Chapitre 7 – La reine
Warnings : dépression, anxiété et tout ce qui va avec !
Le titre du chapitre est issu de « the Queen » de Lady Gaga, une chanson vraiment merveilleuse
« Et par conséquent, » disait Palpatine depuis son podium dans la Chambre du Sénat, « c'est avec le cœur lourd que je dois malheureusement informer ce congrès que mon médecin personnel m'a conseillé de prendre un court congé afin de regagner ma santé. »
Le Chancelier prenait donc un congé maladie. Padmé écoutait distraitement, tapant des doigts sur l'accoudoir de sa chaise. Vacances était un terme plus adéquat. Et pourtant, elle ne pouvait pas vraiment le blâmer, parce qu'à ce stade, des vacances en pleine guerre étaient attrayantes. Relaxant, méditatif, paisible, serein…
…et complétement ridicule. Le dirigeant d'une République de milliers et milliers et milliers de systèmes ne pouvait pas se lever et décider de partir parce qu'il se sentait fatigué. C'était irresponsable. Scandaleux. Et, bien sûr, ça allait lui apporter du support et de la sympathie, des centaines de personnes lui enverraient des messages et des vœux de rétablissement, parce qu'il était un vieil homme fatigué pendant qu'elle, elle n'était qu'une jeune femme se sentant fatiguée.
Putain. Elle voulait désespérément partir.
Le Chancelier continua, « j'assure à chacun d'entre vous que, même si je suis loin, je reste entièrement disponible et prêt à revenir à tout moment, en cas de crise. Je suis honoré de diriger un groupe d'électeurs aussi fidèle et ne veux en aucun abandonner les besoins de la République au profit des miens. »
Mais ouais, à quel point ce serait suspicieux si Padmé prenait son propre congé maladie ? Deux membres influents du Sénat, de la même planète, qui se sentaient extrêmement mal ces derniers temps ? Elle serait incapable de se retirer même si elle essayait. Ce serait diffusé dans tous les journaux, tout le monde penserait qu'un complot se préparait, une prise de contrôle de Naboo ou n'importe quel autre scandale ridicule que quelqu'un avait sans doute déjà écrit et était prêt à poster à tout moment. Le Chancelier ne serait accusé de rien, cependant, juste elle. Ce serait un suicide politique.
« Je sais qu'en mon absence nous ferons tous de notre mieux pour garder la République en état de fonctionner au meilleur d'elle-même, et que nous continuerons d'envoyer notre support aux milliers de chevaliers Jedi qui se battent si noblement contre les Séparatistes. »
Suicide, hein ?
Oh, non. Elle avait encore ses pensées sombres. Elle devrait probablement faire quelque chose à propos de ça.
« Je vous remercie tous pour votre attention et j'attends avec impatience mon retour dans quelques semaines. »
Et la session fut terminée. Bien, bien. Sauf que Padmé n'avait pas la motivation de se lever ou de simplement bouger. Peut-être qu'elle pourrait s'en sortir avec une rapide sieste sur le sol du pod de Naboo, fuir l'agitation du gouvernement pour une heure ou deux, ou peut-être un jour, ou le reste de sa vie –
« Il est temps d'y aller ma dame, » l'appela une voix derrière elle.
Padmé poussa un long soupir, frotta ses yeux et dit, « Et si tu prenais la place de la Sénatrice Amidala pour le reste de la journée, Moteé ? Tu pourrais prendre mon bureau, ma coiffure, tout. Laisse-moi juste mourir ici. »
La servante s'avança sur le pod et s'agenouillât, faisant une grimace. « Je ne pourrais pas arriver à la cheville de la sénatrice que vous êtes, madame. Et regardez, votre maquillage a encore coulé, laissez-moi l'arranger pour vous. » Elle prit un tissu blanc du pli de sa rabe pour essuyer les bavures noires.
« Je me demande comment c'est arrivé, » marmonna Padmé. Quand elle eut terminé, Moteé aida Padmé à se lever et la dirigea vers le hall principal du bâtiment du Sénat. Comme s'il attendait ce signal, Bail Organa apparut à ses côtés.
« Que pensez-vous de la tournure des événements ? Un geste politique ? » Lui demanda-t-il directement. Padmé cligna stupidement des yeux, ne se souvenant que tardivement de ce dont il devait parler.
« Je pense que j'aimerais bien voir le mot du docteur, » rigola-t-elle sans humour, et Moteé laissa échapper un rire obligatoire.
Bail avait un sourire tordu sur son visage. « En tout cas, j'organise une rencontre à mon appartement ce soir, et je veux que vous veniez. Breha a finalement eu l'occasion de venir, et je n'invite que quelques autres personnes. Et avant que vous ne demandiez, » ajouta Bail avec un scintillement dans les yeux, « Ce sera une fête strictement sans politiques. »
Padmé ouvrit sa bouche pour répondre mais resta silencieuse, cherchant dans son esprit une excuse pour ne pas y aller et n'en trouvant aucune qu'elle n'avait pas déjà utilisé. Ce n'était pas qu'elle ne voulait pas y aller – elle le voulait, en quelque sorte, et Bail était l'un des meilleurs amis qu'une fille pouvait avoir – c'était plutôt que, eh bien, elle ne voulait juste pas sortir.
