Chapitre 14 : Électrocution


Enjamber cette racine d'arbre. S'abaisser sous cette branche. Marcher. Ne pas trébucher, ne pas tomber, ne pas mourir, ne pas oublier de respirer, continuer de marcher.

S'il y avait une chose et unique chose que Vador – Anakin – Vador – regrettait plus que tout dans l'entièreté de ses six mois de souvenirs, ça devait être ça.

Ils avaient été tellement gentils. Tellement chaleureux, même dans cette planète à mourir de froid. Honnêtement, c'était probablement à peine en-dessous de zéro, et ses vêtements étaient conçus pour lui permettre de survivre dans de telles températures, pour une certaine période de temps mais la vérité était qu'il n'avait aucune idée sur la durée qu'il avait passé sur cette planète, n'avait même aucune idée du nom de cette planète, et n'avait aucune idée de destination quand il s'était enfui.

C'est à notre tour de te protéger.

Tu mérites tellement mieux que ça.

Tu pourrais vivre avec les gens qui t'aiment.

Il avait tellement mal à la tête.

Un autre pas. Encore un. Encore un. Continue maintenant, juste comme ça. Tout va bien. Tout va bien. Tout va bien. Une voix de femme dans sa tête disait, nous sommes là maintenant et tout ira bien.

Pourquoi les avait-il quittés ? Eh bien, le fait que cette fille s'était évanouie parce que sa migraine lui avait été transmise via une connexion psychique dont il ne connaissait même pas l'existence, était une plutôt bonne raison. Parce que s'il ne pouvait pas arrêter de blesser les Jedi, et les civils, et les gens qui l'aimaient, alors il ne pourrait arrêter de blesser tout le monde, et c'était probablement mieux qu'il reste seul pour le reste de sa vie.

Maison, ils avaient dit. Maison. Les gens qui l'aimaient. Ils l'aimaient. Pour quelle raison…Pourquoi aimeraient-ils…Un sanglot lui échappa, et le pique de souffrance qui atteignit directement son cerveau l'empêcha de tirer une conclusion. Souffrance souffrance souffrance souffrance

Il trébucha par-dessus une racine du sol, mais l'instinct lui fit attraper une branche d'arbre avec sa main droite qui l'empêcha de tomber. Sa vision se troubla, puis s'éclaircit, puis se troubla à nouveau. Un moment plus tard et il était sur le sol, même s'il ne se souvenait pas de quand s'était arrivé, et il ouvrit ses yeux face au goût de vomi dans sa gorge et de sang dans sa bouche. Ses muscles étaient encore plus douloureux qu'avant, ses membres trop lourds pour être soulevés. Chaque respiration était comme un coup de poignard dans la gorge et dans ses poumons. Sa tête battait sans relâche. Il ne pouvait pas bouger. Même s'il le pouvait, il ne l'aurait probablement pas voulu. Il n'avait jamais eu aussi froid de toute sa vie.

Il allait mourir ici. Ce n'était pas un souhait, ou une prémonition, ou quoique ce soit. Juste un sentiment, mais c'était aussi logique, parce que s'il ne pouvait pas parler ou se lever ou bouger, il n'y avait aucun moyen qu'il se sorte d'ici vivant. C'était juste la vérité. La conclusion de ces circonstances. Vador prit une profonde respiration et sentit l'air froid mordre ses poumons, mais son visage était à moitié pressé sur le sol et il pouvait sentir son acidité dans sa bouche, en plus du goût de vomi qu'il goûtait. Il sentit son cœur battre comme un tambour dans sa poitrine. Son arme métallique était positionnée inconfortablement contre ses cotes mais il pouvait trouver le courage de bouger d'un centimètre.

Il ferma les yeux et essaya de s'endormir. Ça ne fonctionna pas. Il ne savait pas combien de temps il resta allongé ici, souffrant et triste et trop fatigué pour rester effrayé, et il ne savait pas combien de temps s'était écoulé avant qu'il n'entende quelque chose par-dessus le son dans sa tête. Il pouvait être proche ou loin, mais il était là – le cliquetis de droïdes de combat, et il pourrait reconnaitre ce bruit à n'importe quel moment. Son cœur semblait se serrer dans un flottement nauséabond de panique. Ils l'avaient trouvé, Force non l'armée Confédérée l'avait trouvé, comment l'avaient-ils trouvé ? Il était venu sur cette planète seul, pas vrai ? Pas qu'il sache où cette planète était. Peut-être que ce n'était qu'une patrouille ou des éclaireurs Ils devaient l'être, pitié qu'ils le soient parce qu'il ne pourrait jamais, jamais, revenir vers Sidious et ses éclairs et son rire diabolique, pitié pitié pitié –

