Fikeuse (auteure) : Nanarusasu

Genre : UA, OOC, Yaoi, Lemon, POV Kankurô, romance, angst,

Couples ou relation plus ou moins sérieuses sans lendemain.(ça va d'un simple baiser à un gros lemon.). : KankurôHinata, ShikamaruKiba, ShikaIno, KankurôKiba, JûgoKankurô. NaruSasu, GaaNaru, TsunadeJiraya.

Disclamair : Les personnages ne sont pas à moi.

Baleines ou dauphins ? 11.

J'inspire profondément, attrape violemment et très rapidement l'oreiller qui cache l'entrejambe de Jûgo pour qu'il ne m'en empêche pas, et le fais voler de l'autre côté de la pièce. Jûgo tend le bras pour le rattraper mais bien trop tard. Il se jette sur le drap mais je me lève pour le récupérer et le rassembler autant que possible par terre au pied du lit.

- K… Kankurô ! Arrête ! J'suis à poil !
- Oui. C'est le but. Et tu es magnifique. T'as pas de mal, torse nu ! Tu peux faire plus. Mets-toi debout.
- Non ! Et bien sûr que si j'ai du mal torse nu aussi !

Il se resserre sur lui-même en se mettant dos et même de profil contre le mur et jambes repliées contre son torse. Sa respiration est rapide. C'est pas qu'il n'est pas à l'aise. C'est plus que ça.

- Bon. Jûgo.

Je vais chercher l'oreiller, le balance par terre au sol juste face à où se trouve Jûgo et m'y installe à genoux en posant mes avant-bras sur le matelas. Jûgo les voit et tente de reculer encore. Je m'étonne et demande.

- Tu crois que je vais te faire du mal ?
- Non. Mais tu m'obliges à rester à poil.
- Si on doit coucher ensemble, ce serait peut-être pratique.

Il me regarde sourcils froncés et rétorque.

- On peut le faire moi pantalon un peu baissé.
- Si tu veux une relation durable, j'ai pas envie de m'habituer à ça.

Et de nouveau, il trouve quoi répondre.

- Avec le temps je pourrai me détendre plus facilement plus vite sans condition.

Je pose doucement mes mains sur ses pieds sans rien dire et caresse un peu ses chevilles. Je fais un mouvement de tête dans leur direction.

- Ce que tu m'as fait, hier. On te l'a déjà fait, à toi ?
- Non.
- Je peux… tenter ?

Je souris. Il déclare mauvaisement.

- Tu veux faire ça parce que tu es curieux. Tu veux tenter histoire de. Pour voir.
- J'ai honte de n'avoir pensé qu'à moi. Entre hier soir et juste là, il n'y a que moi qui aie pris mon pied. Même si ça n'a pas été jusqu'au bout. Alors je peux quand même essayer de te faire du bien, non ? Et puis, toi, ça te permettrait de te laisser être vu sans te mettre complètement étendu ou quelque chose comme ça. Tu restes assis, là.

Un blanc s'installe l'espace d'un instant. Jûgo hésite. Ses orteils bougent un peu, puis ses pieds glissent doucement. Il se tourne et avance son bassin, fait passer ses pieds puis ses mollets sur le bord du matelas puis de chaque côté de moi qui me rapproche un peu.
Je me racle la gorge en voyant son… pénis.
Ben oui. C'est un attribut masculin que j'ai devant moi. J'entends soudain la voix de Jûgo.

- Si tu pouvais éviter de me regarder comme ça…
- Pardon.

Je pose mes mains sur ses genoux, les fais glisser très doucement sur ses cuisses et me penche en arrivant à son entrejambe. J'essaie de me rappeler hier soir. Je touche Jûgo de mes doigts tout en embrassant sa peau entre son nombril et son entrejambe.
J'ai la gorge et la bouche assez sèches, aussi. Ca ne va rien donner de bon. Je me redresse en déclarant qu'il faut un préservatif. Jûgo m'empêche de me lever en me disant qu'il a ce qu'il faut dans son tiroir. Qu'il me l'a déjà dit tout à l'heure. Je hoche la tête et me sers.

- Oui. Merci. Pardon.

Je me retourne vers son corps. Armé. Sauf que… Je souris, impuissant. Un petit rire très bref m'échappe.

- Ouais mais il faudrait que tu bandes, aussi !
- Je sais.
- Tu veux pas…

Je fais un petit mouvement de roulement de main et poignet en terminant ma phrase.

