Chapitre 39
Douleur.
Une dizaine de balles transperçaient son dos. La souffrance était intense, insoutenable.
Dans le brouillard de sa conscience, une part de lui savait que ce n'était pas lui qui était blessé.
Il distinguait vaguement des personnes qui s'agitait autour de lui... Non, de sa mère... Ou de lui ? Il ne savait plus.
Une magnifique femme, au cheveux blonds, se tenait face à sa mère.
"Ce n'est pas possible, pleurait cette dernière. Eir, dis-moi que ce n'est pas vrai !
-Je suis désolée Sigyn. Mais... Tu as fais une fausse couche. Je n'ai rien pu faire pour sauver tes jumeaux. Je suis sincèrement navrée."
Rage.
Pour rien. Ils avaient fait tout cela pour rien.
La gemme était irrécupérable et attachée à un androïde.
Et la gemme de l'âme étant disparue nul ne savait où, sa seule chance de mettre son fils en sécurité venait de disparaitre... Non, lui... Ou son fils ? Il ne savait plus.
Une planète quasi désertique, avec un sommet enneigé, où on pouvait apercevoir les ruines de ce qui devait être un temple.
Une forme encapuchonnée s'avance. Elle ressemble à l'image que beaucoup se font de la Mort. Mais ce n'est pas Elle. La tête se redresse, révélant un visage semblable à un crâne, mais rouge.
Et dans l'air ambiant, un simple et doux murmure féminin résonne.
"Vormir... Vormir..."
Soucieuse, Frigga observait, à travers ses flamme magique, son petit fils s'agiter dans son sommeil. Peut-être pas de sang, mais tout de même. Il était fils de Loki et elle aimait celui-ci comme son propre enfant, de chaire et de sang, alors le petit Severus était son petit fils. Et puis, elle ne demandait qu'à le rencontrer et l'aimer, comme elle avait essayer de faire, autant qu'elle avait pu avec toute sa fratrie. Et elle savait que leur rencontre était proche...
Elle passa sa main au travers du feu, dissipant la vision qui se remplaça de suite par une autre.
Six gemmes volaient dans l'espace. Elles étaient toutes de couleurs, de formes et de consistances différentes. Elles flottaient toutes en un cercle parfait en en équilibre et en harmonie, trouvant une résonance avec les autres leur permettant de s'accorder comme jamais. Un mince fil de lumière blanche relié les gemmes entre elles.
La vision se brouilla et une lueur apparue au centre du cercle. Elle était grise argentée, mais semblait très instable. Quelque chose remuait au cœur de la lueur et ne parvenait pas à se stabiliser. Toutes les gemmes se connectèrent à elle, et cela paru lui procurait un certain équilibre, bien que le tout reste encore extrêmement fragile.
C'était certes fragile, mais aussi puissant et stable que l'univers, Yggdrasil et son cœur.
Une des gemmes, la jaune, commença pourtant doucement à s'éloigner, conservant tant qu'elle le put le lien qu'elle avait avec le cercle, jusqu'à disparaître. La connexion était encore là, mais la pierre n'était plus visible. La lueur prit lentement sa place, se renforçant au fur et à mesure de sa progression vers le bord du disque. Ce fut finalement une pierre d'onyx qui se plaça dans la formation.
L'ensemble forma une sorte de médaillon. Le médaillon de Severus.
"Ma reine..."
L'illusion formée par la reine Frigga se volatilisa. Elle se tourna brusquement vers la personne qui venait de la déranger.
"Oh, Eir, mon amie, je ne t'ai pas entendu rentrer. Comment te portes-tu ?
-A merveille, Madame, je vous remercie. Je venais vous porter des nouvelles de votre famille sur Midgard.
-Et ?... La pressa-t-elle. Que peux-tu me dire ?
-Votre fils est juste épuisé. Il a beau être l'unique sorcier d'Yggdrasil, en dehors de son fils, je ne pense pas qu'il ait l'habitude d'utiliser tant de magie en si peu de temps et en si grande quantité. Il doit seulement se reposer. Surtout que Thor semble s'être absenté et pour un petit moment apparemment.
-Sigyn ?
