Attention : Cette fic met en scène une relation amoureuse tout ce qu'il y a de plus normal entre deux personnes du même sexe. Vous êtes prévenu.

Disclaimer: Non Naruto ne m'appartient pas, non je ne fait pas de profit avec cette fic MAIS oui j'en fait ce que je veux ! ^^


Chapitre 3 : Apprends-moi la tendresse

Pourquoi Sasuke était-il si pressé hier soir ? Qu'est-ce qui lui tenait autant à cœur ? Ou qui ?

- Qu'est-ce que tu as à me regarder comme ça ?

Lentement je détourne le regard, soudainement attiré par la vue de la fenêtre. Je ne me suis pas rendu compte que je le fixais, mais aux dernières nouvelles, son visage n'est pas breveté, pas vrai ? Si j'ai envie de le mater à m'en percer les rétines, c'est mon droit.

De plus, il faut le dire, il ne me facilite pas la tâche, cet imbécile, à se balader à moitié à poil dans sa cuisine.

Bon, j'exagère un peu mais ce débardeur si près du corps, que je pourrais presque apercevoir le grain de sa peau, et ce bas de pyjama négligemment posé sur ses hanches, ne peuvent pas être considérés comme des vêtements, non ?

Si ?

Ok, j'exagère beaucoup en fait.

Je suis arrivé tôt ce matin, après avoir passé la nuit à me tourner encore et encore dans mon lit. Ce n'est pas la première fois que je fais une nuit blanche en pensant à Sasuke mais en général mes fantasmes m'entraînent dans des scénario beaucoup plus charnels et inavouables.

Des flashs de Sasuke nu envahissent mon esprit. Je sens presque ses doigts parcourir ma peau et ses lèvres contre les miennes. Je sens la paumes de ses mains sur mes hanches, m'imposant un rythme langoureux tandis que nos corps se frottent l'un contre l'autre.

Une chaleur bien connue commence à m'envahir et je me redresse sur mon siège, ce n'est vraiment pas le moment de penser à ce genre de chose. Là, dans la cuisine, où seule une table me sépare de l'objet de mes désirs... Je croise les jambes sous la table : « Calme-toi, Naruto, tu n'es pas un chat en chaleur ! »

Mais c'est plus fort que moi : de leur propre volonté, mes yeux se posent à nouveau sur le brun qui me tourne maintenant le dos. Je vois ses muscles rouler sensuellement sous son débardeur, nerveux, forts, appelant mes caresses. J'avale difficilement ma salive, la bouche soudainement sèche. Il a un dos magnifique...

Ok, là je crois que je viens de passer un nouveau degré de connerie.

- Le jour du silence c'était hier si tu as quelque chose à dire, dis-le.

Faudrait savoir ! « Parle, ne parle pas ». Sakura est plus facile à comprendre que celui-là par moment.

Il a quand même un dos de rêve...

Je me donne une claque mentale, à défaut de ne pouvoir m'en donner une vraie. Arrête ça imbécile !

Sasuke évolue lentement dans la pièce à faire je ne sais quoi, je m'en fous royalement en fait. Je suis là avec lui, tranquillement installé dans sa cuisine et ça, c'est déjà plus que ce que j'espérais.

Une question revient quand même me torturer :

- C'est qui?

Le brun se fige un instant car il a compris à qui je fais allusion. J'ai encore parlé sans réfléchir. Il me jette un regard noir par dessus son épaule qui me donne envie de disparaître.

- Besoin de plus d'informations pour ton petit chantage ?

Mais c'est pas possible d'être aussi rancunier, putain !

- Non, ce n'est pas ça !

Je me lève un peu honteux pour protester mais me rassieds précipitamment, pris d'un léger vertige.

- Pour la énième fois, rentre-toi dans le crâne que ça ne te regarde pas. Je dois te faire un dessin ?

Je ne prends pas la peine de m'offusquer, encore désorienté par mon soudain malaise. Il faut dire que je ne suis jamais malade, dans le pire des cas un mal de tête ou un nez qui coule mais c'est tout !

En général, les microbes me fuient comme la peste.

Mon silence ne passe décidément pas inaperçu et Sasuke se retourne vers moi, avec ce qui ressemble le plus à un sourire inscrit sur son visage.

- Ne me dis pas que ma leçon d'hier porte déjà ses fruits ?

Le ton moqueur me frappe en pleine face, une boule se forme dans ma gorge et je fais de mon mieux pour l'ignorer. Le simple pincement au cœur que ses phrases m'infligeaient dans le passé s'est lentement changé en véritable coup de poignard avec le temps. Sasuke me blesse avec chacune de ses phrases.

Je ferme les yeux, me concentrant sur ma respiration : c'est moi ou la température a augmenté en quelques minutes ? Je glisse un doigt tremblant dans le col de mon t-shirt, tirant dessus en espérant un peu soulager cette sensation désagréable.

Fichu brun, là j'ai la preuve indéniable que l'amour ne rend pas seulement aveugle mais aussi sourd, muet et con.

Mais con comme la Lune !

