Fikeuse (auteur/euse) : Nanarusasu
Genre : alors euh.. UA, OOC, Yaoi, Lemon, POV Kankurô, romance, angst,
Couples (ou relation plus ou moins sérieuses sans lendemain.(ça va d'un simple baiser à un gros lemon.). ): KankurôHinata, ShikamaruKiba, KankurôKiba, ShikaIno, NaruSasu, GaaNaru, TsunadeJiraya.
Disclamair : Les personnages ne sont pas à moi.
Baleines ou dauphins ? 05.
Il doit être aux alentours de midi. Il y a un bruit répétitif à coté de moi. C'est un réveil. Je tends le bras, secoue ma main, cherche, ne trouve pas mais entends un « tac » bien appuyé.
- Debout !
C'est la voix de Jiraya-sama, ça. Sa main tapote doucement mon mollet gauche, puis le drap sous lequel je suis se fait tirer d'un coup sec.
- DE-BOUT ! Tu dois retrouver ton équipe ! Allez !
Ça, c'était les mots pour que je me réveille parfaitement. Mais aussi ceux pour que je m'attrape un mal de ventre pas possible.
Je vais revoir Kiba.
Jiraya-sama s'amuse fièrement en déclarant de façon pompeuse.
- Tu pourras leur dire que le grand ! Le fabuleux ! Jiraya-sama t'a entraîné !
Je m'assieds, le regarde et lui dis bonjour. Il sourit et répond.
- Bonjour. Presse-toi. Asuma t'attend avec tes coéquipiers. Et ce serait bien que tu m'appelles autrement que « Jiraya-sama », au passage.
Un petit « hm » et je me lève.
Qu'est-ce que je vais leur dire, au juste ? « Salut tout le monde ! Je ne vous ai pas trop manqué ? Chouette, la blague, non ? Et Shino ? Il n'a pas trop mal pris la nouvelle mise au rebut ? »
Je soupire. Je suis devant la glace de la petite salle de bain de la chambre.
Comme si tout ça allait suffire…
J'attrape la serviette de toilette et éponge mon visage. Je n'ai en réalité que Kiba en tête, là. Je me dis, j'espère à raison, que l'un comme l'autre nous ne penserons pas à ce problème commun aujourd'hui. Ou alors pas avant la fin du tournoi ? Je retourne dans la chambre en me disant que je vais en parler à Jiraya-sama. Peut-être qu'il aurait un conseil ? Si Tsunade et lui emploient Jugô, c'est peut-être qu'ils l'ont aidé ou… qu'il y a quelque chose derrière tout ça ?
Je m'immobilise en sortant de la salle de bain. Jiraya-sama n'est plus là.
- Bonjour Kankurô.
Asuma, lui, est là. Je déglutis et réponds pas un simple « Bonjour » à mon tour. Je suis figé d'anxiété de le voir devant moi après ce que j'ai fait.
- Comment vas-tu ?
J'hésite, déglutis et hausse maladroitement une épaule. Il continue.
- Jiji m'a dit t'avoir fait nager, hier soir ?
Je souris et m'amuse du « Jiji » sans pouvoir faire autrement. Puis je hoche la tête pour confirmer et parle tout bas.
- C'était super… se faire entraîner par lui.
Il sourit. Je ne réalise pas pouvoir le vexer ou le blesser à dire ça. Il doit de toutes façons comprendre puisque connaît parfaitement la renommée de l'homme.
Il continue sur ma lancée.
- C'était magique, hein ?
- Oui.
- Il a proposé de continuer.
J'écarquille les yeux et redresse la tête sans y croire.
- Comment ?
- A condition que tu prennes le train une fois par semaine pour un entraînement en équipe. Il veut bien être ton entraîneur le temps de ton contrat. Il n'y aura pas d'autres compèt' dans les trois mois. Je sais que ton contrat est de six, mais… tu pourrais aller bien mieux d'ici là. Je te le souhaite, d'ailleurs.
Sa voix s'est affaiblie sur la fin. Il baisse un peu les yeux tout comme moi. Je demande.
