Chapitre 20

Gríma aurait pu passer des heures à regarder dormir Éowyn. Il aimait tant se réveiller avant elle pour avoir tout le loisir de contempler les charmes de son visage et la pureté de ses formes. En vérité, il avait toujours aimé l'observer à son insu, même lorsqu'il prenait autrefois le risque de s'attirer sa colère ou celle de son frère. Cette fois, cependant, il savait qu'il pouvait se permettre de l'admirer sans crainte. Il en eut la preuve lorsqu'il la vit ouvrir les yeux et lui sourire tendrement.

- Déjà réveillé ? constata-t-elle d'une voix douce.

- Je voulais te regarder encore un peu avant d'avoir à te quitter...

- Si seulement je pouvais te garder plus longtemps auprès de moi..., soupira la jeune femme. Que dirais-tu si je venais passer la nuit dans ta chambre, la prochaine fois ? proposa-t-elle alors, comme si l'idée venait de germer dans son esprit. Lizeth ne risquerait pas de nous y surprendre et nous pourrions rester tous les deux au lit jusqu'au petit matin...

Gríma caressa le bras de son amante et lui répondit d'un air comblé :

- Comment pourrais-je refuser ?

En attendant cette prochaine fois, il lui fallait cependant prendre congé d'Éowyn et se retirer de sa chambre le plus discrètement possible. Aussi lui donna-t-il un dernier baiser avant de sortir de son lit et de se rhabiller. La chaleur de son corps lui manquait déjà, mais il ne pouvait faire marche arrière. Pas s'il souhaitait avoir une chance de la retrouver bientôt dans son lit.

Posant une main sur la poignée de la porte, il se retourna une dernière fois vers la princesse pour lui jeter un regard d'adieu et emporter avec lui l'image de ses longs cheveux dorés qui tombaient en cascade sur sa poitrine. Il se résolut enfin à pousser le battant, passa sa tête dans l'entrebâillement pour s'assurer qu'il n'y avait personne dans le corridor, puis franchit le seuil sur la pointe des pieds. Il referma silencieusement la porte derrière lui et tenta d'accoutumer ses yeux à l'obscurité. Le chemin jusqu'à sa chambre lui était devenu si familier qu'il n'éprouvait plus le besoin d'éclairer ses pas à la lueur d'une chandelle. La noirceur de ses habits l'aidait à se fondre dans les ténèbres, et il se déplaçait avec une telle prudence qu'il ne faisait pas plus de bruit qu'une ombre fugace.

Quelqu'un, en revanche, ne semblait pas se donner ce mal. À peine Gríma eut-il atteint le bout du couloir qu'il entendit des pas résonner dans les escaliers. Il n'eut pas même le temps de chercher un endroit où se cacher que déjà Éomer apparaissait devant lui, la main droite serrée autour d'un chandelier, la main gauche posée contre un mur pour tenter de garder l'équilibre. La lumière des bougies éclairait son visage rougi par l'alcool, et son regard était si trouble qu'il eut d'abord du mal à reconnaître l'homme qui se tenait devant lui.

- Que fais-tu ici, sale vipère ? s'exclama-t-il alors en réalisant qu'il s'agissait de Gríma.

Celui-ci sentit son cœur manquer un battement et recula instinctivement en voyant Éomer s'avancer vers lui et brandir son chandelier.

- Je..., commença Gríma pour tenter de justifier sa présence, mais le roi du Rohan ne lui en laissa pas l'occasion.

- Encore à fureter dans les couloirs dans l'espoir d'y croiser ma sœur ? Pas de chance, cette fois, c'est sur moi que tu es tombé.

La façon dont Éomer titubait aurait pu le convaincre qu'il n'avait rien à craindre de lui, si seulement le candélabre qu'il tenait à la main ne lui avait pas paru aussi menaçant...

- Monseigneur, loin de moi l'idée de...

