Fikeuse auteur(e) : Nanarusasu

Genre : UA, OOC, Yaoi, Lemon, POV Kankurô, romance, angst,

Couples (ou relation plus ou moins sérieuses sans lendemain.(ça va d'un simple baiser à un gros lemon.). ): KankurôHinata, ShikamaruKiba, ShikaIno, KankurôKiba, NaruSasu, GaaNaru, TsunadeJiraya.

Disclamair : Les personnages ne sont pas à moi.

Baleines ou dauphins ? 07.

Nous sommes en début de matinée à un temps mort commun Jûgo et moi. Il a son portable à son oreille. Il attend tout comme moi. Je n'ai pas pu attendre plus d'une nuit pour lui donner le numéro de Temari et il tente de l'appeler. J'ai le cœur battant. Lui a les yeux grands ouverts et me regarde de côté. Ça fait déjà un moment mais j'exagère sûrement sinon il aurait eu le droit au répondeur. Puis soudain, il sursaute, se fige, ouvre la bouche et parle rapidement.

- Mademoiselle No Sabaku ! Bonj

Seulement il n'a même pas le temps de terminer une phrase, je lui arrache son téléphone des mains sans attendre et m'adresse à ma sœur.

- Pourquoi tu ne réponds plus à mes appels ?
- Kankurô ?
- Qu'est-ce que j'ai fait pour que tu ne m'adresses plus un mot ? Même les textos j'y ai pas droit ! Tu sais pas que c'est toi qui m…

Je me sens bête à cause de ce que j'allais dire. Je regarde un peu Jûgo, fais une petite moue sans le vouloir et continue quand même d'une voix un peu plus basse en essayant de détourner la tête sans que ça se voit trop.

- … c'est toi qui m'aides quand ça va pas ou que je me prends la tête.

Jûgo sourit doucement mais c'est calmement. Il ne se dandine pas, ne se moque pas ni rien. Il semble heureux pour moi. Je ne le quitte pas des yeux sans le réaliser jusqu'à le voir mimer de ses mains une accélération sur le guidon d'une moto. Je fais un mouvement un peu vague de tête et un geste de ma main libre pour lui faire comprendre de me laisser seul. Il hausse une ou deux fois ses sourcils en souriant largement et s'en va. Temari, restée silencieuse quelques instants, prend la parole.

- Tu as l'air de t'en sortir, quand on lit les infos sportives ou qu'on écoute les nouvelles que tu donnes à papa !

Elle est fâchée. Je soupire son prénom de façon un peu perdue. Elle reprend.

- Tu es parti sans même me dire quoi que ce soit ! Tu m'as laissée toute seule me faire films sur films, Kankurô ! Et ça pour te moquer de moi quatre jours après avec un nouveau numéro ! Et ça fait presque un mois, maintenant !
- J'avais besoin de m'éloigner pour réfléchir. Et… Et j'ai essayé de t'avoir au téléphone ces dernières semaines. C'est toi qui n'as plus voulu me parler.
- De quoi tu veux me parler ? De toutes façons, je te saoules avec mes citations.

Un petit blanc, et je confirme. Puis je m'excuse rapidement avant d'ajouter d'autres mots.

- J'ai malgré tout besoin de parler, Temari. Ici, je…

Je regarde en direction du couloir que Jûgo a emprunté pour me laisser seul et me sens coupable à vouloir dire ne pas lui faire totalement confiance ou ne pas me sentir assez à l'aise avec lui pour m'ouvrir complètement. Mais il n'empêche que c'est vrai. Je parle un peu plus bas en reprenant la parole.

- Je ne suis pas ici depuis assez de temps pour parler… vraiment. Enfin… pour ne pas m'énerver en entendant des conseils ou phrases bateaux. Je pense que tu cernes l'idée.
- Je te connais, oui. Je vois ce que tu veux dire.

De nouveau, un léger silence s'installe entre nous. Temari m'interroge.

- De quoi tu voudrais me parler ?

