Fikeuse (auteur/euse) : Nanarusasu

Genre : alors euh.. UA, OOC, Yaoi, Lemon, POV Kankurô, romance, angst,

Couples (ou relation plus ou moins sérieuses sans lendemain.(ça va d'un simple baiser à un gros lemon.). ): KankurôHinata, ShikamaruKiba, KibaKankurô, NaruGaa, NaruSasu, ShikaIno,

Disclamair : Les personnages ne sont pas à moi.

Baleines ou dauphins ? 04.

- C'est qui, le patron, ici ? On dirait que tu es tout seul.

J'ai à peine dormi une heure, tout à l'heure. Nous sommes en milieu d'après-midi et je suis de nouveau avec Jugô à l'aider et apprendre en même temps mon nouveau travail. Il répond tranquillement à mes questions.

- Elle est à une conférence. Elle s'appelle Tsunade et m'a laissé l'hôtel. Elle gère tout ce qui est hôtel, et son mari gère la restauration. Mais on a prévenu les clients que les repas ne seraient pas servis ce midi et ce soir.
- Et un nouveau devait arriver alors qu'ils ne sont pas là ?
- On en a demandé un il y a deux jours mais personne n'était encore venu.
- T'as pas peur de faire fuir, en te jetant sur un client potentiel comme tu l'as fait avec moi ?

Il hausse une épaule sans rien répondre. Je n'insiste pas. Je souris en me disant qu'au moins il a le mérite de tenter. Je continue mes questions.

- Tu travailles ici depuis combien de temps ?
- Un petit moment.

Il l'a dit de façon lointaine. Il ne veut pas en dire plus, ça se sent dans sa façon de parler.

- Et les patrons, ils reviennent demain ? Ce soir ?
- Ce soir normalement.
- Tu as des jours de congés réguliers ?

Il s'amuse, ça se voit. Il me demande si je suis déjà fatigué au point de vouloir être en congé. Je fais mine de ne pas dire non mais il sait que je me renseigne juste. Il m'explique donc que nous faisons un roulement mais que nous verrons ça une fois Tsunade revenue. J'acquiesce.

- Tu veux savoir quand tu pourras retourner voir ta famille ?
- Non.

Je l'ai dit automatiquement et de façon un peu trop fermée pour paraître détendu. Il m'observe et demande doucement.

- Tu… fuis quelque chose ? Ou tu t'es disputé avec tes proches ?

Je ne réponds pas. J'attrape un drap à changer et donne un large coup sec pour commencer à l'étendre. Un instant passe jusqu'à ce que Jugô me conseille.

- Tu devrais entrer ta moto dans l'arrière-cour à côté de notre appartement, si tu ne veux pas qu'on te trouve.
- J'suis majeur. Ils vont pas aller jusqu'à lancer un avis de recherche.

Il hausse une épaule et me dit que je fais comme je veux.

Dans la soirée, je suis allé chercher de l'essence puis ai garé ma moto dans la cour intérieure à l'arrière de l'hôtel. A côté de l'appartement.

J'aperçois Jugô en retirant mon casque. Il a l'air de déguster la vision et de s'en délecter. Moi, à le voir comme ça, je ne me sens pas très à l'aise.

- Tu peux arrêter de me regarder comme ça, s'il te plaît ? T'as pas un service à faire ?
- Je fantasme sur les hommes à moto.

Il gigote de droite à gauche mains jointes dans son dos. Je joue, impuissant, avec mon casque, hésite, et avance jusqu'à mon colocataire en déclarant.

- Ben moi j'aime pas les grands balèzes.
- Tant pis !

Il a haussé ses épaules en écartant les bras alors que je passais à côté de lui. Il me suit dans notre petit appartement mais me laisse rapidement en me demandant de ne pas trop traîner. Je lui réponds vouloir juste prendre une douche.

Le lendemain, je vais être présenté à Tsunade. Elle va relire le contrat que Jugô m'a fait signer, me demander si je souhaite toujours travailler dans leur hôtel et me questionner sur tout ce que contient le dit contrat. J'ai accepté. J'ai aussi accepté d'apprendre à faire et donc de faire le service pour les repas lorsque ce sera nécessaire. Je n'ai pas encore croisé son mari. J'ai appris que Jugô l'appelle très gentiment « le vieux ». Ça lui a échappé sans qu'il ne s'en rende compte et, comme je vais rester de manière sûre et certaine, j'ai su qu'il s'agit de son nominatif affectueux. Je me demande ce qu'est celui de Tsunade.


