Chapitre 11 : Sans voix

NDA : Obi-Wan abandonnant Anakin a été plutôt controversé, ce qui est compréhensible. Je dois reconnaître que c'était plutôt OOC de la part d'Obi-Wan, mais je pense qu'il était tellement perdu et paniqué qu'il n'a pas pu, à ce moment précis, trouver d'autres solutions que fuir (lire : Je n'ai pas pu trouver d'autres solutions). Plus important encore, il y a une autre raison qui explique pourquoi Obi-Wan n'a pas ramené Anakin avec lui sur Coruscant : à cause de ce que les Sith ont fait à Anakin. Vous pensez vraiment qu'il aurait répondu positivement au fait d'être attaché et kidnappé et ramené au QG des gens qui veulent, selon lui, sa mort ? Ce n'est pas mon cas. Donnez-moi un peu de temps, les gars, j'aime l'évolution de cette histoire et j'espère que ce sera aussi votre cas !


Tard dans la soirée, à Coruscant, Obi-Wan déposa sa navette dans le hangar vide du temple. Il éteignit l'engin, abaissa la rampe de sortie, s'effondra sur la chaise du pilote et ferma ses yeux. Une vague de fatigue le frappa, et pendant un temps considérable, il considéra l'idée de s'endormir juste ici, parce que se lever impliquait confronter le Conseil et confronter le Conseil impliquait leur dire la vérité…

Et ses yeux furent brutalement ouverts au son de pas montant la rampe, et avec un regard à l'heure, il réalisa avec embarrassement qu'il s'était assoupi, seulement pendant quelques minutes cependant.

Une voix l'interpella, « Maître ? »

« Je suis là, Ahsoka. »

Elle rentra dans le cockpit, et s'assit sur la chaise à côté de lui. Elle laissa échapper un soupir à la vue de ses blessures. « Alors c'est vrai ? Vous avez combattu Vador ? »

Pressent brièvement ses yeux au son de ce nom infernal, il tenta de relâcher ses émotions dans la Force. « Oui. Vador. »

Elle pivota la chaise du copilote malhabilement. « Eh bien, il y a quatre Maîtres Jedi attendant dehors que vous fassiez votre rapport, » dit-elle. « Je suis simplement venue parce que vous ne vous présentiez pas. »

Finalement, il se tourna pour la regarder. Il leva une main et l'enfonça dans le côté enflé de son visage. « Ahsoka, » dit-il, tentant de mettre de la détermination derrière ses mots. « Avant que je ne leur parle, j'ai besoin que tu le saches avant eux. »

Les marques sur son arcade sourcilière se lièrent entre elles. « Quoi donc ? »

Soudainement, Obi-Wan se sentit extrêmement fatigué. Il avait simplement besoin de dire ces quelques mots. Juste quelques mots. Tout de suite. Juste quelques…ah…

« Ahsoka, » dit-il encore. « Vador est Anakin. »

Elle cligna des yeux plusieurs fois. Elle semblait incroyablement hésitante. « Maître, » dit-elle doucement. « Um…Je, um… »

« Il a subi un lavage de cerveau, » continua Obi-Wan, se tournant plus complétement vers elle, agrippant le dos de sa chaise en recherche de support. « Il ne se souvenait pas de moi. Il ne répondait pas à son propre nom. Je ne sais pas ce que les Sith lui ont fait, mais il est – il est vivant, c'est vraiment lui. »

« Maître, je – um – d'accord – voulez-vous aller le dire au Conseil ? »

Bien sûr qu'elle ne le croyait pas. Il ne devrait pas être surpris. Soudainement, toute la patience qu'avait Obi-Wan disparut. « Ahsoka, s'il te plaît, ne me regarde pas comme ça. Ce n'est pas quelque chose que j'aurais pu inventer. »

Ahsoka perdait ses mots, il pouvait le voir. Il dit, « Je ne mens pas ! »

Elle hésita. « Ce n'est pas ce que je pense, Maître, c'est juste que…je ne pense pas que vous sachez ce que vous dites. »

« Je sais ce que je dis, » prononça-t-il d'un ton sec. « Je dis qu'Anakin est vivant. Je dis que je l'ai combattu, et qu'il ne se souvient pas de qui je suis. »

