Blabla de l'auteur : Bonjour à tous. J'espère que vous allez bien ? Sans plus attendre, on retrouve Baek Seung-Jo et Oh Ha-Ni qui, espérons-le vont se rapprocher.
Disclaimer : Tout de que vous reconnaissez de l'univers appartient à Kaoru Tada et à l'équipe de Playful kiss. Je ne touche rien en écrivant.
Episode 05
Alors que je me rapproche encore, elle pose sa main douce sur ma bouche pour m'arrêter et je décide que la plaisanterie a assez duré. Nos parents peuvent arriver d'une seconde à l'autre et ils ne verraient sans doute pas ça de la même façon que moi. Maman serait probablement ravie mais Oh Ki-Dong…
« - Avant cela, nous devrions mieux nous connaître.
Je souris amusé par sa réponse. Mieux nous connaître ? Alors tu pensais que j'allais vraiment t'embrasser Ha-Ni ?
« - Mieux nous connaître ? Depuis quand use-t-on de ce genre d'expression, demandé-je en riant doucement.
Je me décale pour la laisser se relever tout en riant. Je sais que je dois la vexer mais elle parle vraiment étrangement parfois. « Mieux nous connaître »… Je quitte mon lit pour m'asseoir sur mon canapé tout en l'observant se lever et quitter ma chambre sans finalement prendre son livre. Pourtant elle ne rentre pas dans la sienne. J'entends son pas qui s'est arrêté devant ma porte juste après qu'elle soit sortie. Je me calme et me lève pour ramasser son livre afin de lui rendre seulement mon frère entre dans la chambre au même moment. C'était moins une !
« - Ah. Tu es de retour.
« - Mince alors. Qu'est-ce qui ne va pas avec Oh Ha-Ni ? Son visage est tout rouge.
« - Vraiment ? Je me demande bien pourquoi.
Tout en lui répondant, je m'assois et observe les pages de son livre. Toutes sont gribouillées. Comment veut-elle comprendre ses cours si elle dessine sur les pages ? J'avoue cependant qu'elle est plutôt douée. Je sourcille cependant en tombant sur une liste de choses à faire avec moi. Sortir avec moi et aller à montagne Nam. Probablement pour y déposer un cadenas. La porter sur mon dos dans la foule. Déjà fait ! Se tenir la main ? Parler au téléphone toute la nuit ? Je jette un léger coup d'œil au mur qui sépare nos chambres. Elle est dans la sienne à présent pourtant je n'entends aucun bruit. Se marier… Rien que ça Ha-Ni ? Le mariage et les enfants après, je suppose ? Cela étant, tu n'es pas très exigeante je dois le reconnaître. Tu n'as marqué aucun dîner romantique, ou vacances dans un pays étranger… Tu aimes les choses simples, je suppose. Je finis par refermer le livre, je lui rendrais demain matin. Je me couche alors qu'Eun-Jo fait de même et m'endors rapidement.
Quand je la vois sortir de sa chambre le lendemain, je lui tends son livre sans une remarque pour une fois. Je suppose qu'elle ne voulait pas que je vois les rêves qu'elle nourrit à mon égard. Puisque tu dis que je suis ton ami, je vais tâcher de ne pas parler de ce que j'ai découvert pour le moment. Tu n'as trahi aucun de mes secrets, je garderais le tien.
Après les cours, je rejoins le vendeur de hot-dogs près du lycée pour le rendez-vous que j'ai pris afin de choisir ma fac. J'ai entendu dire qu'Ha-Ni allait à l'université de Parang et je songe à faire comme elle. C'est vrai que je me plains souvent de son omniprésence dans ma vie mais elle créait des accidents qui font ressortir certaines de mes qualités et j'ai envie de voir tout ce que je suis capable de réussir malgré tous les problèmes qu'elle me cause. Il me parle de l'université de Séoul qui me veulent dans leurs rangs, et même de l'Ivy League aux Etats-Unis. J'y songe, après tout ça serait une merveilleuse expérience mais loin de la protégée de maman ma vie reprendra une routine qui ne me plaît plus autant qu'avant. J'aimais ma vie confortable, réglée comme du papier à musique, sans accro ni surprise mais à présent j'aime les accidents de Ha-Ni… Pas trop souvent, j'ai besoin de temps pour moi mais la voir débarquer à n'importe quelle heure pour me demander de l'aide, ou un service me plaît.