Cela va faire quatre jours que je suis arrivé. Je prends mes marques. Cet après-midi, j'irai en ville à la recherche d'une boutique pour m'offrir un téléphone portable et quelques, peut-être, vêtements. Tsunade a accepté de me verser deux semaines de salaire en avance. Selon elle, je fais du bon travail et n'ai rien à envier à ses anciens employés. Je n'ai toujours pas fait la rencontre du « vieux ». Je pense à Kiba et aux autres. Je me demande comment va se passer le tournoi demain matin. Oui. C'est déjà demain. Mes mains ralentissent sur le linge que j'étends en y pensant. L'eau me manque. Nager me manque. Je suis sûr qu'on aurait pu gagner si j'étais resté. Peut-être qu'ils réussiront même sans moi. Je le leur souhaite. Je pourrai me créer un faux compte sur les réseaux sociaux et ajouter Su', Neji ou Kiba. Peut-être Asuma ? Non. Il risque de deviner. Même les autres, si ça se trouve… Il faut que je fasse un trait sur tout ça. Un vrai trait définitif.

- Kankurô ? Tout va bien ?

Je sors de mes pensées et aperçois Jugô à l'entrée de la pièce. Je souris et acquiesce. Il fait de même, me dit que mon déjeuner est prêt et m'attend, et que dès que j'en aurai terminé avec ce que je fais, je serai tranquille jusque demain matin. Je le remercie et passe la seconde.

Environ deux heures plus tard, je suis en train de découvrir mon nouveau téléphone portable. J'y enregistre le numéro de Jugô ainsi que ceux de mon père, de Gaara et de Temari que je connais par cœur. J'envoie un message à ces trois derniers.

# Nouveau numéro de Kankurô. Je vais bien. J'ai un travail et un logement. Temari : Respire. #

Je souris sur ces deux derniers mots. Puis je m'en veux et sens mon ventre se nouer légèrement. Mais c'est comme ça.
Je m'en vais faire quelques magasins ici et là assez rapidement. Je tourne en rond. Je ne fais penser qu'au tournoi de demain. Ou, sinon, à Kiba. Je me demande s'il pense à moi. S'il se demande si je suis parti à cause de lui. Est-ce le fait que je me sois habitué à ce travail qui fasse que, ça y est, je pense à mes anciennes habitudes ? Ou alors c'est dû à la date du tournoi approchant ?
Ou est-ce Jugô qui me dévore des yeux lorsque nous nous croisons qui me fasse penser à Kiba ? Ça me met mal à l'aise et je crois que je vais clairement lui redire sous peu. Ou un peu mieux qu'en arrivant. Je n'aime pas ça. Seulement, je me demande, à le voir me regarder comme ça, ouvertement, si Kiba le faisait, lui, sans se faire voir.
Je soupire en réalisant à quoi je pense. Je décide de rentrer à l'hôtel. Je rangerai ma partie de chambrée, je… je ferai un repérage des cuisines, je ne sais pas. Peut-être que je rencontrerai enfin « le vieux », qui sait ? Ce serait mieux que je fasse sa connaissance avant de devoir faire des horaires de restauration sous ses ordres. J'espère qu'on va s'entendre.

Je retourne donc à l'hôtel. Je passe par l'arrière-cour là où personne ne s'imagine qu'il s'agit d'une des entrées. Je vais ranger mes nouvelles affaires. C'est en le faisant que je constate un appel de mon père. Je m'en étonne légèrement et le rappelle après une brève hésitation. Il décroche automatiquement.

- Kankurô ?
- Bonjour.
- C'est vrai ? Tu es à l'abri ?
- Oui. J'ai un contrat, je partage un appartement avec un employé et… et ben ça va. La patronne m'a fait une avance sur salaire. C'est pour ça que j'ai pu acheter ce portable. Enfin… vous prévenir, quoi.
- Qu'est-ce que tu as fait de ton ancien téléphone ?

Je murmure tout bas l'avoir jeté aux ordures. Il émet un petit son affirmatif. Il semble réfléchir, hésiter, se demander s'il m'interroge plus et, si oui, ce qu'il me pose comme question. Je prends la parole.

