Fikeuse (auteur/euse) : Nanarusasu

Genre : alors euh.. UA, OOC, Yaoi, Lemon, POV Kankurô, romance, angst,

Couples (ou relation plus ou moins sérieuses sans lendemain.(ça va d'un simple baiser à un gros lemon.). ): KankurôHinata, ShikamaruKiba, ShikaIno, NaruGaa, NaruSasu,

Disclamair : Les personnages ne sont pas à moi.

Baleines ou dauphins ? 02.

Là ? Maintenant ? Tout de suite ?
Et bien je suis debout, chaise renversée derrière moi et bras ouverts face à Kiba qui me dévisage comme tous les clients présents. Ma voix s'est haussée au fur et à mesure et j'ai fini en criant mes derniers mots. Ceux disant que j'ai manqué de beugler son prénom alors que je couchais avec Hinata cette nuit.
Les yeux de Kiba se dirigent un peu partout sur le côté. C'est comme ça que je réalise ma position et les regards posés sur nous. J'ai le cœur qui bat à tout rompre. J'attrape ma veste et m'en vais sans rien ajouter de plus. De toutes façons, je pense que j'en ai assez dit pour qu'il ait de quoi réfléchir ou penser ou… ou je ne sais pas quoi mais en tout cas moi je suis énervé et ai besoin de me calmer.
Je vais à la piscine. Il faut que je me dépense. Autant hier j'étais paumé, autant aujourd'hui je suis plus qu'énervé. Le pire c'est que je devrais être plus énervé après Temari et Gaara qu'après Kiba. Ou plutôt après moi qui ai pris tout ça au sérieux. J'aurai dû savoir que Kiba ne me voit pas capable d'un truc pareil ! Comment je pourrais ? Je n'ai jamais montré le moindre intérêt pour quel qu'homme que ce soit ! Même quand Kiba s'est découvert gay ça ne m'a pas traversé une seule seconde l'esprit de pouvoir l'être aussi ! Même quand Temari balançait citations sur citations à Gaara quand Naruto s'est découvert gay et qu'elle voulait leur faire comprendre que les attirances ne se contrôlent pas.
Pourquoi je me suis pris la tête comme ça, bon sang !
J'entends soudain une voix grave résonner dans l'air de la piscine et dans son eau où je me trouve. Je suis en train de nager à plein régime et devine d'avance avoir droit à des remontrances. Je rejoins le bord et m'arrête tout en restant dans l'eau. Je lève les yeux et vois sans étonnement Asuma.

- Tu ne devrais pas être là. Qu'est-ce que tu fabriques ici ?

J'hésite et déclare.

- Je me ménage ?
- Sors d'ici. Tu as déjeuné, au moins ?

J'obéis en lui disant ne pas avoir pu terminer mon repas. Je sais donc que je vais avoir à manger avec lui. Léger, puisque ce que j'ai dit laisse comprendre que j'avais débuté un repas, mais manger quand même puisque j'ai aussi laissé comprendre que je ne l'ai pas fait assez selon les menus voulus pour notre entraînement.

Une petite demi-heure plus tard, je suis assis sur un banc au bord d'une des pistes de course de l'établissement. C'est un établissement sportif national. Du haut niveau. Les grands espoirs du pays. Je m'efforce de manger un sandwich offert par Asuma installé, lui, à côté de moi. J'essaie de mâcher lentement pour ne pas avoir à répondre à ses questions. Elles n'ont pas commencé mais je sais qu'elles vont venir.
Et ça ne tarde pas.

- Qu'est-ce qui t'arrive, aujourd'hui, Kankurô ? Tu as fait n'importe quoi ce matin.

Je hausse une épaule en continuant de manger regard rivé sur mon sandwich. Asuma insiste.

- C'est quelque chose avec quelqu'un du groupe ? Ou un problème chez toi ?

