Voilà la suite plus tôt que prévue. Mais je l'ai finie, donc j'ai décidé de vous l'offrir pour la nouvelle année.

Alors, je vous souhaite une bonne année 2018 !

De plus, et après je vous laisse à la lecture. Suite aux réponses de Luffynette et de Wendy Riddle, que je remercie, j'ai décidé de faire cette fiction en plusieurs tomes. Pour le moment, seul deux sont prévus, mais il y en aura peut-être un troisième.

Réponse aux reviews:

AnitaBlake93100: Ah, c'est sûr que Loki va se faire plaisir pour faire faire à Thor tout ce qu'il veut. Donc, oui, il y aura des passages drôles. La suite est là, plus tôt que prévue.

Rose-Eliade: A partir du Soldat de l'Hiver, je n'arrive plus à apprécier Bucky. Je ne sais pas pourquoi. Pour First Avengers il n'y a pas de problème, mais à partir du second film, je n'arrive plus à avoir, ne serait-ce qu'un peu, d'affection pour se personnage. Désolé si tu l'apprécies. Mais ne t'inquiète pas, ce n'est pas le plus méchant de l'histoire, et une fin trafique n'est pas prévue au programme pour lui, pour le moment.

Luffynette: D'accord. Merci d'avoir répondu à ma question. Je vais le faire comme ça.

Wendy Riddle: Oui, Thor se décide enfin à s'excuser auprès de Loki, mais il faudra attendre un peu pour qu'il le fasse auprès des enfants de ce dernier. Je vais donc le faire en plusieurs tomes.

Chapitre 23

Dans les bas quartiers de New York, au milieu des maisons presque en ruines, se déplaçait l'ombre d'une femme. Ses cheveux blonds volaient librement derrière elle, alors qu'elle avançait d'un pas déterminé vers la plus grande et la moins décrépie des maisons alentours. Sa posture démontrait une vigilance en éveil venue avec les habitudes des combats. Venaient renforcer cette image de combattante sa tenue et les armes qu'elle portait.

Elle pénétra dans la bâtisse et rejoignit son collègue dans la cave où il avait entreposé tout ce qu'il possédait ou avait volé. Celui-ci avait de longs cheveux noirs et sales, le visage inexpressif, mais le regard empli de colère, rancœur et nostalgie.

"L'as-tu ? demanda-t-elle sans préambule."

Pour toute réponse, il lui tendit une caisse. A l'intérieur, elle découvrit une sorte de fusil de précision, beaucoup utilisé pour des tirs à longues distances, avec à côté des balles transparentes contenant un liquide verdâtre.

"Tu es sûr que cela l'immobilisera ?"

Il hocha simplement la tête. Il lui donna également une autre boite, contenant cette fois des petites bombes de gaz.

"En quoi est-ce que cela va nous servir ?

-Il ne faudrait pas qu'ils tentent de nous empêcher de récupérer Steve, tu ne penses pas ? répondit-il avec un sombre sourire.

-Oui, tu as raison. Mais cela ne les tuera pas au moins ?

-Non... Juste causer leur évanouissement."

Elle hocha la tête, rassurée, raffermit sa prise sur la première boite, laissant la seconde à son complice, et se dirigea vers la sortie en le saluant. Quand il fut sûr qu'elle ne l'entendrait pas, il murmura :

"Cela les tuera que si personne ne vient les sauver. Et de ça, je m'en assurerai."

Il gagna une pièce à l'étage. Recouvrant toute la surface des murs et du plafond, des photos de Steve Rogers, datant de la seconde guerre mondiale, de la découverte de son corps dans la glace, ou actuelles, le fixaient. Il se dirigea vers une vieille photo de quand il était petit, gringalet et faible et l'effleura.

"Nous allons bientôt nous retrouver Steve. Oui, bientôt. Très bientôt, je viendrai te chercher. Tu verras, je te battrai. Je te prouverai que je suis encore le plus fort et baraqué de nous deux. Et je pourrai à nouveau te protéger. Plus rien ne pourra nous séparer. Nous serons deux supers soldats imbattables. Oui, je t'expliquerai tout du monde d'aujourd'hui, contrairement à ce que ces imbéciles d'Avengers et pire... Stark, il cracha le nom avec haine, ont dû faire. Tu me feras de nouveau aveuglément confiance. Tu me suivras et feras ce que je te demanderai, comme avant. Et nous nettoierons le monde de tous ces êtres venus d'ailleurs et de sa corruption. Oui, nous serons les sauveurs, les maitres."