« Ok, » dit-elle, hochant la tête. « Ok, je suis désolée. Ce n'est pas que je doute de vous, je suis juste un peu choquée. Nous devrions le dire au Conseil. »

Obi-Wan abaissa ses mains. Ce n'était pas le moment pour ça, il n'y avait pas de temps pour ça. « Bien. »

Ils quittèrent la navette, et la première chose que Mace Windu lui dit fut, « Obi-Wan, je suis bien content que tu sois vivant. As-tu besoin d'aide médical ? »*

Obi-Wan balaya cette idée d'un signe de la main. « Non, merci. Quelques nuits de sommeil seront suffisantes. »

« En fait, » intervint Ahsoka, lui jetant un coup d'œil, « je ne pense pas que ce soit une mauvaise idée. » Elle avait l'air désolée. Il était sûr qu'elle était désolée, mais il y avait des choses plus importantes qu'il devait faire maintenant, comme trouver Anakin et le sauver et le ramener à la maison.

Il prit une grande inspiration et décida d'être franc. « Très bien. La vérité. » Une autre respiration. « J'ai combattu Vador. Nous étions très bien assortis, et je voulais voir qui se cachait sous ce masque, alors quand j'en ai eu l'opportunité, je le lui ai retiré avec la Force. À mon extrême surprise, j'ai découvert que Vador était en fait Anakin, qui était apparemment vivant et avait subi un lavage de cerveau par quelqu'un, probablement Dooku, pour qu'il devienne un Sith. Il ne savait pas qui j'étais, en-dehors de la personne que les Sith avaient envoyée tuer. »

Windu regarda Yoda, et son expression était aussi blanche que Naboo était vert. Obi-Wan les coupa avant même qu'ils ne pensent à une réaction. « Si j'avais eu l'intention d'inventer tout cela pour réaliser un de mes fantasmes, je l'aurais fait bien plus tôt. C'était réel. »

Ils ne le croyaient pas. Windu parla, « personne n'as dit que tu inventais quoique ce soit. » Obi-Wan croisa ses bras autour de sa poitrine et braqua son regard sur lui. « Je suis désolé Obi-Wan, mais je me dois d'apporter mon support à la Padawan Tano. J'aimerais que tu ailles à l'infirmerie du Temple. Nous pourrons ensuite aborder le sujet plus en profondeur. »

Il considéra l'idée de se reposer. Il n'avait pas le temps pour ça, il avait un mystère qu'il devait résoudre et un Padawan qu'il avait besoin de trouver. Et il savait, parfaitement bien, que se reposer ne ferait qu'exacerber le problème.

Il prit encore une grande inspiration. « Très bien. »


Ahsoka resta en-dehors de la pièce, le temps que la guérisseuse l'examine, cognitivement et physiquement. Quand elle eut fini, elle dit, « Vous êtes légèrement déshydraté et sous un grand stress, ce qui compréhensible, mais vos blessures physiques ont surtout besoin de repos au lit. Je ne doute pas de votre récit des événements, mais j'aimerais que vous restiez au moins une nuit ici, et voir comment vous vous sentez au matin, avant que vous ne parliez au Conseil. »

Il ferma ses yeux un moment et hocha la tête. Elle le dirigea, accompagné d'Ahsoka, à une pièce avec un lit. Il combattit un soupir. Ils ne faisaient que perdre du temps.

« Je viendrai vous voir demain, ok, Maître ? » dit Ahsoka. « S'il vous plaît, essayez de dormir un peu. » Il hocha la tête sèchement, et elle s'attarda dans l'embrasure de la porte un moment avant de le laisser seul.

Ce n'est qu'une fois installé dans son lit qu'il réalisa à quel point il était épuisé. Une part de lui voulait rester éveillée, rejouer le combat dans son esprit, seconde par seconde, pour comprendre comment…comment ? Mais, à la seconde où sa tête se posa sur l'oreiller, ses yeux se fermèrent et ses muscles se relaxèrent et le monde autour de lui devint flou.

