Chapitre 51
Robert Goren ouvrit les yeux sur la plus belle créature aux cheveux d'or qu'il avait pu observer jusque-là dans sa vie. Légèrement inclinée vers lui, la sueur perlant sur sa peau, Alex dansait au-dessus de lui. Il n'avait jamais rien vu d'aussi gracieux. Avec ses ongles, elle lui griffa le torse avant de se redresser et de repousser ses cheveux blonds. Les mains agrippées sur les hanches de son amante qui ondulaient, Bobby sentit qu'elle accélérait le rythme. Il voulut aller à la conquête de ces deux monts qui se dressaient face à lui, et prendre possession avec sa bouche de l'un de leur pic. Alex le dissuada de son initiative en claquant l'une de ses mains. Il grogna, frustré. En réponse, elle poussa un gémissement plus fort, l'attisant un peu plus. Bobby la savait pratiquement au bord. Alors décidant de braver l'interdit, il se redressa pour embrasser sa partenaire et étouffer ses cris. Front contre front, elle se contracta dans ses bras et il ressentit les tremblements de plaisir la secouer. Il se perdit en elle, à son tour.
Essoufflée, Alex laissa tomber la tête sur l'épaule de son compagnon. Celui-ci se laissa tomber en arrière avec elle dans les bras. Après quelques minutes, elle roula sur le côté. Il passa le bras sur ses hanches tandis qu'elle s'enroulait autour de lui. Bobby s'habituait à la présence d'Alex dans son lit. Sa petite taille enroulée de manière si possessive autour de son un mètre quatre-vingt-douze tel un un boa. A sa façon de lui faire l'amour, tantôt dominatrice comme ce soir, tantôt vulnérable et câline. C'était bien différent de leur première fois si maladroite, désorganisée et sauvage, à la fois intimidés et excités par ces bouts de peau qui dévoilaient au fur et à mesure de leur effeuillage.
C'était l'aboutissement qu'il n'aurait jamais imaginé avec Alex. Leur altercation puis la nuit qui avait suivi avaient enfin mis un terme au chaos nommé Alex Eames à l'intérieur de lui. Aveuglé par la colère et la douleur de sa trahison, Bobby n'avait pas voulu comprendre ce qu'elle désirait lui dire par "toi". Cette femme qui s'était enracinée dans les fondations de ses murailles avait finalement fini par les fissurer pour les faire tomber. Il avait cru à tort qu'Alex avait voulu lui faire du mal, le détruire avant de se rendre-compte qu'il n'en était rien. Elle était aussi perdue que lui, submergée par les émotions qui les liaient. Pourtant même dans cette situation, elle l'avait encore surpris en grimpant sur son lit. Et pour la toute première fois de sa vie, une femme osait mettre son visage à hauteur du sien, prête à l'affronter. Et pas n'importe laquelle : Alex Eames.
Bobby avait cru à une chimère lorsque sa partenaire lui avait saisi la tête pour l'embrasser. Pourtant cela avait été la clef à tout. A tout ce qu'il ne comprenait pas en lui depuis qu'il avait failli perdre Alex l'année dernière. A la suite de cet épisode, il avait commencé à la percevoir d'une autre manière et à se sentir différent vis-à-vis d'elle. Ce n'était plus simplement qu'une coéquipière à ses yeux. Même la qualification d'amie proche était trop fade pour décrire ce qu'il ressentait depuis quelque temps. Alex était devenue la femme dont il était tombé amoureux.
Égaré dans ce nouveau et troublant cocktail d'émotions qu'Alex avait déclenché en lui, de la sensation de ses lèvres sur les siennes et de ses doigts sur ses joues, il n'avait pas su réagir. La pensée qu'elle pouvait l'aimer d'une manière plus intime qu'un ami ne lui avait jamais effleuré l'esprit, surtout qu'il n'avait pas su lui-même interpréter ses propres sentiments envers elle avant qu'elle ne les lui révèle par ce baiser. Quel piètre profileur qu'il faisait, n'ayant pas su interpréter les différents signes entre eux. Cette lueur notamment qu'il avait observé de si nombreuses fois ces derniers temps dans ses yeux ou leur soif commune de se rapprocher l'un de l'autre. Tout était là depuis des mois. Sans en être conscient, il était tombé amoureux. Il était complètement épris de sa partenaire.