Avant qu'elle ne puisse parler, cependant, Moteé posa une main sur son bras et dit, « Elle adorerait, Sénateur Organa. Elle est simplement tellement excitée qu'elle ne peut même pas parler. N'est-ce pas vrai, madame ? »
Padmé hocha la tête et afficha un sourire faux et exagéré. « Mhm »
« Merveilleux ! » s'exclama Bail, tapant des mains, le même scintillement dans ses yeux disant à Padmé qu'il savait ce qu'il en était vraiment. « Je vous verrai donc à 20h ce soir ! »
Quand il la quitta, Padmé attira Moteé à ses côtés, mais la jeune fille battit simplement des yeux et sourit.
Un allé chez elle, une sieste insatisfaisante, et un long débat entre Moteé et Ellé pour décider de la robe que Padmé allait porter plus tard, et Padmé se tenait devant la porte de la maison de Bail. Les fêtes Alderaan étaient formidables, elles l'étaient vraiment, mais il y avait quelque chose à propos de sa fatigue qui rendait ses membres trois fois plus lourds qu'ils ne devraient l'être et qui lui donnait envie de se faire demi-tour, de rentrer directement chez elle et de dormir pour le reste de l'éternité.
Du moins, jusqu'à ce qu'une voix calme et polie, derrière elle, ne dise son nom et quand elle se retourna, elle sourit pour ce qui semblait être la première fois en cinq mois.
Obi-Wan semblait fatiguée, comme toujours, et son sourire n'avait pas vraiment son charme habituel. Il semblait devenir plus maigre à chaque fois qu'elle le voyait, et cette fois n'échappait pas à la règle. Elle dit, d'une voix plus positive qu'elle ne le croyait possible, « Je ne savais que vous seriez ici ! J'étais très inquiète pour vous, comment allez-vous ? Non, attendez - » ajouta-t-elle rapidement lorsqu'il ouvrit sa bouche pour répondre. « Ne repondez pas. Je ne supporte pas qu'on me pose cette question, alors prétendez simplement que je n'ai rien dit. » Il sourit alors en réponse, mit sa main sur son bras pendant un moment, et s'en alla saluer Bail.
Padmé passa la nuit à essayer de rire, riant d'ailleurs plusieurs fois et hésitant entre Moteé avait raison, c'était une bonne idée et je dois partir maintenant ou bien je vais inonder Coruscant avec mes larmes. Elle rattrapa le temps perdu avec Breha, parce que s'il y avait quelqu'un dans l'univers auquel elle pouvait s'identifier, c'était une autre reine ils dinèrent jusqu'à tard le soir et, bien sûr, le repas était excellent elle se tint ensuite (ayant oublié la règle 'pas de politiques' presque immédiatement) avec Mon et Bail parlant à voix basse mais strictement désapprobatrice de l'absence du Chancelier parce que, vraiment, il n'y avait rien de plus ridicule que Palpatine puisse faire et elle était contente de ne pas être la seule à la penser. Au bout d'un moment, elle réalisa qu'Obi-Wan avait quitté leur compagnie et elle partit le chercher.
Elle le trouva sur le balcon, semblant triste et incroyablement seul. Naturellement, il sut qu'elle était présente avant qu'elle ne dise quoique ce soit. Elle porta une main à son bras et ils restèrent silencieux, regardant le paysage animé de Coruscant pour un long moment.
« Comment va Ahsoka ? » Demanda Padmé, sans savoir si elle aurait une réponse.
Ses yeux étaient fatigués de toutes les choses qu'il avait vues et faites, en un laps de temps si court. « Je n'en suis pas entièrement sûr, » dit-il distraitement. « On dirait qu'elle est toujours en mouvement. Elle tente de se changer les idées, je pense. Elle est toujours extrêmement téméraire, à certaines occasions. Trop souvent. » Il soupira. « J'aimerais pouvoir l'aider à se calmer, mais si je tente d'interférer, elle m'évite. »
« Elle a seulement seize ans, » dit Padmé. « C'est beaucoup, beaucoup trop jeune pour faire la guerre. »
« Si seulement j'avais mon mot à dire, » répondit-il, agrippant la balustrade du balcon si fort que ses jointures, meurtrie et usées par le combat, blanchirent.
Padmé enroula ses bras autour d'elle-même, et pas seulement pour se réchauffer de la brise fraîche. « Vous n'êtes pas censés être des soldats. Le Conseil Jedi ne peut certainement pas vous forcer à faire la guerre si vous ne le voulez pas. »
Pensif, il dit, « Tous les Jedi, moi inclus, préfèreraient mourir au combat que de voir quelqu'un d'autre faire de même à notre place. » Il la regarda alors du coin des yeux. « Je sais ça sonne comme une réponse générale, mais c'est ce que l'on ressent. Si mon heure sonne pendant cette guerre, alors je serais honoré de ne faire qu'un avec la Force. »
Padmé ne dit rien en retour. Elle n'avait pas l'énergie mentale pour ne serait-ce que vouloir une discussion philosophique sur la mort et la vie métaphysique d'après, dans la Force, qu'importe ce que ça veuille dire. Elle voulait juste que lui et Ahsoka restent en vie, et tant que la guerre continuait, ils ne pourraient jamais être en sécurité.
