Fikeuse / auteur(e) : Nanarusasu

Genre : UA, OOC, Yaoi, Lemon, POV Kankurô, romance, angst,

Couples (ou relation plus ou moins sérieuses sans lendemain.(ça va d'un simple baiser à un gros lemon.). ): KankurôHinata, ShikamaruKiba, ShikaIno, KankurôKiba, NaruSasu, GaaNaru, TsunadeJiraya.

Disclamair : Les personnages ne sont pas à moi.

Baleines ou dauphins ? 08.

- T'a pris un maillot ? T'as tout ce qu'il faut ?

Je suis en train de regarder Jûgo et son sac. Je réalise qu'on va se retrouver côte à côte dans les vestiaires de la piscine. Nus. Bon… Ce ne sera pas le premier gay à côté duquel je… Mais… Non. C'est vrai que ce ne sera pas non plus le premier intéressé par ma personne.
Il me sort de mes pensées en répondant.

- J'ai tout ! Le maillot est déjà enfilé, et j'ai prévu de quoi me changer après dans leurs toilettes.

J'écarquille les yeux sans bouger. Je le dévisage. Il demande juste « Quoi ? » très timidement en gigotant un peu. Ses joues ont légèrement rosi. Il ajoute en détournant les yeux et parlant de façon boudeuse.

- J'ai aucune envie d'être maté sous toutes les coutures…

Je m'esclaffe sans pouvoir faire autrement. Il me dévisage avant de m'assassiner du regard et de me dire d'arrêter de rire. Rire qui redouble à le voir taper du pied comme une petite fillette de six ans à qui on a piqué son chocolat à la fraise. Je déclare.

- Tu veux pas être mâté ? Mais enfin Jûgo t'es une montagne de muscles ! T'es taillé en V ! T'es un super-héros ! Tout le monde va te regarder !
- J'te parle des vestiaires ! Je sais bien qu'on va me regarder une fois côté bassins. Mais… ben…

Il déglutit et hausse une épaule. Il baisse la tête en joignant ses mains pour jouer nerveusement avec ses ongles. Je l'interroge.

- T'en as une petite ?

Il écarquille les yeux et me répète son « Quoi ? » mais de façon cette fois bien plus choquée voir outrée que je puisse le penser. Je souris et lui dis qu'il fait comme il veut puis termine en lui disant de me suivre. Nous fermons notre appartement, et approchons de ma moto. Jûgo ralentit à quelques pas. Il demande en l'observant.

- Je risque rien, à monter dessus ? Elle… Elle va tenir ? T'es sûr ?

Je fronce mes sourcils, vexé.

- Bien sûr qu'elle va tenir, c'est pas une mob' ! C'est une moto ! Monte !

Il s'approche, lève ses mains en ayant l'air de se demander comment faire et dans quel sens y aller. Je m'amuse.

- T'es jamais monté sur une moto ? Et celle du Crapaud ?
- J'oserai même pas demander ! C… je… J'y vais avant toi ? Après ? Je peux m'accrocher à toi ?

Je ricane doucement sans me faire entendre et lui indique la façon de faire. Il est crispé. Je me retiens de lui demander de se détendre sinon, je le sais parfaitement, il se crispera encore plus. Je fais donc avec.

Nous arrivons rapidement à la piscine. Jûgo descend de la moto en manquant de tomber une fois les deux pieds à terre. Il pousse un « Ouah… ! » épaté, et sourit. Je fais de même en le voyant se remettre des quelques minutes de route.

- Alors ? Heureux ?
- On remet ça quand tu veux !

Nous nous mettons à rire gentiment et prenons la direction de l'entrée de la piscine. Je paie l'entrée à Jûgo. Il a prévu de m'offrir boisson et collation au café tout à l'heure.
Nous nous rendons au vestiaire. Je sens mon ventre se nouer peu à peu de plus en plus. Ça lui arrive, à Jûgo, de me voir me changer. Mais quand c'est le cas ce n'est pas en totalité. Quand je dois me mettre nu je vais dans la salle de bain. Et lui aussi fait de même.

J'ai des mouvements lents à souhait en regardant Jûgo en coin. Lui ne me regarde pas et je l'en remercie. Mais peut-être qu'il s'attend à ce que je sois sur le qui-vive alors il…
Je m'immobilise soudain en manquant de tomber. Jûgo me rattrape à deux bras et me soulève même un peu.

- Kankurô !

Je me rattrape à ses épaules mais m'écarte rapidement en le regardant de la tête aux pieds. Puis je m'approche en chuchotant de façon énervée mais retenue.

