Chapitre 10 : au bout de la ligne


Pour le moment, nous allons faire tout ce que nous pouvons pour assigner au moins deux Jedi à chaque mission.

C'étaient les mots que Mace avait prononcés il y a deux semaines, et pourtant Obi-Wan était là, seul en dehors de la 212ème. Ce n'était pas pour lui qu'il était inquiet, bien sûr que non, mais savoir Ahsoka hors de sa vue, attentant au temple que son nom soit tiré d'un chapeau pour la prochaine mission du Conseil, le rendait plus qu'inconfortable.

Il soupira, exaspéré par lui-même. Il ne devrait vraiment pas être inquiet. Ahsoka était plus que capable de s'en sortir tout seule, même contre les jouets de Dooku. Pourtant, penser à elle, seule contre quelqu'un qui avait tué dix Jedi en un mois, le faisait frissonner. L'idée de perdre quelqu'un d'autre proche de lui, après tout ce qu'il avait déjà perdu – Qui-Gon, Satine, Anakin, c'était juste trop. Il n'était qu'un humain.

Obi-Wan se frotta les yeux. Il était fatigué, il devait l'admettre, et il pouvait voir la même lassitude parmi ses clones. Ils étaient sur Ord Trasi, un monde industriel terne, peu peuplé et banal, depuis presque deux semaines. Les combats étaient terminés, les droïdes étaient défaits, mais ils devaient toujours déjouer les menaces séparatistes et défendre une usine qui produisait des navires par milliers. Une mission qui aurait rendu ses deux Padawans nerveux et insatisfaits.

Il s'étira et se dirigea vers une table de communication qui avait été installée sur le camp principal, s'attendant à recevoir, sans aucun doute, les mêmes informations que celle des trois jours précédents : toujours rien, Général.

« Tricks, répondez, » répétait le Commandant Cody. « Boxer, est-ce que vous me recevez ? Répondez, Arrow. Est-ce que quelqu'un du groupe de reconnaissance m'entend ? » Avec un soupir, il frappa un coin de la table, dans une frustration qui ne le caractérisait pas.

« Y'a-t-il un problème, Cody ? » dit Obi-Wan

« Oui, monsieur. Aucun des hommes envoyés en reconnaissance n'ont fait de rapports, et aucun d'eux ne répond. »

« C'est troublant. » Obi-Wan porta la main à sa barbe en contemplation. Il avait senti une perturbation dans la Force il n'y a pas longtemps, de source inconnue peut-être que c'était la réponse qu'il n'avait pas encore été capable de trouver.

« Je n'aime pas ça, monsieur, » dit Cody, enlevant son casque. « Aucun des hommes de ce groupe n'aurait oublié de vérifier leur communicateur, et aucun d'eux ne l'aurait éteint non plus. Quelque chose a dû leur arriver. »

« Mais la question est, quoi ? » réfléchit Obi-Wan. La zone escarpée où les clones avaient été envoyés était loin, à au moins quatre-vingt kilomètres. Le groupe était intentionnellement petit, pour éviter d'attirer l'attention de la possible présence ennemie qu'ils étaient partis repérer.

« Des Séparatistes, monsieur ? »

Obi-Wan regarda en direction des falaises pendant un long moment. « C'est probable. » Il prit une décision. « Je vais y aller. »

Cody semblait hésitant. « Peut-être devrions nous envoyer un autre groupe de clones, Général – »

« Je peux m'occuper de quelques droïdes, Cody, » dit Obi-Wan, lui adressant un sourire sec. « Je vous tiendrai au courant une fois arrivé. »

« J'ai un mauvais pressentiment, » murmura Cody, et Obi-Wan grimaça en se dirigeant vers la navette la plus porche.

Il ne lui fallut pas longtemps pour atteindre la falaise, en navette, et Obi-Wan déposa le navire hors de vue et parcourut le reste du chemin, à travers la forêt, en courant. La Force était tendue, dans cette zone, comme si des douzaines de créatures se préparaient à bondir sur lui. Il garda ses sens ouverts, alors qu'il se déplaçait entre les rochers, s'arrêtant derrière eux pour écouter son environnement. Il n'entendit aucun animal – en fait, il n'entendit absolument rien.

Les soleils binaires d'Ord Trasi éclairaient son chemin, parmi les formations rocheuses, alors qu'il se déplaçait en silence. Soudainement, il les vit – trois clones, étendus morts sur le sol, chacun avec ce qui était, indubitablement, la marque d'un sabre laser enfoncé profondément dans leur poitrine. Ils étaient séparés les uns des autres, éparpillés. Ils n'étaient clairement pas partis sans se battre. Expirant doucement, Obi-Wan appela Cody.