Je te trouverai, Anakin, réussit-il à penser avant de s'écrouler de fatigue. Je ne les laisserai plus jamais te faire du mal. Je te le promets…


Il se réveilla le lendemain matin avec une silhouette orange floue assise à côté de son lit. Avant qu'Ahsoka ne remarque qu'il était réveillé, il dit les yeux à moitiés fermés, « Sur ta gauche. »

Ahsoka sursauta et son datapad tomba sur ses genoux. Semblant embarrassée, elle racla sa gorge et se réinstalla sur sa chaise. « Alors…Comment vous sentez-vous, Maître ? »

« N'y a-t-il pas d'autre question que tu préférerais me poser ? »

Elle tripota l'ourlet de sa manche et fronça les sourcils, silencieuse.

Obi-Wan souffla. « Écoute, Ahsoka. Je sais qu'il est facile de présumer que j'ai…perdu l'esprit, ou quelque chose comme ça. Mais ce n'est pas le cas. Je sais ce que j'ai vu. »

Ahsoka leva la main pour gratter sa tresse distraitement. « Mais – mais, je veux dire, » balbutia-t-elle. Elle tapa le sol avec ses jambes. « Je veux dire, j'y ai pensé toute la nuit. Je – je veux dire, s'il avait réellement survécu à ça, on l'aurait su, non ? Comment – je ne vois pas comment. »

« Crois-moi, » dit difficilement Obi-Wan. « Je ne vois pas non plus. »

Elle redevint à nouveau silencieuse, et regarda à travers la fenêtre. « Ahsoka, » dit-il d'une voix baisse, calme. « Quand il m'a tendu son embuscade, je ne savais pas qui il était. Je pensais qu'il était une autre Ventress, un assassin que Dooku utiliserait et remplacerait comme il l'avait fait avec elle. Et puis j'ai retiré son masque avec la Force pour découvrir qui il était vraiment, et sais-tu quelle est la première chose que j'ai vu ? » Dans sa vision périphérique, il la vit secouer sa tête. « Ses yeux. Ils étaient devenus jaunes, exactement comme ceux du Sith Zabrak que j'ai combattu tant de fois. Puis j'ai vu la cicatrice que Ventress lui avait donnée, celle sur son visage, et son sabre laser, et ses cheveux, et j'ai senti le métal de son bras. Plusieurs fois. » Il toucha son visage, encore une fois, ressentant la douleur de sa peau gonflée.

Il se tourna pour regarder Ahsoka. Elle le fixait les yeux grands ouverts. « Vous êtes vraiment, vraiment sérieux, » murmura-t-elle.

« Est-ce que je mentirais à ce sujet ? »

« Je n'ai jamais pensé que vous mentiez, » dit-elle. « Je pensais que… »

« Je tentais de me convaincre de ce que je voulais croire, je sas. »

Son regard glissa vers un point de sa couverture et y resta, probablement alors qu'elle essayait de tendre la main dans la Force et de trouver son premier maître, perdu depuis longtemps. Un effort perdu d'avance. Obi-Wan le savait - il ne pouvait lui-même s'empêcher d'essayer, en vain.


Un jour de plus, et il était sorti. Inhabituel, que le témoignage d'une Padawan adolescente ne suffise à convaincre le Conseil Jedi de sa santé, mais il en était reconnaissant. Il n'avait plus qu'à retrouver Anakin. Il n'aurait jamais dû s'enfuir en premier lieu, il était tellement idiot.


Dans la nuit noire, Obi-Wan remua dans son lit. Quelque chose l'avait réveillé, mais il ne sut ce que c'était qu'en sentant une main métallique se resserrer autour de sa gorge. Ses yeux s'ouvrirent dans un mouvement brutal, et sa main vint automatiquement se porter à son cou. Anakin le surplombait et ses yeux jaunes transperçaient Obi-Wan avec une cruauté incommensurable.

« Anakin – » tenta d'articuler Obi-Wan, mais aucun son ne s'échappa de ses lèvres. Il tenta de dégager Anakin mais c'était comme frapper une pierre avec de l'eau.