-Je préfère me fier aux midgardiens cette fois, ma Reine. Je n'ai absolument pas l'habitude et donc aucune connaissance sur les blessures... Comment disent-ils... ? Ah ! Par balle. Mais ne vous inquiétez pas, je compte bien rectifier mon manque de savoir le plus tôt possible et...
-Ne t'en fait pas, mon amie, je ne t'en veux pas. Il est vrai que les midgardiens ont énormément évolué depuis la dernière fois que nous sommes allés les visiter. Et ils l'ont fait encore plus vite que nous le pensions et que nous l'avons fait nous-même. Tu n'es pas la seule à avoir un défaut de connaissance à leur sujet.
-Merci Madame. Toujours est-il que j'ai tout de même vérifié les constantes de Lady Sigyn et, même si je ne peux pas être totalement sûre de mon diagnostique, puisqu'elle n'est qu'à moitié Asgardienne, elles me semblent bonnes. Sa vie n'est pas en danger. Elle devrait se réveiller sous peu.
-Parfait. Et... Le petit Severus ?
-En toute franchise, Majesté, j'ai beaucoup de mal à comprendre ce qu'il a eut. Cela vient peut-être de son côté Jötunn ou son côté nain, je l'ignore, je ne sais que peu de choses sur ces espèces. Mais, je pense ne pas faire d'erreur en avançant la théorie qu'il ait pu partager la souffrance de sa mère, lorsqu'elle a été blessée. Par contre, je ne saurais affirmer si son rétablissement se fera au même rythme que sa mère, puisqu'il n'a pas directement était touché par ces "balles", ou si cela sera plus rapide.
-Là dessus, ma chère, je pense que notre petit enfant dormira jusqu'à ce qu'il sache tout ce qu'il a besoin de savoir, affirma la reine en se retourna vers son feu magique et en formant dans l'air de nouvelles images.
-Si je puis me permettre, votre Altesse... Que voulez-vous dire ?
-Que ces vieux croutons du Conseil ont déclenché l'inévitable en voulant l'empêcher. Et que je comprends à présent pourquoi les gemmes d'infinités sont les seules qui peuvent apaiser la magie de notre jeune sorcier.
-Ma reine ?
-Depuis des millénaire, murmura Frigga si bas qu'Eir eut du mal à l'entendre, Yggdrasil jure que son messager annoncera la venue de son enfant, qui naitra des opposés. L'enfant d'Yggdrasil, de l'univers, serait le protecteur et l'assurance de son équilibre. Et qu'il rétablirait la vérité.
-Une prophétie ?
-Non, pas vraiment. Une prophétie est proclamée par une voyante ou une personne mortelle quelconque pouvant percevoir un des avenirs possible. Alors que cela... C'est l'Arbre-Monde en personne, à travers les eaux de son puits, qui nous à transmis ce message. De plus, une prophétie est un présage de guerre. Ce message a toujours été annonce de paix.
-Alors... Ce serait le jeune Severus l'enfant d'Yggdrasil ?
-Né de Sigyn, déesse de la Fidélité, et de Loki, Dieu de la Tromperie. Les deux opposés. Et ce dernier pouvant être assimilé au messager en question, puisque étant le seul sorcier de l'univers, donc l'unique ayant un pouvoir illimité. Avant la naissance de Severus, bien sûr. Et je ne sais pas pour toi, mais moi... Je ne crois pas à tant de coïncidences."
L'image d'une fine branche, dans les feuilles suintent d'une matière visqueuse et verdâtre, se forma devant la reine au travers des flammes.
"Mais alors... Si sa naissance est annonce de paix, pourquoi l'ancien Conseil à voulu le tuer ? Se demanda Eir à voix haute en fixant la vision intriguée.
-Par fierté et orgueil. Parce qu'il n'y a pas de gloire, il n'y a pas de pouvoir à obtenir en temps de paix. Si l'univers s'équilibre et s'apaise... Qu'est-ce qui pourra alors déclencher le Ragnarök ?... Et leur apothéose, qui est un aller simple pour le Walhalla.
-C'est monstrueux. Le pauvre enfant souffre de mille mots, parce qu'ils voulaient la gloire.
