Rating : K

Genre : Général, Humour.

Disclaimer : Les personnages et l'univers de One Piece appartiennent à Eiichiro Oda.

Résumé : Leizi n'avait jamais prévu de voyager, ni même de prendre la mer. Elle se retrouve pourtant à bord du Vogue Merry, pour le meilleur... ou pour le pire (OC, Mugiwara).

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Note : Ce texte a été écrit dans le cadre du défi La Pièce de Huit sur Le Forum de Tous les Périls. Le principe est de rédiger en deux semaines un OS sur un thème commun à tous les participants, à savoir : Une araignée au plafond. N'hésitez pas à me contacter par MP pour plus de détails.


Le voyage de Leizi

Leizi n'avait jamais prévu de voyager, ni même de prendre la mer.

Elle avait toujours vécu au même endroit, en compagnie de sa mère et de ses innombrables frères et sœurs. Leur famille vivait là, depuis des générations, et jamais aucun d'eux n'avait ne serait-ce que songé à aller voir ailleurs. Pourquoi l'auraient-ils fait ? Le climat était doux et clément, la nourriture abondante, et ils se trouvaient à l'abri du danger. Le confort de leur quotidien leur convenait. Et il convenait tout aussi bien à Leizi. Ce fut donc de façon toute à fait impromptue et accidentelle qu'elle quitta son foyer et se retrouva à bord d'un bateau-mouton appelé Vogue Merry, en compagnie d'un nombre grandissant d'humains aussi étranges les uns que les autres.

La pauvre araignée était tombée de son fil, droit sur un chapeau de paille, et le temps qu'elle réalise ce qui lui arrivait, elle s'était retrouvée sur le-dit navire. Tout d'abord paniquée d'être arrachée à sa maison et propulsée dans un univers inconnu, où se cachaient peut-être des dangers dont elle ignorait tout, la jeune Leizi s'était précipitée dans la première cachette venue, à savoir une fissure dans les plaintes de la cuisine. Terrifiée, elle était restée dissimulée jusqu'à la tombée de la nuit. Ce ne fut que lorsque la bruyante agitation des humains s'estompa qu'elle osa mettre une patte dehors.

S'armant de toutes ses réserves de courage, la petite araignée alla explorer les lieux. La cuisine n'était pas très grande, et regorgeait de cachettes astucieuses et de coins à toiles. La présence des humains assurait le passage d'un certain nombre d'insectes, donc elle n'aurait probablement pas à s'inquiéter de la nourriture. Bien que sa famille lui manquât, Leizi décida de prendre bon parti de sa situation, et elle commença aussitôt à tisser sa toile dans l'un des recoins de la cuisine.

Et le temps passant, elle apprit à connaître les humains qui cohabitaient sans le savoir avec elle.

Le garçon au chapeau de paille était le plus bruyant de la bande, toujours à rire et sauter dans tous les sens, il débordait d'une énergie solaire qui entraînait bien souvent les autres dans son sillage de cris et d'émerveillement. Elle se tenait toutefois à distance de lui, craignant de se faire écrabouiller par un geste trop brusque. Le garçon aux cheveux en pelouse l'avait un temps intéressée. Leizi s'était baladée entre ses mèches, à la recherche d'insectes à grignoter mais elle n'avait rien trouvé, pas même quelques poux égarés. La jeune fille rousse dégageait un agréable parfum de mandarines, toutefois la petite araignée se méfiait d'elle depuis que la navigatrice avait tenté de l'écraser avec le journal du matin. Le cœur battant à tout rompre, Leizi s'était réfugiée dans sa cachette favorite, dans les plaintes de la cuisine.

Il y avait également le garçon au long-nez. Celui-ci fut le premier à s'apercevoir de la présence de Leizi à bord. Mais plutôt que de tenter de la chasser ou de l'écraser, il s'était montré doux, gentil, lui offrant son doigt comme perchoir et lui rapportant parfois des mouches mortes pour le goûter. Il lui parlait souvent, et même si elle ne comprenait pas ce qu'il disait, elle appréciait sa compagnie.

La petite araignée avait trouvé sa place, et ne regrettait plus le hasard qui l'avait placée à bord. Elle s'amusait parfois à descendre au bout de son fil pour se balancer devant le nez du garçon blond, celui qui fumait un peu trop. Le cuisinier pérorait beaucoup, mais Leizi s'était vite aperçue qu'il avait peur d'elle, faisant un bond en arrière et hurlant à toute voix chaque fois qu'elle se montrait à lui. Elle remontait ensuite sur son fil, riant tout bas de la réaction suscitée. Un jour, le petit renne avait découvert son manège et elle avait craint qu'il n'intervienne, mais l'étrange humain-animal s'était contenté de glousser, de connivence avec son ami au long nez. Alors, sereine, Leizi continuait son petit jeu.

Elle appréciait également la présence de la grande femme brune, calme et paisible, qui la laissait parfois venir gambader sur les pages de son livre du moment, sans rien dire, jouant silencieusement avec elle du bout de son index. Mine de rien, elle s'était habituée à la présence de chacun d'entre eux, les adoptant comme les membres d'une famille. Leizi avait peut-être perdu sa mère, ainsi que ses innombrables frères et sœurs, mais elle s'était trouvé par delà les mers des compagnons tout aussi précieux à son cœur.

La petite araignée se trouvait presque triste, lorsque ses humains quittaient le navire pour aller explorer telle ou telle île. D'abord troublée de cette solitude silencieuse, si différente de leur bruyante présence, Leizi avait fini par se rendre compte qu'elle n'était pas seule pour autant. Une présence invisible habitait le navire, crépitant dans les lattes de bois et répandant dans les airs une mélodie inaudible. Comme un frémissement dans l'air, une chaleur imperceptible, qui les accompagnait à chaque instant sans même qu'ils en aient conscience. Mais Leizi le sentait, elle. L'esprit du bateau. Son indéfectible camarade.

Et tous deux veillaient, chacun à leur façon, sur les Mugiwara.