« Je ne te connais pas, » siffla Anakin, mais sa voix ne sonnait pas comme celle d'Anakin, elle était sombre et maléfique et emplissais Obi-Wan d'une peur effrénée. « Tu n'es rien pour moi. »

Obi-Wan tenta de lutter, mais il pouvait à peine bouger. La vie le quittait, sa vision devenait floue et tout semblait disparaître, à l'exception des yeux jaunes d'Anakin.

Avant qu'Obi-Wan ne s'évanouisse, il jura entendre une voix méprisable, rauque et sonore dire, « Il est mien, Kenobi… »

Obi-Wan se redressa subitement sur son lit, luttant pour respirer et tâtant son cou, libéré de la fausse réalité de rêve. Il ne l'avait pas ressenti comme un rêve, cependant…Il se souvint soudainement de ce qu'Anakin disait sur ses visions, comment il semblait savoir quand ses rêves et cauchemars étaient quelque chose de plus. La voix qu'il avait entendue était canalisée directement dans son cerveau, comme s'il s'agissait d'un message destiné qu'à lui seul.

Il rejeta les couvertures, soudainement brûlant et troublé par la sensation bien-trop-réelle de son meilleur ami tentant de lui ôter la vie. Le souvenir de son combat avec Anakin était encore frai dans son esprit. Le manque de reconnaissance dans les yeux d'Anakin était plus douloureux qu'une plaie qui saignait.

Il quitta sa chambre et, comme dans une trance, entra dans la pièce en face, pour la première fois depuis des mois. À l'intérieur, il s'écroula contre le mur et se laissa glisser contre le sol. La chambre d'Anakin était pratiquement intouchée : des outils jonchaient l'établi et les caisses près du mur étaient pleines de pièces de droïdes. Le modèle de chasseur jaune qu'Anakin avait élaboré et construit (avec une ironie cruelle, Obi-Wan réalisa ostensiblement que les yeux qui le hantaient maintenant étaient de la couleur préférée d'Anakin) était posé devant le poster qu'il avait amené de Tatooine. La présence d'Anakin dans la pièce avait disparu avec le temps, mais le simple fait de s'assoir ici rappelait à Obi-Wan toutes les nuits où il s'était assis à son chevet, caressant ses cheveux alors qu'Anakin tentait de faire face à tous les fardeaux que l'univers avait jugé bon de lui imposer.

Obi-Wan ferma ses yeux, et rassembla ses résolutions. Il ramènerait Anakin à la maison. Il le ramènerait, même si ça devait être la dernière chose au monde qu'il faisait.


Obi-Wan fut conduit à l'appartement de Padmé par le vieux droïde d'Anakin, C-3PO. Il avait appris à bien connaître la chose Anakin avait gardé le droïde avec lui au temple pendant quelques semaines, après Geonosis. Il était pointilleux, inquiétant, et irritant quelque part, mais Obi-Wan ne s'en était jamais plain. Il savait à quel point Anakin s'était soucié de la chose et vexer son Padawan fragile, orphelin, n'avait pas été dans ses intentions. Cependant, Obi-Wan avait été extrêmement ravi de l'échange de droïde entre Padmé et Anakin – au moins R2-D2 n'avait jamais tenté de le suivre partout, à chaque minute de la journée, et il était, ahem, utile.

« Bonsoir, Maître Kenobi, c'est un si grand plaisir de vous revoir, » lui dit le droïde, dans le présent, le faisant entrer. « Maîtresse Padmé est dans l'autre pièce, et je suis sûre qu'elle sera heureuse de vous voir. Puis-je vous servir quelque chose ? Du thé ou une autre boisson, peut-être ? »

« Non, merci, 3PO, » dit Obi-Wan, lui tapotant l'épaule et se dirigeant vers l'autre pièce. Quand elle le vit, Padmé sauta d'où elle était assise et l'enlaça fermement.

Puis, elle s'écarta à distance de bras, l'examinant de haut en bas. Quand elle aperçut les bleus sur son cou et le gonflement de son visage, elle pressa ses lèvres l'une contre l'autre, dans une ligne mince. Après un long moment, elle dit, « Je suis sûre que vous en avez été informé, mais vous êtes en piteux état. Que vous est-il arrivé ? »

Il ne savait pas vraiment comment répondre, et il ne le voulait pas le faire, alors il dit, « Je dois vous faire part de quelque chose. » Il espérait que ça se déroule mieux que les deux dernières fois où il avait annoncé la nouvelle.

