Blabla de l'auteur : Hello hello. Bon j'avoue je n'aime pas vraiment le début de l'histoire mais tant pis. J'espère que cette version de ce drama (sous côté si vous voulez mon avis) vous plaira.

Disclaimer : Tout de que vous reconnaissez de l'univers appartient à Kaoru Tada et à l'équipe de Playful kiss. Je ne touche rien en écrivant.

La compétition de sport

Je regarde la foule et Oh Ha-Ni tout en me demandant comment j'ai pu croire qu'une fille comme elle pouvait tenir ses promesses. Sans un mot, je la regarde se débrouiller avec tout ça. On a conclu un pacte elle et moi, à elle de se débrouiller pour expliquer que ce n'est plus d'actualité. Même si ça semble compromis puisqu'elle a du mal à réfléchir sous pression. Heureusement, elle finit par écarter les bras en criant et tout le monde se tait. Enfin ! Ok Oh Ha-Ni, tu les as fait taire, montre-moi comment tu vas régler le problème à présent et peut-être que je reconsidérerais mon avis sur toi. Elle revient vers moi et je sais déjà ce qu'elle va me demander. Avant même qu'elle n'ouvre la bouche je sens poindre un « s'il te plaît Baek Seung-Jo, tu peux m'aider à régler ça ! » Sait-elle faire quelque chose seule ? Sa professeure relance mais Ha-Ni la fait taire d'un regard. Quelle autorité !

« - Ne te méprends pas. Je n'ai rien à voir avec tout ça, dit-elle dos à la foule.

Ça ne nous aide pas mais je suis ravi de savoir qu'elle n'a pas comploté dans mon dos… En même temps quand aurait-elle pu le faire ? Cependant je me dois de lui souligner que je savais que ce genre de chose arriverait. Je ne sais pas pourquoi mais j'ai l'impression que partout où passe Oh Ha-Ni les catastrophes s'accumulent… Ce doit être sympa d'être loin d'elle et de regarder les problèmes lui tomber dessus. L'ennui c'est que pour le moment j'y suis mêlé ce que j'apprécie moyennement. Cette fille est une plaie ! La onzième plaie d'Egypte !

« - Bon alors, ça va, je peux leur dire que nous vivons ensemble ?

Rien que l'idée que ça se sache me donne des sueurs froides et elle veut leur dire ? J'écarquille les yeux de stupeur en la traitant de folle.

« - Alors que veux-tu que je fasse ?

Nous y voilà. Elle s'attire des ennuis, nous en attire et c'est à moi de les régler ? Mais qu'ai-je fait pour devoir supporter une telle épreuve ? J'entends bien que certains discutent de l'autre côté de la pièce mais pour le moment je dois réfléchir à une solution. Il n'y en a que trois. Soit on avoue qu'elle vit chez moi, ce que je refuse obstinément. Soit, je la porte sur mon dos et tant pis pour sa parole qui ne vaut rien. Soit je pars sans donner suite et je passe pour un lâche, qui a peur de porter une fille sur son dos. Le mieux reste encore de la porter mais ça serait mettre sa parole en doute et j'espère qu'elle va trouver la solution toute seule. Parce qu'aucune des miennes ne me convient. Elle reste muette et je soupire.

« - Tu fais la fofolle, mais au final tu obtiens ce que tu veux. Je déteste les gens comme toi !

« - Quoi ? Ce qui arrive… Quoi ?

Je la regarde bafouiller légèrement en me traitant d'idiot. Même s'il est vrai que je déteste les manipulateurs, elle ne fait pas partie de ces personnes. Ça se voit. Aussi je lui propose de monter sur mon dos. Cédons à la pression sociale !

« - Oublie ça !

« - Comment ça « oublier » ? C'est toi qui l'a voulu alors monte !

J'attrape son poignet pour l'empêcher de partir même si je suis à peu près certain qu'elle nous offre une porte de sortie en refusant de monter sur mon dos. Je suis même tenté de la lâcher surtout quand elle me le demande mais son idiot de copain nous interrompt. Une fois de plus. Une fois de trop !

« - Baek Seung-Jo ! Tu ne vas pas lâcher cette main ? Je t'ai dit de la lâcher !

« - Toi, encore ?

« - Oui, reprend-il en capitaine courage. Et alors ?

Je le fixe tout en songeant que je me retrouve toujours face à lui à cause de Oh Ha-Ni… Devrais-je les laisser s'aimer en paix ? Je ne demande que ça à vrai dire ainsi ça serait lui qui aurait tous les problèmes qu'elle engendre pourtant il faut que j'ai le dernier mot face à lui. Ma fierté est en jeu. Je l'écoute s'excuser de ne pas l'avoir cru quand elle disait étudier et je me retiens de secouer la tête. C'est son ami et il ne la croit même pas ? Aurais-je mal compris comment fonctionne l'amitié ? Il promet à Ha-Ni de lui faire faire autant de fois qu'elle le souhaite le tour du lycée et mon ego prend le dessus. Alors qu'elle le repousse, elle n'a visiblement pas envie de faire le tour du lycée sur le dos de qui que ce soit, je décide d'intervenir et je l'attire vers moi en lui donnant presque l'ordre de m'obéir et à moi seul.

« - Bouffon, m'insulte son chevalier servant.

Avant que quiconque réagisse, ses amis qui le suivent partout, attrapent Oh Ha-Ni et l'oblige à monter sur son dos. Elle est à peine accrochée à lui qu'il part en courant direction le nord… A cette vitesse-là, ils arriveront au Japon dans une heure ou deux. Je les regarde partir avec dans la bouche un goût de défaite que je n'aime pas. Ok Boong Jong-Su ou quelque soit ton identité, tu gagnes cette manche mais si on est à nouveau l'un contre l'autre, je n'aurais aucun scrupule à tricher pour gagner. Tu t'es servi de tes faire-valoir, je me servirais de ma tête ! Oh Ha-Ni n'étant plus là, tout le monde s'éloigne sauf la professeure qui s'approche de moi.

« - Tu l'as échappé belle le génie, Bong Joon-Gu t'a sauvé la mise. Un petit conseil : la prochaine fois, ne fais pas de paris si tu ne t'en sens pas capable, fanfaronne-t-elle.

