Chapitre 8 – Fièvre
Warnings : Dark. Violence/mort/meurtre typique du canon, dépression, abus, pensées suicidaires. Pas sûr.e que ce soit très importants mais il vaut mieux prévenir que guérir.
J'espère que vous aimez les chapitres qui durent dans le temps parce qu'il y a beaucoup à couvrir ici ! Il prend place sur une période de cinq à six mois.
Une lumière zénithale transperça ses paupières fermées. Il leva sa main droite pour bloquer les rayons, ses doigts métalliques, froids, se pressant contre sa peau. Il ouvrit les yeux, luttant contre la luminosité et balaya la pièce du regard. Il était allongé sur une table, couvert seulement pas une couverture blanche. À sa propre confusion, il trouva que tout était diffèrent, mauvais – les murs étaient noirs au lieu d'argenté, des lampes vertes incrustées dans les murs projetaient une lumière étrange, contrastant avec la clarté impersonnelle d'avant. Il avait dû être déplacé, mais quand ? Un moment plus tard, il haussa les épaules, cela n'avait probablement pas d'importance.
Tout était toujours douloureux. Sa tête, sa poitrine – s'il n'en tenait qu'à lui, il aurait pensé que même son bras métallique le faisait souffrir. Et il ne pouvait pas, au nom de Dieu, se souvenir de son nom.
Penser était douloureux, alors il arrêta. Vivre était douloureux. Il souhaitait ne pas être vivant.
Après être resté allongé un moment, blessé et affamé et anxieux, avec à peine assez de volonté pour lever sa tête, une porte s'ouvrit et il ne put rien faire d'autre que grimacer, se tournant sur le côté et se repliant sur lui. Un homme en robe noir s'approcha de lui et le regarda avec ses yeux jaunes, brillants sur son visage sombre, il porta ensuite ses doigts à sa tête.
« Comment te sens-tu aujourd'hui, Vador ? »
Il fronça les sourcils, confus. Personne ne lui parlait jamais, ils se contentaient d'abuser de lui et de le torturer et de faire des expériences sur lui, alors pourquoi cette personne le faisait, et par l'enfer, qui était Vador ?
« As-tu déjà oublié ? » dit le vieil homme. Sa voix sonnait comme un croassement. « Je te l'ai déjà expliqué. Vous devrez travailler sur votre capacité à vous souvenir. Mes troupes t'ont trouvé sur une base ennemie, il y a plusieurs jours, et t'ont mené ici. Mon nom est Dark Sidious. Et tu…es Vador. »
Ça le dérangeait plus que cela ne le devrait, que le nom de 'Sidious' fasse résonner plus de cordes en lui que 'Vador' ne le faisait, surtout si Vador était le nom qu'il cherchait depuis tout ce temps. Mais SIdious…Il y avait quelque chose à propos de ce mot qui glaçait tout son corps.
« Dis-moi, » dit Sidious. « Te souviens-tu de qui tu es ? » Il - Vador ? - secoua sa tête. Sidious hocha la sienne presque imperceptiblement, mettant ses mains sur la table. « Très bien c'est ce que je pensais. Tu auras plus de temps plus tard pour assimiler ce que tu dois savoir. Pour l'instant, je vais seulement te rappeler la chose la plus importante : tu es l'un des plus puissants utilisateurs de la Force de la galaxie, le deuxième derrière moi. Te souviens-tu au moins de la Force ? »
La Force ? Oh, la Force, comment – comment avait-il pu oublier la Force ? Cette incroyable, puissance, merveilleuse énergie qui unissait tous les êtres vivants. Il ne pouvait pas la sentir en ce moment, réalisa-t-il, et il ne savait pas ce qu'elle était exactement, mais il voulait qu'elle revienne. Il hocha la tête pour répondre à la question.
« Bien, » dit Sidious. « Ta guérison devrait donc être assez rapide. Quand le temps viendra, je t'apprendrai la voix du côté obscur, comme je l'entends. » Puis, dans un sourire tordu, déplaisant, il ajouta, « Bientôt, tu commenceras à m'appeler 'Maître'. »
Dans le miroir, Vador vit une grande silhouette décharnée, avec de fins cheveux noirs déchiquetés et des yeux bleus fatigués. Il était couvert de plaies et sa peau était criblée de cicatrices mal soignées. Son corps entier paraissait étrange et était déformé par des mois d'atrophie musculaire et il avait à peine la force, ou même la volonté, de s'assoir. En définitive, il était une figure pathétique, pâle, horrible à regarder, qui pouvait à peine bouger et n'aurait pas été capable de prendre soin de lui-même, même si on lui donnait l'occasion.
Et il était toujours effrayé. Effrayé effrayé effrayé. Les docteurs qui prenaient soin de lui était ce qui le pétrifiait principalement. Leur simple vue le faisait suer, convulser, et leur toucher rendait son cœur fébrile. Ils étaient différents – du moins, c'est ce qu'il pensait, il avait comme un gros problème avec les visages – des gens qui l'avaient électrocuté, mais ils agissaient de la même façon. Impersonnelle, comme s'il n'était qu'un sujet test. Enfin, supposait-il, peut-être que ce n'était pas faux. Outre ce fait, il avait aussi des doutes quant à l'idée que Sidious l'ait secouru – d'où ? Et où était-il ? Pour une raison inconnue, il avait le sentiment que personne ne lui dirait, alors il ne demanda jamais.
C'était tellement étrange. Il détestait ça, mais il n'en avait rien à faire. Même s'il voulait résister, il ne voulait pas. Tout ce que ces gens s'apprêtaient à lui faire allait arriver qu'importe ce qu'il veuille, alors pourquoi ne pas simplement faire avec et rendre ça moins douloureux ?
Il était affalé sur une chaise, regardant – fixant – par la fenêtre un grand canyon jonché d'arbres et de verdures, stupidement impressionné par l'image de la nature, quand Sidious entra dans la pièce, suivit par un grand homme, encore plus vieux, avec une barbe blanche, qui braqua son regard sur Vador avec une haine évidente.