- Je préviendrai si j'ai besoin de quelque chose, papa. Faut pas t'inquiéter.
- Ecoute, Kankurô. … Elle va m'en vouloir de te le dire mais ta sœur m'a prévenu que tu te sentais assez… troublé. A cause d'un de tes coéquipiers de natation.

Je serre un instant ma mâchoire, inspire profondément et réponds avant qu'il ne continue.

- Elle ne t'a pas menti. Du moins c'est ce qu'elle pensait.

Autant le dire comme ça.

- C'est-à-dire ?

Ou alors peut-être pas.
Je passe d'un pied d'appui à l'autre, glisse ma main libre dans mes cheveux, joue avec un vêtement que je n'ai pas encore rangé, regarde le maillot de bain que j'ai bêtement acheté tout à l'heure et m'assieds au bord de mon lit. Je soupire à peu près discrètement.

- Oui, elle… Elle a compris, papa.
- Mais tu as pourtant une petite amie depuis longtemps ! Tu devrais savoir où tu te places, non ?
- Je le pensais aussi.

J'ai mal au ventre. Je continue.

- J'ai… j'ai éprouvé… des envies. Inhabituelles. Elles ne m'ont d'abord pas tant dérangé mais ça a fini par trop me travailler et j'ai peur de changer. Je ne veux pas. … J'ai besoin de réfléchir. Ou d'être sûr de telle ou telle réponse.
- De réfléchir.
- Oui.
- Et tu n'aurais pas pu le faire ici ?

Je pouffe un peu de rire et lui assure que non.

- Et la compétition ! Tu te rends comptes de ce que tu fais ? L'école ? Le…
- Je sais.

Et j'en suis navré moi-même, je sais qu'il le comprend au son et au ton de ma voix.

- Tu nages, là où tu es ?
- Non.

Il soupire même si c'est discret.

- Je vais essayer de trouver une piscine.

Il émet un son affirmatif. On se salue, il me dit de prendre soin de moi et d'appeler au besoin, puis nous nous laissons. Je regarde autour de moi.
Une piscine…
Un bassin où nager…
Ce sera totalement différent de l'entraînement. Il y aura du monde dans l'eau.

Il faudrait que je repère les bons horaires pour pouvoir nager comme je le souhaite. … De toutes façons… Ca ne servira à rien. C'est fini, tout ça.
Et pourtant, si.
J'aimerai vraiment pouvoir nager.
Et ça même si ça fait moins d'une semaine, ça me manque déjà.

Chacun sa drogue.

Je termine tout mon rangement et décide d'aller voir dans les cuisines. Autant le faire maintenant plutôt que durant les repas. … Du moins je pense.
Je passe côté hôtel et longe le couloir qui mène jusqu'au salon lorsque j'entends une voix grave hurler d'un ton plus qu'énervé.

- A quoi ça peut servir de se présenter, BON SANG ! Il n'a pas ses nageurs, là !

Je connais cette voix. Un de mes sourcils s'est froncé tandis que l'autre s'est haussé. J'ai ralenti en l'entendant mais je continue d'avancer malgré tout. Je ne sais pas trop pourquoi. Je ne fais pas attention aux mots prononcés. Je cherche à savoir à qui appartient cette voix. Je connais cette personne. J'en suis sûr et certain.

- Il a pris un remplaçant ! Il fait faux départs sur faux départs ! Quelle image ça va donner de l'établissement, DU PAYS, au juste ! Hein ?
- Si tu te calmais un peu…

Ça, c'est Tsunade. … Ce serait « le vieux » à qui elle parlerait ? La voix de l'homme est grave, forte, puissante. Elle ne laisse pas le choix ou… ou l'envie de contredire.

- Me calmer ? ME CALMER ! Ce gamin était un espoir de la nation ! Asuma était clair là-dessus ! Et qu
- Jiraya-sama ?

C'est Jiraya-sama. C'est moi qui vient de prononcer son nom. Je viens de le voir. Je viens d'apparaître au bout du couloir à l'entrée du grand salon à l'opposé des cuisines. Et… Et l'homme qui hurlait, qui… j'en prends conscience, parlait natation, c'est Jiraya-sama. C'est LE champion en titre de tous les temps. L'homme qui… le…
La divinité sur terre de la natation.
Qu'est-ce qu'il fait là ?
Il me dévisage. Il est aussi coi que moi. Seulement, moi, je reste immobile. Lui, il s'avance de quelques pas en contournant chaises et tables.