- Qu'est-ce que tu fous dans cet accoutrement ?

Il se regarde, me regarde, se regarde et m'interroge.

- Ben quoi ? J'suis en combi !
- Mais ils acceptent pas ça dans les piscines !
- Moi si.

Je reste un peu sans voix. Il frappe gentiment mon épaule et me dit passer devant en me faisant un clin d'œil tout en me déclarant que je serai plus détendu. Il sort. Je suis abasourdi. Il nage en combinaison intégrale ? Bon, il n'y a pas la tête mais… Des chevilles jusqu'au cou ? J'entends des rires autour de moi. Je sors de mes pensées et reprends mes actions normales. Je me change.

Ca va faire chouette, deux mecs l'un en combi intégrale et l'autre en slip de bain avec lunettes et bonnet… !
On va dire que Tenten fera l'entre-deux avec son maillot une pièce si elle porte le même qu'hier. Je la revoie dans sa tenue. Elle était mignonne. Je passe coté bassin et ne cherche pas longtemps pour apercevoir Jûgo, debout, regarder un tout petit garçon lui arriver à peine au-dessus du genou et lui parlant l'index posé sur le menton. Je souris de façon attendrie. C'est bien ce que je disais. J'en suis sûr, le tout petit le prend pour un super-héros.

- C'est l'autre garçon de la photo, non ? Sur le dernier article paru.

Je sursaute légèrement. Tenten est à côté de moi. C'est elle qui vient de m'interroger. Elle regarde Jûgo. Elle me jette un coup d'œil et réalise un petit coup de tête vers le sujet de sa question. Je souris doucement et hoche la tête pour réponse avant d'ajouter quelques mots.

- Je suis venu avec lui pour te présenter.

Elle s'étonne et me dévisage. Je perds automatiquement mon sourire en réalisant qu'elle peut s'imaginer tout et n'importe quoi, et lève tout de suite mes deux mains en m'écartant un peu.

- Oh je… ! N… Non ! C'est pas… Enfin je…

Je suis en train de gigoter mes deux mains en paniquant. Elle, elle sourit. Elle déclare de façon amusée.

- T'inquiète pas.

Elle me lance un clin d'œil en se penchant un peu vers moi et me dit d'une voix basse et enjouée « J'ai compris ! ». Elle me laisse ensuite là comme un idiot et va voir Jûgo maintenant entouré de trois enfants. Je la regarde y aller et commencer à leur parler à tous les quatre.
Elle a compris quoi, au juste ? Elle aurait pas pu me le dire ? C'aurait été assez sympa !
J'inspire doucement mais surtout profondément, et me décide à les rejoindre. J'entends les petits se disputer à savoir si Jûgo sauve les baleines ou les dauphins, et Tenten leur demander jusqu'où, à leur avis, il peut aller en profondeur avec sa super combinaison. J'en entends un dire « Mais il a pas de tuba ! » qui m'amuse. Jûgo me sourit en me voyant approcher. Je prends la parole en les montrant Tenten et lui tour à tour.

- Vous avez fait connaissance, on dirait !

Jûgo acquiesce en regardant Tenten et prend la parole.

- On va même le faire un peu mieux pendant tes longueurs d'entraînement !

Il interroge Tenten du regard. Elle accepte d'un large et vif « oui » de tête heureux à l'idée. Un des enfants entourant Jûgo demande.

- Tu vas plonger ?

Jûgo répond.

- Ben la piscine c'est pour aller dans l'eau, non ?

Je les laisse à leurs discussions et occupations, et vais m'entraîner durant deux heures.

Je pensais qu'ils allaient vouloir venir me tirer de mes longueurs, s'ennuyer l'un avec l'autre, mais en fait ils se sont parfaitement entendus. Du moins ça en a eu l'air. Je les regardais de temps en temps en sortant de l'eau pour plonger ou quand je faisais une pause qu'il n'aurait pas vraiment fallu en bout de longueur. Tout allait très bien. Jûgo était à l'aise avec elle et inversement. Je ne vais pas me dire jaloux ou envieux mais… J'aurai bien aimé avoir un temps pour être avec eux, moi aussi. Plus que ces trente secondes au bord de la piscine en arrivant.

Au bout de deux heures, je sors de la piscine, cherche un peu et trouve rapidement Jûgo. Il est assis au bord du petit bassin. La partie peu profonde où se trouve la plupart des enfants en bas-âge. Je le rejoins, m'assieds à côté de lui et demande.