- Tu ne t'attendais pas à me voir, n'est-ce pas ? lança Éomer en lui coupant à nouveau la parole. Tu croyais peut-être que j'allais te laisser seul avec Éowyn pendant qu'elle priait pour le retour de Faramir ?

Sur ce, il empoigna Gríma par le cou et le plaqua violemment contre un mur.

- Comment oses-tu poser encore les yeux sur ma sœur ? s'écria-t-il en soufflant son haleine avinée au visage de Gríma. Comment oses-tu venir rôder près de sa chambre en pleine nuit et écouter à sa porte ?

- Monseigneur, ce n'est pas ce que je faisais..., protesta Gríma, pour qui cette scène avait un triste goût de déjà-vu.

- Menteur ! rugit Éomer. Tu ne changeras donc jamais, vil serpent ? Combien de fois devrai-je te faire comprendre de ne pas t'approcher d'Éowyn ?

Le coup partit si vite que Gríma s'effondra sur le sol sans même avoir eu le temps de comprendre d'où il était venu. Ce ne fut que lorsque la douleur lui tira les larmes des yeux qu'il réalisa qu'Éomer s'était servi de son chandelier pour le frapper. Un flot de sang s'échappa de sa bouche et il la couvrit aussitôt de sa main pour essayer d'arrêter l'hémorragie. Sans surprise, il sentit que sa lèvre inférieure s'était ouverte au même endroit que celui où elle s'était fendue quelques années plus tôt, lorsque les gardes de Théoden l'avaient jeté du haut des marches de Meduseld. Ivre de rage, il releva la tête et lança un regard noir à Éomer. Si celui-ci croyait qu'il allait se mettre à ramper devant lui comme il l'avait fait devant son oncle, il se trompait lourdement. Bien décidé à ne pas bouger, il serra les dents pour tenter de contenir la douleur, et se contenta de foudroyer Éomer du regard, regrettant amèrement de ne pas avoir sur lui un poignard qu'il aurait rêvé de lui planter dans la gorge.

- Tu en veux encore ? s'écria le Rohirrim, qui semblait avoir deviné les sombres pensées de Gríma. Pas besoin de me le demander !

Là-dessus, il lui asséna un méchant coup de pied dans le ventre, et Gríma se plia en deux de douleur. Les coups continuèrent de s'abattre sur lui et il finit par retirer ses mains de sa bouche pour essayer de protéger ses côtes, sans pouvoir cette fois s'empêcher de gémir. Et dire que quelques instants plus tôt il savourait les plaisirs de l'amour dans le lit d'Éowyn, et qu'il se retrouvait désormais par terre en train de souffrir le martyre... Sans doute était-ce le prix à payer pour avoir poussé la jeune femme à l'adultère ? Mais Éomer ignorait que sa sœur venait de passer la nuit avec Gríma, et celui-ci n'osait imaginer la violence avec laquelle le jeune homme l'aurait tabassé s'il avait su la vérité. À en juger par la force des coups dont il le rouait, Gríma n'aurait certainement pas survécu.

Éomer semblait ne plus vouloir s'arrêter, emporté par une colère insensée, et Gríma se demandait combien de temps encore durerait son supplice. Peut-être prendrait-il fin lorsqu'il perdrait connaissance ? Ce fut au moment où cette pensée lui vint à l'esprit qu'il entendit une voix s'écrier à l'autre bout du couloir :

- Non ! Éomer ! Arrête ! Par pitié, arrête-toi !

Alertée par les cris, Éowyn venait de sortir de sa chambre et se précipitait vers les deux hommes pour s'interposer. Elle saisit Éomer par le bras et le tira vers elle pour essayer de l'écarter de Gríma, mais son frère était bien plus fort qu'elle, et il n'eut aucun mal à lui résister.

- Ne te mêle pas de ça, Éowyn ! gronda-t-il. C'est une affaire entre lui et moi.

- Laisse-le, Éomer ! Tu vois bien qu'il n'a rien fait de mal !

- Rien fait de mal ? répéta le roi en se tournant vers sa sœur et en laissant enfin Gríma reprendre son souffle. Il était en train de t'espionner dans ta chambre. Tu appelles ça ne rien faire de mal ?