Je passe la soirée à y réfléchir et même le lendemain je ne suis pas décidé. Je sais que j'ai encore quelques jours pour soumettre ma candidature mais pour une fois j'ignore quoi faire. De toute façon, je ne sais pas ce que je serai plus tard. Papa veut que je reprenne sa société de jeux vidéo mais je n'aime pas les jeux et je sais que je ne le ferais pas. Seulement il y a tellement d'autres métiers que je pourrais faire… Comment me décider ? Si quelqu'un pouvait m'aiguiller ça serait bien. Monsieur Song m'a suggéré de rejoindre l'université de Séoul en ingénierie et c'est peut-être la solution. Faire ça un an le temps de me décider sur ma future carrière ? Je finis par sortir de la salle pour mieux réfléchir, j'ai besoin d'air et la quiétude du soir m'aidera sûrement. La fin des cours se termine sans que je ne sois décidé et je rentre à la maison en songeant à toutes ces opportunités. Université de Séoul en ingénierie ? L'Ivy League aux Etats-Unis donnerait du cachet à mon CV c'est certain. L'Université de Parang serait peut-être un choix plus facile. Je pourrais m'y rendre à pied ou en bus les jours de pluie et continuer de vivre à la maison. Celle de Séoul est un peu plus loin, je serai obligé de dormir sur place avec un colocataire. Très peu pour moi… A moins que j'ai une voiture pour l'université ? Je signale ma présence en entrant et monte dans ma chambre pour réfléchir. J'ai réduis mes possibilité à ces trois choix là. Encore que l'Ivy League me semble compromis tant que je n'ai pas trouvé ma spécialité. Je suis déconcentré dans mes réflexions par la catastrophe Oh Ha-Ni. Je me demande bien ce qu'elle a aujourd'hui. Maman monte la rejoindre ainsi qu'Eun-Jo et je retourne à mes réflexions quand on m'appelle dans la chambre d'à côté. Ha-Ni a perdu tout son dossier d'inscription pour l'université de Parang. Je prends sa place et commence à résoudre le problème. Pourquoi a-t-elle ouvert autant d'onglets inutiles ? Elle pleure à côté de moi, ce qui m'agace un tant soit peu et je finis par lui faire remarquer qu'elle devrait fermer les onglets au fur et à mesure. Ça serait plus simple. Elle pleure c'est désespérant et ça m'empêche de me concentrer. Pourquoi ne peut-être pas se calmer, elle a encore le temps non ? J'ai ma réponse quand elle signale qu'elle n'a plus beaucoup de temps à maman et je me concentre pour trouver une solution. Je finis par rouvrir les pages ce qui la fait crier de joie. Pour la calmer, je lui rappelle qu'elle doit se dépêcher d'enregistrer sa demande si elle ne veut pas perdre une année et lui cède la place. Je m'assois derrière elle, je préfère rester au cas-où elle aurait encore un problème et observe maman qui tire Eun-Jo hors de la pièce. Curieux ! Resté seul avec Ha-Ni j'attends en silence jusqu'à ce qu'elle me remercie une nouvelle fois.
« - Université de Parang, cours de premier cycle ?
« - Oui. En fait, je n'ai pas beaucoup de choix. Mes notes sont vraiment mauvaises.
« - Tu as piqué une crise alors que tu n'as vraiment aucune chance, demandé-je curieux et un peu perplexe.
« - Je dois tout de même faire de mon mieux, dit-elle me faisant réfléchir quelques secondes.
« - Pourquoi veux-tu aller à la fac ?
« - Hein ? Pourquoi cette question ? Ben, pour étudier et...
« - Si tu n'es bonne en rien, dis-je en prenant sa peluche préférée, et qu'aucune matière ne t'intéresse en particulier, pourquoi t'obstines-tu à faire ça ?
« - Si je n'étudie pas, je ne peux pas trouver mon but dans la vie. Trouver ce que j'aime ou à quoi je suis bonne.
« - Comment pourrais-tu savoir si tu aimes quelque chose, l'interrogé-je en regardant vers elle.
« - Tu peux le savoir bien sûr, m'assure-t-elle en se tournant vers moi pour m'expliquer quelque chose que je ne sais pas. Ton cœur commence à battre plus fort. Si tu trouves quelque chose que tu aimes, il battra encore plus fort là, dit-elle en posant sa main sur son cœur alors que je l'imite perplexe. Mon père a le cœur qui bat plus vite quand il sent les pâtes sécher.
« - J'aimerais vivre ça moi aussi, ce genre de sentiment.
J'ai parlé pour moi-même mais quand je lève les yeux de sa peluche jaune, je croise son regard perturbé et je n'aime pas ça. Je lui rappelle donc de se dépêcher si elle ne veut pas rater son inscription et quitte la pièce pour rejoindre ma chambre. Eun-Jo doit être en bas puisque je suis seul. Je m'assois sur mon canapé et réfléchis à notre conversation… Ce sera l'université de Parang alors ! Je m'assure cependant qu'il y a une spécialisation en ingénierie avant de m'inscrire à mon tour en songeant à la conversation qu'on vient d'avoir avec Ha-Ni. Je dois la considérer comme une amie à présent étant donné que mon cœur s'est légèrement accéléré quand elle m'a remercié et durant notre conversation. Quand nos regards se sont croisés.
…
Une semaine plus tard, j'apprends que je suis admis à l'université de Parang. Quand j'ai déposé mon dossier, ils étaient tellement ravis d'avoir un tel élève qu'ils ont accepté mes conditions. Notamment celle de ne pas passer l'entretien d'admission. Ils sont même d'accord pour que je ne paye pas mon année scolaire. Mais j'ai demandé cette faveur pour Ha-Ni. Je sais que son père ne pourra pas payer ses études je les ai entendu en parler il y a quelque jours. N'ayant pas les miennes à payer, je suis certain que mes parents aideront Oh Ki-Dong à payer celles de sa fille. Et même si papa était contre, Ha-Ni est sous la protection de maman, elle fera tout pour elle.
En me levant le jour des entretiens pour ceux qui veulent entrer à l'université, je suis à la fois soulagé et inquiet. La tempête LaNaNim souffle depuis hier et je suis ravi de ne pas avoir à mettre le nez dehors… Seulement Ha-Ni doit aller à l'entretien. Je sais que beaucoup vont refuser de s'y présenter étant donné le temps, ce qui serait un sacré avantage pour elle. Je n'ai plus qu'à espérer qu'un adulte le lui dise, je ne voudrais pas avoir à le faire. Elle ne doit pas savoir que j'ai besoin qu'elle aille dans la même université que moi. J'écoute leur conversation depuis ma chambre et je suis rassuré quand je l'entends dire qu'elle ira qu'importe le temps. Pour ma part, je regarde les informations sur mon téléphone tout en me demandant si je ne vais pas lui proposer d'y aller avec elle… Elle n'hésiterait pas pour moi, je le sais mais je n'ai pas vraiment envie de risquer ma vie pour son entretien. Quand j'entends la porte se refermer je vais à la fenêtre de ma chambre pour la regarder partir. Sa détermination est impressionnante. Je descends pour rejoindre la table du petit-déjeuner et quand Eun-Jo annonce qu'il n'a pas cours grâce à cette tempête, je retiens un sourire. Maman s'inquiète aussitôt pour Ha-Ni qui est dehors par ce temps et je sens mon cœur s'accélérer. J'aurais peut-être du l'accompagner finalement ? Pour être certain qu'il ne lui arriverait rien !