Ne vous arrêtez pas, ne vous arrêtez pas, pitié ne venez pas ici, continuez –

« Monsieur, nous détectons des signes de vie dans cette direction. » L'appel venait de la voix métallique de l'un des droïdes. Vador ouvrit à peine les yeux et put voir des lumières blanches illuminer la forêt autour de lui, disparaissant et réapparaissant momentanément alors que les éclaireurs se glissaient derrière les arbres et buissons. Il avait encore le temps cependant, pensait-il, s'il pouvait se lever maintenant, peut-être pourrait-il encore s'enfuir. Ou plutôt, il aurait pu, si son bras et ses jambes n'étaient pas engourdis, et s'il avait encore de l'énergie ou de la volonté. Il laissa échapper une respiration tremblante, sentit une autre larme couler de ses yeux, et se livra à son destin.

Il le trouva un instant plus tard. « Par ici ! Amenez un médecin de ce côté ! » Quelques instants de plus, et Vador sentit, plus qu'il n'entendit ou vit, deux êtres vivants se rapprocher, au pas de course, puis s'agenouiller à côté de lui. Il entendit les bips d'un scanner médical portable au-dessus de lui et sentit deux doigts appuyer sur le pouls de son cou. Il ouvrit une nouvelle fois ses yeux, mais sa vision était toujours trouble.

« Aucune blessure importante, température à cœur trente degrés, battement de cœur et rythme de respiration lent, » dit l'un d'entre eux. « Il est en hypothermie sévère. Il est resté trop longtemps dehors. Il est également en état post-ictale. » Vador l'entendit hurler à l'un des droïdes. « Apportez-moi immédiatement la capsule médicale ! »

L'autre personne dit, « Post- quoi ? »

« Signifie qu'il a eu une crise il n'y a pas longtemps. »

« Comment pouvez-vous le savoir ? »

« Parce que je suis un docteur, tu n'en es pas un, et j'en ai vu des comme lui des douzaines de fois. Satisfait ? » Le second renifla et le premier dit, « Maintenant, aide-moi à le mettre dans la capsule, et essaye de ne pas trop le secouer. Je préférerais que le bien le plus précieux de Lord Sidious ne fasse pas d'arrêt cardiaque avant qu'il ne lui soit rendu. »

Vador sentit quelque chose gonfler dans sa poitrine, une pensée y resonnait Je ne suis pas son bien ainsi qu'un intense désir de tuer ces gens à mains nues, mais il n'avait même pas l'énergie suivante pour vouloir essayer. Il sentit à peine deux paires de mains le retourner et le hisser sur quelque chose de dur. Ses yeux se fermèrent face aux lumières aveuglantes au-dessus de lui alors qu'un masque insufflant de l'oxygène chaud dans ses poumons était ajusté autour de son nez et de sa bouche. La capsule sur laquelle il était allongé irradiait d'une chaleur artificiellement générée mais il troublait toujours autant.

La voix du personnel non-médicale dit, « Toi – scanne cette zone et chercher des signes de vie. » Puis il dit, plus doucement, alors ça devait être sans doute dirigé au docteur, « attendez – n'est-il pas censé être sous médicaments pour ça ? »

« Ouais, mais il est resté dehors trop longtemps et ne peut pas les prendre lui-même, nous le ferons par hypo de retour au labo. »

« S'en sortira-t-il ? »

« Nous perdrons nos têtes si ce n'est pas le cas. »

Vador nota une piqûre d'anticipation nerveuse dans la Force, qui n'était pas la sienne. « Eh bien, dans ce cas, allons-y. »

« Bien – dépêchons. »

Il sentit la capsule médicale, sur laquelle il se trouvait, être tournée et poussée en avant. Même au travers de ses paupières, les vives lumières clignotantes s'ajoutaient au picotement derrière les yeux de Vador et au martèlement d'un côté de son crâne. Toujours frissonnant. Toujours souffrant. Toujours trop fatigué pour bouger. Tout était silencieux, à l'exception des pas des droïdes et des deux humains et les craquements des branches d'arbres sous leurs pieds et le bruissement du vent dans le feuillage. Et puis –

« Monsieur, mes capteurs détectent plusieurs formes de vie venant de cette direction. »

« Combien ? » demanda une voix humaine.