J'aperçois Tsunade qui m'appelle d'un geste de main. Je préviens Temari devoir la laisser mais très vite la rappeler. Ce soir au plus tard. J'espère. Elle me demande de faire attention à moi et raccroche. Je rejoins Jûgo dans les étages de l'hôtel. Il sourit tout de suite en me voyant et secoue ses épaules et son bassin en chantonnant avoir le droit à un tour de moto. Je m'amuse de son petit dandinement et lui fais remarquer qu'il faudra trouver un temps de pause commun assez long pour ça. Il demande en reprenant son portable.

- Tu voudrais retourner au café, ce soir ?

Je grimace en répondant.

- Il faudrait que je fasse profil bas, là, Jûgo.

Un temps mort, puis il hausse une épaule en reprenant le travail. Je fais de même. Jûgo bougonne.

- Et puis la déco est atroce.
- Aussi, oui.

Nous échangeons un rire poli. Il digère donc mon refus. Du moins c'est ce que je me dis.

Au soir, j'ai parlé seulement quelques secondes avec Temari que Jûgo entre en trombe dans l'appartement en brandissant son téléphone portable.

- Y'a un autre article !
- QUOI ?

J'ai dû hurler à l'oreille de Temari. Elle n'a pas le temps de me demander ce qu'il se passe que je lui dis la rappeler, raccrocher, et que je prends le portable de Jûgo. L'article a pour titre « Rupture difficile ? ». Je fronce mes sourcils. Ce serait le fait que je quitte l'équipe qui serait déjà su de tous ? Je ne vois pas Jûgo rougir en s'installant tout à côté de moi au bord de mon lit. Il se tient bien droit. Il chuchote ne pas avoir pensé que ça pourrait tourner comme ça et en être désolé. Je commence à lire.
L'article raconte mon refus de la moindre homosexualité mais aussi mes relations cachées en plus de celle récemment dévoilée. Le journaliste se demande avec qui d'autre, en plus de ce « charmant jeune homme » de la photo dévoilée, je peux bien avoir eu une relation cachée et avec qui vais-je rompre pour ne pas être prochainement de nouveau « pris en flag' ». Juste à côté de ces mots, on me voit au café avant-hier soir bras tendu par-dessus la petite table vers Jûgo en larmes face à moi. Au paragraphe suivant est expliqué que je participe à des réunions anonymes durant lesquelles j'essaie de m'accepter en tant qu'homosexuel mais que c'est sans succès. Que cette attirance me fait peur quand bien même j'essaie encore et encore.

- « Encore et encore » ? Mais j'ai même pas embrassé Kiba une demi-douzaine de fois !

Je lève les yeux vers Jûgo, peut-être pour avoir une réponse ou je ne sais pas quoi. Il ne dit rien. Il me regarde juste. J'insiste. Je le montre.

- Et puis t'es pas du tout mon type !

Il penche la tête sur le côté et hausse ses deux sourcils, l'un légèrement plus haut que l'autre, en m'interrogeant.

- Parce-que t'as un type ?

Le « B » d'un « Bah… » manque de peu de m'échapper mais il est retenu. Je sais que j'aurai prononcé le prénom de Kiba dans l'élan sans réfléchir. Je retourne mon visage vers son portable en fronçant mes sourcils, regarde sans lire ni faire quoi que ce soit excepté maudire ces journalistes, puis soupire finalement en rendant l'appareil à Jûgo.

- Merci de m'avoir prévenu. Faudrait prévenir Jiraya. Maintenant.
- J'y vais.

Je le remercie encore et le laisse aller. J'inspire profondément, ouvre grand mes yeux et souffle tout ce que je peux. J'attrape mon téléphone et expédie une petite note pour prévenir Asuma histoire de. Je le laisse se débrouiller avec les autres. … « l'équipe ». Puis je rappelle Temari.

- Allô ? Kankurô ? Qu'est-ce qui s'est passé ?
- Jûgo qui faisait son entrée en fanfare pour m'annoncer une cata'…
- Quoi comme cata' ?
- Un autre article sur moi. Avec lui dedans, en plus… Apparemment, maintenant, je suis un homo refoulé !

Elle ne dit rien. Je hausse la voix en l'interpellant. Elle répond.

- Ben c'est un peu ça, hein.

Je soupire.

- Pas comme dans l'article… Et je ne suis plus vraiment refoulé. C'est plus vraiment pareil.
- Donc ça y est ? Gay et fier de l'être ?