- … commencer tout seul ?

Il me regarde l'air de demander si je me moque de lui. Je me racle la gorge, bouge un peu sur mes genoux et retourne à mon entreprise. Je cherche un peu de salive dans ma bouche. Je lève la tête et mes bras après avoir posé le préservatif sur le matelas.

- Embrasse-moi.

Il se penche alors que, dans l'élan, moi, je monte sur le lit. Je me retrouve entre ses jambes et nous nous mettons à caresser nos corps l'un l'autre. Ma jambe gauche passe par-dessus sa jambe droite. Nous nous sommes tournés d'un quart de tour.

- Jûgo. … Le préservatif.
- Je sais.

Nous rompons notre échange. Je m'écarte à peine, prends le préservatif sur le matelas et suis sur le point de le faire enfiler à Jûgo lorsque je constate qu'il en a pris un dans son tiroir et comptait aussi l'enfiler. Auquel de nous deux, je ne sais pas. Nous nous échangeons un regard. Nous sommes tous les deux excités. Je demande.

- A chacun ?

Il acquiesce et me répète de manière volontaire. Je mets le mien, il met le sien. Puis nous nous embrassons en nous touchant quelques instants. Ensuite, assez surpris par le mouvement, je me fais emporter en avant par Jûgo qui s'allonge sur le dos. Il murmure.

- Tu te retournes ?
- Hein ?

Je dois dire que je ne réfléchis plus vraiment. Il répond.

- J'te le fais et tu m'le fais ?

Il veut un 69 ?
… Bon. … A la base, je voulais lui faire quelque chose à lui, pas y trouver quelque chose pour moi. Je l'embrasse du bout des lèvres, encore une fois un peu plus avidement, puis me retourne.
J'écarquille les yeux en me retrouvant devant un mât de 45 mètres de haut et 35 de large.

Allons-y.
Je m'appuie sur mes coudes de chaque côtés de son bassin, puis finalement un seul et prends son entrejambe d'une main pour la caresser un peu. Ca me crispe mais, avec le préservatif, j'ai un peu d'appréhension sur… Le goût et la sensation une fois en bouche. Mais… Et bien je ne sais pas trop mais je me dis que ça va aller. Oui. C'est vraiment ce que je me dis. Je pose mes lèvres sur le haut de sa cuisse droite. Je sens une petite crispation. Un autre baiser au niveau de son aine. Je l'entends gémir. Ses mains sont sur mes fesses et sa bouche… ben…
Je demande rapidement de façon apeurée.

- Me mords pas, hein !
- La ferme ! Continue !

Je ricane fièrement et réembrasse son aine. Ses doigts se resserrent sur mes fesses. Son dos se cambre sous moi. Je me lance à relever le niveau. Je pose ma bouche sur son entrejambe. A la base. Puis, me rappelant hier soir, j'amène mes lèvres sur la longueur de son entrejambe. Je recule finalement ma tête en me disant que ce n'est pas pour rien qu'il y a la protection. Je me redresse un peu, prends l'entrejambe de Jûgo d'une main et l'enfile dans ma bouche avant de refermer celle-ci-dessus et d'y faire jouer ma langue.
Je ne dirai pas que je me retiens de froncer mes sourcils. En fait, ce n'est pas si horrible. Ça ne dérange même pas vraiment. Le bassin de Jûgo bouge soudain. Lui, là, il m'a complètement oublié ! Je me tourne de côté. Il suit. Je me gèle un bref instant le dos contre le mur mais m'avance vite pour blottir mon corps contre celui de Jûgo. Il enlace ma taille et recommence à embrasser mon corps tout en se crispant et gémissant de plus en plus souvent jusqu'à ce que, me sentant moi aussi perdre mes moyens, je prenne mes mains comme outil tout en déposant quelques baisers là où il faut. Jûgo finit par jouir. Moi aussi, très peu de temps après lui.

Ca y est. Je l'ai fait avec un homme.

Et je dirai bien pas de la petite dose ! J'y ai donné du mien, là !
Je demande timidement.

- T'as aimé ?
- Oui.

Je me tourne dans le lit pour être en tête à tête. Je prends en même temps le drap au pied du lit pour nous en recouvrir. Il s'étonne un peu.

- Tu comptes dormir comme ça à poil avec moi ?
- Ça t'embête ?

Il rougit sans rien dire. Je pose ma main droite sur son torse. Sur son sein gauche.