Quand elle revient il est déjà tard et elle a juste le temps de se sécher et de se changer qu'on passe à table. J'ignore ce qu'il en est pour les autres mais je peux lire sur son visage qu'elle est certaine de s'être trompée. Ils ne l'ont pas sélectionné visiblement. Pourtant ils ne devaient pas être nombreux à l'entretien aujourd'hui. Je pensais qu'elle aurait toutes ses chances. Durant le dîner, elle annonce à tout le monde ce que j'ai déjà lu sur son visage et si Eun-Jo exulte, moi non. J'ai choisi l'université de Parang parce que je pensais qu'elle y serait, mais si elle n'y va pas alors que vais-je faire dans une université de second choix ? Je peux peut-être mettre ma candidature en suspens ? Leur expliquer que je ne viendrais que si elle est acceptée chez eux elle aussi ? S'ils ne veulent pas alors j'irais à l'université de Séoul… Ils m'ont encore appelé aujourd'hui pour me demander si j'étais sûr de ne pas vouloir venir chez eux. Ils ont du connaître mes conditions pour Parang puisqu'ils m'ont offerts les mêmes avantages. Papa suggère qu'on étudie ensemble elle et moi pour l'examen final afin d'améliorer son dossier et si l'idée ne me déplaît pas, en revanche étant déjà accepté à l'université, je ne compte pas passer cet examen. Ce que j'annonce d'une voix calme sans quitter la table des yeux. J'entends maman qui s'étonne et je m'attends presqu'à ce que tout le monde hurle mais rien aussi je relève la tête pour regarder mes parents.
« - J'ai dit que je ne passerais pas l'examen. Je n'irais pas à la fac.
Voilà je l'ai dit. Bien sûr ils ignorent que je parle des grandes facultés. Papa me demande aussitôt des comptes et j'accepte de lui répondre partiellement. Je prends cependant le temps de la réflexion. Je ne peux pas trop en dire pour ne pas que Ha-Ni connaisse mes projets tout de suite mais je dois en donner suffisamment si je veux pouvoir être un peu tranquille.
« - Parce qu'il n'y a rien qui m'intéresse. Et puis, je n'ai pas envie de partir.
Je ne parle que de l'université de Séoul et des Etats-Unis naturellement. Même s'il n'y a rien qui m'intéresse, il se peut que je change d'avis après un semestre à Parang ? Je trouverais peut-être même ma voie là-bas. Papa me demande ce que je compte faire après la remise des diplômes et je parle de trouver un travail à mi-temps. Ce qui ne serait pas mal malgré tout. Ainsi ça m'occuperait puisque je n'aurais pas besoin de réviser… Je pourrais toujours donner des cours de soutiens. Si j'ai réussi à faire étudier Ha-Ni je peux réussir avec n'importe qui de motiver. Papa s'énerve et pense à tort que je prends la vie comme une blague mais non. Ma décision est absolument réfléchie. Je ne fais jamais rien sans avoir mûrement réfléchi à l'impact que ça aura sur ma propre vie. Maman me propose de faire comme elle des affaires sur l'internet mais ça me tente encore moins que le reste. Même Oh Ki-Dong y va de sa suggestion en me parlant de reprendre l'entreprise familiale. Pour le moment je ne sais pas dans quoi me lancer et l'université que j'ai choisi me semble parfaite pour un an. Je demanderais probablement un transfert quand je me serais décidé sur ma carrière… Et si je vois qu'Ha-Ni n'a plus besoin de moi. A cette idée mon cœur se serre et je me promets de revenir là-dessus plus tard. Pour le moment je dois désamorcer la dispute qui s'annonce aussi je rappelle à tout le monde que je suis quelqu'un de foncièrement égoïste, je ne rends jamais de service sans arrière pensée.
« - N'espérez rien de moi, dis-je avant de quitter la table.
Je sens le regard d'Ha-Ni sur moi mais je ne me retourne pas. Mes parents et Oh Ki-Dong spéculent sur les raisons d'un tel choix et je suis tenté de leur avouer qu'ils n'ont pas totalement torts mais je préfère les laisser spéculer en paix. Et au moins ça me repose des manigances de maman pour me mettre avec Ha-Ni donc…
Tous les jours, mes parents me demandant de passer l'examen final et chaque jour je dois résister à l'envie de leur dire que je suis déjà inscrit à l'université. Je veux attendre de savoir si Ha-Ni sera à la même que moi ou pas. Heureusement il ne reste qu'une semaine avant les derniers examens du lycée et je fais de mon mieux pour m'occuper en attendant.
La veille des examens, je n'en peux plus et je me passe de dîner pour éviter d'entendre encore mes parents me supplier de continuer mes études. Ils s'imaginent sans doute que je vais simplement tout arrêter et devenir serveur en attendant de trouver un but à ma vie. Seulement accoudé à ma fenêtre, je songe à mon avenir qui me semble à la fois incertain et sûr. Je me laisse un an pour trouver ma future carrière mais… Je suis dérangé par quelqu'un qui frappe à ma porte et si au début je songe à maman, Ha-Ni est de toute façon au restaurant de son père pour manger avec ses amis, je me retourne légèrement en entendant sa voix. Est-elle déjà rentrée ? Oui ça me semble évident à moins que je rêve. Quand elle prononce mon nom je suis certain que je ne rêve pas. Je secoue légèrement la tête quand elle me demande si je vais passer l'examen de demain et je suis tenté d'ouvrir la porte pour lui répondre seulement avant que je ne me décide, elle reprend la parole.
