Blabla de l'auteur : Hello. On continue l'aventure de Baek Seung-Jo et Oh Ha-Ni. J'espère que vous aimerez ma version de ce drama.
Disclaimer : Tout de que vous reconnaissez de l'univers appartient à Kaoru Tada et à l'équipe de Playful kiss. Je ne touche rien en écrivant.
Episode 2
Perplexe, je la regarde se frapper la joue à plusieurs reprises puis me pointer du doigt. Sa mère ne lui a donc pas appris à ne pas pointer les gens ainsi ? C'est malpoli. Je retiens un soupir fatigué quand elle me demande pourquoi je sors de chez moi. Est-elle sérieuse ?
« - Parce que c'est ma maison.
J'ai tenté d'utiliser des mots simples pour qu'elle comprenne même si une partie de moi apprécie la surprise que je lis sur son visage. Son doigt malpoli est toujours fixé sur moi ce qui commence à m'agacer. Il va vraiment falloir lui expliquer l'impertinence de ce geste. Elle se remet de ses émotions puisqu'elle reprend la parole, répétant presque mot à mot ce que je lui ai dit. Peut-être sa manière d'intégrer l'évidence ? Cependant maman l'interrompt pour me demander pourquoi je ne suis pas encore rentré. C'est vrai que je suis dehors depuis un moment face à cette bécasse. Je tourne la tête pour regarder l'interphone puis regarde à nouveau notre colocataire qui a la bouche grande ouverte, quand maman l'appelle. Son visage est très expressif c'est au moins une chose qui est sûre. Elle ne sait pas cacher ses émotions… Autrement dit, maman va rapidement découvrir le béguin qu'elle a pour moi. Je ne peux pas m'empêcher de faire un petit signe de tête probablement méprisant avant de commencer à partir quand je me rappelle que maman m'a envoyé l'aider à porter le reste des bagages.
« - Devrais-je porter ça ?
Encore sous le choc, la bécasse secoue la tête la bouche ouverte. Pour m'amuser, je reprends les mots qu'elle m'a envoyés en pleine figure lors de notre dernière conversation. Elle ne veut pas de mon aide. Je souris avec ironie et m'éloigne doucement les mains toujours dans les poches. Va-t-elle réagir cependant, je l'ignore et elle ne m'intéresse pas suffisamment pour que je me tourne afin de m'assurer qu'elle suit. Pour ma part, elle peut dormir dans sa camionnette ou même dehors, ça m'est égal. Afin de donner l'illusion, je reste un peu dans le jardin pour en apprécier la quiétude. Quand je rentre mon père m'appelle et me présente à Oh Ki-Dong qui, je l'apprends, tient un restaurant spécialisé dans les nouilles. Oh Ha-Ni est assise en face de moi et me fixe ce qui je l'avoue est très agaçant. Ne peut-elle pas cacher ses sentiments ? Ne sait-elle pas à quel point maman va nous mettre mal à l'aise quand elle le découvrira ? Enfin je suppose que c'est trop demander à cette idiote. Comprendre les autres… Elle ne sait déjà pas écrire correctement… Je lui lance un regard méprisant puis me concentre sur maman qui s'imagine déjà que l'on forme une grande famille… Je suppose qu'il vaut mieux qu'elle voit cette bécasse comme ma sœur que comme ma future épouse. A choisir je préfère ça. Cependant la conversation est si peu intéressante que je finis par prendre une revue que je lis. Ma présence au salon est obligatoire mais ma conversation ne l'est pas et peut-être que si j'agis avec autant de désinvolture que d'habitude, maman ne saura jamais pour la lettre ridicule pleine de fautes… Un D- était peut-être trop gentil, j'aurais du mettre un E à la réflexion. Je suis sorti de mes réflexions par maman qui nous demande si on se connaît. Non, c'est évident. Nous ne fréquentons pas les mêmes cercles. Elle côtoie des gens bruyants et stupides alors que je préfère les personnes intelligentes et silencieuses de préférence.
« - Eh bien, il est assez populaire, répond la bécasse.
Non ne l'encourage pas ! Maman reconnaît que je suis plutôt bon à l'école, ce qui est un euphémisme. Je suis un génie. Ce n'est pas de la vantardise simplement un fait. Avec mon QI de 200, je suis probablement plus intelligent qu'Einstein même s'il n'a jamais passé de test de ce genre. Je lève les yeux de ma revue quand maman souligne qu'on ne m'aime pas au lycée. Et si maman, tu parles à une de mes fans. Je suis aimé. Tous ces idiots m'ennuient certes mais je suis aimé. Je retourne à ma lecture quand elle reprend la parole et je fais de mon mieux pour ne pas réagir à ces mots.
« - Sa personnalité est un peu bizarre. Toujours si arrogant et hautain. Regarde-le maintenant.