- Sabaku ? Qu… Tu es Sabaku no Kankurô, toi !

Je reste sans voix. Il se tourne vers Tsunade et me montre du doigt.

- C'est Sabaku no Kankurô !

Elle me jette un coup d'œil et répond tout doucement.

- C'est ce qu'il utilise comme nom, oui.
- MAIS C'EST LE NAGEUR D'ASUMA !

Tsunade me regarde sans rien dire. Mes pieds se resserrent. Mes mains se prennent l'une dans l'autre. Je déglutis. J'ai la gorge serrée. Jiraya-sama se retourne vers moi. Il me connait ? Il fulmine.

- Qu'est-ce que tu FOUES là ?
- … j'ai des problèmes. … Monsieur.

Il fait peur. Il en impose plus que ce que j'ai toujours pu croire. Il s'avance et attrape le haut de mon bras droit en déclarant que oui, des problèmes, je vais en avoir. Puis il me lâche en réalisant à haute voix que je dois garder mes bras en bon état pour la nage. Je m'étonne.

- Il y a une piscine, dans le coin ?
- Il y a une piscine chez toi !

Jugô apparait à son tour, nous observe et demande.

- Il se passe quelque chose ?

Tsunade ne dit rien, Jiraya-sama le fait.

- Il se passe que Tsuni fait la cuisine ce soir. Moi, j'emmène ce jeune homme au tournoi relai quatre nages de demain !

Les yeux de Jugô s'écarquillent au ralenti. Son visage s'illumine alors qu'un gigantesque sourire s'y peint et que ses mains se posent sur ses joues. On dirait un gamin qui a trouvé LE caramel mou de ses rêves. Il gigote en se dandinant de contentement.

- Un motard nageur ! UN MOTARD NAGEUR !

Il glousse. Je crois que les nageurs font aussi partie de ses fantasmes. Quelque chose me le dit. Comme ça. Jiraya-sama lui jette un coup d'œil, me jette un coup d'œil, me regarde de la tête aux pieds et me demande.

- Motard ?
- Oui mais je n'y retournerai pas.
- Tu fiches ta vie en l'air, là !
- Ca fait presque une semaine que je n'ai pas nagé !
- Et ça te manque !
- OUI ! ET ALORS ?

Il répète mon « et alors » plus doucement comme s'il avait du mal à croire que je puisse le demander. Je m'écarte.

- Il est hors de question que j'aille à cette compétition. J'y ferai n'importe quoi !
- Tu es parmi les meilleurs nageurs de ton âge ! Pourquoi étais-tu dans cette équipe, à ton avis ? Hein ! Pourquoi est-ce que je connais ton nom et ton prénom ?

Je déglutis sans rien répondre. Il reprend.

- Va chercher ton casque ! Je t'emmène.

J'obéis. Je ne sais pas pourquoi mais j'obéis. Je retrouve Jiraya-sama dans l'arrière-cour. Il me dit avoir prévenu Asuma que je serai présent à la compétition. Je suis tout sauf rassuré. Je suis sur la moto du plus fort de tous les nageurs de tous les temps de la planète et il m'emmène à une compèt' où je ferai… Où je ne sais pas ce que je ferai.
Est-ce que je vais y arriver ? J'ai déjà passé une semaine sans nager sans que ça ait une quelconque incidence mais… c'est tout de même une compétition. Et puis Kiba, Neji, … et même Suigetsu ou Asuma.
Et après ? Je pourrai revenir à l'hôtel ? Je n'ai même pas demandé. Il faudra que je le fasse sitôt que nous nous serons arrêtés. J'ai un contrat, après tout ! Cela m'engage mais cela engage aussi mon employeur ! Je me resserre sans m'en rendre compte contre Jiraya-sama.

Trois heures plus tard, nous nous arrêtons. Je descends, Jiraya-sama aussi. Il me dit que nous allons dîner ici puis reprendre la route. Je prends mon courage à deux mains et demande.

- Je reviendrai à l'hôtel, hein, après le tournoi ?

Il me regarde d'abord sans rien dire. J'insiste.