J'inspire profondément. J'instaure un petit instant de pause et réponds.

- Bi.

Elle rit. Je soupire un peu mais n'ajoute rien. Elle le fait pour moi.

- Kankurô. Tu m'as reproché ne pas avoir décroché et de ne pas vouloir t'écouter toutes ces dernières semaines. Qu'est-ce qui n'allait pas ?
- C'était rapport à Kiba. Mais on s'est hurlé dessus hier. C'est d'ailleurs ça qui a déclenché mon arrêt du relai et tout le reste.
- Tu vas être entraîné par ta divinité suprême.

Je souris et confirme. Elle s'est fièrement amusée d'une voix moqueuse mais surtout heureuse pour moi en le disant. Elle sait ce que je pense de Jiraya depuis que je suis tout petit. Elle demande.

- Tu ne regrettes pas ta demande ? Cet arrêt de l'équipe.
- Absolument pas. Je me sens même léger. Le Crapaud m'a dit qu'il n'attendait que ça, lui ! Il est certain que je suis fait pour nager en solo.
- « Le crapaud » ?

Je hoquète et réalise qu'elle ne m'avait jamais entendu prononcer ce surnom. Je le lui explique donc. Elle s'est payé un fou rire en m'écoutant. Je vais aussi lui parler un peu de Jûgo puisque c'est lui qui l'a appelée ce matin et aussi celui qui m'a trouvé ce travail et qui m'aide un peu.
… Et lui sur l'article qu'elle va certainement croiser quelque part…

Deux heures plus tard, Jûgo et moi couchés chacun dans notre lit, je l'entends chuchoter tout doucement mon prénom de façon interrogative. Je m'étonne, hésite et demande.

- Jûgo ? Tu m'as appelé ?
- Tu m'en veux pas pour ce qu'on dit dans l'article ? Pour la photo ?

Je ne cache pas me surprise.

- Pourquoi je t'en voudrais ?
- Ben… c'est moi qui t'aie emmené là-bas. L… la réunion comme le café et… qui me suis mis à pleurer comme ça.
- J'y peux rien. C'est passé. Et non, pour répondre à ta question, je ne t'en veux pas.

Sa respiration tremblote un peu. Je le soupçonne de faire ce qu'il peut pour garder son calme. Je l'entends émettre un « hm » très léger. Je rajoute quelques mots.

- De toutes façons, je ne suis plus dans l'équipe d'Asuma. Ces articles n'auront aucune portée. Ni même pour moi puisque ça m'étonnerait plus que fortement que Jiraya s'amuse à vouloir me faire participer à des compèt' cette année ! Il va m'entrainer à tort et à travers et je gagnerai tout l'an prochain en soulignant partout que c'est lui qui aura été mon coach durant l'année.

Il pousse un rire sangloté. Il renifle. Je tourne ma tête vers son lit et lui demande de ne pas pleurer. Il s'exclame.

- T'es un mec super !

D'abord un peu perdu, penaud même, je cligne des yeux, déglutis et me réinstalle correctement en le remerciant et en déclarant tout simplement d'un ton satisfait le savoir. Il rit de nouveau et ajoute que je suis aussi très modeste. Je m'en amuse sans rien dire d'autre qu'un bonne nuit après lui avoir dit de se calmer et que je ne lui en veux vraiment pas du tout.


# C'est le type de la photo, Jûgo ? #

C'est ce que je suis en train de lire. Nous sommes lundi, je viens de me réveiller et je vais aller nager avant de travailler. C'est un texto de le part de Kiba. Je fronce mes sourcils et repose mon téléphone sans répondre. Je me lève et passe dans la salle de bain avant de m'en aller.

Dans le bus sur le chemin, je relis le texto en repensant à quelque chose. J'ai salué Jûgo en partant. Il se levait à son tour et s'étirait torse nu. Je me suis surpris à me dire que, oui, sa mère peut être fière de lui si elle aime les muscles. Ce type est vraiment bien fait. Je ne me plains pas ! Mais lui, … c'est pas le même niveau. Tsunade l'a déjà qualifié de « beau bébé » en souriant sur ses dits muscles. Et elle a raison.
J'envoie donc une réponse à Kiba avant de descendre du bus.