Je sens leurs regards sur moi mais je ne préfère pas les encourager… D'autant qu'à cette vitesse maman va vite comprendre que son invitée a le béguin pour son fils aussi arrogant qu'hautain. Ces mots devraient me blesser je suppose, seulement ce n'est pas le cas. Je suis effectivement arrogant mais je n'aime pas me mêler aux idiots. Certes je n'ai pas beaucoup d'amis mais c'est un choix personnel et… Mais pourquoi lui demande-t-elle si j'ai une petite amie ? Comment cette idiote pourrait le savoir si tel était le cas ? Reste tranquille Seung-Jo, ne réagis pas, la conversation s'essoufflera d'elle-même. L'idiote balbutie quelques mots, heureusement sans parler de sa stupide lettre d'amour et j'entends même mon père rire. Ça semblerait si étrange que j'ai une petite amie ? Je pourrais. Je n'en veux pas pour le moment mais je pourrais. La moitié des filles du lycée n'attendent qu'un regard de moi pour jouer ce rôle après tout. Eun-Jo descend et nous rejoint avec son cahier de coréen. Je me retiens de sourire quand il refuse de dire bonjour à Oh Ha-Ni tant elle paraît stupide. Si seulement il savait à quel point il a raison. Certes ce n'est pas poli de le signaler ainsi mais il a l'excuse de la jeunesse. Une remarque de ce genre venant de moi passerait beaucoup plus mal… Même si je pense exactement comme lui. Elle n'ira jamais loin avec son cerveau vide… Peut-être bien réparatrice de distributeurs. Elle sait taper dedans après tout. J'entends vaguement maman excuser Eun-Jo avant d'assurer à mon frère que la bécasse est bonne à l'école. Sait-elle seulement à quel point elle se trompe ? Elle va vite changer d'avis quand elle l'entendra parler ou qu'elle la verra faire ses devoirs. Je me retiens de rire quand Eun-Jo lui demande de lui expliquer une expression coréenne. Oublie ça petit frère. Elle sait à peine écrire coréen, clairement les expressions coréennes ce n'est pas du tout son niveau. Curieux, je cesse de lire et écoute ce qu'elle va dire. Clairement, elle ne comprend pas ce qui est écrit, c'est lisible sur son visage et je suis impatient de la voir l'avouer devant ma mère… C'est sans compter sur elle qui lui lit la phrase. Bon elle a déjà un élément de réponse. Voyons comment elle va expliquer ça ! Je ne devrais pas me moquer d'une idiote, après tout, elle n'est peut-être pas stupide, mais peut-être qu'elle a une maladie neurologique qui l'empêche de comprendre ce qu'elle lit ? Comme la dyslexie ou quelque chose avoisinant ? Je lève les yeux de ma revue, pour noter qu'elle me regarde et je replonge dans mon article sans vraiment le lire. Ces explications sont de plus en plus confuses. « Han wu choong dong » ce n'est pas compliqué à traduire pourtant. Ça signifie que tu es le seul responsable. Je lève la tête pour la regarder quand elle commence à parler du prix de la viande de bœuf. Je souris, alors que nos pères rient de ses explications. Mon frère me demande confirmation ce que je peux comprendre. Ce qu'elle a dit ne veut rien dire. J'explique la locution à mon frère tout en appréciant de voir la bécasse, baisser la tête honteuse, du coin de l'œil. J'écoute mon frère dire ce que je lui ai dit quelques jours plus tôt alors que notre père le reprend mais il remonte dans sa chambre. J'envie sa liberté d'action. Pour ma part, je suis encore coincé au salon à les écouter faire connaissance. Je n'apprécie pas la réaction de ma mère cependant. Elle semble déjà avoir adopté la bécasse et je crains de la voir débarquer ici même quand elle n'y vivra plus.
Vingt minutes plus tard, nous sommes enfin libres et je vais enfin pouvoir monter me laver avant de me coucher. Je suppose que maman va lui faire faire le tour du propriétaire et je commence à monter quand papa me demande de m'occuper de leurs sacs. J'aide son ami à monter ses affaires dans sa chambre puis je m'attaque aux sacs de l'idiote. Quand j'arrive, maman et elle sont assises en train de discuter et je vois ce rapprochement d'un très mauvais œil. Je pose les sacs au sol tout en fixant ma mère lui demandant implicitement de quitter la pièce avec moi et de ne surtout pas donner d'informations à cette idiote qui, j'en suis sûre, ne sait pas garder un secret… Ça me rappelle que je dois lui faire promettre de ne pas dire au lycée qu'elle vit chez moi sinon les rumeurs vont aller bon train. Une fois seuls avec elle, je l'observe sans mot dire durant quelques instants. Je vois bien que ça la met mal à l'aise et j'espère que cette attitude l'encouragera à partir plus vite d'ici. Je finis cependant par parler et rapidement on en vient au fait qu'elle vit chez moi. Je souris quand elle s'imagine qu'elle sera plus gênée que moi si nos camarades du lycée apprennent qu'elle vit ici. Une fois fait, je vais me laver et me brosser les dents avant de revenir vers elle pour la prévenir que la place est libre. A mesure que je m'approche, je vois des plumes au sol puis le lit où elle est à peu près allongée. Dès qu'elle me voit elle bouge et se met dos à moi ce qui me fait secouer la tête. Elle n'a jamais vu un homme en pyjama ou quoi ?
Quand j'arrive dans la cuisine, le lendemain, je souris en notant qu'il n'y a que les adultes. Malheureusement deux minutes plus tard, l'idiote arrive. Un grand sourire aux lèvres, elle salue tout le monde avec entrain et embrasse la joue de son père avant de s'installer en face de moi. Eun-Jo arrive juste après en marmonnant et je me retiens de rire en l'entendant. Lui non plus n'aime pas le bruit le matin. Tout en prenant mon petit-déjeuner, je termine de lire les nouvelles quand je sens son regard sur moi. Les petits-déjeuners et dîner vont devenir infernaux si elle ne cesse de me regarder. A chaque fois que je lève la tête, c'est pour croiser son regard avant qu'elle ne se dépêche de manger. Me croit-elle assez stupide pour ne pas voir son manège ? Je refuse de spéculer sur ce point. A la place, je termine mon repas et me prépare à aller en cours. J'ignore maman qui me demande de montrer le chemin pour aller au lycée à Oh Ha-Ni et je sors de la maison. Quelques pas plus tard, la porte se ferme dans mon dos et je prie pour qu'elle garde ses distances. J'ai beau tenter de l'ignorer quand elle m'attrape par le bras je n'ai pas d'autres choix que d'admettre sa présence dans ma petite routine matinale. Je prends deux minutes pour lui expliquer qu'elle a tout intérêt à mémoriser le chemin pour aller au lycée. Il est hors de question que je joue les chiens d'aveugles pour une idiote. J'en profite pour lui faire comprendre une nouvelle fois que personne ne doit savoir. Donc elle ne me parle pas, elle ne dit à personne où elle vit et elle n'arrive pas en même temps que moi au lycée. Malgré tout, et parce que c'est une fille, je m'assure de temps à autre qu'elle suit toujours. Seulement en voyant un exhibitionniste caché dans les buissons je m'arrête lui dire de passer devant. D'accord je déteste les gamines stupides exubérantes et bruyantes, mais malgré tout je me dois de la protéger de ce genre de pervers. Je m'arrête et elle doit avoir la tête ailleurs puisqu'elle me bouscule.
« - A quoi rêvasses-tu ?