Elle s'en va sur ces mots alors que je la fusille du regard. Tout ça c'est de la faute de Oh Ha-Ni ! Quelle idée a-t-elle eu de faire ce pari stupide ? Il faudra que je lui pose la question à l'occasion.

Le week-end passe sans incident pour une fois. Eun-Jo continue ses constructions aimantées, moi je lis dans le calme, maman chantonne en s'occupant en bas et papa est à son bureau. Pas de bruit non plus du côté de Oh Ha-Ni et quand lundi arrive, j'ai bon espoir que ma vie reprenne comme avant. La journée se déroule tranquillement et je rejoins ma classe en préparant une petite vengeance pour Boong Joon-Su. Je prends place et durant le cours de coréen, j'écoute discrètement Kang-Dae imaginer tout un plan pour réussir à faire comprendre à Jang-Mi qu'elle lui plaît. A un moment, je suis obligé de lui demander de se taire, ça tombe dans le domaine de l'absurde !

« - Tu as une meilleure idée peut-être ?

« - Lui dire tout simplement ? Ça a toujours marché avec moi !

« - T'as eu combien de petites copines exactement ?

« - Zéro mais c'est un choix. Les filles du lycée sont toutes des idiotes. Prend exemple sur la classe sept et cette idiote de Oh Ha-Ni. Elle m'a écrit une lettre… Truffé de fautes et mal construite mais au moins elle a eu le courage de me faire connaître ses sentiments.

« - Ouais enfin vu que tu lui as renvoyé sa déclaration dans le figure en y ajoutant une gifle mentale parce que tu as osé lui rendre sa déclaration que tu as corrigé, je ne suis pas certain qu'elle osera faire la même chose à son prochain coup de cœur.

« - Possible mais ce ne sont pas mes affaires. Inutile de la laisser espérer que ça serait possible plutôt que la laisser se languir.

« - Peut-être en attendant, elle reste mignonne.

« - Tu trouves ? Elle a le front plat et des yeux qui paraissent toujours fatigués.

« - Et elle n'a pas vraiment de poitrine mais elle est menue et ça lui va bien…

Monsieur Song nous rappelle à l'ordre et je me concentre sur ce qu'il raconte tout en songeant à ce que vient de me dire Kang-Dae. J'avoue que j'ai beau vivre depuis un mois avec Oh Ha-Ni, je ne l'ai jamais vraiment regardé mais s'il dit qu'elle a une petite poitrine, il doit avoir raison. J'y jetterais un œil si l'occasion se présente. En attendant je me concentre sur mes cours et quand arrive l'heure d'étude, je la rejoins sans grande envie. Elle va être là et je sens déjà son regard me vriller le dos. Pourtant je ne peux pas y couper aussi j'entre dans la salle et m'assois là où je suis chaque jour. Mon sac sous la table, je sors mon livre et commence ma lecture. La porte s'ouvre soudainement et je quitte les pages des yeux pour voir Oh Ha-Ni arriver. La journée avait trop bien commencé. Sans bruit, elle rejoint la place qui lui a été attitré sous le regard du vice-principal qui n'accepte pas les retards et je replonge dans le livre de philosophie que je lis. Même si je suis rapidement dérangé par ma voisine qui me demande de l'aide pour ses devoirs. Je lis à peine l'énoncé et lui écris la réponse avant de retenir un soupir. Je dois passer pour un type accro aux sodas. Tout le monde m'en offre. Je décline son cadeau pour replonger dans mon livre seulement un rire qui n'a rien d'agréable à mon oreille m'empêche de me concentrer. Mon Dieu cette heure va être très longue ! Déjà dix minutes de passer et je suis toujours à la même page. Le vice-principal crie son prénom et elle s'excuse avant de se taire quand je me tourne pour la fusiller du regard. Ne peut-elle pas profiter de la pièce ? J'ai vu où elle travaille, cette salle doit ressembler au paradis à côté des couloirs bondés ou de sa chambre avec toutes ces distractions. Elle ferait mieux de se rappeler de mes conseils si elle veut garder sa place dans le top cinquante. Elle se cache derrière son livre mais je continue de la regarder en me demandant si je n'aurais pas mieux fait de ne pas l'aider. Ainsi la salle d'étude serait un endroit calme qu'elle n'a pas pollué avec sa malchance. Je finis par replonger dans ma lecture seulement le vice-principal ouvre soudainement la porte et s'énerve contre trois élèves. Des cancres assurément. J'entends la voix de Boong Joon-Su et regarde l'heure. Encore trois quart d'heure. A ce rythme-là j'aurais peut-être atteint le bas de la page !

Quand l'heure est enfin terminée, je glisse mon livre dans mon sac et je quitte le lycée pour rentrer à la maison. Je fais un détour par le parc pour prendre l'air et tenter de me dépolluer la tête. Je n'ai rien pu faire de l'heure. Entre les interventions des amis de Oh Ha-Ni, elle qui ne connaît pas les règles, le vice-principal qui n'arrêtait pas d'être sur son dos et ma voisine qui a réclamé plusieurs fois mon aide… J'ai besoin de calme. Je fais le tour du parc en prenant le temps de me concentrer sur ma respiration et quand j'ai retrouvé mon calme, je prends le chemin de la maison en pensant que j'aurais bientôt le droit de conduire. En réalité je peux, j'ai dix-neuf ans* et j'ai ma licence mais papa refuse que je prenne le volant tant que je ne suis pas l'université. Ce qui n'est pas totalement idiot. Me balader à pied m'oxygène l'esprit seulement je ne peux pas quitter Séoul. Je sourcille en entrant. Tout est calme et machinalement je manifeste ma présence seulement personne ne répond. Pourtant Ha-Ni est là ses chaussures le prouve. Elle est peut-être dans le jardin. Je monte à l'étage serein seulement j'entends mon prénom dans sa chambre et je m'approche. Elle parle visiblement au téléphone sa conversation a des trous. Ma curiosité me perdra sans doute un jour mais je m'approche pour l'écouter.

« - Non c'est fini Joo-Ri J'ai perdu trois ans à l'aimer et il ne m'aimera jamais. Il ne tolère même pas ma présence en salle d'études Non Joon-Gu est un ami pour moi comme pour toi Exactement, rit-elle Non, je lui ai dit que je ne ressentais plus rien pour lui Quand ? Eh bien l'autre fois quand je l'ai félicité pour ses excellents résultats, ment-elle. Oui avant que je ne serve de pion dans le petit duel entre Seung-Jo et Joon-Gu Ouais je ne l'aime plus mais j'aurais préféré que ce soit Seung-Jo qui gagne. Au moins, je peux discuter avec lui et j'aurais pu le convaincre que je n'avais aucune envie d'être baladée dans tout le lycée comme un vulgaire sac à dos.