Pendant ce temps, à la Tour Avengers, ces derniers avaient passé une très mauvaise nuit. Natasha, Steve et Tony avaient dû expliquer la vérité sur Bucky. La plupart d'entre eux avaient eu du mal à accepter que leurs amis leur aient caché un truc pareil et que pire, soit le Soldat de l'Hiver voulait en finir définitivement avec la famille Stark, soit cela avait un rapport avec Steve. Mais Phil s'en voulait plus que les autres. Il était un agent du SHIELD, "Agent", comme beaucoup disaient, et c'était lui qui, avec le Directeur avait une vision panoramique de ce qu'avait été l'agence. Déjà qu'il avait en travers de la gorge son échec de ne pas s'être aperçu qu'Hydra se redéveloppait au sein même du SHIELD, mais maintenant il réalisait que non seulement il n'avait pas su reconnaitre le visage de l'ancien meilleur ami de son idole, alors qu'il avait passé des jours entiers à regarder les photos de ces deux-là, mais en plus, maintenant, cela mettait toute l'équipe en danger, donc la protection du monde.

La culpabilité le rongeait. Il aurait dû voir, s'apercevoir. Ce fut Sigyn qui calma sa conscience en lui rappelant qu'il n'était pas omniscient, et que par conséquent il ne pouvait pas tout voir et donc tout régler. Cela lui fit du bien de l'entendre de la part de sa vieille amie.

Mais outre ces révélations et ce qui en avait découlé, notamment le renforcement de la sécurité de la Tour et les engueulades sur le fait de se faire confiance dans une équipe, un autre événement avait secoué le bâtiment.

En effet, malgré les risques que Loki avait contredits, arguant que ses enfants savaient se défendre et avaient beaucoup plus de de chance de survie qu'eux tous réunis, il avait été maintenu le projet d'aller récupérer Fenrir, puis Jormungandr. Sleipnir ne tenait plus en place depuis qu'il avait obtenu la certitude que ses deux frères seraient de nouveaux à ses côtés. Ils ne s'étaient pas côtoyés pendant longtemps, juste quelques années qui n'étaient rien pour eux, avant qu'ils ne soient chassés d'Asgard. C'était toujours ses frères qui venaient le retrouver en cachette dans son pré. Et ces quelques petits instants passés ensemble avaient suffi à ce que le lien fraternel entre eux s'établisse. Il avait donc pu garder un contact mental avec eux, mais il s'était affaibli avec le temps et ce ne serait jamais la même chose que de vraies retrouvailles, face à face.

Il avait tout vérifié. Les chambres et l'infirmerie étaient prêtes, lui également. Il ne manquait plus que son père et sa belle-mère. Ceux-ci vérifiaient qu'ils n'avaient rien oublié dans la sacoche de secours qu'ils allaient emporter par précaution et discutaient à voix basse.

"Tu es sûr de toi ?

-Non, mais je préfère l'avoir à proximité, pour être là dans le cas échéant.

-Mais, rien ne prouve qu'il pourrait...

-Sigyn, il est à la fois Ases, Elfes et Jötun. De plus, il a d'abord appris à vivre comme un Midgardien. Comment savoir ce que nous réserve sa magie. Sa puissance ou les atouts génétiques de quels ascendants elle va activer. Il faut se préparer à toute éventualité et tu le sais.

-Y compris qu'elle pourrait le tuer ?

-Oui, finit-il par souffler du bout des lèvres. On cherchera également une solution pour ce risque. Je préfère être trop prévoyant que pas assez. Eh, reprit-il quelques secondes après en lui relevant le visage, on se l'est juré : pas deux fois. On prend juste des précautions pour le protéger.

-Tu as raison. Je vais arrêter de me faire du souci. Pour le moment.

-Oui. Et nous en rediscuterons en rentrant d'accord ?

-D'accord. Allez ! s'exclama-t-elle un peu plus joyeuse, en saisissant la sacoche fermée. Allons récupérer tes fils.

-En espérant qu'Heimdall ne nous dénonce pas à Odin et son conseil, espéra-t-il doucement, sans qu'elle ne l'entende."

Ils rejoignirent Sleipnir, qui avait repris sa forme animale, et partirent sur son dos, sur les branches d'Yggdrasil, laissant les Avengers seuls.