Elle croisa ses bras. « Bonne ou mauvaise nouvelle ? »

Il hésita. « Les deux. »

Il avait l'impression d'avoir une boule dans la gorge qu'il ne pouvait pas avaler. Il aurait dû mieux maîtriser des émotions, mais pourtant il était là, debout devant elle, s'apprêtant à lui avouer que son époux secret et assassiné n'avait pas, en fait, été assassiné.

« Padmé…, » commença difficilement Obi-Wan. Sa voix était à peine plus forte qu'un murmure. Il posa sa main sur son bras. « Anakin est vivant. »

Il observa son visage attentivement, lui donnant le temps de digérer les mots. Il était clair qu'aucune digestion n'avait lieu. « Quoi ? »

« Anakin est toujours en vie, Padmé. »

Après un long moment de vide, Obi-Wan aperçut son expression se durcir. Devenir cruelle, même. Elle recula loin de lui, le fixant comme s'il était une vile créature d'égout, venue de sous la surface de la planète.

« Pourquoi diriez-vous – comment – qu'est-ce que – » bégaya Padmé, le rouge lui montant au visage. Il pouvait sentir sa colère éclater et le mordre dans la Force. « Qu'est-ce qui ne pas chez vous ? »

Obi-Wan tenta de prendre une voix mesurée. « Padmé – »

Elle leva sa main pour l'arrêter. Sa voix était glaciale quand elle dit, « J'ai passé des mois, des mois, à essayer d'accepter ce que j'ai fait, et maintenant vous pensez que vous pouvez me – me forcer à croire en l'une de vos fantaisies malades – » elle poussa un grand soupir et éclata d'un rire amer. « Je ne pensais pas du tout que vous aviez ça en vous, Obi-Wan, mais je suppose que j'aurais dû m'y attendre. Je veux dire, j'ai eu ce traitement de la part d'Ahsoka et je suppose que vous avez enfin craqué, vous aussi. Qu'essayez-vous de faire, me tester ? »

Il fut frappé par la réalisation que ces émotions ne lui étaient pas nouvelles – elle les avait enterrées, les avait réprimées, et maintenant, la mauvaise exécution par Obi-Wan de cette révélation avait apparemment allumée la mèche.

« Je ne suis pas assez bonne pour vous, c'est ça ? Je ne suis pas assez bonne pour être mariée à votre meilleur ami ? C'est ça ? Êtes-vous en colère contre moi parce que je vous ai enlevé votre précieux Padawan ? »

C'était vrai, un peu, ou du moins, l'avait été dans le passé, mais ça n'avait aucune importance à l'heure actuelle. « Padmé, s'il vous plait – »

« Parce que vous devriez l'être ! » hurla-t-elle, et soudainement, son visage se brisa, comme si elle souffrait physiquement, et il y avait des larmes dans ses yeux. « C'est vrai ! C'est ma faute ! Merci de me le rappeler Obi-Wan ! »

« Je n'essaye pas de jouer de vous ! » dit-il, peut-être trop violemment, mais son silence lui fit savoir que ça avait dû faire son effet. Il s'avança, à petits pas, vers elle et dit, beaucoup plus doucement, « Je ne suis pas en train de vous mentir. »

Elle le fixa pendant un long moment, tentant de déchiffrer quelque chose. Finalement, Padmé dit, « je l'ai vu mourir. »

Il prit une solide respiration. « Et je l'ai vu en vie. »

« Où ? » demanda-t-elle.

