Chapitre 9 : 4
NDA : Hello ! Dans un but stylistique, ce chapitre alterne entre les points de vue des 4 personnes. Normalement, je n'aime pas ce type d'écriture, mais ça me sert à marquer la transition entre le 1er et le 2nd arc de l'histoire. Enjoy !
I. AHSOKA
L'holoenregistreur était granuleux, mais l'image était aussi claire que possible. C'était un champ de bataille, d'aussi loin que puisse le dire Ahsoka, elle ne reconnaissait pas la planète cependant. Il se trouvait quelque part dans un lieu rocheux et stérile, ce qui ne diminuait pas énormément la liste. Le métrage ne semblait pas particulièrement remarquable si elle devait être honnête. Il appartenait peut-être à un de ces documentaire sur les Jedi. C'était ce qu'elle pensait en tout cas, jusqu'à ce que l'image ne s'agrandisse et qu'elle ne distingue deux figures, toutes deux tenant un sabre laser (l'un vert et l'autre rouge) et engagées dans un duel à mort. Il ne dura pas très longtemps. Le Jedi n'avait jamais eu la moindre chance. L'image s'attarda sur le tueur – un grand humanoïde vêtu tout de noir, et de vêtements moulants – avant que le clone filmant la scène ne soit touché par un tir et que l'holocam atterrisse sur le sol.
Une analyse soigneuse ? Ahsoka n'avait pas besoin d'une analyse soigneuse pour comprendre que le tueur de Jedi avec un sabre laser rouge était un apprenti SIth, ou un assassin ou…Qu'importe ce que Ventress avait été. Elle frissonna involontairement.
« Au moins quatre rapports de clones nous indiquent que les droïdes se référaient à quelqu'un sous le nom de 'Vador', nous supposons donc que ce Vador et cette figure sur l'enregistrement sont une seule et même personne. »
Yado s'avança, clopinant comme s'il portait le poids du monde sur ses épaules, s'appuyant sur sa canne. « Le premier Jedi que ce Vador a tué, Maître Tinlar n'était pas. Au moins un de plus il y avait, Maître Leth Chen, sur Felucia. Une grande menace, et un grand mystère, ce nouvel ennemi est. Prudents vous devez tous être, si Coruscant vous quittez pour une quelconque raison. »
« Jusqu'à ce que l'on puisse déterminer les motifs des attaques et apparitions de Vador, nous devons être extrêmement prudents, » dit Windu. « Pour le moment, nous allons faire tout ce que nous pouvons pour assigner au moins deux Jedi à chaque mission. Malheureusement, nos forces sont trop dispersées, et ce ne sera pas toujours possible. »
« Si vous battre vous allez, vous ouvrir à la Force il faut. En la Force nous devons avoir confiance, pour ne protéger de cette nouvelle menace. » Yoda resta immobile un moment, cligna des yeux, et dit, « Que la Force soit avec nous. »
Autour d'elle, les Jedi commencèrent à partir, murmurant vivement entre eux, l'inquiétude visible sur certains visages. Ceux avec le moins d'expérience sur le stoïcisme de Jedi, devina Ahsoka. Elle donna un coup d'œil à Maître Kenobi, qui avait une main sur sa barbe et semblait plus fatigué que jamais. Elle ne le blâmait pas quel intérêt que Grievous – qu'Anakin – soit mort, s'il y avait un stupide Sith pour le remplacer ?
II. OBI-WAN
Obi-Wan ne savait pas exactement pourquoi il se tenait dans le bureau du Chancelier, écoutant Yoda accueillir l'homme après quatre ou cinq moins d'absence, quand il avait l'impression qu'il devrait être dehors, traquant la nouvelle menace Séparatiste et frappant Dooku d'un autre coup qu'il méritait désespérément. C'était une pensée terriblement pessimiste, et elle n'aurait dû jamais venir à l'esprit d'Obi-Wan ici – enfin, il n'aurait pas dû l'avoir du tout, parce que la revanche n'est pas la voie du Jedi*, mais entre le moment où il avait vu l'holoenregistreur et aujourd'hui, Vador avait tué un autre Jedi, donc c'était juste un peu difficile de respecter cette règle.
Il retint un soupir. Quand était-il devenu comme ça ?
Quittant ses pensées, il retourna à la réalité, « Merci, Merci, Maître Yoda, » disait Palpatine. « Je suis plus que ravi d'être de retour, et ne suis pas près de repartir. J'ai, bien sûr, était informé de ce 'Vador'. Un spectre terrifiant, au mieux. Avez-vous des informations sur lui ? »
Yoda agrippa son bâton avec ses deux mains et fronça les sourcils comme réponse.
