleur, malgré cette culpabilité, elle ne voulait plus la sauver. Elle était aux premières loges de ce divorce inévitable. Evidemment, ce mot tacite n'avait pas encore été évoqué mais Hermione savait que ça ne saurait tarder. Naturellement la née-moldue n'avait pas eu la force de partir à la recherche de Ron durant cette nuit de Noël, elle était rentrée seule, insistant pour qu'Harry la laisse gérer les choses par elle-même. Ce fut après dix minutes de débat qu'il avait cédé et avait prit le chemin du 12 square Gruimmaurd. Quand Hermione est rentrée, Ron n'était pas là, elle s'était allongée dans cette chambre et s'était endormie. Ce fut des bruits venant de sa cuisine qu'il la fit ouvrir les yeux. Elle pensa à Pattenrond, mais quand elle sentit son poids à ses pieds, elle réalisa que c'était Ron.
Hermione sauta du lit, nouant sa robe de chambre autour de sa taille et sortit dans le couloir dans l'optique de lui parler. Elle n'eut pas le temps de dire quoique ce soit qu'elle vit du coin de l'oeil une ombre qui disparut dans les flammes vertes de leur cheminée. Ron n'était pas décidé à parler.
La belle brune s'était donc rendue au travail sachant pertinemment qu'elle était en congés. Elle n'avait pas la force de se confronter aux Weasley ce midi, ni à personne d'ailleurs. Fidèle à elle-même Hermione allait évacuer sa tristesse et ses peurs dans son travail. Le ministère était désert, elle ne croisa que quelques têtes qui lui souhaitèrent un joyeux noël. Hermione se força à sourire et s'enferma dans son bureau. Elle y vit seulement deux dossiers, elle n'allait pas tenir la journée avec si peu de travail. Il lui fallu une heure pour finir ces dossiers mais alors qu'elle allait commencer à trier sa bibliothèque pour faire passer le temps, le patronus de Pansy fit son entré dans son bureau. Une veuve noire, fine et anguleuse s'approcha d'elle.
« Joyeux Noël Granger, j'espère que ton repas de princesse était meilleure que le mien. Quand tu auras le temps passe à mon bureau, j'ai un petit cadeau pour ton joli cul. »
Et l'araignée disparue aussitôt. Hermione sourit, elle n'aurait jamais cru s'entendre aussi bien avec Pansy Parkinson, pourtant le fait de parler avec elle sans avoir peur d'un jugement était quelque chose qu'elle n'avait jamais connu. Son côté vulgaire et franc lui plaisait, elle se sentait libre et invincible à ses côtés. Elle prit sa baguette et se rendit dans les sous-sols dans la foulée. Quand elle déboula dans le laboratoire de potion, elle repéra la jolie brune, ses cheveux plaqués sur son crâne, ses traits d'eye-liner tirés de chaque coté de ses tempes, tenant deux petites fioles fluorescentes entre ses doigts.
- Granger, je ne t'attendais pas de si tôt, dit-elle en agitant ses fioles qui se mirent à fumer. Je te préviens, si c'est pour le cadeau que tu t'es déplacée tu vas surement être déçue par rapport à ce que tu as dû recevoir...
Hermione n'y tenait plus et la prit dans ses bras. Pansy failli laisser tomber ses fioles de potion sous la surprise. Elle resta les bras ouverts, les yeux écarquillés jusqu'à qu'Hermione ne se détache d'elle.
- Alors j'aurais peut-être dû préciser que je détestais par dessus tout les câlins avant que je ne signe mon nom dans ton précieux livre de l'amitié, dit-elle sarcastiquement en lançant un regard amusé à son amie.
- Pansy je suis si heureuse de te voir ! J'ai passé le pire réveillon de ma vie... souffla Hermione en se laissant tomber sur une des chaises de son laboratoire.
L'ancienne serpentard déposa ses fioles, retira sa blouse, elle tira un de ses tiroirs et en sortit une bouteille de Whisky pur feu sous le regard perdu d'Hermione. Passant ses doigts dans ses cheveux elle se saisit d'un de ses tabourets, prit deux fioles vides et les déposa à ses cotés. Une fois le liquide dans les fioles elle croisa ses jambes et tendit le verre à son amie.
- Pansy qu'est-ce que tu fais?
- Et bien j'imagine que tu en as besoin et moi aussi. Il faut que je sois légèrement ivre pour t'écouter parler Granger, répondit-elle en buvant son verre cul sec.
Hermione fronça les sourcils, elle pouvait sentir l'odeur de l'alcool et cela l'écoeura.
- Il est à peine 10h du matin Pansy...