Lorsque Alex avait mis fin à son baiser, Bobby s'était rendu-compte qu'après le choc de cette révélation, il n'avait toujours pas réagi. Il savait que s'il ne la retenait pas dans la seconde qui suivait, elle fuirait, n'acceptant pas l'humiliation de son silence après s'être dévoilée. Elle l'avait convié à une danse, c'était donc à lui d'enchaîner leur prochain pas avant qu'elle y mette définitivement un terme.
Bobby avait pourtant tenté de résister, étouffant le désir de se perdre dans ses bras. Il avait eu ce besoin impérieux de savoir ce que leur histoire pouvait signifier pour elle. Alex ne pourrait jamais être qu'une simple aventure entre deux adultes consentants pour lui. Elle lui était bien trop précieuse pour la perdre dans un moment d'égarement. Un magnifique moment, il n'en doutait pas. Mais un moment d'égarement. Sans Alex dans sa vie, il avait conscience qu'il ne pourrait plus fonctionner aussi bien. Alex avait insisté, l'air si sûr d'elle, qu'elle le voulait toujours pour elle malgré le fait qu'il ait pu lui dire qu'il était un épouvantable compagnon, qu'elle méritait mieux que lui. Mais à chaque réponse donnée, elle lui faisait abattre un mur après l'autre, le laissant s'abandonner dans la douceur de sa caresse. Avant que Alex ne déclare les derniers mots qui l'avaient fait céder en brisant la dernière barrière entre eux, il avait trouvé cette lueur mystérieuse qu'il avait vu si souvent dans son regard et qui le déstabilisait toujours. Possédant enfin la clef, il avait su l'interpréter. C'était son amour qu'elle lui exprimait. Cela l'avait bouleversé comme ce moment étrange sur la plage lors de leurs vacances. Il en était ressorti déconcerté, incapable de comprendre à ce moment-là ce que sa partenaire avait attendu de lui à cet instant précis alors qu'elle se dévoilait sans pudeur. Par la suite, il avait eu le goût amer qu'il avait laissé s'échapper quelque chose en l'observant se replier face à son immobilisme.
Alex avait réussi à le faire céder en trouvant les mots pour qu'il s'abandonne à elle. Bobby s'était toujours considéré comme un paquetage constitué de fardeaux familiaux, de murailles, de colère refoulée, de ténèbres, d'incertitudes et de problèmes, malgré la façade charmante qu'il pouvait offrir en illusion. Un tout indissociable. Certaines femmes s'étaient juste contentées de la façade et avaient pris ce qu'elles désiraient de lui, d'autres étaient passées au travers et avaient essayé de le changer. Cela n'avait jamais bien entendu jamais marché. On ne prenait pas un mécanisme complexe comme lui pour s'essayer à chercher à le réparer ou à remplacer certaines pièces parce que ces femmes le pensaient dysfonctionnel. Bobby était un tout avec bien plus de défauts que de qualités, mais un tout qu'il fallait accepter comme tel. Un tout aujourd'hui qui comprenait désormais Aliénor. Cette enfant qu'il considérait comme sa fille. Il n'imaginait plus sa vie sans elle. Alors quand Alex lui avait déclaré qu'elle voulait avancer avec lui en n'oubliant surtout pas Aliénor, il n'y avait plus de murs entre eux. Il s'était enfin autorisé à se perdre dans les bras d'Alex, de laisser leur relation évoluer en quelque chose de plus intime parce que l'amour était finalement un risque. Un risque qu'il était prêt à prendre avec elle car ils avaient tous les deux les peurs, les angoisses et le fragile espoir de quelque chose entre eux.