« Trois, monsieur. »

« Bordel – ouvrez le feu dans cette zone, large éventail. »

« Bien reçu, bien reçu. »

Le son de blasters tirant par dizaine envoya un éclair de panique dans Vador, compressant sa poitrine. Quelques secondes plus tard, il entendit le bruit d'un sabre que l'on allumait, puis celui de deux autres, et sa tête douloureuse se tourna instinctivement vers la direction où les bruits venaient. Quelque chose de brisa en lui, une rapide pensée de pitié ne les laissez pas me ramener à Sidious ne les laissez pas faire pitié aidez-moi aide ne les laissez pas me renvoyer là-bas

Vador força l'ouverture de ses yeux. Malgré le gémissement qu'il ne put retenir, il leva sa tête d'un centimètre, puis d'un autre, sur le côté de la capsule et dans la direction où il voyait des flashs de lumières, des rafales rouges et des flashs verts et bleus…

Ses yeux se fermèrent à nouveau, et il s'écroula. Il tenta de faire du bruit, comme si les Jedi pourraient l'entendre, les lumières étaient si douloureuses, Vador prit une grande inspiration et, malgré la douleur lancinant son corps entier, envoya un aidez-moi que n'importe quel être sensible à la Force aurait pu entendre.

Une voix qui semblait venir d'un long tunnel dit, « Putain, passez-moi ce sédatif, il s'agite – »

Vador tenta de résister. Il sentit le métal froid de l'hypo se presser contre son cou. Quelques secondes plus tard, tout était flou, comme si le monde autour de lui vibrait, et il sentait engourdi de partout, même s'il en avait eu l'énergie, il n'aurait pas été capable de bouger…

Tout était noir. Il ne pouvait même plus voir les lumières vives à travers ses paupières. Il y eut une secousse silencieuse dans la Force, un éclair de douleur, une sensation de brûlure et puis…


Quand Vador se réveilla, sous la dureté du métal sous lui et le thurm vibrant d'un hyperdrive, il comprit presque immédiatement où il se trouvait. Un croiseur Confédéré. Eh bien, ce n'était pas inhabituel. Puis, un moment plus tard, quand il remarqua son incapacité à sentir autour de lui et nota que ses poignets étaient noués ensemble par des menottes paralysantes, il mit les autres pièces ensemble.

Ils avaient perdu. Ces gens, ses…qu'importe qui ils étaient pour lui…avaient perdu…Ils avaient échoué à le garder en vie, comme ils l'avaient promis…Eh bien, il les avait avertis, pas vrai ? Et il ne s'était pas vraiment attendu à autre chose. Sidious prenait ce qu'il voulait, comme toujours. Pas de négociations. Pas de pitié. Aucune notion de sureté ne pouvait exister quand les Sith étaient impliqués.

Il espérait, inexplicablement, que les autres allaient bien. Son Maître Jedi et son apprenti et sa femme.

Il ne s'attendait pas à le découvrir un jour.


À travers les couloirs noirs du palais de Tyranus, Vador marcha. Ses mains étaient liées, une armée de droïdes et de docteurs l'escortaient, comme s'ils s'attendaient à ce qu'il n'essaye de s'échapper. Comme s'ils croyaient qu'il oserait essayer quand la Force était tellement absente qu'il se sentait comme un fantôme. Ils savaient aussi bien que lui qu'aucune tentative d'évasion ne pourrait marcher. Il était impuissant.

Ils s'arrêtèrent et une porte s'ouvrit. Vador regarda à l'intérieur et sentit son cœur s'accélérer à sa vue, ses lèves trembler comme s'il était toujours en hypothermie, et sa gorge se serrer. Un droïde pointa le bout d'un blaster dans son dos et il entra dans la pièce. Deux paires de mains attrapèrent ses deux bras pour le restreindre pendant qu'un docteur ouvrait ses menottes, puis ils retirèrent sa veste de combat et le forcèrent à s'assoir sur la chaise électrique où les liens métalliques s'activèrent sur ses avant-bras. Il pressa ses yeux brutalement et mordit sa lèvre pour l'empêcher de trembler et laissa les docteurs faire leur travail, mettant le moniteur cardiaque sur ses doigts, les électrodes sur son torde, les IV sur son bras.

Il attendit et attendit, tremblant pendant que les bruits des médecins travaillant se mélangeaient autour de lui, activant la machine qui lui enlèverait tout, encore une fois. Peut-être, tenta de se dire Vador à lui-même, peut-être que tout irait quand ce serait terminé. Quand ses souvenirs lui seraient retirés. La vie était tellement plus simple il y a une semaine ou deux.

