Chapitre 5
L'ambiance à Poudlard était des plus étranges. A cette période de l'année, après les examens, les élèves étaient le plus souvent au bord du lac à se détendre. Mais ce jour-là, tous étaient dans leurs salles communes et ne parlaient que d'une chose : la libération de magie pure de Rogue hier. Ils avaient déjà tant raconté cet événement que les professeurs avaient fini par le savoir. Dumbledore s'était d'ailleurs montré très intéressé par ce qu'il s'était passé, à l'instar de certains Serpentards.
Ainsi personne ne vit l'ombre qui sortit de la forêt interdite, pénétra dans le château et se faufila jusqu'au dortoir des Serpentards où elle récupéra toutes les affaires d'un des occupants. Lorsqu'elle entendit l'histoire de la dispute entre les maraudeurs et Severus ainsi que ces conséquences, elle pâlit et rejoignit aussi vite qu'elle le put l'infirmerie. Elle s'approcha du seul lit occupé et secoua doucement son fils en plein cauchemar, répétant : "Sleipnir, Sleipnir".
"Severus. Severus réveille-toi."
L'interpellé se réveilla en sursaut et avisa la personne en face de lui et de la salle où ils étaient.
"Maman ? Qu'est-ce que tu fais ici ?... Et pourquoi est-ce que je suis à l'infirmerie ?
-Chut, tout va bien Severus. Calme-toi. Je suis venue te chercher.
-Me chercher ? Pourquoi ?
-Il faut que l'on quitte l'Angleterre quelques temps. Quelqu'un doit nous rejoindre.
-Qui ? Il n'y aura pas de problèmes avec lui ?
-Je ne peux pas te le dire ici, et ne t'inquiète pas, il ne nous posera plus de problèmes.
-Qu'est-ce que tu as fait, maman ?
-Ce qui était nécessaire. J'ai entendu des élèves discuter de ta querelle hier avec les maraudeurs. Tu vas mieux ?
-Je... Je n'arrive pas à me souvenir de comment cela s'est terminé.
-Je te raconterai tout une fois en sécurité avec ton oncle, il pourra nous aider... Enfin j'espère. Dépêche-toi, rhabille-toi et nous partons.
-Mon oncle ? Maman, je ne bouge pas de ce lit, tant que je ne saurai pas ce qu'il se passe !
-Écoute, je te jure de tout te dire, mais pas ici. Je te jure même que tu pourras revenir ici pour ta scolarité. Mais par Yggdrasil entier, viens !"
Voyant la peur s'insinuer dans les yeux de sa mère, Severus décida de la suivre. Mais sans qu'elle ne le remarque, il écrivit un message qu'il laissa sous le drap. Puis ils disparurent dans la nuit.
Pendant ce temps dans la salle commune des Gryffondors, trois des Maraudeurs étaient en pleine dispute.
"Mais tu as vu tout aussi bien que moi ses yeux rouges, Lunard ! C'est un monstre ! Il faut prévenir le directeur !
-James, ce n'est pas parce que son apparence a changé durant quelques secondes que c'est un monstre.
-Pourquoi tu prends sa défense Lunard ? l'interrogea Peter.
-Parce que si vous vous basez sur une apparence pour définir la monstruosité d'une personne, alors tu te bases sur la forme que je prends une fois par mois. Tu vas également prévenir Dumbledore, James ? murmura-t-il furieusement.
-Ne dis pas n'importe quoi, ce n'est pas la même chose, ...
-C'est exactement la même chose, le coupa Remus.
-Non, tu n'es pas... Lui ! J'irai tout dire à Dumbledore demain.
-Si tu fais ça Potter, je te jure que même le pire sortilège de torture ne sera qu'une douce caresse à côté de ce que je te réserve, intervint Lily qui dessinait le visage transformé de Severus derrière eux.
-Tu le défends encore ? Même après avoir vu ce qu'il devient ?
-Oui, et si tu ne comprends pas que je le défendrais toujours face à toi, c'est que tu es vraiment un cas désespéré."
Sur ces mots, elle se leva, ramassa ses affaires et partit en direction de l'infirmerie. Mais elle la trouva vide. Paniquant, elle appela son ami en fouillant, elle finit par trouver le mot.
Lily,
Je ne sais pas encore ce qui se passe, mas j'ai dû partir. Je te contacte dès que possible pour te mettre au courant.
Severus
P.S: Veille sur Regulus pour moi, s'il te plait.
Dans la salle des Gryffondors, réalisant que Sirius ne s'était pas mêlé à la dispute, alors que d'habitude, il était toujours le premier à ses côtés contre Rogue, James le fixa longuement. Mais Sirius ne pensait pas du tout à vendre Severus au directeur, au ministère ou à qui que ce soit d'autre. Non. Il repensait à l'époque avant Poudlard, avec son petit frère, Regulus, quand celui-ci s'était soudainement passionné pour toutes sortes de mythologies, pour voir comment les moldus les voyaient, durant les différentes époques. Quand il avait découvert les mythes de tous ces Dieux, de toutes ces cultures, il était venu lui raconter. Il se souvint en particulier de la représentation des Jotnar qu'il lui avait montrée. Puis ils s'étaient mis à rire et à rêver.
"Dis Sirius, on sera toujours ensemble, hein ?
-Évidemment petit frère, je te l'ai juré l'année dernière. Pourquoi ?
-Je ne sais pas. J'adorerais que l'on découvre les neuf royaumes, ou que l'on visite l'Italie ou la Grèce.
-Ces mythes ne sont pas réels, donc désolé pour les neuf mondes, mais je te promets que l'on fera un jour le tour du monde. Rien que toi et moi.
-Promis ?
-Promis."
"Ces mythes ne sont peut-être pas si irréel que cela Regulus. Je suis désolé de ne pas avoir tenu ma promesse. Mais si je faisais un pas vers toi pour réparer mes fautes petit frère, me rejetteras-tu ? Je tenterais quand même ! Ce tour du monde on le fera, ... et qui sait peut-être même on fera les neuf royaumes, si ce que je pense est vrai", pensa-t-il en serrant inconsciemment le petit collier que lui avait fabriqué et offert son frère pour sa rentrée en première année.