S'il y avait un moyen de le dire, qui aurait fait en sorte qu'elle le croit et accepte la vérité sans difficulté, Obi-Wan aurait adoré qu'il vienne à lui maintenant. Mais parce qu'aucune inspiration de la sorte ne lui vint, il n'y avait pas d'autre moyen de l'annoncer que de dire la simple vérité. « Il est Vador. »

Pendant un long moment, Padmé le fixa, avant de croiser ses bras contre sa poitrine et de détourner le regard, secouant sa tête continuellement. « Vous voulez tellement croire qu'il est vivant que vous croyez n'importe quoi. Vous avez tellement réprimé vos sentiments au cours de l'année passée, que vous imaginez maintenant des histoires où Anakin est un assassin Sith. Tout pour qu'il soit en vit, n'est-ce pas ? Ai-je raison ? »

Obi-Wan tenta, et échoua, de lutter contre la bête de l'impatience en lui. « Est-ce que j'ai l'air d'être dans le déni ? » craqua-t-il. Il pointa son cou du doigt. « Ces bleus son réels, Padmé. Ils viennent de la main métallique que je l'ai vu construire. Je l'ai touché, j'ai vu son sabre laser, c'est le même. Et ses yeux – » Il déglutit avec toute la peine du monde. « Ses yeux sont jaunes maintenant. »

Jamais il ne saurait quel mot l'avait convaincu, mais elle le croyait maintenant. Il pouvait le voir dans ses yeux marrons. Pourtant, comme si c'était aussi simple, elle dit, « Il ne travaillerait jamais pour Dooku. »

« Je ne pense pas qu'il ait le choix. » Obi-Wan baissa le regard, fixant ses pieds. Le regard de non-reconnaissance d'Anakin apparut dans son esprit comme un éclair. « Il ne se souvient de rien. Il a – subi un lavage de cerveau, ou je ne sais quoi. »

Il y eut une longue pause entre eux, alors qu'ils se regardaient mutuellement, et quand Padmé parla une nouvelle fois, sa voix était faible. « Anakin est vivant. » Il hocha la tête.

Puis, elle attrapa ses bras et son visage se brisa dans un sourire dérangeant et maniaque. « Anakin est vivant ! » Elle enroula ses bras autour de lui et le secoua d'avant en arrière. « Il n'est pas mort ! »

Il manœuvre avec hésitation hors de son étreinte. « Padmé – »

« Non ! » hurla-t-elle, posant un doigt contre ses lèvres. « Shh, je sais, je sais, il a subi un lavage de cerveau, il est un Sith, il est un meurtrier, mais Obi-Wan – il est vivant ! » Elle secoua ses bras comme un enfant espiègle. Ses épaules tremblaient de joie et son rire essoufflé était décidément troublant. « Laissez-moi juste – juste un moment, d'accord, parce que je – je ne peux pas le croire ! Je ne peux pas – »

Elle ria et ria et ria et Obi-Wan ne sut quand la transition arriva mais soudainement, elle pleurait entre ses mains. « Je ne peux pas – je ne peux pas – »

« Padmé… »

Elle gémissait, « Il ne se souvient pas ? Il ne se souvient pas de quoi ? »

« Je ne suis pas sûr. Moi, probablement toi, possiblement tout. Son propre nom. »

« Il ne se souvient pas de son propre nom, » murmura Padmé en retour, incrédule. « Oh, sweetheart. Oh, non, Ani… » Elle recula de plusieurs pas, tremblante, et s'écroula en arrière sur son lit, sanglotant. « Les choses qu'ils ont dû de faire. Oh, Anakin… » Obi-Wan s'assit juste à côté d'elle et frotta son dos. Il ne l'avait jamais vu comme ça avant – le visage rouge, tachée de maquillage, sans aucun contrôle – et il espérait ne plus jamais voir ça.

Finalement, elle dit, « De quoi avait-il l'air ? »

Ça le dérangeait de ne pouvoir que difficilement penser à autre chose que la couleur des yeux d'Anakin. « Je n'ai pas eu beaucoup de temps pour regarder. Il était assez occupé à essayer de me tuer. »

« Mais comment – comment se fait-il que – »

« Il peut utiliser la Force, mais je ne peux le sentir. Je souhaiterais pouvoir savoir comment. »

« Qu'allons-nous faire ? » murmura Padmé.