« - Ce ne sont pas tes affaires… Quoi ? Pourquoi est-ce que tu m'attends, quand tu me dis de marcher séparément ?
« - Qui est en train d'attendre ? Passe devant.
« - Pourquoi ? Ah ! Quoi ?! Pourquoi tu n'arrêtes pas de changer d'avis ?
« - Parce que tu es petite… Ce n'est pas difficile de me suivre partout ? Ne me blâme pas quand tu arriveras en retard à l'école et marche devant moi. Je vais juste te suivre.
Je la regarde et note qu'elle semble lutter pour dire quelque chose mais finalement elle obéit comme une fille devrait toujours obéir et passe devant. Je m'assure qu'elle prend la bonne direction et quand elle est assez loin, je fixe le pervers caché dans son imper pour qu'il sache qu'il est repéré. Il a l'intelligence de s'éloigner et je reprends ma route en songeant à la bécasse. Je ne sais pas pourquoi mais j'aime bien l'agacer. Lui rappeler qu'elle est plus petite, plus jeune, plus stupide que moi et donc inférieure à moi. Je souris en notant qu'elle arrive au lycée sans se perdre. Bon elle n'aura pas besoin de me suivre demain. De toute façon, c'est presqu'en ligne droite, même elle ne devrait pas se tromper.
Lee Kang-Dae sourcille en me voyant seulement arriver mais je ne lui donne pas d'explications. Je préfère l'interroger sur la soirée d'hier. Il sourit et me raconte que Jang-Mi a passé la soirée à fixer la porte du bar avant de se résigner. Je me demande si un jour il va lui avouer ce qu'il ressent pour elle seulement au moment où je songe à lui poser la question, il chuchote un « bonne chance » qui me fait comprendre qu'elle arrive. Mon fournisseur en canette de soda. Sept secondes plus tard, une main manucurée se pose sur ma veste et je prends sur moi pour ne pas la retirer brutalement.
« - Tu nous as oublié hier, Baek Seung-Jo, souffla-t-elle en souriant.
« - Je n'ai aucun problème de mémoire. J'ai simplement eu un empêchement.
Inutile d'entrer dans les détails, ça ne la regarde pas. On est à peine amis après tout. Elle fait la moue espérant visiblement que ça va me faire changer d'avis et quand elle réalise que ce n'est pas le cas, elle soupire et porte son attention sur Lee Kang-Dae. Parfait ! Comme on est encore dans le couloir, près d'une fenêtre, j'en profite pour regarder nos camarades. J'aperçois Oh Ha-Ni qui marche voûtée comme face à une épreuve insurmontable. On lui a probablement demandé de diviser deux cent par cinq… Jang-Mi suit mon regard et se moque de sa coiffure… Étrangement ce n'est pas ce qui me choque le plus chez elle mais comment leur avouer qu'elle est du genre bruyante même le matin, sans leur avouer qu'elle vit chez moi ? Impossible ! Ma camarade me demande pourquoi je l'observe et j'esquisse un sourire.
« - Je voulais simplement m'assurer que je n'aurais pas à la porter sur mon dos.
Ils rient tous les deux alors que je soupire mentalement avant d'entrer dans la salle de classe. Le temps que commence le cours je reprends mon livre de Nietzsche. Cet homme était un vrai génie.
Quand dix heures sonne, je suis mes camarades dehors pour prendre l'air et aperçois Oh Ha-Ni qui parle en agitant les mains. Je sens mon cœur s'accélérer malgré moi. Et voilà ! Je me doutais qu'elle serait incapable de garder sa présence dans ma maison secrète. Ses deux amies lui sautent presque dessus, probablement pour avoir des détails et je fais une note de lui rappeler notre accord.
Cependant à mesure que la journée passe, je suis obligé de changer d'avis. Personne ne parle d'elle ou de moi et même lorsque je passe devant ses amis aucun ne se met à pouffer bêtement ou à me montrer en doigt. Me serais-je tromper sur elle ? J'ai de gros doutes. Mes cours terminés, je file en études pour faire mes devoirs et surtout lire dans le calme. Avec maman ce n'était déjà pas toujours simple, mais avec l'idiote en plus dans la maison et mon petit frère dans ma chambre, ça va vite devenir infernal… Manque de chance en études aussi je suis dérangé par une fille dont le nom m'échappe. Elle me demande de l'aide pour ses devoirs et je résous le problème en quelques secondes avant de reprendre ma lecture. Même si j'ai l'étrange impression d'être surveillé… Je dois virer parano. Qui pourrait avoir envie de me regarder lire ? Je secoue mentalement la tête et me concentre sur les mots que je lis. A la fin de l'étude, je quitte la salle pour rentrer chez moi et je croise Oh Ha-Ni là où je l'ai rencontré pour la première fois. Assise sur le canapé, elle semble démoralisée ou fatiguée. A-t-elle enfin compris qu'elle n'atteindra jamais ne serait-ce que la cinquantième place ? Elle doit avoir un peu de plomb dans la tête, je suppose. Je suis cependant surpris d'apprendre qu'elle étudie ici. Dans un endroit aussi passant. Intrigué par son attitude posée, je reste quelques instants à discuter avec elle. Elle semble normale quand elle n'est pas surexcitée et sa conversation pourrait presque être plaisante… Si elle était moins stupide naturellement. Par curiosité, je lui demande quand elle compte rentrer seulement avant qu'elle ne me réponde, l'idiot qui est amoureux d'elle nous interrompt. Il a conscience de paraître ridicule avec le sac de sa future femme sur le ventre ? Je commence à m'éloigner avant de me retourner quand elle reprend la parole. Elle fait de