Soudainement, cependant, Obi-Wan sembla s'affaisser, s'appuyant sur la rambarde de telle sorte que ses côtes reposent dessus, mentant son visage dans ses mains, prenant de profondes respirations de l'air vicié de la ville. Un moment plus tard, il se retourna et le regarda avec une frénésie presque sauvage sur son visage. « Quand je suis au front, je peux presque tout oublier. Me distraire. Peut-être même prétendre que – que je le trouverai dans sa chambre quand je reviendrai, bricolant des droïdes. » La bouche de Padmé s'ouvrit. Attendez, quoi ? D'où est-ce que tout cela venait ?
Obi-Wan frissonna, continuant, « Mais quand je suis ici… Il était comme mon frère, vous savez. Mais j'ai plus l'impression de perdre un fils… »
Pour le stabiliser, ou peut-être pour se stabiliser elle, parce qu'elle était définitivement en train de trembler maintenant, Padmé porta une main à son dos et tenta de penser à quelques condoléances à offrir. Au lieu de ça, elle murmura, « Il était mon époux, » et après une pause inconfortable, Obi-Wan tourna son visage pour la regarder, semblant légèrement secoué. Elle continua, d'une voix rendue faible par l'émotion, « Nous nous sommes mariés sur Naboo. Il y a des années, juste après Geonosis. » Son cœur battait si vite, et elle avait des larmes aux bords des yeux. « Il voulait tellement vous le dire, il voulait tellement que vous le sachiez mais…nos deux carrières étaient en jeu, et il avait tellement peur de vous décevoir, et… »
Obi-Wan porta à nouveau son regard vers la ville, sans vraiment la voir, et prit une inspiration, « Mariés… »
« S'il vous plait, » dit-elle, « S'il vous plait, ne pensez pas mal de lui à cause de ça. C'était notre décision à tous les deux de vous mentir, et il vous aimait et respectait tellement. Parfois, vous étiez la seule chose dont il parlait. Il était fou de vous. »
Obi-Wan remua simplement sa tête d'avant en arrière. « Qu'est-ce que je ne savais pas d'autre ? »
Le massacre d'une tribu de Tsukens de sang-froid, pensa immédiatement Padmé, mais il n'y avait aucune chance qu'elle dise ses mots à voix haute, à quiconque, jamais.
Sa poitrine lui faisait tellement mal, et sa gorge était tellement serrée, alors elle plaça simplement son bras autour de son épaule.
Obi-Wan la regarda encore une fois, comme s'il le voyait pour la première fois. « Je suis tellement désolé, Padmé. »
« Moi aussi, » murmura-t-elle en retour. « Il me manque tellement. »
« À moi aussi. »
Ils se tinrent mutuellement pendant un long moment. Posant sa tête conte son épaule, Padmé tenta de ne pas prétendre que c'était Anakin qui la tenait, au lieu d'Obi-Wan. Ce n'est que lorsqu'ils se souvinrent d'où ils se trouvèrent exactement qu'ils brisèrent leur étreinte. Obi-Wan passa une main dans ses cheveux et dit, sans la regarder, « Je devrais probablement u aller. »
Elle ne le voulait pas. Pourtant, elle hocha la tête. « S'il vous plait, prenez soin de vous, Obi-Wan. »
Il pressa sa main, la laissa dehors dans le froid, et lorsqu'elle retourna à la fête, elle tenta de prétendre qu'elle ne tremblait pas.
Si Padmé devait classer les jours des derniers mois en termes de bons ou mauvais, aujourd'hui était définitivement un mauvais jour. Un jour, un jour après le départ du Chancelier vers on-ne-sait-où et elle était déjà submergée, embourbée dans des réunions sans fin, croulant sous les factures et la paperasse et les mémos et les commentaires et les questions et jamais, jamais en des années et des années de travail, en tant que reine ou Sénatrice, elle ne s'était sentie accablée. Et tout devait être fait parfaitement, parce que si ce n'était pas le cas, la reine déduirait que Padmé ne pouvait pas faire son travail, et alors elle pourrait être virée, et elle serait enfermée dans sa propre tête pour le reste de l'éternité, et la guerre ferait rage et la société s'écroulerait et tout serait causé par le fait qu'elle ne pouvait pas remplir quelques formulaires stupides sans pleurer sur son bureau.
Elle se dit à elle-même, pense à ce qui arriverait si tu ne remplies pas ce formulaire immédiatement. Eh bien, pour celui-ci, quelqu'un chercherait probablement la date limite du formulaire pour ne pas la trouver et être probablement très ennuyé. Ensuite, ils remontreraient jusqu'à elle, la dénoncer à sa reine, qui ramènerait Padmé à Naboo, où elle serait incapable d'aider l'effort de guerre et, par conséquent, des gens mourraient de faim, et partout où elle irait pour le reste de sa vie, on la regarderait avec des regards de déception parce qu'elle était une sénatrice si incompétente et pourquoi l'avaient-ils élue en reine en premier lieu ? Quelle erreur ça avait été, penseraient-ils.
Finalement, après y avoir songé, se dit-elle à elle-même, ne pense pas à cas. Ne pense à rien du tout.
Des larmes coulèrent de ses yeux, comme c'était le cas tous les jours. Remplis le formulaire. Remplis le formulaire. Remplis le stupide formulaire –
Finalement, décida-t-elle, faire la sieste dans son bureau sonnait comme une bien meilleure idée.