- Je n'ai pas les nerfs pour rester chez moi, Jiraya-sama. Enfin… d
- Je peux savoir ce qui se passe, exactement ?

Comme si j'allais pouvoir le lui dire !
Je souris malgré moi. Puis, ce sourire, je le perds. Je réalise. Après tout, ils vivent et emploient Jugô. Donc ça ne doit pas poser problème. Je regarde l'homme plus sérieusement en hésitant. Lui, il insiste à son tour en levant les bras.

- Dis-moi clairement les choses ! Réellement !
- Questions d'homosexualité.

Il s'immobilise. Il s'est calmé net. Ses bras retombent alors qu'il prononce un « Ah. » avant de soupirer en s'asseyant de côté sur sa moto. Je tripote un peu mon casque en observant l'homme. Il a l'air d'être ennuyé mais aussi de comprendre. Il soupire une seconde fois un peu plus fort. Il me regarde et demande.

- Toi ?

Je hausse une épaule et baisse les yeux puis la tête. Il retente.

- Dans ton équipe ?
- Les deux.
- Hm.

J'entends un « Ça peut troubler. » assez déçu et fatigué par l'idée. Il déclare ensuite.

- Jugô ne nous en a rien dit.
- Il n'en sait rien.
- Il repère, normalement !

Je souris faussement en faisant quelques mouvements de tête.

- Je suis pas prêt à savoir moi-même, alors il va pas me dire ou repérer quoi que ce soit ! Et puis il me met mal à l'aise, moi. Je l'aime bien mais…

« Mais » je ne termine pas ma phrase. Jiraya-sama sourit et acquiesce. Il a compris et semble d'accord.

Nous laissons sa moto et allons dîner. Je me suis d'abord étonné puis amusé et finalement senti touché de le voir choisir mon repas en déclarant qu'il y avait une compétition demain. Heureusement qu'elle a lieu entre l'école et l'hôtel. Nous n'y aurions jamais été à temps, sinon. Je me demande si Asuma a prévenu les autres ou s'il attend de voir si nous serons vraiment là. Je ne savais même pas qu'ils échangeaient, lui et Jiraya-sama. Je me doute bien qu'ils ont déjà dû se croiser ou… ou quelque chose comme ça, vu la carrière d'Asuma ! Mais… de là à ce que Jiraya-sama suive les entraînements qu'Asuma donne… Je sais que c'est un très bon professeur. Sûrement un des meilleurs, mais… Je n'ose pas me dire que je suis entre les mains de l'élite. Je ne vois pas ce que j'y ferai même si je suis dans une des meilleurs écoles sportives du pays.
Je suis devant mon assiette en face de Jiraya-sama. Je l'observe en y pensant. J'aimerai l'interroger.
Je me lance.

- Dites. … Vous le connaissez depuis longtemps, Asuma ?

Il hoche la tête et émet un son affirmatif tout en continuant de manger. Je poursuis.

- Combien ?
- Quelques années…

C'est flou, ça. Il me regarde un bref instant et sourit en reprenant une bouchée de son repas avant de demander.

- Tu ne connais pas le parcours de ton professeur ?
- Comment ça ?
- Ben comme ce que ça veut dire !

Il s'amuse, ça se voit. Je l'observe silencieusement, prends une bouchée de mon repas, mâche, avale. Tout ça sans quitter Jiraya-sama des yeux. Je prends la parole.

- Asuma a commencé la natation en compétition un peu avant ses huit ans. Il a remporté médailles sur médailles jusqu'à devoir arrêter à 18ans à cause d'une déchirure ligamentaire. Lorsqu'il a enfin pu reprendre quelques années après, on l'a accusé de se droguer.
- Mensonges.

J'ai à peine eu le temps de prononcer mon dernier mot. Le visage de Jiraya-sama s'est fermé et sa voix s'est aggravée de ton comme de son. Je m'étonne un peu en faisant de mon mieux pour ne pas prêter attention à sa réaction.

- Vous le connaissiez déjà ?

Il s'étonne à son tour tout doucement. Il pouffe de rire en répondant.

- Evidemment !

Je ne comprends pas. Nous nous regardons les yeux dans les yeux, puis il éclate de rire et m'explique.

- J'étais son entraîneur !

Un hoquet m'échappe. J'aurai encore eu quelque chose dans la bouche, je l'aurai recrachée sous la surprise. Je le dévisage.