- Comment vont les autres ?
- Bien.
Il gigote nerveusement.
- Vous ne savez pas mentir, Asuma.
Il sourit tout aussi nerveusement. Il me montre la porte de la chambre d'un geste de la main.
- Tu viens voir toi-même ? Il va bien falloir vous détendre l'un avec l'autre avant le début du tournoi !
Je confirme même si je ne suis pas très pressé. Mais il faudra bien le faire alors autant y aller. Je sors le premier suivi, après qu'il ait rassemblé mes affaires pour la natation dans un sac, par Asuma qui ferme derrière moi. Jiraya-sama lui a apparemment donné la clé de la chambre. Il sourit calmement en me voyant l'observer fermer à double tour et me prévient.
- Il viendra tout chercher tout à l'heure et rendra la chambre.
- Ok.
Donc aucune chance de venir me cacher là. Pas que j'en aie eu envie ! Je sors de l'hôtel avec Asuma. Je le suis jusqu'au sien. Celui des compétiteurs. Asuma me dit que Jiraya y est avec l'équipe. Qu'il doit se faire un plaisir de les rencontrer et de leur dire les petites choses que, lui, il dit et répète à chacun sur leurs défauts dans leur nage histoire qu'ils se corrigent.
Le tournoi commence à 15h40. Il reste encore un peu de temps. Assez pour que ça s'arrange. Mais aussi peut-être trop pour que ça empire ensuite. J'entre dans le bâtiment, cherche du regard après m'être immobilisé et sursaute en sentant la main d'Asuma sur mon épaule.
- Par ici. Suis-moi.
Un léger « oui » un peu perdu, anxieux mais tout à fait obéissant m'échappe sous la surprise. Je le suis donc.
- Vous avez un footing de prévu tout à l'heure.
- Hm. D'accord. Oui, je… Je m'y attendais.
Je souris un peu en continuant d'avancer. Et je devine que nous nous approchons en entendant la voix de Jiraya-sama. Puis je vois mes coéquipiers pendus aux lèvres de mon tout dernier récent entraîneur. Et, surtout, Kiba qui me remarque en premier. Il esquisse un léger sourire mal à l'aise en coin tout en quittant, je le vois, l'écoute de Jiraya-sama. Il lève une main pour me saluer. Neji et Su' le voient et me voient. Ils se lèvent et viennent sans attendre. Su' tend ses bras pour m'y enlacer.
- Kankurô !
Je me crispe juste un peu, accepte ensuite Neji qui m'accole sympathiquement, et reste bêtement devant Kiba après m'être approché de lui. Je prends la parole.
- Salut.
- Salut. Ta sœur m'a dit que tu as changé de numéro de téléphone ?
- J'ai perdu l'ancien.
« Perdu »… Volontairement, en ce cas. Je regarde autour de nous deux. Jiraya-sama est avec les autres déjà repartis. A croire qu'ils ont deviné qu'il fallait nous laisser discuter entre nous. Kiba m'interroge.
- Alors comme ça, … t'es parti de l'autre côté du pays ?
- Une fois sur ma moto, … tu me connais !
Je fais mine mais il le sait très bien. Il soupire mais je l'empêche de parler en le faisant en premier.
- Je travaille avec une grande folle !
Mais j'aurai peut-être dû me passer de cette info. Je ris un peu d'un air bête quand même. Kiba déclare sérieusement sans y prêter attention.
- Il va falloir qu'on arrive à nager ensemble, Kankurô.
Je reprends mon sérieux et confirme. Il demande.
- Tu vas y arriver ?
- Et toi ?
Il hausse une épaule et déclare ne pas voir pourquoi il ne pourrait pas. Je baisse la tête. Mon cœur est serré. Je sais parfaitement qu'il ment. Comment ne pas savoir pourquoi après le dernier échange qu'on a eu ?
Il demande.
- Tu crois pas qu'on pourrait décoincer les choses ? Si t'as pas envie, t'as pas envie ! Je ne le prendrai pas mal !
- On en parle après la compèt'. Ok ?