- Tenten ?
- Commodités.
- Ça va ?
- Je commence à fatiguer un peu.
- Moi aussi.

Pas vraiment mais je lui accorde l'idée de partir maintenant. J'ai fait mes deux heures et je sais qu'il a hâte de me présenter son propre ami.
Un petit garçon l'interpelle soudain et lui demande de le regarder. Il plonge en faisant la bombe, remonte et demande sa note. Jûgo sourit et lui dit de sa belle voix grave qu'il pourrait avoir un vingt sur vingt en s'entraînant encore un peu. Je m'étonne.

- Tu le lui donnes pas ?
- Il faut apprendre aux enfants que les choses ne s'acquièrent pas toutes seules. On n'a rien sans rien.

Je reste un peu interdit à le regarder et, finalement, lui dis être d'accord et le trouver très censé de faire comme ça.

- C'est gentil.

Tenten revient vers nous alors que je me laisse glisser dans le bassin et que Jûgo se lève pendant qu'une petite fille me montre du doigt en m'interrogeant.

- Pourquoi t'as plus tes peintures magiques ?

Jûgo tique et nous jette un coup d'œil rapide mais je ne le vois pas. Moi, je souris, amusé qu'une petite sache ça. Je réponds.

- Je ne les ai que pendant mes compétitions.
- Mon papa, il m'a dit que tu les avais pas la dernière fois. Que c'est pour ça que t'as perdu !

Je hausse mes sourcils en réalisant. Elle me demande en le voyant.

- Tu savais pas ?
- … Non… Je ne m'en étais pas rendu compte.

A vrai dire, j'avais bien d'autres choses en tête.
Elle reprend.

- Il faut faire attention quand on se maquille. Ma maman le dit tout le temps !

Je souris et confirme. Elle me tend son petit doigt et me fait promettre de faire attention lors de ma prochaine course. Je prends son petit doigt du mien et promets. Je la laisse retourner à ses amis puis lève mes jambes et tourne sur place vers le bord de la piscine où sont Jûgo et Tenten qui me regardent. Je les interroge muettement. Tenten me questionne.

- Vous allez au Café Pastel du centre ?

Je m'étonne en entendant le nom, souris et acquiesce. Alors c'est ça, le nom de ce café ? J'y aurais fait attention, ça ne m'aurait pas étonné. Elle poursuit.

- Je peux venir aussi ? Un ami à moi travaille là-bas.

J'ai le ventre de travers, là, à entendre cette information. Je retiens une grimace en jetant un coup d'œil à Jûgo et réponds que nous y allons en moto. Un silence entre nous trois s'ensuit l'espace d'un instant. Jûgo a l'air autant déçu que Tenten et semble chercher une solution en regardant autour de nous. Ses lèvres se mâchouillent et jouent un peu l'une avec l'autre. Il aurait vraiment envie qu'elle vienne ?
Je propose.

- On peut y aller en bus tous les trois et, après, Jûgo et moi on revient ici pour la moto et on rentre à l'hôtel avec. Enfin si tu veux, Jûgo.
- Oui !

Il est tout à fait d'accord. Je… devrais me méfier, ou pas, là ? Ca fait louche. Il y a un truc. Ils se sont si bien entendus que ça en si peu de temps ? Je les observe, interdit. Je préfère demander d'avance même si je me doute que la réponse sera la même quoiqu'il se passe.

- Vous ne me préparez rien, hein ? Y'a pas anguille sous roche ?

Jûgo me dit que non, étonné que je puisse demander. Tenten, elle, réalise un mouvement négatif de tête avant de sourire un peu en se mettant sur la pointe des pieds, mains jointent dans le bas de son dos et poitrine bombée. Puis elle plonge en biais pour atterrir tête dans le bassin moyen. Jûgo me dit aller commencer à se sécher. Je le laisse faire en l'observant s'éloigner.
Je vais rencontrer un de ses amis. … Dans un café s'appelant le « Café Pastel ». … Il porte bien son nom. Je n'y avais même pas encore fait attention.
Alors Tenten aussi le fréquenterait ? Du moins elle connaît quelqu'un qui y travaille. Ce serait l'ami de Jûgo ? Je réalise en me le demandant, je suis en train de refaire une longueur. J'aperçois Tenten toujours dans l'eau. Je vais l'arrêter et la prévenir du départ de Jûgo, et lui demander dans l'élan.

- Et cet ami… euh… qui travaille, là, au café. Jûgo le connaît ?