« Oui, Général ? »

« Je les ai trouvés, Cody, » dit Obi-Wan, touchant l'épaule de l'un des corps. « Tous morts. »

« Qu'est-ce que c'était, monsieur ? » Toujours le soldat professionnel, la voix de Cody ne trahissait rien de ce qu'il ressentait.

« Quelqu'un avec un sabre laser. »

Cody resta silencieux un moment. « Vador ? »

« C'est ce que je suppose. »

Il se leva et regarda autour de lui, prudent. « Dois-je envoyer des renforts, monsieur ? »

« Non, je pense que je peux disposer de lui, qu'importe qui c'est. Continuez de surveiller toute activité Séparatistes. Je vous recontacterai dès que possible. »

« Et si c'était un piège, Général ? »

Obi-Wan se sourit ironiquement. « Je compte dessus. »

À regret, il laissa les corps des clones où ils étaient et s'avança dans la zone prudemment, ses yeux et oreilles et ses sens en alerte et attendit. La Force était tendue, mais il ne pouvait rien sentir à propos de l'assassin. Le côté obscur était bien lié à la mort des clones, mais ce n'était pas différent de n'importe quelle zone de guerre. Mais, quelque chose…n'allait pas. Comme s'il était observé. Cody, c'était très certainement un piège.

Forcé d'abandonner son destin au bon vouloir de l'assassin, il scanna les murs de la falaise qui l'entourait : d'abord celui baignant dans la lumière, puis celui baignant dans l'ombre. Ne sentant rien, il marcha, regarda et écouta, jusqu'à ce qu'il ne réalise avoir atteint un cul de sac. Tendu, il prit une grande inspiration et se retourna – juste à temps pour voir une figure sombre sauter d'un coin caché de la falaise sombre et se lever pour lui faire face.

Cette figure était exactement celle qu'Obi-Wan avait vu via l'holoenregisteur, il y a un mois : grande, humanoïde, musclée, recouverte, des pieds à la tête, de vêtements noirs moulants, apparemment un mâle. Il avait des plaques d'armure recouvrant ses épaules, avec assez de maniabilité pour que ses bras puissent bouger sans difficulté, opposé à ce que Obi-Wan avait porté au début de la guerre. Ses cheveux légèrement bouclés tombaient autour de son masque d'apparence squelettique qui couvrait son visage. Il avait déjà son sabre laser en main, bien qu'il soit inactivé. Il s'approcha d'un pas déterminé, s'arrêtant à quelques pas de lui.

« Vous devez être le nouveau chien de Dooku, » dit Obi-Wan, simulant une conversation, prenant son propre sabre laser en main, se demandant pourquoi il ne ressentait rien dans la Force venant de son nouvel ennemi. « Je suppose que l'on ne vous a pas dit ce qui est arrivé au dernier ? »

Silencieux, Vador alluma sa lame, le baignant d'une lumière rouge.

« Je suppose que vous avez dû le déduire, considérant le fait qu'elle n'est plus là, » continua tranquillement Obi-Wan. Il testait l'autre, maintenant, pour voir quel type de réaction il aurait. Girevous et Ventress, les autres pions de Dooku, auraient répondu à la menace avec un cri de bataille coléreux, ou un commentaire sec, disant qu'il allait payer pour être un rebut de Jedi. Pas Vador, cependant. Sentant qu'il n'aurait pas de réponse, Obi-Wan alluma son propre sabre laser.

Sans un mot, Vador vint à lui, son premier coup portait tellement de puissance qu'Obi-Wan dû tenir sa poignée à deux mains pour que la lame ne l'atteigne pas. Il se souvint, sans grande préoccupation, qu'aucun Jedi n'avait encore survécu à une rencontre avec ce tueur SIth. Il se demanda brièvement s'il serait un autre mort sur la liste.

Vador l'attaquait avec des frappes toujours plus puissantes et Obi-Wan s'autorisa à passer à l'offensive, tournant autour de lui pour ne pas être coincé par l'impasse. La technique de Vador était agressive, puissante, énergique et Obi-Wan la trouva particulièrement intéressante : il n'avait clairement pas acquis sa technique de sabre laser au près de Dooku, qui favorisait une approche d'escrime plus classique.

Vador attaqua et Obi-Wan bloqua son sabre, puis il contra et le Vador l'esquiva. L'assassin balança son épée dans un balayage bas et il sauta par-dessus et rencontra sa lame. Vador le repoussa sa force était impressionnante.