# Jaloux ? #

Je veux lui faire mal.
J'entre dans le bâtiment de la piscine en sentant le vibreur me dire que j'ai reçu un message mais je devine qu'il s'agit de la réponse. Quoi d'autre ? Alors je ne regarde pas. Ça le fera attendre. Je passe dans le vestiaire des hommes, vais dans un coin et commence à me changer quand j'entends des chuchotements.

- C'est le refoulé… ?

Je tique en entendant ces mots. Je me tiens bien droit et regarde autour de moi à la recherche du prononciateur. Personne ne m'observe. J'entends des rires. Je déglutis. J'ai un poids dans le ventre.
« Refoulé » ? Evidement que non ! Si on me voit embrasser Kiba sur la photo du premier article, ce n'est pas pour rien ! Et de toutes façons, ce n'est après tout peut-être pas de moi qu'on parlait. Je ne suis pas le centre du monde !
Et puis c'est Kiba qui m'a repoussé après qu'on ait entendu ce bruit étrange.

Je ne vais pas nager correctement. Je ne suis pas dedans. Ce terme « refoulé » m'agace. Alors maintenant, ce n'est pas être homo qui est une honte, c'est de ne pas s'assumer comme tel ? De se refouler ? Quoi ! Dans quinze ans, ce sera de ne pas avoir ne serait-ce qu'essayé un peu les deux bords ? Un petit truc comme ça histoire de ?
Et de toutes façons, je l'ai dit à Kiba. Ce n'est pas que je ne m'assume pas. C'est que je n'ai pas trouvé le bon.


Je suis revenu à l'hôtel. J'ai dit à Jiraya avoir fait n'importe quoi à la piscine et que, s'il veut bien, j'aimerai pouvoir y retourner ce soir. Il a évidemment accepté. Il devait m'entraîner cet après-midi mais il ne pourra pas alors il était heureux que je veuille y retourner seul. Ça va faire un peu plus courir Jûgo durant le service du dîner, peut-être, mais Jiraya m'a assuré qu'il n'y avait pas tant de clients en ce moment. Il m'a même dit qu'il se demande s'il ne va pas nous accorder à lui -Jiraya- et moi deux heures de natation à la piscine deux ou trois fois par semaine en plus. Prendre un petit bout de bassin sur les horaires d'ouvertures pour m'entraîner même s'il y a du monde. Ce ferait de la publicité. Et de la bonne a-t-il dit en insistant de manière très claire. Ça m'a donné mal au ventre et fait me sentir coupable. En réalité, si j'ai demandé ce temps ce soir, c'était pour aller au café de Jûgo et me faire le premier venu qui l'aurait voulu. J'aurai arrêté de me dire refoulé. Ça n'aurait officiellement plus été le cas, non ? Sauf que, là, ce regard de Jiraya, … c'est sûr que si je retourne dans ce café, je vais peut-être tomber sur quelqu'un qu'il ne faudrait pas. Là-bas ou même ailleurs. … Puisque ça a déjà été le cas.

- Il faut que je me comporte correctement.
- Eh oui !

Je soupire. Je viens de raconter, d'avouer tout ça à Jûgo. Nous sommes assis dans une des chambre à faire et ma tête est sur son épaule gauche. Je suis assis à côté de lui au bord du lit. Je soupire à nouveau et tourne ma tête. Mon front se retrouve sur son épaule. Il ne bouge pas. Je bougonne un peu.

- Je vais aller nager, du coup.
- Ben oui. Et me laisser le service à courir partout.

Je pouffe de rire en l'entendant et me redresse. Il sourit en tournant son visage vers le mien. Il déclare d'une voix calme et douce.

- Il faut qu'on fasse la chambre, Kankurô.

J'acquiesce en émettant un son d'accord et me lève.

A midi, à ma pause juste avant le service du déjeuner, je réalise ne toujours pas avoir regardé le texto que j'ai reçu plus tôt ce matin. Je vérifie donc. Il s'agit de Temari.