La jolie sorcière la regarda, se servit un deuxième verre et répondit :
- Je ne vois pas le rapport, maintenant parle.
Hermione prit une grande inspiration et commença à lui raconter les détails de son réveillon, n'oubliant pas les questions insistantes de Ginny, sa dispute avec Ron mais également à quel point Harry l'avait ignoré. Pansy écoutait attentivement, acquiesçant par moment. Puis quand Hermione lui dit qu'Harry l'avait rejoint dans le jardin et l'avait prit dans ses bras Pansy l'interrompit :
- Ce mec a envie de toi Granger, et toi aussi, tu en crèves d'envie !
- Ce n'est pas la question Pansy, Harry est... il n'est pas le problème dont j'ai envie de me préoccuper maintenant...
- Tu appelles Harry un problème? J'appelle ça ta clé de sortie chérie ! Ce mec te rend heureuse Hermione, il t'apporte une bonne partie de jambe en l'air ainsi qu'une raison de demander ton putain de divorce... insista-t-elle en pointant son doigt manucuré vers son amie.
Hermione regarda l'ongle recouvert d'un vernis noir parfait et elle secoua la tête. Pansy ne comprenait pas, non elle n'avait pas vu le regard qu'Harry lui avait lancé avant que Ron ne vienne tout gâcher, elle n'avait pas senti son poignet lui échapper quand il l'avait retiré avec rage.
- Il ne veut plus de mon amitié Pansy, il me la fait comprendre, quand il est venu dans le jardin c'était simplement une formule de politesse, c'est Harry il pense que tout est de sa faute... confia-t-elle en haussant les épaules.
Pansy roula des yeux, faisant battre ses longs cils noirs.
- Très bien, alors qu'est-ce que tu vas faire avec Ron? Tu vas continuer à dormir dans la chambre d'ami?
Hermione grimaça.
- Tu... tu peux venir chez moi quelque temps si tu le souhaites, je n'ai pas le plus grand des appartements mais il est fonctionnel, lui proposa Pansy en mimant un sourire.
- Merci Pansy mais il faut bien que j'affronte Ronald un jour ou l'autre.
L'ancienne serpentard s'avoua vaincue, elle leva les mains et les abaissa telle une comtesse anglaise. Elle fouilla un instant dans sa poche et lui sortit une minuscule boite noire qu'elle lui tendit.
- Tiens, si tu dois affronter ton mari peut-être que mon cadeau te sera utile... sourit-elle diaboliquement alors qu'Hermione prit délicatement le paquet. Elle ouvrit la boite et y découvrit trois joints roulés. Sous le coup de la surprise, la née-moldue referma la boite et Pansy ricana.
- En souvenir d'Amsterdam.
Hermione rigola à son tour en repensant à cette soirée.
Elle quitta Pansy aux alentours de 15h légèrement honteuse de n'avoir aucun cadeau à lui offrir à son tour. Hermione pensa à lui envoyer un sac ensorcelé dans la semaine pour se rattraper. Quand elle traversa à nouveau le ministère, elle ne croisa personne. Ses talons résonnaient parfaitement sur le carrelage verdoyant. Elle se rendit dans son bureau afin de prendre ses affaires et partir dans l'optique de parler à son mari quand une simple boite marron déposée sur son bureau attira son attention. Hermione regarda autour d'elle, ne sachant si elle était piégée ou non. Personne n'avait accès à son bureau quand elle était absente à part Oscar. Après avoir fait quelques sortilèges de vérification, elle fit lentement coulisser le couvercle de la boite. A l'intérieur se trouvait un magnifique voile violet quand elle le souleva elle fut surprise de constater que ce colis n'était pas d'Oscar.
La réplique du médaillon de Salazar Serpentard reposait sur ce qui ressemblait à une pochette vinyle. Quand Hermione prit l'album entre ses doigts elle ne put s'empêcher ses lèvres de ne se fendrent en un sourire. Sur cette vielle pochette aux angles cornés était écrit "O'Children by Nick Cave & The Bad Seeds". Sans qu'elle ne puisse vraiment le contrôler elle rit et essuya une larme solitaire.
Alors elle osa y penser, peut-être que tout n'était pas perdu... Peut-être qu'elle n'avait pas ruiné leur amitié. Peut-être qu'Harry ne la détestait pas.
- J'imagine que tu aimes?
Hermione crut mourir sur place au son de la voix d'Harry qui se tenait à l'embrasure de sa porte. Elle mit sa main sur son coeur et leva les yeux vers lui. Il ne portait pas une tenue appropriée pour le travail, simplement, une chemise à carreaux et un jean. Hermione lui sourit quelque peu mal à l'aise de le voir en face d'elle. Harry se racla la gorge et s'approcha doucement d'elle, prenant la réplique du médaillon entre ses doigts.
