Fikeuse (auteur/euse) : Nanarusasu
Genre : alors euh.. UA, OOC, Yaoi, Lemon, POV Kankurô, romance, angst,
Couples (ou relation plus ou moins sérieuses sans lendemain.(ça va d'un simple baiser à un gros lemon.). ): KankurôHinata, ShikamaruKiba, KibaKanku, ShikaIno, NaruGaa, NaruSasu,
Disclamair : Les personnages ne sont pas à moi.
Baleines ou dauphins ? 03.
Le déjeuner se termine. Suigetsu et Neji sont partis de leur côté. On ne tardera pas à les retrouver. Kiba et moi marchons au hasard dans la rue. Je sais bien qu'on doit disons s'embrasser pour signer le contrat. Enfin c'est une façon de parler mais ça se comprend. Je regarde autour de nous. Je ne nous vois pas faire ça en pleine rue. Je sais que les homos sont dits un peu mieux regardés mais je n'y crois pas pour autant. Ou alors je n'ai pas le courage de le tenter. Kiba prend soudain la parole.
- Shikamaru n'est pas chez nous, ce midi. Tu…
- … veux allez chez vous ? Oui, je veux bien.
Il hoche la tête, comme décidé, mais je l'arrête vite en levant une main à hauteur de taille paume vers le sol.
- Euh… On va chez vous mais… On fait rien ! On est d'accord ?
Je suis mort de peur. Si j'accepte d'aller chez eux c'est juste pour ne pas rester dans la rue avec lui, moi ! J'ai pas envie d'être regardé de travers.
Je me sens nul à penser ça. Ou plutôt comme ça.
Kiba me sort de mes pensées.
- Si on ne fait rien alors on peut rester à traîner dehors comme d'habitude.
Alors il voulait vraiment déjà… me connaître encore plus qu'il ne me connaît déjà. Je le regarde du coin de l'œil. Il a l'air déçu. J'aimerai lui parler, lui dire les choses mais je n'ai pas le courage de le faire là en plein milieu de gens inconnus que nous croisons. Je cherche, m'en veux, et trouve. J'attrape mon téléphone portable et écris.
#J'ai la trouille que tu me touches.#
Il prend le sien, lit, et répond de vive-voix.
- C'est pas pour te sauter que je te l'ai proposé. C'était pour qu'on soit tranquille.
J'ai automatiquement frémi d'angoisse et regardé nerveusement autour de nous en l'entendant prononcer le mot « sauter ». J'accepte de le suivre jusque chez lui. Nous n'avons rien dit ni ne nous sommes regardés en y allant. On n'a pas vraiment beaucoup de temps jusqu'à devoir être en salle d'entraînement mais quand même peut-être assez.
De toutes façons, ça y est, nous sommes chez lui et la porte est fermée à clé. Kiba demande.
- Un café ? Quelque chose ?
- On s'embrasse ?
Il hoquète et me dévisage. J'écarte juste un peu mes bras en souriant nerveusement.
- C'est pas vraiment se toucher !
Je dis n'importe quoi. J'ai vraiment envie mais je tremble intérieurement d'angoisse.
Ce n'est qu'une bouche, non ? Bon. Kiba a des canines atroces mais il sait s'en servir. Shikamaru était loin d'être le premier, je le sais parfaitement. Kiba ne bouge pas. Il doit attendre que je fasse les choses. Il veut que je sois sûr et ne puisse ensuite pas lui dire que les avancées ne venaient que de lui.
Je m'approche.
Un pas.
Deux pas.
Je prends la parole.
- Un vrai couple, hein ? Réel et tout le reste.
Il confirme d'un mouvement de tête.
Trois pas.
Je suis juste devant lui.
Je me penche, ferme les yeux et l'embrasse. Son haleine est affreuse. Ce doit être le déjeuner. Je ne donne pas cher de la mienne. Tant pis. Ses lèvres sont sur les miennes. J'essaie de ne pas sursauter en sentant nos langues se toucher rien qu'un instant. Je me redresse, me racle la gorge et demande maladroitement.