« Êtes-vous sûr que…ceci » dit le vieil homme, désignant Vador de ses doigts, « est le mieux pour faire un Sith, mon seigneur ? »
« Il est jeune, et sera, bientôt, à nouveau fort. Soyez patient, Lord Tyranus. Je suis persuadé que Vador pourrait beaucoup apprendre de vous. » Finalement, Sidious se tourna vers Vador. « Je te présente Lord Tyranus, leader de la Confédération des Systèmes indépendants et mon apprenti Sith. Si je suis absent, tu l'écouteras et lui obéiras comme tu le ferais pour moi. » Les coins de sa bouche se tordirent dans ce sourire mesquin qu'il aimait tant. « Pour l'heure, je te laisse à ses soins. Écoute bien ce qu'il a à te dire. »
Sidious quitta la pièce, et Vador détourna le regard, tentant de comprendre ce qu'un Sith était censé être sans poser la question. Tyranus annonça d'une voix traînante, « Tu te trouves actuellement dans mon palais à Serenno. En tant qu'invité, je m'attends à ce que tu me traites avec le plus grand respect et que tu obéisses à tous mes ordres. » Puis, il ajouta, « Es-tu muet, jeune Vador ? »
« Non, » répondit Vador, sa voix se brisant dû à une inutilisation. Il pourrait parler de façon tout à fait correcte, probablement, s'il le voulait – mais, eh bien, ce qu'il disait ne semblait intéresser personne, alors pourquoi commencer à parler maintenant ?
Tyranus dit froidement, « Tu comprendras bientôt que mon maître n'accepte pas l'échec, et je t'avertis que n'importe quelle faiblesse que tu montres devant lui, sera prise comme telle. Je t'avertis également que j'ai n'ai pas la même confiance en tes capacités que mon maître. Je te surveillerai très attentivement. »
Il quitta la pièce également, et Vador, soulagé d'être à nouveau seul, retourna regarder à la fenêtre, sans rien ressentir d'autre.
Il sembla s'écouler une éternité avant que Vador ne puisse à nouveau se mouvoir comme un être humain normal. Lui et ses thérapeutes physiques (?) marchaient un peu chaque jour, faisant également d'autres exercices pour réparer son corps négligé. C'était fatiguant, épuisant, mais ils le poussaient tout de même à bout, ignorant qu'il aurait préféré ne rien faire du tout. Mais il savait qu'il n'avait pas le choix, alors il mangeait ce qu'on lui disait de manger, et dormait quand on lui disait de dormir, et s'entraînait quand on lui disait de s'entraîner et enfin, finalement, son corps eut l'air moins osseux et il eut un peu plus d'énergie et il n'eut plus l'impression de mourir autant qu'avant.
« Il est temps que je te dise ce que tu as besoin de savoir sur ton passé, » dit Sidious depuis le trône du palais de Tyranus, regardant Vader. « C'est n'est que lorsque tu auras compris ce qui t'est arrivé que tu seras capable d'accéder à nouveau à la Force, et que tu pourras commencer à t'entraîner pour devenir un Sith »
Accéder à la Force… Ça sonnait comme un rêve qu'il avait depuis des mois et des mois et des mois. Être privé de la Force était comme être aveugle, c'était comme vivre dans l'univers sans être capable de le voir, et être sans souvenir le laissait perpétuellement triste et froid et seul et apeuré. Pour être honnête, il se fichait, en quelque sorte, de son passé, s'il en avait vraiment un. À l'heure actuelle, la Force était tout ce qui l'intéressait.
Sidious commença son histoire, expliquant que Vador avait été, ce qu'on appelait, un Chevalier Jedi pour la République Galactique. « Les Jedi, » dit-il, « sont un groupe de moines fanatiques, dogmatiques, hypocrites, qui clament servir la République alors qu'ils ne s'intéressent à personne d'autre qu'eux. Les Jedi sont, en ce moment même, en train de faire la guerre à la Confédération des Systèmes Indépendants, composée de systèmes ayant quitté la République, il y a environ deux ans, pour échapper à la corruption. Quand je t'aurai jugé prêt, ton devoir sera de nous aider, Tyranus et moi-même, à détruire les Jedi et prendre le contrôle de République et de la galaxie entière, afin que les Sith prennent le pouvoir. »
Contrôler une galaxie entière ? S'il devait être honnête, c'était l'une des dernières choses dont Vador voulait être responsable, mais il n'allait pas dire ça à Sidious. Il garda son visage neutre, inégal, alors que Sidious continuait, expliquant quelque chose à propos de l'histoire des Sith et de l'injustice des Jedi, et quelque chose d'autre à propos du Sénat de la Confédération et un tas d'autres choses dont Vador avait perdu le compte à ce stade. Il tenta de garder les yeux ouverts, se força à écouter, mais c'était sans espoir. S'il devait être honnête, il ne s'intéressait absolument pas à ces Jedi ou à la guerre ou aux systèmes de pouvoir de la Confédération des Systèmes Indépendants ou à la corruption de la République Galactique. Bordel, il voulait juste la Force.
« Maintenant, peut-être te demandes-tu pourquoi tu dois personnellement combattre les Jedi, » dit Sidious, et enfin, Vador trouva qu'il pouvait porter attention à ses paroles. « Voici la réponse : Toutes ces blessures sur ton corps sont causées par les Jedi, qui ont autorisé cela à arriver. Tu vois, tu es naturellement plus sensible à la Force que tous ceux de leur Ordre, et ils avaient tellement peur de ton pouvoir qu'ils t'ont assigné, en toute connaissance, à une mission qui ne pouvait se terminer que par ta capture ou ta mort. En résumé, ils t'ont volontairement laissé mourir. Il est possible, je pense, qu'ils l'aient encouragé. Dans un sens, tes souvenirs t'ont été pris parce qu'ils avaient peur de ton pouvoir. Quand le temps viendra, je te donnerai l'opportunité de chercher vengeance contre eux et de les frapper en plein cœur. »
Vador chassa l'enrouement de sa gorge et dit, « je comprends. »
Sidious sourit cruellement. « Alors il est temps que tu aies à nouveau accès à la Force. »
Il pouvait la sentir. La Force. Elle pulsait dans ses veines, fredonnait dans toutes les cellules de son corps, tourbillonnait autour de lui comme des vrilles de chaleur et de lumière et de confort, comme des vrilles de froid et d'obscurité et de terreur, comme des vrilles d'amour et de haine et de noir et de blanc et de toutes les couleurs de l'arc-en-ciel. Là où il avait été attaché au fond de l'océan par des boulons de fer, il était maintenant libre de flotter à travers le cosmos.