Elle sourit sans répondre autre chose qu'un petit rire et un clin d'œil. Elle me contourne d'une brasse et me dit aller se changer pour partir. Je la laisse faire et y vais moi aussi. C'est quoi, au juste, ses clins d'œil, là ? Ils commencent à m'agacer un peu, je dois dire.
En arrivant dans le vestiaire homme, je constate les affaires de Jûgo absentes. Je souris de façon amusée en l'imaginant bougeant comme il peut, faisant de son mieux pour ne pas se cogner partout dans un des cabinets de toilette de l'établissement. Je pouffe même de rire en y pensant.
Cet idiot…

Quelques minutes, et je retrouve Jûgo dans l'entrée du bâtiment. Tenten n'est pas encore là. Jûgo me fait un petit signe de main accompagné d'un sourire. Je souris simplement à mon tour et constate bêtement. Ou demande, je ne sais pas trop mais les mots viennent.

- T'es pudique, en fait.

Il rougit, je crois. Je continue en penchant un peu la tête.

- Tu ne l'es pourtant pas, à l'appart' ! Enfin pas à ce point.
- Les garçons !

Tenten nous interrompt. Elle s'excuse pour l'attente et nous dit être toute à nous. Jûgo s'en amuse.

- Merci mais non merci !

Elle rit. Je souris juste. Nous sortons et allons prendre le bus.

Je vais rester un peu plus silencieux que je ne le suis habituellement. Je regarde la ville défiler et écoute Tenten et Jûgo parler du petit Konohamaru à la piscine. Ce devait être un des petits garçons qui jouait avec eux et surtout avec Jûgo. Je vais juste sourire et m'amuser un peu par-ci par-là avec eux.

Nous arrivons vite. Je me sens tendu. Ce café… C'est là où la photo du dernier article sur moi a été faite. Mais, surtout, je vais rencontrer un des amis de Jûgo. Il va… être aussi… dans les « aigus », lui ? J'aimerai me dire que je vais peut-être ou pourrai avoir le soutien de Tenten mais puisqu'elle a aussi un ami qui travaille sur place et vu à quel point elle s'est si bien et si soudainement bien entendue avec Jûgo lui-même, .. ce n'est pas une petite ou large féminité chez un homme qui va la déranger…
Nous entrons et allons nous installer à une table en fond de salle dans un petit renfoncement derrière une énorme plante à grandes feuilles. Jûgo me voit l'observer en passant à côté et déclare.

- C'est un philo. Un monstera.
- Un monstre ?
- Un « monstera ». C'est son nom. Elle est belle, hein ?
- Oui.

Il me dit que c'est lui qui l'a conseillée. Je la regarde en lui disant qu'il a bon goût.

- Les garçons ! Vous venez ? Je vais pas rester toute seule, tout de même !

Jûgo déclare allez prévenir que nous sommes là tout en passant commande. Il nous offre nos cafés à tous les deux. Je lui montre Tenten du pouce en m'étonnant mais j'apprends qu'elle lui a déjà dit ce qu'elle veut. Je le laisse donc et rejoins Tenten. Elle est assise dans le coin. Je m'installe à côté d'elle, à sa droite. L'allée est à la mienne. Je pose mes mains sur la table, inspire à fond et soupire avant de me racler la gorge. Elle sourit en m'interrogeant.

- Angoissé ?
- Je me demande à quoi m'attendre depuis que Jûgo m'a dit vouloir me présenter un de ses amis. … Surtout ici !

Je souris maladroitement. Je m'en veux de dire ça mais je n'y peux rien.

- Et le mien ? Il te fait pas peur ?

Je m'étonne. Elle insiste en montrant le lieu.

- C'est un café gay, après tout !

J'ouvre la bouche, hébété. Je regarde autour de moi.
C'est… C'est un café gay ?
Alors… c'est pour ça, ces couleurs et… Mais… Quand Kiba me parlait des boîtes qui lui est arrivé de fréquenter, c'était loin d'être comme ça… !
Tenten reprend.

- Tu savais pas ?
- … non…

Jûgo revient. Je l'interroge.

- C'est un café gay ?

Il s'étonne de la question.

- Ben oui !
- Pourquoi tu me l'as pas dit ? J'ai rien à faire ici !