« - Tout le monde s'inquiète pour toi. Ton père en particulier. Il te regarde tout le temps et ne rit plus aussi souvent. Tu peux d'abord passer l'examen et après tu prendras ta décision. Si tu ne passes pas l'examen, mais qu'après tu trouves ce que tu veux faire, que feras-tu ?… Ouvre la porte un moment, dit-elle en essayant de l'ouvrir… Tu peux faire n'importe quoi. Donc tu dois utiliser ta tête pour le bien d'autres personnes. Je crois que les gens qui ont beaucoup ont besoin de partager leurs richesses. Même si je veux tout partager, je n'ai rien donc je ne peux rien faire… Je vais laisser ça ici. Mange-le avant qu'il ne refroidisse. Du coup… Je te verrais demain.
Son discours me fait réfléchir quelque peu. Peut-être devrais-je m'orienter dans le social ? Mais je n'ai aucune patience… J'attends un peu et lentement j'ouvre la porte. Le couloir est vide et un plateau est posé au sol. Au milieu des bols de nourriture, il y a un cadeau rose et une fois tout apporté sur mon canapé, je commence par l'ouvrir curieux de son contenu. Même si connaissant Ha-Ni c'est sûrement un truc inutile… Une fourchette… Dans le genre inutile… Mais j'apprécie son geste malgré tout. Même comme ça, elle réussit à me surprendre. En voyant qu'il y a une petite carte, je repose le couvert et l'ouvre pour en prendre connaissance. Bonne chance pour l'examen ! Baek Seung Jo est le meilleur ! Voir ces mots me rappelle notre week-end à la plage et je souris attendri par son geste. Je ne sais pas encore pourquoi elle m'a offert cette fourchette mais son geste me convainc d'aller à l'examen. Je le passerais. Même si je n'en ai pas besoin. Pour elle. Pour la remercier de me soutenir dans mes décisions, même celles qui peuvent paraître étranges comme celle-ci.
Je n'ai prévenu personne que j'avais changé d'avis et le lendemain quand je descends, je vois tout le monde sauf Oh Ki-Dong devant l'escalier à espérer que je vais descendre. Je fixe Oh Ha-Ni espérant qu'elle comprendra que c'est pour elle que je suis debout et termine de rejoindre le rez-de-chaussée en toussant. J'ai dû rester trop longtemps dehors cette nuit. Maman s'inquiète aussitôt que je sois malade.
« - Peut-être, avoué-je en caressant ma gorge.
Aussitôt sa petite protégée prévient qu'elle a un médicament et me le donne en me précisant que c'est le meilleur. Elle joue les infirmières à présent ? Pourquoi est-ce que venant d'elle, ça ne me dérange pas qu'elle soit aussi prévenante ? Alors que les autres filles m'énervent ? Eun-Jo m'apporte de l'eau et je le remercie en anglais, il commence à l'apprendre lui aussi avant d'avaler le tout pour affronter l'examen. Ce n'est qu'une fois avalé que je songe aux effets secondaires. Pourvu qu'il ne provoque pas de somnolence ! Je l'interroge avant de soupirer mentalement… Ha-Ni l'accident est encore passée. Je n'ai plus qu'à redoubler d'efforts pour réussir mes examens haut la main. Oh Ha-Ni, tu me fais vraiment vivre de sacrés rebondissements dans ma vie si bien rangée ! Quand elle comprend le problème elle se jette presque sur moi et introduit ses doigts dans ma bouche pour me faire vomir… Est-elle folle ? Je la repousse en lui rappelant qu'elle est une vraie plaie quand elle s'y met.
« - Ça devrait aller puisque tu es solide, sourit maman toujours optimiste.
On est rejoint par Oh Ki-Dong qui nous donne nos paniers repas et je suis presque impatient d'être à midi pour découvrir ce qu'il nous a cuisiné. Je le remercie en souriant, j'apprécie son geste autant que sa cuisine et quand il me félicite pour ma décision, je souris. Pourquoi suis-je heureux d'avoir son approbation, je l'ignore mais je ne veux pas y penser maintenant. Quelques minutes plus tard, on sort Ha-Ni et moi direction le lycée.
« - Tu as pris la bonne décision. Tout le monde était content. Bon garçon.
« - Arrête de plaisanter, dis-je vexé qu'elle me tapote l'épaule comme un petit garçon. Oh ! La fourchette... Suis-je toi ? Quelque chose à poignarder ?
« - Ah, tu pensais trop !
« - Jusqu'où comptes-tu me suivre ?
« - Hein ?
« - Tu vas par là, dis-je en regardant le chemin qu'elle doit prendre.
« - C'est vrai... C'est dans la direction opposée.
« - Va-t'en.
« - Je vois, soupire-t-elle alors que je reprends ma route… Alors nos routes se…
Je n'entends pas la suite, elle ne parle pas assez fort mais quand elle se met à crier pour m'encourager, je retiens un soupir avant de tourner la tête pour la regarder une nouvelle fois. Sais-tu que si je suis là c'est uniquement pour ne pas te décevoir Oh Ha-Ni ? Parce que tu vois quelque chose en moi que je ne suis pas encore en mesure de voir. Je reprends ma route et lui fais un signe de main pour qu'elle ne voie pas mon sourire face à ses encouragements. Tout en rejoignant ma salle d'examen, je cherche à comprendre l'utilité de cette fourchette mais bientôt, nous sommes invités à entrer dans la salle et je m'assois avant de sortir uniquement de quoi écrire. La première épreuve commence bientôt et je me concentre pour rester éveiller. Il ne faut pas que je m'endorme sur ma feuille, ça ferait mauvais genre.