Vador se retira de l'univers autour de lui comme Sidious lui avait appris, absent de la Force selon les perceptions des autres, une ancienne technique Sith du côté obscur. Pour dire vrai, lumière et obscurité, Jedi ou Sith, ne lui importait pas vraiment, tout ce qui l'intéressait maintenant était qu'il avait la Force, il l'avait, et il préfèrerait mourir que de la laisser à nouveau partir.
C'était tout ce dont à quoi il pouvait penser, c'était dévorant. Il s'assit sur le sol de sa chambre, jouant avec la Force comme un enfant avec ses jouets, lévitant un couteau émoussé avec son esprit, le faisant tourner dans l'air entre sa main de chair et de métal. Tyranus et Sidious le regardaient à distance, et Vador entendit le premier dire, « Il est trop indiscipliné. Il n'a pas de détermination. »
« Nous lui apprendrons la discipline, Lord Tyranus. Son pouvoir est notre, et il l'a finalement débloqué. »
Vador ne leur prêta aucune attention. Au lieu de ça, il tendit la main et fit léviter un plateau, puis la table où il dormait, puis tous les autres objets de la pièce, fermant les yeux pour s'amuser pour la première fois depuis…toujours.
La Force de retour, Vador se trouva plein d'énergie, ou peut-être que c'était juste une poussée d'adrénaline mais ça n'avait pas vraiment d'importance pour lui. Il passa beaucoup de temps à s'entraîner, un peu plus chaque jour, sentant la brûlure dans son corps, à nouveau en état de fonctionner, expiant tous les mauvais sentiments. Son corps était toujours douloureux la plupart du temps et il avait ces insupportables migraines parfois, mais s'il pouvait trouver une façon de l'ignorer (il ne pouvait pas, mais il avait tellement essayé) alors il pourrait presque prétendre que tout allait bien dans sa vie.
Ça le faisait flipper, cependant, la façon qu'avait Sidious de l'observer depuis les ombres alors qu'il pratiquait, comme s'il attendait quelque chose.
Sidious lui donna un sabre laser, argenté et cylindrique et même familier au toucher de sa main métallique, comme s'il appartenait ici. Quand Vador l'alluma, il en sortit une lame rouge, et c'était, quelque part, mauvais, comme si poigné et cristal n'allaient pas ensemble. Haussant les épaules, il fit quelques mouvements avec, le testant, essayant différentes positions, pensant pour une fois, que ce qu'il faisait, sonnait bien.
Un MagnaGuard vint à lui, son premier challenge après plusieurs cessions inutiles avec un blaster pour se remettre à niveau après…Eh bien, pour ce qu'il savait, il avait pu passer des années sans sabre laser. Le fait est qu'il n'en avait pas besoin. Il était prêt. Même après des mois de souvenirs perdus et de tortures, ils n'avaient pas pu lui retirer ses compétences. Ou du moins, c'était ce qu'il avait pensé avant qu'une extrémité de l'électro-bâton double face du MagnaGuard ne lui perce l'intestin. Quand il revint à lui, il était allongé sur une table d'examen, confus et épuisé, avec des brûlures sur sa poitrine et des docteurs plaçaient des hypos* sur sa peau.
Quand Sidious vint plus tard, Vador entendit les docteurs l'informer de ce qu'ils avaient constatés après des heures à étudier 'le patient' : signes avant-coureurs d'épilepsie et douleur chronique. En quoi est-ce que c'était censé être des nouvelles ?
« Ils sont principalement causé par des dommages neurologiques causés par le fait d'être électrocutés à répétions, mon seigneur, » entendit Vador. « Il y a des médicaments pour éviter les crises, et il pourra bénéficier d'une variété de différents antidouleurs - »
« La souffrance n'a aucune importance, » croassa la voix de Sidious. « Les antidouleurs le rendront moins efficace. Vous ne le soignerez que sur ce qui peux interférer avec sa capacité à combattre. »
« Comme vous le souhaitez mon seigneur. »
Vador pouvait difficilement bouger, rendu léthargique par ses crises, mais sa tête était assez claire pour qu'il puisse comprendre et il serra sa mâchoire et sa main si fort que le contrecoup lui envoya une douleur lancinante dans le bras. Moins efficace ? Qu'était-il, un droïde ? Un jouet ? Un esclave ? Cette pensée le rendit coléreux et il ne savait pas complétement pourquoi, mais c'était probablement parce que, pour la première fois de sa mémoire, Vador pouvait marcher et combattre et s'entraîner et utiliser la Force et pourquoi il n'était qu'un simple servant aux yeux de Sidious ?
Sidious le regarda sévèrement, sentant la nature de ses pensées, et dit, « Oui, tu es mon esclave. Je suis celui qui t'a sauvé, n'est-ce pas ? Ne suis-je pas celui qui t'autorises à débloquer ton potentiel ? »
À travers sa mâchoire serrée, Vador dit, « Oui. »
« Je t'ai dit de m'appeler 'Maître'. »
Vador tremblait de rage, et peut-être de quelque chose d'autre. « Oui, Maître. »
Sidious s'approcha de lui, le dominant. Ses yeux jaunes transperçaient, à travers l'ombre de sa capuche, directement Vador, qui frissonna involontairement et baissa ses yeux. « Je reconnais t'avoir encouragé à embrasser ta colère, Vador. C'est la voie du côté obscur. Néanmoins, j'attends de toi que tu me traites avec respect, si tu souhaites que je t'autorise à avoir accès à la Force. Sauf si tu souhaites que je te l'enlève ? »
« Non ! » dit Vador trop rapidement, tentant de s'assoir trop soudainement et s'embuant la tête dans le processus. Il s'affaissa à nouveau sur la table, grimaçant. Tout ce qu'il pouvait faire était plaider, « Par pitié, ne l'enlevez pas… »
« Un Sith ne supplie pas, » dit brutalement Sidious. « Ils prennent ce qui est à eux. Tu n'as pas encore pris le contrôle total de ton pouvoir. Quand ce sera le cas, tu me seras bien plus utile, mais jusque-là, Si tu sens que tu n'es pas prêt… » Il s'interrompit, laissant les mots parler d'eux-mêmes.