Je suis prêt à me lever, paniqué, quand j'entends un hurlement heureux qui ne ressemble à rien. Je me fige sur place. Un garçon de mon âge s'approche en trottinant jusqu'à notre table. Il hurle d'un voix suraiguë un « Il est là ! » en insistant sur… ben en fait je ne saurais même pas dire sur quel mot c'est fait tellement c'est fait ! Je dis de Jûgo mais, là, c'est autre chose ! C'est lui, son ami ? Il est petit, plus que moi, les cheveux en bataille avec des épis en l'air des deux côtés, joufflu, énorme, … Bref, tout l'opposé de Jûgo. Il nous dit bonjour en allongeant la prononciation du « our ». Il attrape mes joues et me force pour me faire la bise comme avait fait Jûgo quand j'avais accepté le travail à l'hôtel. J'ai mal au cœur en le voyant faire la bise à Jûgo aussi. Je ne veux plus jamais rencontrer le moindre ami qu'il veuille me présenter. Il est précieux, maniéré, rit d'un rien, il… Je ne veux pas qu'il m'approche. Je regarde Jûgo en face de moi. Je fais de mon mieux pour paraître poli mais à vrai dire je ne fais attention à rien. Je ne sais même pas comment sont arrivés les cafés devant nous. Et je n'ai pas envie de manger le moindre petit gâteau servi avec. Je sursaute brusquement en sentant une petite tape sur mon épaule droite. C'est lui. Chouji, si j'ai bien compris et retenu. Je le regarde, l'interroge muettement, et le vois balancer de l'air entre lui et moi de ses deux mains. Il veut que je me bouge ?

- Allez beau gosse ! Pousse-toi !
- Qu… Hein ?
- Il veut un câlin, Kankurô.

Je fais volte-face. C'est Tenten qui vient de me parler. J'ai du mal à comprendre. J'adresse un coup d'œil à Jûgo en commençant à me lever. Chouji me pousse quasiment pour me faire aller plus vite et se jette sur la chaise où je me trouvais pour tendre ses bras potelés vers Tenten en lui gémissant qu'elle ne vient vraiment pas assez souvent et qu'elle lui manque. Je reste debout comme un idiot à coté de la table à les regarder.
C'est l'ami de Tenten ?
J'interroge Jûgo.

- Tu ne le connais pas, toi ?

Il réalise d'abord un mouvement négatif de tête, et murmure ensuite tout bas en se penchant vers moi pour ne pas se faire entendre.

- De visu seulement. Jamais bavardé avec. Il m'intimide trop.
- Et… ton ami à toi, alors ?
- Il travaille aussi ici mais il arrivera plus tard. Du moins c'est ce qu'il m'a dit.

Je redirige doucement mon regard vers Tenten et Chouji. J'ai mal au ventre et me sens coupable d'avoir stigmatisé Jûgo. J'ai tout de suite pensé que… que ce type était son ami parce-que… ben… il est comme… comme il est.
Jûgo se décale. Je m'assieds à côté de lui et récupère mon café sans vraiment réussir à quitter notre nouvelle connaissance des yeux.

- Excuse-moi, Jûgo. J'ai tout de suite cru que c'était lui, ton ami.
- Y'a pas de mal. J'avais deviné. Et ça aurait très bien pu.

Chouji se tourne finalement vers nous et demande.

- Et donc en plus de ses deux beaux gosses, un troisième va arriver ?

Jûgo acquiesce. Chouji joint ses mains sur la table, nous regarde et nous ordonne de l'appeler automatiquement dès l'apparition du troisième beau gosse. Qu'il fera office de quatrième.
Je prends mon café pour ne pas avoir de réaction mal venue sur mon visage. … On ne peut pas dire que ce soit un beau gosse, après tout. Jûgo oui, sans problème ! Moi, je ne vais pas dire que non, mais lui… Et puis il devrait le connaître, l'autre, si lui bosse aussi ici !
Il s'est levé en le disant, sûrement pour aller reprendre son service. Tenten l'interroge de façon amusée avant qu'il ne s'éloigne trop.

- Tu ne crois pas qu'on sera déjà assez ?
- Plus y'a d'fous, plus y'a d'trous !

Je manque de recracher le café que je buvais à petites gorgées en l'entendant. Jûgo, lui, tousse brusquement en manquant de s'étrangler avec ce qu'il mangeait. Tenten se met à rire. Je relève la tête pour la dévisager et me tourne mais Chouji est déjà parti et les feuilles du monstera cache l'allée derrière nous en plus du renfoncement. Jûgo s'amuse des rires de Tenten en disant que c'est pas net mais il n'a pas l'air plus choqué que ça.
Moi ? Je ne peux pas. Non. Vraiment pas. Je me lève. Tenten rit vraiment à gorge déployée et n'arrive pas à se reprendre. Je quitte ma chaise et la range. Jûgo prononce doucement mon prénom de façon interrogative. Je les regarde Tenten et lui tour à tour et parle le plus calmement possible mais je suis choqué.