Le premier coup de fatigue arrive une heure plus tard et je dois lutter pour garder les yeux ouverts. Bon sang, j'espère pour toi Ha-Ni que ton médicament est aussi efficace que tu le dis pour tuer les microbes. Parce que les effets secondaires sont puissants. Je sens mes paupières s'alourdir à plusieurs reprises mais je dois finir par m'endormir puisque c'est une voix d'homme qui me fait rouvrir les yeux. Mon Dieu combien de temps ai-je dormi ? Je n'ai pas fait grand-chose et quand on m'annonce qu'il ne nous reste que quinze minutes, je décide de m'y mettre et de lutter de toutes mes forces contre les effets du médicament.
Quand c'est terminé, je quitte la salle en maudissant Ha-Ni et son médicament. Je ne suis pas tranquille à présent. J'ai répondu à tout mais si je m'étais trompé ? Je me retrouve à ressentir les affres du stress comme tout à chacun. L'aurais-tu fait exprès Oh Ha-Ni ? Pour me punir d'être si dur avec toi ? Pour me faire vivre dans ton monde quelques jours et me faire découvrir l'enfer des émotions ? C'est possible cependant je suis davantage inquiet pour toi. Tu recommences à t'éteindre comme si quelque chose te touchait plus que le reste. Je le vois et tout le monde s'inquiète pour toi à présent. Même Eun-Jo n'ose plus t'embêter de peur de te faire pleurer. Maman profite qu'elle est dehors avec ses amies pour m'interroger mais comme elle, j'ignore ce qu'il s'est passé. Elle est partie au lycée, gaie comme un pinson et elle est revenue dans cet état. Peut-être Bong Joon-Gu lui a fait sa déclaration et qu'elle s'en veut de ne pouvoir répondre positivement à ses sentiments ? Cette idée me met mal à l'aise sans que je sache pourquoi. Je sens son regard inquiet sur moi de temps à autre, à divers moments de la journée mais dès que je lève les yeux pour la regarder, elle fuit mon regard. Ai-je fait quelque chose qu'il l'ait blessé ? Sans doute mais j'ignore quoi !
…
Quand on nous rend nos notes d'examens, je suis inquiet. Même si je ne montre rien, j'ai peur, pour la première fois de ma vie, d'avoir échoué. Seulement monsieur Song semble satisfait quand il me tend mon papier et je le fixe choqué. J'ai réussi… J'en viens à me demander si je suis réellement un génie. Je dormais durant la moitié de l'épreuve, j'ai presque remplie les cases au hasard et j'ai tout bon… Comment ai-je fait ? Mon professeur me rappelle qu'avec ce genre de résultats je peux intégrer Harvard plutôt que Tae san mais je m'en moque, c'est à Parang que Ha-Ni va alors je vais la suivre pour voir comment, elle peut encore me mettre des bâtons dans les roues. Il me serre dans ses bras et je retourne à ma place plus que fier de moi. J'ai réussi mes examens… En dormant à moitié sur ma feuille… Quand les cours s'achèvent, je sors de la salle en discutant avec Kang-Dae quand une voix que je connais trop bien scande sa joie dans les couloirs. Oh Ha-Ni a dû réussir ses examens sinon… Je rêve où elle a dit « il » ? Mon ami me fixe surpris que je me sois arrêté et je reviens vers lui en écoutant Ha-Ni crier combien elle est heureuse que j'ai réussi. Pourtant sa joie retombe rapidement. Même si elle me félicite dès que je rentre chez mes parents. A présent, il nous faut attendre la réponse de Parang pour elle. Va-t-elle être prise ? Je me surprends à croiser les doigts dans mes poches à chaque fois que j'y pense et de temps à autre, quand on est seul dans la pièce, je l'observe à la dérobée. Elle ne quitte plus son téléphone des yeux de peur de rater l'appel et j'avoue que je suis curieux. Il ne reste que trois jours pour annoncer aux candidats qu'ils sont admis à l'université et si je suis serein pour mon avenir, ce n'est pas son cas. Elle s'inquiète tellement qu'elle sursaute à chaque fois qu'un téléphone sonne. Mais ce n'est jamais le sien. Ou en tout cas l'université. Elle a contaminée toute la maison, nous retenons tous notre souffle en attendant l'appel qui ne viendra peut-être jamais. Mais j'ai bon espoir. Ses résultats aux examens ne sont pas aussi catastrophiques que ce que je m'imaginais et peut-être que grâce à la tempête, elle sera admise.
Aujourd'hui c'est le dernier jour pour annoncer les résultats et je commence à croire qu'elle ne sera pas avec moi l'an prochain… Je n'ai plus qu'à les appeler pour leur annoncer que j'ai changé d'avis. Je suis toujours admis à Tae San et il faut que je confirme ma présence avant ce soir pour Parang. Mon téléphone sonne et voyant que c'est l'université, je décroche. On discute quelques instants de mon dossier sans tâche puis la femme qui s'occupe des admissions me demande si j'ai choisi la leur.
« - Je ne sais pas encore. J'ai une de mes amies qui a demandé à faire ses études chez vous et j'attends de voir si elle sera parmi vos inscrits de cette année pour confirmer ma présence au sein de votre université. Je vois. Quel est son nom, je vous prie ? Oh Ha-Ni, dis-je depuis le jardin. Elle n'a pas encore été appelée et… Je ne comprends pas, m'interrompt-elle, elle n'est pas sur ma liste. Vous êtes sûr qu'elle a demandé à être inscrite chez nous ? Absolument. Très bien, je vais me renseigner et je reviens vers vous dès que j'en sais plus. Merci madame Lee.