Lorsqu'il vit une fenêtre d'attaque, Obi-Wan la prit et envoya une poussée avec la Force de sa main. Vador la rencontra facilement et ils se poussèrent mutuellement avec la Force, leurs sabres laser verrouillés entre eux. Obi-Wan lança un coup d'œil au visage de Vador, caché derrière le masque, tentant de comprendre pourquoi il ressentait une connexion si familière avec lui avant que leur contact – par la Force et par leurs sabres – ne se brise et qu'ils ne soient repoussés en arrière et ne tombent sur le sol, à une courte distance l'un de l'autre. Ils se redressèrent au même moment.

Obi-Wan prit quelques profondes respirations, tant qu'il en avait l'occasion, tenant son sabre avec méfiance. « Ton style de combat me rappelle celui de quelqu'un que je connaissais, » commenta-t-il, comme si ce n'était qu'un simple entraînement avec un ami. « Quelqu'un que ton maître Dooku a tué, en fait. »

« Dooku n'est pas mon maître, » siffla Vador, et sa voix avait comme une intonation mécanique, comme s'il y avait un filtre ou qu'elle était générée par un vocabulator. Obi-Wan fronça les sourcils est-ce que Vador était un Cyborg, comme Dooku l'avait été, ou est-ce qu'il portait son masque comme une protection ou pour protéger son identité ? Obi-Wan décida qu'il voulait vraiment le découvrir.

Il fit une feint, sans savoir si ça allait fonctionner mais confient. Il fit alors un petit pas en avant et leva son sabre, comme s'il allait passer à l'offensive. Vador tomba dans son piège et sauta sur lui au même moment, mais Obi-Wan fit un autre pas sur le côté et Vador ne rencontra que de l'air. Alors que Vador se retournait pour revenir vers lui, Obi-Wan leva sa main gauche et tira sur le masque autour du visage de Vador avec la Force.

Au même moment, la main de Vador s'éleva pour rattraper son masque, mais il échappa à sa prise et vola vers Obi-Wan. Pendant un instant Vador resta immobile, sa main occultant son visage, comme s'il ne savait quoi faire. Finalement, il redressa son visage et son masque volé glissa des doigts soudainement engourdis d'Obi-Wan.

Mais –

Non

Des centaines de milliers de pensées traversèrent l'esprit d'Obi-Wan en même temps, trébuchant les unes sur les autres et ne se finissant jamais. Dans un battement de cœur, un frisson glacial l'envahit et sa poitrine se serra comme s'il était sous l'eau, suffoquant, se noyant. En quelques battements de plus, Anakin commença à nouveau à l'attaquer.

Le mieux qu'Obi-Wan puisse faire pour repousser les coups fut reculer, fixant les yeux jaunes malades d'Anakin et cette longue cicatrice de sabre laser sur son visage. Il réussit à peine à bloquer le sabre laser d'Anakin – le même sabre laser, réalisa soudainement Obi-Wan avec un coup dans le ventre, mais avec un cristal différent – mais il le tint à distance suffisamment longtemps pour dire, « Anakin ? »

Son ami repoussa son sabre avec toute la force de main métallique et dit, « C'est qui ça, Anakin ? »

« Quoi ? » s'exclama Obi-Wan avant qu'Anakin n'attaque avec toutes ses forces. « Anakin, c'est moi ! c'est Obi-Wan ! »

Il n'y eut aucune compréhension sur son visage quand Anakin leva à nouveau son sabre. Pris complétement par surprise, Obi-Wan pouvait à peine esquiver les attaques. Le bloquant, il pensa à Anakin le trahissant volontairement, lui et les Jedi. Dans une esquive, il se réprimanda, parce qu'il n'y avait aucune chance qu'Anakin se retourne contre lui et comment pouvait-il même l'envisager ? Quand il se jeta sur le sol, et roula sur lui-même pour éviter un poussé du sabre rouge, il réalisa la seule possibilité :

Il ne sait vraiment pas que je suis.

Obi-Wan n'eut pas le temps de s'attarder dessus, parce qu'Anakin semblait devenir toujours plus en colère et plus tenace à mesure qu'Obi-Wan reculait. Obi-Wan lui-même ne voyait aucune façon de s'en sortir tant qu'Anakin avait son sabre serré dans sa poigne mécano, alors il se concentra pour manipuler la Force et lui arracher le sabre de la main. Ça marcha, et le sabre d'Anakin, celui qu'Obi-Wan l'avait vu construire après Geonosis, échappa à sa prise et échoua derrière un rocher proche.