- Un thé à la menthe ?
Il reste d'abord interdit quelques secondes et pouffe de rire. Il me contourne et me devance vers la cuisine. Je m'assieds à la table et observe. Je me sens étrange. Je suis passé de l'autre côté ? Ca y est ? Je le croyais déjà hier une fois Hinata et moi séparés mais quand on sait ce à quoi j'ai pensé hier soir avant de dormir…
Et maintenant ? Ça y est ? Je me demande ce que ça me ferait de penser aux moments d'intimités partagés avec Hinata.
Je me tiens bien droit à la table. Mes bras de chaque côté de la tasse de thé que Kiba vient de m'amener. Je le regarde sans bouger. Il est resté debout. Je demande.
- Ça doit faire… quelque chose de différent ?
Il s'immobilise. Il semble interloqué. Il pose son mug attitré sur la table et m'interroge à son tour.
- Comment ça ?
Je tourne juste la tête vers la sienne.
- Embrasse-moi encore ? Pour voir ?
Il sourit et se penche. Il pose ses lèvres sur les miennes. Nos bouches s'ouvrent. Je me tourne à peine. J'ai peur de ce que ça pourrait engendrer chez moi. Kiba insiste un peu. Il… il approfondit et se fait plus lent. Je sens sa main venir caresser ma mâchoire sur la gauche. Seulement, en le sentant faire ça, je me dis que c'est aux filles que les hommes font ça.
Je me lève brutalement en repoussant Kiba et hurle.
- NON ! J'SUIS PAS UNE FOLLE !
Kiba s'est reculé et me dévisage sans rien dire. Il doit être choqué mais je m'en fiche. Ma chaise est renversée. J'ouvre et ferme la bouche, regarde Kiba, nos mugs, les électroménagers, …
Mon cœur bat la chamade.
- Je…
Je le revois à faire ses petites danses et dandinements idiots à la piscine quand il fait de bons temps. Quand j'y pense, maintenant, oui, ça fait grande folle.
Je parle tout bas en baissant la tête.
- J'suis désolé. Je peux pas.
Je le laisse là et m'en vais.
Je suis en salle d'entrainement. Au tapis de course. J'ai failli appeler Asuma pour lui dire de me remplacer par Shino mais j'ai décidé de faire autrement. Je vais oublier tout ce qui s'est passé ces deux derniers jours et me concentrer sur le tournoi, le tournoi et le tournoi. Point. J'ai frémi comme un malade durant ces baisers échangés avec Kiba mais… c'est un peu comme les premiers avec toute personne. C'est le « Enfin ! » , « Ca y est ! » qui laisse supposer qu'on va avoir à moins se prendre la tête à savoir comment continuer la partie. Disons que la préface et l'introduction sont faites. On est censé passer au premier chapitre. Débuter l'histoire pour de bon. Mais… Est-ce que je suis vraiment fait pour une telle histoire, moi ? Je n'ai rien contre l'homosexualité. Mais je la vois chez les autres. Pas me concernant. Quand je pense à Kiba, oui, il est beau, drôle, … Enfin il a largement de quoi plaire. Mais si je l'imagine avec moi… Je n'arrive pas à me comprendre. J'ai… Je suis perdu. J'ai peur. Et Gaara qui m'a sorti comme ça l'air de rien, genre une petite nouvelle tout à fait banale, qu'il s'est envoyé en l'air avec Naruto. … Quoique c'est peut-être plus facile de s'imaginer l'expérience comme ça. Pour la « curiosité » comme a dit Temari. … Non. Ça ne passe pas non plus à vrai dire. Ou alors ça ne passe pas parce que je sais que, moi, c'est à une vraie relation que je… que je pensais vouloir aimer à ce que ça amène. Et, ça, je n'arrive pas à l'avaler maintenant que rien ne le bloque.
Oui. Kiba y était prêt. Il en a envie.
- Kankurô !