drôles de gestes qui ne veulent rien dire et je m'éloigne quand l'autre idiot la rejoint. Pour ma part, je quitte le lycée et rentre tranquillement. Elle a su faire le trajet dans un sens, elle ne peut pas se perdre, n'est-ce pas ? Satisfait, je prends le temps de rentrer et dès que j'arrive à la maison, je monte dans ma chambre pour terminer rapidement mes devoirs. Une fois fait, je file au salon pour lire rapidement imité par Eun-Jo. J'adore ma chambre mais à présent qu'elle est envahie par ses jouets, je ne m'y sens plus très à l'aise. Maman nous apporte une collation à base de fruits seulement j'ai à peine pioché dedans qu'elle m'interroge sur Oh Ha-Ni. Je me retiens de soupirer et lui réponds sans quitter mon livre des yeux. Heureusement Eun-Jo se permet une remarque sur notre invitée ce qui a pour résultat d'attirer l'attention sur lui. Il se sauve en courant alors que je repense à l'exhibitionniste de ce matin. Je décide de lui donner dix minutes avant de faire le chemin dans le sens inverse pour m'assurer qu'il ne l'a pas coincé quelque part. En attendant, je me chausse et observe l'horloge avant d'aller attendre devant la maison pour échapper à la dispute entre maman et mon frère. Seulement je ne vois personne arriver. Pour la première fois je suis inquiet pour quelqu'un et quand les cinq dernières minutes sont passées, je quitte la maison avec, comme prétexte, d'aller m'acheter du café. Maman refuse que j'en boive le soir. Je vais jusqu'à l'épicerie la plus proche puisqu'elle est vide, achète deux articles presque au hasard et ressors pour prendre le chemin du lycée Même si je fais un détour. Seulement alors que j'arrive à l'intersection, j'entends sa voix sur la droite… Alors qu'il faut prendre à gauche pour revenir du lycée. Elle s'est perdue ? I peine un kilomètre de marche et elle s'est perdue. Changeant de direction je suis sa voix et retrouve enfin Oh Ha-Ni comme je le craignais. Face à l'exhibitionniste qui semble sur le point d'ouvrir son imper. Sans réfléchir, je la rejoins et l'attire contre moi dos au pervers du coin. Je la regarde une seconde pour m'assurer qu'elle n'a rien vu puis observe l'homme qui a ouvert son imper en grand. Il déchante quand il s'aperçoit que sa victime n'en est pas une et referme son manteau avant de partir. Je laisse Oh Ha-Ni dans la rue en lui confiant mes courses et je le suis pour lui faire savoir ce que je pense de ce qu'il fait. Et s'il peut changer de quartier ça m'arrangerait. Je le rattrape deux cent mètres plus loin quand il tombe au sol. C'est un débutant ou quoi ? Avant même que je ne puisse parler, il me demande de fermer les yeux sur son activité et m'explique qu'il débute, qu'il a une famille à nourrir et tout un tas d'autres choses que je n'écoute pas vraiment mais qui doivent expliquer pourquoi il fait ce « métier ». Je cherche juste à savoir où est la seconde chaussure de Oh Ha-Ni. Elle avait les deux au lycée et là elle n'en a plus qu'une. Je lui suggère cependant de rentrer chez lui et en échange je ferme les yeux. De toute façon, j'en ai trop vu aujourd'hui. Tandis qu'il me remercie je réfléchis à la raison qui a poussé Oh Ha-Ni a le regarder et je comprends que c'est lui qui détient sa chaussure. Je le rattrape donc, fouille ses poches et le laisse partir une fois que j'ai sa ballerine… Ce n'est qu'une chaussure, elle n'avait qu'à lui abandonner sa paire et rentrer en chaussettes. C'est une fille, elle doit avoir plusieurs paires après tout. Je fais demi-tour et je ne suis qu'à moitié surpris de voir qu'elle n'a pas bougé. Elle n'a pas peur de tomber sur un autre pervers tapis dans le noir ou quoi ? Elle ne se rend pas compte des dangers de ce monde ? Je laisse tomber sa chaussure au sol et récupère mon sac.
« - Tu me cherchais ? Parce que tu t'inquiétais ?
Oui, devrais-je répondre, j'étais inquiet pour toi Oh Ha-Ni ! Si j'étais honnête ou franc avec elle, c'est ce que je dirais. Seulement je crains que la vérité ne lui redonne l'espoir que je pourrais tomber amoureux d'elle. Or c'est impossible ! Autant tuer le bébé dans l'œuf.
« - Comme si je ferais ça ! Je suis sorti pour acheter ça.
Tout en parlant je lui montre mon sac sans vraiment savoir ce qu'il contient. Je prends plaisir à voir la déception se peindre sur son visage.
« - Mais comment es-tu arrivé juste à temps ?
« - C'est à cause de ma malchance. De toute façon, tu… Dans une telle situation, tu aurais dû laisser ta chaussure. Pourquoi…
« - Parce que c'est un cadeau de ta mère, m'interrompt-elle. C'est la première fois que je les porte.
Je la fixe incrédule. Juste parce que c'est un cadeau de ma mère… Elle a refusé d'abandonner une paire de chaussure uniquement pour cette raison ? Mais c'est un alien ou quoi ? Ce ne sont que des chaussures. Des ballerines toutes simples qui plus est. Je préfère ne pas vraiment rebondir et je reprends le chemin de la maison. Elle me suit immédiatement et tandis qu'on rentre, je suis forcé d'admettre que je suis tout de même content qu'elle n'ait pas tentée de partir seule vers la maison. Elle se serait probablement perdue. Au moins là, elle rentrera saine et sauve. Heureusement pour moi le reste de la soirée est normale et je monte me coucher de bonne heure afin d'être en forme pour demain.