- Éomer, je t'assure que tu te trompes. Si Gríma était vraiment en train de m'épier, je m'en serais aperçue.

- Que faisait-il ici, alors ? interrogea Éomer, en jetant un regard de mépris sur le malheureux qui continuait de se tordre sur le sol.

- Je... Je l'ignore..., balbutia Éowyn, qui de toute évidence n'avait pas préparé la moindre excuse. Peut-être s'est-il perdu ?

- Ne me dis pas que..., reprit alors Éomer, et un éclair de lucidité traversa son regard embué par l'alcool. Ne me dis pas que c'est toi qui l'as laissé entrer dans ta chambre ?

À ces mots, Éowyn sentit son sang se glacer dans ses veines.

- Qu'est-ce que tu racontes ? s'exclama-t-elle en fronçant les sourcils pour essayer de prendre un air outragé.

- Oh, pas la peine de jouer la comédie ! lança Éomer avec un rire sardonique. Je crois que je commence enfin à comprendre ce qui se trame entre ces murs... D'abord, tu invites ce traître dans ton château, ensuite tu l'invites à t'accompagner au village, et maintenant voilà que tu l'invites dans ton lit ! Si j'avais su que ma sœur était devenue une traînée, jamais je ne serais venu jusqu'ici pour la voir !

Sur quoi, il se dégagea brutalement de l'étreinte d'Éowyn et marcha d'un pas furibond jusqu'aux escaliers par lesquels il était venu. Un bruit de chute se fit entendre, suivi d'un juron, puis du claquement des bottes d'Éomer contre les dernières marches qu'il lui restait à descendre. Son tapage s'estompa peu à peu, et le silence finit par se rétablir, uniquement perturbé par le râle de Gríma toujours couché aux pieds d'Éowyn. Celle-ci se pencha aussitôt sur lui pour constater l'étendue de ses blessures. Son visage et ses mains étaient couverts de sang, mais la plaie la plus grave ne semblait être que la coupure qu'il avait à la lèvre inférieure.

- Allons dans mon cabinet de travail, lui dit-elle en l'aidant tant bien que mal à se relever. Je vais soigner tes blessures et te préparer une potion contre la douleur.

Par miracle, le vacarme qu'avait fait Éomer paraissait n'avoir réveillé aucun domestique. Aussi Éowyn poussa-t-elle un soupir de soulagement lorsqu'elle et Gríma parvinrent jusqu'à son laboratoire sans avoir croisé quiconque sur leur chemin. La jeune femme s'empressa de refermer la porte derrière eux, fit asseoir Gríma sur un tabouret, puis raviva les braises dans la cheminée. Elle s'aperçut à la lueur du foyer que sa chemise de nuit en lin blanc était tâchée du sang de Gríma, mais elle ne s'en soucia pas davantage. Tout ce qui importait, pour elle, c'était de panser les plaies de son amant et de calmer sa douleur. Elle alla chercher un morceau de linge propre et une bassine d'eau fraîche dans un coin de la pièce, puis s'en revint vers Gríma et s'assit à ses côtés pour nettoyer son visage.

Et dire qu'elle avait passé des jours à soigner les blessures que lui avaient infligées le froid de l'hiver et son séjour dans les cachots de Minas Tirith... Les soins qu'elle lui avait prodigués semblaient n'avoir servi à rien, et il lui fallait à présent tout recommencer... Au moins, Éomer n'avait réussi à lui casser ni les côtes ni le nez, mais les mains dont Gríma s'était servi pour se protéger la figure et le thorax étaient si abîmées qu'Éowyn sentit bientôt des larmes lui monter aux yeux. Quand elle repensait au plaisir que ces mains lui avaient donné en caressant son corps quelques instants plus tôt...

- Pardonne-moi, dit-elle à Gríma en laissant une larme rouler sur sa joue. Pardonne-moi, si j'avais su que mon frère rentrerait plus tôt du village...

