Contexte : Suite de Maux.
Les pleurs de son fils qui emplirent rapidement la pièce résonnèrent comme la plus belle de musiques aux oreilles de Tyrion.
Il avait un fils, fort, en bonne santé, et il sentit une joie indescriptible l'envahir, bien plus grande que tout ce qu'il avait pu imaginer.
Une fois passée la première vague d'euphorie, il fut ravi de constater que sa plus grande inquiétude concernant cet enfant n'avait aucune raison d'être.
Tout au long de la grossesse de Cersei, il avait observé son ventre se gonfler progressivement, avec la crainte que cet enfant ne naisse comme lui. Il n'aurait certainement pas supporté de voir son propre enfant subir la même chose que lui, tout au long de sa vie, tout ça pour avoir eu la malchance de naître différent des autres. Plus le temps passait et plus cette peur s'accentuait. Si deux parents parfaitement constitués comme Tywin et Joanna, qui, certes, étaient cousins, mais qui avaient peu de précédents de mariages consanguins dans la famille avait pu donner naissance à un nain comme lui, quelles étaient les chances pour que son enfant, son enfant avec sa sœur soit pareil que lui ?
Mais il n'en était rien : de ce qu'il pouvait en juger, son petit garçon était parfaitement bien proportionné.
Mais surtout, il était beau.
Il le pensait avec toute l'objectivité d'un nouveau père concernant son enfant, mais le nouveau petit lionceau avait la peau de porcelaine, les yeux émeraudes et les cheveux d'or de sa mère. Il était logique qu'il soit beau.
Emporté par la joie, il plaqua un baiser sur la joue de sa sœur, qui eut un sourire fatigué lorsqu'elle baissa les yeux sur son fils blotti dans ses bras, qui avait cessé de pleurer.
Elle regarda Tyrion, et, d'un coup, toutes les craintes qu'elle avait pu avoir eu cours de sa grossesse, provenant du fait que ce bébé serait le fruit d'une soirée bien trop arrosée s'envolèrent.
Elle avait redouté que son frère, malgré sa promesse de l'aider avec ça, malgré son assurance qu'ils étaient tous les deux responsables, et qu'ils allaient donc assumer tous les deux, ne se désintéresse de leur bébé.
Dire qu'elle avait été ravie d'apprendre qu'elle allait avoir un enfant avec son petit frère aurait été un mensonge, mais maintenant que leur fils était là, elle n'aurait changé ça pour rien au monde.
Et surtout, Tyrion avait l'air totalement épris de leur enfant.
Il tendit la main pour caresser du bout des doigts les cheveux blonds vaporeux du bébé.
Elle jeta encore un regard à son fils, avant de demander à son frère.
« Tu veux le tenir ? »
Il resta bouche bée pendant quelques secondes, avant de reprendre contenance quand sa sœur le rappela à la réalité :
« Tyrion ? »
Il bégaya :
« Oui… Oui, bien sûr… »
Cersei se redressa, et lui déposa le bébé dans les bras.
« Attention à sa tête, tu dois toujours bien la maintenir. »
Il acquiesça, et déglutit.
Jamais il n'aurait pensé que Cersei lui proposerait de porter leur bébé aussi rapidement après sa naissance, mais il en était ravi.
Les seuls enfants qu'il avait tenus au cours de sa vie avaient été Joffrey, Myrcella et Tommen quand sa sœur avait le dos tourné, mais il n'avait jamais imaginé tenir son propre enfant un jour.
Et pourtant, il était là, il était là à tenir son fils.
« Magnifique… Vraiment, magnifique… »
Et d'un coup, le charme fut rompu : le bébé se mit à pleurer, et Tyrion fut étonné qu'un être aussi petit puisse crier aussi fort.
Mais surtout, il ne se sentait vraiment pas bien. Avait-il fait quelque chose de mal ?
Cersei coupa court à ses interrogations, qui commençaient à le faire se sentir mal.
« Il doit avoir faim. » murmura-t-elle.
Elle dégrafa le haut de sa chemise, et reprit le bébé.
Sitôt qu'il fut pressé contre le sein de sa mère, et qu'il commença à téter, le petit lionceau cessa de pleurer, et Tyrion fut rassuré de constater que non, ce n'était pas à cause de lui, ou parce qu'il s'y était mal pris.
Après de longues minutes passées dans un silence confortable, seulement perturbé par les bruits du bébé affamé, qui tétait goulûment comme si c'était à la fois le premier et le dernier repas de sa vie, Tyrion demanda :
« As-tu pensé à un nom, pour lui ? »
Cersei secoua la tête :
« Non, aucun… Enfin, j'y ai pensé, mais aucun ne m'a paru adapté. Et toi ? »
Surpris qu'elle lui demande son avis sur la question, il répondit, légèrement gêné.
« Eh bien en fait oui… »
Elle haussa les sourcils.
« J'aimais beaucoup le prénom Loren… On en a eu plusieurs dans la famille. Un nom intrinsèquement Lannister. »
Elle parut réfléchir quelques instants, regardant leur enfant.
« Loren… J'aime beaucoup. »
Alors, Tyrion se remit à sourire béatement à son tour.
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