Quelque chose de sauvage sembla s'emparer d'Anakin, comme si la fureur d'avant le consumait. Il laissa échapper un grognement coléreux avant de faire une fente sur Obi-Wan et d'utiliser son bras métallique pour couper son avant-bras. Il ne put rien faire d'autre que lâcher son propre sabre qui atterrit plus loin sur le sol.

Anakin lui sauta automatiquement dessus, le renversant sur le sol et emprisonnant la main droite d'Obi-Wan avec sa main gauche. Sa main métallique s'enroula autour de la gorge d'Obi-Wan et ce dernier le griffa instinctivement de sa main libre. Les yeux jaunes d'Anakin transperçaient les siens avec une cruauté à toute épreuve, mettant toute sa force dans sa main droite avant qu'Obi-Wan ne trouve une ouverture et ne lui donne un coup de genou dans les entrailles et ne le repousse, toussant. Avant qu'il ne puisse attirer son sabre à lui – il en avait honteusement perdu la trace à ce stade – il se sentit attraper par derrière et il se retourna, attrapant les bras d'Anakin et l'acculant, le retenant par les épaules de toutes ses forces.

« Anakin, s'il te plait, écoute moi – »

Son cou était douloureux et sa voix était rauque à cause de l'étranglement. Son vieil ami lui donna un coup de pied et Obi-Wan fut forcé de le laisser partir et s'écarta.

« Tu sais qui je suis, » dit-il, tendant ses bras, comme s'il essayait de montrer à un animal sauvage qu'il n'était pas une menace. Il se risqua à utiliser sa Force derrière ses mots. « Regarde-moi, tu me connais – »

« Non, » marmonna Anakin, lançant tout son corps contre Obi-Wan, mais Obi-Wan l'attrapa par la taille et le cloua au sol. Anakin les fit rouler et s'éleva au-dessus d'Obi-Wan, lançant son poing sur la joue d'Obi-Wan. La dureté du poing de métal envoya sa tête sur le sol et Anakin continua de le battre, utilisant toute son énergie et grognant à chaque coup de poing.

Sortant de son état second, Obi-Wan réussit à attraper l'avant-bras d'Anakin puis son autre, les serrant aussi fort qu'il le pouvait.

« Si, tu me connais ! » Cria Obi-Wan, ignorant la douleur dans sa tête.

« Non ! » hurla Anakin avant de dégager son bras. Obi-Wan le fixa derrière ses yeux gonflés, trop conscient du sang dans sa bouche et sur tout son visage. Anakin leva son poing pour un autre coup, mais il le maintint en l'air un peu trop longtemps et Obi-Wan poussa Anakin loin de lui, roula sur lui-même et se redressa sur ses pieds. Sa tête lui faisait un mal de chien, il était étourdi, mais il n'allait pas laisser son ancien-meilleur-ami-mort le tuer aujourd'hui.

Il se retourna et Anakin vint à lui, mais il bloqua son coup et glissa pour venir derrière lui, sauta sur lui, enroula son coude autour du cou d'Anakin et son autre bras autour de sa poitrine, verrouilla le bras gauche d'Anakin à son côté. Anakin essaya de la renverser, lui donnant un coup de coude par derrière et utilisant ses jambes mais Obi-Wan résista, attrapa le cou d'Anakin et l'écouta lutter pour respirer.

« Je ne veux pas me battre contre toi ! » réussit-il à dire alors que les mouvements d'Anakin devenaient plus paresseux. Ils tombèrent tous les deux sur leurs genoux. « Je veux juste – te parler – s'il te plaît – »

Anakin laissa échapper un souffle étranglé et s'écroula sur lui, inconscient. Gentiment, son cœur battant si fort qu'il pensait qu'il allait l'abandonner, Obi-Wan le déposa sur le sol comme s'il était fait de glace.

Il n'avait que quelques secondes avant qu'Anakin ne revienne à lui, Obi-Wan le savait, mais – eh bien, qu'était-il supposé faire ? Que pouvait-il faire ? Ramener Anakin à la maison ? Ça ne fonctionnerait jamais, Anakin voulait le tuer – tenter de lui parler ? Son vieil ami ne semblait pas prêt à avoir une conversation. Mordant ses lèves, Obi-Wan porta une main tremblante à la tête d'Anakin, tentant de ressentir quelque chose parce que comment – comment ? – cela avait-il pu arriver ? Avant qu'il ne puisse recevoir le moindre avertissement de la Force, Anakin remua, revenant parmi les vivants, et Obi-Wan retira sa main.

