Disclaimer : L'univers et les personnages de Stranger Things ne m'appartiennent pas.
Relations : Steve Harrington / Eddie Munson, Mike Wheeler / Will Byers (et Lucas Sinclair / Max Mayfield, si on est tatillon)
Rated : T pour l'univers du canon
Rappel : Cette fic compte 10 chapitres, et est mise à jour tous les jours jusqu'au bout ! Nombre de mots de ce chapitre : 1 476 ! :D
Enjoy !
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- Chapitre 8 : 3 810 kilomètres -
Jonathan et Nancy
(30 mars)
Jonathan et Nancy allèrent s'installer dans la salle d'attente la plus proche, au bout du couloir. Ils auraient pu sortir et attendre pour revenir que les enfants les contactent par radio mais, pour être tout à fait honnêtes, ils n'avaient ni l'un ni l'autre particulièrement envie de les laisser seul. Nancy venait de retrouver son frère. Jonathan accompagnait Will. Et puis ces derniers jours avaient été pour le moins… stressants.
Le silence relatif de la salle d'attente était étrange, après leur chaotique road-trip familial. Les fusillades, le semi-braquage d'une pizzeria et le reste.
Il regarda vers Nancy. Elle avait l'air usée, elle aussi. Ce n'était pas surprenant, d'après ce qu'ils leur avaient raconté sur Hawkins et ce que eux avaient dû faire ces derniers jours. Bien sûr ils savaient pour le plan, le plan de Max. Mais les détails… il ne pouvait pas commencer à imaginer comment ils devant tous se sentir, maintenant.
Elle avait semblé contente de le voir, pourtant. Quand elle l'avait vu sortir du van, ce matin, elle avait eu l'air contente. Non ? Jonathan avait toujours en tête sa conversation avec Argyle. Une rupture au ralenti ? Est-ce que c'était vraiment ça qui les attendait s'il ne lui parlait pas de la fac ? Oui, bien sûr. Evidemment. Argyle avait raison et il le savait. Sans compter que l'été ne durerait pas pour toujours. La rentrée des facs finirait bien par avoir lieu.
La vérité c'était qu'il était flippé. Il était flippé qu'elle le suive dans sa fac et lui en veuille pour le restant de leurs jours. Il était flippé qu'elle le plaque pour en finir avant qu'ils s'éloignent, ou bien qu'ils finissent l'été ensemble en sachant que septembre allait les séparer.
Il n'était même pas sûr qu'elle voudrait finir l'été avec lui. Ils avaient été séparés longtemps, déjà. Et il avait annulé ses vacances à Hawkins. Et elle… elle n'avait pas décidé de venir en Californie. Mais pourtant… quand il était sorti de ce van… enfin, il n'était pas sûr.
-Hey.
Elle leva les yeux sur lui tandis qu'il se rendait compte qu'il avait parlé. Il se redressa un peu dans sa chaise en plastique, s'humidifia les lèvres – il aurait préféré être totalement sobre pour ça.
-Est-ce qu'on… est-ce qu'on va bien ? fit-il. Je veux dire- nous deux ?
-Oui ! répondit-elle aussi – un peu trop aussitôt.
Elle baissa brièvement les yeux.
-Je veux dire… oui ?
Elle releva les yeux vers lui et il sut qu'elle se le demandait, elle aussi.
-Non ?
« Si », voulut-il dire immédiatement. « Si, bien sûr ! ». Mais il savait que ce n'était pas exactement vrai.
-Nance, j'ai pas été… honnête, avec toi.
La façon dont elle le regarda… il baissa brièvement les yeux à son tour, nerveux.
-J'ai- j'ai reçu ma lettre de la fac.
C'était débile. Il aurait dû lui dire tout de suite. Il aurait dû lui dire qu'il ne voulait pas aller s'endetter à Emerson, qu'il avait postuler à l'université publique de Lenora. Ils en auraient parlé, comme des adultes.
-De la fac… de Lenora Hills, précisa-t-il en relevant les yeux.
-Oh.
Il devait se mordre la langue pour ne pas détourner les yeux, ou se défiler, ou quelque chose de stupide dans le même genre. Nancy fronçait les sourcils.
-Oh ?
Elle avait l'air surprise. Et déçue. Merde, Jonathan avait particulièrement honte de lui.
-Ouais.
Sa jambe tressautait de nervosité.
-Je, je savais pas… comment…
Il se tut. Ses yeux étaient irrémédiablement attirés vers le sol.
-La vérité c'est que… je ne suis pas fait pour aller à Emerson, dit-il. Et pouvoir aller à Lenora, pour moi c'est… Mais en même temps, tu m'as énormément manqué, et je sais que pour toi Emerson c'est le rêve et je-
C'était tellement frustrant ! Il se prit la tête dans les mains, les coudes sur les cuisses.
-Je ne savais pas quoi faire, admit-il.
Il n'arrivait même plus à la regarder. Il avait trop honte. Il avait traîné ça bien trop longtemps. Il avait tellement… peur de la perdre. Et il se sentait… bête, et… stupide.
-Jonathan.
Il releva les yeux sur elle – s'y reprit à deux fois.
-Etre admis à Lenora Hills c'est… c'est super.
Elle n'avait pas l'air si enthousiaste.
-Ah oui ?
-Oui, bien sûr, dit-elle. Evidemment moi aussi j'aurais aimé qu'on soit dans la même ville, mais… je veux dire, d'autres l'ont fait, non ?