Une semaine plus tard, le formulaire inutile devenu souvenir lointain (bien que cela pique continuellement son estime de soi, parce que, par l'enfer, si elle ne pouvait pas remplir un papier, que pouvait-elle faire ? probablement rien), Padmé sortit une petite boîte de bijoux en bois de son lit. C'était une chose rectangulaire, innocente en apparence, arborant originellement un beau collier de pierres précieuses bleu, cadeau du père de sa mère. Le collier avait été perdu il y a des années, par un politicien jeune et irresponsable, sur le point d'être nommé Amidala, mais la boîte était toujours là et contenait maintenant deux reliques de son passé pas si lointain. Pendant plusieurs minutes, Padmé tint la boîte dans ses mains, la fixant, réfléchissant. Puis, elle ouvrit le fermoir en métal et prit une grande inspiration.
Malgré deux années d'amour, un droïde de protocole, un éclat de japor et une tresse de Padawan étaient les seuls cadeaux qu'Anakin lui avait donnés. Mais, pensa Padmé alors qu'elle prenait le collier par sa chaîne pour accrocher l'éclat autour de son cou, ils étaient suffisants. Les marques sur la babiole en bois lui étaient étrangères, compréhensibles seulement par une communauté d'esclaves sur une planète désertique, mais si elle fermait les yeux et se projetait suffisamment, elle pouvait imaginer le petit garçon restant éveillé tard la nuit précédant sa course, gravant des symboles dans le bois et pensant à l'adolescente qui s'était présentée à sa boutique, cherchant à réparer son vaisseau.
Regardant à nouveau la boîte, elle songea prendre la tresse également, mais changea rapidement d'avis. Elle était trop pure, trop parfaite pour risque d'abîmer les cheveux, trop personnel pour son toucher. Au lieu de ça, elle retint ses larmes, ferma la boîte et pensa, joyeux anniversaire chéri. Je suis tellement désolé.
Le Corellian Sunrise était définitivement, honnêtement, vraiment, le meilleur alcool de ce côté de la galaxie. Il était d'une merveilleuse couleur orange, et même si elle n'avait jamais vu, en personne, un levé de soleil* Corellian, Padmé savait qu'un jour (quand elle serait bien plus sobre, peut-être), il devrait visiter la planète et voir s'il était aussi merveilleux que la boisson. Et ouais, bien sûr, très bien, peut-être que boire jusqu'à faire un coma éthylique n'était pas la meilleure façon de digérer la mort de son époux – meurtre – c'était sa faute sa faute sa faute – mais ça ne voulait certainement pas dire que ce n'était pas une option.
D'un endroit qu'elle ne pouvait voir (parce que ses yeux s'étaient fermés face au tourbillon de plaisir engendré par sa boisson), la voix, lancinante, inquiète de C-3P0 disait, « Maîtresse Padmé, vous ne pensez pas que vous avez eu assez de cette boisson pour aujourd'hui ? C'est votre troisième verre. »
« Nooooooonnnn, 3PO, » articula la voix pâteuse de Padmé, qui se balança pour le voir. « Tu peux t'éteindre ou, qu'importe. Je suis parfaitement – hic – capable de – me débrouiller seule – hic - »
« Mon Dieu, » dit C3PO, s'éloignant avec le bruit mécanique qu'il faisait lorsqu'il marchait, et elle descendit le reste de son verre. S'étirant, elle se leva pour se chercher une autre boisson, oscilla vers son bar et –
- L'instant d'après, on était le matin, elle était dans son lit, et elle ne se souvenait pas entièrement de ce qui s'était passé la nuit d'avant, mais ça devait impliquer que sa tête soit frappée répétitivement par un marteau en métal, parce qu'il n'y avait rien d'autre pour expliquer son mal de tête, oh merde…
À son bureau, ses yeux passèrent sur la même phrase pour ce qui semblait être la trentième fois. Ce n'était pas quelque chose de trop compliqué, juste une dissertation sur les expéditions dans les systèmes neutres en temps de guerre, alors elle ne comprenait pas pourquoi elle avait autant de difficulté à se concentrer. Si elle allait aborder les dépenses controversées du gouvernement des planètes neutres mais commerciales lourdes, comme Mandalore, à ses électeurs et le péage que la guerre avait pris sur l'économie de la galaxie, dans son entièreté, elle aurait besoin d'avoir une parfaite connaissance de la question. Malheureusement, elle ballait toutes les cinq minutes et ne cessait de regarder derrière son épaule pour observer paresseusement Coruscant au travers la fenêtre, distraite et peu intéressé par le discours en face d'elle.
Padmé ne pouvait pas comprendre pourquoi elle n'avait plus d'intérêt pour rien. Tout ce qu'elle voulait faire était regarder un mauvais film sur l'HoloNet et s'allonger dans son lit. Ça ne lui ressemblait pas, et c'était terriblement inapproprié pour une Sénatrice aussi distinguée qu'elle.
Elle soupira et posa sa tête sur le bureau. Sa coiffure était encore de travers, malgré tous les efforts qu'avaient pris Ellé, en la fixant ce matin. Si ça ne l'avait pas laissé ressembler à uen créature des profondeurs de Coruscant, elle l'aurait simplement défaite complétement.