Je n'en écoute pas plus ça ressemble à une banale conversation de filles. Seulement au moment où je pose ma main sur la poignée de la porte de ma chambre, elle sort de la sienne. Elle n'a plus son portable et j'en conclue qu'elle a terminé sa conversation. Elle rosit et baisse les yeux avant de descendre à la cuisine alors que je me demande depuis quand elle joue les timides devant moi. Habituellement elle n'hésite pas à me dire ce qu'elle pense. Cela étant dit, je suis ravi de savoir qu'elle n'éprouve plus rien pour moi. Du moins officiellement puisque je la surprends encore souvent à me regarder du coin de l'œil ou à être mal à l'aise face à moi. Comme hier quand je suis sorti de la salle de bain après ma douche. Elle sortait de sa chambre et ses joues ont pris une couleur carmin en me voyant.

Je passe la soirée à lire n'arrêtant que pour manger tout en voyant d'un mauvais œil la complicité qu'il y a chaque jour davantage entre maman et Ha-Ni. Je les écoute se programmer une journée entre filles ce week-end et je me retiens de lever les yeux. Au moins, durant une journée, je ne les aurais pas dans les pattes. Malheureusement je déchante quand j'arrive en cours le lendemain. Monsieur Song nous apprend qu'on va devoir affronter la classe sept dans un tournois sportif de quatre épreuve. Il est sérieux ? Je note que beaucoup de mes camarades sont aussi perplexes que moi et Jang-Mi demande des explications. On peste tous contre le vice-principal qui a trouvé l'idée intéressante et surtout contre la prof de la classe sept qui a eu cette idée stupide. Bon après tout, ils ne sont pas bons à grand chose, on ne risque rien.

Je change d'avis le lendemain. Durant toute la matinée, on entend des cris, des encouragements, des coups de sifflets et des ordres qui sont aboyés depuis la cour. Monsieur Song nous assure que ce n'est pas important pourtant je commence à douter de notre victoire. On n'a pas le choix, il faut qu'on batte la classe sept. On est les meilleurs élèves du lycée, on ne va pas perdre devant des idiots qui savent à peine compter jusqu'à deux. Ma curiosité me pousse à aller les voir à la fin de la journée. Bong Joon-Gu donne des conseils pour passer correctement un bâton de relai et je les observe perplexe. Ils pensent vraiment pouvoir nous battre ? Je sais qu'il faut se méfier de Ha-Ni, elle m'a prouvé qu'elle était capable de miracles. Elle a le mental pour se mesurer à nous mais les autres ? Les mains dans les poches je les observe tout en me demandant pourquoi ça me dérange qu'il soit proche d'elle. Je n'aime pas cette idiote. Je ne la considère même pas comme une amie alors pourquoi ai-je envie de m'interposer entre eux pour qu'il cesse son manège ? J'interviens sans même m'en apercevoir jusqu'au moment où tout le monde se tourne vers moi.

« - Il n'y a pas plus comique que ça !

« - Oh ! Baek Seung-Jo ! Es-tu venu ici pour nous voler notre stratégie ?

« - Vous avez même une stratégie ?

Il me fait rire. Ils sont tous stupides et ils ont une stratégie pour gagner ? Alors qu'on est plus intelligents et plus rusé qu'eux ? Je demande à voir. A présent cette compétition prend un tour intéressant. Je me suis promis de te battre Bong Joon-Gu et l'occasion est bien trop belle pour ne pas la saisir. Même si on déteste tous le sport. Ce que j'avoue sans problème. Ce n'est pas aussi utile qu'on le pense. Hormis pour nous garder en bonne santé, ça n'a aucun intérêt. Mais j'escompte bien me battre contre toi et gagner. Mon ego en a besoin. Je m'amuse à le provoquer et souris mentalement en le voyant prêt à se battre seulement Ha-Ni se met entre nous alors que je décrète que tout ceci est pitoyable.

« - Qu'est-ce qui est pitoyable ?

« - Quoi ?

Je ne m'attendais pas à ce qu'elle prenne la parole et encore moins la défense de ces idiots mais c'est vrai que ce sont ses camarades. Elle doit éprouver de la compassion pour eux. Dans le meilleur des cas.

« - Qu'est-ce qu'il y a de pitoyable à faire de son mieux ? Vous n'allez pas vous forcer alors nous allons gagner ? Joon-Gu est super rapide ! Et puis il est bon en sport ! Parles-tu en connaissance de cause ?

« - Ha-Ni, sourit l'amoureux transit.

« - Juste parce que tu penses que vous allez perdre, quelle lâcheté ! Bien, j'ai entendu le coq perdre la bataille, se vanter encore plus.

« - Quoi, demandé-je perplexe et étrangement blessé dans mon ego. Coq ?

« - C'est cela ! Coq !

Très bien Oh Ha-Ni, alors là c'est la guerre ! Je quitte le lycée en leur souhaitant de bien s'amuser et je rentre chez moi avant d'envoyer un message à Kang-Dae. C'est un des seuls donc j'ai le numéro mais je le préviens que j'ai changé d'avis. On va se donner à fond sur cette compète et écraser les cancres qui s'imaginent être meilleurs que nous. Je n'ai aucun mal à le convaincre, c'est un sportif amateur même si son truc c'est le basket. En revanche, il nous faut toute la matinée du lendemain pour rallier le reste de la classe et encore, monsieur Song est obligé de nous appuyer. Ok le sport est inutile mais quand Kang-Dae annonce qu'ils nous ont traités de coq et de lâches, tout le monde réagit de la même manière. On décide de prendre la journée pour travailler notre stratégie et tout n'est que calculs. Où placer les plus forts, les plus grands, les plus petits, les plus rapides si bien qu'au soir on est prêt et maman se réjouit de la compétition entre son fils et sa fille adoptive. Si elle doit faire partie de notre famille autant la voir comme une sœur. Je grogne mentalement quand elle parle d'encourager l'un des deux et je tourne la tête pour m'assurer qu'elle ne compte pas venir. Ce n'est même pas une véritable compétition interclasse. Juste deux profs à l'égo mal placé qui veulent savoir qui sont les meilleurs. Quand maman m'annonce qu'elle va même prendre des photos, je tente de minimiser l'événement en lui rappelant que c'est juste quatre petites épreuves entre deux classe. Soit soixante élèves maximum. Il n'y aura même pas de remise de ruban stupide ou autre. Eun-Jo partage mon avis, évidemment, et je l'écoute argumenter contre le sport cette matière inutile. C'est vrai qu'il a bientôt une épreuve de corde à sauter et comme moi, il n'y arrive pas. Ha-Ni lui propose de l'aider et intérieurement je suis ravi de voir que malgré les insultes qu'il lui lance, elle ne lui en veut pas et veut même l'aider à progresser. Enfin si elle est aussi douée en corde à sauter qu'en cours, il est fichu ! Elle ne réussit pas à le convaincre mais quand nos regards se croisent je peux lire qu'elle est toujours furieuse de ce que j'ai dit hier. Tu crois réellement pourvoir nous battre Ha-Ni ? Que veux-tu parier cette fois-ci ? Je suis prêt à relever le défi !