Je n'arrête pas ma course. Suigetsu se montre tout souriant devant moi de l'autre côté de la table de programme du tapis. Il demande.
- Comment ça va ? Alors Kiba et toi…
Il lève ses mains en pliant ses bras et roule un peu des épaules pour sous-entendre des choses encore plus claires que si elles étaient dites de vive-voix. Je réponds.
- Non.
Il s'immobilise et me dévisage. Il a l'air d'un gros idiot et je suis sûr qu'il se sent bête et ne sait plus ce qu'il doit dire ou faire.
Je reprends histoire de le débloquer.
- J'ai pas pu. J'y arriverai pas, ça me fait trop étrange.
Ses bras retombent mais son visage ne change pas d'un pli. Et puis, enfin, il parle. Ou plutôt il m'interroge sans comprendre.
- De quoi « trop étrange » ?
- Avec un mec. Les autres oui mais moi non.
Il murmure un « les autres… ? » sans me quitter des yeux. Je détourne les miens. Je sais que c'est idiot. Je me trouverais moi aussi stupide devant quelqu'un ayant ma réaction. Suigetsu s'approche en contournant le devant du tapis. Moi, je cours toujours.
- Enfin Kankurô… ! Tu te crois en quelle année ? Et… où ? Ce n'est plus considéré comme une tare ou une maladie depuis longtemps, chez nous ! Qu'est-ce qui te gêne ? Si tu aimes Kiba, tu
- J'ai jamais dit l'aimer.
Je descends du tapis, attrape une serviette pour éponger un peu ma nuque et mon visage, et me dirige vers les poids. Suigetsu me suit.
- Mais t'es attiré, si vous avez parlé de former un couple ! Non ?
J'inspire en essayant de ne pas me montrer trop fatigué par le sujet et, surtout, l'insistance de Suigetsu. Je sais qu'il ne lâchera pas l'affaire s'il ne comprend pas ou n'a pas toutes les infos. Il est comme ça.
- Ecoute. On a un peu parlé et… on a été chez lui, on a commencé et j'ai tout arrêté. J'y arrivais pas. Voilà. C'est tout ! Je peux pas t'en dire plus. Y'a rien de plus à dire.
On est face à face. Il n'a pas l'air de comprendre mais en réalité je ne comprends pas moi-même. Ou plutôt si mais je ne vois pas pourquoi. Il y a quelque chose qui bloque.
- C'est à cause de papa ?
Je suis chez Temari en milieu de soirée.
- Non. Ça ne le dérangerait pas et je le sais très bien. C'est moi. Je…
Je soupire et déclare être simplement stupide. Temari déclare qu'au moins je sais que je ne serai pas rejeté par qui que ce soit quoi que je décide.
- J'ai déjà décidé.
- Et tu te dis stupide. Donc tu regrettes et tu es pourtant là à attendre une citation servie par ta sœur histoire de t'énerver après elle et partir cogiter seul à la maison pour finir par rapidement prendre un somnifère et reprendre ces réflexions idiotes demain matin.
Je dévie mon regard sans rien dire. Elle insiste en écartant les bras paumes ouvertes et mains levées.
- T'as pas une folle ! T'es amoureux !
Je fais claquer ma langue sur mon palet en rétorquant.
- C'est pas être amoureux. C'est être… curieux.
Et j'ose ressortir une pareille débilité…
Je me lève en reprenant d'un soupir ennuyé ou agacé, que sais-je.
- Bon je vais rentrer. Ça ne mène à rien, de toutes façons. Je remangerai comme d'habitude avec Kiba demain midi et on verra bien.
Je pense qu'il faudrait que je m'excuse avant tout pour ce midi. Je ne lui ai pas adressé la parole à l'entraînement ni de ce soir ni de ceux en salle cet après-midi. J'ai fait de mon mieux pour ne pas le regarder. Je ne sais pas s'il en a fait de même, lui. Il n'empêche… le terme « folle »… Je l'ai pensé même si c'est affreux. Surtout qu'il est loin de ce cliché.