L'unité de communication fixée à son bureau sonna et tata son bureau, tentant de trouver le bouton sans regarder. Quand elle entendit un déclic, elle prononça un, « Mmm ? »
« Sénatrice, le Représentant Binks est ici de Naboo. »
« Très bien, » marmonna-t-elle, redressant sa lourde tête alors que Jar Jar entrait, vêtu des mêmes robes sénatoriales qu'il portait toujours.
« Bonjour, Jar Jar, » marmonna-t-elle alors qu'il s'asseyait. « Merci d'être venu. »
« Missa heureux d'aider avec tout ce que voussa a besoin ! » Dit Jar Jar gaiment. Padmé tenta de sourire pour lui. « Qu'est-ce que missa peut faire ? »
« Je suis juste fatiguée, Jar Jar, » dit-elle, s'appuyant en arrière. « Naboo a besoin de mon aide, et avec le Chancelier loin, il y a tellement de choses que je dois faire pour palier à son absence. Je ne te demande pas prendre toutes mes responsabilités, mais…Je me demandais si tu pourrais – je ne sais pas –»
Jar Jar mit une main sur sa poitrine. « Missa serait honoré de prendre voussa fardeaux, Padmé. » dit-il sérieusement. « Voussa faîtes tellement pour Naboo et la guerre, missa penser que voussa méritez une pause. »
Elle fronça les sourcils, « C'est vrai ? »
Il hocha la tête. « Missa sait ce que voussa traversez. Ani manque à Missa aussi. »
Padmé était trop fatigué pour se sentir plus coupable. Le poids de tout ça l'avait déjà écrasé et laissé une pile de crasse il y a huit mois. Pourtant, Jar Jar était l'un des premiers amis qu'Anakin s'était fait lorsqu'il avait quitté Tatooine en tant que petit garçon énergétique de neuf ans et avec un passé douloureux. Elle se souvenait du petit garçon et de Gungan assit ensemble avec personne d'autre qu'eux-mêmes comme compagnie, alors que les politiciens et les Jedi prenait soin des problèmes importants. Elle se souvenait leur avoir dissimulé son identité et tenté de ne pas regarder avec envie ces deux étrangers qui ne savaient rien de la planète sur laquelle ils avaient atterris.
Elle soupira et regarda ensuite le Gungan avec gratitude. « Merci, Jar Jar. J'en ai vraiment besoin. »
Sans l'aide de Jar Jar, Padmé était certaine qu'elle aurait maintenant été virée. Après tout, si la Reine Neeyutnee savait qu'une certaine Sénatrice était allongée sur le lit de sa chambre avec une couverture l'entourant de façon peu cérémoniale, regardant un holodrama avec des yeux gonflés, sa majesté aurait déjà pris les mesures qui s'imposaient. Mais honnêtement, Padmé ne pouvait rien y faire – physiquement, qu'importe à quel point elle essayait, elle ne pouvait absolument rien faire. Et à cause de ça, elle se haïssait tellement que l'idée même d'être vivante était douloureuse.
Dormé vint à ses côtés et commença à caresser ses cheveux. « Sénatrice, s'il vous plaît, dites-moi ce qui ne va pas, » dit-elle gentiment.
« J'ai tué mon époux, » murmura Padmé d'une voix étranglée.
Dormé s'agenouilla près du lit, « Milday, c'est le Comte Dooku qui a tué votre époux. Je doute que quique ce soit croit un instant que vous l'aviez prévu. »
« Aucune importante – ce que j'ai - » Non, elle ne pouvait même pas finir la phrase, parler était trop difficile. Au lieu de ça, elle haleta, « il me manque. »
« Je sais, » dit Dormé, frottant le dos de Padmé dans des mouvements apaisants. Ça aurait dû aider, mais ce ne fut pas le cas. Rien ne pouvait aider. Elle ne pourrait jamais jamais jamais s'en remettre.
Padmé était chez elle, appuyée sur la balustrade du balcon de Padmé, balançant ses jambes d'avant en arrière. Elle disait, « Écoutez, je ne peux pas à imaginer combien ça doit être dur pour vous, mais…Je veux dire, c'est difficile pour nous tous, pas juste vous. Peut-être que vous avez besoin de vous noyer dans votre travail ou quelque chose. C'est ce que j'ai fait. »
Padmé s'appuya contre le mur, couvrant ses yeux avec sa main et détournant le regard alors que des larmes coulaient. Et ça, était la raison pour laquelle elle n'avait dit à personne comment elle se sentait exactement. C'était tout ce qu'ils disaient. Noie-toi dans ton travail. Vois le côté positif des choses. Pense au travail. Personne ne comprenait, rien du tout, pas même un peu.
Ce n'était pas vraiment la faute d'Ahsoka, Padmé le savait. La Padawan n'avait jamais était dépressive avec un grand D avant, mais honnêtement, que pouvait faire Padmé de plus ? Est-ce qu'elle donnait l'impression de pouvoir se débarrasser de ces sentiments ? « Tu ne comprends pas, » murmura-t-elle, sa voix tremblante.
