Fikeuse (auteur/euse) : Nanarusasu

Genre : UA, OOC, Yaoi, Lemon, POV Kankurô, romance, angst,

Couples ou relations plus ou moins sérieuses sans lendemain. (ça va d'un simple baiser à un gros lemon.). : KankurôHinata, ShikamaruKiba, ShikaIno, KankurôKiba, NaruSasu, GaaNaru, TsunadeJiraya, JûgoKankurô.

Disclamair : Les personnages ne sont pas à moi.

Baleines ou dauphins ? 12.

Je suis assis sur Jûgo installé en tailleur à la tête de son lit. Je sens son annulaire en moi. Il bouge. Mes bras toujours autour de son cou, mon visage est contre le sien, ma joue contre son oreille. Ma bouche est ouverte et produit des sons étranges que je ne saurai pas très bien définir. Je bouge un peu, moi aussi. Je me déhanche ? Jûgo se retire et me murmure d'attendre de sa belle voix grave. Je m'écarte et le vois se tourner vers son meuble. Je devine qu'il prend lubrifiant et préservatif. Je m'allonge sur le dos, jambes écartées, et regarde Jûgo enfiler ce qu'il faut puis faire couler un peu de lubrifiant sur ses doigts avant de se mettre à genoux entre mes jambes. Il se penche ensuite, vient m'embrasser avec… amour ? Envie ? Passion ?
Je suis perdu dans le plaisir et le désir partagé.
Je me cambre soudain en m'appuyant sur mes pieds en sentant un puis deux de ses doigts entrer en moi. Je pousse un petit cri étouffé. Jûgo manque de les retirer directement mais je pose ma main gauche sur son épaule droite et lui ordonne de continuer. Je passe cette même main sur sa nuque et amène son visage au mien pour l'embrasser en lui chuchotant une seconde fois de continuer. Il le fait et m'arrache un gémissement. Mes genoux se serrent sur lui je ne sais pas très bien où. Je bande comme pas possible. Jûgo aime, lui ? Je ne suis même pas en train de le caresser ni rien. Je sais que… qu'avec une fille, il nous suffit d'entrer et c'est déjà très bien, mais… Jûgo attend peut-être autre chose. Il a déjà pris quelqu'un, lui ?
Je m'essouffle d'aise.
Jûgo retire ses doigts et regarde mon corps. Je passe mes jambes sur ses épaules et lui dis d'y aller. Il déglutit. Il semble apeuré. Il grimace.

- T'es sûr ?
- Oui. Vas-y.

Il prend une profonde inspiration, remonte encore un peu plus mes jambes et entre doucement en moi en ayant l'air de surveiller mon visage. J'ai un peu peur de ne pas avoir l'air qu'il aimerait voir devant lui. Mais je ne peux pas vraiment me contrôler, là, moi !
Je ferme les yeux.
Mes dents se collent les unes aux autres.
Rassurez-moi ! Elles ne peuvent pas s'éclater les unes contre les autres, hein ?
Ma bouche s'ouvre alors qu'il repart en arrière. Mes yeux de même. Un soupir comme de soulagement m'échappe, seulement Jûgo revient. J'inspire. Mes paupières tremblent en restant ouvertes. Je me cambre. Un « Oh mon Dieu ! » se fait entendre de ma part. Mes mains agrippent ses cheveux sur le dessus et le côté de son crâne.

- Kankurô ?

Mes yeux roulent sous mes paupières qui se referment.
C'est… C'est… !
Ma voix s'étrangle sur quelques mots.

- … j'adore ça… ! … Continues !