- Pardon ?

Il sourit. Je suis l'élève de… de l'élève du meilleur nageur de tous les temps ?
Un coup au cœur me prend en réalisant.
Non. Je ne le suis plus.
Je l'ai été, oui, mais je ne le suis plus.
Je baisse les yeux. J'entends la voix de Jiraya-sama.

- Qu'est-ce que c'est que cette tête ?
- Je ne lui ai pas porté le respect qu'il aurait dû avoir.
- Comme on le fait toujours à ton âge. Asuma était pareil avec moi.
- Ah bon ?

Il acquiesce et me montre mon assiette en m'ordonnant de manger. J'obéis. Un instant passe en silence puis il reprend.

- Je sais qu'on déconseille de nager la veille des compétitions mais vu tes actualités… Je connais un bon bassin pas très loin sur la route. On va rouler une heure encore, tu vas nager sous mon commandement puis tu continueras un peu tout seul pendant que j'irai ronfler.

Il lève son index et plonge son regard dans le mien le temps d'une simple mais très importante phrase.

- Tu as interdiction de t'échapper !

Il continue de manière plus détendue.

- Ensuite, on reprendra la route jusqu'à la petite fête. Tu auras largement le temps de bien dormir à ton tour. Et demain soir, … et bien on verra bien !

« On verra bien » ? Je dois comprendre quoi, exactement ?
Mais je n'ai pas le temps de le regarder pour le lui faire comprendre, il me répète une seconde fois de manger. J'obéis. Il en impose trop et j'ai bien trop de respect à son égard pour lui désobéir.

Nous allons donc faire comme il l'a dit. Ça m'aurait fait sourire si je n'étais pas si stressé. En arrivant à la piscine dont il parlait, il a payé quelqu'un, sûrement le propriétaire, pour ouvrir et nous la laisser autant de temps que nous le souhaitions. M'ont aussi été donnés un maillot approprié avec bonnet et lunettes de bain. Jiraya-sama a eu sifflet et porte-voix mais il a préféré hurler lorsqu'il avait un truc à me dire et siffler par je ne sais quel moyen comme je n'ai jamais entendu qui que ce soit siffler lorsqu'il le voulait.
Cela a été trop court.
C'était… magique.
Cet homme est une divinité. L'avoir comme entraîneur seulement une heure est un rêve pour n'importe quel nageur. Et j'ai eu ce privilège. Il m'a dit comment corriger quoi, m'a dit à quel moment faire quoi, m'a conseillé ici et là, m'a fait courir autour du bassin, nager dans le bassin, il m'a fait faire les mêmes échauffements qu'Asuma pour les cours express mais, venant de lui, et bien c'était… Oui. Un privilège. J'ai l'impression d'avoir appris tout ce que n'importe qui n'aurait jamais pu m'apprendre en une vie.
Le grand Jiraya-sama m'a entraîné.

Et là ?
Il ronfle.

Il l'a bien dit, qu'il allait ronfler. Et il le fait effectivement. Ca résonne joliment et je l'entends d'autant plus lorsque ma tête sort par intermittence de l'eau. Je me sens bien. J'ai oublié tout ce qu'il y a autour. Je veux dire mes « soucis existentiels » comme ceux qui voudraient médire définiraient les choses. Je suis dans mon monde et j'aime ça. C'est comme quand on a de la musique sur les oreilles et qu'on ne pense à rien d'autre. Voilà. Je suis dans mon monde. Trois quart d'heures s'écoulent jusqu'à ce que Jiraya-sama se réveille et me dise d'arrêter, d'aller me doucher et de me rhabiller. Nous allons reprendre la route. C'est étrange mais avoir nagé m'a comme réveillé plutôt que fatigué. J'aurai pu avoir peur de m'endormir sur la moto mais je suis certain que ça n'arrivera pas.

A suivre !
Nanarusasu.

Dans le prochain chapitre :

« - Il va falloir qu'on arrive à nager ensemble, Kankurô. »

J'espère que ce chapitre à plu, que vous serez plus nombreux à avoir la gentillesse de mettre une review, (merci à celles et ceux qui le font et d'avance à qui le fera) et que vous avez hâte de connaître la suite. Elle sera postée le 15 mai 2022 si tout va bien. A très bientôt !