Ses yeux sont dans les miens. Il doit se demander s'il peut espérer quelque avancée que ce soit. Ou autre chose. Il prend un instant, et accepte.
- D'accord. On gagne, et on en parle.
Nous avons perdu.
Il est à présent 18h et je suis assis contre la moto de Jiraya-sama. Une fois notre défaite avérée, je n'ai pas pris de douche, n'ai pas parlé aux journalistes, pas discuté avec Asuma ou les autres. Je me suis séché, habillé et suis sorti pour aller jusqu'à la moto. Kiba qui voulait parler, de toutes façons, je ne me voyais pas m'y atteler. Je ne sais toujours pas comment m'en sortir.
- Il dîne avec les autres.
Je sursaute et me redresse droit sur mes jambes en me tournant de côté.
C'est Kiba. Je murmure son prénom. Il s'approche en montrant mon crâne.
- Ca va craindre pour tes cheveux, tu sais.
Je baisse les yeux en y passant ma main gauche. Je soupire. Ce qui veut dire que je m'en fiche et que j'aurai aimé me passer de cette remarque. Kiba s'avance encore un peu.
- Ouais. C'est pas le pire du jour.
- On a fait n'importe quoi…
- Le bonheur des autres équipes !
Je ne dis rien. Il reprend.
- On ne pourra faire que mieux la prochaine fois ! Tu reviens, hein ?
- Non.
- Quoi ?
Il me dévisage. Je lui montre la moto en m'y rasseyant.
- J'ai un contrat de six mois à l'hôtel de la femme de Jiraya-sama.
- Tu arrêtes la natation ?
Il semble perdu. Ça me fait étrange. C'est comme s'il s'inquiétait d'une idée. Je me sens bête.
- N… non, je… enfin… je pensais, mais Jiraya-sama veut m'entraîner. Le temps du contrat.
- Jiraya-sama ? C'est vrai ?
J'acquiesce et ajoute.
- Oui. Il a déjà commencé hier ! D'ailleurs, il faut que je l'appelle autrement. Asuma l'appelle « Jiji » et Jugô l'appelle « le vieux ».
Il sourit un peu et propose.
- Il faisait de la nage papillon. T'as qu'à l'appeler comme ça même s'il n'a pas trop le profil !
Je m'en amuse et rétorque en repensant à hier.
- Vu comme il ronfle, ce serait plus un crapaud !
Nous éclatons de rire et Kiba termine par me dire que, ça y est, j'ai trouvé.
Il se rapproche encore sans que je ne le remarque. Peut-être même que lui non plus. Il s'assied à côté de moi contre le siège de la moto. Il me regarde et me demande plus calmement.
- Hinata te manque pas ?
- Ca fait même pas une semaine !
- Je t'ai pas manqué, moi ?
- C'était la natation, qui m'avait manqué. J'ai réalisé hier une fois dans l'eau.
Il se tait. Je lui jette un coup d'œil. Je déclare.
- J'ai pensé à toi. Assez souvent. … Une fois installé… Et habitué au nouvel environnement.
Il me regarde tout comme je le fais. Je rajoute.
- Je me demandais ce que j'allais faire. Ce… enfin… Comment tout allait se passer. Si je reviendrai, si tu te demandais ce que j'avais fait, ou j'étais, … tout ça.
Je hausse une épaule et détourne mon regard. Je murmure.
- Quand je vois Jugô, j'ai vraiment pas envie de finir comme ça.
- Tu as déjà prononcé ce prénom. C'est qui, au juste, ce Jugô ?
- L'autre employé de l'hôtel. Une grand folle qui est très loin de s'en cacher.
- Tu sors avec ?
Je hurle presque un « Non ! » à la seconde en me redressant de nouveau sur mes deux pieds. Ca fait même sursauter Kiba. Je continue le cœur battant face à lui.
- Il me dévore des yeux comme un drogué devant une dose ! Il me met hyper mal à l'aise et je peux rien y faire. Tu l'aurais vu et entendu hurler comme une fangirl quand il a appris que je fais de la natation en plus de la moto ! Il est sympa mais c'est vraiment gênant. J'arrive pas à le lui faire comprendre. J'ose plus lui dire de but en blanc. C'est lui qui m'a embauché, à la base.