Il doit être dans les alentours de 23h et j'ai mon téléphone dans les mains. Je cherche à écrire un texto à Kiba. Seulement, je ne sais pas quoi dire exactement. Un « excuse-moi » ferait un peu court. Mais tout le reste avec serait trop long. Seulement, je ne veux pas l'appeler et lui parler. Dire qu'il y a trois ou quatre jours on était de très bons amis sans rien à se reprocher ou à hésiter pour un mot.
- Et merde… !
J'appelle. Je pose mon téléphone contre mon oreille droite, fais des allers-retours sur trois pas dans ma chambre fermée tout en passant ma main gauche dans mes cheveux très nerveusement. Ca décroche. Mais c'est le répondeur. J'écoute, attends et parle comme demandé sur ces satanés machins après le bip.
- Kiba je m'excuse. Je sais pas ce qui m'a pris. J'ai la trouille de changer en… ben en changeant de bord. Ça me fait peur et…
Ma gorge se serre. Mes yeux me brûlent.
- J't'adore, tu sais. Tu le sais très bien ! Mais j'suis
- Allô ?
C'est Kiba. Il a finalement décroché. Un sanglot me prend mais il doit ne ressembler à tellement rien que je pense que Kiba ne cerne pas ce dont il s'agit.
- J'm'en veux, Kiba !
Sauf que d'autres s'ensuivent. Je me laisse tomber assis sur le bord de mon lit et continue même si Kiba prononce doucement mon prénom.
- J'suis désolé. J'en ai vraiment envie mais… ça m'fout les j'tons !
- Mais pourquoi ?
Sa voix est douce. C'est déjà ça. Il comprend et accepte ma prise de tête.
- Y'a des préjugés atroces, Kiba ! Je sais que c'est débile ! Que vous n'êtes pas tous comme ça. … Mais je… Et si moi je devenais…
« une grand folle » a failli m'échapper mais je me suis retenu.
- Ca n'arrivera pas, Kankurô… Je ne vois même pas comment tu peux t'imaginer un truc pareil.
Je sanglote toujours un peu. Preuve que je pourrai, j'en suis sûr. Ce sont juste quelques hoquets apeurés et perdus, mais c'en sont. Kiba reprend la parole très calmement.
- Ecoute, Kankurô. On… Déjà, on se calme. Tu te calmes. Je ne t'en veux pas, je comprends ton état et j'accepte que tu sois un peu paumé. Ensuite, excuse-moi d'y penser parmi tout ça mais on va aller jusqu'au tournoi sans changer quoi que ce soit. Même si tu te calmes et es soudainement sûr de vouloir essayer, on va attendre l'après tournoi.
Je l'écoute en me calmant. Il continue.
- Après, ben… On en reparlera ? Calmement ? Je sais pas quoi te proposer d'autre. Faut juste que tu me promettes de pas me faire le coup à chaque fois. Ou… ou à chaque étape si on relance les choses. Ok ?
J'émets un petit son d'accord mais je ne le pense pas. A vrai dire je n'en sais rien. Ni même déjà si on recommencera.
Moins d'une heure plus tard, j'ai laissé un message audio sur le répondeur d'Asuma, un autre sur celui de mon père, et un écrit sur la table du salon. J'ai rassemblé quelques affaires et ai pris ma moto.
Nous sommes vendredi midi, j'ai sommeil, j'ai faim, j'ai soif et je pue. Dire qu'à cette heure-ci je devrais être sous une douche bien chaude en train de rincer mon corps propre et nourri après trois heures de natation. Mais non. Je suis sur un parking d'hôtel-restaurant station-service premier prix et je viens de faire un plein d'essence. Je vais voir s'ils ont encore quelques repas à proposer. Je me demande même si je ne vais pas louer une chambre pour quelques heures et repartir ce soir après avoir dormi. J'entre.
- Bonjour.
- Bonjour !