Pourquoi je me mets toujours dans des situations impossibles ? D'abord mon béguin pour Sakura, et puis maintenant cette « chose » pour Sasuke, à croire que mon cerveau ne fonctionne pas correctement. Peut-être que les coups à la tête prodigués par ma douce meilleur amie ont fait plus de dégâts que je ne le pensais.

- Tu m'écoutes quand je te parle, idiot ?

J'essaye de me concentrer sur le brun mais il faut avouer que la sensation que mon cerveau est sur le point d'exploser ne m'aide pas vraiment. Lentement je me masse les tempes en me tortillant sur mon siège. Pourquoi j'ai l'impression que quelqu'un organise la fiesta du siècle dans ma tête ?

En plus, il fallait que ça arrive aujourd'hui ! Même mon système immunitaire me lâche... Sale traite !

- Je crois que je suis malade…

- Malade ?

- Oui, malade !

Ma voix résonne dans mon crane, accentuant mon mal de tête.

- Je croyais que tu ne l'étais jamais ?...

- C'est de ta faute...

- Ma faute ?

Je ne vais quand même pas lui dire que je suis resté comme un idiot à guetter sa sortie sous la pluie pendant des heures. Peu être que les nuits blanches causées par mes rêves dépravés y sont aussi pour quelques chose. Qui sait ?

Quoi qu'il en soit, j'ai encore un peu de fierté. Ouais je sais, ça ne saute pas vraiment aux yeux.

- Laisse tomber... On fait quoi aujourd'hui ?

- Rien

- Comment ça, rien ?

- Tu as vu ton état ? C'est déjà difficile de faire rentrer quelque chose dans cette chose que tu appelles un cerveau, autant te dire qu'aujourd'hui c'est mission impossible.

- Pas la peine d'exagérer, j'ai compris.

Sasuke me jette un regard désabusé. Le fumier, il dit ça sérieusement ! Il me prend pour qui ? J'ai vraiment envie de lui faire ravaler son air supérieur. Je me lève pour protester, mais ce n'est clairement pas une bonne idée. Mes jambes choisissent ce moment pour me faire faux bond et je m'étale lamentablement sur le sol. Pourquoi est-ce que le ridicule ne tue pas ? Pourquoi ne m'achève-il pas ? Il fait toujours les choses à moitié, cette enflure.

- Eh, ça va ?

Sasuke est penché au-dessus de moi, un air mi-amusé, mi-inquiet. Je ne savais même pas que c'était possible. Il semble réfléchir un moment.

- Je vais appeler Sakura...

Avant que je ne m'en aperçoive, j'attrape le bas de son pyjama. Tout mais pas Sakura ! Je n'ai vraiment pas envie qu'une furie rose me harcèle de questions sur la raison de ma présence chez le brun.

- Tu veux ma mort ?

- Si c'était vraiment le cas, je te jetterais dehors sans aucune hésitation.

Un petit rire m'échappe.

- Tu trouves ça drôle, idiot ?

Il se penche de nouveau et me saisit par le bras en passant le sien autour de mes épaules. La proximité de nos corps me fait frissonner, heureusement je peux mettre cela sur le compte de ma fièvre. D'un coup, je trouve cette situation plus agréable : soyez bénis, petits microbes ! Avec difficulté, il me traîne jusqu'au salon. Ce serait quand même plus simple s'il me portait dans ses bras, plus simple et beaucoup plus romantique, non ?

J'enroulerais mes bras autour de son cou et poserais mon visage tout contre sa peau… Mais non ! Ce con préfère me trimbaler comme un vulgaire sac avant de me laisser tomber sur le canapé tout aussi gracieusement. Malheureusement, ou pas, je nous emporte tous les deux dans ma chute, entraînant Sasuke dans une étreinte involontaire.

Le son laborieux de nos respirations emplit l'espace tandis que nous restons dans une position légèrement embarrassante. Son corps se presse contre le mien et je résiste à l'envie subite d'entrelacer nos jambes. Un gémissement tente de franchir mes lèvres. Dans une tentative désespérée de le dissimuler, je tousse timidement. Sasuke semble revenir à la vie et bien trop vite, le brun se détache de moi puis fait mine de remettre en état ses vêtements.

Il peut tout aussi bien se débarrasser d'eux s'ils le gênent... La fièvre me fait délirer.

- Tu as vraiment le chic pour te mettre dans la merde !

- Ne t'inquiète pas : au pire, je vais juste mourir sur ton canap'.

- Du moment que tu le fais en silence.

Une nouvelle boule se forme dans ma gorge mais je l'ignore allègrement. Il n'empêche … même quand je suis allongé devant lui, plus malade que je ne l'aie jamais été, il ne me montre pas une miette de compassion.

Vas-y, Sasuke, piétine-moi le cœur un peu plus, il bat encore !

Je me retourne pour enfouir mon visage contre le dossier

Ces quelques mots ont fini de m'épuiser, je n'entends plus Sasuke, je n'entends plus rien en fait. L'obscurité me tend les bras et j'y plonge avec soulagement.

IIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIII

J'ai froid, un froid qui me transperce de part en part comme s'il faisait partie de moi. Je voudrais bouger mais chacun de mes membres semblent paralysés. Les bruits sont informes, se mélangent et s'entrechoquent, se répercutant dans mon esprit comme autant d'aiguilles plantées dans mon cerveau. J'ai mal d'une douleur omniprésente, je ne pourrais dire d'où elle vient, c'est plus une sensation générale. Un mal être sans fin.

Soudainement mon corps s'élève et avec un brin de sarcasme, je me demande si le moment où je monte au ciel est enfin arrivé. Le froid semble diminuer mais mes sens sont bien trop affaiblis pour que j'en sois certain : je suis dans un brouillard où je ne vois que les yeux de Sasuke. Un regard plein d'inquiétude... Pour moi ?

J'éprouve une joie naïve à cette vue.

Enfin, un peu de réconfort.

Les yeux du brun se rapprochent, je voudrais m'en saisir mais je n'ai plus conscience de mon corps. Si seulement je pouvais, si seulement...

La chaleur est indéniable maintenant et j'aime à croire que c'est le regard de Sasuke qui en est la cause. Je ressens l'envie de me blottir contre lui et de me laisser porter par le son régulier de sa respiration.

Peut-être me laisserait-t-il alors m'accrocher à lui et poser mes lèvres contre son cou. Je pourrais soupirer de bien-être... Ça en serait presque douloureux de perfection.

Peut-être pourrais-je enfin goûter à cette peau, je ferais traîner mes lèvres au creux de sa clavicule et m'abreuverais de son odeur, je pousserais peut être même mon plaisir jusqu'à déposer des baisers furtifs sur la courbe de sa mâchoire.

Peut-être réussirais-je aussi à lui voler un baiser. Ce serait un moment de folie qui me coûterait sans doute la vie, mais je prendrais le risque pour la récompense de cette sensation. Je les imagine fines et douces. Froides aussi, mais pas ce froid maladif et pénétrant dont j'ai rêvé de me débarrasser plus tôt. Non, je les imagine de cette fraîcheur délicieuse qui vous enveloppe dans un cocon paisible.

J'aime tous ces « peut-être » que m'offrent mes rêves. J'aime tous ces petits bonheurs qui n'appartiennent qu'à moi. Je voudrais dire tant de choses et pourtant si peu.

Mes idées deviennent incohérentes, je voudrais parler, crier, pleurer mais bien vite je perds pied. J'ai envie de m'accrocher à ses yeux, à cette chaleur, à ce mirage, en vain. Les yeux sombres de Sasuke s'éloignent et la chaleur devient néant.
« Sasuke, pourquoi je t'aime ? »

IIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIII

Un rayon de soleil qui n'a rien trouvé de mieux que d'atterrir sur mon visage me fait cligner des yeux. Mon mal de crâne m'empêche de me redresser, à la place je me contente de grogner en essayant maladroitement de changer de position. Qu'il aille finir sa course ailleurs, merde ! Y'a des gens malades qui voudraient bien se réveiller en douceur, bordel !

Saleté de coucher de soleil...

Instinctivement, je ramène la couverture sur mes épaules... Minute.

Je baisse les yeux. Minute, minute, minute. D'où sort cette couverture et surtout... Où sont passées mes fringues ?

Je manque m'étouffer en me rendant compte qu'il n'y a qu'un seul point commun à ces deux questions : Sasuke Huchiwa.

Je me renfonce plus confortablement dans la couverture, l'idée qu'il ait pris soin de moi n'est pas désagréable, au contraire, j'en suis bêtement heureux. Un sourire étire mes lèvres, je veux bien être malade chaque semaine.

Le souvenir d'un regard noir s'impose à moi et un bref instant, j'aimerais retomber dans l'inconscience. Pourquoi est-ce que je ne peux pas y replonger à volonté ?

Quelque chose de froid se pose sur mon front, me faisant instantanément ouvrir les yeux sur le visage étonné de celui qui occupe toutes mes pensées. La main de Sasuke posée sur mon front est une délicieuse caresse. Serait-il choqué si je posais la mienne par-dessus ? Lentement il la retire.

- Tu n'as plus de fièvre.

- Oui, je me sens mieux, c'est vrai.

Sasuke s'est changé et porte sa tenue d'entraînement. Je ne peux m'empêcher de le détailler mais me détourne dès que je croise son regard appuyé. J'ai un truc sur le visage ?
Soudain, comme piqué par sa décision, le brun se détourne pour me l'annoncer.

- Tu peux rester dormir ici ce soir.

Je ne cherche pas trop ce qui le pousse à me garder chez lui, bien trop heureux de pouvoir grappiller un peu plus de son temps.

- Sasuke !

Le brun s'arrête et me jette un regard par-dessus son épaule.

- Merci.

Il fronce brièvement les sourcils. Qu'est-ce que j'ai encore dit ?

- Imbécile.

S'en rien ajouter, il s'en va.

- Je sais.

Pour une fois, nous sommes d'accord.


Merci a Ankoyume pour avoir corrigé ce chapitre. Merci à vous de l'avoir lu et une grosse bise à tous.