Une image de la douleur, de la solitude, du désespoir de ne pas pouvoir sentir la Force apparut dans l'esprit de Vador. « Non, Maître. J'en ai besoin, je – je ferai tout ce que vous voulez. »
« Ne me parle plus jamais de cette façon, » avertit Sidious avant de laisser Vador, tremblant et seul.
Soudainement, il semblait être toujours pris de vertige, et il se sentait perpétuellement étrange et généralement malade. Il supposait que ça avait quelque chose à voir avec les mystérieux hypos qu'ils lui injectaient tous les jours, et il tenta d'utiliser la Force pour faire disparaître les liquides, mais personne ne semblait s'intéresser au fait qu'il vacillait dès qu'il se levait et qu'il n'arrêtait pas de vomir, alors il tenta simplement de tout ignorer, comme ils le faisaient.
Et ce n'était pas le pire. Parfois, Vador se levait avec des migraines qui le paralysaient. D'autre fois, la douleur apparaissait dans la journée, commençant par des points troubles qu'il ne pouvait effacer de ses yeux et évoluant doucement jusqu'à ce que le simple fait de bouge ne le mette à l'agonie. Indifférent, son maître demandait à ce qu'il continue ses exercices, qu'importe combien de fois il tombait, agrippant sa tête comme s'il tentait d'empêcher les pièces de se crâne de s'effondrer.
« Ta souffrance m'est dépourvue d'intérêt, » dit froidement Sidious. « Si tu étais en train de te battre contre un Jedi, il ne te prendrait pas en pitié à cause d'un malheureux mal de tête. Il te tuerait, sans pitié et sans hésitation. Tu ne dois pas les laisser avoir l'avantage sur toi. Tu dois les tuer en premier. Recommence. »
« Oui, Maître, » dit Vador avant de rallumer son sabre laser, tentant de sortir de sa tête la pensée 'ce n'est pas juste un mal de tête', pour que son maître perspicace ne l'entende pas. Les MagnaGuards d'entrainement vinrent à nouveau vers lui, attaquant. Il dévia leurs coups et bloqua et para, tentant d'ignorer les pleurs dans ses yeux et la douleur lancinante dans son crâne.
Un autre éclat de douleur, et dans un grognement, son sabre échappa à sa prise. Les MagnaGuards, programmés pour simuler la réalité, enfoncèrent leurs lances électriques dans son estomac. Ses muscles se contractèrent et il s'écroula sur le sol, lorsque les droïdes retirèrent leurs armes de son corps, et il était trop nauséeux pour bouger. Sidious l'abandonna ici, recroquevillé sur le sol, seul avec rien d'autre que la douleur dans sa tête pour lui tenir compagnie, disant, « si cela avait été un sabre laser Jedi, tu serais mort. »
Vador marchait derrière plusieurs de ces…eh bien, 'gardiens' serait probablement le bon mot pour ces deux-là, au travers des sombres salles, puis dans la chambre principale du palais. Tyranus se tenait dedans, et Sidious était assis derrière le bureau, son long manteau noir masquant tout sauf son visage pâle. Les gardiens partirent, et un sentiment d'anticipation inquiétant se fit sentir dans la Force. Vador s'avança et s'agenouilla – courtoisie, protocole, qui s'en souciait, juste, pitié, ne le punissez pas encore une fois pour n'importe quoi qu'il ait put mal faire…
Sidious le regarda de haut. « J'ai décidé de tester tes compétences de façon plus approfondie, » dit-il. « Tu affronteras Tyranus, peut-être le plus grand épéiste de la galaxie. Il n'y aura pas de meurtre, même si je m'attends à ce que des égratignures puissent se produire. »
Regardant autour de lui, Vador se leva, tenant son sabre laser. Pensait-il qu'il pourrait être capable de battre Tyranus ? Eh bien, non, pas vraiment, mais ça ne voulait pas dire qu'il n'allait pas essayer. Tyranus avait une lueur maléfique dans ses yeux, tenant sa lame dans une forme que Vador ne reconnaissait pas vraiment. Vador décida de faire le premier mouvement : il fit pivoter son sabre dans sa main une fois et s'approcha de Tyranus, qui para le sabre rouge de Vador avec le sien, et le dirigea dans une autre direction d'un simple mouvement de bras. Vador tenta un autre mouvement, venant à lui en levant sa lame, mais Sidious fit un pas sur le côté et laissa Vador battre l'air.
« Tu n'as aucune forme, » dit Tyranus. Il avait son bras gauche derrière lui, comme s'il s'attendait à ce que ce soit facile. « Tu ne peux pas vaincre un Jedi si tu n'as aucune forme. »
Encore une fois, Vador se jeta en brandissant son sabrez pour fendre, mais Tyranus sembla presque l'éloigner et dans un flash, tap, la lame de Tyranus toucha le bras métallique de Vador c'était le plus léger des mouvements, mais echuta, c'était douloureux à en hurler. La main métallique de Vador laissa tomber le sabre et se porta instinctivement à la plaie, mais évidemment, il appuya trop fort et ce fut encore plus douloureux. Un son agonisant lui échappa et il se plia en deux, reculant.