- Je ne sais même pas pourquoi je l'ai gardé... quand nous avons pu détruire le véritable médaillon je l'ai gardé et reposé dans la chambre de Regulus. J'imagine qu'il ne me rappelle pas que de mauvais souvenirs, avoua-t-il en détaillant le faux médaillon.
Hermione le toisait sans un mot alors qu'il finit par reposer le bijou sur le bois du bureau.
- Je me suis douté que tu ne viendrais pas au Terrier aujourd'hui. Je t'avoue que je n'avais pas tellement envie d'y retourner non plus... mais je devais récupérer Ruth alors...
Hermione n'arrivait pas à former une phrase correcte dans son esprit. D'ailleurs elle ne savait pas réellement ce qu'il lui voulait. Il avait été pourtant clair hier avant que le dîner ne tourne au drame. Il n'avait plus rien à lui dire, sa chance était passée. Harry se déplaça doucement dans la pièce, s'arrêtant en face de son bureau et la regarda. Les deux adultes n'étaient séparés que par ce lourd meuble de bois. Hermione n'arrivait pas à tenir son regard alors qu'elle déposa ses yeux sur ses mains.
- Je ne savais pas si je devais t'offrir ton cadeau hier alors... euh... je... je l'ai laissé chez moi mais... bégaya-t-elle.
Elle était si nerveuse qu'elle sentait déjà ses mains devenir moites. Harry afficha un sourire en coin et lui répondit :
- Tu n'avais pas à...
- C'était des places pour le prochain match de Quidditch à Londres, le coupa-t-elle.
Harry haussa les sourcils surprit qu'Hermione ait dépensé autant d'argent pour son cadeau. Il se sentit quelque peu gêné avec son pauvre vinyle d'occasion.
- Il y a deux places mais si tu ne veux pas y aller, tu peux les revendre ou même invité Drago... ou... ou Ron, je ne... ce n'était pas particulièrement pour que je t'y accompagne...
Harry regardait son amie se perdre dans ses explications, bégayant sur chaque mot, reprenant sa respiration à chaque syllabe. Il ne savait pas dans quel état il allait la retrouver le lendemain en sachant ce qu'il s'était passé hier soir mais quand il avait ouvert la porte de son bureau et entendu son rire, il avait senti son coeur battre à nouveau. Il ne savait même pas si son cadeau était une bonne idée, après tout ce qu'il s'était passé, mais Harry voulait qu'elle sache qu'elle n'était pas seule. Malgré ce qui avait pu se passer entre eux, il n'arrivait pas à rester en colère contre elle. Elle était sa première pensée le matin et sa dernière le soir. Ce bout de femme était une des raisons pour lesquelles il était en vie. Hermione continuait de réciter toutes les possibilités qui s'offraient à lui avec ses places quand il l'interrompit :
- Je n'arrête pas de penser à toi.
Hermione se tut immédiatement, accrochant son regard marron dans le sien, jonglant entre ses yeux la respiration coupée.
- Je te jure que j'ai essayé de t'en vouloir, parce que j'aurais eu toutes les raisons possibles et inimaginables pour le faire, mais je n'y arrive pas Hermione.
Il regarda un instant sa bibliothèque et reporta son regard sur elle. Son coeur cognait si fort dans sa poitrine qu'il pensa qu'il pourrait la traverser. Hermione elle, n'avait pas bougé d'un pouce, la bouche fermée; les lèvres pincées.
- Ça fait presque un an que je me pose toutes les questions possibles et même si mon cerveau me crie que je fais la plus grosse erreur de ma vie, je... je ne peux pas m'en empêcher, quand je pose les yeux sur toi j'ai... j'ai cette envie qui me pousse à faire des choses que nous regrettons. Comme ce baiser au mariage ou bien cette nuit à Amsterdam... énuméra Harry la voix tremblotante. Parce que je me souviens à quel point c'était bon.
Hermione réussit à expirer et déglutit avec difficulté.
- Tu es ma meilleure amie Hermione, et j'ai cru à un moment donné qu'il y avait un nous, sous cette tente, alors que la mort et la solitude nous enveloppait.
Harry ne détachait pas ses yeux de son amie, il marqua un temps de pause, secoua légèrement la tête pour se donner du courage et reprit son monologue :
- Puis tout s'est volatilisé, annonça le sorcier en mimant une explosion dans ses mains. Et nous voilà 13 ans plus tard dans la même position. Sauf que cette fois-ci c'est toi qui a rallumé cette flamme que je pensais éteinte à jamais... Et... je ne veux pas souffler dessus... je ne peux pas.