Elle raccroche et j'observe Ha-Ni et maman dans le salon. Elle semble désespérée et sur le point de pleurer. Une partie de moi voudrait la rejoindre et la consoler seulement je n'y arrive pas. Je ne suis pas comme elle, doué avec les gens. Au mieux je les vexe et… Mon cœur accélère quand son téléphone sonne et je fixe la scène attentif au moindre changement sur son visage. Quand son regard s'éclaire, je sais qui est au bout du fil. C'est l'université et je croise les doigts. Les cris de joies qu'elle pousse en raccrochant me confirment à eux seuls qu'elle sera dans la même université que moi et je souris aussi ravi sinon plus qu'elle. Elle a réussi. Celle qui m'a donné envie d'aller à l'université et de passer mes examens sera diplômée en science sociale. Mon téléphone sonne peu après et quand la femme m'annonce que Ha-Ni est sur liste d'attente, je lui assure que je serai parmi les nouveaux entrants à la rentrée estudiantines. Peu après maman me demande de garder Eun-Jo, elle veut aller annoncer la bonne nouvelle à son père immédiatement. Je me sens puni de ne pouvoir être présent mais ça vaut mieux pour elle. J'ai le don pour gâcher les dîners aussi tandis qu'elles vont le rejoindre à son restaurant, je propose à mon petit frère qu'on se commande du poulet frits.
« - Je pourrais le manger en jouant sur l'ordinateur ?
« - Seulement si tu me promets de ne pas en parler à nos parents.
Il crie de joie et on s'habille pour aller chercher de quoi dîner avant de rentrer. Lui va jouer de son côté alors que je mange en songeant à l'année prochaine. Je n'ai plus de projets sinon être étudiant et je me demande à quoi ressemblera l'université. Vais-je arriver à suivre aussi facilement ? Je sais que je suis un génie mais l'université ce n'est pas le lycée. Il y aura d'autres étudiants de mon niveau, n'est-ce pas ?
…
Je suis à la maison quand maman m'appelle pour me demander si je peux l'attendre devant le théâtre. Elle veut que je la rejoigne au théâtre. Elle devait aller voir une comédie musicale avec la mère de Jang-Mi mais celle-ci vient de se décommander. Je lui promets d'arriver le plus vite possible quand elle m'explique qu'elle laissera mon billet à l'accueil et je prends un taxi pour arriver plus rapidement. A cette heure, les bus sont vraiment lents. Je finis par arriver et la personne au guichet m'annonce que j'ai raté les vingt-cinq premières minutes. Je la remercie et rejoint directement la salle ou j'entre sans bruit. Je rejoins le rang sept et manque de tomber quand je vois Ha-Ni… Maman ! Je retiens un soupir et m'assois à côté d'elle. Au début elle ne m'aperçoit pas et je regarde l'histoire que je ne connais pas seulement ma voisine tourne la tête. Je la regarde puis lui désigne la scène du doigt. Le spectacle se joue là-bas, pas ici. Elle tourne la tête à deux reprises et je finis par ne plus faire attention à sa présence pour en apprécier le show qui est plébiscité par toutes les critiques musicales coréennes.
Quand on sort du théâtre je lui propose qu'on aille se balader entre amis et elle accepte. Même si elle se pince les joues comme pour s'assurer que tout ça est réel. Rêves-tu de moi Ha-Ni ? Je lui propose de la pincer pour lui prouver que tout est vrai mais elle refuse avant de m'interroger sur ma présence puis sur l'université. Pourquoi tout le monde en parle comme si c'était obligatoire ? Je lui pose la question et sa réponse ne m'étonne guère. Puisque je suis intelligent, je dois aller à l'université. C'est ainsi. Deux plus deux font quatre après tout.
« - Aie juste une vie heureuse. Amuse-toi.
« - S'amuser ?
« - Ma grand-mère disait tout le temps ça. "Ha-Ni-a, amuse-toi, vis en t'amusant. Tu prends du plaisir et tu fais plaisir aux autres." Elle disait que tout irait bien tant que je vivrais comme ça.
« - Du plaisir ?
« - Si tu vas à l'université de Parang, je rendrais tes journées amusantes.
Elle passe devant moi en souriant alors que je songe à ce qu'elle vient de dire. C'est donc pour ça qu'elle essaie toujours de voir les bons côtés des choses ? Qu'elle est toujours heureuse et souriante ? Parce qu'elle veut avoir une vie amusante ? S'amuser… C'est quelque chose que je n'ai jamais fait et quand je lui demande ce qu'il l'amuse, je suis surpris de l'entendre parler de ces attrape-touristes. Ces boites à pince pour tenter d'attraper des peluches affreuses que personne n'achèteraient dans un magasin de jouets. Elle me propose de tenter et insère quelques wons dans la machine avant même que j'ai pu lui dire non. Je me retrouve obligé de tester cette activité et rapidement j'essaie d'avoir la peluche qu'elle me montre. Elle semble si enthousiaste à l'idée de l'avoir que je vais faire mon maximum pour l'attraper. Elle se met à m'encourager de plus en plus et ça me fait sourire mais quand elle se met à hurler en gesticulant parce que je l'ai attrapé je me sens mal à l'aise et je la lui lance avant de partir. Elle est folle et je ne veux pas être associé à elle. Elle s'étonne que je ne la veuille pas et je soupire. Que veut-elle que je fasse d'un truc pareil ? Je l'ai attrapé pour elle après tout, c'est celle qu'elle semblait vouloir. Elle sourit et je dois me retenir de l'imiter, je ne veux pas qu'elle sache que ça me plaît de lui faire plaisir aujourd'hui. Malheureusement des coups derrière elle, me font lever la tête et je soupire en voyant Bong Joon-Gu et ses amis stupides qui le suivent partout. Ils semblent la prévenir qu'ils vont la rejoindre et je suis à deux doigts de lui annoncer que je rentre seulement l'idée même de la laisser seule avec lui me rend grognon aussi je l'invite à aller boire quelque chose. Naturellement il s'assied avec nous et elle lui raconte son après-midi alors que je sirote mon café tranquillement.