- Tu ne deviendras pas comme ça, Kankurô. Je t'assure.
Il est sérieux. Je me sens mal. Je demande.
- Et toi ? Shikamaru ?
- On a tout arrêté. Complètement. Il a vu dans quel état ta … « disparition » m'a mis.
Le mot « disparition » a été prononcé en souriant mains levées avec index et majeurs gigotant de bas en haut. Son sourire disparaît aussitôt que ses mains et sa tête s'abaissent en fin de phrase. Mon corps s'échauffe un peu sans que je veuille y faire attention. Mais je ne peux pas faire comme si ça n'arrivait pas. Kiba, … là, … assis contre cette moto.
- Tu es beau.
Il redresse son visage. Son sourcil droit se hausse.
Un pas. Un seul.
Je le fais en tendant mon bras. Je pose ma main droite sur sa joue.
- Viens.
Il se lève en fermant les yeux. Il a deviné. Il en avait envie, je le sais. Ses bras m'enlacent très lentement. Ses mains se sont juste timidement posées de chaque côtés de mon torse avant d'y glisser jusque dans le haut de mon dos alors que nos bouches s'ouvraient et qu'il gémissait. Il en mourrait d'envie. Moi, mes mains, celle sur sa joue y est restée. L'autre ? Elle s'est faufilée dans le bas de son dos et finalement sur sa fesse droite pour y appuyer et qu'il comprenne devoir plaquer son bassin contre le mien. Ce qu'il a aussitôt fait.
Le baiser se poursuit, se poursuit, se poursuit et se poursuit encore.
Puis nous entendons soudain comme un bruit étranger.
Nous nous séparons.
On s'est fait photographier. Il y a quelqu'un qu'il ne fallait pas qui nous observe. On le sait. On va se retrouver dans la presse si… si jamais il n'y a rien de spécial à raconter sur le tournoi autre que l'équipe gagnante et… Et les magazines sportifs qui veulent attirer de nouveaux lecteurs ou que sais-je.
Je peux espérer me faire un film ?
Je tourne sur moi-même. Je me sens bête.
Je regarde Kiba.
Et je soupire en retournant à lui.
- Qu'est-ce qu'on s'en fout !
- Non ! Kankurô. Non, je…. Je m'en fous pas.
Il regarde autour de nous. Il murmure.
- J'ai aucune envie de voir ma vie étalée dans la presse.
Je reste d'abord interdit, et pouffe de rire de façon moqueuse avant de m'excuser. De toutes façons, vu comme on s'embrassait, s'ils veulent montrer quelque chose, ils pourront sans problème. Je me calme et déclare.
- Je vais repartir quand même, Kiba.
- On se donne l'exclusivité ?
Je hoquète en me figeant. Je ne dis rien. Je crois que… sans le vouloir, je dois soudain paraître un peu fermé. Je dévie mon regard. Kiba s'approche.
- T'as vu comment tu m'as embrassé ?
- Je sais.
- Tu peux pas dire que t'as pas envie d'être avec moi, quand même !
J'inspire profondément et pousse un petit soupir rapide lèvres pincées et regard toujours de côté. Kiba s'écarte d'un pas sans me quitter des yeux.
- T'es vraiment con.
- TES BRAS KANKURÔ !
Nous sommes trois semaines après le tournoi. Je suis en train de nager sous les ordres du Crapaud. Oui, le « Crapaud ». C'est ainsi que je nomme Jiraya-sama maintenant. Il voulait que je l'appelle autrement, j'ai trouvé un petit nom ! Il m'entraîne trois heures tous les jeudis matins et lundis après-midis et m'a demandé, et j'obéis, d'aller nager ou de courir une à deux heures tous les jours en dehors de mes horaires de travail. Il m'a plusieurs fois montré comment venir à la piscine la plus proche de l'hôtel. C'est une immense piscine carré à moins d'un quart d'heure en bus. De ce que j'ai compris, le propriétaire est une de ses connaissances et lui permet donc d'avoir quelques horaires libres pour m'entraîner au calme sans personne.