Hermione sentit ses larmes venir lui chatouiller les joues. Elle continua de fixer Harry sans dire un mot de plus, sans pourvoir ne serait-ce faire un mouvement. Elle se sentait prise au piège entre le raisonnable et ses pulsions. Harry resta planté devant son bureau pendant plusieurs secondes, il la détailla, essayant de deviner ce qu'elle pouvait bien penser de la situation. Puis dans un dernier soupire s'en alla sans qu'elle ne puisse le retenir.
Quand Hermione arriva dans son salon par la cheminette, l'appartement était toujours aussi silencieux. La belle brune n'arrêtait pas de rejouer les dires de son meilleur ami dans son esprit et à chaque fois son coeur semblait lâcher. La sorcière prit une longue douche afin d'essayer d'évacuer toute la tension qu'elle avait accumulée, enfila un legging et un vieux t-shirt et retourna dans son salon. La cheminée était toujours aussi silencieuse, personne ne semblait sur le chemin. Elle prit son sac à main, regardant le vinyle et le médaillon un instant et finit par prendre délicatement le paquet que lui avait offert Pansy et ouvrit la boite. Mais alors que son index effleurait le joint, un raclement de gorge la fit sursauter.
Ron était sagement assis sur un des tabourets de leur cuisine. Avec ce que venait de lui dire Harry, pendant quelques instants, son mari et le fait qu'il soit lâchement partit le soir du réveillon s'était temporairement effacés de sa mémoire. Le rouquin lui lança un regard cuisant :
- Tu étais passée où?
Hermione reposa le paquet de Pansy dans les fins fonds de son sac et se tourna complètement vers son époux. C'était le moment d'avoir une conversation.
- Au ministère, répondit-elle simplement.
Ron hocha la tête, sauta de son tabouret et vint se servir un verre de whisky pur feu. Hermione s'avança lentement vers le buffet, déposant ses mains sur le marbre de sa cuisine et fixa cette bouteille d'alcool comme ci elle était responsable de tous ses malheurs. Elle ne supportait pas de voir Ron alcoolisé.
- Mamam et papa t'ont attendu toute la journée.
Hermione fronça les sourcils, comme ci Molly et Arthur n'étaient pas assez intelligent pour comprendre son absence. Ils étaient aux premières loges de leur dispute pourtant.
- Je n'avais pas la tête pour un deuxième dîner de famille.
- Moi non plus mais j'y suis quand même allé, cracha-t-il en finissant son verre cul sec.
Hermione sentit une montée de colère lui traverser le corps, elle avait envie d'exploser mais se ravisa. Elle n'avait plus la force pour ce genre de bêtise, sachant pertinemment que les centaines de disputes qu'elle avait pu avoir avec Ron étaient semblables à rentrer dans un mur à pleine vitesse. La jeune auror resta muette, regardant son mari boire son deuxième verre de la soirée. L'ancien gryffondor leva ses yeux bleus de sa boisson et ouvrit grand les bras, avançant sa tête en avant pour montrer son impatience.
- Tu ne dis rien? Comme à chaque fois ! Trancha le Weasley en abaissant ses bras. Tu sais quoi? J'ai menti ! Maman et papa n'ont même osé me demander ce qu'il s'était passé, ils ont préféré faire comme ci tout ça n'était jamais arrivé. Ils ont fait leur échange de cadeau, ont mangé le repas et rigolé comme ci ma femme était à mes côtés et que nous allions bien ! Lui reprocha-t-il. Harry m'a fuit comme la peste pendant une grande partie de l'après-midi avant de ne s'éclipser je ne sais où ! La vérité c'est que je t'attendais Hermione ! Pas Ginny, ni Harry, ni même les enfants n'ont prononcé ton nom, personne ne t'attendait mais moi oui !
Hermione sentit un liquide chaud couler dans ses paumes de mains et réalisa qu'elle serrait si fort ses poings qu'elle s'était ouverte jusqu'au sang. Dans son esprit, la rationalité ne semblait plus être au rendez-vous, elle avait chaud, elle voulait hurler, elle voulait disparaitre. Comment osait-il lui dire de telle chose, comme ci il ne pouvait pas survivre seul à un putain de repas avec sa famille.
- Pourquoi voulais-tu tant que je sois là, tu n'avais pas fini de m'humilier devant ta famille en me hurlant dessus hier soir !? S'énerva Hermione.
- T'humilier? Alors que nous agissons comme des inconnus depuis des mois !? Tu m'accompagnes pour ces repas hebdomadaires, tu souris à ma mère et rigole aux blagues de George mais tu fuis à chaque fois que je t'apporte une attention ! Aboya-t-il en faisant claquer son verre sur le plan de travail.