Ils atterrirent sur l'île du silence. Cette île était en réalité une petite île située au centre d'un lac de la forêt d'Asgard. Les arbres et leurs feuillages étaient tellement épais dans cette zone, et ils étaient si loin de la ville, qu'aucun son ne parvenait jusque ce bout de terre. Ils marchèrent pendant plusieurs minutes, discutant pour briser ce silence pesant régnant sur l'île et pour que Fenrir puisse les entendre arriver et qu'il ne pense pas que c'était des soldats d'Odin.

"Thor ne nous avait pas proposé de nous accompagner ?

-Si, mais je lui ai expliqué que Fenrir n'avait pas une bonne opinion de lui... Et avec tout ce qu'a dit Thor sur mes enfants durant tous ces siècles, je ne peux que le comprendre.

-Tu lui as expliqué ou tu lui as complétement refusé le voyage et envoyé voir ailleurs ?

-Plutôt la seconde option, sourit le Menteur, mais tu t'en doutais.

-Oh que oui, je te connais Loki. Sinon, tu penses que cela se passera bien la cohabitation entre tes enfants et Thor ?

-Pour certains, oui, tu l'as constaté avec Sleipnir. Mais avec les deux autres, je ne peux rien te promettre. Jormungandr pourrait encore pardonner, mais je ne pense pas que Fenrir, qui a trop de rancœur envers tout Asgard et mon frère, puisse ne serait-ce que songer à le faire. Il prendra sur lui pour notre bonheur, mais je le connais suffisamment, pour t'affirmer qu'il rendra fou Thor, il fera de sa vie un enfer.

-Mais nous n'avons pas de grosses catastrophes à craindre, rassure-moi.

-Je pense que nous pouvons, au moins, en craindre une. Quand ils voudront tous les deux s'imposer à l'autre, il se battront un grand coup, ça c'est sûr. Il faudra juste les envoyer dans un espace dégagé, pour qu'il n'y ait pas trop de dégâts. Après... je pense qu'ils feront une trêve avant de se faire des vacheries jusque... Je ne sais pas quand.

-Ça promet..., souffla Sigyn."

Loki rit et c'est à ce moment-là que Sleipnir revint vers eux, étant parti en avant.

"Il est là papa ! Il est là !"

En effet, Loki sentait de plus en plus la présence de son cadet. Il ne se retint donc plus et se mit à courir vers lui. Il entra dans la grotte où était enchainé son fils et... ce dernier l'écrasa au sol en lui repeignant le visage de salive.

"Tu es là ! Tu es là, maman ! Tu es revenu me chercher !

-Oui, Fenrir. Évidemment mon trésor, je te l'avais promis non ?

-Si, mais cela commençait à faire vraiment longtemps et je craignais que tu ne m'aies oublié ou que tu n'aies trop d'ennuis pour revenir un jour.

-Tu n'avais pas à t'inquiéter. Je mens peut-être beaucoup, mais quand je fais une promesse, peu importe le temps que cela me prendra pour la réaliser, je la tiens. Tu le sais.

-Oui. Pardon d'avoir douté maman.

-Ahhhh, tu ne le sais pas mon frère ? On doit prendre l'habitude d'appeler notre mère "papa", parce que cela gêne trop ces pauvres petits Midgardiens que nous disions "maman", parce que chez eux un homme ne peut pas tomber enceinte, rit le cheval.

-Oh, rit à son tour le louveteau, tu penses donc à ce que je pense, mon frère ?

-Je pense que oui, mon frère.

-On va faire de leur vie un enfer ! crièrent-ils en cœur."

Et ils partirent à rire en se roulant par terre, suivis de près par leur géniteur, qui se contenta de rire doucement en secouant la tête. Pauvre midgardiens et pauvre Thor. Ils ne connaissent pas les terreurs que sont ses enfants, surtout Sleipnir, le plus blagueur et Fenrir, le plus embêtant. Les deux, alliés, c'était des catastrophes à la chaine qui s'annonçaient. Mais ils allaient bientôt découvrir tout ça. Seule Sigyn ne participait pas à l'ivresse générale. La phrase de Fenrir l'avait intrigué, et elle voulait se rassurer. Elle observa le père et l'ainé libérer avec impatience le cadet des chaines qui le retenaient, ce dernier, grâce à la magie de Loki, reprit temporairement sa forme Asgardienne qu'il ignorait avoir, pour qu'il soit plus facile à ramener sur Terre et pour voir ses possibles blessures sans être gêner par son pelage, avant qu'ils ne s'enlacent tous les trois.