La porte principale de la pièce s'ouvrit. Il sut immédiatement qui entra, face au silence qui s'empara de tout le monde dans la pièce. Ses tremblements empirèrent, et il se sentait tellement nauséeux qu'il aurait pu vomir à n'importe quel instant. Sidious s'approcha, et s'arrêta devant lui, et Vador rencontra ses yeux jaunes.

« Vous m'avez énormément déçu, Vador, » dit-il, calme et menaçant. « Vous déshonorez les Sith et votre propre potentiel, et vous me gênez en nécessitant répétitivement mon assistance. Vous êtes faible. »

Il y avait beaucoup de chose que Vador aurait pu, et aurait peut-être, dit s'il en avait le courage. Vous m'avez kidnappé, en était une. Vous m'avez pris tout ce que j'avais, une autre. Au lieu de ça, ce qu'il dit fut, « Je le tuerait pour vous…le Jedi, je – je le tuerai cette fois… »

« Kenobi n'est plus votre problème, » dit Sidious, le forçant au silence. « Lui et ses compagnons ont été tués par les troupes que j'ai envoyé à votre recherche. Quand vous aurez été reconditionné, vous continuerez votre travail, comme si Kenobi n'avait jamais existé. »

Soudainement, Vador se souvint : un pique de souffrance dans la Force juste avant qu'il ne s'évanouisse dans cette capsule…mais non, ils ne pouvaient pas être morts, quelques droïdes ne pouvaient pas tuer deux Jedi…Sidious lui avait toujours menti…mais, et s'il lui disait la vérité cette fois…Il avait tellement mal à la tête, c'était pire que tout ce qu'il aurait pu imaginer. Il bafouilla, « Mais, Maître…ils me connaissaient… »

Sidious lui jeta un regard mauvais, et regarda le docteur se tenant le plus porche de la chaise. « Faites-le taire. »

Vador secoua sa tête désespérément, se sentit s'étouffer. « Non, non, ils me connaissaient, Maître, ils ont dit que je les connaissais aussi, ils – ils me connaissaient – non, s'il vous plait – » Mais le docteur lui attrapait déjà le menton et enfonçait un protège-dents dans sa bouche. Vador laissa ses yeux se fermer alors qu'un sanglot secouait tout son corps, et puis un autre, et un autre.

« Je ne sais pas combien de fois je vais devoir répéter, » dit froidement Sidious, « qu'un Sith ne mendie pas. » Avec ce dernier mot, des éclairs bleus rencontrèrent directement la poitrine de Vador, puis ses jambes, et ses bras, et sa tête. Ça se déversait à travers lui et sur lui et sous lui, ça irradiait ses veines, comme s'il avait de la lave en lui au lieu de sang. Cloué à la chaise par ses bras, il convulsa et trembla et hurla jusqu'à ce qu'il ne puisse plus le supporter et ne s'écroule sur lui-même.

Les éclairs s'arrêtèrent. Ses yeux étaient ouverts, mais il ne pouvait rien voir. Il respirait d'une façon hachée, qui ne lui offrait aucun soulagement. Il se crispa contre ses liens, ses muscles s'agitant d'eux-mêmes. Il pouvait sentit la fumée, qui s'élevait probablement de sa propre peau ou de ses vêtements. L'instant d'après, il était à nouveau électrocuté, et c'était tellement plus douloureux, ou peut-être que ça ne l'était pas, peut-être que ce n'était qu'une impression parce que la douleur était partout partout sur le corps de Vador, ou peut-être celui d'Anakin, ou qu'importe qui il était, il n'y avait pas un seul centimètre de sa peau qui n'était pas en feu

Il ne pouvait se souvenir de quand ça s'arrêta. Il ne savait pas si ça s'était arrêta il y a une heure, ou il y a dix secondes, mais quelque part sur le côté, un moniteur cardiaque se déchainait. Sidious parlait encore, et sa voix semblait avoir été mise en sourdine, et sonnait étouffée, mais Vador était presque sûr que ça venait de lui.

« Je n'ai pas le temps de continuer à revenir ici à chaque fois que vous faites une stupide erreur, » dit-il. « Il y a des choses bien plus importantes dans cette galaxie qui requièrent mon attention, et je suis fatigué de réparer vos erreurs. Pour l'instant, Lord Tyranus s'occupera de votre reconditionnement, et que vous retournerez au front, vous serez accompagné à chaque fois par des gestionnaires pour s'assurer que vous obéissez aux ordres. Je ne vous laisserai pas commettre d'aussi grave erreur. »

Puis, Sidious se tourna sur le côté et dit, « Nettoyez-le. »

Une voix anxieuse lui répondit, « Monseigneur, avec autant de chocs répétés, il y a un risque que – »

« J'ai dit, essuyez-le. »

« Comme vous le souhaitez, monsieur. »

C'était encore plus douloureux qu'avant, et quand Vador se réveilla plus tard, il ne pouvait être entièrement sûr de ce qui s'était passé les jours précédents.