- T'es hyper musclé.
- On en a déjà parlé.
- Et on en reparlera encore.
- Tu vas rester avec moi ?
- Tu n'en as pas envie ?

Il ne dit d'abord rien, puis déclare un léger « si » pas très clair. Je lui répète alors ce que Tsunade m'a dit cet après-midi sur le fait qu'il se demande si je ne serai pas juste fatigué et curieux. Que je voudrais me servir de lui. Il baisse les yeux. Je place mes mains de chaque côté du bas de sa mâchoire et plonge mon regard dans le sien. Je l'oblige à faire de même.

- Je n'aurai pas fais ça comme ça, Jûgo. Vraiment pas.
- T'as peur des articles sur toi.
- Tu peux me démolir en deux secondes, si t'as envie.
- Tu peux me faire mettre en prison pour ça.
- Je t'aime.

Je l'ai dit.
Je hoquète en l'entendant. Jûgo aussi, d'ailleurs.
Je souris. Je ris même un peu.
J'ai retiré mes mains de son visage. Jûgo me dévisage bouche légèrement ouverte. Moi, je le regarde sans réussir à faire autrement.
Je hausse une épaule.

- Gay ou bi, je t'aime Jûgo. Je ne suis pas curieux. Je ne cherche pas l'expérience. J'ai envie d'être avec toi. C'est tout ! C'est comme ça !

Il a les larmes aux yeux. Il se mord les lèvres. Je reprends son visage. Ses joues cette fois alors qu'il essuie ses yeux en reniflant.

- Pleure pas !
- Ben oui mais tu t'entends ? C'est beau, ce que tu dis !

Je ris encore un peu. Oui, c'est beau. Je m'en rends compte.
Je l'embrasse du bout des lèvres malgré la morve qui lui coule légèrement du nez et ris un peu avec lui. Je lui chuchote une nouvelle fois l'aimer. Il acquiesce en émettant un son affirmatif. Il va essuyer son visage, se moucher et me laisser le prendre dans mes bras. Il a enlacé ma taille. Nous sommes restés nus. Nous avons retiré nos préservatifs mais les avons laissés par terre par flemme de bouger plus. J'ai caressé le haut de son dos un temps avant de m'endormir après lui. J'ai suivi de mon index, mon majeur ou mon annulaire les creux plus ou moins marqués entre ses muscles en perdant mon regard au loin dans le noir s'installant peu à peu dans la pièce au fur et à mesure que la nuit avançait. Jûgo dormait dans mes bras, les siens autour de mon corps.

Le lendemain matin, je me réveille à peu près dans la même position mais seul dans le lit. Je me regroupe sur moi-même en remontant la couverture et le drap sur moi. J'émets un bruit un peu endormi et cherche du regard au pif en appelant.

- Jûgo… ?
- Cuisine.
- Plateau… ?
- Pas déjà !

Je soupire. Il rit en m'entendant, lui. Je pousse une plainte mais ça ne lui fait que me dire que ce ne sera pas ça qui lui fera faire un plateau petit-déjeuner. J'ouvre les yeux même si je ne le vois pas d'où je suis, et demande.

- Qu'est-ce qui te ferait te décider ?
- Rien aujourd'hui, je commence dans cinq minutes.

Je m'assieds automatiquement en hurlant un « Hein ? » paniqué mais il me rappelle vite que j'ai entraînement et donc un peu plus de temps. Je me calme et me laisse retomber. Je l'entends me souhaiter bien du courage. Je fais un petit salut de main en direction de l'entrée que j'entends être ouverte, et discerne rapidement le bruit de la fermeture puis du verrou.
Jûgo n'est pas venu m'embrasser. Ni rien. … J'en ai trop fait, hier ? Trop dit ? Je me le suis dit, cette nuit. Il n'a pas répondu quoi que ce soit en dehors de ses larmes à ma déclaration. Je ne sais pas vraiment si c'est réciproque. Même si je pense quand même que si.
… Je ne vois pas pourquoi ça ne le serait pas.

Je me décide à me lever et à manger en conséquence pour les trois heures d'entraînement de ce matin.
Soudain, la porte s'ouvre d'un coup. Jiraya apparaît et m'interpelle après m'avoir repéré dans le coin cuisine.

- Kankurô ! Bonjour ! Prends ton casque quand tu me rejoins. On y va en moto.
- Qu… Hein ?
- Hop, hop ! On se dépêche !