"Fenrir, les interrompit-elle, excuse-moi, mais tu as dit une phrase qui m'intrigue. Tu as pensé que Loki avait trop de problèmes pour venir te chercher. Pourquoi ?

-Ben, avec tous les soldats qui sont venus me voir ces derniers mois. Beaucoup se plaignaient, au début, que leur général ait été enfermé. Et il y a quelques jours, ils sont venus me voir en se réjouissant qu'il se soit enfui avec la monture d'Odin. Cela n'a pas été dur pour moi de faire le rapprochement entre leur général et maman. Bien sûr, il y en a qui pestaient contre toi, ajouta-il en se tournant vers le second prince, mais ils ne venaient pas souvent. C'est plutôt ceux qui te sont fidèles qui viennent me voir."

Le sorcier sourit tristement à cette phrase. Son rôle de général des armées d'Odin était l'un de ses rôles qu'il avait pris le plus à cœur et avait exercé avec plaisir. Bien sûr les anciens soldats n'avaient pas apprécié sa nomination, ne l'aimant pas de base, mais ils n'étaient qu'une minorité.

-Et donc, à ce que j'ai compris, une rumeur courrait à Asgard. Odin, à cause de son inaction à te rechercher, serait en conflit avec son conseil qui voudrait envoyer la moitié de l'armée d'Asgard à ta poursuite. Le Père de Tout aurait mis presque tout le conseil sur la sellette et serait en train de tenter de les expulser du château et même de la ville."

Ces dernières nouvelles choquèrent Loki. Les réactions des conseillers ne le surprenaient nullement. Mais pourquoi Odin ne faisait-il rien ? Et pourquoi chasser les membres de son conseil qui voulaient sévir contre lui ? Il n'était plus rien pour le roi. Ce dernier ne pouvait plus l'utiliser comme un potentiel lien avec Jötunheim. Alors pourquoi ne rien faire pour éliminer la menace qu'il représentait ? Surtout maintenant qu'il réunissait ses enfants.

"Les soldats t'auraient-ils dit d'autres choses ?

-Oh oui, ils me parlent beaucoup tu sais. Peut-être parce que je suis ton fils, je ne sais pas. Mais concernant Odin et le conseil, je n'ai pas compris, mais cela aurait un rapport avec des personnes fidèles au roi qui se seraient glissées parmi les conseillers pour avoir le fin mot sur un infanticide ou quelque chose comme ça. Ah, et ils ont aussi parlé de beaucoup de serviteurs et d'habitants des bas-fonds de la ville qui sont venus leur demander de tes nouvelles."

Les deux parents avaient à peine entendu la dernière phrase de Fenrir. Ils se regardèrent dans les yeux, le visage grave. Alors c'était peut-être ça le fin mot de l'histoire de l'étrange comportement d'Odin, Heimdall et des Trois Palatins. Ils avaient sûrement fini par découvrir la vérité.

"Maman, Sigyn ? Quelque chose ne va pas ?

-Si, murmurèrent-ils, si tout va bien, ne vous inquiétez pas.

-Retournons à la Tour, ajouta Sigyn faiblement.

Et c'est dans le silence le plus complet qu'ils regagnèrent Midgard.

Fenrir alla directement à l'infirmerie avec Sleipnir, pendant que le second prince et sa femme rejoignaient Thor, le seul Avengers disponible, pour aller chercher Jormungandr. Il avait été prévu de le récupérer que le lendemain, mais Loki préférait les avoir près de lui, tout de suite.

Thor ne fit aucun commentaire sur le brusque changement de programme et sur la mine sombre de ceux qui seraient ses compagnons de voyage. Les retrouvailles avec l'Ouroboros furent tout aussi émouvantes que celles avec le loup, mais elles ne continrent pas de révélations. Par contre ils frôlèrent l'accident. Le serpent géant avait beau être le plus câlin et calme des fils de Loki, il avait quand même beaucoup de rancœur envers le prince ainé qui l'avait traité de monstre et qui avait participé à la séparation entre lui et sa mère. Il manqua donc de peu d'envoyer le Dieu du Tonnerre par le fond. Seul l'intervention et les câlins de son géniteur sauva Thor. En effet, entre sa vengeance contre Thor et les bras de Loki l'invitant dans une étreinte, Jormungandr avait vite fait son choix. Et encore une fois, sa forme Asgardienne, dont il ignorait l'existence lui fut donnée. Quand il demanda pourquoi on l'avait fait changer de forme, qu'il était mieux dans la précédente, Loki lui répondit juste : "C'est mieux pour les câlins". Parfaitement d'accord, il ne chercha pas plus loin et s'endormit, bercé par les battements du cœur du Menteur.