…
Au petit-déjeuner, l'ambiance n'est pas comme d'habitude. Quelque chose cloche et je passe tout le repas à chercher ce qui est différent avant de comprendre d'où vient le problème. Oh Ha-Ni. Elle n'agit pas comme ces trois dernières semaines, ce qui me fait un bien fou, je déteste manger quand je suis observé, mais son sourire ne me dit rien qui vaille. A croire qu'elle prépare une mauvaise blague ! Bon après tout, ça ne peut pas être contre moi puisqu'elle est amoureuse, non ? Rasséréné, je termine mon café et je file au lycée. Elle a fini par retenir le chemin, je n'ai donc pas de souci à me faire. Cependant, je regarde partout pour m'assurer qu'il n'y a aucun pervers sur le trajet. J'arrive au lycée et soupire soulagé, je n'ai vu aucun danger, aucun pervers, maman ne pourra pas me tomber dessus si jamais Oh Ha-Ni a un problème. Je rejoins ma classe seulement je m'arrête devant une fenêtre en la voyant arriver. Elle semble aller bien, elle marche de son pas dansant, presque comme les petites filles de l'école d'Eun-Jo. N'ayant rien à faire, je m'installe à ma place et ouvre mon livre en espérant le terminer rapidement seulement je m'arrête en voyant mes affaires de sports. Ce ne sont pas les miennes. Fatigué, je range mes affaires et prends le chemin de la classe sept. Je me doutais qu'un truc comme ça allait arriver. Plus j'approche de la salle et plus c'est bruyant. Comment peuvent-ils se concentrer avec autant de chahut ? Pas le temps de réfléchir, je m'arrête devant la salle et cherche Ha-Ni des yeux. Quelques uns me reconnaissent et se demandent probablement pourquoi je suis ici mais je n'ai ni le temps ni l'envie de m'attarder pour leur expliquer. Je fouille la salle des yeux et finis par repérer celle que je cherche. Assise à sa place, je suppose, elle discute avec ses amies. Elle finit par me voir et je lui fais signe de me rejoindre alors que le silence se fait. Je retrouve mes capacités de réflexions. Quand elle me rejoint, je lui demande de prendre sa tenue de sport avec elle. Il faut qu'on fasse l'échange dans un coin discret. Je ne peux pas aller en sport dans des vêtements minuscule taillée pour une fille. Ça me ferait revivre ce moment des plus gênants à la piscine et… Je ne veux même pas y repenser. C'était humiliant ! Je l'emmène dans un coin reculé de la cour afin que personne ne nous voit et m'assure qu'on est bien seul avant de lui tendre sa tenue. C'est franchement gênant. Si on nous voit, je suis fichu et…
« - Pourquoi ? Tu aurais pu le porter.
« - Quoi ?!
« - Qu'est-ce que ça peut faire ? Tu en as déjà l'habitude.
Elle rit comme à une blague dont elle est la seule à comprendre puis sort de sa poche ce que je redoute depuis que je sais que ma mère et elles passent beaucoup de temps ensemble. Je peux dire adieu à tous mes secrets, pensé-je en voyant une photo de moi enfant habillé en fille. Même si je connais la réponse, je lui demande où elle a trouvé cette photo. Ma mère a du lui montrer ! Tout en lui courant après pour la récupérer, je songe à ma mère qui m'avait assuré qu'elle avait brûlé toutes les photos où j'étais habillé en fille. J'avais même vérifié mon album et il n'en contenait plus aucune alors comment l'a-t-elle eu ? Maman les a juste cachées pour endormir ma méfiance ? Bon ce n'est pas le moment de réfléchir à ça Seung-Jo. Récupère cette fichue photo ! Je tente la ruse pour réussir à la lui reprendre mais c'est peine perdue. Elle n'est pas très intelligente mais elle court vite et bien. Pas moyen de l'essouffler. A vrai dire c'est moi qui commence à fatiguer le premier. Heureusement, elle finit par s'arrêter et me regarde droit dans les yeux.
« - Attend, dit-elle. Je vais te la rendre. J'ai une condition.
« - Une condition ? Laquelle ?
Je crains le pire. Qu'elle va être sa condition ? Un baiser ? Être plus gentil avec elle ? Voir être à sa botte jusqu'à la fin de l'année ? Rien ne pourrait être pire que ces trois-là. Quand elle reprend la parole cependant, je reste perplexe. Elle veut que je l'aide à étudier. Elle pourrait demander n'importe quoi, je ferais n'importe quoi pour que personne ne découvre le délire de ma mère quand j'étais enfant, et elle me demande de l'aider à étudier ? Je suis sur le point d'accepter quand je me rappelle de notre pari. Si elle atteint le tableau d'honneur, je devrais la porter sur mon dos… Et le prochain test est dans une semaine. Elle espère un miracle ou quoi ?
« - Tu penses que je fais des miracles ? Je ne suis pas Dieu !
« - Je comprends, soupire-t-elle… Vous autres !
Tout en criant ces mots, elle montre la photo à tous nos camarades qui sont face aux fenêtres. J'espère qu'ils sont trop loin pour me reconnaître. Je l'en empêche en essayant, une nouvelle fois, de récupérer la photo puis je décide d'abattre ma dernière carte.
« - Oh Ha-Ni ! Tu es plus intelligente que je ne l'imaginais. J'ai dit que si tu parvenais à être sur le tableau d'honneur, je te porterais sur mon dos. Maintenant tu veux que je t'aide à travailler et que je te porte aussi sur mon dos ?
« - Si tu m'aides, ça annulera tout. Tu penses que je suis aussi mesquine ? T'inquiète ! Je n'ai plus aucun sentiment pour toi.
Je retiens un sourire à ces mots. Tu ne sais pas mentir Oh Ha-Ni. Ton visage est trop expressif et ton attitude envers moi est la même qu'avant. Tandis qu'elle me montre, à l'aide de ses doigts qu'elle ne ressent plus rien pour moi, je décide de lui prouver l'inverse en la provocant. Doucement je me penche vers elle en lui demandant confirmation mais je n'écoute pas ce qu'elle dit. J'observe son attitude. Ses pupilles se dilatent, sa respiration s'accélère légèrement et son regard se pose sur ma bouche durant quelques millisecondes. Tu te mens à toi-même Oh Ha-Ni ! Tu es toujours amoureuse de moi ! Ma méchanceté et ma froideur envers toi n'ont en rien attaqué tes sentiments… Malheureusement pour moi. Je m'éloigne et lui donne mon accord. Je l'aide à étudier en échange, elle me restitue ma photo et si jamais elle atteint le tableau d'honneur, avec moi en prof c'est possible – mais en une semaine j'ai des doutes – alors le pari est annulé et je n'aurais pas à la porter sur mon dos pour faire le tour du lycée. Je n'aurais qu'à l'aider juste assez pour qu'elle augmente sa moyenne. Inutile de l'aider à progresser pour atteindre le haut du panier. Essayons déjà de lui faire atteindre la meilleure moyenne de sa classe. Pour le reste, on verra. Elle sourit satisfaite et s'éloigne avec sa tenue de sport alors que je rejoins ma classe. Ce n'est qu'assis que je me demande si passer plus de temps avec elle ne va pas renforcer ses sentiments pour moi. Ma foi c'est hélas trop tard. Je ne peux pas me rétracter. Elle l'ignore visiblement mais là, elle me tient. Je suis prêt à tout pour que cette photo ne soit vu par personne d'autres. Même Eun-Jo n'est pas au courant de cette anecdote de ma vie et je tiens à ce que ça reste ainsi. S'il le savait, il ne me verrait plus comme un modèle.