Ses yeux s'écarquillaient doucement. Elle n'avait pas l'air absolument certaine de ce qu'elle disait mais… c'était… c'était une bien meilleure réaction que ce qu'il aurait jamais pu imaginer.
-Oui ? fit-il.
-D'être à distance ? continuait Nancy.
-C'est vrai, tu le penses ?
Jonathan était quasiment assis sur les derniers millimètres de sa petite chaise – il était tellement avancé qu'un coup de vent et il en tombait. Nancy se rapprocha du bord de sa chaise elle aussi, se tourna franchement vers lui.
-Oui, je veux dire- pourquoi pas ? Essayer, au moins ?
Essayer ? Jonathan se tourna vers elle à son tour, il prit ses mains dans les siennes, à moins que ça ne fût elle.
-Je ne veux pas… je ne veux pas te quitter, dit-elle d'un ton ferme.
-Moi non plus ! s'exclama-t-il aussitôt. Je- je veux passer ma vie avec toi !
C'était peut-être sorti un peu trop rapidement mais ça fit rire Nancy – un petit éclat de rire pris d'émotion, qui aurait presque pu passer pour un sanglot si ce n'était pour l'immense sourire.
-Alors on a qu'à juste… faire ça ! Et la fac, ce n'est pas- ce n'est pas toute la vie.
-Non, c'est vrai, admit-il en s'approchant un peu plus du bord de sa chaise.
-Ce ne sont que quelques années, disait-elle.
-T-t'as raison.
Il n'en croyait pas ses oreilles.
-Sur une vie, c'est pas grand-chose.
Il n'en croyait pas ses oreilles ! Il lâcha ses mains pour prendre son visage et l'embrassa. Elle lui avait tellement manqué. Tellement manqué ! Nancy eut un petit rire contre ses lèvres, et ce fut le son le plus agréable qu'il ait entendu depuis des mois.
-Tu m'as manquée, répéta-t-il, et il souriait comme un idiot – comme l'idiot qu'il était.
Ça la fit rire. Ça la fit rire !
-Tu m'as manqué, toi aussi, sourit-elle. Je crois que tout le monde l'a remarqué, ajouta-t-elle.
Il haussa un sourcil, souriant.
-Ah oui ?
-Même Steve, c'est pour dire.
-Steve ?
Merde, ça lui avait manqué de rire avec elle. Surtout au détriment de Steve Harrington. Il reprit ses mains, ou bien elle le fit. Il sourit. Steve Harrington. S'il s'était attendu à ça… ce qu'il avait fait, ce qu'ils avaient fait, tous ensemble. Comme il s'était comporté avec les enfants, et… de manière… générale.
-Il a l'air d'avoir… changé, dit-il.
-Oui, c'est vrai.
Elle sourit, et lui aussi. Ça lui faisait plaisir de la voir comme ça. Heureuse. Et c'était bien qu'elle ait des amis, de nouveau. Nancy était faite pour avoir un cercle social, pour faire des projets, pour s'activer. Elle disait qu'elle se plaisait à la rédaction du journal du lycée, et Jonathan avait bien vu comme elle semblait bien s'entendre avec Steve, et cette Robin. Il n'avait pas encore rencontré le fameux Eddie, mais depuis l'heure et demie qu'ils étaient de retour à Hawkins Dustin avait eu le temps de leur chanter ses mille louanges. Le sourire de Nancy s'étira.
-Quoi ? fit-elle.
-Rien, dit-il – mais son sourire s'étirait aussi. Je t'aime.
Les yeux de Nancy s'éclairèrent un peu plus.
-Je t'aime, moi aussi.
Il se pencha de nouveau pour l'embrasser, dans un sourire, et elle glissa une main contre sa joue. Il était si heureux de la retrouver… si heureux. Une fois qu'ils auraient ramené les enfants chez les Wheeler, il essayait de rappeler sa mère. Il fallait qu'elle sache qu'ils étaient à Hawkins. Ils n'avaient pas pris le temps d'essayer de la joindre, ils étaient tout de suite venus à l'hôpital, mais c'était crucial qu'ils réussissent à la joindre.
-Tant qu'on est ici, il faudra qu'on trouve un endroit pour El, souffla-t-il quand ils se séparèrent. Est-ce que tu crois qu'on pourrait…
-La loger dans notre cave ? sourit Nancy. Oui, bien sûr. On trouvera même une place pour Will et toi, j'en suis sûre.
Il sourit en retour. C'était seulement le temps qu'ils repartent pour la Californie. Enfin, s'ils y repartaient. Leur maison était criblée de balles maintenant, il faudrait certainement déménager s'ils ne voulaient pas vivre avec ce souvenir constant. Faire faire des travaux, vendre. Peut-être qu'ils devraient rester là quelques temps. Si leur présence à Hawkins se prolongeait jusqu'à l'été, ils pourraient tenter de réparer le vieux chalet d'Hopper. A dix, ils y arriveraient. Même si la moitié d'entre eux avait à peine quinze ans.
Et puis, il y eut le coup de téléphone.
A suivre...
Je me demande bien qui appelle. :)
Alors, contents de voir Nancy et Jonathan COMMUNIQUER ? :)))
Demain, le Chapitre 9 : La Vie Normale ;)
Ciao ciao ! ~
Chip.