Je sors du bassin.
- Plonge ! Et MIEUX ! Ah ça pour mettre tes mains sur le cul de tes coéquipiers tu sais y faire mais pour les placer correctement dans l'eau faudra repasser, là ! Allez ! Motive-toi un peu, bon sang !
Je suis « tombé » sur un article sportif sur internet, ce matin. Jugô en a partagé un hier soir sur les réseaux sociaux. Le tout accompagné de petits smileys s'embrassant en envoyant des cœurs partout… Un article avec une photo de Kiba et moi à côté de la moto de Jiraya-sama. Kiba et moi nous embrassant à pleine bouche. L'article voulait donner explication à notre désastre au tournoi à cause d'une relation inadaptée.
… Pour rester plus poli que l'auteur de l'article…
Jugô n'a cessé de me défendre hier soir donc nous avons tous appris l'existence cet article. Tsunade, Jiraya-sama et moi. Ainsi que quelques clients, malheureusement… J'aurai préféré, même si Jugô voulait bien faire, qu'il se taise. Je n'ai pas résisté plus longtemps que cette nuit et suis allé voir ce matin. J'ai lu l'article.
Le Crapaud n'est pas réellement énervé à cause de l'article et son contenu, de ce qu'il y a appris. Il l'est après moi qui suis touché malgré moi. Alors il veut me faire réagir. Me faire bouger. Donc il est un peu plus… sec qu'habituellement. Enfin disons que son vocabulaire se rapporte au sujet de l'article. Il veut que j'évacue. Ce doit être ça. Heureusement que nous avons la piscine pour nous.
A dire vrai, je n'écoute pas. Je me demande si Kiba a vu cet article. Si Temari a vu cet article. Si mon père a vu cet article.
Qui a vu cet article ?
Et je ne vais tout de même pas regarder toutes les demi-secondes les nouveaux partages, « j'aime », « j'adore », commentaires et autres réactions sur tous les réseaux et internet !
Kiba avait raison. Sa vie étalée comme ça, ça a de quoi prendre la tête quand on ne sait pas par qui la chose est vue et ce qui en est dit. Juste la photo c'aurait été… et bien… enfin… Non. Non, en réalité, ça ne me plaît pas vraiment non plus. J'étais encore tellement dedans que je m'en fichais. Ce devait être ça.
- Bon. Kankurô, fais des longueurs ! Moi, je m'en vais.
Kiba et moi n'avons rien échangé ni partagé depuis ce baiser. Depuis qu'il m'a dit que je suis un idiot. A ce moment-là, il est parti de son côté en me laissant sur place. Je suis resté à la moto. Je l'ai regardé s'éloigner sans vouloir le rattraper ni vouloir tenter un mot ou quelque chose. Le Crapaud est arrivé un peu après et nous sommes partis. Et depuis, rien. Je n'ai même pas encore pris le train pour un entraînement en équipe. J'ai très peu parlé à Su' et Neji durant le tournoi. Je ne sais même pas comment va Hinata.
Je ressors du bassin. Je cherche du regard et réalise être seul.
- Crapaud ?
Il est parti ?
Nous sommes maintenant en soirée. Je viens de finir un service et fais une pause à l'extérieur. Jiraya-sama est énervé après moi, je l'ai très bien constaté à la façon qu'il a eu de me passer les assiettes. Mais je n'ai rien dit. Je suis en train de regarder les différents prix et horaires des billets de trains pour aller chez mon père ce week-end.
Tout ça quand arrive Jugô.
- Ce soir, je te sors !
J'écarquille les yeux et manque de lâcher mon téléphone en l'entendant. Il le prend en souriant.
- Confisqué !
Je le regarde faire et plonger mon téléphone au plus profond de sa poche gauche de jean. Je déglutis en pensant à la partie anatomique de Jugô à laquelle il est à présent collé. Jugô qui approche ses lèvres de mon oreille gauche pour y chuchoter quelques mots.