D'une manière lascive, Alex leva une main et commença un long va et vient sur le torse de son amant, effleurant légèrement sa peau, effectuant ou non des déviations pour contourner le nombril ou les mamelons. Bobby la sentit sourire lorsque son corps réagit par un frisson à ses caresses avant qu'elle lui dépose un baiser sur l'épaule. Il se demanda comment il avait pu se satisfaire d'une relation aussi platonique avec elle jusque-là, maintenant qu'il avait exploré tous les sens du mot partenaire avec elle.
Pourtant Bobby avait cru avoir fantasmé leur première nuit. Lorsqu'il s'était réveillé, il s'était retrouvé seul dans son lit -toujours aussi froid. A part le fait de se retrouver nu, il n'y avait aucune trace de sa partenaire dans sa chambre et encore moins de leur aventure. Agité, il avait revêtu rapidement un caleçon et un tee-shirt pour croiser une Alex qui sortait de la salle de bain, déjà prête pour la journée qui les attendait. Il n'avait pas pu profiter de ce moment pour éclaircir son trouble car une petite fille à l'air encore endormie sortait de sa chambre pour venir se coller à lui. Avec un sourire, sa partenaire lui avait dit qu'elle s'occupait de Aliénor et de leur petit-déjeuner pendant qu'il se préparait à son tour.
Durant toute la journée, Bobby avait essayé de démêler les fils entre réalité et illusion de la nuit passée en observant sa partenaire. Cette dernière ne faisant aucune illusion à ce qui s'était passé la veille, il en était arrivé, confus, à se demander s'il n'avait pas tout inventé. Était-ce l'éveil en lui d'un désir d'intimité charnelle avec elle, conséquence de leur rapprochement de ces derniers mois ? Pourtant, il avait encore la sensation si réelle de sentir sous ses doigts la texture de ses cheveux et du grain de sa peau et de ses papilles en feu de l'avoir goûté. Chaque parcelle de peau qu'elle avait caressée ou embrassée semblait le picoter. Bobby s'était presque senti honteux à la pensée d'avoir pu faire faire un rêve érotique avec Alex à chaque fois qu'il la regardait. Lorsqu'elle croisait son regard, elle lui offrait toujours un doux sourire, paraissant ignorer complètement le trouble qui l'agitait.
Ce n'est qu'en rentrant chez lui, le soir, après avoir traversé les heures, complètement perdu par ses pensées et l'attitude de sa partenaire, qu'il avait commencé à élaborer plusieurs hypothèses et ne voyait qu'une seule solution pour étayer celle qui serait correcte. Dans son esprit s'était alors matérialisé un arbre de décision portant sur la réaction de Alex face au geste qu'il s'apprêtait à faire.
Dès que Alex avait garé le véhicule en bas de chez lui, il avait saisi son visage de ses deux mains avec la ferme intention de l'embrasser. Si elle le rejetait parce qu'il avait bel et bien fantasmé sur elle, il n'aurait plus qu'à trouver une excuse pour son comportement déplacé, sinon cela signifierait qu'elle regrettait et c'était bel et bien un moment d'égarement. Dans le cas contraire, elle répondrait à son baiser, et fantasme ou non, il avait la ferme intention de revivre d'autres nuits comparables à celle de la veille en sa compagnie.
Toutefois, Alex l'avait devancé. Sa bouche s'était emparée de la sienne, ferme et insistante.
- Désolée Bobby, avait-elle chuchoté en mettant fin au baiser. J'ai supposé cette nuit en me réveillant qu'il valait mieux te laisser seul au cas où Ally entrerait dans ta chambre. Il y aurait eu trop d'explications à fournir si elle nous avait trouvé ensemble dans ton lit. Et je ne pense pas que tu veuilles pour le moment qu'elle le sache pour nous.
Il avait soupiré de soulagement, sentant ses doigts courir dans ses cheveux.