Le lendemain, tout le monde se prépare et pour ma part, j'enfile simplement ma tenue et rejoins le terrain de sport. Une de mes camarades m'appelle et me donne les couleurs de l'équipe. Je les prends et commence à rejoindre le stade seulement je m'écarte pour laisser passer une mascotte orange avec un pneu au niveau de la taille pour donner du volume, je suppose. La classe sept se croit au Jeux Olympiques ou quoi ? Soudain, je sens un truc s'enfoncer dans mon postérieur, ça fait mal et ça surprend. Je me retourne pour voir l'horrible monstre orange faire ce que je suppose être une grimace avant de s'enfuir en courant seulement cet idiot tombe au sol et je m'approche pour l'aider à se relever. Je vais en profiter pour savoir qui se cache sous ce déguisement horrible ! Je suis surpris de voir que c'est Ha-Ni dessous et je lui pince la joue presque énervé qu'elle ait voulu me blesser pour m'empêcher de les battre ! Elle semble avoir mal et je relâche sa joue en me sentant minable. S'attaquer à une fille plus faible et plus fragile, c'est vraiment nul comme attitude ! Je m'en veux quelques instants et je remets son masque n'importe comment sur son visage pour ne plus voir la douleur dans ses yeux. Je reprends mon tee-shirt bleu direction le stade. Je dois encore m'échauffer après tout. En attendant je m'assois sur une des chaises en plastique à l'ombre et observe la classe sept faire du bruit. Ils se croient réellement au JO c'est la seule explication. Ma voisine me propose une canette de soda, que je décline tout en regardant Ha-Ni. Tout ça semble l'amuser et je me demande comment elle peut prendre du plaisir à mourir de chaud dans un costume en plein soleil. Bientôt la première épreuve commence arbitrée par le vice-principal en personne. Je regarde mon équipe, la bleue, saluer les jaunes qui s'inclinent tous pour vérifier leur rubans. Je détesterais participer. Marcher au pas attaché à une dizaine de personnes. L'enfer ! Qui a choisi les épreuves au juste ? Bon de toute façon, ce n'est pas difficile. Il suffit de marcher tous au même pas. Un singe aveugle y parviendrait… Je crois rêver en voyant la classe sept battre la mienne et je décide que ça suffit. C'est le seul point qu'ils doivent gagner. La seconde épreuve est de toute façon, la corde et si nos calculs sont exacts, on peut les battre en moins de deux minutes… Je n'arrive pas à croire ce que je vois. Ils sont plus forts qu'on l'avait supposé et on est en train de perdre ce tournoi stupide ! La corde avance tantôt d'un côté tantôt de l'autre. Une voix étrangement familière marmonne en anglais malgré son accent coréen et je me tourne avant de comprendre que ma mère est arrivée. Des cris explosent et je regarde à nouveau l'épreuve en notant qu'on les a presque vaincu ces idiots en jaune… Quoi ? On a mis au moins deux minutes à les tirer vers le marquage blanc et il leur faut à peine trente secondes pour nous écraser ! Je n'arrive pas à croire ce que je vois ! Et bé, ils ont la victoire bruyante… Je croise les bras passablement ennuyé en voyant Joon-Gu prendre Ha-Ni dans ses bras. Ça ne me plaît pas de les voir si proches et je déteste la tête qu'il fait quand elle se blottit contre lui. Je préfère tourner la tête plutôt que d'assister à un tel spectacle ! Je craque au bout de trois secondes et les observe. Ça lui va bien de gagner, il faut le reconnaître. Je ne l'ai jamais vu sourire comme ça et je la regarde prêt à parier qu'elle doit avoir le regard qui pétille. Si je dois subir une autre épreuve de sport je la prends dans mon équipe.