J'ai mal au ventre. Je n'ai aucune envie de lui parler de ça. J'aimerai dire que je ne vois d'ailleurs pas pourquoi je devrais mais, on le sait tous ici, ce sont les entraîneurs qui sont tenus au bien-être de leurs élèves. Donc ils sont censés tout savoir. Seulement je n'ai pas envie qu'il apprenne ça. Je ne sais même pas ce que moi je pense de tout ça. Je sais qu'il pourrait m'aider, que c'est d'ailleurs pour ça qu'il doit connaître tout de nous. Mais j'aimerai pouvoir savoir moi-même les choses. Et puis Kiba qui me sort comme ça qu'il plaisantait… Il n'aurait pas dû. Je suis penché en avant. Je vois les chaussures de sport d'Asuma, pieds écartés au sol. Je sais qu'il est penché en arrière sur le banc. Il pourrait passer pour vautrer mais il aime bien contracter ses abdos quand il est assis de cette façon. Ca l'amuse qu'on le prenne pour un feignant alors qu'en réalité il n'arrête pas de bosser le moindre de ses muscles. C'est vrai que, quand on le voit en maillot, on n'est pas en reste.
Je secoue ma tête en réalisant à quoi je pensais. J'étais en train de me mettre à sourire en pensant à mon entraîneur en maillot !
Il y a vraiment quelque chose qui ne va pas.

Je me redresse en inspirant profondément. Asuma, lui, se réinstalle correctement. Il a dû deviner que j'allais me lancer. Seulement Neji arrive sur notre droite et demande doucement à Asuma en montrant le banc.

- Je peux ?

Asuma le regarde, me regarde, puis se lève en constatant que j'ai perdu mon élan. J'irai remercier une nouvelle fois Neji si je l'avais réellement fait ce matin dans les vestiaires. Asuma se lève et laisse sa place à Neji qui reste quand même debout. Je me tiens droit en terminant mon sandwich. Neji n'attend pas, il déclare.

- Tu devrais arrêter de te prendre la tête, Kankurô. On le sait tous, ce qui se passe. T'es sûrement le dernier à t'en rendre compte.

Je hausse très haut un sourcil et fronce le second en regardant mon ami. Il continue.

- J'ai pas envie que tu bousilles tous nos entraînements pour une histoire aussi débile que ça. Le tournoi, c'est la semaine prochaine. Et t'as fait n'importe quoi, ce matin. Tu comptes le refaire tous les jours ou enfin te bouger et régler les choses ?

- Neji. Attends. Comment ça « tous » ? De qu

Il m'interrompt.

- Oui, « tous » ! Suigetsu a peut-être mis plus de temps mais Kiba et moi on le sait parfaitement ! Arrête de te prendre la tête ! Agis !

Je murmure le prénom de Kiba tout doucement. Neji confirme en appuyant sur le fait que Kiba et moi sommes bien assez proches pour qu'il s'en rende compte.
Mon cœur a un loupé. Neji s'assied à côté de moi.
Il parle vraiment de… d'une idée de Kiba et moi, alors ? C'était pas un truc genre je comprends mal ses mots et il parle en réalité tout bêtement de sa cousine et moi ? De notre couple qui bat de l'aile ?
Un très bref instant passe jusqu'à ce que Neji tourne son visage vers le mien tout en faisant rouler ses yeux au ciel.

- T'en as envie. Fais-le ! Ça fera de mal à personne et au moins t'arrêtera tes idioties en entrainement. Donc j'espère au tournoi. Tu te rends compte le nombre de faux départs que t'as faits, ce matin ? On aurait été disqualifié direct, si ça avait été le jour de la compèt' !
- Oui mais Kiba m'a dit qu'il plaisantait !

Il semble tiquer. Il a eu comme un sursaut imperceptible, a cligné des yeux et a redressé son visage pour être bien face au mien. Il ne comprend pas. Mon ventre se noue.
J'ai fait une bourde.

- Kiba ? De quelle plaisanterie tu parles ?

J'ai un peu de mal à respirer, là. Mes inspirations sont très profondes mais j'ai du mal à expirer. Neji insiste à m'interroger. Il fronce ses sourcils.

- On s'est bien compris, sur le sujet de discut', là ? Pourquoi tu me causes de Kiba ? Je te parle d'Hinata et toi, moi ! Que vous devriez rompre et que tout le monde le voit depuis plusieurs semaines !
- OUI !

Je souris nerveusement et hoche la tête alors qu'il sursaute. Je continue.

- Oui ! Oui, je… j'avais compris ça ! On s'est bien compris !

En tout cas, c'est ce que j'aurai aimé dès le début au lieu de partir intérieurement dans tous les sens à me dire qu'en fait ce n'était vraiment pas ça mais bien une idée de coucherie entre Kiba et moi.
Je me lève en répétant une nouvelle fois quelques « oui » un peu idiots et m'en vais en voulant paraître détendu.