Il ressort sans m'en dire plus après avoir tapoté l'épaisseur de la porte. Ma mastication a ralenti d'un coup et reprend doucement alors que je fixe la porte d'entrée refermée. Il ne veut pas prendre le bus ?


- Tu sais, si Jûgo a trouvé ce travail ce n'est pas par hasard.

Je hausse mes deux sourcils et regarde Jiraya. Nous sommes devant le bâtiment de la piscine. Elle n'est pas encore ouverte. Jiraya est assis contre sa moto. Je suis debout à côté de lui. Nous patientons bêtement.
Ou alors il a juste fait exprès pour pouvoir me parler de Jûgo et je me suis fait avoir. Je me racle un peu la gorge et me tiens un peu plus droit en me tournant droit face à lui. Il passe sa main gauche sur sa cuisse gauche en se raclant la gorge à son tour, regarde sur le côté et déclare.

- J'ai un petit-fils.

Je m'étonne.

- Ah bon ?

Il lève les yeux vers mon visage et sourit.

- Oui. Ce n'est pas celui de Tsunade mais elle le considère comme le sien.
- Je ne savais pas.
- Il a été en couple avec Jûgo. A peine quelques semaines. Je ne sais même pas si on peut vraiment considérer ça comme avoir été en couple. Ca fait déjà quelques années.

J'acquiesce en émettant un léger son affirmatif et regarde un peu dans le vide vers le pneu arrière de la moto. Jiraya continue.

- Bref, on l'a connu comme ça. Par mon petit-fils.

Je hoche la tête. Un instant, puis je demande en lui jetant un coup d'œil.

- Et ?

J'imagine qu'il n'a pas commencé pour rien. Donc autant le pousser afin qu'il continue. Il prend une grande inspiration et reprend.

- Et on l'a embauché pour qu'il ait un toit. Il…

Il se racle à nouveau la gorge et prononce.

- Jûgo peut s'avérer très dangereux.

Il lève son regard vers le mien en déclarant.

- Il doit se tenir à distance de son père, Kankurô.
- Oui, il me l'a dit.

Mais peut-être pas complètement, de ce que j'entends. Du moins à la façon dont je l'entends. Jiraya m'avoue que l'info l'étonne assez mais que c'est une bonne chose si Jûgo est assez détendu et en confiance pour m'en parler. Mon ventre se fait lourd et mon estomac se noue. Jiraya reprend.

- Tu sais donc qu'il faut t'en tenir à l'écart lorsqu'il est énervé ? Eviter les coups de sang ?

Ca, je l'avais deviné. Ca coule de source. J'acquiesce. Il m'interroge encore.

- Votre couple. C'est une relation comme ça, ou tu penses que ça pourrait tenir ?

Je reste silencieux. J'aimerai lui dire que ça tiendra mais aux vues des agissements de Jûgo ce matin, je ne sais pas quoi dire.
Il lève les mains.

- Tu ne sais peut-être pas vraiment. Ça vient de commencer. J'aurai aimé que vous vous en passiez, sachant que vous travaillez tous les deux à l'hôtel et que tu es mon élève.
- J'aimerai vraiment que ça fonctionne. Mais je ne sais pas si Jûgo y croit, lui.

Il hausse ses épaules en se levant et me dit que Jûgo et moi verrons bien. Je me tourne et vois la piscine ouvrir. C'est parti pour les trois heures de natation.

Nous avons été observés. Deux ou trois personnes ont même voulu suivre aussi l'entraînement donné mais étaient très loin d'avoir mon niveau. Ca m'a donné la motivation pour en faire plus, je crois.

Arrive la fin de matinée et donc des trois heures. Nous retournons à l'hôtel. Jiraya se dépêche pour le service du déjeuner. Je décide d'aider moi aussi. Tsunade va me remercier même si, en vérité, je ne vais pas vraiment avoir à faire quoi que ce soit.

Une pause, et je vais dans l'appartement pour ranger un peu mieux mes affaires de natation et les laver. Je trouve Jûgo en train de se restaurer. Je souris en le voyant attablé. Je m'approche de lui et me penche mais il s'écarte en me demandant ce que je fabrique. Je m'étonne en me redressant légèrement.

- Ben je t'embrasse ! Quoi d'autre ?
- Ah. P… pardon.

Il ferme les yeux en levant le bas de son visage lèvres tendues. Je le regarde, pose mes lèvres sur les siennes et me redresse avant de déclarer.