« C'est bien dommage, » continua Palpatine. « Comme si nous avions besoin d'une autre menace contre les Jedi. Je reste confiant et sais que vous serez capable de mettre fin aux actions de Vador. J'ai beaucoup de foie en les Jedi. »
« Puis-je m'enquérir de votre santé, Chancelier ? » Demanda Mace, courageusement si Obi-Wan devait l'admettre.
« Je me porte bien, Maître Windu, » dit sincèrement Palpatine, croisant ses doigts sur son bureau. Puis, il balaya la pièce du regard, comme pour vérifier l'absence d'oreilles indiscrètes, et ajouta, rapidement, « Comme vous devez sans doute le comprendre, je peux difficilement en parler dans un endroit public, mais le Conseil Jedi a le droit de savoir. J'ai eu quelques problèmes, pendant un certain temps – rien qui ne puisse interférer avec mon travail cependant, je vous l'assure, mais mes médecins m'ont tous recommandé de prendre de temps pour me reposer, afin de ne pas nuire à mes capacités de politicien. Ce répit m'a fait le plus grand bien, en fait, je ne me suis jamais aussi bien senti depuis des années. Je suis tout à fait prêt à m'attaquer à nouveau à la politique. »
Windu inclina légèrement sa tête, et les maîtres échangèrent quelques mots d'adieu avec le Chancelier. Quand Obi-Wan se tourna pour quitter la pièce, Palpatine, de manière tout à fait inattendue, l'arrêta. Quand Obi-Wan se retourna, l'apparence du Chancelier était passée de celle d'un politicien fier à celle d'un vieil homme fatigué.
« Maître Kenobi, je n'ai jamais eu l'occasion de vous dire à quel point j'étais désolé pour ce qui est arrivé à Anakin. Il m'était très cher, il m'était un plutôt bon ami, comme vous le savez. En fait, je ne serai pas surpris d'apprendre que sa perte a contribué à me rendre aussi malade. Je ne peux imaginer combien l'année passée a dû être dure pour vous. »
Obi-Wan remua inconfortablement de là où il se tenait. Oui, l'homme avait été un plutôt bon ami d'Anakin, et Obi-Wan ne l'avait jamais vraiment approuvé. Et ce n'était certainement pas le cas maintenant. Et la blessure de la perte d'Anakin ne guérirait jamais, si les gens n'arrêtaient pas d'en parler.
Force, Obi-Wan voulait tellement le revoir qu'il en avait mal.
« Merci Chancelier, » dit-il formellement. « Ça n'a pas été facile. » Il s'inclina, espérant être assez respectueux, et tenta d'atteindre la porte aussi vite que possible quand Palpatine le renvoya.
Il rencontra un type complétement différent de politicien en sortant de son bureau. Les yeux de Padmé s'illuminèrent quand elle le vit, et Obi-Wan se surprit à sourire lorsqu'elle l'enlaça.
« Je ne peux pas rester parler, mais vous devriez venir dîner ce soir, » dit-elle rapidement, rayonnante. « Amenez Ahsoka. Uh, à 19h, au Skysitter, je paye ! » Il put à peine hocher la tête avant qu'elle ne lui tapote l'épaule et ne suive ses collègues sénateurs dans le bureau du Chancelier. Elle semblait bien se porter – bien mieux qu'il ne se sentait lui. Elle avait reprise des couleurs, elle avait l'air aussi impatiente de travailler sur son projet qu'une jeune enfant. Il était content pour elle. Elle le méritait.
III. PADMÉ
Ça avait été une longue, longue semaine.
C'était partout sur l'holoNet maintenant. C'était le sujet des murmures au Sénat, la raison au regard inquiet de tout le monde, partout. Parce que comme Padmé, tout le monde était fatigué. De la guerre, du nombre de morts qui augmentait tous les jours, de la crise financière, des combats et de la politique et des réveils le matin sans savoir si aujourd'hui serait le jour où tout serait perdu. Depuis la mort de Grievous, la phrase la guerre touche enfin à sa fin était devenue un axiome, une vérité universellement acceptée, un slogan pour la guerre elle-même, et maintenant – maintenant était venue une preuve que ce n'était pas vrai.
Tout le monde l'appelait 'le Nouveau Grievous'. Vador était son nom. Il envoyait des frissons sur tout le corps de Padmé, chaque fois qu'elle y pensait, pensait à cette image, à cette figure avec un sabre laser rouge, se tenant au-dessus du corps mort d'un Jedi, alors que les horreurs de la guerre continuaient autour d'eux. Elle avait entendu des rumeurs à son propos, toutes plus absurdes les unes que les autres – disant que Vador était un spectre venu d'un autre monde, une incarnation malveillante née des âmes des Jedi morts pendant la guerre. Padmé en savait suffisamment sur la religion Jedi pour discréditer cette théorie, mais elle ne pouvait pas nier que ça la faisait un peu flipper.