- Kankurô ? Qu'est-ce que tu veux ? Kiba n'est pas là.
- Comment va votre couple, à toi et Kiba ?

Shikamaru me dévisage, hésite et répond doucement en semblant chercher le pourquoi de cette question.

- Ca va très bien. Merci.
- Kiba m'a dit que tu recommences à loucher sur Ino.
- Absolument pas.

Je soupire et entre dans l'appartement en voyant Shikamaru s'écarter.
Ou alors il s'écarte parce que j'entre ?
Il me propose quelque chose à boire mais je refuse. Je passe dans le salon et me laisse tomber sur le canapé. Shikamaru me suit, me fait face en restant debout et m'interroge.

- Kiba pense que je veux le tromper ?
- Je viens de rompre avec Hinata.

Un petit blanc, puis une autre question.

- Le rapport ?

Enfin plutôt deux mots et un point d'interrogation. Il reprend.

- Tu voudrais savoir si je pourrais être intéressé ? Vous avez un tournoi, la semaine prochaine, non ? J'entends assez Kiba en parler à tort et à travers et, de ce que je sais, on vous interdit le moindre changement dans vos vies dans les jours qui les précèdent. Rien que ta rupture, ça fait beaucoup, non ?
- Je m'en vais.

Je me relève sans attendre et m'en vais. Shikamaru ne m'en empêche pas. Il n'aurait de toutes façons pas pu et il le sait. Ce doit être pour ça qu'il n'a pas essayé. Je n'ai aucun doute sur les questions qui doivent lui traverser la tête en ce moment.


Je suis dans les vestiaires de la piscine. Je me demande si Shikamaru a mis Kiba au courant de ma courte visite et, si oui, ce que ce dernier va pouvoir me dire ou me montrer comme réaction. Nous sommes en fin d'après-midi. J'ai la tremblote. J'espère faire mieux que ce matin. Seulement, le fait d'avoir rompu avec ma petite-amie ne m'a pas calmé. J'ai même plutôt l'impression d'avoir fait un pas vers la bisexualité. Inconsciemment ou non. Je ne me vois pas faire des… « choses » avec un homme. J'ai la nausée rien qu'à me demander si je ne me mentirai pas à moi-même. Si j'ai rompu avec Hinata, ça n'est pas pour rien !
Mais je ne vais pas avoir de réponse car d'autres arrivent avant Kiba. J'essaie de voir quelque chose, de deviner à un regard, une façon d'être ou de réagir, mais rien.

Asuma va me faire rester une heure de plus à travailler mes départs. Je sais qu'en réalité il veut qu'il ne reste plus que nous deux pour pouvoir me parler. Je ne sais pas s'il a quelque chose à me dire ou s'il veut m'interroger mais, en tout cas, il veut que nous soyons seuls. Tous l'ont senti puisque les entraîneurs hurlent assez fort pour tout le bassin quand ils veulent être seuls avec un élève. Ils parlent entraînement mais on connaît tous leur « astuce ».
C'est donc une demi-heure après le départ de Kiba, Neji et Suigetsu ainsi que d'autres groupes que j'entends Asuma m'informer.

- Kankurô. Tu seras remplacé par Shino au tournoi.
- Quoi ?
- Si tu continues à faire n'importe quoi demain, Shino prend ta place. Règles tes problèmes, appelle le psy de l'école, fais quelque chose mais pas revenir dans le même état demain.
- Mais Shino n'a pas le niveau !
- Il fera mieux que toi si tu continues comme aujourd'hui ! Sors de là et va régler tes affaires, maintenant.

Je sors du bassin, retire mon bonnet de bain avec rage et passe devant Asuma en faisant de mon mieux pour ne rien dire.

En entrant dans les vestiaires, je constate Neji toujours présent. Il semble mal à l'aise. Je devine mais l'interroge quand même.

- Tu lui as dit ?
- Je ne pensais pas qu'il irait jusqu'à te remplacer…

Il lui a dit pour ma rupture avec Hinata. Ce ne sont pas que mes faux-départs. C'est aussi ma rupture. Neji lève le bras en direction du mur attenant à la piscine.