- Tu m'as même pas embrassé, ce matin.
- Tu dormais.
- Non. J'étais réveillé, on a parlé !

Il hausse une épaule et reprend son repas. Je m'assieds en face de lui, laissant finalement mes affaires à côté de mon lit. Je regarde Jûgo quelques minutes sans rien dire jusqu'à ce qu'il prenne la parole. Sûrement pour rompre le silence ambiant.

- Ca a été, ce matin ? Ton entraînement ?

J'émets un son affirmatif en hochant la tête. Je souris en ajoutant.

- J'ai pensé à toi et ta combi', dans les vestiaires.

Il fronce un peu ses sourcils en faisant une petite moue boudeuse. Je demande.

- Tu reviendrais, à la piscine avec moi ?
- Non.

Je hoquète en m'étonnant ouvertement.

- Pourquoi ça ?
- Parce-que.
- C'est pas une réponse ! Je t'emmène sur ma moto ! En plus… Et Konohamaru ! Tu ne penses pas qu'il voudrait te revoir ?
- C'EST BON !

Il frappe la table de ses deux poings. Je sursaute en reculant au fond de la chaise où je me trouve. Jûgo me fixe, attend un peu, et soupire en plantant sa fourchette dans le dernier bout de viande que son assiette contient. Il prend la parole.

- Je viendrai. Mardi. Comme quand on l'a vu.

Je me détends doucement et accepte. Je me lève et vais m'occuper de mes affaires. Jûgo va rapidement s'excuser pour son comportement. J'ai laissé passer. Il est retourné travailler.
Une fois seul, je tombe au bord de mon lit. Il m'a fichu la trouille. Surtout après ce dont m'a parlé Jiraya ce matin ! Je me demande si j'oserai en parler directement avec Jûgo. C'est juste dû au vécu avec son père, peut-être, aussi, non ? Pas… les envolées d'énervements de son caractère ! Je ne l'ai jamais vu en colère.

C'est donc en milieu d'après-midi que, seul avec Tsunade, j'en profite pour lui demander. Elle semble un peu surprise.

- Jûgo énervé ? Non. Et je ne préfère pas. Tu as vu son profil ? Je tiens à mon hôtel !
- Vous pensez qu'il pourrait être dangereux ? Enfin… perdre les pédales au point de ne plus faire de différence entre ce qu'il y a autour de lui ?
- Tu ne crois pas que tu devrais en parler directement avec lui ?

Je baisse les yeux. Oui. C'est vrai. Ca installerait un climat de confiance. Enfin meilleur que s'il apprend que j'en parle autour de lui sans m'adresser à lui. J'aurai dit que la confiance était déjà là si on me l'avait demandé hier mais… maintenant, j'ai de plus en plus de doutes.
Et je n'aime pas ça.

L'après-midi s'écoule toute seule. La soirée aussi. Je suis de plus en plus angoissé à l'idée de parler de ses énervements à Jûgo. C'est vrai, après tout ! Et si ça l'énervait ! Je lui ai dit, la nuit dernière ! Il peut me démolir en deux secondes !
Mais nous y voilà quand même. Nous avons terminé nos heures et sommes en train de dîner dans notre appartement. Je prends la parole tant que l'idée me reste en tête.

- Jûgo. J'aimerai te parler de quelque chose qui risque de, peut-être, te déranger.

Il pose sa fourchette et son couteau, se tient droit devant son assiette et me regarde en joignant ses mains au bord de la table. Je le regarde en grimaçant un peu. Je continue.

- Tu m'as fait peur, ce midi. A propos de la piscine et Konohamaru.
- Je m'en suis rendu compte. Excuse-moi.
- Oui. Tu es pardonné. Je… j'ai l'impression qu'il y a quelque chose qui ne va pas depuis hier. … Depuis qu'on l'a fait.

Je bouge un peu sur ma chaise, me gratte la joue, penche la tête de côté et demande.

- Tu m'en veux pour quelque chose ?
- Non.
- Alors qu'est-ce qui se passe ? Il y a bien quelque chose, non ?

Il baisse les yeux. Je tends mon bras droit sur la table dans le but d'aller toucher son gauche mais Jûgo se dérobe. Il prononce finalement quelques mots.

- Tu n'as pas pu tomber amoureux de moi comme ça. Je n'y crois pas.