- Tu dois te changer les idées et éclater tout ce que tu contiens.
Je sursaute et recule d'au moins dix pas jusqu'à toucher le mur de la cour tout en gigotant mes bras juste devant moi près de mon oreille alors qu'il en a léché le lobe. Il glousse d'amusement, me lance un clin d'œil et me dit qu'il s'en va choisir nos tenues. Il termine en me disant de ne pas traîner après mon dernier service.
- Bonsoir. Je m'appelle Jugô.
Tout un tas de personnes répondent « Bonsoir Jugô. » Je suis assis à côté de mon colocataire et coéquipier de travail dans un cercle de chaises. Je n'ai jamais vu ça qu'au cinéma dans un ou deux films. Les personnes ressemblent à tout et n'importe quoi. Je regarde sans trop écouter. Suis-je le seul… « nouveau » ? Je ne fais même pas attention à ce que dit Jugô. Ca m'aiderait pourtant sûrement. Et peut-être pas qu'ici si jamais je parle. Je vais être obligé ? Je ne vais quand même pas balancer à des étrangers ne pas vouloir finir grande folle alors qu'un de mes amis, le seul actuel, à vrai dire, en est une ! Et encore ! … Je dis qu'il est un ami mais… je ne sais pas vraiment. On s'entend mais je suis poli et voilà tout. Il me met toujours mal à l'aise.
- … et c'est pourquoi j'ai décidé de vous l'amener en espérant qu'il se sente mieux après ce que j'ai fait.
Je vois sa main sur ma droite. Il me montre. La personne qui gère la réunion s'adresse à moi.
- Kankurô. Veux-tu dire quelque chose ? Cela aiderait Jugô, tu dois à présent le savoir après ce qu'il nous a dit à toutes et à tous.
- … vous a dit ?
Je la regarde sans comprendre puis regarde Jugô. Mais je n'ai rien écouté, moi !
Donc oui, j'aurai dû. Le femme ajoute quelques mots.
- Je pense qu'il souhaite s'excuser mais qu'il se dit que cela ne suffira pas vu le mal que cet article t'a fait depuis sa découverte hier soir.
- … l'article… ?
J'ai murmuré. Je regarde Jugô. Il baisse les yeux. J'inspire profondément en me tournant dos droit sur ma chaise. Je frotte mes mains à mes cuisses, gigote et me lance.
… Je crois qu'il faut toujours commencer de la même manière. … Enfin je pense ?
- Bonsoir. … Je… m'appelle Kankurô.
- Bonsoir Kankurô.
Ils foutent les j'tons…
Je continue.
- Quelqu'un a trouvé un article me concernant, hier. J'aurai aimé ne pas être au courant mais au moins je n'aurai pas la surprise plus tard. Alors c'est sûrement mieux.
Je regarde Jugô. Il semble étonné. Je souris et hausse une épaule.
La « gérante » m'interroge.
- Et cet article ? Que raconte-t-il ?
Je fronce mes sourcils et me referme en répondant.
- En quoi ça vous concerne ? Si vous voulez savoir vous n'avez qu'à le chercher !
Ca chuchote autour de moi. Je n'ai pas dû avoir la bonne réaction. Un instant, puis je reprends devant le regard insistant mais toujours calme de la femme qui m'a interrogé.
- C'était… un article qui nous accusait un de mes amis et moi d'entretenir une relation intime malsaine au détriment de notre équipe de natation. Que c'est à cause de ça et donc de notre faute que nous avons perdu lors de notre dernier tournoi.
Ma voix s'est abaissée en fin de récit. Mon visage aussi. Elle demande.
- Et c'est faux ?
- Non. C'est totalement vrai. Ou plutôt en partie. C'est uniquement ma faute. C'est moi qui… ai empêché l'équipe de s'entraîner correctement. Et ça à cause de mon refus d'une idée d'homosexualité.
- Tu trouves ça malsain comme l'auteur de l'article ?
Jugô bouge un peu nerveusement à côté de moi. Je reprends rapidement en le voyant.