- Je pensais que tu irais mieux ! Quand Hinata m'a dit, je me suis réjouis pour toi et… J'ai l'ai fait savoir à Asuma sans réfléchir ! Je ne comprends même pas pourquoi tu es toujours dans cet état, moi !
- KIBA VEUT ME SAUTER ! COMMENT JE SUIS CENSE ME SENTIR ? HEIN !

Il reste coi à me regarder sans bouger. Une autre voix se faire entendre. C'est Asuma.

- Pardon ?

Je sursaute tout comme Neji et me tourne vers notre entraîneur. Il me regarde sourcils légèrement froncés yeux grands ouverts. Il a d'abord l'air dubitatif, puis agacé et enfin en pleine incompréhension. Il approche un peu tout en restant quand même à distance, et me demande.

- Kankurô. J'ai bien entendu ? Kiba a…

Je confirme d'un hochement de tête déviée de côté. Asuma m'observe, un peu gêné et maintenant plus ennuyé qu'agacé. Un instant s'écoule jusqu'à ce qu'il décide.

- Tu gardes ta place. Je préviendrai Kiba demain de son possible remplacement si vous n'arrangez pas les choses.

Il lève son index pour appuyer les mots qui suivent.

- Et ça ne veut pas dire un souhait de renouveau avec ta petite-amie, Kankurô. On voyait tous que ça n'allait pas. J'ai été soulagé d'apprendre la nouvelle par Neji, cet après-midi. Moi aussi je pensais que ça irait mieux à l'entrainement de ce soir.

- … je ferai mieux demain. C'est promis.

… j'essaierai.
Asuma repart de son côté. J'échange un coup d'œil avec Neji. Il est mal à l'aise. Il me souhaite une bonne soirée et s'en va rapidement. Je vais traîner dans les douches en réfléchissant à ce que je vais faire une fois à l'extérieur du complexe.

Je crois que je vais aller voir Temari. Je ne pense pas qu'elle puisse beaucoup m'aider et j'entends déjà d'avance quelques citations même si je ne sais pas encore lesquelles, mais au moins je pourrai me vider la tête un court instant.
Ou alors je vais voir Kiba et Shikamaru et on s'explique clairement. Si je fais ça, Kiba va avoir des ennuis. Et moi aussi, à être allé chez eux cet après-midi pour questionner Shikamaru… Vu l'échange, ça faisait un peu « Et si vous vous sépariez ? L'un de vous serait intéressé par ma personne ? »

Je sors des douches et m'immobilise en constatant la présence de Kiba dans le vestiaire. Je suis complètement nu, une serviette de toilette à la main qui séchait mes cheveux mais qui a vite fait de venir cacher ce que pudeur oblige. Et ça même si je sais parfaitement que Kiba et tous ceux qui pratiquent ici se sont vus les uns les autres des milliers de fois. On est loin d'être gêné par ça, après le temps qu'on a passé ici. Kiba doit d'ailleurs se le dire au même moment puisqu'il regarde, sourcils haussés de façon dubitative, ma main cacher mon entrejambe avec la serviette de toilette. Je devine et reste un peu penaud avant de la retirer comme un idiot et d'avancer vers le banc où se trouve mes affaires. Je continue de frotter mon corps ici et là. Je n'ose pas regarder Kiba ni dire quoi que ce soit. Il prend la parole.

- Shikamaru m'a appelé, tout à l'heure avant l'entrainement.

J'émets un petit son d'accord pour montrer que j'écoute. Il continue.

- Et Neji vient de me dire pour Hinata en sortant. Je t'attendais à l'entrée du bâtiment.

J'acquiesce à nouveau en accompagnant le mouvement d'un petit son affirmatif. Il poursuit.

- Tu m'as réellement vraiment pris au sérieux ?
- Ça t'aurait servi à quoi de me balancer un truc pareil, au juste ? Oui, je t'ai saoulé avec Hinata et c'est réglé. Donc je vais arrêter. Tu devrais être soulagé. Excuse-moi à Shika. J'avais pas l'intention de… de vous demander quoique ce soit de pas net. A lui ou à toi.

Et en le disant je m'imagine des trucs pas nets.
Ne pas bander. Ne pas bander ! Ne PAS bander !
J'inspire doucement mais surtout profondément pour expirer de la même manière en restant dos à Kiba qui continue.