Je me fige, incrédule. Jûgo reprend ses couverts puis son repas. Je demande.

- Tu ne me crois pas ?
- J'aimerais.
- Comment je pourrais te faire y croire ?

Il réalise un mouvement négatif de tête en déclarant n'en avoir aucune idée et me dit que c'est toujours comme ça. Qu'il peut parfois croire plaire mais qu'il n'y croit jamais très longtemps. Que ses relations ne durent jamais à cause de lui. Mon bras revient à moi. Je retiens à peu près correctement un soupir, et continue.

- Jûgo. Je voudrais discuter de…

Ses mouvements ralentissent à nouveau. Il m'écoute. J'hésite. Et je ne continue finalement pas. Je reprends mon repas moi aussi.

Une fois notre dîner terminé, nous allons échanger quelques tendres baisers et nous coucher chacun de notre côté.

Le lendemain, vendredi, je passe la journée à me demander si je mets Temari au courant ou non pour Jûgo et son père. Mais je ne l'aurai toujours pas appelée en rentrant de la piscine en fin de soirée.
Demain, samedi, Jûgo ne travaille pas. Il m'a dit aller voir sa mère. Je ne sais pas s'il va lui parler de moi. Je pense lui demander tout à l'heure une fois seul avec lui. Après tout, moi, j'ai parlé de lui à mon père et ma sœur ! Je sais qu'il me dirait que c'est dû aux articles parus dans la presse, de l'hôtel, de ma vie ici et de mon passage du relai quatre nages au papillon solo mais j'aurai très bien pu ne pas le faire. J'en suis sûr et certain. Moi, pendant qu'il sera avec sa mère, je travaillerai. Et je trouverai aussi un moment pour aller courir dans la journée. Je n'irai pas nager, demain. Le samedi, il y a beaucoup trop de monde. C'est vrai après tout. Qu'est-ce que les gens ont à vouloir aller nager ce jour-là en particulier, au juste ? Surtout vu le nombre qu'ils sont ! Ils ont à peine un demi mètre carré chacun !
J'arrive à l'hôtel. A l'appartement. Jûgo travaille encore, lui.


- J'ai parlé de toi à ma maman, aujourd'hui.

Nous sommes samedi. Et je m'étonne en essayant de ne pas le paraître trop. Un « Ah oui ? » m'échappe alors que je souris, ravi d'apprendre cette info. Jûgo hoche la tête. Nous venons de nous retrouver. Je viens de ranger mes couverts du dîner, lui de rentrer et d'avoir pris une douche. Il me sourit et me dit qu'elle voulait déjà me rencontrer avant, depuis que j'étais arrivé et avais été embauché à l'hôtel, mais quelle le voudrait encore plus maintenant que nous formons apparemment un couple. Je tique.

- « Apparemment ? »

Il me regarde, dévie un peu la tête, hausse une épaule en bougeant légèrement son crâne et confirme vaguement.

- Oui enfin… On l'est, quoi ! On… on forme un couple ! … Non ?
- Ben oui !

Il rougit en m'observant du coin des yeux. Je m'approche de lui, prends ses mains dans les miennes en souriant tendrement visage levé vers le sien, et ferme les yeux en lui chuchotant de m'embrasser. Il m'obéit. Son corps est chaud. J'enlace son cou en me mettant sur la pointe des pieds comme la première fois que nous nous sommes échangés un baiser. Ses mains viennent se glisser au bas de mon dos. Le baiser rompu, nous restons dans les bras l'un de l'autre. Enfin… disons que je suis dans ses bras et, moi, mes mains sont sur ses épaules. Je l'interroge.

- Elle voudrait me voir quand ?
- Quand on pourra bouger en même temps.
- On ne sait pas encore quand est-ce que c'est ?

Il fait un « non » de tête et ajoute que les fins de soirée après nos horaires sont trop tard pour avoir assez de temps à son goût. Qu'elle n'est pas d'accord et trépigne d'impatience, qu'elle me le fera savoir mais qu'il faudra montrer avoir été d'accord avec lui. Je lui promets de faire comme ça. Il me remercie d'avance et m'embrasse une nouvelle fois.
Nouvelle fois qui se transforme en une autre encore puis encore une autre. Je pousse un petit râle et, lui, gémit. Il agrippe mes fesses et me soulève. J'enlace sa taille de mes jambes. Je demande rapidement entre deux baisers.

- Tu vas réussir à te détendre ? Je… J'essaie ?