La journée passe tranquillement même si beaucoup de mes camarades me demandent pourquoi je lui courais après seulement je décide de ne pas répondre et continue tranquillement ma lecture. Attitude qui les décourage presque tous. Sauf Jang-Mi. Elle n'a visiblement pas conscience que je préférerais ne plus étudier et atterrir dans la classe sept plutôt que de révéler ce qu'il s'est passé dans la cour ce matin ?
Quand je rentre à la maison, je monte dans ma chambre en me demandant comment Oh Ha-Ni a eu cette photo et pour en avoir le cœur net, je rejoins le salon et fouille dans le meuble où sont rangés tous les albums photos. Je prends le miens et le feuillette. Devant mes yeux s'étale mon cauchemar. Les photos sont toutes là. De la première à la dernière ! Il ne manque que celle que détient ma tortionnaire. Je range tout et retourne dans ma chambre où je me change préférant enfiler des vêtements plus confortables. Je m'installe à mon bureau et fais rapidement mes devoirs, avant d'aider mon petit frère avec les siens. Une fois fait, je reprends mon livre que je termine à peine une heure plus tard. Il m'en faudra un autre pour demain. Je n'ai plus rien à lire. Je songe à descendre en prendre un autre seulement, on frappe à ma porte et maman signale que c'est elle.
« - Seung-Jo, est-ce que tu sais où est Oh Ha-Ni ?
« - Je crois qu'elle avait rendez-vous avec des amis après les cours, enfin je suppose un de ses amis portait son sac.
« - Elle a un petit-ami ? Comme c'est dommage pour toi ! Je vous trouve mignon tous les deux et je suis sûre que vous feriez un couple très bien assorti.
« - Moi ? Avec une idiote qui ne sait même pas écrire correctement, demandé-je avec suffisance. Désolé de contrecarrer tes plans maman mais quand je choisirais ma future épouse, j'entends bien choisir une fille qui a quelque chose dans la tête.
« - Tu es méchant Seung-Jo. Ha-Ni est adorable, serviable, jolie, aimable, et pleine de vie. Une fille comme elle dans ton petit monde bien rangé te ferait le plus grand bien. Tu découvrirais la vie autrement que dans les pages des livres que tu lis sans cesse !
Je sourcille en l'entendant hausser le ton mais comme elle repart après, je secoue la tête. Elle a probablement regardé trop de drama à la télé, ces derniers temps… Imaginer que je ferais ma vie avec Oh Ha-Ni… Mais qu'est-ce qu'elle a dans la tête ? La porte d'entrée s'ouvre au même moment et elle signale qu'elle est rentrée. Maman la rejoint aussitôt et elles commencent à discuter dans la cuisine alors que je réfléchis à ce que je viens d'entendre. Visiblement, maman a décidé qu'elle ne serait pas ma sœur, mais ma femme. Certes je refuse même l'idée mais à présent, il va falloir que je me batte contre Ha-Ni et contre ma mère pour leurs faire oublier toute idée d'histoire d'amour entre nous. La guerre est déclarée ! Maman ne me laissera jamais en paix et si je ramène une fille pour leur présenter, je suis à peu près certain qu'elle la comparera à Ha-Ni… Pourquoi ce tremblement de terre a-t-il eu lieu ? Ma vie devient un véritable cauchemar ! Maman nous appelle pour dîner et on descend pour voir que tout est prêt. On s'assoit et durant le repas, succulent comme toujours, je ne peux m'empêcher de jeter des regards à Ha-Ni en espérant qu'elle a changé d'avis seulement elle n'aborde pas le sujet et je suis contraint d'admettre ma défaite. Face à une si petite chose. Toute menue et avec rien dans la tête. Je croise son regard une fois ou deux mais elle ne semble même pas culpabiliser aussi je profite que maman lui demande ce qu'elle veut pour sa collation du soir pour lui demander d'en faire deux. Je vais également en avoir besoin cette semaine en tout cas. Plutôt que de répondre à maman, qui suppose qu'on va étudier ensemble, je lui donne quelques indications nutritionnelles pour éviter le sucre et le gras. Je suggère du pain complet et de l'huile d'olive réputé excellent pour la mémoire tout en sachant que maman risque d'apporter autre chose. J'ajoute néanmoins un jaune d'œuf pour que ce soit meilleur malgré tout. Je vais devoir manger la même chose et l'huile passe mieux avec de l'œuf. Une fois que maman est d'accord je quitte la table et je suis à peine en haut de l'escalier que mon élève m'imite. Par respect, je refuse d'entrer dans sa chambre sans son accord et suggère qu'on étudie dans le petit salon seulement je risque d'avoir besoin de son ordinateur. Elle ne voit aucune objection à ce qu'on travaille dans sa chambre et on s'installe. J'ignore où elle en est exactement mais je crains le pire.