La vie continua, bien qu'elle semblât rester immobile. La Force lui revenait petit à petit, devenant de plus en plus lumineuse comme chaque minute d'un lever de soleil. Tyranus, selon ses propres mots, avait été 'délégué de la tâche de surveiller la restauration de Vador jusqu'à ce qu'il puisse continuer son travail de Sith.' Vador était, malgré les fréquentes observations de Tyranus et Sidious, suffisamment intelligent pour comprendre 'réparer l'arme Sith pour qu'il puisse tuer plus de Jedi pour qu'on n'ait pas à le faire nous-mêmes.'

Chaque minute de chaque jour, ses articulations et sa tête étaient si intensément douloureuse qu'il avait parfois l'impression que ses os allaient se briser. Peut-être que c'était pourquoi toute cette 'restauration' (personnellement, Vador ne pensait pas que torturer quelqu'un jusqu'à ce qu'il se soumette ne puisse être vraiment considéré comme de la restauration, mais il était apparemment le seul à penser ça) se déroulait si mal. Et ce n'était pas comme s'il pouvait leur parler des pics de souffrances dans son corps lorsqu'il essayait de s'assoir ou de se lever, parce qu'ils le giflaient ou le battaient à chaque fois qu'il essayait de parler. Et, même s'ils l'avaient laissé parler, il n'aurait même pas été capable d'expliquer pourquoi il n'avait pas la force de soulever une cuillère jusqu'à sa bouche, trois fois par jour, lorsqu'ils posaient la nourriture devant lui, mais il supposait que c'était parce que le simple fait d'exister lui prenait toute l'énergie qu'il avait. C'est ainsi qu'ils le branchaient à une intraveineuse et lui enfilaient un tube d'alimentation et le laissaient là avec l'impression qu'il faisait partie d'une machine et qu'il en valait aussi peu qu'une.

Le traitement à l'électro-chaise ne s'arrêta pas. Comme toujours, elle le laissait tremblant et anxieux avant, et hébété et confus après. Il ne la combattait pas, plus maintenant, mais il semblait toujours finir par pleurer alors que les docteurs, sans expression, le traitait comme un animal chez le véto. Et Vador avait essayé, il avait essayé si fort, de comprendre pourquoi la situation dans laquelle il était maintenant, était différente d'avant, parce qu'il y avait quelque chose à propos de la façon dans tout le monde agissait qui lui paraissait bizarre, mais il ne pouvait pas comprendre ce que c'était. Pourtant, une petite part de lui, incommensurablement petite, était reconnaissante de ce traitement. Qu'importe quand ça se terminait, ils le ramèneraient à sa chambre et le laisseraient assis, ou allongé, à ne rien fait. C'était le seul moment où rien n'était attendu de lui, où il pouvait juste…être.

Toujours, cependant, il y avait quelque chose au fond de son cerveau, quelque chose qui n'était certainement pas là avant. Un souvenir, peut-être, un sentiment, ou le souvenir d'un sentiment. Quelque chose de chaud, comme un phare dans une nuit brumeuse le conduisant en sureté. Quelque chose de froid, aussi, la peur de perdre tout ce qu'il avait. Et il y avait un nom dans son esprit, un nom auquel il ne pouvait s'empêcher de penser, un nom qui lui avait appartenu, il en était inexplicablement sûr, dans un lointaine époque ou étonnamment récemment.

Anakin…


NDA : Bientôt, je le promets ! Bientôt ! Vous saurez de quoi je parle ! Bientôt ! Un peu plus de tristesse pour tout le monde était nécessaire pour que cette fic évolue correctement. Ayez confiance, et souvenez-vous : après la pluie, vient le beau temps !

M-E-R-C-I pour tous les commentaires et tout l'amour. Vous m'aidez à avancer ! Cette histoire a les plus hauts stats parmi toutes mes histoires. Je sais que vous allez apprécier comment ça évolue. Et ça ne prendra plus trop longtemps ! Le prochain chapitre est du pdv d'Ahsoka.

NDT : Prochain chapitre lundi 24 octobre ! On reprend, pendant deux semaines, le rythme d'un à deux chapitres par semaine.