- Non. Je peux pas, là. Je suis désolé, Jûgo. J'étais venu pour toi à la base mais je… Je suis vraiment désolé. Je m'en vais maintenant.

En plus, Tenten n'arrive même pas à se reprendre. On dirait même que c'est à peine si elle essaie. Je rajoute en l'observant.

- C'est malsain.

Elle essuie ses yeux en calmant un peu son rire mais je pars quand même. Jûgo m'appelle, s'excuse à Tenten et me poursuit jusque dans la rue avec son sac d'affaires.

- Kankurô ! Attends-moi ! T'en vas pas comme ça !

Je m'arrête sans me retourner. Jûgo arrive à ma hauteur. Il s'excuse d'avoir un peu souri. Je n'en dis rien et reprends mes pas. Il suit. Nous reprenons le bus jusqu'à la piscine puis ma moto jusqu'à l'hôtel. Jûgo a eu l'air un peu plus détendu, dessus. Ou alors c'est moi qui ai été moins crispé avec ses bras autour de ma taille.

A peine un quart d'heure après être arrivés à l'hôtel, j'ai demandé à Jûgo de demander pardon à son ami pour le lapin qu'on lui a posé. Il m'a dit que ce n'était rien, qu'en fait l'ami en question avait annulé aussi mais qu'il n'avait pas encore trouvé comment me le dire. J'ai juste hoché la tête et continué de ranger mes affaires.
J'ai faim. Je demande après avoir vu le vide que le réfrigérateur contient.

- Tu crois qu'on peut aller prendre un truc consistant dans les cuisines ?
- Si tu le signales ensuite, oui. Tu mets un mot. Tu fais attention à ce que tu prends.

Je soupire. C'est trop compliqué. Je regarde dans les placards. Je réfléchis et propose de nous faire livrer mais, là, Jûgo me dit que ce serait signer mon arrêt de mort. Qu'il vaut mieux ressortir et revenir une fois quelque chose acheté rapidement.
… Je n'ai vraiment pas aimé cette soirée…
Jûgo déclare aller nous chercher quelque chose dans les cuisines. Il sait quoi prendre, il a l'habitude.
Il revient peu de temps après. Je nous ai mis la table pour le remercier. Il s'étonne.

- Ah ? Je mange avec toi ?
- Tu veux pas ?

Il s'amuse de ma question et me dit que si. Il nous sert et s'installe face à moi. A peine commençons nous à manger que j'entends mon portable sonner. Un appel, puis un texto. Je le laisse. Je ne veux rien savoir, rien entendre, rien dire. Jûgo m'observe du coin de l'œil mais ne dit rien. Du moins juste quelques instants.
Il m'interroge finalement.

- Tu t'en veux d'être parti en laissant Tenten au café ?

Je fais un mouvement négatif de tête baissée sur mon assiette. Il continue.

- Tu es encore choqué du petit dicton détourné ? Tu t'en veux de l'être à ce point ?

Je hausse une épaule. Toujours sans le regarder. Il insiste à me questionner.

- T'es fatigué ?
- … un peu, sûrement.
- Merci pour le tour à moto.
- De rien. Ca faisait longtemps que je n'avais pas eu de passager.
- Ah oui ? C'était qui, le dernier ?
- Hinata. Mon ex.

Il hoquète. Je le regarde en prenant une fourchetée. Il reste à m'observer yeux et bouche ouverts. Je baisse la tête en ajoutant.

- … ou Kiba.

L'ambiance se fait plus lourde. Je soupire plus ou moins discrètement. Ma gorge se serre. Je lâche ma fourchette et glisse mes mains dans mes cheveux une fois mes coudes posés de chaque côtés de mon assiette. Je déclare.

- J'ai passé une soirée… affreuse.
- … Dis pas ça ! Pense que tu t'es bien entraîné ! Et puis cette petite, à la piscine ! Elle

Je l'interromps.

- J'ai pas arrêté de te regarder, Jûgo !

A suivre !
Nanarusasu.

Dans le prochain chapitre :
« - (…)T'as pensé à moi toute la soirée et tu crois vraiment que ça veut dire ça ? »

Et merci à Sehaltiel pour m'avoir si joliment fait connaître ce beau « Plus y'a de fous, plus y'a de trous » si souvent balancé par son petit frère ! XD C'est affreux ! ^^'