Le vice-principal annonce la course relai et je m'échauffe tout en me concentrant pour battre la classe sept. Un point, je veux juste qu'on gagne un point. Histoire de ne pas se faire entièrement laminer par une classe de débile. Je suis malheureusement rejoint par Bong Joon-Gu qui se pavane parce qu'ils ont gagné trois malheureuses épreuves. Ça ne me dérange pas, celle-ci, on va la gagner. Tu peux ranger tes lauriers César ! Il parle encore et encore tandis que je vérifie mes lacets et quand c'est bon je lui demande si, comme moi, il est le dernier coureur. J'espère vraiment qu'il le sera, je veux avoir le plaisir de le battre ! Mon ego en a besoin ! Je termine de m'échauffer tout en l'écoutant se moquer de mon côté cérébral aussi je n'ai aucun scrupule à lui souligner une de ses très nombrables fautes de langage avant de m'éloigner. On va courir l'un contre l'autre. Si on a le bâton de relai en même temps alors je peux largement le battre ! On se met en place et le départ est donné. Depuis ma place, j'observe la course en pestant intérieurement. L'équipe jaune nous dépasse d'une courte tête ! Le premier relai est passé et les jaunes ont une sacrée longueur d'avance. Heureusement, monsieur Song rattrape notre retard et passe même largement devant sa collègue. C'est clair, qu'on gagne la course. Il n'y a même pas besoin de réfléchir ! J'entends Joon-Gu encourager Ha-Ni et ça ne me plaît pas ! Aujourd'hui c'est pour lui qu'elle n'a d'yeux et sans trop savoir pourquoi, ça m'énerve ! La prof se relève et lance le bâton à Ha-Ni… C'est réglementaire ça ? Je l'ignore mais elle l'attrape au vol et s'élance aussitôt. Mais on a trop d'avance, elle ne nous rattrapera pas !… Ce n'est pas vrai ! Elle court vite en plus de courir longtemps ? Je n'aime pas ça ! Ils vont gagner et ça c'est hors de question ! Je refuse de perdre une nouvelle fois face à Joon-Gu. Au diable mes principes ! Tu as triché l'autre fois pour porter Ha-Ni, je vais te rendre la monnaie de ta pièce. Désolée Ha-Ni ! Dès que je suis dans sa ligne de mire je souris en la regardant. Si elle ne ressent plus rien pour moi, ça ne lui fera rien n'est-ce pas ? Je peux lire son trouble dans ses yeux et ça renforce mes convictions. Elle a beau s'en défendre, elle est toujours amoureuse de moi. Cette hypothèse me plaît et je la fixe en souriant. Je dois la déstabiliser si je veux que ma classe gagne la course… Non en fait je me moque complètement de la course, je veux juste battre l'amoureux transit et je ne reculerais devant rien. Elle me tend son bâton que je refuse de prendre, il n'est pas de la bonne couleur et quand je passe devant elle, je lui rappelle ce qu'elle est. Une idiote ! Je m'élance le plus vite possible pour gagner la course et remettre le score en ma faveur ! Joon-Gu, essaie donc de me battre ! Peu à peu les cris de mes camarades viennent jusqu'à mes oreilles et j'apprécie cette chanson. Ça m'encourage à accélérer. Il doit être en train de courir à l'heure qu'il est et si je ne vais pas plus vite, il va me dépasser et c'est hors de question ! Plus de triche à présent. C'est entre lui et moi ! Le vainqueur prend tout ! J'accélère quand je vois le bâton de relai jaune sur ma droite. On est à quelques mètres de l'arrivée. Ma victoire ne sera pas écrasante mais je dois gagner ! Histoire que Ha-Ni se rappelle que je suis meilleur que son camarade de cours ! Je passe la ligne d'arrivée le premier à une foulée près mais comme mes camarades m'acclament en vainqueur ça m'est égal ! J'ai gagné. J'ai à nouveau l'avantage sur lui et c'est tout ce que je retiens. Même si je me sens un peu désolé pour Ha-Ni. J'ai joué avec elle pour gagner et même si ça m'a confirmé qu'elle est toujours amoureuse de moi, une petite part de moi me rappelle que ce que j'ai fait est un coup bas. En voyant mon concurrent encore au sol, je m'approche et lui propose mon aide qu'il décline avant de me souligner que je n'ai pas vraiment gagné étant donné que son équipe à pris du retard… Une course de relai c'est ça mon gars ! Je m'éloigne en fanfaronnant et sens mon cœur battre à un rythme bien plus rapide que d'habitude. Je souris satisfait et rejoint mes amis en jetant un œil du côté de Oh Ha-Ni seulement elle semble se cacher puisqu'elle a remis le masque de son costume sur son visage. Étrange ! Jang-Mi me félicite pour ma course et je souris à peine pour ne pas l'encourager dans ses sentiments. A la place, je fais comme beaucoup de garçons, je file dans les vestiaires prendre une douche puis on décide d'aller boire un café pour débriefer. Beaucoup sont déçus qu'on ait réussi à gagner qu'une seule épreuve sur les quatre mais notre professeur relativise. Le plus important était d'en gagner au moins une. Ce que personne ne comprend mais bon, comme il ne semble pas nous en vouloir d'avoir été si cérébral, ça me va.

Je rentre à la maison et applique un patch antidouleur pour diminuer les courbatures avant de m'installer au salon pour lire un peu. Je trouve étrange que personne ne soit là mais pour une fois que je peux jouir du silence de chez nous, je ne vais pas me plaindre. J'en profite écouter un peu la radio. Je tends simplement l'oreille quand on annonce Bonamana des Super Juniors. Je sais que Ha-Ni est fan et je suis curieux de savoir ce qu'ils font. A la fin de la chanson, je comprends qu'elle les aime tant. Leur musique est comme elle. Pleine de vie, bruyante, des paroles qui ne parlent que d'amour… C'est accrocheur comme style. Je finis cependant par éteindre la radio, je préfère me concentrer sur mon livre.

Je n'en sors que deux heures après quand maman et Ha-Ni rentrent à la maison. Accompagnées d'Eun-Jo qu'elles sont passées prendre visiblement. Maman me salue et rejoint son ordinateur, probablement pour regarder les photos qu'elle a prises à la compétition. Je jette un œil à Ha-Ni et note qu'elle est légèrement raide. Des courbatures probablement. Papa arrive quelques minutes plus tard et comme souvent je monte m'isoler à l'étage. La musique sur les oreilles, pour ne pas les entendre discuter, je repense à la journée d'aujourd'hui tout en écoutant le dernier album des Super Juniors même si je n'avouerais jamais que je l'ai téléchargé. Je reste quelques instants à observer les étoiles quand la porte de la chambre de mon frère s'ouvre. Je tourne la tête pour observer Ha-Ni en sortir. Elle est vraiment raide sur ses jambes. Elle marche doucement en fixant ma chambre, probablement pour s'assurer que je ne la vois pas dans cet état et je ne peux m'empêcher de signaler ma présence.

« - Tu ne dors pas encore ?

Elle a un sourire un peu incertain mais ce n'est pas le même que celui de ce matin quand sa classe nous a battu. Elle s'approche tout en me répondant mais je fais mine de ne pas l'entendre. En fait je crois que je commence à apprécier cette petite bécasse et son enthousiasme à toute épreuve. Je crois que je ne la verrais jamais pleurer. Je l'écoute s'extasier sur la terrasse et décide d'intervenir pour lui signaler son coup de soleil sur le nez. Pourquoi je fais ça ? Je l'ignore mais j'aime bien la taquiner et la voir réagir, ce n'est jamais comme je m'y attends. Cependant, et parce que je culpabilise toujours un peu de m'être servi d'elle pour gagner contre son capitaine courage, je décide d'être gentil avec elle ce soir.

« - Puisque tu as risqué ta vie, tu as sûrement mal. Tu as vraiment donné ton maximum.