« Je ne sais pas, » dit Obi-Wan. « Je vais le ramener à la maison. Je ne sais ce que j'ai à faire. Je me moque bien de mourir en essayant. Je vais ramener Anakin à la maison. »

Elle renifla, et dit, « Je viens avec vous. » Et elle lâcha d'un ton cassant, « Et n'essayez même pas de m'en empêcher, je suis la cause de tout ça, et aucune de vos paroles ne pourra changer ce fait. »

Finalement, Obi-Wan hocha la tête. « Ahsoka et moi allons essayer de le suivre. Quand nous le ferons, je vous contacterai. »

Padmé lui donna un petit sourire, plein d'espoir, et l'embrassa sur la joue. « Merci. »


La lumière du soleil de fin d'après-midi jette des faisceaux étroits à travers les stores dans la chambre de méditation privée de Yoda. Obi-Wan s'assit en face de lui, attendant patiemment alors que Yoda communiait avec la Force, profondément immergé, d'une façon qu'Obi-Wan ne pourrait jamais atteindre. Des milliers d'années d'entrainement, et un grand nombre de midi-chlorians donnaient un Yoda un net avantage. Secrètement, Obi-Wan avait toujours espéré qu'avec de l'entraînement, Anakin, dont le potentiel excédait jusqu'à celui de Yoda, puisse accéder à ce niveau de connexion. Le rêve avait, comme de nombreux auteurs, disparu il y a des mois, mais il y avait maintenant une toute nouvelle chance qu'il se réalise, si les Jedi jouaient bien leurs cartes.

Yoda ouvrit doucement ses yeux, ses oreilles se levant et s'abaissant au grès de sa respiration. « Beaucoup regardé, j'ai, et aucune trace de Skywalker je n'ai trouvé. Absent dans la Force il est. »

Comme Obi-Wan s'y attendait. Eh bien, au moins ils le croyaient maintenant. « Comment est-ce possible ? Il y a toujours accès, je l'ai vu l'utiliser. »

Le Grand Maître sembla pensif. « Se cacher il pourrait, dans le côté obscur. »

« Est-ce possible ? »

« Une ancienne technique du côté obscur, c'est. Qu'au près d'un Seigneur Sith, il n'a pu l'apprendre. »

Obi-Wan se pencha en avant. « Il m'a dit que Dooku n'était pas son maître. Pensez-vous…Dark Sidious ? »

« Probable c'est. »

Yoda le regarda, son visage desséché semblait fatigué. C'était une faiblesse qu'il ne révélait qu'aux autres membres du Conseil, et même alors, qu'en infime partie. « Et quand tu le trouveras, que feras-tu ? Un serviteur du mal il est devenu. »

« Nous ne savons pas s'il a fait ce choix, » assura Obi-Wan. « Il ne semble se souvenir de rien. Il est probable que Sidious ne lui ait donné aucune autre alternative. »

« Pourtant, rejeter le côté obscur, Skywalker aurait pu. Un sombre chemin il a emprunté, et toujours, il dominera son destin. »

« Je dois essayer de l'aider, » dit Obi-Wan. Puis, il grimaça, et se souvint des mots que tous Padawan avaient appris de Yoda, très jeunes. « Non, pas essayer. Je vais l'aider. »

« Et si perdu, Anakin est ? Accepter cette possibilité, tu dois, avant de le confronter une nouvelle fois, » dit Yoda, et il y avait une trace de sympathie dans ses mots. Yoda, se souvint Obi-Wan, avait toujours eu une relation compliquée avec Anakin. Il s'était opposé à l'introduction d'Anakin dans l'Ordre depuis le début, mais avait pourtant admiré la connexion d'Anakin avec la Force. Il n'avait jamais excusé les fautes d'Anakin, mais avait, Obi-Wan le savait, eu foi, qu'un jour Anakin puisse changer la galaxie pour le mieux.

Obi-Wan soupira et dit, « La Force a toujours été avec lui. Je ne crois pas qu'il puisse être perdu aussi facilement. »

Yoda prit une grande inspiration et se replongea dans sa méditation. « Dans le vrai, j'espère que tu es, Obi-Wan. »


NDA : mon teaser pour le prochain chapitre est qu'il est du pdv d'Anakin et que mon ami l'a lu et a répondu avec, « POURQUOI NE PEUT-IL PAS ÊTRE HEUREUX ! »

*Bon concernant Windu et Obi-Wan, dans TWC, les deux alternent entre vouvoiement et tutoiement alors je pars sur la deuxième option ici