Il obéit. Il doit quand même y trouver son compte aussi, de son côté, non ? Il en vient rapidement à donner des coups de reins un peu plus secs. Il pousse une de mes jambes de son épaule pour la laisser glisser contre le mur et… Et en fait je ne sais pas très bien dans quelle position on se retrouve. Ma jambe droite reste sur son épaule gauche, son bras gauche me la maintient. Ma jambe gauche, par contre, est entre lui et le mur et s'y frotte, son avant-bras droit est sur le matelas. Jûgo est de biais, son visage presque dans mon cou. Je l'entends presque à bout de souffle à pousser râles de plaisir sur râles de plaisir d'une voix grave et rauque qui m'excite encore plus. Moi, l'arrière de ma tête est plongée dans les draps au bout du lit. Mes mains sont dans les cheveux de Jûgo et parfois son cou. Je fais parfois se crisper mes fesses et je sens que ça lui plaît. Je me mords les lèvres et plisse mes sourcils sous une envie de jouir devenant de plus en plus oppressante.
Et le moment arrive. Je tremble, je jouis, je souffle, je perds mes forces. Mes jambes se relâchent encore plus. Jûgo suit rapidement et manque de s'écrouler sur moi mais il réussit à se retenir à peu près correctement et à se faufiler contre le mur tandis que je bouge mollement vers le bord du lit.
Je crois que la demande de Tsunade était totalement justifiée. C'est vrai, Jûgo est une armoire à glace et, lui sur moi à me tomber dessus à bout de force, c'est pas tout à fait une bonne idée.
Non, je ne me ferai pas les muscles. Je m'étoufferai !

Je sens la main gauche de Jûgo caresser mon torse. Il reprend doucement son souffle, je l'entends. Ses lèvres déposent doucement un baiser sur mon épaule gauche. Je tourne mon visage vers le sien. Je souris sans rien dire. Ses yeux sont fermés, il sème ici et là quelques baisers sur ma peau. Puis, lentement, son corps se resserre contre le mien. Je m'étonne et sens mon cœur rater un battement.

- T'as encore envie ?

Il émet un petit « hm-mh… » évasif mais tout à fait traductible puisqu'il revient me dominer à quatre pattes.


Dimanche matin. Je suis devant une tasse de café et un petit-déjeuner auquel je n'ai pas encore touché. J'ai le regard au loin, les traits qui ne ressemblent sûrement à rien, mais je plane. J'ai passé une nuit… Or-gas-mique.
Je pousse un soupir d'aise en souriant comme un crétin. Je joins mes mains, doigts entremêlés, coudes au bord de la table, et appuie mon visage sur le dos d'une de mes mains en penchant ma tête toujours souriante. Je vois Jûgo me sourire lui aussi. Il dit quelque chose mais je suis totalement ailleurs.

J'ai dé-co-nnec-té.

Il m'embrasse du bout des lèvres et s'éloigne. Je crois que j'ai senti un coup de froid très rapidement mais rien depuis.

- HEY !

Mes yeux se dirigent vers la voix qui hurle. J'émets un petit son en me demandant qui beugle comme un lundi de semaine de reprise en temps de canicule.

- … hm ?

Je sursaute, écarquille les yeux, et me lève d'un bond en faisant tomber la chaise derrière moi. Ça, c'est pas Jûgo qui vient m'embrasser.
C'est Jiraya.

- On peut savoir ce que tu fabriques à sourire comme un ouistiti qui a trouvé une banane géante pile assez mure, là ? TU DOIS ALLEZ BOSSER !

Il tend le bras doigt pointé vers l'extérieur, visage fermé voir même plus que double verrou tourné. Lui, il n'a pas passé une nuit aussi merveilleuse que moi.
Je bondis pour contourner la table sans remettre la chaise en place et cours pour rejoindre l'hôtel. Tsunade, dans le premier couloir que je longe, me sourit en s'amusant. Quoi, encore ? Allez pas me dire que j'ai un suçon, maintenant ! De toutes façons, je m'en fous. Jiraya a beau eu me hurler dessus et me faire une belle frayeur avec ses yeux injectés de sang balançant les flammes de l'enfer, je n'ai malgré tout pas encore tout à fait atterri. Il suffit que je repense à cette nuit. C'était…
Je soupire discrètement de contentement en souriant. Je m'amuse à y repenser.
Jûgo, tu peux me reprendre quand tu veux !

Jûgo que je croise rapidement dans un autre couloir. Je fronce mes sourcils en le voyant rire alors que j'arrive à quelques pas de lui. Je bougonne en passant à côté de lui.

- Fais-le de façon plus modérée.
- Ça t'a pas déplu, cette nuit !

Je lui donne un coup de poing en haut du bras pour réponse en passant derrière lui. Il ricane d'une belle voix grave. Je lui lance malgré tout un sourire accompagné d'un baiser par-dessus mon épaule en me retournant rapidement.