- Tu t'es bien pris la tête, quand même, on dirait.
- Oui et pourtant on est d'accord et on l'a toujours été, t'as jamais eu de vue sur moi et j'en ai jamais eue sur toi.
- Mais tu t'es posé la question.
- Tu avais l'air sérieux. Ca… Ça m'a choqué et j'ai pas réussi à imaginer une plaisanterie. … Enfin pas sur le coup alors ça m'est quand même resté dans le crâne par la suite. Même quand je me suis dit que ça pouvait être ça.

Et puis Temari ne m'a pas aidé.
… oui. En fait, il ne faut pas que j'aille la voir ce soir.

- T'as vraiment pensé à moi, cette nuit avec Hinata ?

Ma gorge se serre. Je m'esclaffe comme je peux en me sentant mal. Ma voix s'étrangle légèrement. Je me sens idiot.

- Ben faut croire !
- Tu serais bi ? Ça t'a pas coupé l'envie ?
- J'en sais rien ce que je suis. Et non ça m'a pas coupé. Je… J'étais à me déhancher comme un taré en essayant de me concentrer sur elle alors que t'as été quasi tout du long dans ma tête ! Et même depuis hier je pense à toi et m'énerve à réaliser à quel point tu pourrais me plaire si j'acceptais !
- Si tu acceptais ?
- Être bi.
- Et moi j'ai rien à dire ?
- Comment ça ?

Je me retourne vers lui. J'ai enfilé sous-vêtement et pantalon. J'ai mon t-shirt dans les mains. Je regarde Kiba sans comprendre. Il m'explique.

- Que tu sois bi ou pas. Moi j'ai peut-être droit à la parole, sur la question toi et moi. Non ?
- T'aurais pas envie ?
- Je suis avec Shikamaru.
- Ca ne répond pas à la question.

Il est juste devant moi. Il déglutit sans rien dire. J'insiste.

- Toi et moi ? T'aurais envie ou pas ?

Il est un peu plus petit que moi. Mon cœur bat la chamade. J'ai envie de poser mes lèvres sur les siennes. Juste… comme ça. Pour essayer.
Seulement, il dévie son visage et s'écarte.

- Il faut sortir.

J'ai l'impression que sa voix frémit. J'aimerai voir un peu de chair de poule sur sa peau mais elle est couverte. J'espère qu'il ne voit pas la mienne sur mes bras. Qu'il ne veut pas les voir, qu'il évite de me regarder. Je suis troublé. Mais je suis sûr que lui aussi.
Il s'écarte rapidement et sort.

Je le retrouve très vite devant le bâtiment. Il m'attendait ? Il a l'air un peu gêné. Ou alors c'est moi qui me l'imagine histoire de me rassurer ?

- Tu sais, Kankurô…
- Hein ?

Il frappe doucement son poing gauche sur le côté de sa cuisse gauche. Il évite mon regard en faisant mine d'observer au loin sur la droite.

- Si avec Shika on est ensemble, … c'est juste parce qu'on n'a pas trouvé mieux et qu'on n'a pas envie de chercher.

Il y a comme un coup de chaud dans le haut de mon ventre. Mon estomac ?
Kiba poursuit.

- S'il t'a dit que tout va bien entre nous, et il est tout à fait d'accord pour que je te le dise, … c'est parce qu'on ne se prend pas la tête. Enfin c'est ce qu'il se disait jusqu'à ce qu'il apprenne que je le pensais loucher sur Ino.
- Désolé.
- Non. C'est pas plus mal. On a remis les choses à plat. Oui, il regarde Ino. Mais pas forcément à bouillir en le faisant. Il… Il regarde.

Il hausse une épaule en baissant la tête et en prenant ses mains l'une dans l'autre. Il joue un peu avec ses doigts. Je l'observe et demande sans réfléchir. Je crois que je m'en rends compte en m'entendant.

- Et alors… Je me répète. Toi et moi ? T'aurais envie ?
- Y'a le tournoi. Faut pas qu'on se prenne la tête.
- Tu réponds toujours pas.

Temari dirait « Qui ne répond consent. » mais je n'ose pas y croire sans une vraie réponse.
J'ai la trouille. Ça va me faire quoi, au juste, de… enfin… disons, déjà, d'embrasser un garçon ?
Kiba inspire profondément et se tourne face à moi.

- Tu te fous vraiment pas de moi comme tu le faisais quand tu nous rapportais les trucs de Naruto via Gaara quand il s'est découvert ?
- Ce serait plus à toi de le faire à mon propos, là.
- J'aimerai t'embrasser.