- J'ai cru que j'avais tout imaginé.
- Non, c'était bien réel.
Il avait embrassé lentement sa partenaire, savourant la chaleur de son étreinte.
- Il fallait que je garde mes distances Bobby, avait-elle expliqué entre deux baisers. Je savais que si j'évoquais la nuit passée, ou que je t'observais trop longtemps, je n'aurais pas pu me contrôler.
- Laisse-moi un post-it roulé en boule, Eames, la prochaine fois sur mon oreiller, lui avait-il répondu en effleurant ses lèvres, cela m'évitera de devenir fou.
Alex avait desserré le nœud de sa cravate, tiré sur son col, pour que ses lèvres explorent sa gorge. Il n'avait pas pu contrôler son cri guttural sous la sensation de cette bouche sur sa peau qui l'embrassait, le léchait, le suçait et le mordillait.
- J'y réfléchirais Goren, lui avait-elle répliqué, mais je ne te garantis rien parce que j'ai la ferme intention de te rendre fou de temps en temps.
Sa chambre depuis était devenue le témoin privilégié et silencieux de leur nouvelle intimité, une fois Aliénor endormie. Bobby avait décidé de lui cacher l'évolution de sa relation avec Alex pour le moment. Il voulait voir malgré tout où leur histoire allait les mener, aussi loin qu'il pouvait l'espérer ou si elle exploserait au vol avant de l'impliquer. Il n'aimait pas mentir à sa fille mais il ne désirait pas qu'elle s'imagine qu'ils allaient former une vraie famille même si cela y ressemblait déjà beaucoup. De plus, vis-à-vis de leur poste à la Major Case, Alex et lui devaient se montrer discrets. Fraterniser avec son partenaire n'était pas vraiment bien vu par la hiérarchie. Si jamais leur relation venait à être découverte, une séparation imposée mettrait un terme à leur partenariat. Et leurs dossiers porteraient sûrement un blâme. Bien qu'il se fichait éperdument de son dossier, il pensait avant tout à celui d'Alex. Celle-ci pouvait toujours évoluer dans la ligne de commandement si elle le souhaitait.
Ainsi tout allait bien dans sa vie, se rendit-compte d'un coup Bobby. Par les conseils d'Alex, il avait repris contact avec Franck tout doucement, prenant même plaisir à partager un café avec lui en évoquant leurs souvenirs d'enfance. Leur mère luttait âprement contre sa tumeur. Aliénor avait retrouvé pratiquement tout ce qui faisait d'elle une petite fille. Physiquement, à part les cicatrices, les carences subies ne se voyaient pratiquement plus. Elle avait le sourire et le rire plus facile. Les nuits devenaient plus paisibles car elle faisait moins de cauchemars. Elle réussissait à nouer des relations avec d'autres enfants de son âge et parvenait à chercher moins sa présence en s'émancipant.
Avec Alex, tant du côté professionnel que privé, cela fonctionnait. Eames et Goren reprenaient leur place dès qu'ils sortaient de l'appartement et agissaient comme les deux détectives qu'ils étaient avec sérieux et professionnalisme. Il y avait bien entendu quelques sourires complices et quelques frôlements remplis de promesses silencieuses dans la journée mais cela n'allait jamais plus loin que du simple plaisir de baisers volés à l'abri des regards. Ouvrir leurs cœurs n'avait pas réellement changé ce qu'ils étaient. Il y avait Eames et Goren la journée, Alex et Bobby lorsqu'ils retrouvaient Aliénor, et plus "qu'eux" la nuit.
La seule complication qu'il avait à affronter pour le moment était de parvenir à cacher à sa fille la nouvelle relation qu'il entretenait avec Alex. Avec cette dernière, ils devaient faire en sorte que la fillette ne les trouve pas ensemble au lit. Ils devaient se lever bien avant elle afin d'éviter qu'elle rentre dans la chambre le matin pour le sortir du lit, ou à ce qu'elle commence à s'interroger sur le fait de ne plus pouvoir réveiller Alex qui dormait habituellement sur le canapé. Pour le moment, le stratagème semblait fonctionner.