- Tu n'y es pour rien, la rassura Gríma, qui ne put s'empêcher de poser une main sur sa joue pour essuyer ses pleurs.

La jeune femme s'efforça de lui sourire en continuant d'essuyer le sang qui perlait à la commissure de ses lèvres. En réalité, elle sentait le désespoir la gagner peu à peu, et elle se demandait comment elle allait réussir à affronter les jours funestes qui se profilaient devant elle.

- Tout est fini, n'est-ce pas ? dit-elle tristement. Éomer a découvert notre secret et il ne manquera pas de le répéter autour de lui... À sa femme, à ses amis... À Aragorn, à Faramir... Qu'allons-nous devenir lorsque Faramir l'apprendra ?

- Ne crains rien, répondit Gríma en plongeant son regard dans celui d'Éowyn. Jamais personne ne croira à une telle histoire. Quelle preuve ton frère pourrait-il leur apporter ? Contrairement à ce qu'il s'imagine, le fait de m'avoir croisé dans le couloir qui mène à ta chambre ne suffit pas à m'accuser d'en être sorti.

- Peut-être, mais n'a-t-il pas deviné la vérité en me voyant accourir pour prendre ta défense ?

- Tu n'as fait que porter secours à un homme qui se faisait battre sous tes yeux, la raisonna Gríma. Cela ne trahit en rien la nuit que nous avons passée ensemble.

Éowyn sentit ses joues s'enflammer au souvenir des moments de bonheur qu'ils avaient partagés tous les deux. Baissant la tête pour tenter de cacher sa rougeur, elle trempa le linge imbibé de sang dans la bassine qu'elle avait posée sur ses genoux. L'eau ne tarda pas à prendre la même teinte que ses joues.

- Du reste, reprit Gríma avec un sourire, cette nuit m'a paru si merveilleuse qu'elle valait bien la peine que j'affronte la colère de ton frère.

Un filet de sang s'échappa de sa lèvre, et la jeune femme s'empressa d'essorer le morceau d'étoffe qu'elle venait de laver pour pouvoir l'appliquer à nouveau sur la plaie de Gríma.

- Il va falloir que tu veilles à ne pas trop remuer les lèvres, si tu veux que cette coupure se referme rapidement...

Ce à quoi Gríma répondit d'une voix pleine d'espoir :

- Du moment que cela ne m'empêche pas de t'embrasser...


Comme il fallait s'y attendre, le roi du Rohan quitta le château d'Emyn Arnen dès le lever du soleil, sans même dire au revoir à sa sœur. Celle-ci ne s'en trouva pas moins soulagée à l'idée qu'elle allait enfin pouvoir reprendre ses habitudes et rattraper avec Gríma le temps qu'elle avait perdu avec Éomer.

Certes, elle tâchait de se montrer plus prudente encore avec son amant qu'elle ne l'avait été jusqu'à présent, de peur qu'un domestique ne s'aperçoive à son tour du lien qui les unissait, mais elle voulait aussi profiter autant que possible du temps qui leur restait à passer ensemble, maintenant que leur secret avait été découvert et qu'elle redoutait que leurs jours ne soient comptés.

Si seulement elle avait accepté plus tôt de céder à ses avances... Cela faisait depuis qu'elle le connaissait qu'il n'avait cessé de la courtiser. Pourquoi donc avait-elle tant tardé avant de répondre favorablement à son amour ? Pourquoi s'apercevait-elle seulement maintenant de la véritable nature des sentiments qu'il éprouvait pour elle, et de ceux qu'il avait fini par faire naître dans son cœur ? Car il était temps pour elle de se rendre à l'évidence : elle l'aimait. Elle l'aimait d'un amour tel qu'elle n'en avait jamais ressenti auparavant, ni pour Faramir, ni pour Aragorn. Son amour pour Gríma était si différent... Si profond qu'elle ne se souciait aucunement de la différence d'âge et de rang qui les séparait... Si fort qu'elle ne pouvait désormais plus penser à personne d'autre qu'à lui.