C'est quelqu'un d'enjoué. Un homme. J'avance, cherche des yeux et aperçois un homme grand, mince, les cheveux gris rabattus à plat sur son crâne et retombant dans sa nuque. Il me sourit tranquillement.
- Essence ?
- En partie, oui. Je voudrais savoir s'il vous reste des trucs à manger sur le service de ce matin. Ou ce midi.
- Tu as roulé toute la nuit ?
Je le regarde de façon un peu interdite. Le « tu » m'a fait étrange mais beaucoup se le permettent, après tout. Et si ça me donnent des gratuités alimentaires, je ne vais pas hurler.
- Oui.
- Assieds-toi. Je t'amène ça.
Je souris et le remercie. Je vais m'asseoir à une des tables qui bordent la grande baie vitrée. Je prends une grande bouffée d'air et soupire lentement en observant à l'extérieur. Quelques minutes s'écoulent sans mouvement jusqu'à ce qu'une assiette se montre à moi.
- Bon appétit !
Je remercie le même homme que tout à l'heure et l'interroge avant qu'il ne parte trop loin.
- Il vous resterait une chambre pas chère ?
- Ah ce ne sera pas gratuit comme le repas, hein !
- J'ai besoin de dormir. Et bien sûr que c'est pas demandé comme cadeau.
Il me dit en avoir et me laisse manger. Un quart d'heure plus tard, je me déshabille avant d'entrer dans la douche en faisant de mon mieux pour ne pas regarder les signes de moisissures qui peuvent traîner. Un autre quart d'heure après, je m'endors dans le lit de la chambre. J'ai éteint mon téléphone portable après l'avoir mis à charger. Quatre heures plus tard, je me réveille, me lève, débranche mon téléphone, le regarde, soupire et me rendors pour encore trois heures.
Lorsque je me réveille et me lève enfin pour de bon, je vais reprendre une douche, changer de vêtements et refaire le peu de mon sac qui a été défait. J'ai regardé l'intérieur avant de le fermer.
Et maintenant ? Je vais où ? Je n'en sais rien. Je vais continuer de rouler. Mais, avant tout, je vais dîner correctement.
- Bonsoir.
- Bonsoir ! Bien dormi ?
C'est le même type. Je hoche doucement la tête. La sienne fait un mouvement vers mon sac. Il demande.
- Tu lèves le camp ?
- Vos matelas sont atroces.
J'ai souri en le disant. Donc il sourit aussi et me fait un clin d'œil. J'attrape le menu des dîners, commande et vais m'asseoir au même endroit que ce midi. En attendant mon repas, je prends mon téléphone et me décide à l'allumer. Les messages audio et textos sont nombreux. Mon ventre se tord en le constatant. Je savais que j'en aurais mais… pas autant. Ma gorge se serre. J'envoie un « Je vais bien, je sais ce que je fais. » à Temari avant de lire le tout. Je sais qu'elle ne va pas tarder à essayer de m'appeler, en vain, et donc m'envoyer un texto auquel je répondrai la même chose. J'aimerai trouver quelque chose de la part d'Asuma. Quelque chose d'autre qu'un « « Ok » et j'ai donc peur de mieux regarder.
Je vais manger et partir. J'ai laissé mon téléphone, éteint, dans la grosse benne à ordures à l'extérieur.
Je vais de nouveau rouler toute la nuit mais, cette fois, je vais m'arrêter devant un hôtel de, je pense, meilleur standing. Il faudra que j'aille chercher de l'essence en repartant. Et il faudrait aussi que je me décide à trouver un endroit où m'arrêter. Où recommencer.
J'entre. J'ai à peine fait un pas qu'un grand balèze m'arrête en posant ses deux mains sur mes épaules.
- Dites-moi que c'est vous le nouveau !
… Où est-ce que je suis tombé… ?
Le « meilleur standing » était peut-être seulement de visu.
J'observe le jeune homme. Il doit être d'environ mon âge. Grand, musclé, roux et les cheveux en bataille, … Il n'a pas l'air menaçant. Je réponds.
