Rating : K
Genre : Humour, Absurde, Tranche de vie.
Disclaimer : L'univers et les personnages de One Piece appartiennent à Eiichiro Oda.
Résumé : Quand Moria n'est pas là, les zombies dansent ! (Zombie Party)
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Note : Ce texte a été écrit à l'occasion des 24h du Fof, marathon d'écriture d'une journée, sur le thème "Debout les morts !" donné par Milou-sarcastic-yaoiste. Je suis dans une sorte d'état second. Du coup, j'écris des choses stupides. En espérant que ça vous plaise.
Debout les morts !
– Du coup, je lui dit : « Non, mais c'est vraiment pas possible entre nous ».
– Ah ouais, cash ! Et qu'est-ce qu'il t'a dit ?
– Qu'est-ce que tu voulais qu'il dise ? Il a fermé sa grande gueule, c'est tout et... Byaaaah ! Qu'est-ce que c'est que ça ?
Eleanora jeta un regard dégoûté au sol spongieux et recula précipitamment, entraînant avec elle Stéflora qui leva sa main putréfiée devant sa bouche, horrifiée. Mais dans le mouvement, la chaussure à talons d'Eleanora resta bloquée dans la terre boueuse, emportant avec elle son gros orteil. Les deux zombies échangèrent une grimace et se tinrent fermement par la main – mais pas trop fermement non plus, au risque de perdre quelques phalanges dans l'étreinte – avant d'avancer avec précaution vers l'escarpin égaré.
– Mais qu'est-ce que c'est, à ton avis ? Des sables mouvants ?
– Non, regarde ! La tombe du capitaine John !
Stéflora désigna la pierre plantée dans le sol, juste devant, qu'elles n'avaient pas vue à cause des épais nuages qui masquaient la lune en cette sinistre nuit d'hiver.
– Oh ! souffla Eleanora avec dédain. Il s'est encore pris une cuite, et voilà que tout l'alcool déborde ! Un vrai soulard !
La zombie se pencha pour récupérer sa chaussure et en profita pour donner un coup bien senti à la pierre tombale. Le choc résonna jusque sous terre mais le vieux John devait bien cuver son vin car il ne réveilla même pas. Les deux jeunes femmes ricanèrent.
– Quel tocard !
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– Pierre, Feuille, Ciseaux !
– Ah ! Les ciseaux coupent la feuille !
– N'importe quoi, c'est pas une feuille, c'est une pierre ! Et la pierre casse les ciseaux, j'ai gagné !
– Mais comment tu fais la pierre, toi ?
– C'est clair, ça ressemble plus à une feuille qu'à une pierre ton machin, là.
– Arrêtez, c'est pas drôle.
– De quoi ?
– Vous vous liguez toujours contre moi.
– Absolument pas.
– Tu deviens paranoïaque, mon vieux.
– Qu'est-ce que tu veux qu'on y fasse...
– ... si tu es un renard au lieu d'un chien !
La tête droite émit un jappement plaintif, tandis que les têtes centre et gauche éclataient de rire dans un aboiement sonore. Cerbère tressauta et manqua de trébucher, comme toujours lorsque les trois têtes étaient en désaccord, chose qui arrivait de plus en plus souvent, au grand désarroi de la tête droite, qui supportait mal sa différence.
Mais qu'y pouvait-il, hein, s'il était un renard jaune quand les deux autres étaient des chiens bleus !
Il aurait bien voulu parfois, pouvoir se détacher de ses congénères et aller de son côté, pour enfin pouvoir vivre sa vie comme il l'entendait. Le Dr Hogback avait promis de réfléchir à cette possibilité. Mais bon, c'était il y a trois ans déjà, et la tête droite n'était pas vraiment sûre qu'il tienne un jour sa promesse. En entendant, il était piégé avec les deux autres abrutis !
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– Alors, Tapis-Ours, comment vous vous sentez aujourd'hui ?
– Oh, c'est pas la grande forme Docteur Sigmund. Je suis tout raplapla.
– Qu'est-ce qui vous met dans cet état ?
– Les gens passent leur temps à me piétiner, à me marcher dessus...
– Et bien, vous êtes un tapis.
– Oui, mais j'aimerais bien qu'on commence à me considérer en tant que tel.
– Comment ?
– Comment, comment ?
– Je ne comprends pas, vous considérer comment ?
– Bah, me considérer en tant que tel ! En tant que vrai zombie, avec une vraie ombre à l'intérieur de moi, avec des sentiments, et une sensibilité toute particulière, parce que je ne suis pas seulement un tapis, je suis aussi un ours, et j'ai une âme d'ours, vous savez docteur, une âme rugissante, qui rêve de courir en forêt, de grimper aux arbres, et de pêcher des saumons dans la rivière. Mais on me répète à chaque fois que non, je ne peux pas, parce que je ne suis pas un ours, mais un zombie, et même un zombie-tapis ! Mais est-ce que ça a seulement un sens d'être un zombie-tapis ? Comment est-ce que je peux être les deux en même temps, hein ? Être un zombie, ce n'est pas la même chose qu'être un tapis, vous comprenez, docteur ? Et ma nature d'ours, mon âme d'ours dans tout ça ? Comment je suis censé vivre, et être heureux, et avoir une famille, des enfants, alors que je suis comme ça ?
– ...
– Docteur ?
– Que diriez-vous de vous prendre de petites vacances ?
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« File, file, file, bien et net le fil ! »
Les souris-araignées avancent en file indienne, l'une après l'autre, en chantant. De leurs longues pattes se tissent des fils d'argent qui brillent sous la lune de minuit.
« File, file, file, sans perdre le fil.
Sous la lune, nous filons,
Toutes ensemble, nous filons,
En chantant, nous filons. »
Les lignes se dessinent en courbes soyeuses et en nœuds de liaison, constituant une immense structure qui prend forme au rythme lancinant du chant des zombies. Les formes naissent et changent dans les entrelacs brillants, éphémères et délétères, comme une danse hypnotique, comme l'arabesque d'un autre monde.
« File, file, file, petite souris,
File, file, file, chèèèèère araignée !
File, file, file, sous la lune
Et surtout, ne lâche pas le fil ! »
Le piège prend forme, immense et tentaculaire, sans la moindre issue de secours, sans espoir d'en réchapper. Les souris tissent leur toile, les araignées grignotent la liberté des malheureux qui se laissent prendre. Pas de pitié, pas de merci. Les fils dansent et les zombies chantent, sous la lumière de la lune.
Personne, non, personne, n'en réchappera.