« Je suppose que non, » dit doucement Ahsoka. Je veux vraiment que vous vous sentiez mieux. Avez-vous tenté de prendre des médicaments ? »
Reniflant, Padmé secoua sa tête. « Je n'ai aucune confiance dans les docteurs de Coruscant, » dit-elle. « La dernière chose dont j'ai besoin est que quelqu'un entende une rumeur comme quoi je suis dépressive. Personne ne me prendra plus jamais au sérieux. »
Ahsoka sauta de la balustrade et s'agenouilla devant elle. « Padmé, je vais vous dire ça en tant que votre amie. Votre santé est plus importante que tout le reste. »
Avant qu'elle ne puisse s'en empêcher, Padmé laissa échapper : « Je ne mérite pas de me sentir mieux. »
« Si, vous le méritez. » Ahsoka se redressa, et mit ses mains sur les deux côtés de la tête de Padmé, pour qu'elle ne puisse se détourner. « Vous méritez bien plus que ça, ok ? Et je sais que vous vous détestez pour cette décision, mais regardez ce qui en sort. Grievous est mort, l'armée Séparatiste a perdu l'un de ses principaux commandant. En tant qu'officière de l'armée, je peux vous dire que c'est une grosse affaire. »
Padmé n'en était pas sûre, et ça devait être évident sur son visage parce qu'Ahsoka continua, « Écoutez, j'ai combattu Grievous, et croyez-moi, c'était effrayant. J'ai vu les champs de bataille après son passage, et j'ai vu les planètes que les Séparatistes ont colonisées. Nous sommes bien mieux sans lui, Padmé. »
« Alors tu penses que j'ai faut le bon choix ? » Demanda Padmé, septique.
« Ce n'est pas ce que j'ai dit, » dit froidement Ahsoka, reculant. « Je sais juste que vous ne méritez pas de vous sentir comme ça, qu'importe ce que vous pensez. » Puis le visage d'Ahsoka s'assombrit, prenant une expression différente. « Et je suis probablement en partie responsable de votre état. Encore une fois, je suis désolée. Je souhaiterais pouvoir vous aider. »
« Tu l'as déjà fait, » dit Padmé, prenant sa main.
Ahsoka tenta de sourire. « Et à propos d'Anakin… Écoutez, s'il y a une chose que j'aie appris de Maître Kenobi, c'est que parfois, nous devons prendre des décisions et faire des actes qui nous tuent de l'intérieur, mais c'est pour le plus grand bien*. »
Padmé appuya sa tête contre le mur. Si seulement elle pouvait se forcer à croire que cela s'appliquait pour elle, qu'importe à quel point c'était vrai. Elle dit, « Si je le peux, je tenterai de trouver un docteur en qui je peux avoir confiance. »
« Bien, » dit Ahsoka, semblant rassurée et plus confiante. Elle s'adossa elle aussi contre le mur, et donna gentiment un coup de coude à Padmé. « Je ne veux pas perdre un autre ami. Après tout, qui d'autre irait me raccorder à la cuisine gastronomique de Naboo ? »
Padmé feint un sourire.
Elle s'était attendue à recevoir l'appel de la Reine Neeyutnee depuis des semaines, et il était finalement venu. Padmé venait d'être appelée à rentrer sur Naboo, où sa majesté avait des « problèmes importants » à discuter. Une part de Padmé souhaitait que la reine l'ait juste dit, ces trois petits mots magiques, vous êtes virée, parce que ça allait arriver de toutes façons et qu'elle ne pouvait rien faire pour l'éviter et il valait mieux qu'elle commence à planifier son futur maintenant.
Ce n'était que la seconde fois qu'elle voyait Naboo depuis qu'elle avait consciencieusement et sans pitié envoyé Anakin à la mort, mais même alors, Padmé devait admettre qu'elle était heureuse de revoir les plaines verdoyantes et les cascades grondantes, et le doux arome des fleurs qui se répandait dans tout Theed. Si elle devait vraiment se retirer à l'âge de vingt-six ans, au moins elle pouvait le faire dans l'une des plus belles planètes de la Bordure Médiane.
La reine la reçut dans la salle du trône, avec cette familière expression masquée sur son visage peint. À côté du trône se tenait les dames de compagnie de la reine, tellement semblable à celle de Padmé, silencieuses tant qu'elles n'étaient pas demandées.
Neeyutnee parla en première, mais ce qui sortit de sa bouche fut une surprise. « Comment vous sentez-vous, Sénatrice ? »
La bouche de Padmé s'ouvrit involontairement. Une demande inattendue, pour sûr. Et ce serait tellement, tellement mauvais de mentir. Tellement mauvais…Elle racla sa gorge. « je vais bien, votre majesté. »
Le scepticisme était, apparemment, l'une des seules émotions que l'on pouvait lire au travers du maquillage de la reine. « Je demande cela parce que, récemment, j'ai été préoccupée par votre capacité à remplir les tâches demandées par votre position. Peut-être avez-vous des difficultés quant à la quantité de votre travail ? J'ai cru comprendre que vous aviez demandé au Sénateur Binks de vous assister de nombreux de vos devoirs. »
Padmé baissa les yeux, trop honteuse pour croiser le regard de Neeyutnee. La honte la poignardait comme un couteau, « oui, j'ai rencontré certains problèmes. »
Neeyutnee dit, « Sénatrice Amidala, vous êtes une excellente représentante pour les besoins de la planète, ses gens, et notre marché. Il n'y a pas une seule loi que vous avez avancé que je n'ai pas supporté. Cela étant dit, si vous sentez que vous ne pouvez pas continuer à servir Naboo au meilleure de votre capacité, alors je serai dans l'obligation de vous demander de faire quelque chose que je préférerai éviter. »
Padmé réalisa qu'elle tremblait. Virez-moi. Virez-moi, par pitié, tout serait tellement plus simple. Ou plus dur, je ne sais vraiment pas. « Pardonnez-moi, votre majesté, » dit-elle, baissant la tête.