« - Ha-Ni, il a tenté quelque chose, lui demande-t-il jaloux et possessif.
« - Tenter quelque chose ?
« - Je veux dire quand vous mangiez, il t'a frôlé la main ou un truc du genre, demande-t-il me faisant rire.
Il n'a jamais du aller au théâtre sinon il saurait qu'on ne mange pas au théâtre. Ce n'est pas comme au cinéma avec une bande-son trop fort pour couvrir les bruits dans la salle.
« - On ne mange pas de pop corn quand on regarde une comédie musicale, lui explique-elle patiemment.
« - Ah oui ? Alors qu'avez-vous mangé ? Oh ! Tu as acheté une poupée ? Ah ! Elle parle en plus !
« - C'est Seung-Jo qui me l'a attrapé, à la machine qui est là, dit-elle en la désignant.
« - Quoi ?
« - Il me l'a donnée pour me féliciter d'avoir été accepté à la fac.
Tandis qu'elle parle et lui raconte que je lui ai offert un truc si minable pour son entrée en fac, je la regarde doucement. Pourquoi lui ment-elle ? Je lui ai simplement gagné parce qu'elle semblait vouloir celle-ci, rien d'autre. Cela étant, j'aime sa manière de voir les choses et quand Joon-Gu insulte la peluche reconnaissant qu'elle est minable, je peine à me retenir de sourire en l'entendant prendre ma défense. Selon elle, il est très difficile de gagner quelque chose mais son ami prétend le contraire aussi je froisse mon gobelet à présent vide et le jette dans la poubelle où il atterrit sous l'admiration de Ha-Ni qui prend son ami à témoin. Seulement il assure que ce n'est pas difficile et le lui prouve en faisant exactement comme moi. Vexé, je me lève prêt à partir seulement en voyant une canette oublié par d'autres clients, je la prends, la lance et shoote dedans. Elle atterrit de nouveau dans la poubelle alors que Ha-Ni me regarde des étoiles dans les yeux. J'aime briller devant elle… Presque plus que d'écraser Bong Joon-Gu. A nouveau, il assure en être capable mais échoue lamentablement réussissant à faire rire Ha-Ni chose dont je suis incapable tant le ridicule me paralyse. Elle crie nous demandant d'arrêter en tendant son bras en avant et je la fixe curieux. Etait-elle en train de nous imaginer nous battre pour son attention ? C'est stupide ce n'était pas ce que l'on faisait… Du moins moi. Je prouvais juste à Bong Joon-Gu que je suis meilleur que lui. Elle réussit à se rattraper en faisant mine de faire quelques étirements ce qui me fait sourire et quand elle a terminé, je lui propose de rentrer chez nous. Elle hoche aussitôt la tête en souriant et me rejoint presqu'en sautant de joie. Sur le trajet, qu'on fait en marchant, elle me remercie plusieurs fois pour la peluche qu'elle accroche à son sac. Je la regarde faire en m'interrogeant sur elle. Y tient-elle vraiment ? Bong Joon-Gu n'a pas tort en disant que c'est un truc tout pourri. Un ours en salopette… Enfin il est toujours mieux que cette peluche idiote qu'elle a souvent dans ses bras le soir. Parfois je l'entends lui parler et je finis par me demander si elle ne souffrirait pas d'être enfant unique. Peut-être aurait-elle voulu une sœur ? Devrais-je suggérer qu'on lui offre un animal de compagnie pour noël ? Un animal très résistant et sourd de préférence… Un tout petit chien à tête de peluche ?
On finit par arriver et je me sens légèrement déçu de savoir que notre conversation touche à sa fin. Pourtant je dois rappeler à maman que ce n'est pas en arrangeant des rendez-vous entre Ha-Ni et moi que je tomberais sous son charme. Ok elle n'est pas aussi affreuse que je le disais il y a quelques mois mais cette fille est une catastrophe et je tiens trop à la vie pour l'envisager autrement que comme une amie. Peut-être que plus tard, ça sera même ma meilleure amie mais nous n'irons jamais plus loin ensemble. Je la regarde retirer son manteau, le rouge lui va très bien je trouve, puis je l'imite avant de monter dans la buanderie où je retrouve maman qui sourit en me voyant.
« - Alors comment était la comédie musicale ?
« - Arrête ça maman ! Personne ne t'a posé de lapin, tu devais y aller avec Oh Ha-Ni ! C'est même toi qui lui a offert ces places. Pourquoi me fais-tu ça ?
« - Parce que je sais que vous faites un couple merveilleux tous les deux. Vous vous complétez parfaitement !
« - Je ne vois pas en quoi. Elle est aussi stupide que je suis intelligent…
« - Elle est aussi sociable alors que tu es introvertie, elle est chaleureuse alors que tu es froid, elle sourit si facilement alors que je ne t'ai plus vu sourire depuis plusieurs années… Si tu n'étais pas aussi obtus, tu verrais le bien qu'elle fait à notre maison…
« - Attends un peu qu'elle la brûle en voulant faire la cuisine, maugréé-je avant de sortir de la buanderie pour croiser son regard blessé.
Enervé, je rejoins directement ma chambre et travaille sur le discours que je dois faire à la remise de nos diplômes. J'y reste jusqu'à ce qu'il soit l'heure de dîner et je me sens honteux en m'apercevant que le regard de Ha-Ni habituellement fixé sur moi est fuyant. Elle discute avec ma mère de leur prochaines sorties entre filles et regarde tout le monde sauf moi. Ce qui m'ennuie de plus en plus aussi, je feins de ne plus avoir faim et quitte la table rapidement. Je ralentis en sortant de la pièce espérant sentir son regard mais non. J'ai réellement dû la vexer… Alors qu'on avait passé un après-midi plutôt agréable.