Ma bouche se ferme automatiquement. Je déglutis et ne bouge plus. Il demande.

- Je peux ?

Je ne réfléchis pas. J'ai trop peur. Les mots débordent.

- Y'a la compèt' la semaine prochaine.

Je me tourne et m'éloigne. Le tout en m'insultant de tous les noms. J'en meurs d'envie, que tu m'embrasses, Kiba. Mais qu'est-ce que ça va faire de moi, au juste ? Et… et ça va mener où ? Ce serait comme ça, ou ça débuterait une relation ? Et si c'est une relation qui commence, la… la « suite » au premier baiser, elle va vite venir ?
J'ai la trouille. Je suis mortifié à me retrouver nu face à toi autrement que juste pour te croiser dans les vestiaires ou les douches, Kiba.


Je suis maintenant chez moi. Kiba ne m'a pas rattrapé tout à l'heure. Je me suis forcé à manger correctement et viens de prendre un cachet pour dormir. J'ai prévenu Gaara de ne pas me déranger et de se taire demain matin si on se croise. Je n'ai aucune envie d'apprendre les positions diverses et variées qu'il a réalisées avec Naruto.
Rien qu'actuellement, je frémis pour un baiser imaginé avec Kiba. Et je n'ose pas vouloir réellement chercher et surtout trouver ce que veulent me dire ces frissons. En fait, il suffirait que j'accepte l'évidence puisque je bande. Je suis dans mon lit, là, sur le dos, et mon drapeau est en berne à me rappeler Kiba face à moi dans les vestiaires tout à l'heure. Et aussi, je ne peux m'en empêcher, à son corps nu quand mon regard tombait, Involontairement ! J'y tiens !, dessus dans les douches par-ci par-là. Je ferme les yeux, attends, hésite, et glisse très lentement mes mains sur mon torse puis mon ventre et, enfin, mon sexe. Ma bouche s'ouvre mais ma gorge de serre. Ma jambe droite se plie en s'écartant de la gauche. Je me demande ce que me ferait la bouche de Kiba si elle se trouvait à la place de ma main droite. Je revois Hinata la tête entre mes jambes. Je pousse un râle léger de plaisir sans m'arrêter. Hinata a très rapidement eu l'art et la manière de me faire plaisir comme ça. Elle était douée. Ça lui était même arrivé de me prendre entre ses seins. Je me laisse soudain aller. J'écarquille les yeux en nous regardant, moi et ma main paume pleine de sperme. … C'est pas vrai ! Qu'est-ce qui m'a pris de penser à Hinata ? C'est pas ce qui aurait dû se passer ! J'ai pas à penser à mon ex ! Je l'ai quittée pour un mec ! Pourquoi je pense à ses seins, ses mains, sa bouche ?

- C'est pas VRAI !

Je me lève, prends deux cachets de plus pour dormir et me plonge sous les draps de mon lit. Je vais vite m'endormir.


-Kankurô ?

Je sursaute. J'ai mal au crâne. Quelqu'un me secoue en me disant que je vais être en retard. C'est Gaara. Il y a mon réveil en fond sonore. J'émerge d'abord doucement et réalise ce qui se passe. Les somnifères ! Je m'assieds d'un coup mais prends tout aussi vite mon crâne entre mes mains.

- Tu vas louper ton bus.
- J'prendrais ma moto…

Asuma m'a déjà assez dit que je fais n'importe quoi, un trajet en moto en bonus ne fera pas de mal…
J'arrive donc à la piscine trois minutes avant l'entraînement. Je manque le dérapage mais réussis à me garer, à courir en commençant à me déshabiller et à être prêt là où il faut en même temps que tous les autres. Je jette un coup d'œil à Kiba. Il a des cernes sous les yeux. Il n'aurait pas dormi ? Au moins, moi, j'ai trouvé le truc. Asuma nous fait un petit laïus à voix haute et forte. Nous plongeons rapidement pour nous échauffer. Je me demande si Asuma a respecté ses mots d'hier soir et a vraiment dit à Kiba qu'il serait remplacé par Shino si nous n'arrangions pas les choses. Je ne sais même pas si on peut dire que ça a été arrangé.