# Papa a vu l'article avec Jûgo et m'a posé des questions sur ces réunions dont ils parlent dedans. Il risque de t'appeler. #

Je ferme mes paupières en soupirant. Il ne manquait plus que ça.
Bon. Ce n'est pas grave. Ce n'est même rien. Il me demandera, je lui expliquerai et voilà tout. Il ne me cherche pas d'ennui du moment qu'il sait les choses. J'envoie un simple « Ok. Merci » à Temari, et vais me préparer au déjeuner.

Je vais manquer de bousculer Jûgo dans la salle de restauration à midi. Quelque chose va me faire étrange. Il va avoir le réflexe de m'éviter. Il va me faire un grand sourire en levant ses bras mains occupées à tenir des assiettes le tout en me tournant autour comme une petite valse. Il s'en est amusé en prononçant un « Pardon ! » alors que c'était moi qui lui fonçais dessus.

Dans l'après-midi, plutôt que de me dire devoir attendre un appel de mon père, je lui ai envoyé un texto pour lui expliquer avoir été emmené à une réunion d'anonymes par un ami qui avait alors peur de s'excuser clairement. Mais que je ne participe pas à ces choses-là. J'ai ajouté ne pas avoir énormément de temps pour des appels étant donné mes entraînements s'étant multipliés. Je me dis que mettre ces mots facilitera l'acceptation du reste et le retiendra de m'appeler.

Je retourne donc à la piscine en début de soirée sur les heures basiques de dîner. Et je constate que cela n'empêche en rien les gens de venir en nombre. Je soupire en voyant le vestiaire homme bondé mais je m'y attendais déjà en voyant le parking plein et plus encore une fois entré dans le bâtiment en entendant les cris et voix résonnant depuis le côté bassin. Je croise quand même des personnes qui s'en vont. Heureusement. Je les salue poliment quand elles le font. Après tout, c'est une politesse comme dire tout bêtement bonjour ! Je passe côté bassin et plonge rapidement. Je fais quelques longueurs au crawl en me disant que, malgré le monde, il serait bon de me mettre à ma propre nage. Seulement, cela me gêne un peu même s'il faudrait que je m'y fasse. Je me fais toujours regarder un temps et souvent un certain temps par les plus petits. Et, là, il y en a pas mal.
J'arrive au bout d'une longueur.

- Salut !

Je manque un sursaut et tourne mon visage. Une fille, jeune femme d'environ mon âge, est à côté de moi et me sourit. J'acquiesce pour la saluer sans rien dire. Elle demande.

- Tu es Sabaku no Kankurô, non ?

Je prononce un petit « oui » en la regardant de la tête au… ben à la poitrine. Elle est brune, de grands yeux marrons, souriante. Commune. Elle reprend.

- Je m'appelle Tenten. Je suis un peu ta carrière. C'est trop bête, votre défaite ! Mais qu'est-ce que tu fais ici ? Tu t'aères un peu ?

Je n'aime pas ces questions.

- J'ai rien à dire.

A peine mes mots prononcés, je prends l'échelle et sors du bassin. Seulement, elle me poursuit en haussant un peu la voix de façon paniquée.

- Oh pardon ! Je ne voulais pas être indiscrète ! Je… Excuse-moi !

Je m'arrête avant de replonger et me tourne vers elle qui continue.

- Un ami m'a dit qu'on t'avait vu ici mais je n'y croyais pas puisque je viens beaucoup nager et que je ne t'ai jamais croisé. Alors ben…

Elle hausse une épaule en souriant de nouveau. Elle demande encore après un instant.

- Tu fais pas ton papillon ? Tu t'échauffes avec d'autres nages ? Ça fonctionne comment ?

Je fronce un sourcil et hausse le second. Je le fais d'ailleurs à peine qu'elle me dit tout de suite qu'il faut lui dire si elle pose trop de questions.


- J'ai rencontré une fille, ce soir.
- Une fille ?

Je souris et lève mes mains au-dessus de mon assiette au niveau de mon torse. Nous sommes, Jûgo et moi, en train de dîner dans notre appartement. Il m'a attendu pour manger et nous le faisons en toute fin de soirée avant de nous coucher. Je réponds en gigotant mes doigts.

- Un être avec des seins développés. Enfin la plupart du temps. Et à la peau douce et lisse. La plupart du temps aussi. Qui a
- Oui. Je sais à quoi ça ressemble.