…
Deux jours plus tard, je me prépare pour l'entretien d'entrée à l'université de Tae San. Je ne compte pas réussir, je ne sais même pas si je vais réellement y aller mais je ne veux pas que tout le monde s'inquiète comme la dernière fois. Maman m'encourage une dernière fois et tous y vont de leur commentaire sauf Ha-Ni qui se contente de me regarder en retrait. Je souris et sors de la maison bien décidé à ne pas aller à l'examen. J'ai déjà ma place à l'université après tout. Seulement quelques minutes plus tard, je me sens suivi et sans même réfléchir, je sais déjà qui est derrière moi. La seule qui n'a pas parlé… Pourvu qu'elle ne se donne pas en spectacle. Je ne sais pas si je supporterais ça devant mes camarades. Je continue ma route sachant qu'à présent, je n'ai d'autre choix que de me rendre à l'examen d'entrée. Je traverse la route, dernière ligne droite avant l'établissement où je passe mes examens. Je ne sais pas pourquoi mais je trouve ça agréable de savoir qu'elle me suit, qu'elle s'inquiète de mon avenir… Ou tout simplement qu'elle commence suffisamment à me connaître pour comprendre que je leur cache quelque chose. Je ralentis légèrement le pas pour qu'elle puisse suivre. Seulement quelques mètres plus loin, j'entends un klaxon, puis le bruit d'un accident et je m'arrête pour entendre ce qu'il se passe. Quand je vois deux jeunes courir en parlant d'une personne renversée, mon sang ne fait qu'un tour. Il n'y a qu'une personne à Séoul qui peut avoir un accident. Je tourne la tête lentement et quand je m'aperçois que Ha-Ni n'est pas derrière moi, je cours en sens inverse pour la rejoindre. Elle est au milieu de la route, la peluche qui parle dans sa main et elle est inconsciente. Mon Dieu ! Ha-Ni que s'est-il passé ? Pourquoi n'as-tu pas traversée quand c'était ton tour ? Toutes ces questions tambourinent dans ma tête alors que je reste près d'elle en attendant les secours. Il me semble qu'elle n'a rien de cassé mais je refuse de la bouger par principe. J'empêche même un homme de le faire. C'est le conducteur de la voiture et il est pressé. Moi aussi, mais Ha-Ni n'est pas un obstacle qu'on peut pousser pour reprendre la route.
Vingt minutes plus tard, nous sommes à l'hôpital et en attendant que son père arrive, je donne aux médecins tous les renseignements que je peux. Je m'aperçois à ce moment qu'elle en sait plus sur moi que moi sur elle. J'ignore même son groupe sanguin. Je m'excuse mentalement auprès d'elle, je le lui dirais plus tard, et fouille dans son sac pour trouver les informations importantes comme sa carte de mutuelle ainsi que celle de ses dons de sang. Ainsi Ha-Ni, tu fais don de ton sang ? En plus de veiller sans cesse sur moi ? Si je continuais de fouiller dans ton sac Ha-Ni, qu'apprendrais-je d'autre sur toi ? Même si je suis curieux, je referme docilement son sac que je garde avec moi. Elle est inconsciente et je refuse qu'on en profite pour lui voler son argent ou son téléphone. J'ai même cette peluche idiote dans la main… Celle qui était accrochée à son sac hier encore. L'aurait-elle fait tomber ? Est-ce pour ça qu'elle a risqué sa vie ? Oh Ha-Ni, quand comprendras-tu que ta vie et ta sécurité sont plus importantes que les cadeaux que te fait ma famille ? Tu as risqué ta sécurité face à ce pervers il y a quelques mois pour une paire de ballerine idiote. A présent c'est pour une horrible peluche parlante que tu as failli mourir… Mais quand comprendras-tu que rien n'est plus important que ta vie ?
Le temps qu'elle reprenne conscience, ils lui font plusieurs examens et heureusement hormis quelques éraflures, elle n'a que sa cheville gauche de cassée. Le temps qu'elle se fasse plâtrer je rejoins la cafétéria et me cache quand nos parents arrivent. Ils traversent le hall sans me voir naturellement et je réfléchis en regardant ma montre. En courant je peux encore être à l'heure à mon examen d'entrée… Seulement je ne veux pas de cette université et je ne pourrais pas me concentrer sachant qu'elle est encore inconsciente. Je réfléchis encore quelques minutes, et quand il est de toute façon trop tard pour rejoindre ma salle, je remonte tranquillement dans le service avant de demander à une infirmière le numéro de la chambre de mon amie. Elle me la donne en souriant et je la remercie avant de m'éloigner sans me retourner.
Quand j'arrive, elle a repris connaissance je peux voir ses yeux ouverts et je fais mine de m'étonner de la présence de nos deux familles.
« - Vous êtes venus ?
Ils se tournent tous surpris de me voir à l'entrée de la chambre et je me retiens de leur signaler que Ha-Ni n'a pas pu venir toute seule. Il fallait bien quelqu'un pour donner les informations importantes afin qu'elle puisse être prise en charge. Ils me regardent tous les quatre et je fixe Ki-Dong quelques instants avant de laisser mon regard aller vers la seule personne qui me semble importante ici. Ha-Ni. Comme les autres, elle semble stupéfaite que je sois présent et je dois me retenir de sourire. Pour une fois que j'arrive à la surprendre…
…
J'espère que ça vous a plu ? Moi j'avoue j'aime beaucoup quand Seung-Jo et Joon-Gu se battent pour impressionner Ha-Ni... Quoi que puisse dire Seung-Jo !