Tyranus désactiva son sabre et le plaça à sa ceinture. « Tu me combats comme tu combats tes droïdes, » dit-il. « Tes attaques sont brutales et imprudentes. Contre un Jedi, tu ne survivrais pas. »
Pour être honnête, pensa Vador alors qu'on le ramenait à sa chambre et lui donnait du bacta pour stopper l'infection, il n'en avait absolument rien à foutre parce que son bras lui faisait tellement mal. Alors qu'il s'allongeait, maudissant les Sith et Tyranus et tout le reste, il décida qu'il était fatigué d'être malmené et désigné comme faible et qu'il allait se fortifier et prendre le putain de pouvoir que Sidious lui offrait. Il n'était pas faible, et il allait le prouver.
Le temps passa, et contre les MagnaGUards Vador se développa. Trois contre un, un autre déjà démantelé sur le sol, son sabre laser était une part de lui, autant que son bras métallique l'était. Tyranus trouvait ça barbare, révolté à l'idée qu'un humain puisse être en partie machine, mais il ne savait pas que Vador pouvait sentir la Force couler là où la chaire rencontrait le métal jusqu'à la pointe de sa lame rougeoyante comme une extension de lui-même. Son sabre laser fendit l'arme de l'un des droïde et l'instant suivante, le droïde étincelait sur le sol. Une minute plus tard, deux droïdes de plus le rejoignirent.
Vador chassa la sueur de son front avec un main, détournant un tir de blaster de l'autre. Les régimes d'entrainement au combat étaient difficiles, mais il s'améliorait chaque jour. Il n'avait pas de sentiments positifs envers Sidious, surtout pas après le commentaire 'moins efficace' – il était une personne pour l'amour de Dieu, pas un putain de droïde, ou, par la Force, un esclave – mais, Vador devait admettre qu'il était reconnaissant pour le pouvoir que Sidious lui avait donné. Ou plus précisément, avait libéré de lui-même.
Avec les MagnaGuards à terre, il se sentait presque ennuyé. Tirs de blaster, tirs de blaster, quoi pouvaient-ils lui lancer d'autre ? Il pouvait le prendre. Cela faisait un mois (enfin, il en était presque sûr, l'écoulement temps lui échappait généralement) depuis son combat avec Tyranus, et il était plus fort que jamais. Ses muscles étaient revenus, il n'était plus aussi fatigué qu'avant – il était puissant.
Pas qu'il sente bien. S'il n'y était pas forcé, n'était pas sous la constante menace de Sidious le blessant ou lui enlevant la seule chose sur laquelle Vador pouvait compter, il était plutôt sûr qu'il n'aurait même pas la volonté de se lever quand ils le réveillaient tous les matins. S'il n'y avait les droïdes à fendre et l'entraînement pour se distraire, Vador était persuadé qu'il serait plutôt mécontent d'être en vie.
Tyranus se tenait une nouvelle fois devant lui, brandissant son sabre laser. Vador était prêt cette fois Tyranus avait quoi ? soixante-dix ans ? Peut-être plus. Il était vieux. Probablement fragile, derrière sa façade imposante. Sa puissance n'égalait sans doute pas un homme de – um, quel âge avait Vador ? Ok, il ne savait pas ça non plus, mais c'était sans importance. Il était assez jeune pour mettre Tyranus à terre sans problème, du moins, s'il s'était bien entraîné.
Le combat dura plus longtemps que le premier. Vador vint à lui, réagissant plus rapidement aux mouvements tranchants de Dooku, utilisant son corps et toute sa force pour gagner de l'élan et passer à l'offensive contre le vieil homme. Il était possible qu'il eût été trop confiant, cependant, parce que soudainement, il fit un mauvais mouvement et tap, la larme de Tyranus rencontra son bras. La main droite de Vador était coupée et il ne pouvait plus bouger ses doigts, des étincelles sortaient de la blessure et il lui fallut toute sa concentration pour éviter une seconde attaque, plus haute sur son bras, en esquivant et roulant sur le côté.
Avec sa main gauche, il tendit son bras et utilisa la Force pour attraper son sabre laser, mais même une fois récupéré et allumé, il ne fallut que quelques coups à Tyranus pour qu'il ne laisse à nouveau tomber son sabre et un autre pour sectionner sa cuisse. Sa jambe le lâcha immédiatement, et il tomba à quatre pattes dans un grognement rauque, mais sa main métallique ne put le supporter et il s'écroula sur le sol, aux pieds de Tyranus.
Derrière eux, l'horrible rire tranchant de Sidious se fit entendre et Tyranus dit, « Tu n'es qu'une bête. Tu devrais être reconnaissant que je me contente de briser ton bras de droïde répugnant au lieu de le trancher complétement. »
Avec un grognement au fond de la gorge, Vador leva son bras gauche pour étrangler Tyranus avec la Force, mais le plus vieux Sith était plus rapide : il balaya sa main comme si elle n'était qu'une punaise et Vador fut rejeté sur le sol, haletant.
Sidious se leva de son trône et s'approcha d'eux, toujours souriant. « Bien, bien. »
« Il n'a aucune discipline, mon seigneur, » dit Tyranus, regardant Vador sur le sol comme s'il n'était qu'un animal répugnant.
« C'est vrai, » répondit Sidious. « Je devrai rendre son entraînement plus stricte. Je pense avoir quelque chose que le rendra encore plus puissant. »
Dehors, au crépuscule, Vador courait. Courir lui procurait un sentiment de bien-être, il se sentait revigoré, et les rares jours où il pouvait le faire sans que sa tête ne le martèle était l'une des seules bénédictions qu'il avait. La température était agréable, mais ses vêtements étaient brûlants et il transpirait. Il sentait la brûlure. Il ne pouvait pas quitter les lieux mais être à l'extérieur était un cadeau. Il faisait attention à ne pas le montrer cependant. S'ils savaient qu'il appréciait, ils lui interdiraient de sortir.
Il stoppa sa course, pliant, encore une fois, sur la douleur de sa jambe et son genou le menaça d'abandonner. Ça guérirait, tôt ou tard, il se savait, comme la blessure à son bras l'avait fait, mais ça rendait l'entraînement compliqué, et le running encore plus.