La journée passe tranquillement. J'ai compris pourquoi Jiraya est venu me chercher, nous étions en milieu de matinée. En réalité, Jûgo m'avait prévenu en partant que nous étions tous les deux en retard et que les patrons n'allaient pas tarder à venir nous chercher si nous mettions trop de temps. Il était ensuite sorti. Ça devait être ça, le coup de froid. Et, oui, il avait raison. Jiraya est venu me chercher.
A ma pause du déjeuner, j'envoie un texto à Temari en commençant par lui dire que je mangeais et repartais aussitôt travailler. S'ensuivait l'info qui l'intéresse.

# J'ai passé la nuit à faire l'amour avec Jûgo. Je plane encore. #

Je souris et ris bêtement en voyant mes mots. Oui. Je plane encore. Je dois avoir l'air d'un idiot pas possible.
J'envoie même un autre texto.

# J'ai même pas mal aux fesses malgré son gros calibre ! #

Je pouffe de rire.

- Qu'est-ce qui t'amuse comme ça ?

Je lève la tête et cache mon portable dans mon dos. Jûgo s'approche de moi. Je me sens soudain bête.
Qu'est-ce que je fabrique !
Déjà, je réponds.

- Rien !
- Tu parlais avec qui ?

Il réalise un geste de tête vers mon bras à moitié caché. Je le repositionne devant moi et souris et regardant mon téléphone. Je le lui montre.

- Tiens. Je mets ma sœur au courant, c'est tout.

Il s'étonne en me montrant l'appareil.

- Je peux ?
- Si je te le tends ! Oui !
- Non. J'ai pas à regarder dedans.

Je hausse une épaule et déclare.

- Ben je fais savoir à Temari à quel point j'ai aimé la nuit passée avec toi. C'est tout.

Je souris de nouveau en regardant Jûgo. Mon portable vibre entre mes mains. Je fais claquer ma langue contre mon palet et ajoute quelques mots en regardant le texto reçu par, je le sais, Temari.

- Et je lui ai dit que je retournais bosser.
# C'est un des ex de Naruto. #

Je hoquète en me figeant. Je cligne des paupières et redresse mon visage. Mon regard se fige sur le dos de Jûgo qui s'en va en me disant y retourner de son côté.
Je murmure sans réaliser.

- Quoi ?

Il n'est déjà plus là.
Je dois reprendre mais tant pis. J'appelle. Temari décroche mais je ne lui laisse pas le temps de parler, je demande.

- C'est quoi cette histoire ? Comment ça l'ex de Naruto ?
- Naruto est le petit-fils de Jiraya.
- HEIN ?! MAIS COMMENT CA SE FAIT QUE JE LE SACHE PAS ?!
- Crie pas !

Soudain, la voix de Tsunade m'interpelle.

- Kankurô ? Tout va bien ?

Je la dévisage. Bouche ouverte, hébété, yeux grands ouverts eux aussi, j'ai l'impression de perdre pieds. Et pas du tout comme cette nuit. Je n'écoute plus Temari à mon oreille. J'écarte mon téléphone portable de mon oreille sans quitter Tsunade des yeux.
Moi ? « Tout va bien » ? Elle est mignonne ! Si elle demande ça, ou plutôt quand on demande ça, c'est parce qu'on sait très bien qu'il y a quelque chose qui cloche, non ? Alors autant demander ce qui ne va pas, non ?
Je demande sans en revenir.

- Vous connaissez Naruto Uzumaki ?

Elle hausse un sourcil, s'étonne et répond de manière un peu amusée.

- Naruto ? Bien sûr ! C'est mon petit-fils.
- C'est le meilleur ami de mon petit frère… !

Elle reste interdite.
Tout comme moi.

Mon cœur bat la chamade. Naruto s'est fait mon petit frère et mon actuel !
Je sais, ça fait moyen de penser comme ça. Oui, je le sais très bien ! Mais ça vient de me traverser l'esprit, là. Je reste coi.