Une heure plus tard, j'ai enfin ma réponse. Elle n'a même pas les bases en arithmétique, son vocabulaire est limité, quant à l'anglais… Je n'ose même pas ouvrir le livre d'histoire. On n'aura pas assez d'une semaine pour lui faire apprendre ce que Eun-Jo sait déjà ! Je retiens un soupir et décide de reprendre tout depuis le début. Ça va être long mais je n'ai guère le choix. Comment voulez-vous expliquer des notions d'équations avec calculs d'inconnus à une personne pour qui X n'est qu'une lettre de l'alphabet ? Je perds rapidement patience, je n'en ai déjà pas beaucoup habituellement mais là… Je commence à comprendre pourquoi leur professeur ne se donne pas la peine de préparer les cours. Que voulez-vous apprendre à des incapables pareils ? Quand elle recommence à imiter la grimace que je fais sur la photo, je frappe sur la table pour lui rappeler que c'est sérieux. Ce que j'essaie de lui apprendre est concret et elle doit le savoir si elle veut entrer à l'université… Bien que je doute qu'elle puisse y parvenir. Avec un niveau si bas, elle devrait se chercher un apprentissage après le lycée, ça sera plus simple pour elle. Je note cependant que lorsque je lui explique le système binaire, c'est incroyable qu'elle ne sache pas ce que c'est, elle semble vraiment intéressée puisqu'elle pose des questions. Ou peut-être est-ce ce que j'ai envie de croire. J'attrape la peluche à qui elle parlait à son arrivée dans cette maison et lui explique l'utilité du système binaire. Le sujet des extra-terrestres semble l'intéresser davantage que les logarithmes mais si je peux trouver comment fonctionne son cerveau, elle devrait pouvoir sauver les meubles au prochain test. Même si c'est une idiote qui ne s'intéresse à rien.
Après cette première soirée passé en sa compagnie à lui expliquer les bases, je finis par lui donner différents méthodes de concentration, d'apprentissage, afin d'améliorer ses chances lors de ce test. J'ignore quelle est le ou la meilleure élève de sa classe et si je peux pouvoir l'aider à être la meilleure, je dois optimiser chacune de ses secondes de repos. Plus le temps de rire avec ses amis avec le lycée, de paresser en rentrant des cours ou d'écouter de la musique. Elle doit tenir le rythme pendant cinq jours et je sens que c'est possible. Certes c'est une mauvaise élève mais plus je passe de temps avec elle, plus je comprends qu'elle a raison sur un point. Si elle a une aussi mauvaise moyenne ce n'est que par paresse. Elle a les capacités pour intégrer une université. Pas une grande naturellement mais avec un peu d'acharnement, elle pourrait rentrer à l'université de Parang. J'en viens même à coller des aide-mémoire partout jusque dans la salle de bain qu'on partage afin qu'elle puisse rester fixer sur son objectif à chaque moment de la journée. Je la surprends parfois à les lire à voix haute plusieurs fois comme pour les retenir et ça me fait sourire. Je ne perds pas mon temps, elle essaie réellement de s'améliorer.
Je passe chaque soir avec elle à lui apprendre de nouvelles choses. Ce ne sont que les bases mais même avec ça, elle peut s'en sortir. Elle a moins de mal avec le coréen, étonnamment ses erreurs sont davantage des erreurs d'inattention mais pour le reste… Elle commence à réussir certains calculs en maths et son anglais s'améliore mais pas la prononciation. De temps à autre, Eun-Jo vient nous interrompre pour me demander de l'aide pour ses devoirs et je l'aide volontiers. Ça me change un élève qui comprend tout et ça me permet de laisser Ha-Ni travailler en autonomie. Même si maman s'inquiète beaucoup pour elle. Il faut dire qu'elle n'a plus le temps de vraiment se reposer ou se détendre. Des cernes violettes se dessinent sous ses yeux, chaque jour davantage et je culpabilise un peu sachant que j'en suis responsable. Je devrais ralentir la cadence mais le test est demain et après elle pourra se reposer tout le week-end. Ça lui fera du bien et après une vraie nuit de sommeil, elle retrouvera son joli visage poupin… Qu'est-ce que je raconte, elle n'est pas attirante et je ne la trouve même pas jolie mais je suppose que pour l'idiot amoureux d'elle, elle est jolie. Il n'y a que le dernier soir que je n'aide pas Eun-Jo. Je me concentre sur Ha-Ni qui a plus besoin d'aide que lui malheureusement. J'entends mon frère qui l'insulte et je me tourne pour voir sa réaction seulement elle reste concentrée et je me demande si elle a entendu ce qu'il vient de dire. La voir si concentrée sur ses cours me fait sourire et quand je l'entends parler à mon petit frère, l'apercevant enfin, je me retiens d'intervenir. A la place, je termine d'imprimer une série de questions susceptibles de tomber demain pendant le test. Si elle réussit à y répondre alors c'est dans la poche. Cependant je change d'avis en voyant l'heure. Elle a besoin de dormir sinon elle va s'endormir devant sa copie. A la place, je lui propose de lire simplement les questions et de se reposer au maximum. Étrangement, une petite partie de moi regrette que cette semaine s'achève. J'aimais bien l'aider à travailler, lui donner des conseils ce genre de choses Heureusement avant que je ne puisse le lui avouer elle redevient la Ha-Ni qui fait une montagne de pas grand-chose et je lui rappelle sèchement les consignes que je viens de lui donner. On n'est pas amis petite bécasse, je ne suis là que par obligation n'oublie pas ! Je m'assois à côté d'elle pour vérifier qu'elle étudie réellement seulement je ne suis pas habitué à veiller si tard et tandis qu'elle lit les questions que j'ai trouvé, je pose ma tête sur mes bras en croix pour me reposer quelques instants. C'est maman qui me réveille et je lève la tête pour noter qu'il est minuit. La dernière fois que j'ai regardé l'heure, il n'était que vingt-et-une heures ! Machinalement je regarde si Ha-Ni a terminé de tout lire et souris en voyant qu'elle s'est endormie sur la dernière page. Il faudra que je lui rappelle de la lire demain matin au cas-où. Je m'étire et quitte la pièce alors que maman se charge de réveiller mon élève-tortionnaire.
…
Le lendemain, je me retiens de faire une remarque. Elle a visiblement oublié qu'on ne devait pas être vu ensemble. Quand j'arrive devant ma salle je lui souhaite bonne chance même si je ne me fais aucune illusion. Elle a d'ors et déjà perdu son pari et moi j'ai jamais autant travaillé un examen. Comme à chaque fois je remplis ma feuille plus rapidement que les autres et dès que je l'ai rendu, j'ouvre un nouveau livre de Nietzsche. Par delà le bien et le mal.
A la fin de la journée, je rentre tranquillement chez moi et sourcille en voyant maman aux fourneaux. Ce n'est pas son genre de commencer le dîner si tôt. Ce que je lui dis quand je rentre. Elle rit joyeusement avant de m'annoncer que ce soir on fête notre réussite à Ha-Ni et moi.