Non. En fait, rien n'a été arrangé. On ne sait pas si l'un veut de l'autre et vice-versa. Ou plutôt, si, on le sait, mais on ne s'est pas lancé. On n'est pas synchro.
Je tique un peu en y pensant. C'est vrai, en fait. On n'est juste pas synchro. … Et j'ai la trouille.

Je vais faire un bien meilleur entraînement que ceux d'hier. Ce n'est pas encore tout à fait ça, je l'ai vu dans les yeux d'Asuma, mais je n'ai pas fait de faux départ. Kiba s'est débrouillé parfaitement, lui. L'idée de nous deux ensemble ne doit pas le travailler tant que ça. C'est bien pour le tournoi ! Mais je me sens peut-être un peu vexé. Je ne sais pas trop quoi en penser.


Nous sommes maintenant, Kiba et moi, au bar-restaurant habituel. Le seul « truc » qui ne le soit pas, c'est que Neji et Suigetsu sont là. J'ai demandé à Suigetsu de venir, lui proposant un déjeuner offert, et je pense très certainement à raison que Kiba a fait la même chose avec Neji. Suigetsu en a profité pour prendre double portion. Il dit avoir faim et devoir prendre des forces pour les entraînements intensifs des prochains jours. On ne doit pas changer nos habitudes alimentaires mais je ne dirai rien pour ne pas avoir de remontrance facilement trouvable de mon côté.

- Alors… euh… vous avez réglé les choses ?

La question vient de Neji. Suigetsu s'étonne.

- Il y avait un truc à régler ? On m'a oublié dans les infos ?

Je réponds.

- J'ai rompu avec Hinata, et Kiba et moi on va tenter un truc.

Suigetsu s'étonne ouvertement. Du moins de visu. Il ouvre grand ses yeux en haussant ses sourcils. Il cligne des paupières.

- Un truc ?
- Former un couple.

C'est Kiba qui a répondu. J'ai eu comme un coup au cœur en l'entendant. Je n'attends ni ne vérifie la moindre venue de réaction de la part de Suigetsu ou Neji, je demande.

- Un couple ? Un… un vrai ? Une relation… réelle ? Complète ?

Suigetsu nous regarde tout à tour. Il pouffe de rire mais n'a pas le temps de dire quoi que ce soit, Neji le fait. Sa voix est posée et un peu… comme sceptique par l'annonce et la réaction.

- Je crois que vous devriez parler un peu plus, là.

Il se lève, fait un geste de tête à Suigetsu et nous laisse. Suigetsu le suit en embarquant son assiette avec lui. A peine une dizaine de secondes s'écoule avant que je prenne la parole.

- Alors ce sera à ce point ?
- Si tu veux juste une expérience de curiosité, je te dirigerai vers Shikamaru. Moi…

Il gigote et termine avant de prendre une bouchée de son déjeuner.

- … avec toi ce sera un couple. Oui. Un vrai. Un réel. Complet, comme tu dis.

Je l'observe un petit moment. Il évite de me regarder. Il est gêné. Une idée me passe par la tête. Je fronce doucement mes sourcils et parle tout aussi lentement.

- T'étais pas troublé, aujourd'hui, à l'entraînement.

Il ne dit rien. Je reprends.

- En fait, … t'en as toujours eu envie ? Si t'as été comme d'habitude, c'est parce que c'est habituel, pour toi ?
- Non. C'est pas ça. Je… J'ai beaucoup parlé avec Shikamaru et voilà tout. Il m'a calmé et m'a aidé à comprendre que je pouvais être sûr que tu accepterais.

Je hausse de nouveau un sourcil, intrigué. Il me regarde, termine sa bouchée et demande.

- J'ai raison, non ? C'est avec moi que tu veux être.
- Oui. C'est vrai.

Il se reconcentre sur son assiette et ne dit plus rien. Il a juste haussé une épaule l'air de dire « Ben voilà » comme si tout coulait de source. Au même moment, je sursaute alors que Suigetsu apparaît soudain, nous sourit et récupère le morceau de pain qu'il avait laissé.

A suivre !
Nanarusasu.

Dans le prochain chapitre :
« Dire qu'il y a trois ou quatre jours on était de très bons amis sans rien à se reprocher ou à hésiter pour un mot. »

Et voici pour le chapitre deux ! J'espère qu'il vous a plu et que quelques courageux voudront bien me laisser un commentaire en review. Le chapitre trois sera posté le 17 avril 2022 si tout va bien. A très vite !