Subitement une angoisse sourde compressa le cœur de Bobby et une sensation brutale de tomber dans le vide s'empara de lui. Cela allait décidément trop bien dans sa vie pour que cela dure. Bobby ne pouvait pas s'empêcher de penser au moment de sa vie où tout allait dérailler. A ce moment où il allait tout foutre en l'air.
- Bobby... L'appela doucement Alex.
Il se força à prendre une grande inspiration avant de répondre :
- Oui ?
- Tu penses trop fort, le réprimanda-t-elle.
Il s'agita, relâchant la prise de son bras autour de la taille de son amante, comme s'il s'apprêtait à fuir.
- Désolé, je...
- Je sais à quoi tu penses, Bobby, le coupa-t-elle. Cesse de te torturer. Tout va bien. Rien ne va s'écrouler comme tu sembles le croire.
Alex resserra son étreinte pour le retenir et le rassurer qu'elle ne comptait pas le lâcher de sitôt. Cette femme le stupéfiait de jour en jour. Sept ans de partenariat et elle paraissait avoir résolu l'équation en trouvant toutes les combinaisons possibles de valeurs que pouvaient revêtir les variables qui les constituaient. Elle savait tout de lui, même les ombres qui le hantaient. Et elle n'avait toujours pas pris la fuite. Elle restait. Parfois il s'interrogeait si ce n'était pas qu'elle se sentait prisonnière de leur partenariat ou par dépit. Alex était un rêve. Un rêve qu'il s'attendait à voir se transformer en cauchemar du jour au lendemain.
Sa partenaire se redressa d'un coup pour se saisir de son visage entre les mains et plonger son regard noisette dans le sien.
- Arrête de penser que je vais fuir un jour ou l'autre. Il n'y aura pas de retour en arrière pour moi aussi.
- Tu es un boomerang, se rappela-t-il tout à coup.
Alex devint radieuse au souvenir de ces quelques mots déclarés sur un coup de tête après quelques jours de séparation où le manque de l'autre s'était fait cruellement ressentir.
- Exactement !
Elle lui déposa un baiser sur le front.
Bobby passa une de ses mains sur la joue de son amante, repoussant une masse de cheveux dorés. Il n'avait jamais eu la sensation d'être autant aimé et désiré par qui que ce soit avant Alex. Il espérait ardemment que les ténèbres ne viendraient pas enlaidir l'intimité si précieuse qu'il commençait à peine à approfondir avec elle. Eames se remit à sourire en se laissant appuyer sur sa poitrine sans détourner une seule seconde le regard.
- Si tu crois que je vais te laisser détaler, Goren, après tout le boulot et l'investissement que j'ai mis dans notre relation, tu te fourres le doigt dans l'œil !
Bobby entoura sa partenaire de ses bras et la pressa contre lui, tremblant de tout cet amour qu'elle lui portait.
- Retiens-moi Eames, murmura-t-il.
Il ne savait pas si c'était une supplication de son cœur ou un vœu qu'il quémandait.
- A cette seule condition Bobby, que tu me retiennes aussi. Je ne veux plus jamais être repoussée.
A cet instant, les mots semblèrent superflus pour Bobby. Il chercha la bouche de son amante avec la sienne. Lorsque leurs lèvres se rencontrèrent, ce fut comme s'ils scellaient un pacte silencieux entre eux. Bobby embrassa tendrement tout d'abord Alex, puis avec un peu plus de fougue. Il la renversa doucement sous lui. Alex se laissa faire, ne cherchant pas cette fois-ci à dominer leur étreinte, préférant s'abandonner au savoir-faire de ces longs et élégants doigts. Bobby lui montra à quel point elle était si exceptionnelle à ses yeux à sa façon de lui faire l'amour.