- C'est toi qui me forces à jouer ce rôle Ron ! Hurla-t-elle en le pointant du doigt. J'ai essayé de te parler, de te faire comprendre que j'avais besoin d'aide, que nous avions besoin d'aide mais tu ne m'écoutes pas ! Tu ne me regardes plus, tu ne me parles plus, tu agis comme ci j'étais un jouet cassé qu'il fallait ramener à chaque occasions sociales !
Hermione envoya son verre valser, s'explosant contre le mur de leur cuisine.
- Tu n'es qu'un hypocrite ! Cela fait des années que rien ne va dans notre couple et tu ne le remarques seulement maintenant car nous n'avons plus de relations sexuelles ! Car je ne me soucie plus de ton bien être, parce que je ne veux tenir ta putain de main !
Le regard du rouquin s'écarquilla quand il entendit la voix si désespérée de sa femme, sa colère et toute la tension qu'elle avait accumulé aux travers des mois passés s'échappèrent de son corps.
- Alors quoi? Tu es surpris, tu vas me dire que tu ne savais pas? Mais si seulement tu m'avais une fois écouter tu saurais ! Tu saurais que je ne supporte plus ma vie avec toi, ta passivité, ton manque d'ambition, ton inattention permanente, le bordel sans nom dans l'appartement quand je rentre de mission, dit-elle en prenant sa bouteille de whisky qui trainait sur la table depuis deux jours. Je ne supporte plus rien Ronald ! Rien que le fait de te voir boire cette fichue bouteille me donne envie de vomir ! Finit-elle en reposant si violemment la bouteille sur le plan de travail que le verre céda sous le coup et lui trancha la main.
- Hermione !
La jeune femme réalisa alors ce qu'elle venait de faire, ce qu'elle venait de lui avouer. Son coeur battait si fort qu'elle le sentait dans l'entièreté de son corps. Sa respiration était bruyante et ses mains tremblaient. Ses veines pulsaient sur son crâne. Elle regarda le restant du goulot entre ses doigts, le whisky et le sang se mélangeant sur sa peau et le marbre de la table. Le liquide marron et rouge formant une marre de plus en plus étendue. Soudainement elle lâcha les restants de verre et recula de quelques pas. Mon dieu qu'avait-elle fait? Elle ne voulait pas être si direct, ni même blesser intentionnellement son mari mais la colère qu'elle avait ressenti l'avait fait perdre pied.
Sans perdre une minute et sous le regard paniqué de Ron, elle agrippa sa veste, son sac et sortit de l'appartement le plus vite possible. Et c'est comme ça qu'elle se retrouva à courir dans les rues de Londres en ce début de soirée, la main en sang. En chemin elle enfila sa veste et continua de courir aussi vite qu'elle put, cherchant à fuir, fuir sa vie, fuir Ron. Arrivée dans le centre, elle reprit une marche énergique, bousculant quelques passants et se retrouva bien vite sur les bords de la Tamise. L'air était frais, mais elle a connu des hivers plus rudes en Angleterre. Les touristes étaient nombreux en ce jour de Noël, rigolant et prenant d'innombrables photos. Hermione les envia, ils semblaient heureux, ne cherchaient pas à se sauver à chaque occasion qui se présentait à eux. Elle inspira et expira, regardant pendant quelques instants les reflets du London Eye dans l'eau et réussi à se calmer.
Elle ne savait même pas l'heure qu'il était, pendant combien de temps avait-elle couru? Si Ron était partit à sa recherche ou bien c'était contenté de se servir un troisième verre de whisky? Elle pensait à Pansy et sa proposition de rester chez elle pendant un temps. Elle était à deux doigts de lui envoyer un message par cheminée, cependant elle se ravisa. Car ce n'était pas Pansy la personne qu'elle voulait à tout prix voir maintenant... Elle avait besoin de se détendre, ne pas plus penser. Alors la jeune femme chercha un lieu reculé, où le passage se faisait rare et fouilla rapidement dans son sac de sa main valide à la recherche des joints de Pansy. Quand sa main toucha la réplique du médaillon de Serpentard, elle remarqua qu'il était entrouvert et qu'un papier y dépasser.
Délicatement elle prit le bijou entre ses doigts et en sortit le papier froissé. Mais alors qu'elle était convaincue de tomber sur le message de Regulus, elle y découvrit un tout nouveau mot :
"Ceux qui nous aiment de nous quittent jamais vraiment... Joyeux Noël Hermione"
Ce fut l'once d'espoir qui lui manquait. Même si elle perdait Ron, il lui restait Harry.