« Je ne vais pas vous retirer de votre poste, Sénatrice. » Quoi ? « La reine Jamillia vous croyait être la meilleure représentante pour notre planète, et je suis d'accord avec son jugement. » Ce n'est pas vrai, cependant, ça ne l'est vraiment pas. Honnêtement. « J'ai l'espoir que votre retour sur Naboo puisse vous aider à vous souvenir des raisons de votre combat au Sénat, en contraste avec l'atmosphère violente de la capitale. Peut-être qu'un peu de temps loin de tout sera bon pour votre santé. »
Padmé resta bouche bée devant elle. C'était tellement gentil, tellement réfléchi. Elle ne méritait pas ce type de gentillesse. « Merci, votre majesté. » dit-elle authentiquement. « Je suis honorée de la confiance que vous me portez. Je promets que je ne me laisserai pas devenir aussi déstabilisée dans le futur. »
Neeyutnee se tint droite et dit, « Il n'y a aucun besoin de me remercier, Sénatrice. Je ne souhaite pas perdre une aussi bonne représentante pour Naboo que vous. »
Une seconde chance. Padmé avait une seconde chance. D'un côté, le poids de tout cela lui donnait l'impression qu'elle allait se faire écraser sur le sol, comme une botte écrase une fourmi*, ne laissant qu'un amas de chaire écrasée, qui ne pouvait pas bouger et était destiné à mourir. D'un autre côté, peut-être que si elle trouvait l'énergie, elle pourrait rendre la reine – et elle-même – fière et pourrait changer la galaxie de fond en comble. Peut-être…
Quand Padmé sonna à la porte de sa maison d'enfance cet après-midi, elle n'était pas sûre de ce qu'elle trouverait. Éviter la planète entière pour sept mois d'affilés signifiait, indirectement, éviter de voir sa famille en personne, et même maintenant, une partie malade d'elle voulait s'enfuir tant qu'elle en avait encore l'occasion. Même les murs en pierre et les plantes à moitié entretenues ne pouvaient calmer son cœur, ou tasser la certitude qu'elle serait accueillie avec des regards désapprobateurs venant de ses parents et de trahisons venant de ses nièces et –
La porte s'ouvrit, et avant qu'elle ne comprenne ce qui se passait, sa grande la tenait fermement contre elle. « Où étais-tu passée !? » cria la jeune femme, relâchant Padmé et la tenant par le bras pour la regarder. Sola était, comme toujours, belle, avec une peau brillante et une robe en velours doux et ce sourire brillant, radieux sur ses lèves.
En réponse, Padmé haussa les épaules. « Sévèrement dépressive. »
Sola l'attira à l'intérieur et ferma la porte. « Maman et Papa sont dehors avec les filles, alors je pense que nous avons tout le temps du monde pour parler. Je veux tout entendre. »
« Je ne suis pas sûre que tu saches dans quoi tu t'embarques en disant que… »
« Tout. »
Alors Padmé parla. À propos du Sénat, et comment elle ne pouvait s'en sortir, et comment la Reine Neeyutnee était passée à deux doigts de la virer à propos de ses sentiments, et comment elle voulait tellement, parfois, occasionnellement, passer sous un speeder à propos de fait que, tu te souviens de ce mignon Jedi qu'elle avait ramené à la maison une fois, et qui était son garder tu corps ? Ouais, eh bien, ils se sont mariés et, oh, il était aussi mort et elle était une veuve et c'était sa faute s'il était mort et elle ne pouvait arrêter de penser à lui pendant une seconde et c'était tellement tellement tellement tellement tellement douloureux et Sola…
Quand ses parents rentrèrent, les pleurs aveint cessées. Elle se sentait trop drainée, mais elle attira tout de même les deux adorables filles de Sola dans une gros câlin et pressa un million de baisers sur leurs mignonnes couronnes tressées avant de se diriger vers ses parents, s'accrochant à eux comme si elle était à nouveau une enfant.
Quand ils se séparèrent, Jobal, sa mère, dit, « Combien de temps restes-tu ? »
« Je ne suis pas sûre, » répondit Padmé. « Pas longtemps. »
« Tu restes la nuit au moins ? » Demanda son père, Ruwee, se dirigeant déjà vers la cuisine pour commencer un festin. « Nous avons quatre cours prévus ! »
Padmé laissa échapper un rire, toujours agenouillé et enlaçant les filles de Sola. « Au moins. »
Ce soir-là, ils organisèrent le plus délicieux dîner que Padmé n'ait jamais eu, et pendant juste un moment, elle put oublier la douleur.
Plus tard, Padmé s'assit sur les marches de sa maison, avec les bras de sa mère enroulés autour de ses épaules. Elles regardaient les étoiles. Il n'y avait aucun endroit sur Coruscant où l'on pouvait les observer. Peut-être certains endroits de temps en temps, mais la pollution lumineuse était telle que c'était comme s'il faisait jour perpétuellement. L'air était tellement plus propre ici, et tout était plus calme, et elle souhaite plus que tout ne pas avoir à rentrer.