Vader occupait une place tellement importante dans les pensées de tout le monde que Padmé savait que leur conversation de ce coir porterait inévitablement sur lui, tournerait autour de lui. Elle était pratiquement sûre qu'Ahsoka serait celle à amener le sujet sur la table. *
« Avez-vous entendu parler du nouveau Sith ? »
Padmé déposa sa serviette et s'assit. « Plus de fois que je ne peux le compter. Il est le sujet de toutes les conversations. »
Ahsoka cligna des yeux, et regarda, embarrassée, son plat. « Désolée. C'est vrai. Je me disais juste qu'on ne pouvait pas avoir ce dîner sans parler du bantha dans la pièce. »
La mâchoire d'Obi-Wan était serrée, mais sa voix sonnait douce. « Ça va. Je préfère qu'on reconnaisse son existence que de ne pas en parler du tout. »
« C'est juste que l'on doit se demander quel en est l'intérêt, » dit Padmé, de façon absente. « Bien sûr, je sais quel en est l'intérêt, il s'agit de terminer cette guerre aussi vite que possible pour que le peuple n'ait plus à mourir, mais... »
Elle regarda l'horizon pendant un moment, la nourriture tout oubliée, fixant le permacrete scintillant et chrome de la ville. Finalement, Obi-Wan l'interpella, « Padmé ? »
Elle tourna son regard vers lui, interloquée. « Oh, je – désolée, » dit-elle faiblement. « C'est juste que je… suppose que ça ne s'en ira jamais, pas vrai ? »
« Quoi ? » dit Ahsoka
« Ce sentiment que je n'arrête pas d'avoir, » répondit-il, baissant ses yeux vers la chaise vide à côté d'elle. Ils étaient installés à une table fait pour quatre, même s'ils n'étaient que trois. Elle ne savait pas comment décrire exactement ce qu'elle ressentait. « Avec nous trois réunis, on a l'impression qu'il devrait être là, avec nous, n'est-ce pas. » Ils détournèrent tous les deux le regard. Elle se sentit horrible, et un peu stupide. Elle ne savait pas pourquoi elle avait toujours besoin de ramener le sujet – lui- sur la table.
Ils restèrent silencieux, jouant avec leur nourriture. Après un moment, Padmé redressa ses épaules et dit, « De quoi parlions-nous un peu plus tôt ? Mynocks ? »
Ahsoka sauta sur l'occasion. « Oh yeah, c'était fou, notre navire en était recouvert, ils étaient aspirés par les hublots et tout. R2 n'arrêtait pas de faire des allers-retours, tentant de tout réparer, et on a dû quitter la planète et ils ont tous explosés, je n'ai pas pu manger pendant, genre, trois jours… »
IV. VADOR
Vador regarda sans but par la fenêtre de son navire. Les étoiles, si lointaines, lui donnait l'impression d'être chez lui.
Dix Jedi morts, de sa main. Il baissa les yeux. Métal, et aussi insensible que le reste de lui. Il se sentait si vide. Tellement apathique. Combien de victimes fera-il de plus ? Qui sera le suivant ? Est-ce que ça avait même de l'importance ?
La fonction de communication de son navire s'activa enfin, et Vador avait le sentiment qu'il allait avoir sa réponse. Il retira son masque et s'agenouilla sur le sol, devant l'hologramme de Sidious.
« J'ai une nouvelle mission pour vous, Lord Vador, » dit Sidious depuis sa longue cape. Ses yeux luisaient avec toute la pièce du côté obscur. « Une que me prouvera que vous méritez réellement d'être mon apprenti. »
« Oui, Maître ? » dit Vador, prétendant être attentif.
« Il y a un certain Jedi qui m'a causé beaucoup de problèmes par le passé. Mes deux apprentis précédents ont failli à le tuer. Si vous réussissez, vous m'aurez prouvé que vous méritez mon enseignement plus que chacun d'eux. Sentez-vous que vous êtes prêt pour cette tâche ? »
« Oui, mon maître. » Ce n'était pas vraiment le cas. Il ne sentait rien.
« Bien. Son nom est Obi-Wan Kenobi. Trouvez-le et tuez-lui. À n'importe quel prix. »
Vador s'inclina, termina la rencontre, et se prépara à faire comme son maître disait.
NDA : Puisque ce chapitre était si court, je vais ajouter une scène bonus du point de vue de Dooku, juste pour le fun. Alors lisez si vous voulez et merci pour l'attention portée à l'histoire !
Concernant le chapitre suivant, je vous donne l'indice que tout le monde attend, notre ami Obi-Wan trouvera quelque chose de très, très surprenant. Je me demande ce que c'est ?