Sans perdre une minute de plus, Hermione partit en direction du 12 square Gruimmaurd.
Harry était persuadé qu'il n'attendait personne ce soir, mais quand il entendit trois petits coups timides, il sursauta et éteint le son de sa télévision. Le trentenaire se rendit à pas de loup dans son couloir et sans réellement le savoir ouvrit la porte sans se méfier. Quand il découvrit, Hermione tremblotante, en pyjama et la main en sang, il l'invita à entrer dans la seconde.
- Hermione? Que se passe-t-il? Tu n'es pas en danger? L'asséna-t-il de question alors que la jeune femme avançait timidement dans le couloir comme ci elle découvrait les lieux.
5 minutes plus tard, Hermione était sagement assise sur le comptoir de la cuisine de Black, les jambes se balançant dans le vide et les yeux fixés sur un étrange tableau représentant la famille Black au complet dans les années 70. Cygnus et Druella Black posaient avec leurs trois filles, qu'Hermione reconnue comme Andromeda dont le visage était déformée par la crainte et la peur, ainsi que Narcissa et Bellatrix qui semblaient plus complices. A leurs côtés Orion et Walburga Black encerclaient leurs fils Regulus et Sirius qui avait un regard presque meurtrier sur le portrait. Hermione ne se souvenait pas avoir déjà vu ce tableau, ni pourquoi Harry le gardait suspendu dans la cuisine. Le fait qu'Andromeda soit la dernière survivante de ce portrait la fit frissonner.
Harry la sortit de ses pensées quand il déposa un désinfectant, une pince à épiler ainsi que quelques compresses et bandes sur le plan de travail.
- Je suis désolé, je n'ai que ça sous la main, les sorts de guérison n'ont jamais été mon fort, avoua-t-il légèrement honteux.
Hermione lui sourit, elle aimait Harry pour ce côté-là aussi : il restait accroché à ses racines moldues, tout comme elle. Elle le regarda déballer les compresses et les imbiber de désinfectant. Quand il leva les yeux vers elle, aucun d'eux n'osa respirer. Hermione était légèrement plus grande que lui assise sur ce comptoir, lui donnant une vue parfaite sur sa cicatrice. Les deux sorciers se regardèrent pendant une fraction de seconde mais Hermione sentit cette étrange connexion qu'ils semblaient les traverser à chaque regard.
La née-moldue réalisa qu'Harry avait rompu le contact visuel quand elle sentit ses doigts sur son poignet. Sa peau sur la sienne la fit frémir. Elle adorait les sensations qu'il pouvait engendrer sur son corps avec de simples effleurements. Méticuleusement, le survivant lui prit le dos de sa main meurtrit entre ses doigts et regarda l'étendu des dégâts. Les plaies saignaient toujours quoique beaucoup moins que tout à l'heure, plusieurs morceaux de verres étaient coincés dans les pliures de sa paume. Harry se saisit de la pince à épiler et se mit au travail.
- Tu t'es fait ça comment? Lui demanda-t-il en déposant un des morceaux sur le comptoir de sa cuisine.
Hermione inspira.
- J'ai explosé la bouteille de whisky de Ron sur le magnifique bar en marbre qui m'a couté un bras, plaisanta-t-elle.
Harry pouffa, tout en continuant à la soigner.
- Tu t'es disputé avec lui?
Hermione ne répondit rien. Harry n'insista pas. Elle le regarda attentivement alors que ses yeux à lui étaient rivés sur sa tache. Ce fut à ce moment qu'Hermione remarqua qu'Harry portait ses mythiques lunettes circulaires. Elle ne se rappelait pas l'avoir vu avec depuis des années, maintenant qu'il était passé aux lentilles. Pourtant dans un certain sens, cela lui rappela l'ancien Harry. L'Harry qui l'avait invité à danser sous une tente pendant une guerre où tout semblait perdu d'avance. Alors elle repensa au vinyle qui lui avait offert.
- Pourquoi tu m'as offert ce vinyle?
Harry leva la tête vers elle, la détailla pendant une fraction de seconde et baissa à nouveau son regard sur sa main meurtrie dont il enlevait les traces de sang à l'aide d'une compresse.
- Je te l'ai déjà dit, il m'a fait penser à cette danse...
- Oui ça je sais, mais ce que je voulais dire c'est pourquoi maintenant?
Harry affronta à nouveau ses yeux dorés. Dépourvue de maquillage, dans son pyjama beaucoup trop grand pour elle et cette mine légèrement fatiguée, Harry la trouva belle. Non pas une beauté comme quand elle avait descendu les escaliers du Terrier hier, mais une beauté qui faisait que son estomac se tordait et son envie de l'embrasser était à son summum. Harry lui adressa un sourire timide. Hermione sourit à son tour.