Nous sommes en fin d'après-midi. Je n'ai pas réadressé de message à Temari. Je cours dans le quartier et ai la nouvelle apprise aujourd'hui dans la tête. Je pense en parler à Jûgo quand nous dînerons ensemble tout à l'heure. J'imagine que Gaara sait pour Jûgo et moi, s'il a appris pour Naruto et lui à Temari. Naruto a dû leur dire. Ou alors à Gaara qui l'a dit à Temari. Je m'immobilise en soupirant.
Bon… Jûgo et Naruto ont eu une relation ! Et alors ? Et puis… si je me souviens des mots de Jiraya, … il ne savait pas très bien s'il pouvait le définir comme une relation, vu le temps que cela a duré ! Si ça se trouve, ils ont juste… Je rougis, … et dois blanchir. J'ai un haut-le-cœur. La bouche de Jûgo s'est posée… au même endroit sur Naruto et sur moi ? Mais j'avais aucune envie de le savoir, ça, moi ! Ce relai-là, je m'en passe ! Surtout que, ensuite, Naruto s'est fait mon frère ! OU PIRE ! AVANT !
J'attrape mon téléphone dans la poche de mon pantalon après m'être un peu essuyé les mains, et appelle Temari. Ca décroche. Elle demande sans attendre.

- Tu t'es assez pris la tête tout seul pour appeler ta chère grande sœur, ça y est ?

Je soupire.

- Temari, … s'il te plaît…
- Une citation, alors ?
- … comment t'as su ça ? Enfin… pour Jûgo et Naruto.
- Gaara me l'a dit. Il a été intrigué par son prénom, a vérifié un peu et m'a informée. Je… Je ne sais pas si c'est très important pour toi mais je me suis dite que tu voulais peut-être être mis au courant.
- … En plus, le Crapaud m'a parlé de son petit-fils, jeudi… Il aurait dit son prénom, j'aurai su ! Il me parlait de son pseudo couple avec Jûgo.
- Si Gaara m'en a parlé et que je t'en parle, c'est aussi à cause d'un truc bien particulier, Kankurô…

Je suis sûr qu'elle grimace, vu le ton qu'elle a. J'attends l'info qu'elle veut donner. Elle le sait. Elle la donne.

- Kankurô. Jûgo a manqué de tuer son père. Il est tenu de rester à distance sous peine d'être mis en prison. Il peut être très dangereux. Je n'ai pas très bien compris ce que Gaara m'a dit mais Jûgo a l'air dangereux.
- Je le sais déjà, Temari. Jûgo me l'a dit. Et le Crapaud aussi ensuite.

Un silence s'installe entre nous deux. Je demande finalement.

- Tu sais pourquoi ils ont rompu, Naruto et lui ?
- Incompatibilité, de ce qui a été dit.

Je souris malgré moi. Ça ne veut absolument rien dire, ça. Elle rajoute doucement après s'être amusée devant mon rire impuissant en manque d'information.

- Fais attention à toi, Kankurô.
- Oui. Je le fais déjà.
- Je te laisse ?
- Hm. Je suis en plein entraînement. Je vais finir. Bonne soirée ! Je te rappellerai mardi.

Elle me souhaite la même et raccroche. Je continue ma course et la termine. De retour à l'appartement, je prends une douche rapide et ressors presque aussi vite dans le but de nous offrir à Jûgo et moi un petit dîner sans être vu par qui que ce soit. Un Italien. Ça fait un parfait maison pas raté et très bon. Donc c'est très bien. Je m'imagine essayer de balancer à Jûgo « Au fait ! Ton ex s'est tapé mon petit frère ! Tu savais ça, toi ? C'est amusant, non ? ». Je ne me sens pas de ne rien lui dire alors que je suis au courant de mon côté… En réalité, c'est surtout le « Pourquoi ça n'a pas duré, vous deux ? » qui m'intéresse. Et s'ils peuvent encore se voir. Pas dans le sens permission. Dans le sens y parvenir. Je ne sais pas vraiment pourquoi ça me travaille. … Ça n'importe pas beaucoup pour tout ce qui se passe, après tout. Mais… je me dis qu'il vaut mieux savoir les choses. Jûgo n'est pas certain des choses alors je veux qu'il sache que je ne lui cache rien.
La porte de l'appartement s'ouvre. Jûgo apparaît et me salue.