Reprenant son souffle, il observa ce qui l'entourait. Le ciel était magnifique. L'ai frai, forestier, sentait divinement bon. Le son des petits animaux semblait réel. La verdure lui donnait envie de s'échapper. Il avait trop peur d'essayer.
« Il temps pour toi de me prouver que tu es capable d'exécuter tout ce que je te demande. Pour ce premier test, ta tâche sera de tuer ce prisonnier venu d'une colonie récemment confédérée de l'a Bordure Extérieure. »
Vador entendit les derniers mots comme à travers un filtre. La peur de la femme Twi'lek, agenouillée et tremblante sur le sol, entourée par deux droïdes de combat, écrasait ses sens et sa terreur lui envoyant des couteaux chauffés à blanc. Quoi ? La tuer ? Pourquoi ? Il fronça les sourcils. « Qu'a-t-elle fait ? »
« Tu n'as pas à demander de raison pour obéir à mes ordres, » dit sèchement Sidious. « Tue-la. Maintenant. »
Le regard de Vador alterna entre les yeux marrons sauvages, plaidants, de la Twi'lek et ceux jaunes et sans cœur de son maître. « Je ne comprends pas. »
Sidious le sonda. « Oh je crois bien que si, » dit-il. « Tes sentiments sont déplacés. Cet alien pathétique ne mérite pas ta pitié. Elle est un être inférieur, un que nous avons conquis, et maintenant, il est temps qu'elle meure. »
Vador avait un nœud dans la gorge, et il mordit ses lèves. Non, ses sentiments n'étaient certainement pas déplacés, parce que cette femme n'avait absolument rien fait de mal et ne méritait pas d'être tué de sang-froid – elle ne méritait même pas la souffrance d'être agenouillée devant eux, à les écouter discuter de sa mort. Ce n'était pas bien, Vador ne pouvait pas – Vador n'allait pas -
« Je sens ta résistance, » dit Sidious, son ton étrangement léger. « Très bien. J'avais espéré que tu puisses faire plus que ça, mais apparemment je dois m'y prendre autrement… » D'un mouvement de la main, quatre MagnaGuards se mirent à bouger simultanément, allumant leur électro-bâton dans un même mouvement rapide, les pointant droit sur Vador.
La peur de la Twi'lek était oubliée, tout ce que Vador pouvait sentir était sa propre peur, grandissante en lui, dans son cœur et dans sa poitrine et dans son estomac. Les crépitements jaunâtres de l'électricité pétillaient dans l'air, ils se rapprochaient, Vador s'immobilisa et se souvint – se souvint – de lui, attaché sur une chaise tandis que – tandis que – ils se rapprochaient – ils n'étaient qu'à trois mètres, et ils allaient prendre tout ce qui restait à Vador – deux mètres, chaque fois qu'il était électrocuté par ces bâtons, il avait une migraine pendant deux jours – un, un mètre, un mètre un mètre un mètre –
« Non, non, je le ferai, je le ferai, je le ferai, » balbutia-t-il, reculant d'un pas trébuchant. Les électro bâtons, toujours allumés, stoppèrent leur course, et les MagnaGuards les écartèrent. Vador respirait de façon haletante, et il tremblait tellement qu'il devait tenir son sabre laser avec ses deux mains. La femme Twi'lek secoua sa tête frénétiquement, le suppliant avec ses yeux. Ses mains étaient liés devant elle, et elle tenta de se dégager des droïdes qui la retenaient, ses yeux étaient marrons, et sa peau était verte, et maintenant, sa peur était aussi tangible que la sienne. Il se rapprochait, il était sûr qu'elle ressentait la même chose envers lui que ce qu'il avait ressenti pour les MagnaGuards, elle devait le détester et le craindre et être soulagée, il était sur le point de devenir un horrible meurtrier et il le faisait en toute connaissance de cause, par choix –
- Et Vador était sûr que pour le reste de sa vie, même si quelque chose arrivait et qu'il oubliait à nouveau tout ce qu'il connaissait, il était persuadé qu'il se souviendrait toujours de ce à quoi ressemblait à un corps mort sur le sol.
Seul dans sa chambre, Vador était recroquevillé dans un coin, ses doigts humains enroulés dans ses cheveux.
Il avait tué cette femme. Avait commis un meurtre. L'avait sentie mourir. Il avait marché dans la pièce et l'avait tranchée en deux. Volontairement. Pour sa propre personne. Et pourquoi ? Parce qu'il avait peur d'un peu de souffrance ? Parce que son maître était cruel. Pourquoi Sidious était même son maître ? Vador n'avait pas eu à supporter ça. Alors pourquoi l'avait-il fait ? Il ne savait pas. Probablement parce qu'il était tellement, tellement effrayé, tout le temps, tout le temps, ne pouvait-il pas, une seconde, vivre sans avoir si peur –
Tu l'as tuée.
Peut-être…Peut-être que c'était mieux comme ça. Elle serait probablement morte de toutes façons, par vrai ? Et la mort par un sabre laser était rapide. Peut-être même sans douleur. S'il n'avait pas été celui à la tuer, comment serait-elle morte ?
Il secoua sa tête vigoureusement, tentant de se débarrasser de cette pensée et cacha sa tête dans ses genoux. Miséricordieux ? C'était la pensée la plus stupide qu'il n'ait probablement jamais eu. Tuer des gens n'était pas miséricordieux. C'était juste mauvais.
Mais tu l'as tout de même fait.
Combien de personnes Sidious allait-il l'obliger à tuer ? Ce n'était pas comme s'il n'y en aurait qu'une. Il y aurait des Jedi, probablement, qu'importe qui ils étaient. À cet instant, Vador n'en avait rien à faire. Rien n'avait d'importance. Rien du tout. Parce qu'il était un tueur, il n'y avait pas d'autre façon de le dire. Il avait tué une femme pour sauver sa propre vie.
Il souhait être mort. Lui. Il ne voulait plus blesser personne. Plus jamais.
Mais allait-il le faire ?
Il ne voulait pas le découvrir.