-Oh, ne t'inquiète donc pas, Eir, Severus saura très bientôt pour ce que le Conseil a fait à sa famille et ce qu'elle a perdu à cause d'eux. Et aucun ne s'en sortira, fait moi confiance. Odin semble s'être lancé dans une véritable vendetta personnelle contre les fuyards, et il a le soutiens complet des troupes fidèles à Loki.
-Ils attendent impatiemment le retour de leur chef.
-Moi aussi. Mais mieux vaut ne pas trop précipiter les événements et taire ce que les Normes m'ont montrée ces dernières nuits. Il y a des choses que certains ne sont pas encore prêt à vivre. Préviens Heimdall, je me charge d'Odin. J'ai trouvé comment prouvé l'utilisation d'armoise d'Helheim par le Conseil, sur un bébé et sur une femme enceinte à deux reprises. Et fait vite ! Je n'ai que peu de temps et me dois d'être parfaite pour ma rencontre imminente avec mon petit fils."
Sur ces mots, elle passa une dernière fois sa main dans le feu, faisant disparaitre l'image d'un Severus endormi. Elle observa un moment, soucieuse et pensive la nouvelle qui s'était formée devant elle avant de s'en détourner. Le corps de Regulus étendu au pied d'une falaise se volatilisa doucement.
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Severus s'agitait dans son lit d'infirmerie. Son esprit se perdait, se confondait avec celui de ses parents. Il était eux. Ils étaient lui. Il n'était plus sûr de rien. Et ce murmure insistant et répétitif qui lui faisait bourdonner le cerveau. Il avait la sensation que sa raison ne tenait plus qu'à un fil. Qu'il glissait sur celui-ci, tissé avec d'autres, sans pouvoir décider de la direction à prendre. Le fil de son existence dans la grande tapisserie de l'univers. Il garda l'équilibre autant qu'il put, avant de chuter… Chuter… Lentement… Longtemps. Jusqu'au choc.
Le Serpentard ouvrit brusquement les yeux, pour se retrouver nez à nez avec Remus Lupin.
"Mais qu'est-ce que... ?"
Quand il réalisa l'identité de son vis à vis et de leur proximité, il s'éjecta hors de son lit en un bond, comme un diable hors de sa boite.
-Ah ! Mais cela ne va pas ?! T'es dingue ou quoi ?!
-Je suis désolé. Je ne voulais pas t'affoler.
-Ben c'est réussi. Tu colles souvent ton nez à celui d'une personne endormie pour ne pas l'effrayer au réveil, toi ? Alors laisse-moi te dire que tu devrais changer de méthode.
-Je voulais seulement te réveiller, mais tu semblais ne pas m'entendre. Je me suis alors pencher pour te secouer et c'est là que tu as ouvert les yeux. Je ne souhaitais pas te faire peur, je te l'assure. C'était totalement involontaire.
-Ne refais quand-même plus jamais ça !"
Il observa un instant autour de lui, intrigué de reconnaitre l'infirmerie.
"Est-ce que tu pourrais, au moins, te rendre utile et m'expliquer ce que je fais là ?
-Je ne sais pas grand chose. A cause d'un problème, je suis arrivé ici hier, dans la journée. Je sais seulement que tu es arrivé peu de temps après. Ce sont Lily et Regulus qui t'ont amené. Ne t'en fait pas, le calma-t-il en remarquant le regard paniqué que Severus lui porta, les autres étudiants sont tellement concentrés sur leurs petits problèmes et leurs révisions qu'ils n'ont pas remarqué que vous passiez de plus en plus de temps tout les trois sans vous cacher. Quand ils s'en rendrons compte, je suis sûr que vous en entendrez parler.
-J'ai dormi longtemps ?
-Une bonne partie de l'après-midi d'hier, toute la nuit et il est presque midi. Des personnes sont passé te voir, tôt ce matin, maintenant que j'y repense.
-Qui ?!
-Une dame et une homme. Ne m'en demande pas plus ! Il faisait nuit et j'étais à moitié endormi !"
Du bruit retentit à l'extérieur de l'infirmerie. Il ne cessait d'augmenter jusqu'à presque devenir une cacophonie.