Même après qu'elle eut quitté le lit de Gríma pour aller observer le point du jour sur le chemin de ronde, il lui tardait déjà de le revoir, que ce soit dans son cabinet d'alchimie pour soigner ses blessures, dans le salon de musique pour lui jouer un air de harpe, ou tout simplement au détour d'un couloir. Loin d'elle l'idée qu'il la rejoindrait dès l'aurore, se glissant délicatement derrière elle et passant ses bras autour de sa taille pour l'enlacer tendrement. Ce fut pourtant ce qu'il fit, et cette agréable surprise se transforma bientôt en un véritable bonheur lorsqu'elle sentit ses lèvres se poser sur son cou. Elle ferma les yeux de plaisir et le laissa respirer doucement son parfum. La brise matinale soulevait leurs cheveux et finissait par mêler les boucles blondes d'Éowyn aux mèches noires de Gríma. Tous les deux semblaient ne faire qu'un, seuls au sommet des remparts, uniques spectateurs du lever du soleil qui illuminait le ciel et les collines d'Emyn Arnen de ses couleurs rougeoyantes.

- Bonjour, murmura Gríma à l'oreille d'Éowyn. Je ne t'ai pas entendue te lever, ce matin...

- Tu dormais si profondément que je n'ai pas voulu te réveiller, répondit la jeune femme en se retournant entre ses bras pour lui adresser un sourire. Pour une fois que je ne suis pas obligée de te chasser de mon lit..., ajouta-t-elle en posant une main sur sa joue.

- Tu aurais pu rester dans le mien plus longtemps, fit remarquer Gríma, avant de prendre sa main et de la porter à ses lèvres.

C'était sa main gauche et elle avait gardé son alliance autour de son annulaire. Même en l'absence de son mari, elle ne pouvait se résoudre à retirer cet anneau, par crainte de révéler au grand jour qu'elle lui était infidèle. Elle éprouvait malgré tout de la gêne à porter cette bague en présence de Gríma, et elle se demandait avec inquiétude ce qu'il devait penser en la voyant à son doigt. Cette preuve de son union avec Faramir ne risquait-elle pas d'attiser sa jalousie ? Elle vit en effet une ombre passer dans son regard au moment où celui-ci se posa sur son alliance.

- Ce n'est qu'un anneau, dit-elle pour essayer de le rassurer.

- Un anneau peut avoir bien des pouvoirs..., répondit Gríma d'un air à la fois triste et pensif.

Sans doute songeait-il à l'Anneau Unique... Celui que son ancien maître Saroumane avait cherché à s'approprier pour assouvir sa soif de pouvoir...

- Pas celui-ci, assura Éowyn. Celui-ci ne signifie plus rien pour moi.

Comme pour appuyer ses paroles, la jeune femme fit glisser son alliance de son annulaire et se rapprocha du parapet.

- Je pourrais jeter cet anneau du haut des remparts si je ne craignais pas tant que cela nous attire le malheur...

Gríma posa une main sur son épaule pour l'empêcher de commettre ce geste.

- Inutile d'aller jusque-là, lui dit-il, avant de prendre la bague dans sa main et de la passer délicatement au doigt d'Éowyn.

Celle-ci le regarda faire, puis releva la tête et posa les yeux sur son visage blême. Était-ce parce que sa blessure attirait constamment son regard sur ses lèvres qu'elle ressentait autant l'envie de l'embrasser ? Elle ne voulait lui faire aucun mal, mais elle ne put résister à la tentation de poser un baiser sur le coin intact de sa bouche.

- Je t'aime, souffla-t-elle en plongeant ses yeux dans les siens.

Une lueur d'étonnement traversa le regard de Gríma et se changea bientôt en un éclat de bonheur.

- Si tu savais comme je t'aime, moi aussi..., chuchota-t-il sans quitter les yeux d'Éowyn.

Et il suffisait à celle-ci d'écouter ses paroles pour le croire.