- Bonsoir !

Je souris et lui réponds par l'identique. Il s'approche, m'embrasse et sourit de plus belle en donnant le nom du restaurant où je suis allé me fournir pour le dîner. Je hoquète. Il montre les poubelles du doigt. Je me retourne, et m'insulte intérieurement en voyant un bout de carton avec un logo dépasser. Jûgo se penche un peu de nouveau, pose un baiser au coin de mon œil gauche et me chuchote que c'est le seul Italien ouvert le dimanche avant d'ajouter de façon amusée de faire plus attention la prochaine fois. Un petit son ennuyé et vaincu se fait entendre de ma part.
Il m'interroge.

- Pourquoi ce dîner ? Tu prépares un truc ? Une petite annonce ?

J'ouvre la bouche mais il m'interrompt en poussant un grand « Oh ! » un peu élevé dans la gamme en posant ses mains sur ses joues les yeux plongés dans les miens. Il continue.

- On attend un bébé ? On va être papa tous les deux ?

Je plisse mes sourcils et grimace je ne sais trop comment entre un sourire de dégoût et une grimace de gêne.
Je réponds tout simplement par la nouvelle.

- Je connais le petit-fils de Jiraya-sama. Et je sais que c'est un de tes ex.

Il se redresse au ralenti en reprenant un visage sérieux voir même fermé. Ça, ça ne va pas confirmer un « Ils parviennent à se voir l'un l'autre. »
Je continue.

- Je peux… savoir pourquoi vous n'êtes plus ensembles ?
- Non.

Et ça, au moins, c'est clair et net. Il hausse une épaule en ajoutant.

- T'auras qu'à lui demander, si tu le connais ! Je suis un con coincé et voilà tout, selon lui. Il te dira ça.

Je m'étonne un instant avant de sourire légèrement en répondant.

- C'est le meilleur ami de mon frère. Pas le mien !
- Tu ne perds rien. Je t'assure.

Je ris un peu et m'assieds. Je lui montre les assiettes servies en lui faisant remarquer que si on ne s'y met pas, le tout va refroidir. Il hoche la tête et s'installe aussi en me souhaitant bon appétit. Nous commençons à dîner. L'ambiance continue à se détendre doucement au fur et à mesure du repas. Puis Jûgo prend soudain la parole.

- Il n'a jamais réussi à me détendre assez pour me prendre. Alors je suis un con coincé. Donc il a rompu.
- Naruto est une pile sur pattes. J'ai jamais réussi à comprendre comment mon frère fait pour le supporter. Alors se détendre… !

J'écarquille les yeux en terminant ma phrase. Jûgo sourit et déclare.

- Naruto n'arrivait pas à se détendre lui-même. Il ne me mettait pas en confiance.

Je m'étonne et ne le cache pas. Il m'éclaire.

- Tu as su me rassurer à la réunion. Et puis… tu as peur pour énormément de choses, oui. Mais tu sais les mettre de côté pour écouter les peurs des autres. Quand tu le souhaites.

Je m'amuse de sa dernière petite remarque. Il rajoute.

- Je me suis senti vraiment bien, cette nuit. Pas… pas uniquement parce qu'on faisait ce qu'on faisait. C'était parce-que j'étais moi-même.

Je le regarde sans bouger. Je cligne juste des yeux. Il poursuit.

- Tu sais, quand je t'ai dit avoir dit à mes parents mon orientation sexuelle. Que ma maman a accepté, mon père aussi mais qu'il a ensuite eu du mal quand j'ai commencé à me sentir plus à l'aise avec moi et… tout le reste.

Mon estomac se noue. J'acquiesce. Jûgo fait jouer sa fourchette dans son assiette. Il continue.

- En fait, je me forçais. Je ne me sentais pas moi du tout.

Il sourit en se redressant.

- Oui, je fantasme sur les nageurs et sur les motards.

Je souris aussi et bombe fièrement le torse. Il me regarde et reprend.

- Moi, je t'ai dit que tu devrais t'habituer à mes envolées et mes aigus. En réalité, je les force beaucoup. Parce-que je me dis que comme je suis gay, je dois être comme ça.