Ils regagnèrent ainsi l'infirmerie de la Tour, auprès de Sleipnir et Fenrir. Loki et Sigyn passèrent tout le reste de la journée avec eux, à tout leur expliquer, aussi bien pour leur forme que pour les récents événements. Thor avait rejoint ses camarades, et Sleipnir et Fenrir en profitèrent pour programmer toutes leurs futures blagues pour les Avengers.

Dans le salon de la Tour, personne n'avait bougé de la place qu'ils avaient prise au matin. Ils continuaient à tenter de trouver toutes les éventuelles raisons qui auraient poussé Bucky Barnes à vider tout un hangar d'objets dangereux. Sauf deux d'entre eux, qui bien qu'ayant toujours du mal à discuter sans qu'aucune gêne ou dispute ne se glisse entre eux, refusaient de s'éloigner. Tous les deux étaient sûr que l'autre était la cible de l'ancien soldat d'Hydra, mais aucun n'avait faire part de son avis à l'autre.

Ces deux-là avaient passé la nuit dans l'atelier de l'ingénieur. L'un y était pour avoir voulu ruminer en paix le début de conversation qu'il avait eue avec le Captain, et l'autre ne voulant pas s'éloigner du milliardaire. Ils avaient fini par s'endormir dans les bras l'un de l'autre, épuisés, sans avoir parlé.

Steve fut le premier à se réveiller. Sentant un poids inconnu sur sa poitrine, il baissa les yeux et vit le nid d'oiseau constituant la chevelure de Tony. Il y logea son nez et respira l'odeur du propriétaire des lieux. Étonnamment ce n'était pas vraiment une odeur de sueur qui ressortait, mais une senteur plutôt mentholée. Ils restèrent ainsi pendant encore quelques minutes, avant que le brun ne quitte les bras de Morphée pour se réveiller dans ceux de Steve. Pendant ce temps, ce dernier put entendre à plusieurs reprises l'endormi prononcer son nom. Quand l'ancien playboy se réveilla et qu'il remarqua avec qui il s'était endormi, il se leva en quatrième vitesse, plus rouge qu'une tomate. Au début, le Captain, peiné par cette réaction, se réjouit en voyant ce détail.

"Alors ? murmura-t-il.

-Alors quoi ?

-Bien dormi ?

-Euh, je... Oui, ça va... Pourquoi ? demanda Tony, ne s'étant pas attendu à cette question.

-Oh, pour rien... Pour savoir, si j'étais si confortable que ça ou tu ne puisses à ce point te passer de moi, pour que tu m'aies autant appelé dans ton sommeil."

Tony rougit encore plus qu'il ne le pensait possible.

"Je... Je ne... Je ne parle pas en dormant, ce n'est pas vrai !

-Oh que si, tu parles. Et tu dis parfois des choses très intéressantes. J'ai ainsi eut le plaisir d'apprendre que tu me trouvais plus fort qu'un roc, que j'étais l'être le plus merveilleux que tu connaissais et... Attend que je me rappelle de tes mots exacts... Ah oui. Que j'avais le corps d'un dieu ... Je ne savais pas que tu pensais tout ça de moi."

Steve ne mentionna pas, par contre, que, endormi, Tony avait aussi dit qu'il l'aimait. Il préférait attendre qu'il le lui dise parfaitement réveillé. Il avait été très surpris de découvrir que tout ce que Tony n'arrivait pas à dire éveillé, sortait tout seul dans son sommeil. Il profita quand même du spectacle de voir Tony, habituellement très sûr de lui, si mal à l'aise, plus rouge qu'il ne le pensait possible et bégayant une excuse pour rejoindre une autre pièce.

Amusé Steve eut quand même la gentillesse de l'informer de son erreur à travers la porte avant de quitter la pièce, pour rejoindre sa chambre et se changer.

"Tony, il faudra que l'on parle. Je t'attendrai dans la cuisine... Et... Je ne savais pas que ta salle de bain et ton garage était dans la même pièce. Tu es vraiment atypique."