- Non, je… je viens louer une chambre.
Il s'apprête sûrement à soupirer lorsque j'ajoute que je serai tout à fait apte à accepter un boulot. Ses mains se resserrent sur mes épaules alors qu'elles commençaient à se relâcher. Ses genoux se plient et ses yeux se lèvent brièvement au ciel tandis que ses paupières se ferment. Il prononce un « Merci ! » haut et fort, et m'approche de lui pour embrasser mes joues de façon très marquée l'une après l'autre. Il attrape ma main droite de sa gauche et me tire par le bras.
- Viens !
J'apprends qu'il s'appelle Jugô, qu'il est employé dans l'hôtel et qu'il a besoin d'un autre agent d'entretien pour les chambres, les salles de bains, couloirs, bref les locaux. On est logé dans un petit appartement accolé à l'hôtel. Et c'est d'ailleurs dans cet endroit que je me retrouve en moins de cinq minutes et que ma signature est posée au bas d'un contrat de six mois. Je crois que je me suis laissé emporter.
- Tu as des affaires ?
- Euh oui, elles… Elles sont sur ma moto. Je voulais d'abord voir s'il y avait une chambre de libre.
Ses yeux s'agrandissent doucement et sa bouche forme un « O ». Il sourit ensuite.
- T'as une moto ?
- Oui.
- T'es un motard ?
Je souris maladroitement, gêné. Je hausse une épaule et confirme moyennement en déclarant que je conduis une moto. Il se met à sautiller et à frapper dans ses mains comme un bienheureux. Je rirai si les circonstances s'y prêtaient. Sauf que… là, je le constate, je voulais fuir les habitudes et surtout les nouveautés de peur de devenir une grande folle et, là, j'en rencontre une. Ce… ce Jugô. C'est ce qu'on appellerait péjorativement une grande folle.
Je demande.
- T'es gay ?
La question est venue toute seule. On va dire qu'au moins je n'ai pas utilisé d'autre vocabulaire. Il s'étonne de son côté.
- Ben ça se voit, non ?
- Je…
Il est sceptique. Peut-être même vexé ? Mais il finit par hausser une épaule et se tourner dos à moi en me disant de le suivre. Ce avant de se corriger en me demandant d'aller chercher mes affaires pour les mettre dans l'appartement. Je prononce un petit « ok » en l'entendant terminer par un « Tu me rejoins vite à l'entrée ! ». Je réalise que je vais dormir au même endroit que lui. Je n'ai normalement rien contre les personnes comme ça. Pas que j'en ai connue, mais… enfin l'un de mes meilleurs amis est gay alors un gay en d'autres nuances ne va pas me déranger, tout de même ! C'est juste le devenir moi-même, que je ne veux pas.
C'est tout autre chose !
A peine, quoi ? Deux heures plus tard ? Jugô a compris que j'ai passé la nuit à conduire et que je n'ai donc pas dormi depuis plusieurs heures. Il accepte alors de me laisser faire une sieste après avoir terminé de l'aider à faire une chambre. J'ai trois heures de pause. Seulement, le truc, c'est que… une fois allongé, mon regard tombe sur le lit qui doit être celui de Jugô. Il va dormir à côté de moi. Pas tout de suite, non ! Mais… ce soir.
A suivre !
Nanarusasu.
Dans le prochain chapitre :
« Ça ne servira à rien. C'est fini, tout ça.
Et pourtant, si.
J'aimerai vraiment pouvoir nager. »
Et voilà pour le chapitre 03 ! Il est à l'heure ! (du moins c'est prévu lorsque j'écris les mots, quatre jours avant le post) J'espère qu'il vous a plu. Je me demande si quelqu'un lit cette fic, en réalité. Je n'ai pour le moment aucune review. Il y a des followers mais je ne sais pas si c'est d'auteur automatique ou pour la fic en elle-même. Quoiqu'il en soit, la suite sera postée le premier mai si tout va bien ! A très vite j'espère !