« - On aura les résultats qu'à la fin de la semaine, tu sais ?
« - Oui mais vous avez passé la semaine à réviser et je suis sûre que vous avez fait des merveilles l'un comme l'autre… Au fait où est Ha-Ni ?
« - Aucune idée. Probablement avec ses amis ou au restaurant de son père.
Je pourrais lui demander la raison de cette question, j'en ai très envie à vrai dire mais je sais que si je manifeste le moindre intérêt pour son invitée, elle va nous imaginer à nouveau mariés. Je m'enferme donc dans ma chambre pour lire n'en ressortant que pour dîner. Durant tout le repas, il n'est que question du test d'aujourd'hui et je tends l'oreille quand elle annonce qu'elle a pu répondre à toutes les questions. Bon je n'ai pas perdu mon temps malgré tout. C'est déjà une bonne chose. Reste à savoir si elle sera la meilleure de sa classe. C'est l'objectif que je lui ai fixé. Son idée d'intégrer le classement des cinquante meilleurs élèves est absolument irréaliste et quand maman me demande ce que j'en pense je lui donne mon avis. Du coin de l'œil je vois les épaules de Ha-Ni s'affaisser mais je refuse de l'encourager, il faut rester réaliste. Son père ajoute que dans tous les cas il est fier d'elle comme à chaque fois et je retiens un sourire de justesse en la voyant le prendre dans ses bras. La relation qu'ils ont tous les deux est aux antipodes de celle que j'ai avec ma famille. Je vois le regard de maman se faire envieux mais contrairement à Ha-Ni, je ne suis pas tactile ni même câlin. Je ne vois pas l'intérêt de ce genre de geste même si je sais que maman en souffre. Heureusement pour elle, son invitée se lève et la prend dans ses bras pour la remercier pour les en-cas qu'elle nous a préparés, puis fait pareil avec mon père pour le remercier de les héberger. Eun-Jo me regarde surpris. Comme moi, il retient ses émotions et a du mal à montrer aux gens ce qu'il ressent. On l'exprime autrement généralement. Enfin je suppose. Tout ça me rend mal à l'aise et j'envie Ha-Ni de savoir dire merci de cette manière.
Comme prévu les résultats arrivent à la fin de la semaine et tout le monde se précipite dessus alors que les professeurs n'ont pas encore accroché les feuilles. Plus calmement qu'eux, je m'approche et note avec surprise qu'Oh Ha-Ni est dans le classement des cinquante meilleurs élèves. J'ai accompli un miracle en une semaine… Ou alors les élèves de ce lycée sont de plus en plus stupides. Je m'éloigne de l'attroupement et note qu'elle est également là. Sauf qu'elle regarde uniquement les résultats. Elle ne se cherche pas dans le classement et je m'interroge sur qui va lui annoncer la nouvelle. Elle sourit en croisant mon regard et s'approche pour me féliciter d'avoir réussi. Comme chaque fois, sauf que cette fois-ci j'ai étudié pour la première fois de ma vie. Son visage affiche une moue vexée ou déçue je ne saurais le dire très exactement et pour lui remonter le moral, je lui annonce qu'elle aussi a réussi… Elle n'a réellement pas regardé si elle était dans le classement ? Alors qu'elle étudie depuis un mois juste pour ça ? Curieux je l'observe tandis qu'elle va vérifier le classement et je me retiens de secouer la tête. Cette fille est une alien, c'est la seule explication. Sinon comment expliquer qu'elle n'a même pas pensé à elle ? Que ce qui l'intéressait c'était mes résultats ? Et après tu oseras dire que tu ne ressens plus rien pour moi Oh Ha-Ni ! En retrait, je guette son retour. Non que je veuille avoir son avis ou voir sa réaction, simplement elle a toujours en sa possession la photo compromettante et je souhaite la récupérer. Elle finit par me rejoindre et… Je rêve où elle est sur le point de pleurer ? Ce ne sont que des chiffres sur un bout de papier, pourquoi pleures-tu ? Je soupire légèrement et tends la main pour récupérer la photo. Je n'ai fait ça que pour elle. Cette fichue photo que maman a gardé ainsi que toutes les autres. Elle me remercie en secouant mon bras énergiquement alors que je la fixe perplexe. Je me moque de ses remerciements, je veux la photo ! Je m'éloigne dès que je l'ai récupéré et dos à elle, je souris face à ses remerciements des plus énergiques. Je crois que je commence à comprendre pourquoi maman passe autant de temps avec elle, elles sont pareilles. Je déchante cependant quand un adulte crie stop et je me tourne curieux. Le professeur de la classe sept m'interpelle et me rappelle le pari fait devant témoins. Pari qu'on a annulé Oh Ha-Ni et moi ! Elle n'a prévenu personne ? Je la fixe alors qu'elle tente d'expliquer à sa professeure que le pari est annulé seulement celle-ci est butée et refuse de la laisser parler. Elle plaisante-là ! On a annulé ce pari, il est hors de question que je porte Oh Ha-Ni sur mon dos ! Je les écoute discuter, l'une tentant d'expliquer que le pari est annulé et l'autre ne l'écoutant pas préférant disserter sur le fait qu'elle est un mauvais professeur. Ce qui est évident étant donné que j'ai réussi en une semaine ce qu'elle a été incapable de faire en presque quatre ans. La professeure me rappelle une nouvelle fois le pari et je leur tourne le dos pour partir seulement tout le monde s'y met et je tempête contre Oh Ha-Ni qui n'a pas parlé de l'annulation du pari ! Je me tourne pour noter qu'elle semble secouer la tête pour dire que non il n'est plus prévu que je la porte avant de se tourner vers moi désolée. Je la vois me supplier avant de tourner sur elle-même perdue. Je crois que je n'ai pas le choix. Même si elle me doit sa réussite ! Je la fixe pour noter qu'elle est submergée. Elle ne sait même plus si elle doit respecter notre accord ou obéir à la foule.
…
Et voilà pour cette semaine, c'est tout. J'espère que ça vous a plu ? Ou si comme noona, vous trouvez Seung-Jo arrogant et détestable au possible (ma relectrice veut carrément le frapper^^)
Miss tagada (L)