Et il partit en riant. Tony de l'autre côté de la porte, appuyé contre celle-ci, redressa brusquement la tête en entendant les dernières phrases de Steve. Et mince, il s'était encore plus ridiculisé. Mais pourquoi est-ce que le Captain était-il aussi sûr de lui hein ? Logiquement, vu de l'époque d'où il venait, il aurait dû être plus timide... Flûte, normalement cela aurait dû être Steve qui aurait autant rougi et qui aurait bégayé n'importe quoi avant de se sauver face à ses avances, pas lui !

Rageant contre lui-même de ne pas réussir à contrôler ses émotions et réactions devant Steve, il sortit de son garage et regagna sa propre chambre. Une fois propre et avec des vêtements nickel également, il réfléchit à sa possibilité de fuir la conversation que voulait avoir Steve. Mais Tony s'avoua à lui-même, que trop inquiet pour le Captain, comme il l'était depuis qu'il avait appris pour le vol par Bucky, il finirait par le rejoindre à un moment ou à un autre. Donc que cela ne ferait que repousser la conversation. Mais de toute manière de quoi pouvait bien avoir envie de lui parler le super soldat ? De la conversation qu'ils avaient entamée avant que leurs camarades ne les interrompent ? Du fait qu'ils aient dormi ensemble ? De Bucky ? Pour le savoir, il ne lui restait plus qu'à aller le voir.

C'est donc avec la boule au ventre- quoi lui anxieux ? Nan, il n'est jamais anxieux. Et il n'a pas de raison de l'être n'est-ce pas. N'est-ce pas ? -qu'il gagna la chambre de Steve.

Quand il entra, il aperçut tout de suite, l'objet de ses pensées, dos à lui, plongé dans son armoire, avec uniquement un jean. Il espérait vraiment que Steve allait mettre un en haut, parce que sinon, il serait incapable de suivre ce que son ami allait lui dire. Quoique, même avec quelque chose sur lui, ce n'était pas sûr qu'il arrive à suivre.

Le blond enfila un t-shirt, sans remarquer sa présence. Tony se racla la gorge et il se tourna enfin vers lui.

"Tony, sourit-t-il, tu es déjà là. Tant mieux, je craignais de devoir venir te chercher.

-J'ai envie d'en finir vite. Alors, de quoi tu voulais me parler ?"

Steve baissa la tête, respira un grand coup et le fixa à nouveau. Il savait que ses sentiments étaient réciproques, car Tony l'avait avoué dans son sommeil, c'était toujours mieux que rien, et il serait prêt à attendre longtemps qu'il lui dise de vive voix. Mais il n'était pas connu pour sa grande patience et il ne pourrait pas continuer à jouer au chat et à la souris encore longtemps. Ne pas pouvoir le tenir dans ses bras, ni l'embrasser commencer déjà à lui être insupportable.

Il se précipita donc vers Tony, le serra contre lui et l'embrassa.

"Mais qu'est-ce que... ?

-J'en ai déjà assez de te courir après. Je veux pouvoir te serrer dans mes bras quand je le veux, même la nuit, je veux pouvoir t'embrasser quand j'en ai envie. Je veux pouvoir sortir avec toi, que ce soit pour aller voir un film où juste nous promener quelque part.

-Mais... Et tante Peggy ?

-J'ai aimé Peggy en quarante. Mais, cela ne m'empêche pas de t'aimer aujourd'hui. Peggy a continué sa vie. À moi de continuer la mienne.

-Mais tu es... ?

-Bisexuel ? Oui, et ce n'est pas parce que je ne le hurle pas sur tous les toits que je m'en cache ou que j'en ai honte. Mais répond moi s'il te plait. Acceptes-tu d'être mon... Petit ami ?"

Tony rit doucement en constatant que Steve avait utiliser une expression moderne. Comment refuser de se mettre en couple avec l'homme qui l'aimait et qui était si adorable avec ses efforts de langages.

"Je ne te demande pas de me dire que tu m'aimes. Mais donne-moi juste une chance."

Pour toute réponse, Tony attrapa le cou de Steve et l'embrassa à son tour. Ce dernier resserra son étreinte sur la taille du brun et ils restèrent ainsi de longues minutes dans les bras l'un de l'autre à s'embrasser.

Sharon qui, du quartier désaffecté, avait directement rejoint son emplacement sur l'immeuble face à la Tour, demandé et choisi par son partenaire, n'avait rien manqué de leur embrassade et avait même prit quelques clichés de celle-ci.

"Je m'en doutais, murmura-t-elle avant de prendre une photo de plus."