Les deux occupants de la salle se tournèrent vers la porte avant de se précipiter dans leurs lits respectifs, craignant qu'en attendant tout ce vacarme, madame Pomfresh se précipite hors de son bureau en pestant contre ceux qui n'avaient aucun respect pour le repos des malades et ne les enguirlandes en les surprenant hors de leurs couvertures.
"Severus, murmura néanmoins Remus en se redressant sur son matelas, si... Si jamais tu as un problème ou... Ou quoique ce soit... Tu peux compter sur moi, d'accord ?"
L'interpellé fit semblant de ne pas l'avoir entendu et le lycanthrope n'en prit pas ombrage. Il se recoucha, juste à temps que la dragonne ne sorte des entrailles de son antre et ne se rut sur les portes en maudissant l'origine du boucan. Mais elle n'eut pas le temps de toucher la poignée que celles-ci s'ouvraient en grand, laissant passer Lily et Regulus, semblant apeurés, qui les claquetèrent derrière eux.
"Mais enfin, jeune gens ! Ce ne sont pas des manières pour pénétrer dans mon infirmerie. Mes patients ont besoin de repos.
-Nous sommes désolés madame Pomfresh, cela ne se reproduira plus.
-Pouvait vous au moins me dire ce qui produit tant de bruit, dehors ?
-C'est Potter et mon frère, madame. Ils se battent, haleta le Serpentard.
-Quoi ?! Laissez-moi passez !"
Les deux étudiants s'écartèrent volontiers et rejoignirent Severus, qui ne prenait même plus la peine de faire semblant de dormir.
"Comment ça, Potter et Sirius se battent ?! entama-t-il sans préambule.
-C'est comme je l'ai dis. Cela a commencé par des cris dans la Grande Salle, où ils sont arrivés séparément, je précise, jusqu'à ce qu'ils sortent leurs baguettes, passant à un échelon supérieur.
-Ils avaient déjà commencé à se disputer dans la salle commune et également dans le dortoir apparemment, intervint Lily. On se sait absolument pas ce qu'il se passe et pourquoi ils sont comme ça. Ils se hurlent tellement dessus sans s'écouter que l'on ne comprend pas un mot de ce qu'ils racontent.
-C'est déjà surprenant de voir ces deux inséparables se hurler dessus, mais en plus aujourd'hui ! Le monde sorcier va s'écrouler !
-Pourquoi ? Qu'est-ce qu'il y a de particulier aujourd'hui ?
-Ben... Nous sommes le vingt-sept mars.
-Et alors ?
-C'est l'anniversaire de Potter !
-Oh, c'est vrai, j'avais complétement oublié, se lamenta le fils de Loki. La journée va être insupportable.
-Je suis on ne peut plus d'accord ! Entre les cris de Sirius et Potter, plus ceux de touts les fans de ce dernier qui voudront sont attention pour lui offrir quelque chose, sans compter que lui voudra nous chercher des noises pour nous faire punir, comme cadeau d'anniversaire pour lui-même. La journée s'annonce très très longue.
-"Nous chercher des noises" ? Depuis quand tu utilises des expressions moldues toi, se moqua Severus.
-Oh, ne ris pas ! C'est à force de vous fréquenter, Lily et toi, vous m'avez pervertis."
Les deux amis rirent un coup avant de redevenir sérieux.
"Plus franchement, je pense que j'ai quand-même quelque chose à voir dans leur dispute.
-A qui ? Black et Potter ? Pour quel raison ils s'écharperaient à ton propos ?
-Sirius vient de plus en plus me voir en dehors de la bibliothèque... Pas pour me demander des services ou autres, non. Juste pour savoir comment cela allait ou... Pour me proposer une partie de quidditch.
-Il a fait ça ?
-Ouais.
-Et ?
-Tu sais comme lui et Potter sont tout le temps fourrés ensemble. Mais... Je ne sais pas.
-Quoi ?
-J'ai l'impression que les Maraudeurs sont de plus en plus distants les uns envers les autres. Et je me demande si...
-Si... ? Si quoi ?