Un autre corps sur le sol. Des nuées de fumée s'élevaient de la blessure. Une espèce aliène que Vador ne connaissait pas – enfin, si, mais il ne pouvait pas se souvenir du nom. Ça n'avait pas vraiment d'importance, de toute façon, supposa-t-il en fixant le corps. Rien ne semblait avoir de l'importance dans cet univers de merde.
Le corps fut trainé plus loin et un autre fut amené par une paire de droïde. Un enfant, cette fois, fixant l'autre, puis fixant Vador. Son regard effrayé mais haineux le transperça comme les vents cinglants d'une planète de glace, et Vador ne pouvait que le mériter.
« Fais-le, Vador, » dit Sidious derrière lui. « Fais-le pour avoir du pouvoir. Fais-le pour que je n'aie pas à te retirer la Force. »
Mais il ne voulait pas. Il ne voulait vraiment, vraiment pas. Souviens-toi du vide, dit une voix dans sa tête. Te souviens-tu être incapable de marcher ou de te nourrir ou de t'habiller sans aide ? C'est ce qui arrivera si tu ne tues pas cet enfant maintenant, Sidious s'en assurera.
Mais ce n'était pas si simple, pensa-t-il.
Ça l'est si tu le laisses être, dit la voix imaginaire. Et il supposait que c'était vrai.
Une respiration bruyante, le resserrement de sa main de mal, l'allumage sifflant d'une lame rouge, la douleur dans la Force d'une vie arrachée à la Force, et c'était terminé. Un autre mort. Une autre vie enlevée.
N'y pense pas, dit la voix. Ce sera sans douleur si tu fais ce qu'il dit.
Mais ce n'était pas vrai, parce qu'à chaque fois que Sidious obligeait Vador à tuer quelqu'un, ça le blessait lui.
La douleur partira.
Vador l'espérait, alors qu'il tranchait un autre corps.
C'était comme si quelque chose était en train de le ciseler, brisant les coquilles extérieures de vulnérabilité émotionnelle qu'il avait depuis longtemps. Il pleurait souvent, avant, se souvint-il, quand on lui retirait ses souvenirs. Il avait été un désordre pathétique, inutile, effrayé et confus et apeuré et faible et impuissant.
Maintenant…Maintenant il était puissant.
C'était horrible, logiquement il savait que c'était horrible, qu'il puisse tuer tous ces gens sans rien ressentir. Mais c'était juste ça – il continuait de les tuer et de ne rien ressentir. Pas de remords, pas de honte, rien. Peut-être que ça avait été le cas, pendant un moment, et qu'il l'avait oublié. Il ne pouvait se souvenir de rien, après tout. Il aurait pu en tuer deux douzaines, ou une centaine ou plus. Il ne savait vraiment pas. Il devinait qu'il ne voulait vraiment pas le découvrir. C'était bien plus simple comme ça.
Une fois encore, Tyranus se tenait devant lui, brandissant son sabre comme il le faisait toujours. Brièvement, Vador pensa aux fois précédentes, pensa aux coupures sur ses bras et ses jambes. Pensa à l'humiliation et la dégradation. Il décida que ça n'arriverait pas cette fois. Pas encore.
Il choisit de faire le premier mouvement, le combat se déroulerait selon ses conditions. Il tenta quelques mouvements simples, comme prévu, Tyranus les détourna sans effort. Quelques autres. Quelques autres. Tyranus pensait toujours qu'il avait l'avantage, Vador pouvait le voir dans ses yeux, pouvait sentir sa confiance en lui via la Force. Vador allait lui montrer à quel point il avait tort.
Ses deux mains agrippant sa poignée, Vador dévia la lame de Tyranus sur le côté, prétendant, juste prétendant, qu'il faisait des mouvements maladroits, qu'il ne savait pas ce qu'il faisait. Tyranus eut un sourire suffisant. Leurs sabres se rencontrèrent, luttant l'un contre l'autre. Vador céda face à Tyranus, seulement d'un centimètre. Retira son épée. Fit semblant de grogner.
Tyranus recula d'un pas, et dit, « Aussi maladroit et faible que toujours, jeune Vador ? Il semble que tu n'aies pas fait autant de progrès que l'on prétend. »
Et Vador renversa son sabre autour de sa main, s'avança rapidement en avant, mettant tout sa puissance dans son attaque. Tyranus l'esquiva, fit un autre pas en arrière, leva son sabre, mais Vador était également là, croisant la lame, repoussant. C'était tout. Vador repoussait, et repoussait et repoussait, envoyant toute son énergie et toute sa concentration dans les mouvements de son sabre.
Ça avait prit Tyranus par surprise, Vador pouvait le voir dans ses yeux, même s'il tentait de la cacher. Vador était puissant, et avec la Force derrière lui, la défense de Tyranus n'avait aucune chance. Vador attaqua et attaqua, rencontra le sabre de Tyranus, qu'importe où il l'avançait. Il le bloqua finalement en plein vol et le repoussa si violement qu'il échappa à la prise de Tyranus. Vador l'attrapa de sa main gauche et pointa les deux lames sur le Sith plus âgé, à quelques centimètres de son cou.
C'était terminé, c'est que disait le rire de Sidious. « Très bien, Vador, » dit son maître, quittant son trône pour s'avancer vers eux. « Plus qu'excellent. Tu as beaucoup appris. »
Vador l'écouta, et fixa les yeux de Tyranus. Il y avait de la peur, et cela le ravissait, et il y avait de la surprise. Vador désactiva les sabres et lança celui de son adversaire au sol. Puis, il se tourna vers Sidious et dit, « Merci, Maître. »
« Tu es devenu plus puissant, » dit Sidious, l'évaluant. « Très peu de gens peuvent rivaliser avec Lord Tyranus. Tu t'es montré plus que digne. Je pense que tu es prêt. »
« À quoi, Maître ? »
Sidious afficha son horrible sourire. « À commencer à tuer des Jedi. »
Vador ne se regardait pas souvent dans les miroirs, il n'aimait pas le regard de sa figure hantée le fixant, mais un jour, il eut un aperçu et fronça les sourcils, n'avait-il pas les yeux bleus ? Ils l'avaient été, il en était sûr, sa mémoire ne pouvait pas être telle qu'il en oublie la couleur de ses propres yeux, mais pourtant, il était là, avec ses yeux décharnés et jaunes. Ses cheveux étaient toujours fins et fragiles, et il semblait généralement maladif, il se sentait malade et vide tout le temps, mais Sidious semblait penser qu'il était en état de quitter Serenno.