« Je pense toujours que tu travailles trop, » dit doucement Jobal contre son oreille, caressant les cheveux de Padmé. Elle se sentait à nouveau comme une petite fille, mais de la meilleure façon possible. « Tu sembles épuisée. Drainée. Tu devrais rester ici un moment. »
« Je ne peux pas, maman, » murmura Padmé. « La reine m'a rappelée ici pour me donner une réprimande formelle, car j'ai négligé toutes mes responsabilités. »
« Eh bien, peut-être qu'un jour, quand la Reine Neeyutnee sera une mère, elle comprendra à quel point il me peine de te voir dans une si grande souffrance. » Padmé releva son visage pour la regarder. « C'est vrai, je le sais. Je peux voir à travers toi. Je ne sais pas ce qui s'est passé, et tu n'as pas besoin de me le dire si tu ne le veux pas – mais je veux juste que tu saches que je serai toujours là si tu as besoin de parler. Chacun d'entre nous sera là. » Jobal sourit chaudement. « Tu auras toujours une maison ici, Padmé. »
« Merci, maman. »
Ils retournèrent regarder les étoiles.
Avant qu'elle ne retourne à Coruscant, elle reçut une prescription pour des antidépresseurs de son docteur de Theed. On lui fit savoir qu'il faudrait quelques semaines avant qu'ils ne commencent à fonctionner, et honnêtement, Padmé n'était pas sûre de pouvoir tenir si longtemps, mais c'était un vrai soulagement d'avoir un diagnostic auquel se raccrocher. Enfin, c'était mieux que de vivre avec l'idée lancinante que peut-être, tout n'était vraiment que dans sa tête. Quelque part, elle réussit finalement à se convaincre que peut-être, tous les autres avaient raison. Que quelque part, pour n'importe quelle raison, elle méritait vraiment de se sentir mieux
Sans doute que l'enfer ne voulait pas d'elle.
Un mois plus tard, c'était toujours dur. Certains jours, Padmé se réveillait après avoir dormi trop longtemps, se retournait, et reposait sa tête sur l'oreiller, jusqu'à ce que Moteé ne la force gentiment à se lever. Ces jours-là, on aurait dit que les étoiles étaient parties et qu'il n'y avait plus aucune raison de s'habiller parce qu'il y avait une guerre en cours et que la civilisation s'effondrait et que personne au Sénat ne semblait s'en inquiéter. Ces jours-là, elle combattait ses larmes alors qu'elle regardait le temple Jedi depuis son balcon et elle se sentait malade lorsqu'elle réalisait qu'Obi-Wan et Ahsoka étaient dehors, en train de se battre dans une guerre dont ils, comme Anakin, pourraient ne pas survivre.
D'autres jours, elle se levait et était heureuse de voir le soleil. Elle était prête à mettre sa robe et aller au Sénat et parler haut et fort parce que, hey, il y avait une guerre, l'économie s'écroulait, des gens mouraient tous les jours, et elle avait besoin de faire quelque chose contre ça. La paix n'allait jamais être atteinte si elle restait debout et regardait la République tomber en ruines. La paix n'allait pas attendre qu'elle dépasse le sentiment d'être veuve à l'âge de vingt-cinq ans. La paix n'allait pas s'opposer contre les appels à créer plus de clones ou contre l'augmentation des dérèglementations des services gouvernementaux ou contre les pouvoirs qu'obtenaient le Chancelier qui n'était même pas présent à Coruscant en ce moment. La paix avait besoin qu'elle ramène sa tête dans le jeu.
Jamais, pourtant, Padmé n'oublierait la couleur des yeux d'Anakin, ou la façon qu'avait son visage de s'illuminer lorsqu'il la voyait dans une pièce. Elle n'oublierait pas leur jour de mariage et leur nuit de noce ou n'importe quel jour ou nuit depuis, ni le toucher de ses mains et le sentiment de ses cheveux dans ses doigts et les picotements qu'elle ressentait quand leurs peaux se touchaient. Ses souvenirs resteraient mais elle n'autoriserait pas ses sentiments à la contrôler. Avec ou sans Ani, elle serait toujours sa propre personne, et peut-être que c'était assez.
NDA : Merci de lire ! J'espère que vous allez tous bien. (Padmé mérite de se sentir mieux) (Je vous attaquerai si vous dites le contraire) et non, il n'y aura pas d'update à un rythme plus rapide que toutes les deux semaines, désolé.e !
Vous commentaires ont tellement d'importe pour moi, je ne peux même pas vous dire à quel point ils comptent. Vous êtes tous si bon avec moi, voici un petit indice pour le chap 8 : un certain cutie qui souffre d'une amnésie et de toutes sortes de problèmes aura bientôt son nom changé pour quelque chose qui commence par un V. Wow, tellement ambigu !
NDT : Je suis encore prise la semaine prochaine, donc pas de chapitre lundi, de même entre le 13 et le 20 inclus.
Concernant le rythme après vacances, on passera à un chapitre par semaine, le samedi soir ou le mercredi soir selon mon emploi du temps.
*Levé de soleil se dit Sunrise en anglais, c'est donc jeu de mots avec la boisson