- Tu dois bien savoir? Pourquoi maintenant après tout ce que je t'ai fait? Insista la jolie brune toujours sagement assise sur le comptoir.
- Qu'est-ce que tu veux entendre Hermione? Ne sais-tu pas comment fonctionne l'attirance? Lui demanda Harry d'un ton espiègle, reprenant mot pour mot les questions qu'elle lui avait déjà posées il y a quelques semaines de ça.
- Je sais parfaitement ce qu'est l'attirance et ce n'est pas ce que je t'ai demandé au premier abord... le cita-t-elle à son tour.
Harry sourit franchement cette fois, dévoilant ses dents.
- Je fais des choses stupides parfois, quand je suis attiré par une personne, ça me rend... nostalgique. Lui confia-t-il en retirant les derniers vestiges de sang dans la paume de sa main.
- Parce que m'offrir ce cadeau était stupide? Questionna-t-elle calmement.
Du coin de l'oeil, Harry remarqua que la jeune femme se penchait doucement dans sa direction. Il ne bougea pas d'un poil, appréciant la savoir plus proche de lui qu'elle ne l'était avant. Le sorcier fit comme s'il n'avait pas comprit ses intentions et se recula pour prendre la bande et une autre compresse vierge. Il induit la compresse de désinfectant et cette fois il prit place devant elle, plaquant presque son ventre contre ses genoux.
Hermione le scruta sans un mot alors qu'il bandait délicatement sa main. Après avoir entouré sa paume du bandage, il découpa un minuscule morceau de sparadrap entre ses dents et vint le coller sur son pansement afin de le fixer.
- C'est fini, lui annonça-t-il ignorant sa précédente question.
Harry voulu relâcher sa main mais Hermione le retint, refermant ses doigts douloureusement sur les siens. Elle le tira vers elle, écartant ses cuisses afin qu'il y prenne place. Naturellement la main libre du sorcier se posa sur l'une d'entre elles et il referma le restant de ses doigts sur le bandage de sa meilleure amie. Harry leva ses yeux verts et les plongea dans ceux d'Hermione qui silencieusement le toisait déjà.
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5 secondes s'écoulèrent. 5 secondes de trop. Et les amis ne cessaient de se fixer. Hermione glissa sa main libre sur sa joue et ce contact fit frémir Harry. Il ferma ses paupières, se concentrant sur le contact d'Hermione sur lui. Ses doigts fins trouvèrent alors refuge dans les quelques mèches de sa nuque et grattèrent doucement son cuir chevelu. Harry entrouvrit les lèvres, laissant échapper un long souffle chaud qui vint lécher le visage d'Hermione.
La sorcière n'avait qu'une seule envie, qu'il referme l'écart qu'il manquait entre leurs deux corps et l'embrasse. Oh oui qu'il l'embrasse comme si sa vie en dépendait, elle n'attendait que ça. Elle resserra ses cuisses autour des hanches de son ami. Harry était persuadé qu'Hermione pouvait entendre facilement les battements rugueux de son coeur. Il caressa lentement le sommet de sa cuisse et finit par coller leurs poitrines ensemble. Il ouvrit ses yeux verts et les tombèrent sur les lèvres de la sorcière. Harry avança sa tête vers elle, laissant leurs lèvres s'effleurer.
- Harry, souffla-t-elle désespérément.
Ce simple murmure aurait pu suffire à le rendre fou. Rapidement, il lâcha sa main et vint prendre la base de sa nuque entre ses doigts. Ce changement obligea Hermione à plaquer sa main bandée dans le creux de son dos l'incitant à combler l'espace qu'il manquait.
Leurs paupières toutes deux closes, il sentit le bout de ses lèvres collées aux siennes sans réellement de pression. Et sans même que son esprit ne pense à Ron, aux Weasley ou encore à Ginny ou Drago, il captura ses lèvres entre les siennes.
Les deux adultes soupirèrent de plaisir à la sensation de leurs bouches collaient l'une contre l'autre. Ron aurait pu débouler dans la cuisine là maintenant ils n'auraient pas arrêtés leur baiser. Leurs lèvres partirent alors à la découverte les unes des autres. Leurs langues se retrouvèrent dans une danse endiablée, mélangeant salive, gémissements et soupires. Harry n'aurait jamais pensé l'embrasser de nouveau, pas après ce qu'ils avaient vécu... Alors l'avoir entre ses bras ce soir était comme un rêve éveillé.