La main métallique d'Anakin se pressa contre ses yeux. À côté de lui, Obi-Wan se figea, sans même oser respirer. Cinq secondes plus tard, Anakin lui jeta un coup d'œil, haleta, et se jeta en arrière, rampant quelques mètres plus loin, et le fixa, les yeux grands-ouverts.

Obi-Wan mit ses mains dans la même position qu'avant. « Attends ! » supplia-t-il. « S'il te plait, attends juste un moment – laisse-moi te parler, pitié – »

Anakin regarda autour de lui frénétiquement, tentant de trouver son sabre laser. Il le repéra et s'efforça de l'attraper, mais dans son état étourdi post-inconscient, il était trop lent et Obi-Wan tendit la main pour attraper son sabre et celui d'Anakin avec la Force. Anakin le regarda bouche bée, se redressa et hésita de là où il se tenait, comme s'il était sur le point d'approcher.

« Attends, Anakin, par pitié, » dit Obi-Wan, reculant. Sa supplique resta sans réponse et il regarda autour de lui, essayant de se repérer. Anakin tournait le dos à la paroi rocheuse de la falaise, à quelques mètres seulement maintenant, et une simple poussée de la Force pourrait - non, Obi-Wan ne pouvait pas faire ça, tout serait encore pire - mais - s'il ne le faisait ne pas…

Déglutissant douloureusement, il murmura, « Pardonne-moi pour ça, » et une seconde plus tard, il tendit ses deux mains et Anakin fut repoussé plusieurs mètres plus loin, et s'écrasa contre la paroi rocheuse et s'effondra sur le sol. Restant un moment pour s'assurer que son ami irait bien, Obi-Wan laissa tomber son sabre sur le sol, se retourna et courut, ne s'arrêtant qu'une fois dans le cockpit de son vaisseau, où il actionna les commandes et quitta la planète et ce ne fut qu'une fois ayant sauté dans l'hyperspace qu'il s'écroula finalement sur le siège du pilote et s'autorisa à penser.

Et la pensée qui lui vint immédiatement à l'esprit fut : oh Anakin. Oh, non, non, non non non

Obi-Wan sentait sa gorge se serrer, ses yeux se remplir d'eaux. Son visage tomba entre ses mains.

Vivant. Anakin était vivant. Vivant, respirant, fonctionnant, ressentant. Son ami, son meilleur ami, son Padawan, son enfant, son frère – était – était un –

Un –

Un Sith. Il était un Sith. Un Jedi-tueur en série, amnésique, méconnaissable, soumis à un lavage de cerveau, aux yeux jaunes maladifs.

Oh, Anakin

Que lui avait fait Dooku ? Ou peut-être pas Dooku – Sidious ? Les deux probablement. Mais comment, comment avaient-ils pu faire ça à Anakin, dont la volonté était plus forte que tous les gens que connaissait Obi-Wan ? Qui portait sa liberté dans ses manches ? Comment – combien de mois de torture

Il allait être malade. Il allait presque être malade. Non, il allait définitivement être malade, tout de suite –

Il aurait dû savoir qu'Anakin était vivant.

Obi-Wan chassa cette pensée. Il n'y avait pas d'utilité aux aurait dû, qu'importe à quel point c'était vrai.

Il soupira, ferma ses yeux, et appuya sa tête contre la chaise. La meilleure chose à faire, maintenant, serait d'informer Cody qu'il avait combattu Vador, et d'informer le Conseil sur l'identité de Vador. Au lieu de ça – et c'était presque une décision involontaire de la part d'Obi-Wan, en vue de son corps étant entièrement paralysé par une multitude d'émotions qui lui auraient valu de regards désapprobateurs – il s'affala sur sa chaise, regarda le tourbillon de l'hyperspace et pensa aux yeux jaunes Sith d'Anakin.


NDA : Yeehooo ! merci d'avoir lu ! j'espère que vous aimez le drama et la scène de combat et que vous attendez impatiemment les prochains chapitres ! JE SUIS TELLEMENT de pouvoir enfin poster ça !

NDT : concernant le rythme à la rentrée, je suis obligée de revenir sur ce que j'ai dit précédemment : je passerai donc à un chapitre toutes les deux semaines et reviendrai à un le lundi et/ou le vendredi pendant les vacances scolaires. La traduction est presque achevée mais il me reste encore tout ce qui est relecture.