« - Le moins que je puisse faire est de faire de mon mieux, répond-elle en me regardant tout en se massant le cou. Ça doit être bien pour toi… Tu es bon en tout. Tu es même bon en course.

« - Je suis bon au basket et en natation aussi.

Je l'entends marmonner mais à cause de la musique je ne comprends pas ce qu'elle raconte aussi j'enchaîne même si je refuse d'admettre qu'elle m'a impressionnée durant le relai. Elle était incroyable !

« - Tu avais l'air assez énervée ces derniers jours. Pourquoi m'as-tu donné le bâton ?

Je ne sais même pas pourquoi je lui pose la question puisque j'ai fait ce qu'il fallait pour la troubler mais j'écoute sa réponse avec attention. Va-t-elle admettre son trouble ou va-t-elle me sortir une nouvelle excuse ? Elle se tait sur ses raisons, préférant me laisser me moquer d'elle et soudain je m'inquiète de savoir si elle n'a pas eu de problèmes avec ses camarades. Ce qu'elle avoue d'un simple signe de tête avant de m'annoncer que maman est venue la voir a même apporter des pizzas au moment où celle-ci arrive à l'étage. Je peux la voir du coin de l'œil pourtant je ne signale pas sa présence. Je préfère qu'elle le fasse d'elle-même.

« - Ma mère, demandé-je faussement surpris. C'est typique. Rien n'arrête ma mère. Les autres familles disent que c'est le père qui crée des problèmes. Mais chez nous, c'est ma mère la trouble-fête, dis-je en regardant là où elle se cache.

« - Pourquoi ? J'aime beaucoup ta maman. Vraiment beaucoup, précise-t-elle en continuant de masser son cou.

« - Tu l'aimes tant que ça, m'étonné-je.

« - Oui, je l'aime beaucoup. Aujourd'hui, elle est venue nous apporter des pizzas et prendre des photos. J'étais contente.

« - Tu es vraiment heureuse ?

Ça se lit sur son visage et je ne sais pas pourquoi mais quelque part, ça me fait plaisir.

« - Oui. Ma mère n'est jamais venue à l'école comme ça avant. Elle est morte quand j'étais petite.

Je relève les yeux en apprenant ça. Ainsi c'est pour ça qu'elle est si proche de la mienne ? Non pour se glisser dans ma famille, mais simplement pour connaître le bonheur d'avoir une femme pour la guider dans sa vie de future adulte ? Pourquoi me dire ça Ha-Ni ? Comment puis-je t'en vouloir de passer du temps avec ma mère à présent que je sais ça ? Elle parle et me raconte que son père et sa grand-mère ont fait de leur mieux pour remplacer sa mère décédée mais je me doute que ce n'est pas pareil. J'aime ma mère et quand j'étais petit, j'étais ravi qu'elle soit là pour me soutenir. Même si elle me mettait souvent mal à l'aise. Au fond de moi, je savais que, contrairement à certain de mes camarades, j'avais quelqu'un qui était fier de moi, même si je ratais ou que je perdais. Ses mots et ses aveux me perturbent et pour cacher mon trouble, je lui suggère de descendre demander des patchs antidouleurs comme j'ai fait de mon côté. Je ne veux pas qu'elle sache que ce qu'elle vient de m'avouer est en train de changer mon regard sur elle. Malgré moi. Seulement elle préfère en profiter pour aller aider à faire le dîner.

« - Tu devrais te repo… Bien, je suppose que si tu comptes habiter ici, tu dois vouloir aider un peu.

Je me lève pour rejoindre ma chambre avant de me tourner pour lui parler du costume qu'elle portait. Je lui avoue que je ne connais pas cette mascotte ou cette peluche. Kanggira Pompuri ? C'est vraiment le nom de cette bestiole ? J'observe Ha-Ni danser en chantant les paroles d'un dessin animé, je suppose, comme pour m'aider à m'en souvenir seulement j'ignore totalement ce que c'est. Cependant, c'était mignon sa danse. Ce que j'avoue d'une voix presque froide pour qu'elle ne se fasse pas d'illusion. Si je ne la déteste plus, je suis loin de la considérer comme une amie ou quelqu'un dont je suis proche.

Le lendemain soir, on se retrouve au restaurant de Oh Ki-Dong, mes parents tiennent absolument à ce qu'on mange tous ensemble pour fêter la réussite d'Ha-Ni aux examens. Je décide de faire simplement acte de présence et passe la soirée à dîner le nez sur mon téléphone avec la musique en fond dans les oreilles pour ne pas trop entendre leurs conversations. En réalité je repense à la conversation que j'ai eu avec Ha-Ni ce matin.

Flash-back

« - Oh Ha-Ni ? Pourquoi n'as-tu rien dit à tes amis et à ta classe ? A propos du pari entre nous, qu'on a annulé quand tu m'as supplié de t'aider à réviser, précisé-je en la regardant.

« - Selon toi, je n'avais aucune chance d'atteindre le classement des cinquante meilleurs élèves. J'ai pensé que je n'avais pas besoin d'en parler. Et puis tu ne voulais pas que quelqu'un soit au courant de la photo et tu n'es pas assez gentil avec moi ou qui que ce soit. Je n'aurais pas pu leur dire que tu avais gentiment accepté de m'aider. Personne n'y aurait cru, on m'aurait probablement harcelé pour tout savoir et quelqu'un aurait fini par découvrir que je vis chez toi.

Tandis qu'elle parle, je me rends compte que sur certains points je l'ai mal jugé. Ok c'est une bécasse idiote mais elle est loyale et n'a, semble-t-il qu'une seule parole. C'est la seconde fois que tu me fais changer d'opinion sur toi Ha-Ni et je me demande si je ne t'ai pas mal jugé sur d'autres points.