Les mains d'Hermione trouvèrent rapidement le crâne du survivant alors qu'elle s'appliquait à mordre tendrement sa lèvre inférieure. La sorcière la tira légèrement et vint entamer un énième baiser. Les mains d'Harry quant à elles se firent plus curieuses, se déplaçant dans son dos, ses cuisses, sa gorge. Merde, s'embrasser de cette manière était quelque chose de si naturelle qu'ils en oubliaient presque que c'était seulement la troisième fois qu'il le faisait. Appréciant plus que tout la sensation des seins d'Hermione plaqué contre son torse, Harry laissa ses mains les empoignait au travers de son t-shirt ample.
Se retirant du baiser afin de reprendre leur respiration; Harry en profita pour faufiler ses doigts sous le morceau de tissu et fut agréablement surpris de contester qu'elle ne portait aucun soutien-gorge. Hermione bascula la tête en arrière, se tenant désespérément à ses épaules et laissa échapper un gémissement qui aurait pu faire rougir n'importe qui. La sensation de ses tétons dans le creux de ses mains envoya un afflux sanguin dans le bas ventre de l'élu. Hermione entrouvrit les paupières et rencontra le regard noir de désir de son meilleur ami. Elle encercla brusquement ses joues de ses doigts et agrippa ses lèvres entre les siennes, sautant presque dans ses bras.
Harry referma sa prise autour de sa taille et entreprit de la descendre du comptoir. Hermione retomba sur le sol, glissa ses mains à la base du t-shirt d'Harry. Quand ce fut son tour de passer ses doigts en dessous, elle sentit le ventre de son amant se bander. Leur baiser ne faiblissait pas quand elle fit courir ses doigts sur ses pectoraux, faisant frotter le bandage de sa main droite sur sa peau, il frémit. Hermione bascula ses lèvres sur sa mâchoire, puis dans le creux de son cou, refermant ses doigts sur ses omoplates lisses. Elle aurait pu jurer avoir entendu Harry jurer dans sa barbe. Mais alors que la jeune femme trouva un point qu'elle devina comme sensible juste au-dessous de son oreille, les bras d'Harry se refermèrent sur ses bras et la recula de son corps, brisant le baiser.
Leurs yeux se rencontrèrent avec surprise, détaillant le visage de l'autre après avoir partagé des baisers aussi intenses. Leurs respirations haletantes et le coeur voulant à tout prix sortir de leurs poitrines, Hermione ne se rappela pas s'être sentie aussi vivante dans sa vie. Depuis que Voldemort était tombé, cette adrénaline s'était soudainement dissipée malgré son métier. Les mangemorts ne courraient plus les rues. Cependant cette adrénaline tant aimée et désirée s'estompa dans un claquement de doigt quand Harry détourna le regard et relâcha ses bras. Son regard si sombre de désir quelques secondes auparavant avait retrouvé son vert habituel accompagné d'une touche de confusion et de panique évidente.
- Je suis désolé...
Harry fronça les sourcils, fit un pas en arrière et disparut dans les couloirs du 12 square Gruimmaurd sans un mot de plus. Hermione resta figée au milieu de la cuisine, elle n'arrivait à enregistrer ce qu'il venait de se passer, ni même le sens des paroles d'Harry dans son esprit. Que voulait-il dire? Que se passait-il? De quoi était-il désolé? De l'avoir embrassé?
La trentenaire n'aurait pas pu dire combien de temps elle était restée immobile dans cette pièce, mais quand elle vit Kreattur du coin de l'oeil, elle réalisa que de longues minutes s'étaient écoulées. L'elfe de maison portait des draps soigneusement pliés dans ses bras :
- Monsieur Harry Potter a demandé à Kreattur de faire le lit de Miss Granger dans l'ancienne chambre de Regulus Black, lui apprit-il.
Hermione parut comprendre, hocha péniblement la tête et suivit l'elfe au travers de l'appartement.
ALORS. Ne commencez pas à râler, je sais que je suis affreuse de couper une scène de cette manière mais mon coté sadique est très satisfait... Non plus sérieusement, le chapitre était interminable si je continuais donc j'ai changé quelque peu mes plans pour la suite...
J'espère que vous avez remarqué la longueur des chapitres depuis deux semaines, on dépasse les 6000 mots... Comme d'hab, dîtes-moi ce que vous attendez pour la suite et bien évidemment ce que vous en avez pensé?
On se retrouve Vendredi prochain. Bisous !
PS : Je te tarderais pas à vous mettre le speech des trois prochaines fanfictions Harmione pour la suite ! Deux d'entre elles sont des Post-Hogward et une pendant.