- Non. Mon meilleur ami. L'un d'eux. L'est. C'est lui, avec moi, sur la photo. C'est moi qui ai peur de le devenir. J'ai peur.
- Peur de quoi, Kankurô.
Sa voix est posée. J'ai l'impression d'avoir répondu des milliers de fois à cette question et ça me fatigue. Ce n'est pas en le refaisant encore une fois, surtout si c'est pour le faire dans le vide, devant des inconnus, que ça m'aidera. Je ne comprends pas les gens qui font ça dans les films. Si ça marche c'est bien parce-que que c'est dans les films.
- De devenir une grande folle.
Je soupire, me lève et contourne ma chaise en parlant à Jugô. Je lui dis l'attendre dehors. Je sors.
Une fois dans la rue au pied du bâtiment, j'interpelle la première personne et, sans savoir pourquoi, lui demande une cigarette et du feu.
C'est ma toute première.
Et ma toute dernière ! J'ai manqué de m'étouffer ! Qu'est-ce que c'est que ces machins ? Je jette sans attendre la cigarette au sol en toussant et grimaçant je ne sais comment.
- Un café ?
Je me tourne sur le côté. C'est Jugô. Il n'est pas très bien. J'accepte et le suis.
Nous atterrissons dans un petit café du centre-ville. Des couleurs pastels, des odeurs d'amande, de cannelle, de noix et chocolat. Il y a de petites tables rondes décorées de napperons. Je ne me sens pas vraiment à ma place mais je m'en veux pour ce que j'ai dit à cette réunion avant d'en partir. Alors je ne dis rien et m'assieds en essayant de ne pas paraître trop mal à l'aise. Jugô déclare.
- C'est mon café préféré. Et ils servent de bons trucs à boire comme à manger. Je t'ai jamais amené parce que je me suis dit que ça t'en aurait fait trop avec moi en plus.
Je m'étonne et demande.
- « Trop » ?
- Envolée de niaiseries pour un gros dur baraqué comme toi.
Je ne dis rien. Lui continue.
- Je me sens bien ici.
J'acquiesce. Il commande pour nous deux. Je lui ai dit le laisser choisir pour moi. Il sait ce que je bois et mange, après tout. Il a hoché la tête et prononcé un mot étrange au serveur. La commande, la boisson, sûrement.
Je prends doucement la parole.
- Je ne voulais pas être blessant, tu sais, à cette réunion.
- Je te crois.
- Tu me mets mal à l'aise, oui, mais je ne te déteste pas ou ne veux pas t'éviter ou… ou quelque chose comme ça.
Il acquiesce et déclare.
- Je n'ai pas honte de ce que je suis, Kankurô.
- Je sais. Je l'ai compris dès que je t'ai rencontré.
Je souris en réalisant à voix haute.
- C'est peut-être d'ailleurs ça qui me met tant mal à l'aise ! C'est pas normal, cette fierté !
- Et pourquoi ça ?
Je hoquette en le dévisageant. Mes yeux se plongent dans les siens. Il reprend d'un ton agacé. Sa voix est soudain grave comme rarement.
- Pourquoi ne devrais-je pas être fier de ce que je suis, au juste ?
A suivre !
Nanarusasu.
Dans le prochain chapitre :
« Je suis… « un con ». Je ne peux plus le dire poliment, là. Je marche lentement en shootant dans ce que je peux sur le trottoir. Qu'est-ce que je vais bien pouvoir dire à Jugô, en arrivant ? Et est-ce que Tsunade ou Jiraya vont l'avoir vu dans cet état, eux ? Qu'est-ce qu'ils vont me dire ? Jugô va leur avoir dit que c'est ma faute ? Ou… ou alors il va peut-être s'être repris avant d'arriver ? Je peux espérer ?
… J'ai été horrible. Seulement, il n'a rien fait pour ne pas m'y forcer. »
La suite le 29 mai 2022 si tout va bien ! J'espère que ce chapitre vous a plu. D'avance merci pour vos reviews s'il en vient. n.n