Fin du flash-back

La soirée s'éternise, le repas aussi et je songe à rentrer à pied quand nos père se mettent à chanter de concert. Visiblement ils avaient un groupe à notre âge. Cependant j'ai appris certains trucs sur Ha-Ni. Son surnom et le fait que son père apprécie davantage mes efforts que maman. Même si je suis habitué à être le meilleur, qu'il me dise qu'il est fier de moi m'a touché. Malgré moi, je ne peux m'empêcher de la surveiller. Visiblement c'est la première fois qu'elle boit de cet alcool, elle ne connaît pas ses dangers. Pourquoi est-ce que je m'inquiète pour elle ? Son père est présent, après tout, non ? Ce sont les seuls moments forts de cette soirée en l'honneur de Ha-Ni. Assis sur une des chaises, au fond, j'écoute d'une oreille nos pères qui chantent tout en me demandant quand on pourra enfin rentrer à la maison. La fin de la chanson arrive enfin et je manque de m'étrangler quand ma mère me suggère de jouer de la guitare. Heureusement avant qu'elle n'insiste trop, Ha-Ni intervient et si au début, je lui en suis reconnaissant, je n'ai aucune vie de jouer de la guitare, à mesure qu'elle parle je me sens insulté. Est-elle en train de suggérer que je trouve que le restaurant de son père n'est pas assez bien pour moi ? Je la fixe surpris par ses mots alors que son père lui demande si elle est ivre. Une question que je me pose aussi à vrai dire seulement elle n'a même pas terminée son premier verre, selon elle. Quand elle reprend la parole, c'est pour avouer à Ki-Dong tout ce que je lui ai dit. Qu'elle était pénible et qu'ils vivaient chez nous à nos dépends. A nouveau, je la fixe surpris par son discours assez décousu mais vrai… Je ne le pense pas toujours cependant mais il est vrai que je ne lui dis jamais quand j'apprécie sa compagnie ou sa conversation. Je ne lui ai même pas dit que j'avais apprécié de l'aider à travailler ses cours… Seulement elle m'énerve toujours à garder ses sentiments amoureux pour moi et si je suis si méchant c'est uniquement pour qu'elle passe à autre chose. A un autre garçon… Comme son Capitaine courage. Maman puis Ki-Dong me demandent des explications et je me retrouve dans l'embarras. Comment leur expliquer ce que je ne comprends pas forcément. Cette fille est un problème de math insoluble. A chaque fois que je crois trouver la solution pour la comprendre, voilà qu'elle agit d'une nouvelle manière à tout remettre en question. J'aimerais vraiment que cette soirée s'achève, Ha-Ni parle trop et bientôt elle va avouer qu'elle m'a écrit une lettre d'amour, que je l'ai humiliée en la lui rendant corrigée et notée et ma mère ne laissera pas ça passer. Je vais devoir me défendre et je déteste ça. A l'inverse de moi, elle m'a entièrement cerné et je n'aime pas ça. J'aime garder un côté distant avec les gens mais plus elle parle et plus j'ai l'impression qu'elle met ma personnalité à nue. Maman en est blessée naturellement et elle interroge Ha-Ni sur ses sentiments pour moi alors que je crains ce qu'il va suivre. Elle lui répond en assurant qu'elle aime toute ma famille, même Eun-Jo qui ne l'aime pas. Tout le monde… Sauf moi. Et comme chaque fois, au lieu de me défendre ou de m'expliquer j'attaque. Quand elle dit ne plus m'aimer, je ne peux m'empêcher de la provoquer en lui rappelant le début de sa lettre d'amour. Elle se met soudain à crier pour m'interrompre, ce qui a pour but de l'empêcher de continuer à dire qu'elle ne m'aime pas alors que je continue de déballer ces mots d'amour que j'ai retenu malgré moi à cause de ma mémoire photographique. Je sais que je suis allé trop loin quand elle me jette de la nourriture au visage mais je ne peux pas retirer les mots que je viens de prononcer. Comme elle ne peut pas retirer les siens. Je n'aime pas l'entendre dire qu'elle ne m'aime pas. Même si je ne ressens rien de particulier pour elle, j'aime l'idée qu'elle est amoureuse. Ça me plaît qu'une fille m'aime au point de vouloir être avec moi tout le temps. Même une catastrophe comme Ha-Ni. Maman comprend qu'elle m'a écrit une lettre même si je n'ai rien mentionné de précis quant à son père, il semble surpris que la lettre fût pour moi. Visiblement il avait découvert qu'elle était amoureuse. Je souris en l'entendant dire qu'elle n'est plus amoureuse de moi qu'elle a oublié tous ses sentiments à mon égard mais je ne le prends pas au sérieux. Elle me l'a déjà affirmé plus d'une fois mais elle l'est toujours. L'alcool finit par avoir raison d'elle et elle se tait enfin… Avant de manquer de tomber. Tout le monde se lève pour l'aider hormis mon frère et moi qui regardons cette jeune femme qui ne tient pas l'alcool. Maman me demande de la porter jusqu'à la maison mais comme son père se propose j'espère qui échapper… Peine perdue, ils sont tous ivres. Je suis le seul à n'avoir pas vraiment bu hormis deux gorgées pendant le repas. Je râle, je n'ai aucune envie de la porter mais je n'ai pas le choix et quelques minutes plus tard, je sors du restaurant avec Ha-Ni sur mon dos. J'aimerais que ce soit désagréable de la porter mais finalement non. C'est la première fille que je porte ainsi et étrangement ça me plaît que ce soit elle. Elle sent bon mais c'est très léger comme une odeur de gel douche plutôt qu'un parfum quelconque. Elle marmonne que je suis un abruti et je ne peux que la féliciter. Elle a réussi à faire en sorte que je la porte sur mon dos. Ce que je lui dis d'une voix douce espérant qu'elle est encore trop endormie pour m'entendre. Seulement elle m'entend et me demande même de répéter. Ce que je fais sans réfléchir. Cinq pas plus tard, elle réalise qu'elle est sur moi et demande à descendre. Cependant, et parce que je suis un type mesquin, je profite qu'elle est la seule à pouvoir m'entendre pour la provoquer une dernière fois. Je lui rappelle ses mots avant de lui demander pourquoi son cœur bat si vite. Je le sens qui bat plus vite, à moins que ce soit le mien, pourtant c'est elle que je provoque.

« - Eh bien, étant comme ça, penses-tu être capable d'avoir un bébé et l'élever ?

Quand elle réalise ce que je sous-entends, elle cherche à s'éloigner et je suis obligé de plier les genoux pour garder mon équilibre et la garder sur mon dos. Je réussis à rétablir mon équilibre et le sien puis je reprends la route sans la lâcher. Elle est de toute façon encore trop ivre pour marcher seule. Dès que la maison est en vue j'accélère légèrement et je ne la lâche qu'une fois à l'intérieur. Elle s'enfuit en courant à l'étage et je murmure un « Bonne nuit Ha-Ni » dès que j'entends sa porte claquer. Nos familles arrivent peu après et je leur annonce que je vais me coucher précisant que mon petit poids est déjà dans sa chambre. Je vois Ki-Dong fixer mes pieds une seconde comme pour s'assurer que ce n'est pas moi qui l'ait couché mais je suis encore en chaussures, j'ai donc la conscience tranquille.