Il retient un soupir agacé qui m'interpelle.

- Jûgo ? Qu'est-ce qui ne va pas ?
- Je croyais que tu devais faire attention à savoir qui te parle ?
- Oui. C'est une fille qui suit l'équipe depuis un petit moment. Elle m'a même parlé des articles, en fait. Elle nous a défendus Kiba et moi.

Je souris en le disant. Lui non mais je décide de ne pas y prêter attention. Je lui demande.

- Tu voudrais venir avec moi à la piscine, demain soir après le service ? Je te la présenterai !

Il s'étonne muettement. Il me regarde, incrédule. Il doit se demander pourquoi je lui propose. Je rajoute même.

- Je t'emmène sur ma moto, si tu veux !

Ses yeux s'ouvrent encore plus grand et un sourire bouche ouverte naît sur son visage. Je souris aussi. Je savais parfaitement qu'il allait accepter. Il gigote de contentement en poussant de petits gloussements heureux. Ça m'amuse de le voir comme ça. Il m'interroge ensuite.

- Je pourrai, moi, te présenter un de mes amis ?

Je reste un peu dubitatif à le dévisager. Je cligne doucement des paupières et demande.

- T'as des amis ?

Je sais. C'est plus que hyper maladroit. Mais c'est sorti tout seul !
Sa tête a eu un mouvement de recul en m'entendant. Il pose sa fourchette à côté de son assiette et fronce ses sourcils en me répondant.

- Evidemment ! Qu'est-ce que tu crois ?
- Je te vois jamais avec personne et ne t'entends parler de personne.
- Tu ne m'écouterais pas ! Tu te plains à longueur de temps sur ton sort de pauvre nageur entraîné par un mythe et attirant toutes personnes dont il aurait envie !

Il se lève et va s'enfermer dans la salle de bain. Je soupire, l'appelle et m'excuse mais il ne répond pas. Je soupire à nouveau et décide de laisser passer un peu de temps. Je finis de manger en regardant l'assiette de Jûgo. Elle va refroidir. Je regarde la porte de la salle de bain, et retente.

- Jûgo ! Ton assiette ! Ça va être froid ! Je m'excuse ! Bien sûr que t'as des tas de potes !
- Je t'écoute pas !

Bien sûr que si, puisque tu réponds…
Mais je ne dis rien. Je dessers nos couverts, range et vais devant la porte de la salle de bain. Je frappe et parle tout doucement.

- Jûgo… Sors de là. Je veux bien que tu me présentes ton ami. Celui que tu veux, où tu veux et quand tu veux ! Mais sors de là et excuse-moi. S'il te plaît.

Le verrou se fait entendre. Je m'en étonne.
C'aurait été si facile ?
Jûgo sort, souriant. Il prononce un « D'accord ! » enjoué et satisfait, et déclare avoir faim.
Je le regarde aller se retrouver à manger dans notre petit réfrigérateur. Je ne bouge pas. Jûgo se prend un sandwich, se tourne vers moi et reprend la parole.

- Demain, après la piscine, on va au café de la dernière fois. Sur ta moto. Et je te le présenterai.
- … D'a… -ccord…

Je suis… étonné.
Incertain ?
Il avait préparé son coup ou quoi ? C'était vraiment trop facile.
Je me tourne vers lui en restant là où je suis. Je m'apprête à lui demander si son ami est sûr, à quoi il ressemble, où et comment il l'a connu, mais je décide de lui faire confiance. Je lui souhaite bon appétit et passe dans la salle de bain.

En allant me coucher, j'ai réalisé que Kiba ne m'a pas répondu. Ça m'a donné mal au ventre et au cœur. Ma gorge s'est serrée. Je me suis tourné vers le mur et caché sous les draps. C'est idiot, je sais. Mais c'est comme ça.

A suivre !
Nanarusasu.

Dans le prochain chapitre :
« Jûgo revient. Je l'interroge.

- C'est un café gay ?
- Ben oui !
- Pourquoi tu me l'as pas dit ? J'ai rien à faire ici ! »

Merci pour la review ! J'espère que ce chapitre aura plu. A dans quinze jours si tout va bien !