Il a les mêmes pensées que j'avais le mois dernier voire moins.
Je demande.

- Alors ta belle voix grave, je vais pouvoir l'entendre plus souvent, maintenant ?

Il pouffe de rire d'un air moqueur.

- Ma quoi ? Ma « belle voix grave » ?

Mon visage prend un air boudeur. Je réponds en bidouillant mon plat n'importe comment.

- … ben quoi ? C'est un chouette compliment… !

Il en convient. Je lui avoue de mon côté.

- Moi aussi, je pensais devenir un peu comme ça. Une… Une grande folle. Pardonne-moi l'expression.
- J'avais compris. A la réunion. Quand je t'ai entendu avant que tu ne partes. Ça a commencé à me faire réfléchir. Et… peut-être aussi changer petit-à-petit. Rester moi-même sans réfléchir. Un peu plus souvent.

J'acquiesce. Nous continuons de manger tranquillement. Le plat principal terminé, j'attrape ses couverts et les mets de côté avant d'installer les desserts mais je me fige en voyant Jûgo passer l'une de ses mains sur sa nuque. Je l'interroge en le voyant faire.

- Ça va ?

Il inspire profondément et se redresse pour se tenir bien droit.
Il déclare.

- Tsunade m'a demandé de te parler de quelque chose.

Tsunade ? Ca ne peut pas être Naruto puisque c'est fait.
Quoi d'autre ? Je m'assieds sagement.

- Je t'écoute.
- Ca concerne…

Je grimace. Il n'est pas à l'aise. Je déclare en tentant de le faire respirer un peu mieux.

- Ah j'ai pas l'impression de te détendre tant que ça, finalement !

J'aimerai sourire pour faire l'amusé mais il m'interrompt.

- Quand je te l'ai raconté, la dispute entre mon père et ma maman. Je t'ai dit que ma maman m'avait arrêté mais en fait mon père a fini dans le coma. Après qu'il se soit réveillé, je l'ai revu et l'ai menacé. Il a eu une mesure d'éloignement contre moi. Je n'ai plus le droit de l'approcher. …

Je suis comme bloqué face à lui de l'autre côté de la table. Il déclare en me regardant dans les yeux d'un air grave.

- Je peux vraiment être très dangereux, Kankurô.
- Tu penses pouvoir me vouloir du mal ?
- Je ne vois pas pourquoi. Mais…

Il hausse une épaule. Je demande encore.

- Tu ne contrôles pas… enfin… tes colères ?
- Pas toutes. Non.

Il soupire sans discrétion et s'excuse en terminant.

- Je comprendrais que tu préfères qu'on arrête, maintenant que tu sais ça.

Je réponds de façon outrée.

- J'en ai aucune envie !
- Hein ?

Il s'étonne. Je me lève sourcils froncés et prends les tiramisus sur le meuble dans mon dos pour les mettre sur la table à nos places respectives. J'insiste.

- C'est pas parce que tu peux hurler en balançant tes poings partout autour de toi que je vais hurler « A l'aide ! Où est donc caché le super-ninja qui me sauvera ? » et vouloir rompre !

Il reste coi à me regarder. Je me rassieds face à lui, prends ma cuillère et conclus.

- Soit je me cache en attendant que tu te calmes, soit je te saute sur le dos et te fatigue parce-que tu tenteras en vain de me faire descendre ! Et puis c'est tout ! Point !

Je prends une cuillère et débute la fin du repas. Je réalise un mouvement de tête vers le tiramisu de Jûgo en prononçant un dernier mot.

- Mange !

Jûgo cligne une ou deux fois des paupières sans en revenir, et obéit doucement. Un instant passe avant que je me mette à rire en réalisant.

- On aurait dit le Crapaud avec moi quand il m'a emmené au tournoi, à dire « Mange ! » comme ça !

Il sourit.

A suivre !
Nanarusasu.

Dans le prochain chapitre :
« Nous sommes mardi en début d'après-midi et sur le point de partir chez ses parents pour me présenter à sa maman et inversement. »

J'aimerai dire "Merci pour vos reviews", mais je n'en ai plus. Bonne lecture pour la suite dans 15jrs si tout va bien ! J'espère que ce chapitre aura plu.