BONUS SCENE : DOOKU
Dooku se tenait derrière son maître alors qu'ils regardaient le vaste canyon de Serenno à travers la vitre tintée de vert. Sidious était assis sur le trône de Dooku, bien sûr un apprenti devait toujours se soumettre à la volonté de son maître. Sidious avait effectivement pris le palais de Dooku comme le sien un rappel constant que Dooku était son subordonné. Dooku, bien sûr, s'était attendu à ça au moment où son maître lui avait fait part de son plan visant à enlever les souvenirs de Skywalker, mais ça ne voulait pas dire qu'il avait pris la nouvelle avec beaucoup d'enthousiasme.
En plus de ça, cette racaille cybernétique de Skywalker n'était pas quelqu'un que Dooku appréciait avoir près de lui, souvenirs ou non. Chaque fois que Dooku voyait l'endroit sur le coude de Skywalker où le métal se mêlait à la chair humaine (trop souvent, ces derniers temps), il souhaitait sincèrement pouvoir retourner à Geonosis et prendre la tête du garçon au lieu de son bras.
« Je planifie de faire tuer Kenobi par Vador, » dit soudainement Sidious, brisant le silence. Dooku le regarda. Si tôt ? Ce serait risqué à tout moment, mais seulement six mois après que Anakin ait perdu ses souvenirs ? Skywalker et Kenobi avait été trop proches – abominablement proches, selon l'opinion de Dooku. Il se souvint vivement d'avoir été lié à eux à cause de ces pirates répugnants sur Florrum, d'avoir dû écouter leur plaisanterie et voir leur sourire et supporter leur idiotie. S'il ne se tenait pas à côté de son Maître Sith, il aurait sans doute roulée des yeux à cette pensée.
Au moins, Skywalker ne se souvenait pas de ça. C'était remarquable, honnêtement, le changement chez le garçon. Il n'y avait rien ne particulièrement satisfaisant à transformer une peste insolente de la Bordure Extérieure en assassin sans âme. Les sith l'avaient, sans aucun doute, apprivoisé mieux que les Jedi n'auraient jamais pu espérer. Et qu'il tue Kenobi… En cas de succès, cela pourrait être la pensée la plus délicieuse que Dooku ait jamais eue.
« Si c'est votre souhait, alors bien sûr, mon seigneur, » dit gracieusement Dooku. « Mais êtes-vous sûr que cela fait suffisamment longtemps ? SI les souvenirs de Skywalker sont réveillés - »
« Skywalker est mort, Lord Tyranus, » dit Sidious. Il regarda ensuite Dooku. « Sauf si vous croyez avoir failli à votre tâche ? »
« J'ai réussi, mon seigneur. Je suggère simplement que, peut-être, Vador devrait tuer plus de Jedi d'abord, pour améliorer ses compétences. Kenobi est très talentueux avec un sabre laser. »
« Vous avez battu Kenobi, et Vador vous a battu. Je suis persuadé qu'il peut disposer de Kenobi. »
« Et si Kenobi le reconnait ? »
« Alors je suppose que ce sera son test, » dit Sidious. « Une fois Kenobi mort, notre plus grand obstacle, concernant Vador, sera détruit. Le moment viendra, Lord Tyranus, où notre contrôle sur la galaxie sera connu et personne ne pourra nous arrêter. Et ce moment se rapproche inexorablement. »
Une pensée plaisante, mais Dooku ne partageait pas la confiance de son maître. Skywalker – Vador – n'était pas prêt pour ça. Pas encore.
*Revenge is not the Jedi way : je n'ai pas réussi à retrouver l'équivalent français de cette citation, alors j'ai traduit comme j'ai pu. N'hésitez pas à me dire si je me suis plantée !
*Ce paragraphe est celui qui m'a vraiment donné envie de traduire cette histoire. Il est tellement ironique, tellement horrible, tellement douloureux. Anakin est celui qui a rassemblé tous ces gens – Ahsoka, Padmé, Obi-Wan, ils sont tous liés d'abord par Anakin. Ces gens sont ensemble grâce à lui, portent tous le fardeau du deuil – du deuil d'Anakin – et pendant des mois, ils n'ont parlé que de lui, de lui et de sa mort. Et maintenant, ils vont à nouveau se réunir pour parler de Vador, Vador qui est en fait Anakin. Encore une fois, Anakin est celui qui les relie. Ils vont sans doute parler de la mort de Grievous et Anakin, parler du fait que ce Vador remplace G et que le sacrifice de A n'a servi à rien, sans savoir qu'ils ne sont qu'une seule et même personne.
C'est tellement ironique, de voir qu'ils 'haïssent' et aiment la même personne. Encore une fois, Anakin occupent leurs pensées mais sous un nom différent, pour des raisons différentes. Encore une fois, ils se réunissent pour parler d'Anakin mais sous un nom différent, pour des raisons différentes.
Du coup, ce paragraphe n'a qu'une place infime dans le livre, mais il me brise quand même le cœur, peut-être plus que tout le reste (en tout cas, c'est comme ça que je le vois).