Les mains noueuses de son maître lui tendirent un masque. Il était noir et d'apparence squelettique, apparemment moulé autour de lui, même s'il n'avait pas souvenir qu'ils aient fait ça. Il allait avec une paire de vêtements qui avaient été créés pour lui, la partie supérieure était moulante et en cuir synthétique, avec une plaque d'armure qui traversait ses épaules.
« Le masque cachera ton identité à ceux qui ne doivent pas te reconnaître, » dit Sidious, sa bouche se tordant dans un sourire alors que Vador le mettait. « On ne peut pas laisser ton identité être révélée aux Jedi. Si c'était le cas, ils pourraient tenter de te ramener à leur temple. Ils pourraient même te tuer, pensant que tu les as trahis. Ils seraient bien plus injustes envers toi que je l'aie été. »
Vador hocha la tête et Sidious continua, « Tu partiras à bord d'un navire de la Confédération, qui déposeras, avec plusieurs bataillons de droïdes, sur Felucia. Il y a là-bas un maître Jedi du nom de Leth Chen. Il devrait être une proie relativement facile pour ton premier combat avec un Jedi. Tu le tueras et me feras un rapport. »
« Oui, Maître. »
« J'ai, pour ma part, d'autres devoirs à accomplir, » dit Sidious. « Ne me contacte pas, sauf si c'est pour te donner ton rapport. Est-ce que tu m'as compris ? »
« Oui, Maître. »
Sidious sourit. « Bien. Alors pars, Vador, et fait ce qui doit être fait. »
Des milliers de corps envahissaient le champ de bataille. Des droïdes, des êtres vivants, certains respiraient encore, d'autres étaient morts. La sabre laser bleu du Jedi n'était pas simple à distinguer parmi les centaines de tirs de blaster colorés. Dans la Force, cependant, la couleur était superflue, le champ de bataille était comme une veillée aux chandelles autour d'un feu de camp. Chaque clone était une flamme scintillante dans le vent, mais les Jedi parmi eux brillaient et la lumière qu'ils émettaient était comme une balise. Particulièrement sur Felucia, où la Force était aussi épaisse qu'un brouillard. Évoluer parmi les clones, et les feuilles massives des arbres, et attaquer le Jedi par derrière était une tâche aisée pour Vador.
S'il devait être entièrement honnête avec lui-même, il ne se souvenait pas vraiment avoir tué le Jedi. Cela n'avait pris qu'une minute ou deux, mais même avec son travail accompli et le corps jonchant sur le sol, Vador ne s'arrêta pas de bouger, détournant des tirs de blasters comme si ce n'était qu'une autre série d'exercices.
Il aimait se battre. Il faisait chaud ici, comme il l'aimait, même s'il pouvait faire sans l'humidité, et le feu de l'action faisait en sorte qu'il n'ait plus à penser. Ni au fait que la mort du Jedi lui avait donné l'impression de recevoir un coup de poing dans le ventre, ni au fait que la Force avait semblée gémir en signe de protestation, face au meurtre de l'un des siens. Étrangement, même avec les abus de photons entrant en collision avec des arbres féluciens bioluminescents, même avec les clones et les droïdes s'effondrant l'un après l'autre autour de lui, le combat était comme un soulagement bienvenu.
Il ne savait pas exactement quel était son rang et sa position. Suffisamment élevé pour que les droïdes suivent ses ordres s'il en donnait, bien qu'il puisse voir sur le visage de Tyranus que le Sith le plus âgé n'appréciait pas ces arrangements. Vador lui-même ne s'intéressait pas au fait de donner des ordres, il voulait juste être là-bas, regardant des tanks et des canonnières exploser et des campements fortifiés illuminer la nuit comme des feux d'artifices. Il le respirait. Il le vivait. La sueur et la brûlure et le feu de l'action. Là-bas, la souffrance n'avait pas d'importance. Là-bas, il n'avait pas à se souvenir.
C'était presque, en quelque sorte, drôle, que lui, l'homme qui ne se souvenait de rien, ait des choses qu'il voulait oublier.
NDA : Merci à tous ceux qui lisent ! sans vous, je n'aurai pas autant de reviews ! Je n'ai pas grand-chose à dire pour le chapitre suivant, mais il tient un peu lieu d'un pont entre le premier arc et le deuxième arc de la fic. En d'autres mots, dans le chapitre 10, on commence à avoir de l'action. La plupart des chapitres seront aussi moins agités, mais je suppose que si vous aviez un problème avec ce que j'appelle 'beaucoup de petites scènes au lieu d'une grande', alors vous ne seriez pas là à me lire.
NDT : bon, je sais que dans le film, Sidious vouvoie Anakin à partir du moment où il devient Vador, mais ça me paraissait être plus logique qu'il te tutoie ici. Il ne faut pas oublier que A était son prisonnier et est maintenant son esclave, qu'il a subi un lavage de cerveau par Sidious, que A voit comme son sauveur. Il y a donc un rapport de force d'autant plus important qui s'installe. Je repasserai peut-être au vouvoiement au chapitre suivant, il faut encore que je voie.
*Seringue hypodermique ou hypo : Une seringue hypodermique est une seringue utilisée pour réaliser une injection sous-cutanée (en gros, injecter des fluides dans un corps afin qu'ils se diffusent dans l'organisme), elle est munie d'une aiguille extrêmement fine, grâce à laquelle le médicament se diffuse lentement. Cette seringue est utilisée dans la vraie vie et dans l'univers de sw (dans ce dernier, il ne faut la confondre avec le sérum de vérité du même nom : Hypo). (Source : passeport santé et Wookieepedia)