L'échange ralentit. Ses mains se font moins certaines sur moi. Ce qui veut dire non, je le sais d'avance. Mais je veux l'entendre me le dire lui-même. Il doit pouvoir se sentir le courage et le droit de le faire par lui-même. Il me repose à terre. Enfin, plutôt, il se penche un peu pour me faire comprendre de réétendre mes jambes et me remettre debout. Il répond, mal à l'aise sans me regarder de face.

- Je… sais pas trop. Je pense pas vraiment. … Même si c'était très bon.
- D'accord. Alors ben… Je… Je vais prendre une bonne douche froide !

Je me mets à forcer un rire qui se fait nerveux en lui souriant. Il s'excuse mais je lui dis rapidement de ne pas le faire, qu'il n'a pas à s'en vouloir. Je le contourne et vais dans la salle de bain en commençant à me déshabiller. Je retire mon T-shirt une fois la porte de la salle de bain fermée et laisse mon crâne y tomber en soupirant paupières closes.
En fait, je crois qu'il faudrait que je ne demande pas à Jûgo si on continue ou pas. Ca continue ou ça s'arrête, mais au moins on n'a pas de pause qui le refroidisse et affaiblisse son envie. Lui qui avait l'air de vouloir se faire dévorer avant qu'on soit ensemble… En fait, ce n'était qu'un rôle, un personnage qu'il jouait et inventait ou se plaisait à être. Il joue un jeu parce qu'il est certain de ne pas pouvoir plaire. Et pourtant, avec moi, il reste normal et il me plaît. Il se dit quoi, là ? Il est heureux que je n'aie pas insisté, ou il se dit que si je ne l'ai pas fait s'est parce qu'il me plaît de moins en moins et que, donc, c'est de toutes façons bientôt terminé ?
Un instant passe sans que je bouge.
Je soupire doucement, me déshabille et prends une douche. Avec ce que j'ai couru tout à l'heure… Il fallait. Une fois faite, je me sèche, laisse mes habits là et sors de la salle de bain totalement nu. Jûgo est sur son lit à tenir son téléphone portable. Il me voit et écarquille automatiquement les yeux. Je lui lance un fier sourire. J'écarte un peu mes bras du reste de mon corps et tourne même sur moi-même. Jûgo se resserre sur lui-même.

- Ca, Kankurô, c'est pas sympa.
- J'ai rien fait !
- Tu te promènes tout nu.

Il a un ton boudeur qui me fait sourire. Moi tout près de mon lit, je fais finalement quelques pas en arrière et m'assieds au bord du sien.

- Je suis pas beau à regarder ?

Son visage rejoint le ton qu'il employait. Ses sourcils se froncent. Sa bouche fait la moue. Je bouge de côté sur l'espace d'une fesse, deux, trois et me penche pour poser mes lèvres sur les siennes. Je prends son téléphone et le pose sur son petit meuble à côté de son lit. Je me tourne et, sans réfléchir, passe mes jambes sur les siennes. Il pousse comme un petit bruit perdu. Je prends la parole très calmement.

- Tout va très bien.

Sa main gauche glisse vers le bas de mon ventre, la droite sous mon bras gauche et dans mon dos. Mes mains à moi maintiennent son visage proche du mien pour que nous continuions à nous embrasser.
J'aime ça, l'embrasser. J'aime vraiment ça.
Je pousse un petit hoquet mêlé d'un gémissement en sentant les index et majeurs de Jûgo venir un peu plus en « avant » sur mes fesses. Sans pour autant y entrer ! Non, pas… pas encore. Il a délaissé mon entrejambe pour s'y rendre des deux mains. Ma bouche se créée un chemin sur sa joue droite, son oreille, puis mes bras se resserrent autour de son cou et mon corps se blottit un peu plus contre le sien alors que je chuchote.

- Jûgo. … Prends-moi !

Il grogne en faufilant son annulaire droit en moi. Je ferme mes paupières en rejetant ma tête en arrière. Je crois m'être crispé un peu mais…
J'ai envie.

A suivre !
Nanarusasu.

Dans le prochain chapitre :
« Moi ? « Tout va bien » ? Elle est mignonne ! Si elle demande ça, ou plutôt quand on demande ça, c'est parce qu'on sait très bien qu'il y a quelque chose qui cloche, non ? Alors autant demander ce qui ne va pas, non ? »

A dans quinze jours si tout va bien !