-Si cela a quelque chose à voir avec les recherches que j'ai fait cette été, avec Sirius. Au sujet de cette potion...
-Mince ! C'est vrai ! La potion ! Je l'avais complétement oubliée celle-là. Il faudra que j'en reparle à maman et au autres.
-Bref, je me disais que les deux étaient peut-être liés avec leur dispute d'aujourd'hui. La goutte d'eau qui a fait déborder le vase, tu vois ?
-Oui. Mais il faut vraiment que tu arrêtes de nous fréquenter Lily et moi, on déteint beaucoup trop.
-Te moques pas, j'ai dis !
-Sinon Lily, tu en penses quoi toi ? Regulus, Sirius et la potion. C'est lié à la querelle qu'on entend dehors ou pas, selon toi ?"
Les garçons se tournèrent vers la seule fille du groupe, n'obtenant pas de réponse au bout de quelques minutes. Elle était complétement plongée dans ses pensées.
"Lily. Lily ? Lily !
-Pardon, quoi ?
-Mais ou est-ce que tu étais, pour ne pas nous entendre ?
-Nulle part, je... Je réfléchissais.
-Et à quoi, si ce n'est pas trop indiscret ?
-A James.
-Pardon ?!"
Ils étaient tous deux, plus surpris par le fait qu'elle ait employé le nom du Gryffondor que par celui qu'elle pense à lui. Mais elle semblait ne se rendre compte de rien.
"Oui. Je viens de réaliser que c'est son anniversaire...
-Et alors ? Il ne s'est pas encore plaint que, comme chaque année, tu n'avais rien à lui offrir, contrairement à lui lors de ton propre anniversaire ? raillèrent-ils.
-Eh bien, justement... Non.
-Pardon ?! Mais, il t'a bien offert quelque chose cette année ?
-Ben... Maintenant que tu m'y fais penser... Non plus.
-Et à la Saint Valentin ?
-Rien, encore une fois, affirma-t-elle après quelques secondes de réflexion. Il ne me les a même pas souhaités."
Tous les trois n'en revenaient pas. Pour la première fois depuis leur entrée à Poudlard, James Potter avait négligé Lily Evans et oublié de lui faire un cadeau pour son anniversaire et la Saint Valentin. Il l'ignorait même, pour le moment, maintenant qu'ils y pensaient.
La Gryffondor en ressentit étrangement un petit pincement au cœur, qui lui mit les larmes aux yeux. Elle chassa néanmoins cette sensation en secouant la tête et en affirmant :
"Ce n'est pas grave. De toute façon, c'est ce que j'ai toujours voulu hein ? Qu'il me laisse enfin tranquille. Et cela me donnera un prétexte pour pouvoir l'approcher et nouer une amitié avec lui et ainsi obtenir des informations, non ? Alors c'est parfait. Je n'aurai même pas à chercher une excuse pour engager la conversation, c'est lui qui me l'apporte sur un plateau. Alors... Je n'ai aucune raison de me plaindre... N'est-ce pas ?"
Les deux garçons ne savaient pas quoi lui répondre, ayant un peu du mal à comprendre l'étrange réaction de la rousse. Une fausse joie cachant sa tristesse. Se pourrait-il qu'elle soit réellement tombée amoureuse du poursuiveur de Gryffondor à force de penser à un moyen de le surveiller et à épier chaque comportement suspect qu'il pourrait avoir ? Ils préféraient éviter de penser à cette éventualité pour le moment et de prévoir d'en parler avec leur amie un autre jour.
Ils écartèrent tous la discussion d'un muet commun accord et repartirent sur des sujets plus légers, comme la prochaine sortie à Pré-au-lard que Regulus comptait bien mettre à profit. Mais une partie de l'esprit de Severus ne pouvait oublier que Remus était dans un autre lit de la pièce et qu'il avait sans doute, lui aussi, entendus que ses deux meilleurs amis se battaient. Il n'osait même pas imaginer comment il se sentirait si Lily et Regulus se remettaient à s'ignorer froidement et insulter l'autre dans le dos. Il se promit alors que, sachant ce que le lion vivait et que celui-ci lui avait déjà proposé son aide et soutien, alors il proposerait les siens à Lupin.