Cependant quand j'entends maman entrer dans sa chambre le lendemain, je sourcille. Elle va aller la réveiller comme un bébé ? Quelques minutes plus tard, la porte se referme et je décide de sortir de ma chambre. Elle en sort au même moment et je retiens un soupir. Je pensais qu'elle était déjà en bas avec maman… Je note malgré moi que sa poitrine a grossi durant la nuit et sans une remarque je descends au jardin pour le petit-déjeuner. Elle nous rejoint peu après alors que j'essaie d'aider mon frère à la corde à sauter. Seulement j'ai eu beaucoup de mal de mon côté avec ça. Je ne peux m'empêcher de la guetter tout en me demandant pourquoi sa poitrine a grossi soudainement. Kang-Dae avait tort finalement, elle n'est pas si petite. Eun-Jo la traite d'alcoolique et elle grimace honteuse alors que je me retiens de sourire. C'était son premier verre après tout. Maman est naturellement aux petits soins et elles finissent par reparler d'hier. Alors que j'aimerais oublier. Elle semblait vraiment furieuse hier en disant qu'elle ne m'aimait pas et je ne sais pas pourquoi mais je n'ai aimé ni ses mots ni l'expression de son visage. Maman a trouvé la soirée amusante et je me désintéresse de la conversation pour donner des conseils à mon frère. J'ai réussi cette épreuve en la prenant comme un problème de mathématique aussi je lui explique de la même manière. En parlant d'angle et de rythme mais je vois bien qu'il a un peu de mal. Courage petit frère. Tu n'auras cette épreuve à réussir qu'une fois après tout. Tu as toute la journée pour progresser. Il reprend son exercice et bientôt Ha-Ni aussi lui donne des conseils. Qu'il refuse de suivre, tant il la prend pour une incapable. Quant à moi… J'avoue qu'elle n'est pas aussi nulle que je le pensais le jour de son arrivée et je me dis qu'il devrait peut-être l'écouter. Pourtant elle ne désespère pas de lui donner des conseils et il finit par lui demander de lui prouver ce qu'elle dit puisqu'elle semble tout savoir sur le sujet. Je suis curieux de la voir faire de la corde à sauter de mon côté. Je me décale pour la regarder me plaçant de manière à ce que maman ne me voit pas pour ne pas qu'elle s'imagine quoi que ce soit. Je suis simplement curieux caché derrière le journal du matin. Maman s'enthousiasme à mesure qu'Ha-Ni enchaîne les différentes manières de sauter et je me sens… Je ne sais pas mais je n'aime pas la savoir meilleure que moi en quelque chose. Hormis pour montrer ses sentiments. Elle finit par me remplacer et donne un cours de Eun-Jo me laissant lire en paix… Enfin maman me demande mon avis sur le talent de Ha-Ni et je refuse de reconnaître à voix haute qu'elle est meilleure que moi. A la place, je retourne à mon journal quand je note la présence d'une paire de chaussettes de filles au sol. Seulement avant que je puisse la ramasser Ha-Ni saute dessus en criant ce qui me fait sourciller. Quand elle se relève, je comprends comment la paire est arrivée dans le jardin et me retiens de secouer la tête. Me croit-elle aussi superficiel ? Ce n'est pas en donnant plus de volume à sa poitrine que je vais m'intéresser à elle. Qui a pu lui mettre cette idée en tête ?

A mesure que la journée passe, je vois de plus en plus de personnes chuchoter dans mon dos et je commence à me poser des questions. Qu'est-ce que Ha-Ni a encore fait ? Je sais qu'elle ne dira jamais qu'on vit sous le même toit, elle me l'a prouvé, mais elle n'est pas à l'abri d'une gaffe. Cependant, grâce à elle, Eun-Jo a parfaitement réussi son épreuve de corde à sauter et je suis forcé de reconnaître qu'elle sait faire certaines choses que je ne saurais jamais faire. Comme de la corde à sauter… Ou gagner honnêtement une course… Mais pourquoi tout le monde me fixe comme ça ? Je devrais poser la question seulement je n'ai pas vraiment d'amis dans ce lycée et je mets un point d'honneur à avoir le moins d'interactions possibles avec mes camarades je suis donc forcé de le découvrir par moi-même. Si je n'ai rien appris ce soir, j'interrogerais Ha-Ni, elle doit le savoir après tout !

Je n'ai pas besoin d'attendre d'être à la maison cependant. J'ai ma réponse quand je m'assois à ma place en étude. Tout le monde s'est tu à mon arrivée et même ma voisine de gauche n'ose plus me regarder. Ce qui m'intrigue. Je ne sais pas ce qu'il s'est passé mais j'espère que Ha-Ni réagira de la même façon au soir. Je baisse les yeux sur ma table et aperçois l'écran de mon ordinateur en salle d'étude. En fond d'écran, il y a une photo de moi et d'Ha-Ni endormi à la même table. Dans sa chambre me semble-t-il. Elle n'a porté cet affreux bandeau qu'une seule fois pendant que je l'aidais à travailler. Je regarde l'écran à droite. Même fond d'écran. Celui de ma voisine de gauche pareil… Comment est-elle arrivée là ? Et qui la prise ? Il n'y a qu'une responsable…

« - Oh Ha-Ni !

* : En Corée du Sud on calcule l'âge différemment. Ainsi les neuf mois de grossesse entre en compte et un bébé naît à l'âge d'un an. Ils partent également du fait qu'à chaque nouvelle année, tout le monde prend un an. Ce qui doit expliquer pourquoi je ne vois jamais personne fêter son anniversaire dans les dramas.

J'espère que ce chapitre vous a plu. N'hésitez pas à me donner votre avis sur les différentes réactions de Seung-Jo. Sur ce qu'il ressent pour Ha-Ni. Attirance, animosité, amitié, froideur... Même si on est tous d'accord avec ma relectrice, c'est un handicapé des sentiments ! ahahah

Miss Tagada (L)